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Henri Fertet : «C'était quelqu'un qui aimait la France et la langue française», rappelle Éric Naulleau

Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce mercredi, Pascal Praud revient sur la bonne idée d'Emmanuel Macron de baptiser la première promotion du nouveau service national du nom d'Henri Fertet.

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Transcription
00:00Je vous ai parlé tout à l'heure d'Henri Ferté. Alors qui est Henri Ferté ?
00:03Il est né en 1926, il est mort en 1943, il est lycéen en classe de seconde au lycée Victor
00:08Hugo à Besançon.
00:09Il est arrêté par les Allemands le 3 juillet 1943, il est condamné à mort par le tribunal militaire de
00:15la Feld-Commandant-Tour 560 pour fait de résistance
00:18et il est exécuté le 26 septembre 1943.
00:22Et le président de la République a une excellente idée puisqu'il a donné le nom d'Henri Ferté
00:29à la promotion du service national universitaire.
00:31Exactement.
00:32Et c'est une lettre qu'il a écrite à 16 ans et effectivement on se dit est-ce qu
00:36'un gosse de 16 ans aujourd'hui pourrait écrire ça ?
00:39Alors je ne vais pas vous lire toute la lettre mais chers parents, donc c'est une lettre, il va
00:43être exécuté.
00:44C'est un peu comme la lettre de Guy Moquet d'ailleurs.
00:47Chers parents, ma lettre va vous causer une grande peine mais je vous ai vu si plein de courage que
00:51je n'en doute pas
00:52vous voudrez encore le garder, ne serait-ce que par amour pour moi.
00:57Il dit
00:58« Je meurs pour ma patrie, je veux une France libre et des Français heureux.
01:02Non pas une France orgueilleuse, première nation du monde, mais une France travailleuse, laborieuse et honnête.
01:07Que les Français soient heureux, voilà l'essentiel.
01:09Dans la vie, il faut savoir cueillir le bonheur.
01:11Pour moi, ne vous faites pas de soucis, je garde mon courage et ma belle humeur jusqu'au bout
01:15et je chanterai « Cambre et meuse » parce que c'est toi, ma chère petite maman, qui me l
01:21'a apprise.
01:22Avec Pierre, soyez sévère et tendre, vérifiez son travail et forcez-le à travailler.
01:27N'admettez pas de négligence, il doit se montrer digne de moi.
01:31Sur trois enfants, il en reste un, il doit réussir.
01:34Les soldats viennent me chercher, je hâte le pas, mon écriture est peut-être tremblée,
01:39mais c'est parce que j'ai un petit crayon.
01:41Je n'ai pas peur de la mort, j'ai la conscience tellement tranquille.
01:45Papa, je t'en supplie, prie, songe que si je meurs, c'est pour mon bien.
01:51Quelle mort sera plus honorable pour moi que celle-là ?
01:54Je meurs volontairement pour ma patrie, nous nous retrouverons tous les quatre bientôt au ciel.
02:00Qu'est-ce que s'entend ?
02:01Maman, rappelle-toi, et ces vengeurs auront de nouveaux défenseurs
02:06qui après leur mort auront des successeurs.
02:09Adieu la mort, m'appelle.
02:10Je ne veux ni bandeau, ni être attaché.
02:13Je vous embrasse tous, c'est dur, quand même de mourir.
02:16Mille baisers, vive la France.
02:18Un condamné à mort de 16 ans, Henri Fertet,
02:21excusez les fautes d'orthographe, pas longtemps de relire.
02:25Expéditeur, Henri Fertet, au ciel, près de Dieu.
02:33C'est bouleversant et ça finit par excuser les fautes d'orthographe.
02:37En pleine débattre du PISA, ça rappelle quand même que la langue française est co-substantielle à l'idée de
02:42France.
02:43Quand on entend dire que l'orthographe est fasciste, la grammaire nazie, la syntaxe élitiste, etc.
02:49Quelqu'un qui aimait la France est la langue française.
02:51On ne peut pas séparer l'un de l'autre.
02:53Alors effectivement, est-ce que quelqu'un de 16 ans peut écrire cette lettre-là aujourd'hui ?
02:57C'est un vrai débat.
02:58Elle pourrait être lue d'ailleurs dans les écoles.
03:00Mais vraiment, c'est une initiative qu'a le Président de la République qu'il faut saluer.
03:04Une initiative magnifique.
03:06Qu'il faut saluer.
03:07Alors dans l'actualité, avant de parler d'Annie...
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