- il y a 15 minutes
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:02Générique
00:11Les marins pêcheurs ont donc décidé de se mobiliser.
00:14Aujourd'hui, leur colère a été dirigée notamment contre la hausse des prix des carburants.
00:19Ça a commencé à fausse, ça s'est poursuivi à 7.
00:217 où nous retrouvons Maxime Brandstetter en direct pour BFM TV.
00:25Il est avec un pêcheur sétois, Vincent Scoto, Maxime.
00:32Exactement, je suis sur le bateau du capitaine Vincent Scoto.
00:35D'abord, on va vous montrer le blocage en direct des pêcheurs sétois.
00:39Vous voyez un pêcheur petit métier derrière, c'est un palangrier.
00:42Ces deux bateaux sont positionnés comme ça pour bloquer l'entrée du port,
00:48pour bloquer ce gros ferry jaune que vous voyez là,
00:50qui devait partir il y a environ 50 minutes.
00:54Il devait partir à 16h, mais il n'a pas pu à cause du blocage.
00:57Pêcheurs qui sont beaucoup plus nombreux derrière.
00:59D'ailleurs, tous les bateaux à quai, il y a des chalutiers, il y a toutes sortes de bateaux.
01:02Tout ça, c'est les pêcheurs qui sont mobilisés et qui vont empêcher à la fois ce bateau de partir
01:06et un autre ferry qui lui se trouve en mer sauf s'il a été dérouté.
01:09Vous le disiez, on est justement avec Vincent Scoto.
01:11Alors je disais, vous êtes le capitaine de ce navire, vous êtes pêcheur.
01:15Là, vous bloquez depuis ce matin.
01:17Vous allez bloquer encore combien de temps ?
01:19Écoutez, demain, on a un rendez-vous avec le vice-président de la région.
01:24Après, je ne sais pas trop ce qu'il va nous raconter.
01:27On verra bien demain.
01:28Je pense que l'élément déclencheur sera le rendez-vous avec Mme Chabot,
01:33jeudi à 11h à Paris, où je ferai partie de la délégation pour la visite.
01:38C'est-à-dire que selon ce qu'elle vous dit, peut-être que vous laisserez repartir le ferry.
01:41Qu'est-ce qu'elle peut vous dire qui vous ferait lever ce blocus ?
01:44Là, aujourd'hui, il y a quelqu'un qui peut savoir.
01:47J'ai envie de vous dire, ça fait des semaines, voire des mois,
01:49qu'on l'alerte sur la problématique pêche en Méditerranée.
01:53Pour l'instant, on est sans réponse.
01:55On a été reçu un peu à la va-vite par la DGAMPA au mois de juillet,
02:00un peu avant le départ vacances politiques, un peu vite, vite, mais pas sans réponse.
02:08Donc là, aujourd'hui, il va falloir des réponses à nos questions,
02:11et surtout des actes, parce qu'aujourd'hui, il n'est pas question de reprendre la mer,
02:17surtout dans la condition dans laquelle nous nous trouvons.
02:20Parce qu'on le disait en introduction, vous avez plusieurs revendications,
02:23mais l'élément déclencheur, la goutte d'eau qui a fait déborder le vase,
02:26c'est les prix du carburant.
02:27Ah ben forcément, forcément.
02:28Le prix du carburant, et bon, après, pour nous, pour la pêche à luthière,
02:33le plan de gestion Wetmed qui est carrément déconnecté de la réalité du terrain.
02:36Voilà, la perte de 30% des chiffres d'affaires dues à l'augmentation du maillage
02:42que nous avons subi début d'année.
02:44Nous l'avons alerté quand même depuis des mois à ce sujet.
02:48Nous sommes sans réponse.
02:49Voilà, maintenant, la hausse du gasoil,
02:51où je pense que l'État peut agir quand même aisément au vu des taxes
02:58qui quand même y prennent dessus.
03:00Voilà, donc à un moment, il y a beaucoup de points sensibles sur lesquels
03:05l'État peut agir sans l'aval de la Commission européenne.
03:09Et maintenant, il est grand temps de se mettre à la table des négociations
03:12et de trouver un terrain d'entente.
03:13Et il peut agir comment, l'État ?
03:15Il peut agir ?
03:16Ben, un blocage du prix à la pompe.
03:17Voilà, un blocage du prix direct à la pompe.
03:19Voilà.
03:20Arrêtez de nous prendre pour des cons.
03:21Arrêtez de nous prendre les gens pour des cons.
03:23Le gasoil, il est à moins de 100 dollars.
03:24Voilà.
03:25Et s'il bloque, il y aura des pénuries de carburant ?
03:28Qui bloque nous ?
03:29Si l'État bloque le prix à la pompe, il risque d'y avoir des pénuries, non ?
03:31Pourquoi il va y avoir des pénuries ?
03:33Il ne va rien voir, ça, les pénuries.
03:34Je ne vois pas pourquoi il y aurait des pénuries de gasoil.
03:38Voilà.
03:39Aujourd'hui, il va y avoir une pénurie de pêcheurs, surtout,
03:41parce que les pêcheurs, aujourd'hui, ils en ont gros sur la patate.
03:44Voilà.
03:44Et des pêcheurs, bientôt.
03:45Voilà.
03:45Au vu des décisions qui ont été prises ces dernières années,
03:49voilà.
03:49Aujourd'hui, c'est les pêcheurs qui n'auront plus.
03:52C'est parce que vous consommez beaucoup de carburant
03:53et si les pompes vous vendent en dessous du prix d'achat,
03:55elles risquent d'être déficitaires aussi, non ?
03:58Écoutez, le prix d'achat, il a bon dos.
04:00Il y a bien quelqu'un qui mange au passage, voilà.
04:02Voilà.
04:03Mais ceux qui mangent, il faudrait qu'ils soient un petit peu moins gourmands
04:07et qu'ils laissent un peu de flexibilité à tout le monde.
04:10Parce que je pense qu'il n'y a pas que les pêcheurs dans le coup du gasoil,
04:13les automobilistes aussi, les routiers.
04:15Tout le monde, il est imputé dans cette situation-là.
04:17Et je pense qu'elle n'a qu'assez duré.
04:20Voilà.
04:21Merci.
04:22Merci beaucoup, M. Scoto.
04:23Vous voyez donc ce blocus qui continue ici sur le port de Sète,
04:27qui va continuer au moins cette nuit.
04:28Et puis on verra jusqu'au prochain rendez-vous avec M. Scoto
04:31qui va rencontrer la ministre de la Mer jeudi prochain.
04:36À Maxime Brandstetter qui est avec Bastien Dufour à Sète dans les Rueux.
04:40Il faut revoir les images aussi de ce qui s'est passé à Fosse-sur-Mer.
04:42Ça parce que ça a commencé ce matin à Fosse.
04:44Et là, on est dans les bouches du Rhône.
04:46Les marins pêcheurs ont donné de la voix.
04:48Ils se sont regroupés.
04:49Ils ont bloqué le port de Fosse.
04:51Et dans ces cas-là, puisque le blocage est interdit,
04:54qu'ont fait les autorités,
04:55eh bien, elles ont envoyé les forces de l'ordre,
04:57la marée-chaussée, pour débloquer le port de Fosse.
05:01Alors, il y a eu quelques petits incidents,
05:02des petits échauffourés quand même.
05:06Des petits échauffourés quand même.
05:13C'est parti !
05:39Justement, le maire de Fosse-sur-Mer est avec nous, c'est Philippe Morisot.
05:43Bonsoir, M. le maire.
05:44Vous êtes allé à la rencontre des pêcheurs.
05:47Vous vous tenez aux côtés des pêcheurs ce soir face au pouvoir public, au gouvernement ?
05:52Tout à fait. 100% derrière les pêcheurs, avec les pêcheurs, oui, effectivement.
05:57Et ce soir, quelle est la situation ? Est-ce que la tension est retombée ?
06:01Oui, la tension est retombée.
06:03En fait, il y a eu un petit échauffouré qui a duré une paire de minutes.
06:07Mais immédiatement, la tension est retombée.
06:10Les pêcheurs avaient décidé de venir serrer la main des CRS.
06:14Bon, je n'ai pas compris pourquoi ça avait un petit peu dégénéré,
06:17puisqu'ils étaient prêts à arrêter un petit peu leur barrage, leur blocus,
06:22de façon tout à fait pacifique,
06:24après être restés plusieurs heures à bloquer le dépôt pétrolier,
06:28et non pas le port, attention.
06:30Voilà. Bon, il y a eu un petit échauffouré de dernière minute,
06:33mais ensuite, les choses se sont rapidement calmées.
06:35C'est-à-dire que le mouvement est terminé ?
06:37Ils ont débloqué le terminal pétrolier de Fosses-sur-Mer ?
06:41Alors, à l'instant où je vous parle, oui.
06:43Maintenant, dire pour autant que le mouvement est terminé,
06:46c'est s'avancer un petit peu, je pense.
06:48Mais, monsieur le maire, vous dites vous-même,
06:51ça me touche ce conflit, parce que c'est un milieu que je connais.
06:54Vous venez de ce milieu, justement, des marins-pêcheurs.
06:58C'est ce que vous écrivez.
06:59Donc, vous dites, moi, je serai toujours aux côtés
07:01de ceux qui travaillent et de ceux qui souffrent.
07:03Alors, moi, je ne viens pas du milieu des marins-pêcheurs.
07:06J'ai de la famille qui est dans ce métier-là,
07:08mais pas dans la région de Provence-Saint-Côte d'Azur.
07:11Par contre, je viens du milieu ouvrier.
07:13Mon père était ouvrier électricien, ma mère infirmière.
07:15Je sais ce que ça veut dire que travailler dur.
07:18Je sais ce que c'est que la dignité acquise par le travail.
07:21Et ce qui me met en colère, c'est qu'aujourd'hui,
07:25des gens qui se lèvent tôt pour aller travailler
07:28gagnent finalement parfois bien moins que des gens qui restent au lit.
07:32Donc, ça, ça me dérange particulièrement.
07:34Mais on a entendu deux revendications du côté des pêcheurs,
07:38notamment de fausses sur mer.
07:39À la fois, bien sûr, les prix du carburant,
07:42mais aussi les contraintes administratives, réglementaires
07:46qui sont imposées par l'Union européenne.
07:47Il y avait d'ailleurs des bandeaux contre l'Union européenne.
07:50Vous partagez ces revendications ?
07:54– Bien sûr, mais pas que pour les pêcheurs, malheureusement.
07:58Aujourd'hui, tous les commerçants, tous les artisans,
08:01tous les chefs d'entreprise, tous les industriels,
08:03et Dieu sait si nous en avons sur ce territoire,
08:06se plaignent de la réglementation en général,
08:09de l'anarchie administrative,
08:12des surcouches qui viennent s'anitialonner les unes aux autres,
08:16à commencer par l'Europe et ses contradictions souvent.
08:19Nous avons la sidérurgie qui a longtemps été pénalisée
08:22au niveau de la taxe carbone par rapport à l'import,
08:25par exemple, de produits venant d'Asie.
08:29Et donc, à un moment donné, il faudrait que l'Europe aussi
08:31aille dans le sens de la protection des intérêts
08:35de ceux qui travaillent et qui produisent en France et en Europe.
08:39– Monsieur le maire, d'ailleurs, vous saisissez,
08:41enfin vous allez écrire au Premier ministre Sébastien Lecornu,
08:43à Madame la ministre de la Mer, aussi à Madame Catherine Chabot,
08:46pour leur demander quoi précisément ?
08:49– Alors effectivement, les courriers sont partis ce matin
08:52aux deux ministres en question que vous venez de citer,
08:54et pour leur demander quoi, même si on a un peu conscience
08:57que c'est une goutte d'eau dans l'océan,
08:59pour leur demander de prendre en considération
09:01ces revendications de façon sérieuse,
09:03et pas qu'avec des paroles, mais aussi avec des actes,
09:06et avec des actes rapides, urgents,
09:09parce qu'aujourd'hui, on a des agriculteurs,
09:10on a des pêcheurs qui se suicident au quotidien,
09:14parce qu'avec leur travail, en se levant tôt le matin,
09:17ils n'arrivent plus à subvenir aux besoins,
09:20à nourrir leur famille,
09:21et ça c'est un comble en France au XXIe siècle.
09:25– Gaëtan Mélin, les pêcheurs sont-ils aidés par le gouvernement ?
09:29On sait qu'il y a quelques aides ciblées
09:32pour ceux qui sont les plus impactés par cette crise des carburants.
09:35– Oui, ils font partie effectivement de ces professions
09:38qui ont le soutien du gouvernement.
09:40Le problème, c'est que les aides tardent à arriver.
09:44Juste un chiffre important à avoir avant,
09:46le gasoil marin, c'était 60 centimes du litre,
09:49c'est passé à 1,20 euro.
09:51– C'est un doublé.
09:52– Tout à fait, et l'aide du gouvernement,
09:54c'est seulement 25 centimes.
09:56Donc vous voyez que ce n'est pas suffisant.
09:58Par ailleurs, effectivement, on le dit,
10:01mais pour toutes les aides, c'est très compliqué à demander.
10:04Donc là aussi, il faut faire un effort pour simplifier les choses,
10:07il faut que les aides arrivent plus vite et puis surtout,
10:10il va falloir que le gouvernement continue à aider ces professions
10:15qui, on le voit bien, aujourd'hui sont dans une situation catastrophique.
10:19– Jean-Pierre Mercier est avec nous, ancien syndicaliste,
10:21porte-parole de lutte ouvrière et donc de Nathalie Arthaud,
10:24qui est candidate à l'élection présidentielle.
10:25– Tout à fait.
10:26– Bonsoir Jean-Pierre.
10:27– Bonsoir.
10:27– J'imagine que vous êtes solidaire de ces revendications,
10:30de ces marins pêcheurs qui n'en peuvent plus,
10:32qui d'ailleurs disent on ne peut plus travailler correctement.
10:35C'est le début d'un soulèvement populaire ?
10:37– Je ne sais pas, je ne suis pas devin et je n'ai pas l'habitude
10:40de lire dans le Mar de Café.
10:41En tout cas, oui, je suis solidaire à 100% de cette colère qui s'exprime.
10:46On parle beaucoup des artisans, des marins pêcheurs,
10:49des infirmières libérales, des taxis, des agriculteurs
10:53qui, de par leur métier, sont obligés d'utiliser du carburant,
10:57du gasoil notamment.
10:57Et c'est vrai qu'ils sont directement impactés.
11:02On oublie systématiquement, et je suis là pour le rappeler,
11:05merci de votre invitation,
11:06c'est des dizaines de millions de salariés en France
11:10qui sont obligés d'utiliser leur voiture pour aller au boulot.
11:12Et la part du carburant est en train d'exploser dans le budget.
11:17– Le gouvernement n'est pas responsable de l'augmentation des prix.
11:20C'est malheureusement la conséquence de ce qui se passe au Proche-Orient.
11:23– Le gouvernement est responsable de nous faire les poches, ça c'est certain.
11:27Il y a une crise géopolitique à l'autre bout du monde,
11:30ok, il n'en est pas directement responsable, ça je veux bien vous l'accorder.
11:34Mais par contre, il y a un élément qui est toujours absent du débat,
11:39c'est l'augmentation générale des salaires,
11:42l'augmentation générale des pensions de retraite,
11:44parce que c'est ça qui nous impacte le plus.
11:48– Si les gens étaient mieux payés, ils pourraient faire face à ces augmentations.
11:51– Bien sûr, et il faudrait que les salaires et les pensions de retraite
11:55augmentent en même temps que l'augmentation des prix,
11:57suivent l'augmentation réelle des prix.
11:59– C'est le cas pour les pensions de retraite, bien au-delà.
12:03– Bien au-delà, non, non, non, ça je conteste.
12:06Mais vous êtes bien au courant que le gouvernement cherche encore
12:10à taper dans la poche des retraités.
12:14Et puis il y a un deuxième absent de ce débat sur l'augmentation du prix des carburants,
12:18c'est Total Energy.
12:20– Total Energy plafonne ses prix.
12:24D'ailleurs, les stations-service sont prises d'assaut.
12:27– Donc on devrait dire, « Monseigneur, merci beaucoup d'avoir placé vous les prix. »
12:30– En même temps, les automistes ont bien compris que c'était intéressant pour eux.
12:32– Ils tournent à combien ?
12:33Ils tournent à 5 milliards de bénéfices chaque trimestre.
12:37– La plupart sont…
12:38– Malgré la crise, malgré la crise, malgré les guerres, etc.
12:42– Les bénéfices ne sont pas en France pour la plupart, vous le savez.
12:44– Oui, bien sûr. Alors c'est extraordinaire, parce qu'à la fois on a un groupe multinational
12:49qui est français et bien français, mais ses bénéfices sont faits à l'extérieur.
12:53Donc forcément, on ne peut pas le taxer, on ne peut pas prendre dans ses bénéfices.
12:56Moi, ce que je défends comme politique, c'est le chiffre est tombé ce matin.
13:01Champion d'Europe.
13:01La France est championne d'Europe de reversement de dividendes aux actionnaires.
13:06– Ils sont souvent des salariés.
13:08– 105 milliards…
13:09– Non, je parle des gros actionnaires, je ne parle pas du salarié qui a deux actions.
13:16105 milliards de dividendes, dont 35 milliards de rachats d'actions,
13:22qui fait très très mal.
13:23Enfin, pour ceux qui savent comment ça fonctionne, c'est écurent.
13:26Et là-dessus, alors eux, on les laisse tranquilles.
13:28– Oui, mais Jean-Pierre, merci.
13:29– Vous avez entendu ce qu'a dit M. Pouyanné, le patron de Total ?
13:31Si vous me surtaxez, moi, j'enlève le plafond et vous voudrez me brouiller.
13:36– Ah ben, c'est le chantage.
13:37– Qu'est-ce qui est préférable ?
13:39Parce que finalement, c'est quand même mieux d'avoir des prix plafonnés.
13:42– Là où nous sommes, nous, les travailleurs les plus forts,
13:46c'est nous qui faisons tout fonctionner, on fait fonctionner l'économie.
13:49Donc on a, bien sûr, et c'est ce rapport de force sociale
13:53qu'il va falloir imposer pour taper dans les bénéfices, augmenter le salaire.
13:56– Vous y croyez, le 17 octobre, il y a des appels sur les réseaux
13:59sociaux à une mobilisation le samedi 17 octobre, contre la vie chère.
14:03Vous pensez que ça va prendre ?
14:05– Je ne sais pas.
14:05– Vous le sentez autour de vous ?
14:06– Vous le sentez autour de vous, il y a des gens qui veulent y aller ?
14:08– En tout cas, à la fois, le gouvernement qui nous fait les poches,
14:11les patrons qui bloquent nos salaires, les prix qui exposent,
14:14forcément, c'est des ingrédients pour que la colère s'exprime,
14:17et elle doit s'exprimer, la colère.
14:18– Juste un truc, vous dites le gouvernement qui nous fait les poches,
14:21mais comment est-ce qu'il fait les poches, le gouvernement ?
14:24– Vous rigolez ? Là, on va avoir, entre autres, les impôts locaux
14:28qui vont tomber.
14:31On paye la TVA, nous, plein pot.
14:34Nous, on paye, quand vous achetez une baguette de pain,
14:36vous payez exactement la même TVA qu'un milliardaire
14:38qui achète sa baguette de pain.
14:39Il ne l'achète jamais, c'est quelqu'un d'autre qui le fait pour lui.
14:42On est d'accord.
14:42Mais il nous fait les poches de tous les côtés.
14:44Au niveau des services publics qui se dégradent
14:46alors que nos impôts ne cessent d'augmenter,
14:49il nous fait les poches aussi de cette manière-là.
14:51Bien sûr qu'on est saigné à blanc.
14:53Et c'est ça, cette colère qui explose.
14:55Alors aujourd'hui, c'est les marins-pêcheurs,
14:57mais il faudrait que ça explose sur tous ceux,
15:00de la part de tous ceux qui travaillent,
15:01qui font fonctionner l'économie.
15:03– Jonas Haddad est avec nous.
15:05Bonsoir, paroles de Bruno Rotaillot et des Républicains.
15:09Les pêcheurs, donc, demandent des aides supplémentaires.
15:12Est-ce qu'il n'y a pas un décalage
15:13entre ce que vivent en ce moment, effectivement,
15:15ces professionnels face à cette crise des carburants
15:19et un gouvernement qui se limite, pour l'instant,
15:21à des aides très ponctuelles, très ciblées,
15:24pas toujours simples, comme le disait Gaëtan,
15:26mais là, à récupérer parce qu'on rentre tout de suite
15:28dans la bureaucratie.
15:29Est-ce qu'il faut que le gouvernement,
15:30le cornu, passe à vitesse supérieure ?
15:32– Il y a intérêt.
15:34D'abord, j'entendais tout à l'heure dire
15:35que le gouvernement n'avait pas de capacité
15:37à bouger sur les prix.
15:39Si, aujourd'hui, nos téléspectateurs le savent,
15:4150%, même peut-être un petit peu plus
15:43de ce que vous mettez comme essence,
15:45ce sont des taxes.
15:46Donc, ils ont la capacité de décider
15:49de retirer ou d'augmenter des taxes.
15:50Ça a été le cas dans un certain nombre de pays.
15:52– C'est parce que M. Bruno Rotaillot,
15:53tout à l'heure, a dit.
15:54Il a dit que c'était une mesure
15:55complètement démagogique de baisser les taxes
15:58sur le carburant.
15:59– J'allais compléter parce que si vous avez bien suivi
16:01ce qu'il a proposé,
16:03et ce que je propose devant vous,
16:04c'est de supprimer les CE,
16:06cette taxe cachée.
16:07– Certificat d'économie d'énergie.
16:10– Mesure qui fait d'ailleurs consensus,
16:12puisque j'ai entendu Michel-Édouard Leclerc,
16:13l'a validé ce matin,
16:15et qui permettrait de faire baisser immédiatement,
16:17je dis bien immédiatement,
16:19de 17 centimes le prix par litre,
16:21et par plein de 8,5 euros.
16:24– Et ce n'est pas un manque à gagner pour l'État.
16:26– Et ce n'est pas un manque à gagner.
16:27– Parce que c'est des certificats
16:28qui vont directement dans la transition.
16:31– Alors, soit disant,
16:32puisque la Cour des comptes
16:33a regardé ce mécanisme des C2E,
16:36et elle a dit que c'était une usine à gaz technocratique,
16:38et que ça coûtait 164 euros par an par ménage,
16:43et que ça ne finançait pas réellement la transition écologique.
16:45– Ah bon ? En plus ?
16:45– Donc, vous voyez, en fait,
16:46si vous voulez, on fait un gain bureaucratique,
16:48c'est-à-dire qu'on enlève ce qui ne sert pas à grand-chose,
16:51et on fait en sorte de redonner du pouvoir d'achat.
16:53– Donc vous dites à M. Lecornu,
16:55allez, il faut vite enlever ce certificat.
16:56– Supprimer les C2E, voilà, supprimer les C2E,
16:59comme ce que vous demandez…
16:59– Et ça pèse de combien, alors ?
17:01– 17 centimes.
17:01– Entre 15 et 17 centimes, effectivement, par litre.
17:04– Et justement, qu'est-ce qu'on fait du côté de Matignon,
17:06Amandine Attalaïa ? On regarde ?
17:07– J'ai l'impression qu'on gagne du temps à chaque fois.
17:09– On attend, ou au contraire, on se dit,
17:11là, dans les 48 heures, il faut agir et vite.
17:13– Je pense que là, on commence à se dire
17:15qu'il va quand même falloir agir,
17:17parce que c'est en train de monter de tous les côtés la colère.
17:20Et c'est vrai que jusque-là,
17:21ils ont fait des aides qui étaient très limitées dans le temps.
17:24Ça a duré deux mois, et puis c'était reconduit.
17:26Et pour les pêcheurs, en l'occurrence,
17:28c'est 25 centimes l'aide par litre
17:31de ce qu'ils mettent dans leur bateau.
17:34Et c'est très faible,
17:34et il y en a beaucoup qui travaillent à perte.
17:36Donc ce que peut faire le gouvernement,
17:37à minima, c'est quand même augmenter le montant des aides
17:40pour les agriculteurs, les transporteurs routiers,
17:42les pêcheurs, et pour les gros rouleurs.
17:44Ça, il en a la capacité.
17:46En revanche, la baisse des taxes, c'est non.
17:49Je ne pense pas qu'ils bougeront sur ce plan.
17:52Le plafonnement des prix,
17:53ils l'ont déjà délégué en effet à Total.
17:55Ce qu'ils peuvent faire, c'est demander à Total
17:57de faire encore davantage.
17:59C'est-à-dire Total plafonne aujourd'hui à 1,99 le litre d'essence.
18:03Ils peuvent leur demander...
18:04Ce qui ne plaît pas aux autres.
18:05Non, mais c'est vrai.
18:07Ça fait une concurrence déloyale pour les stations d'essence.
18:09Notamment les indépendants qui ont des petites stations-service.
18:12Oui, tout à fait.
18:12Mais le gouvernement pourrait tenter de négocier,
18:15par exemple, un 90, un 95.
18:19Vous imaginez comment on est sur des bouts de huisselle.
18:21En réalité, ce que nous...
18:22On est sur des bouts de huisselle.
18:23Oui, mais c'est-à-dire qu'on ne peut pas...
18:26Ça va être bizarre, mais je vais être aligné avec monsieur.
18:28On ne peut pas quémander un...
18:29Voilà, ça y est, la réconciliation entre...
18:31On ne peut pas quémander un opérateur privé
18:34de bien vouloir faire une réduction.
18:36Il faut une réduction massive.
18:38Mais nous, on pense que c'est par la baisse des taxes.
18:40Parce qu'effectivement, on ne peut pas avoir
18:42un euro en plus de dépenses publiques.
18:44Donc, on propose quelque chose qui ne coûte pas à l'État
18:46et qui permet de descendre le prix à la pompe.
18:50Alors, juste un point important.
18:52Donc là, vous réduisez de 17 centimes par litre
18:54le prix des carburants.
18:57On est actuellement à 108 dollars le baril.
19:00On est à 1,20.
19:02Qu'est-ce que vous faites dans six mois
19:03lorsque le prix du baril de pétrole
19:07atteint les 150, 160 dollars ?
19:09C'est ce qui est prévu ?
19:10C'est possible.
19:11On a sur leur marché actuellement
19:1314 millions de barils en moins.
19:15On n'a pas encore commencé l'hiver, Olivier.
19:17Ça veut dire qu'on va avoir une tension
19:19sur l'offre très importante.
19:20Donc, imaginons que le prix du baril de pétrole
19:23continue de progresser.
19:24Donc, les prix du carburant
19:26vont continuer de progresser.
19:28Mais vous aurez déjà enlevé vos 17 centimes.
19:30Donc, au final, ce que vous allez gagner là
19:33pour un instant T,
19:34vous n'allez pas le récupérer plus tard.
19:36Donc, ce que vous vous dites,
19:37c'est que pendant six mois,
19:38les Français doivent encore attendre
19:39et payer 2,20.
19:40Ce n'est pas ce que je dis.
19:41C'est juste, quelle est la réponse
19:42que vous leur apporterez dans six mois ?
19:44Non, mais quelle est la réponse
19:45que vous leur apporterez dans six mois ?
19:46Mais dans six mois,
19:47il y aura des boîtes
19:47qui auront déposé le bilan, madame.
19:48Mais non, c'est...
19:49Alors, vous ne répondez pas à ma question.
19:50Si, parce que les marins pêcheurs...
19:52Qu'est-ce que vous faites dans six mois
19:53quand il n'y a plus les C2E ?
19:54Vous leur dites...
19:54Ah, ben, attendez, on va encore enlever une autre taxe.
19:56Oui, mais c'est ça.
19:56Si vous leur laissez, on n'a juste jamais.
19:58Non, mais peut-être.
19:59Mais justement, c'est là
20:00où les mesures ciblées sont intéressantes
20:02et qu'effectivement...
20:02Elles ne le sont pas physiquement
20:03parce que les pêcheurs...
20:04Ça ne suffit pas pour les pêcheurs.
20:05Mais bien éminemment, il faut aller au-delà.
20:07Il faut garder les mesures ciblées.
20:08Et puis, il faut effectivement,
20:10comme le dit Amandine,
20:11faire un peu plus pression pour Total
20:13pour essayer de baisser
20:15et surtout de maintenir durablement
20:18le plafonnement des prix.
20:19Mais madame Mélin,
20:20il y a quelque chose qui me sidère.
20:22Donc du coup, on fait quoi
20:23à part pour les professions
20:25qui roulent beaucoup ?
20:25C'est-à-dire que vous dites aux Français ce soir
20:27« Continuez à payer 2,20 euros, 3 euros
20:30pendant 6 mois. »
20:31Alors qu'en Espagne,
20:32ils payent 1,60 euros.
20:33Oui, on n'a pas les mêmes marques budgétaires, Olivier.
20:34Non, mais les Français...
20:36Non, mais les Français regardent
20:37ce qui se passe aussi autour d'eux.
20:38Et il y a beaucoup de pays
20:39où c'est moins cher.
20:40Mais les gens vont crever.
20:41Eh bien, mettons un plan d'investissement
20:44colossal
20:44pour permettre aux marins-pêcheurs
20:46de changer de bateau
20:47parce qu'aujourd'hui,
20:48ils ont des bateaux
20:49qui sont très vieux
20:50et qui consomment énormément.
20:51Et permettons aussi
20:52aux gros rouleurs,
20:53aux familles les plus modestes
20:55de s'équiper en voiture électrique.
20:56Mais moi, je ne parle pas de tout ça.
20:58Je parle de tous les Français.
21:00Il n'est pas normal
21:00que tous les Français,
21:01et notamment ceux qui bossent
21:02et qui sont des salariés,
21:04ceux qui sont des salariés,
21:05se lèvent le matin
21:06et mettent tout leur argent
21:07dans des plans d'essence.
21:09Je ne peux pas faire de plan
21:10pour 6 mois
21:11avec des voitures électriques.
21:13On n'a pas le temps.
21:13C'est maintenant.
21:14La pression politique
21:15est sur le gouvernement.
21:16On l'a bien compris,
21:17même de la part
21:17de l'ancien président
21:19François Hollande,
21:20l'homme qui est en embuscade
21:21sans vraiment y être
21:22pour la présidentielle de 2027.
21:25Le gouvernement aille très vite
21:27pour mettre à disposition
21:28des professionnels
21:29les moyens
21:30pour tout simplement
21:32faire leur travail
21:33et vivre.
21:33Les pêcheurs,
21:34les agriculteurs,
21:35les transporteurs.
21:36Ensuite,
21:36pour les particuliers,
21:38ceux qui utilisent
21:39et qui sont obligés
21:40d'utiliser leur voiture
21:41doivent avoir un chèque
21:42qui leur permette
21:43de compenser
21:44le coût des carburants.
21:45Là aussi,
21:46il faut que ça aille vite.
21:47Et là,
21:47ce qu'avait fait le gouvernement
21:48au printemps
21:49a été tellement long,
21:50tellement lourd,
21:51que le gouvernement
21:52n'allait plus.
21:53Il faut aller très vite
21:54dans ces moments-là.
21:55Président,
21:55l'ancien président Hollande,
21:56voudrait qu'on aille très vite
21:57dans les aides.
21:58Jean-Pierre Mercier.
21:58On joue avec le feu.
22:00Non, on joue avec le feu.
22:01Écoutez,
22:01ce qui est certain,
22:02c'est que
22:04je vous rejoins,
22:05c'est qu'il y a des patrons
22:07de l'industrie pétrolière
22:09ce matin,
22:10je crois que c'est sur votre chaîne,
22:11évoquaient
22:12un prix du gasoil
22:14avant la fin de l'année
22:15à 3 euros.
22:153 euros de gasoil,
22:17vous imaginez,
22:18avec le fait que les salaires
22:20n'augmentent pas.
22:21En plus,
22:22quand vous entrez
22:22en négociation,
22:23en discussion salariale
22:24dans les grandes entreprises,
22:26ils vous mettent,
22:27les patrons,
22:28vous mettent
22:28l'augmentation des prix
22:29hors tabac et essence.
22:31Facile.
22:32Quand vous avez l'essence,
22:33bon, je ne parle pas du tabac,
22:34mais quand vous avez l'essence
22:36qui prend une telle place
22:37dans votre budget,
22:39c'est quelque chose,
22:39de toute façon,
22:40moi je pense que ça ne va pas tenir.
22:42Alors, la solution,
22:43elle est où ?
22:44Moi, le petit chèque
22:46pour celui qui va faire
22:4730 kilomètres,
22:48etc.,
22:49ça c'est...
22:50Un chèque de 100 euros,
22:51gros rouleur,
22:51que tout le monde n'a pas demandé,
22:52visiblement.
22:53100 euros,
22:53vous faites combien de plaints
22:55avec 100 euros ?
22:574.
22:57C'est un surcoût ?
22:58Non, non, non,
22:58je veux dire un surcoût
22:59parce qu'on...
23:00Non, non, non, non,
23:02c'est 80 euros un plaints.
23:04Pardon, je vais en faire remercier.
23:05Non, ce que je voulais dire,
23:05c'est qu'on estime
23:06que le surcoût
23:08sur un plaints de 50 litres,
23:09c'est 25 euros.
23:10C'est pour ça que je disais 4
23:11dans la mesure où on a
23:13un surcoût de 100 euros
23:15pour 4 plaints.
23:15Mais si on ne s'attaque pas
23:17au problème de l'augmentation
23:18générale des salaires,
23:19de toute façon,
23:20on n'y arrivera pas.
23:21Mais là, ça va pas se déclencher.
23:26On continue la discussion
23:27dans un instant,
23:28mais juste puisqu'on a écouté
23:29François Hollande,
23:30sachez qu'il sera l'invité
23:32de BFM TV ce soir
23:33pour une émission spéciale
23:35à partir de 22h,
23:36François Hollande,
23:37face à BFM TV.
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