00:00Tout pour investir, le coffre-fort.
00:05Marie-Christine Sonquin, des Echos, qui fait sa rentrée avec nous.
00:08Bonjour Marie-Christine.
00:09Bonjour Antoine.
00:10Alors, on parle à tort et à travers toute la journée d'un environnement qui est en train de changer,
00:15de taux qui sont en train de grimper, de bourses qui passent de records absolus,
00:20comme ça a été le cas cet été, à des mouvements de...
00:24A une certaine volatilité.
00:26Voilà, une certaine volatilité.
00:27On ne sait pas où on va sur l'intelligence artificielle.
00:31Bon, au milieu de tout ça, nos finances personnelles, notre patrimoine,
00:37si vous aviez quelques points saillants à nous donner en matière de...
00:42Qu'est-ce qui change en cette rentrée ?
00:45On voit que les choses peuvent changer très très vite.
00:48Et vous, qu'est-ce que vous retenez ?
00:49Alors d'abord, vous l'avez dit Antoine, il y a l'intelligence artificielle.
00:53Alors on ne va pas aller dans le complotisme et dire que dans dix ans, ce sera la fin du
00:57monde.
00:57Ça change beaucoup de choses tout de suite pour l'investisseur individuel.
01:00Pourquoi ? Parce qu'avant, il allait chez son banquier, chez son conseiller en gestion de patrimoine.
01:05Et parfois, il n'y connaissait rien du tout.
01:07Alors aujourd'hui, peut-être qu'il n'y connaît rien du tout.
01:09Mais avant d'y aller, qu'est-ce qu'il va faire en général ?
01:11Il va taper quelques questions sur son smartphone et poser quelques questions à son IA préféré.
01:17Alors ça a du bon et ça a du mauvais.
01:20Ça a du bon pourquoi ? Parce que vous arrivez un peu plus armé devant votre conseiller.
01:24Il pourra peut-être moins vous embrouiller ou vous raconter des choses un peu étonnantes sur les niveaux de performance.
01:31Il est là pour vous aider.
01:32Voilà, il est là pour vous aider.
01:34Et alors le côté un petit peu négatif, c'est que l'IA, elle vous rend ce que vous lui
01:38avez donné.
01:39C'est-à-dire que pour poser une bonne question à l'IA, il faut être capable de faire un
01:43prompt qui soit satisfaisant.
01:45C'est-à-dire que si vraiment vous n'y connaissez rien, vous allez peut-être être complètement à côté
01:48de la plaque.
01:49Et l'IA va peut-être vous donner une réponse qui, en fait, ne vous servira pas à grand-chose
01:52face à votre conseiller.
01:55Oui, ou que votre conseiller va complètement débunker en disant non, non, mais attendez.
01:59Voilà, et puis l'IA peut aussi avoir des hallucinations, c'est-à-dire vous dire des choses qui ne
02:04sont pas tout à fait exactes,
02:05notamment en ce qui concerne la fiscalité française, qui est particulièrement complexe et évolutive.
02:11Et puis surtout, l'IA, elle va répondre à la question que vous lui posez au moment T,
02:15alors que votre conseiller en gestion de patrimoine, lui, il va intégrer des choses dans un contexte économique, fiscal, financier,
02:23et voir les choses dans son ensemble, intégrer tout ça à votre situation personnelle, familiale,
02:28ce que l'IA, je pense, ne sera pas tout à fait capable de faire, du moins dans un premier
02:32temps.
02:32Cela dit, il y a un truc très intéressant, Marion Chapelle-Masso,
02:35qui vient souvent à cette table, nous dit, nous, en tant que conseiller de gestion de patrimoine,
02:39on est obligé d'utiliser l'IA, pas pour être forcément plus efficace,
02:43mais pour anticiper les questions que vont-nous poser nos clients, qu'ils auront posées à l'IA.
02:48Donc, il faut être prêt à répondre à débunker.
02:50C'est vrai, mais l'IA pour les conseillers en gestion de patrimoine,
02:54c'est aussi beaucoup de gains de temps sur des tâches qui peuvent être répétitives, inintéressantes,
02:58et de ce fait, ils peuvent éventuellement accorder plus de temps à l'humain,
03:02à vraiment faire une réponse extrêmement personnalisée.
03:06Donc, l'IA, ça a quand même beaucoup d'avantages.
03:09Alors, au milieu de tout ça, il y a quand même, nous, nos économies,
03:14notre petit patrimoine, nos finances personnelles, on cherche du rendement.
03:19Il y a des batailles qui s'organisent un petit peu partout sur les marches.
03:22On a parlé private equity, on a parlé dette privée, on a parlé ceci, cela, il y a quelques instants.
03:27On cherche de la performance, on cherche aussi du rendement.
03:30C'est un petit peu l'équilibre naturel qu'on cherche à trouver
03:33quand on fait fructifier ses finances personnelles.
03:36La bataille du rendement, où elle se joue là en ce moment ?
03:38Alors, ce qu'il y a de nouveau un petit peu en ce moment,
03:41c'est que l'épargnant s'est vraiment rendu compte du poids des frais.
03:46Et d'ailleurs, les autorités de contrôle aussi,
03:49notamment sur des enveloppes fiscales qui sont les enveloppes préférées des épargnants,
03:54l'assurance-vie, le PER.
03:56Donc là, vraiment, il y a des progrès qui ont été faits,
03:59des progrès de transparence et puis aussi,
04:01le fait que les autorités de contrôle ont demandé aux assureurs,
04:05par exemple, de retirer de leur gamme de produits
04:07certaines unités de compte qui étaient vraiment trop chargées en frais
04:10par rapport à la moyenne des catégories.
04:12Alors, vous dire qu'on a atteint le Nirvana et la perfection,
04:14certainement pas.
04:15On en est encore très loin,
04:17parce qu'il y a vraiment des batailles de frais qui peuvent se jouer.
04:20Il faut être extrêmement attentif.
04:22Regardez vraiment bien les produits auxquels on souscrit,
04:25parce que les frais, ils s'accumulent.
04:27Vous pouvez avoir les frais de souscription,
04:29les frais de gestion,
04:30les frais internes des produits,
04:33les frais d'arbitrage.
04:34Donc, quand tout ça se superpose
04:36sur quelques décennies,
04:38ça peut arriver à vous miner totalement une performance.
04:40On peut avoir choisi des unités de compte
04:43qui, sur le papier, ont l'air extrêmement performantes.
04:45Finalement, quand vous accumulez tous ces frais,
04:48vous apercevez in fine qu'en étant resté sur un bon fonds en euros,
04:51vous auriez fait davantage, sinon mieux.
04:53Surtout en ce moment, si on l'ouvre,
04:55les rendements sont agréables.
04:57Tout en ayant considérablement écrasé les risques.
05:00Donc, ça, c'est quelque chose
05:01dont l'épargnant et les autorités de contrôle
05:04se sont emparés.
05:05Et il y a de plus en plus de demandes
05:07pour cette qualité, un bon rapport qualité-prix.
05:10Bon, au milieu de tout ça,
05:12il y a aussi les ETF.
05:14Enfin, je veux dire, c'est le moyen le moins cher,
05:17vu quasiment pas de frais,
05:18et le plus simple pour s'exposer à la bourse.
05:21On a vu qu'en plus, réglementairement,
05:23il y avait eu deux, trois réflexions
05:24autour de l'intégration au PEA, etc.,
05:26les produits synthétiques.
05:27On n'en parle plus.
05:29Mais, de fait, c'est peut-être le symbole
05:32du fait que l'ETF,
05:33quand on veut s'exposer à la bourse,
05:35ça devient un instrument incontournable, on va dire.
05:38Oui, je dirais certainement que vous avez raison.
05:40C'est un instrument qui est de plus en plus apprécié
05:42par les épargnants.
05:43D'abord parce qu'effectivement,
05:44ça permet d'écraser les frais.
05:45Et puis aussi, ces fameux ETF,
05:47ils ont étendu leur gamme.
05:49Maintenant, on peut avoir des ETF quasiment pour tout,
05:52pour tous les segments de marché.
05:53Et puis, les ETF se sont aussi affinés
05:55en termes de stratégie.
05:56Maintenant, vous avez des ETF
05:58qui quasiment ressemblent à des produits structurés.
06:00Donc, vraiment, vous avez une gamme
06:02qui est extrêmement étendue.
06:03Alors maintenant, est-ce que l'ETF,
06:04c'est totalement la panacée ?
06:06Pas forcément.
06:07Ça reste des produits indiciels cotés.
06:09Donc, il faut d'abord, évidemment,
06:11avoir la bonne allocation d'actifs.
06:13Et puis, les ETF ne sont pas forcément
06:15aussi efficients pour chaque segment de marché.
06:19Vous avez des segments de marché
06:20dans lesquels la gestion active peut être préférable.
06:23Par exemple, le segment obligataire
06:25qui est particulièrement intéressant en ce moment.
06:27Par exemple, les marchés émergents,
06:30parfois, il vaut beaucoup mieux
06:31une bonne gestion active parce que l'indiciel
06:33peut vous entraîner aussi très rapidement
06:35dans des chutes que vous n'aviez pas anticipées.
06:39Donc, les ETF, très bien.
06:40C'est formidable.
06:41Les frais sont écrasés,
06:43mais ce n'est pas la panacée.
06:45Et puis, vous avez tout un marketing aussi
06:48très important autour des ETF.
06:50Et vous avez eu des lancements
06:52de beaucoup d'ETF thématiques.
06:54Certains ont très bien fonctionné,
06:56mais il faut toujours se demander
06:57si vous n'arrivez pas après la bataille,
06:59quand on lance des ETF
07:01intelligence artificielle,
07:02quand on lance des ETF défenses.
07:05Voilà.
07:06Donc, il faut bien se dire
07:08que peut-être les professionnels
07:10et les institutionnels ont fait leur marché,
07:13que les valeurs ont augmenté
07:15avant que le particulier,
07:17in fine, lui, n'arrive à entendre parler
07:19de ces grandes thématiques.
07:20Il dit, ah là là, c'est formidable,
07:22c'est une bonne idée.
07:23Mais en fait, la progression,
07:25la hausse des valeurs,
07:26elle s'est faite avant
07:27qu'il n'arrive sur ce marché.
07:29Oui, souvent, c'est le cas pour le bitcoin,
07:31c'est le cas pour tout un tas de...
07:32Même pour l'or, pendant un moment,
07:34c'était ton argument pour investir,
07:36c'est quoi ?
07:36C'est que ça monte.
07:38Ben non, il faut faire un petit peu de recherche.
07:41Il faut investir en regardant
07:41dans le rétroviseur.
07:42C'est jamais une bonne solution,
07:45notamment en ce moment
07:46où il faut vraiment miser
07:47sur la diversification.
07:48Complètement.
07:49Marie-Christine Sonquin des Echos,
07:50merci infiniment d'avoir fait votre rentrée
07:52rentrer avec nous.
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