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00:00Le discours de Marine Le Pen dans son fief d'Enin-Beaumont, premier vrai discours de campagne, un retour aux
00:07fondamentaux, la priorité nationale notamment sur la question du logement.
00:12On va tout de suite aller retrouver Sophie Dupont à Enin-Beaumont. Sophie, qu'est-ce que vous retenez-vous
00:17de cette rentrée de Marine Le Pen, une volonté de reprendre en main cette campagne, Sophie ?
00:26Oui, parce que ça fait longtemps qu'on n'avait pas entendu Marine Le Pen qui était très discrète ces
00:30dernières semaines, mais un discours où il y a des choses à souligner, autant sur le fond que sur la
00:33forme.
00:34Sur le fond, d'abord, Marine Le Pen a voulu préempter un nouveau sujet, le logement sur lequel le RN
00:38n'était pas forcément attendu, qui n'avait pas encore préempté jusqu'alors.
00:42Marine Le Pen a commencé son discours en voulant parler du quotidien des Français. Les stratèges de sa campagne considèrent
00:47qu'alors que certains partis sont empêtrés dans les primaires, eux, ils veulent parler directement aux Français.
00:52Voilà pourquoi le cap a été mis sur le logement. Marine Le Pen considère que ce n'est pas un
00:57dossier parmi d'autres, que ce sera une grande cause de son quinquennat, si je puis dire.
01:00Et elle promet de résoudre la situation en cinq ans si elle lui met à travers ce sujet. Elle rappelle
01:05ses fondamentaux, Marine Le Pen, à savoir la priorité nationale, les APL et les logements sociaux pour les Français promettels,
01:12et l'expulsion des familles des délinquants de HM. Donc un retour aux fondamentaux pour le RN. Marine Le Pen,
01:18qui a aussi ciblé des adversaires dans cette campagne,
01:21et pas n'importe lesquels, les héritiers d'Emmanuel Macron, qui, selon elle, n'échapperont pas à l'inventaire, dit
01:27-elle.
01:27Les Français auront raison de les voter dehors. C'est intéressant. Elle a cité nommément Édouard Philippe et Gabriel Attal,
01:33mais pas une seule fois Jean-Luc Mélenchon.
01:35Là encore, c'est à dessein. Les stratèges de sa campagne considèrent qu'en 4 secondes tours face à Jean
01:39-Luc Mélenchon, l'écart sera plus grand que si elle est face, par exemple, à Édouard Philippe.
01:43Et donc c'est pour ça que ce sont les héritiers d'Emmanuel Macron qui sont nommément ciblés en cette
01:47campagne.
01:48Sur la forme, en revanche, là aussi, le discours était très important. C'était la première apparition ensemble de Marine
01:53Le Pen et de Jordan Bardella,
01:54depuis ce déplacement en commun au lendemain de la décision. On avait vu Jordan Bardella, la mâchoire serrée, la mine
02:00fermée.
02:01Ils s'affichaient pour la première fois ensemble. Et on a vu Jordan Bardella sur scène aux côtés de Marine
02:06Le Pen, mais parfois passif,
02:08l'air pas forcément tout le temps concerné par le discours de Marine Le Pen. Marine Le Pen qui s
02:14'est réjouie d'être ici à Énan-Beaumont le jour d'anniversaire de Jordan Bardella,
02:17mais qui a attendu la 36e minute pour parler de celui qu'elle considère comme son Premier ministre si elle
02:23est élue.
02:24Elle a promis de mener un projet de redressement à ses côtés, mais 36 minutes de discours avant de venir
02:29à Jordan Bardella, c'est long.
02:31Marine Le Pen qui n'a pas voulu mettre un terme aux rumeurs, clore les rumeurs de bisbis potentiels entre
02:37eux,
02:37qui prend de la hauteur au risque de laisser circuler ces rumeurs de tickets froissés ces derniers jours dans ce
02:43binôme du Rassemblement national.
02:45Merci beaucoup Sophie, avec Zayn Abadialo en plateau pour en parler.
02:49J'ai le plaisir d'accueillir Gaspard Gantzer, ancien conseiller en communication de François Hollande.
02:53Bonsoir et bienvenue Jade Sabe à vos côtés, porte-parole de Gabriel Attal.
02:57Bonsoir à vous, on est avec Stanislas Rigaud, cofondateur de Nexus et ancien président de Génération Z dans le camp
03:05d'Éric Zemmour.
03:07Laurence Rossignol, sénatrice PS du Val-de-Marne, bonsoir, bienvenue.
03:11Guilhem Carayon, vice-président de l'UDR allié du Rassemblement national.
03:14Et Thierry Arnault, fidèle au poste, d'abord une image à vous montrer, cette image de Marine Le Pen,
03:22aux côtés de Jordan Bardella, qu'on voit là en train de faire un selfie, je crois, petit bain de
03:28foule après le discours.
03:31Stanislas Rigaud, est-ce que vous êtes convaincu par ce tandem Marine Le Pen-Jordan Bardella ?
03:38On a l'impression que tout va bien, tout est oublié ?
03:42Pour poursuivre évidemment avec attention ce début de campagne, et notamment ce qui est écrit à droite à gauche,
03:46moi ce que je sais surtout, et ce que j'ai toujours compris dans la relation entre Jordan Bardella et
03:50Marine Le Pen,
03:51c'est qu'ils ont une relation particulière, on entend ici et là qu'il y aurait au Rassemblement national
03:55une malédiction sur les dauphins.
03:58Simplement, aujourd'hui, Jordan Bardella est plus qu'un dauphin, c'est vraiment le numéro 2 de cette campagne.
04:03Je crois qu'il a aussi montré depuis de nombreuses années qu'il avait son existence propre, il a mené
04:07de nombreuses campagnes,
04:08les européennes de 2019, les européennes de 2024 et les législatives de 2024.
04:13Donc, je crois qu'il est conscient de ce qu'il doit à Madame Le Pen, mais il est aussi
04:17aujourd'hui, pour Marine Le Pen, son principal allié, son principal point fort.
04:21Il a réussi à parler à une grande part de la population, je pense aux jeunes, je pense aussi aux
04:25actifs,
04:26qui sont souvent touchés par le discours de Jordan Bardella,
04:28dont je crois au contraire que leur relation est aujourd'hui une des vraies forces du Rassemblement national et de
04:33l'extérieur.
04:34Et vous ne pensez pas qu'il sera remplacé par une Marion Maréchal, comme on entend dire ?
04:38Je ne crois pas, je pense simplement que les débats sur les tensions internes au Rassemblement national,
04:43comme dans tous les partis, c'est surtout des sujets qui nous concernent,
04:46nous qui adorons lire le matin politico.
04:48Mais je ne suis pas sûr que beaucoup de Français et Nain Beaumont soient particulièrement inquiets
04:52de la relation entre Jordan Bardella et Marine Le Pen.
04:55La politique, c'est aussi une question d'incarnation.
04:58Leurs lignes n'étaient pas tout à fait les mêmes sur la question des retraites,
05:00sur la question du voile et d'autres sujets encore.
05:05Intéressant quand même, Laurence Rossignol, qu'il n'y a pas eu un mot de la part de Marine Le
05:10Pen
05:10pour rassurer sur ce tandem qu'elle constitue avec Jordan Bardella.
05:15Je peux vous dire que je m'en fous complètement ?
05:18Vous pouvez me le dire, mais réellement, vous vous en foutez complètement.
05:20Mais je peux le dire aux gens qui nous écoutent aussi.
05:21En fait, les affaires personnelles, interpersonnelles du Rassemblement national
05:27avec deux personnalités qui sont absolument à égalité dans les sondages,
05:32je ne vois pas ce que l'un apporte par rapport à l'autre.
05:34Je vois bien, effectivement...
05:35Ils sont sur des lignes différentes et c'est en ça que c'est important.
05:38La ligne dans une présidentielle, c'est le candidat qui la donne.
05:42Donc la ligne sera celle de Marine Le Pen et non pas celle de Jordan Bardella.
05:46Donc, ils vont mettre...
05:48Alors, tantôt, on aura Bardella qui fait la tête dans un coin.
05:52Tantôt, on aura Marine Le Pen qui fait un bisou à Bardella
05:54pour lui souhaiter un bon anniversaire ou une bonne fête.
05:57On va nous amuser avec tout ce genre de choses.
06:00Ce n'est pas le sujet, ni pour les Français,
06:03ni pour qui que ce soit d'ailleurs qui s'intéresse à la vie politique.
06:06Guilhem Carayon, est-ce que vous n'êtes pas un peu déçu
06:09que la ligne libérale de Jordan Bardella soit mise un peu de côté ?
06:13En écoutant les observateurs que vous dites de la vie politique
06:16sur les plateaux de télé depuis quelques semaines,
06:18on a l'impression que Jordan Bardella est complètement sorti de l'équation.
06:21Ce n'est pas du tout le cas, je rassure les téléspectateurs qui nous écoutent.
06:24Il est encore le candidat du camp national pour Matignon.
06:28Marine Le Pen est la candidate pour rentrer à l'Élysée dans huit mois.
06:31Et je pense que ce ticket-là, qui est quand même un ticket très complémentaire,
06:35avec, c'est vrai, une sensibilité qui est parfois un peu différente,
06:38mais comme dans tous les grands partis,
06:39si vous faites un parti avec des gens qui pensent uniquement la même chose,
06:42ça ne peut pas tenir debout.
06:44Ce ticket-là, il fonctionne.
06:45Et les gens ont envie de voir ces deux personnalités
06:48demain à la tête de l'État.
06:49Moi, je crois qu'il y a une espérance qui est très forte.
06:51Et au fond, cette journée où on les voit tous les deux à Edimbaumont,
06:54c'est peut-être un peu un pied de nez à tous les médias
06:56qui ont décrit des rivalités, des tensions
06:58entre ce groupe exécutif futur.
07:00– Vraiment, j'ai vu les paroles de Laurence Rossignol,
07:04non pas que je m'en fous, mais en fait, c'est difficile de le savoir.
07:07Surtout qu'il pense, sans doute, à peu près la même chose.
07:10Il y a des petites nuances d'extrême droite, mais moi, oui, c'est…
07:13– Sur les retraites, par exemple, pardon.
07:15– Oui, mais je n'ai pas l'impression que Jordan Bardella
07:16ait des convictions très affirmées sur le fond.
07:19Ce n'est jamais l'impression qu'il m'a donnée
07:21quand je l'ai regardée à la télévision et écoutée à la radio,
07:23malheureusement trop souvent, parce qu'il y passe souvent de mon point de vue.
07:25– Mais je pense qu'il n'est pas tant que ça un atout pour Marine Le Pen,
07:32un atout d'image, sans doute, ce qui ramène peut-être à lui des gens plus jeunes.
07:37Mais sur le fond, on a observé lors des législatives de 2024
07:40qui s'étaient plutôt révélées un boulet dans l'entre-deux-tours.
07:43Souvenez-vous, j'aime bien faire ce petit cours d'histoire récente,
07:47il avait été effroyable dans l'entre-deux-tours,
07:50et alors que le Rassemblement national était donné avec une majorité absolue
07:54au soir du premier tour à l'Assemblée nationale.
07:56Le front républicain et la dynamique de la gauche avaient permis d'inviter,
08:00mais Jordan Bardella avait sans doute coûté pas mal de points à son propre camp.
08:04Donc je suis curieux de voir comment ça va se passer,
08:06et à mon avis, pour confirmer ce que dit Laurence Rossignal,
08:09je pense qu'on va surtout voir Marine Le Pen,
08:10qui est une politique expérimentée et qui laissera peu de place aux autres,
08:14parce que dans les débats, il n'y a qu'une seule personne devant le pupitre.
08:16– Marine Le Pen qui revient donc aux fondamentaux, la priorité nationale,
08:19et qui met un nouveau sujet sur la table en cette rentrée politique,
08:23la question du logement. On écoute Marine Le Pen.
08:26– Aujourd'hui, 70% des Français sont éligibles au parc social,
08:31et seulement 11% en bénéficient.
08:36Les Français, les élus locaux, le bon sens,
08:39doivent reprendre la main sur le logement social.
08:41Nous devons donner la priorité d'accès au logement social aux Français.
08:47Et nous devons leur réserver le bénéfice des APL,
08:52les aides personnelles au logement.
08:55– Jadzab, où s'est-il réagir ?
08:57– Écoutez, au fur et à mesure que se rapprochent les échéances électorales,
09:00le ravalement de façade républicain que le Rassemblement national
09:02nous avait vendu ces dernières années, c'est frite.
09:04On le voit, c'était la même chose il y a quelques jours, sur le voile.
09:08On le voit là sur la priorité nationale,
09:11qui est une vieille lubie du Rassemblement national.
09:13Il faudra m'expliquer en quoi cette priorité nationale
09:15résoudra le problème du manque de construction de logements
09:18que nous avons dans notre pays.
09:20Et ça rappelle d'ailleurs aussi le fait que l'année dernière,
09:23ou il y a deux ans, au moment des législatives,
09:24de la même manière, les binationaux avaient été ciblés.
09:27Donc au-delà des questions de principe,
09:28puisque fondamentalement vous allez mettre de côté des gens
09:31qui sont peut-être, qui n'ont pas la nationalité,
09:33mais qui travaillent, qui cotisent, qui payent,
09:35ça pose une question de pragmatisme.
09:37Donc si vous voulez, c'est des idées qui flattent les peurs, les craintes.
09:42Mais question concrète, vous avez une aide-soignante,
09:44elle n'a pas la nationalité française,
09:46on a besoin d'aide-soignants, elle est en situation légale.
09:48Elle paye ses impôts, elle cotise, vous allez lui dire
09:51« Non, tu n'auras pas le droit à un logement ».
09:52Vous savez, je pense que c'est en rien une solution
09:55au problème fondamental qu'est celui du logement.
09:58Sur ce point-là…
09:59Qu'est-ce qu'on fait avec le cas de figure précis
10:00que vient de souligner Jad Zahab ?
10:02Non mais sur cette mesure-là, moi je pense qu'elle est largement
10:04approuvée par les Français.
10:05Et au pire, faisons ce qu'a dit Marine Le Pen tout à l'heure,
10:07faisons un référendum sur ces questions-là,
10:09et on verra ce qu'ils disent.
10:11Simplement, arrêtons d'avoir peur d'interroger les Français.
10:13Par exemple, sur les prestations sociales,
10:14vous considérez que par exemple une aide-soignante
10:17qui est dans une situation légale,
10:19qui paie ses cotisations, qui a cotisé,
10:21qui a payé des impôts, qui rend un service dont on a besoin,
10:23vous considérez qu'on doit pouvoir interdire ?
10:25C'est ce que dit Marine Le Pen aussi, qui est votre allié.
10:27Non, non, non.
10:27Et M. Chotty a des positions très proches.
10:29Nous, on parle des prestations sociales qui sont non-contributives.
10:32Il y a une grosse différence entre les prestations
10:34contributives et non-contributives.
10:35Ceux qui ont cotisé, évidemment, qui méritent d'avoir accès à un logement social.
10:38Donc, ce n'est pas du tout le sujet.
10:39Mais encore une fois, moi je pense que c'est important
10:41de parler de ces questions du logement.
10:43Personne n'en parle.
10:44C'est quand même 30% du pouvoir d'achat des Français,
10:47la question du logement.
10:48Personne ne parle de la question de l'offre de logement
10:50qui a été largement réduite ces dernières années.
10:52Vous défendez Gabriel Attal.
10:54En l'occurrence, le Premier ministre, en 2009,
10:56au moment du passage de la loi Climat et Résilience,
10:58c'était votre adversaire du Bloc Central, Edouard Philippe.
11:01Cette loi, elle a eu pour impact,
11:03à travers les DPE, ce qu'on appelle les DPE et le ZAN,
11:06de retirer de l'offre du marché
11:07un million de logements.
11:09Un million.
11:10Donc, toutes les lois qui sont succédées depuis les années,
11:12et c'était le cas aussi quand M. Ganser
11:14était le conseiller de François Hollande à l'Elysée,
11:17elles ont eu pour impact de réduire l'offre locative
11:19de réfugiés.
11:20Ils se sont aggravés, ça c'est certain.
11:21Oui, mais ils se sont aggravés.
11:22Parce que pour aller dans le sens de James Carillon,
11:24ce qui est hallucinant toujours dans les débats
11:26avec les Macronis, c'est qu'ils lancent des polémiques
11:28pour ne pas parler des sujets de fond.
11:29C'est-à-dire que depuis 10 ans,
11:31le bilan du Macroni sur la question du logement,
11:33il est cataclysmique.
11:35Tout le monde le sait ici.
11:36En l'occurrence, l'argument de Jadjab de dire
11:38que ce n'est pas en proposant la priorité nationale
11:40sur les logements qu'on construira plus de logements.
11:45Depuis 10 ans, il y a moins de 40% de permis de construire dans ce pays.
11:49Il y a un instant, quand vous avez ouvert le sujet sur le logement,
11:52vous avez dit que Marine Le Pen fait entrer un nouveau sujet dans la campagne.
11:55Pas du tout.
11:56Elle prend le même sujet que d'habitude,
11:58qui est la question de la préférence nationale,
12:00la question de l'exclusion.
12:00Vous parlez du logement.
12:03Elle prend le même sujet que d'habitude,
12:05elle change juste l'objet du sujet, si j'ose dire.
12:07Donc, son obsession, qui est la préférence nationale,
12:10l'exclusion des travailleurs d'origine immigrée,
12:13du logement, des prestations sociales,
12:15elle l'aborde avec un nouveau sujet.
12:17Mais c'est toujours la même histoire,
12:18parce que moi, quand Marine Le Pen parle du logement,
12:20je m'attends à ce qu'elle nous dise,
12:21un, comment elle va réduire les passoires thermiques,
12:23puisque nous sommes tous, paraît-il,
12:27aussi unanimes à nous préoccuper du pouvoir d'achat des Français.
12:30Le pouvoir d'achat des Français, il passe par le prix d'énergie.
12:32Le prix de l'énergie, il est traduit dans le prix
12:35que les gens mettent dans le chauffage de leur logement.
12:38Quand vous êtes dans une passoire thermique,
12:40ça ruine votre budget.
12:41Qu'est-ce qu'elle dit sur les passoires thermiques ?
12:43Rien.
12:43Qu'est-ce qu'elle dit sur la construction de logements sociaux ?
12:45Rien.
12:46Qu'est-ce qu'elle dit sur les nouvelles aspirations
12:48des Français aux logements sociaux ?
12:49Aujourd'hui, les Français n'aspirent plus
12:52à ce qu'on construise des tours de 25 étages
12:54dans lesquels ils vont habiter les uns au-dessus des autres.
12:57Les Français veulent autre chose dans le logement social.
12:59Qu'est-ce qu'elle dit ?
12:59Rien.
12:59Donc, elle ne fait que reprendre ses habituelles obsessions
13:03qui sont celles de l'exclusion des immigrés,
13:06des prestations sociales, de l'accès à ce qui est commun.
13:09Et l'exemple qui a été donné il y a un instant
13:10sur l'aide soignante étrangère en situation régulière,
13:16vous la virez ou pas de son logement ?
13:18Oui ou non ?
13:19Vous me racontez une histoire de prestations contributives ?
13:21C'est une prestation non contributive, à ma connaissance,
13:29les APL.
13:30Les prestations contributives, c'est la protection sociale.
13:33Il n'y a pas de cotisation.
13:33Il n'y a pas de cotisation.
13:34C'est une prestation non contributive.
13:36Donc, je suis votre raisonnement.
13:37Donc, vous excluez les gens sur une prestation non contributive.
13:42Est-ce que vous virez de son logement une aide soignante,
13:45déjà qu'on n'en a pas assez,
13:46et qui fait son travail correctement,
13:48qui élève ses enfants,
13:49le plus souvent en famille monoparentale,
13:51parce que c'est comme ça
13:52qu'est la vie des femmes qui travaillent aujourd'hui.
13:55Alors, la réponse de Guillaume Carré.
13:56Alors, la réponse oui ou non ?
13:57C'est oui ou c'est non ?
13:58Cochez la case réponse.
14:00C'est du pathos.
14:01Non, c'est l'avis des gens.
14:02C'est l'avis des gens.
14:03C'est oui ou c'est non ?
14:04Non, non, vous jouez sur le pathos.
14:05Donc, c'est oui.
14:06Non, c'est oui.
14:07Mais ce sont des quatre figures qui se présentent.
14:09Vous avez coché la case réponse.
14:10Oui, c'est bon.
14:11Question suivante.
14:12Je fais une observation pour faire sourire tout le monde.
14:15C'est toujours amusant,
14:16peut-être pas tout le monde d'ailleurs,
14:18c'est plus amusant de voir Marine Le Pen parler de logement,
14:20sachant qu'elle, elle a grandi dans un château
14:22et qu'il y vit encore aujourd'hui.
14:23J'ai le droit de le dire, c'est quand même amusant.
14:25C'est quand même assez amusant.
14:27Elle n'est pas très...
14:27Attal, ça fait 10 ans qu'il est dans le ministère.
14:30On parle de Marine Le Pen.
14:31On parle de Marine Le Pen.
14:31C'est pas un argument.
14:32Je sais que c'est pour faire sourire.
14:34On peut en sourire, c'est amusant.
14:35Vous êtes plus drôle, monsieur Glendier.
14:36Oui, mais moi, je trouvais ça assez drôle.
14:37Ah, ok, d'accord.
14:38Ça ne vous a pas fait rire.
14:39Et la deuxième chose...
14:41Allez, allez.
14:42Oui, j'ai l'argument.
14:42Mais ça vous a fait réagir.
14:43J'ai dit, bon, j'ai touché quelque chose de sensible.
14:45La deuxième chose, c'est qu'on peut parler, évidemment,
14:48de l'argument de l'efficacité.
14:50Est-ce que ça marche ? Ça ne marche pas.
14:51Mais en fait, il faut partir de l'argument politique et moral.
14:54Et en fait, ça doit finir la conversation.
14:57C'est ce qu'a dit Laurence Rossignal,
14:58et vous l'avez dit aussi.
15:00Cette option de préférence nationale,
15:02c'est un angle discriminatoire.
15:04C'est très simple.
15:04On fait le tri entre les gens qui sont sur notre territoire
15:07en fonction de leur nationalité.
15:08Et d'ailleurs, je pense que les gens
15:10qui sont autour de ce plateau,
15:10qui sont proches de l'extrême droite,
15:13ne le renieront pas.
15:14Ils l'assumeront, bon.
15:15Ils veulent préférer les nationaux, les non-immigrés.
15:18Donc, moi, j'aime bien que les choses se sont dites clairement.
15:20Mais par contre, c'est vrai que je suis étonné.
15:21Vous ne répondiez pas clairement aux questions qui sont posées.
15:23Mais non, parce que je n'aime pas qu'on joue sur les émotions.
15:25Non, mais c'est pas des émotions.
15:27La vie des gens n'est pas une émotion.
15:29Il n'y a pas de problème.
15:29Marine Le Pen a un programme discriminatoire.
15:32Mais la préférence nationale, elle existe déjà.
15:33Pour le droit de vote, ça existe.
15:35Oui.
15:36Les Français ont le train de voter,
15:36les étrangers ont par exemple.
15:39Ce n'est pas du tout la même chose.
15:41Là, on ne parle pas de contribution.
15:43Vous en profitez tous les jours, M. Gantzor,
15:44de la préférence nationale.
15:45Ah bon ?
15:45À quel titre ?
15:45Vous votez, les étrangers ne peuvent pas voter.
15:47Si, les étrangers ne peuvent pas voter.
15:49Vous faites partie des 1.5% de Jean-Pé.
15:51Alors, attendez, attendez.
15:52Pardonnez-moi juste de prolonger...
15:52Non, mais après, on ira voir sa liste qui suit.
15:54Juste de prolonger ce que vous disiez,
15:55c'est-à-dire que là, on parle de la priorité nationale.
15:57En réalité, dans le référendum que proposent encore
16:00Marine Le Pen et Jordan Bardella,
16:01il est question de différencier les Français
16:03selon qu'ils ont une citoyenneté, une nationalité ou deux.
16:06Et en l'occurrence, les binationaux,
16:07vous pourrez aller voir dans le référendum,
16:09vous proposez aussi que les personnes
16:11qui détiennent deux nationalités soient différenciées
16:14et qu'en réalité, seuls les mononationaux,
16:16pardonnez-moi l'expression, est la priorité.
16:18Et donc, vous discriminez près de 10 millions
16:20de Françaises et de Français en France
16:21qui sont binationaux, c'est mon quoi.
16:23Je suis né en France de deux parents d'origine libanais.
16:25Je suis fier d'être français et libanais.
16:27Eh bien, vous me mettez dans la catégorie des immigrés
16:30parce qu'encore une fois, vous mélangez tout,
16:33nationalité, citoyenneté.
16:33Et ça, c'est particulièrement grave.
16:35Et la polémique qu'on avait eue,
16:36polémique entre guillemets,
16:37au moment des législatives sur les binationaux,
16:39allez voir, j'invite les gens qui nous regardent,
16:41allez sur le site du Rassemblement national.
16:43Je l'ai fait avant de venir sur ce plateau.
16:44Il y a bien une différenciation
16:46entre les Françaises et les Français
16:47qui ont une nationalité
16:48et celles et ceux qui en ont deux
16:50qui ne sont pas des citoyens de ce qu'on dirait.
16:51C'est un missile très gros d'un mot
16:53et ensuite on va voir il est le mot.
16:54Moi, ce qui m'appelle toujours,
16:55c'est que le principe même,
16:56enfin, on ne va pas rentrer
16:56c'est un grand débat d'histoire,
16:57mais le principe même de la République,
16:58c'est justement la nation.
16:59Et dans la nation, il y a des nationaux.
17:01Et dans les nationaux,
17:02il y a des gens qui ont des droits.
17:03Qu'est-ce que vous dites sur les binationaux ?
17:04Les binationaux sont-ils des nationaux comme les autres ?
17:06Je ne vous ai pas, de façon très républicaine,
17:07je ne vous ai pas coupé la parole.
17:08D'accord.
17:08À un moment donné, il faut revenir...
17:10Vous prévoyez de m'enlever des droits quand même
17:11en tant que national.
17:13Donc répondez-moi,
17:13les binationaux sont-ils des nationaux
17:15comme les autres pour vous ?
17:16Monsieur, je ne vous ai pas coupé.
17:18C'est oui ou c'est non ?
17:20Vous n'êtes pas capable de me dire
17:21que les binationaux sont des nationaux comme les autres ?
17:23Mais non, de fait,
17:24ils ne sont pas des nationaux comme les autres.
17:25Ben non, ils ne sont pas des nationaux.
17:26Donc je ne suis pas un citoyen français comme les autres.
17:33C'est le principe même de la République.
17:34C'est le principe même de la République.
17:37Vous vous rendez compte de la gravité
17:39de ce que vous êtes en train de dire ?
17:40Non, non, c'est pas le nicher, monsieur.
17:42Je suis né en France sans doute comme deuxième chose.
17:44Et vous êtes en train de me dire
17:45que je n'aurais pas droit à la même chose,
17:47entre guillemets,
17:47visiblement, je n'ai pas droit de finir un propos.
17:50Et la deuxième chose,
17:51ce qui est amusant,
17:51c'est que Marine Le Pen fait un discours
17:53d'une heure où elle parle du logement,
17:54de la création de nouveaux logements
17:55et c'est vous qui mettez la focale
17:58immédiatement sur la question identitaire.
17:59C'est quoi ?
18:00On va aller, on va aller.
18:01Je sais, vous, que monsieur,
18:02vous avez un petit problème avec l'identité
18:03vu que vous considérez que l'identité française
18:05n'existe pas.
18:06Oui, bien sûr.
18:06Donc, le leçon d'identité
18:07de la part de quelqu'un
18:08qui ne reconnaît pas l'identité française...
18:10Vous n'avez pas répondu.
18:10Allez, on va...
18:11Non, mais je veux juste dire
18:12que c'est extrêmement grave.
18:14Et je le dis aux gens qui nous regardent,
18:15qui pensent que, soi-disant,
18:16ça va régler le problème du logement,
18:17c'est faux.
18:18Et Marine Le Pen a une vision
18:21ethnique, identitaire
18:22de la citoyenneté française
18:22et c'est extrêmement grave.
18:23Et Marine Le Pen a une vision
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