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#humour #réfléchir #vérité #réalité #solution

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Personnes
Transcription
00:00Même la mort est devenue un produit de consommation.
00:03Vous avez remarqué, on nous taxe jusqu'au bout.
00:07Aujourd'hui, tout se vend.
00:09Les voitures, les maisons, les vacances, le bonheur, la spiritualité.
00:16Et maintenant, la mort.
00:19Autrefois, quand quelqu'un mourait, il mourait.
00:24Mourir, c'était simple.
00:25On l'enterrait, on pleurait, zéro frais.
00:28Aujourd'hui, c'est une mafia.
00:30On doit choisir un forfait.
00:32Forfait éternité, forfait prestige, forfait émotion plus, avec option, avec supplément, avec garantie.
00:41Le marchand te culpabilise habilement parce que ce que tu as choisi n'est pas assez cher.
00:48Moi, j'ai regardé le prix de certaines obsèques.
00:51Eh bien, trop cher, ça devrait être gratuit.
00:54Et le plus fort, c'est que l'on cotise longtemps en avance pour payer nos obsèques, avec des assurances,
00:59etc.
01:00Les funérailles sont devenues une véritable industrie.
01:05Alors, avec ma femme, on a pris une décision radicale que tout le monde peut faire.
01:10Moi, je lui ai dit, écoute Hélène, nous, on n'est pas des pigeons, on n'est pas des blaireaux,
01:18et encore moins des vaches à lait.
01:20Alors, tant que les obsèques seront payantes, nous refuserons de mourir.
01:28Point barre.
01:29Et ça, c'est notre choix.
01:31C'est-à-dire que nous boycottons la mort, par principe.
01:35Ce n'est pas aux morts de payer pour faire vivre ces fachos de capitalistes déguisés en croque-morts à
01:41la mort moelleux.
01:42Ma femme et moi, il faut bien comprendre que, même si on mange des chips, même si on joue au
01:50foot,
01:51parce que tout ça, ça n'a rien à voir, même si on regarde BFM, ou même si on a
01:55voté Macron deux fois de suite, d'accord ?
01:58Eh bien, on est quand même des rebelles.
02:01C'est ça qu'il faut comprendre.
02:04Nous, avec ma femme, nous sommes réfractaires à cette société d'hyperconsommation.
02:10Et nous avons décidé de ne plus mourir par manque de budget.
02:14Pas seulement, aussi par principe.
02:16Alors, il y en a qui nous disent, mais alors, comment vous allez faire pour ne pas mourir ?
02:21Parce qu'on ne peut pas s'empêcher de mourir.
02:23Il y a toujours des cons qui vont, bon.
02:25Eh bien, c'est simple.
02:26Tu ne paies pas.
02:28C'est simple.
02:29Tu ne paies pas.
02:32Il faudra qu'ils se mettent ça dans la caboche, ces exploiteurs du sang de nos morts.
02:37Le problème, c'est que nous ne sommes pas les seuls, en France, dans cette situation, à refuser de payer.
02:44Partout en France, les gens refusent de mourir.
02:48Trop cher.
02:50Les cimetières se vident de jour en jour.
02:52Avant, les cimetières, c'était vivant.
02:54Il y avait des fleurs partout, avec des morts qui reposaient en paix.
02:59Eh bien, aujourd'hui, même les descendants paient pour leurs morts, qui sont déjà morts.
03:04Alors, évidemment, les morts pourraient manifester pour s'opposer à ce racket funèbre, morbide même.
03:11Mais qui les écouterait ? Ils sont inaudibles.
03:14Personne ne les prendrait au sérieux, d'ailleurs.
03:17Macron et les politiques, ils s'en foutent des morts, puisqu'en mourant, le mort perd automatiquement sa carte d
03:22'électeur.
03:24Les EHPAD sont saturés, complets, jusqu'en 2045, parce que les gens sont trop pauvres.
03:30Moi, j'ai rencontré récemment un homme de 107 ans, Raymond.
03:34Le pauvre, il est épuisé.
03:36Il a enterré ses enfants, ses petits-enfants, ses arrières-petits-enfants.
03:40Enfin, une partie, pas tous encore.
03:41Alors, moi, je lui ai demandé, Raymond, pourquoi est-ce que tu continues à vivre ?
03:47Et là, il m'a regardé avec des larmes dans les yeux.
03:51Et il m'a répondu, je ne peux pas payer les frais de dossier.
03:58Même la mort est devenue commerciale.
04:01Elle fait du porte-à-porte de nos jours.
04:04Elle sonne chez vous.
04:06Bonjour, monsieur, c'est la mort.
04:08Ça ne m'intéresse pas, moi.
04:11Est-ce que je peux vous laisser une brochure ?
04:13Non.
04:14Un devis gratuit ?
04:16Non.
04:17Mais, monsieur, cela fait 20 ans que je vous relance.
04:20C'est fou.
04:22Alors, les pompes funèbres sont désespérées,
04:24parce qu'elles ont peur de mourir.
04:26Ce sont des entreprises.
04:28Elles ont bien compris qu'elles vivent sur le dos des morts.
04:31Alors, ce qu'elles font, eh bien, elles organisent des promotions.
04:34Black Friday, de l'au-delà.
04:36Une pierre tombale, achetée, et la deuxième, à moitié prise.
04:40Enterrement premium, avec Wi-Fi éternel inclus.
04:44Mais personne ne signe.
04:46Personne trop cher.
04:48Alors, la population explose.
04:50Évidemment.
04:51Les centenaires deviennent les jeunes de leur génération.
04:53Les démographes pleurent.
04:55Les économistes paniquent.
04:57Les philosophes, ils abandonnent.
05:00Tout ça, parce qu'un jour, il y a un facho de capitaliste
05:05qui a eu une idée de génie.
05:08Transformer la mort en marché.
05:10Mais, sauf qu'il a oublié un détail.
05:12Parce que, pour vendre quelque chose,
05:14encore faut-il que les clients acceptent d'acheter.
05:19Alors, ma femme Hélène et moi-même,
05:21nous restons fermes.
05:23Nous ne mourrons pas.
05:25On ne cèdera pas.
05:27Nous sommes têtus.
05:29Ah, c'est sûr que ça va leur déplaire,
05:30ces fachos de capitalistes.
05:32Mais c'est comme ça.
05:34C'est pas autrement.
05:35Pas tant qu'on nous prendra pour des cons.
05:38Pour des consommateurs.
05:40Et le secret de l'immortalité, en fait,
05:42n'était pas dans les religions,
05:43ou les temples sacrés,
05:44ou la médecine, ou la science.
05:45Pas du tout.
05:46Non.
05:46Le secret de l'immortalité,
05:48il était dans la facture des pompes funèbres.
05:51Sous-titrage Société Radio-Canada