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00:00:11Bonjour, soyez les bienvenus, nous sommes en direct sur Moselle TV depuis la chambre de commerce et d'industrie de
00:00:17la Moselle
00:00:18pour une conférence de rentrée économique exceptionnelle, exceptionnelle par son horaire matinal, exceptionnelle par sa forme,
00:00:26une émission de télévision en direct et puis exceptionnelle aussi par son thème, l'amour du travail, un thème qui
00:00:32fait vraiment du bien à celles et ceux qui dirigent des entreprises
00:00:36ou managent des équipes. Bienvenue au public dans cette salle de l'amphithéâtre de la chambre de commerce et d
00:00:43'industrie de la Moselle,
00:00:44bienvenue aussi à vous de l'autre côté de votre écran, qu'il soit petit ou grand, vous pourrez comme
00:00:49le public ici poser vos questions en fin de conférence
00:00:53à l'aide du chat qui vous est proposé. Voilà pour le mot d'accueil. Sans plus tarder, j'accueille
00:00:59le président de la chambre de commerce et d'industrie,
00:01:01Fabrice Ginter, bonjour, merci de nous accueillir. Alors quels sont d'abord, avant de parler du thème plus précisément,
00:01:08quels sont les principaux défis de cette rentrée pour les entreprises Moselle ?
00:01:12Déjà, bonjour à toutes et à tous, c'est un moment intense qu'on va vivre ensemble et sans déflorer
00:01:18le sujet, vous allez être surpris,
00:01:20et très positivement surpris. Alors la période actuelle est une période à la fois trépidante, la technologie change,
00:01:29les habitudes changent et on s'adapte. L'IA, par exemple, nous apporte vraiment des monuments en fait de modes
00:01:38de travail différents
00:01:41et à nous de faire. Et dans toutes nos entreprises, oui, c'est un vrai challenge. Mais il y a
00:01:46aussi toute la perturbation mondiale.
00:01:49Le prix de l'énergie qu'on ne maîtrise pas, ça s'amplifie. On a la politique française. Je ne
00:01:55sais même plus comment la qualifier,
00:01:57tellement elle est difficile. Je pèse mes mots. Et surtout, donc, comment on affronte tout ça ? Et dans nos
00:02:05entreprises,
00:02:06c'est ce qu'au quotidien, finalement, on voit. En parler ensemble, ça fait du bien et ça permet d
00:02:13'aller plus loin.
00:02:13C'est à ça que sert aussi une chambre de commerce et d'industrie.
00:02:17Alors nous sommes ici, je l'ai dit, pour un thème, j'allais dire presque assez osé quand même dans
00:02:23l'environnement aujourd'hui,
00:02:25l'amour du travail. Pourquoi avoir choisi ce thème pour cette conférence de rentrée économique ?
00:02:31Je pense à la base, il faut toujours oser parler d'amour. Et on ne parle pas assez d'amour
00:02:37dans nos vies au quotidien.
00:02:38Et parce que ça imprègne finalement tout ce qu'on fait, à la fois dans nos liens avec les collaborateurs,
00:02:46dans les liens avec nos collègues, confrères, concurrents, dans tout notre environnement.
00:02:53Et c'est ça qui a finalement de l'intérêt. C'est ça qui fait que même quand au niveau
00:02:58national, c'est très compliqué,
00:03:00ce qu'on peut partager en revanche au niveau d'un territoire comme la Moselle, mais oui, ça a du
00:03:05sens parce qu'on l'aime,
00:03:06notre territoire. On aime nos entreprises, on veut les porter plus loin. Et très clairement, ce thème-là est clair.
00:03:13Et vous allez le voir de façon formidable, ce qui se passe en intérieur et comment il est ressenti par
00:03:19les uns les autres.
00:03:20Merci Fabrice Ginter. Un dernier mot sur le message que vous souhaitez adresser à celles et ceux qui sont aujourd
00:03:26'hui
00:03:27dans cet amphithéâtre, mais aussi celles et ceux qui nous regardent ou qui nous regarderont grâce au replay.
00:03:34Surtout, pensez que pour les chefs d'entreprise, vous n'êtes pas tout seul. On parle souvent de la solitude
00:03:40des chefs d'entreprise.
00:03:41Vous n'êtes pas seul. On est tous ensemble et une communauté. Et ça, ça compte pour les uns les
00:03:46autres.
00:03:47En particulier, si vous avez des difficultés, parlez-en. Si vous avez des idées, parlez-en. Portez-les plus loin.
00:03:53Notre chambre de commerce et d'industrie, elle est là pour ça, pour donner finalement des orientations pour le futur,
00:04:00pour donner la possibilité aussi
00:04:02de les transformer. Parce qu'on ne fait rien si on n'a pas des moyens qui sont alignés et
00:04:06si on ne peut pas le faire en cohérence avec les uns les autres.
00:04:09Donc on y va. On avance. Et puis à la base, c'est vraiment l'amour de nos entreprises et
00:04:17de notre territoire qui nous guide.
00:04:18Et ça fait du bien, non ? Merci à vous.
00:04:21Merci beaucoup, Fabrice Ginter, le président de la chambre de commerce et d'industrie de la Moselle. Je pense que
00:04:26vous pouvez l'applaudir.
00:04:27Merci. Vous allez céder votre place, si vous le voulez bien, à l'intervenant du jour, le professeur Éric Brangier.
00:04:34Le temps que le professeur rejoigne son pupitre, je remercie évidemment toutes les équipes de la chambre de commerce et
00:04:40d'industrie de la Moselle
00:04:41qui nous ont permis de préparer cette conférence de rentrée, ainsi que le fonds de dotation de Merci.
00:04:48Bonjour, professeur.
00:04:50Bonjour.
00:04:50Éric Brangier. Je résume votre CV parce que sinon je prendrais un peu trop de temps.
00:04:54Vous êtes professeur des universités, psychologue du travail. Vous dirigez le master ergonomie à l'université de Lorraine.
00:05:00Et donc avec vous, nous allons traiter de l'amour du travail. C'est un thème qui, je le disais,
00:05:07surprend, qui bouscule les idées reçues
00:05:09parce que lorsqu'il est question de travail, et ça n'est pas au chef d'entreprise ou au manager
00:05:14que je vais l'apprendre,
00:05:16il est surtout question de souffrance, de stress et de burn-out, voire de désengagement.
00:05:22Alors pour autant, le travail, ça n'est pas cela. Et vous avez donc posé une question auprès de 9000
00:05:27salariés français,
00:05:29ce qui n'est pas rien. Et les résultats sont parfois assez surprenants.
00:05:32Pourquoi aime-t-on son travail ? Est-ce une affaire de salaire, de management, de reconnaissance, de santé,
00:05:37ou simplement de ce que nous faisons chaque jour ? Et vous avez étudié une phrase particulière, assez simple d
00:05:43'ailleurs,
00:05:44« J'aime mon travail ». Alors pourquoi elle vous a intéressé, cette phrase, professeur ?
00:05:49Alors cette phrase nous a énormément intéressé parce qu'elle est presque banale.
00:05:53C'est-à-dire que chacun, dans la journée, on a dit « J'aime mon travail » ou «
00:05:57J'aime pas mon travail ».
00:05:58On a des salariés qui vont nous dire « J'aime bien mon travail parce que je peux avoir un
00:06:03peu de liberté,
00:06:03parce que je peux réaliser des tâches qui m'intéressent, parce que, etc. »
00:06:07A l'inverse, on a aussi « Je n'aime pas mon travail ».
00:06:11« J'aime pas mon travail parce que je ne supporte plus mes collègues ».
00:06:14« J'aime pas mon travail parce que j'en ai ras le casque ».
00:06:17« J'aime pas mon travail ». Donc on a des phrases extrêmement simples, quasiment banales,
00:06:21qu'on vit tous, qu'on raconte tous, et en fait, on a rarement étudié cette phrase-là.
00:06:27Effectivement, la psychologie du travail et l'ergonomie se sont plutôt centrées sur des phrases comme
00:06:31« La souffrance », « Le désengagement », « La démotivation », « Le burn-out ».
00:06:36Et la phrase « J'aime mon travail » a été assez peu conceptualisée.
00:06:41Et du coup, on s'est dit, grâce au soutien du Fonds de Merci,
00:06:44qui nous a quand même énormément aidé pour cette recherche,
00:06:47qu'on allait étudier cette phrase-là.
00:06:49Alors, comment on l'a étudiée ?
00:06:52Eh bien, on a essayé d'avoir cette phrase et de croiser cette phrase avec énormément de dimensions
00:07:00d'un questionnaire qui est le questionnaire Satin,
00:07:04qui a été élaboré par à la fois l'Université de Lorraine et l'INRS à Nancy.
00:07:09Alors ce questionnaire Satin, certains le connaissent sans doute,
00:07:12c'est un peu la Rolls-Royce de la santé et du bien-être au travail.
00:07:14C'est un questionnaire qui est extrêmement robuste sur le plan statistique,
00:07:18qui a énormément de qualité et qu'on a étudié pour essayer de mieux comprendre
00:07:22comment conceptualiser l'amour du travail.
00:07:25Alors qu'est-ce que ça nous apprend sur la santé d'un salarié
00:07:28lorsqu'il répond « J'aime mon travail » ou « Je n'aime pas mon travail » ?
00:07:31Alors, d'abord, je voudrais dire que le fait d'aimer son travail
00:07:40est effectivement à mettre en relation avec la question de la santé.
00:07:44C'est ce qui nous a intéressés et c'est aussi le sens du soutien du fonds de merci.
00:07:49C'est-à-dire que ce qui compte, ce n'est pas seulement le fait d'aimer son travail.
00:07:54On a tous effectivement ça.
00:07:56C'est le fait, à un moment donné, de se dire
00:07:58« Est-ce qu'il y a une relation entre aimer son travail et être en santé ? »
00:08:04Voilà. Alors, peut-être qu'on peut essayer d'abord de regarder
00:08:08qu'aimer son travail, c'est une notion qui est très différente
00:08:12de l'engagement ou de la motivation ou de choses comme celle-là.
00:08:17C'est-à-dire qu'on peut très bien être motivé par son travail,
00:08:21mais ne pas l'aimer, parce que la motivation repose sur la pas du gain,
00:08:25donc le financement.
00:08:26On peut aussi se retrouver dans une situation
00:08:28où on aime son travail,
00:08:31de point de vue de son contenu,
00:08:33mais on n'aime plus du tout l'organisation dans laquelle on est.
00:08:35On peut se retrouver dans une situation où on aime son métier,
00:08:37on est un bon professionnel,
00:08:39et en même temps, on ne supporte plus
00:08:41d'appliquer des procédures complètement absurdes
00:08:43qui n'ont aucun sens.
00:08:44Donc on voit bien que les variables qui sont autour de
00:08:46« J'aime mon travail » sont relativement complexes
00:08:48et méritent vraiment une étude fine.
00:08:50C'est ce qu'on a essayé de faire.
00:08:51Sur l'amour, Fabrice Ginter, en introduction,
00:08:54disait qu'on n'en parle pas suffisamment.
00:08:56Au-delà de ce questionnaire qui est très cadré,
00:08:59est-ce que vous avez le sentiment
00:08:59qu'on ne parle pas assez d'amour du travail ?
00:09:02Alors, c'est ce qui est effectivement paradoxal.
00:09:06C'est qu'en fait, tout le monde dit
00:09:07« J'aime mon travail » ou « J'aime pas mon travail ».
00:09:09Et en même temps, ça s'est peu conceptualisé.
00:09:13Est-ce qu'on en parle plus ou pas assez ou trop ?
00:09:16Je ne sais pas.
00:09:17Ce que je fais juste, c'est essayer de constater
00:09:19et de poser des questions aux salariés,
00:09:21pour voir si, effectivement, on voit les choses.
00:09:23Alors, quand on regarde un petit peu,
00:09:25je vais peut-être rentrer un peu dans les détails méthodologiques.
00:09:26Ce que vous avez découvert avec la méthode SATA.
00:09:28Voilà, il faut essayer de comprendre comment on a fait tout ça.
00:09:30Donc, en fait, on a utilisé le questionnaire SATA, je l'ai dit.
00:09:33Et on a réalisé des enquêtes sur, en fait, 44 entreprises françaises.
00:09:41Pourquoi ? Parce qu'à l'université,
00:09:42j'ai une petite structure qui permet de faire ça.
00:09:45Et les enquêtes ont été réalisées entre 2018 et 2023.
00:09:50Donc, on a des résultats avant le Covid, après le Covid.
00:09:53On avait interrogé, pour être précis, 11 381 salariés, 79% de répondants.
00:10:01Donc, c'est un score de réponse qui est extrêmement important.
00:10:03Et on a une population qui est plutôt féminine,
00:10:07en raison des relations des entreprises avec lesquelles on a travaillé.
00:10:13Du point de vue des âges, de l'ancienneté, etc.,
00:10:17on est dans des situations qui sont comparables aux actifs français.
00:10:22Voilà.
00:10:22Donc, ça, c'est un peu pour camper le décor dans lequel on a travaillé.
00:10:27Et je voudrais, d'abord, commencer par quelques premiers résultats.
00:10:32Le premier résultat, c'est, finalement,
00:10:35qu'est-ce qui explique que les gens aiment leur travail ?
00:10:38Eh bien, ce qui explique ce que les gens aiment leur travail,
00:10:41c'est d'abord le contenu du travail.
00:10:44C'est ce qu'on y fait.
00:10:46C'est l'intérêt que j'ai à faire mon travail.
00:10:49C'est la variété de ce que je fais.
00:10:51C'est l'utilité.
00:10:52Et c'est les responsabilités qu'on m'octroie,
00:10:55ou qu'on me donne, ou que je prends.
00:10:56Donc, autrement dit, le travail lui-même,
00:10:58c'est pourquoi, normalement, on est rémunéré.
00:11:01Exactement.
00:11:02C'est le contenu même.
00:11:04Alors, il y a un résultat que je vais tout de suite donner
00:11:06qui est, effectivement, assez surprenant,
00:11:09parce qu'il va à l'encontre d'un certain nombre de notions
00:11:12ou de températures ambiantes.
00:11:14Là, il faut que celles et ceux qui nous regardent
00:11:17soient bien accrochés, parce que ça va à l'encontre
00:11:19de ce qu'on s'imagine.
00:11:20C'est vrai.
00:11:2189% des salariés aiment leur travail.
00:11:26Alors, 89%, c'est, en fin de compte, deux choses
00:11:28qui sont extrêmement importantes.
00:11:30Il y a, d'une part, 57% qui aiment tout à fait leur travail
00:11:34et 32% qui aiment plutôt leur travail.
00:11:38Donc, le premier résultat va à l'encontre du discours ambiant.
00:11:40On a un discours qui est plutôt
00:11:42« je suis dans la souffrance, je suis dans la peine,
00:11:43je suis dans la difficulté, je suis dans le burn-out »,
00:11:45etc., etc., mais finalement, je ne dis pas que ça n'existe pas,
00:11:48bien évidemment, mais ça ne représente pas
00:11:51une part importante des gens.
00:11:53Les gens sont plutôt dans une situation
00:11:54où ils aiment le travail, et quand ils aiment le travail,
00:11:56ils aiment le contenu de ce qu'ils font.
00:11:59Alors, j'ai un deuxième résultat
00:12:02qui me semble également important,
00:12:03c'est la relation qui existe entre
00:12:06le score,
00:12:07j'aime mon travail,
00:12:08et la santé.
00:12:10Alors, peut-être qu'ici,
00:12:11on peut projeter les résultats.
00:12:15Non ? Bon, ça va venir.
00:12:16C'est lui, ça va venir.
00:12:18C'est effectivement,
00:12:19quand on regarde, cette fois,
00:12:20les gens qui sont en bonne santé.
00:12:23C'est-à-dire qu'on a, dans le questionnaire satin,
00:12:25des échelles, des scores qui nous permettent de mesurer
00:12:27« est-ce que votre santé perçue, blablabla, est bonne ? »
00:12:30Alors, c'est des scores agrégés,
00:12:31c'est un petit peu compliqué,
00:12:32je ne vais pas rentrer dans les détails,
00:12:33mais lorsque les gens se perçoivent en bonne santé,
00:12:36eh bien, à 94%,
00:12:40ils aiment leur travail.
00:12:43Quand ils sont en moyenne santé,
00:12:45ils ne sont plus que 83%,
00:12:47et quand ils s'estiment être en mauvaise santé,
00:12:49le score tombe à 64%.
00:12:51Donc ici, vous voyez bien qu'on a
00:12:53le sentiment d'une relation,
00:12:55elle est statistique,
00:12:57elle est robuste,
00:12:58je préviens tout de suite,
00:12:59c'est une coprésence de faits,
00:13:02ce n'est pas une causalité,
00:13:03c'est-à-dire que ça ne veut pas dire
00:13:04que si je suis en santé,
00:13:05alors effectivement,
00:13:07j'aime mon travail,
00:13:08ou bien si j'aime mon travail,
00:13:10alors je suis en santé,
00:13:11ce n'est pas ça que je raconte,
00:13:12ce que je dis,
00:13:13c'est qu'aujourd'hui,
00:13:14j'ai une coprésence statistique
00:13:16extrêmement robuste,
00:13:17extrêmement forte,
00:13:18entre l'amour du travail
00:13:19et la santé au travail.
00:13:20Alors vous venez de le faire,
00:13:22la relation entre j'aime mon travail
00:13:24et la santé au travail,
00:13:26qu'est-ce que vous faites des notions
00:13:29que celles et ceux qui nous regardent
00:13:30utilisent au quotidien,
00:13:31les notions de leadership,
00:13:33il faut emmener les équipes,
00:13:34les notions de management ?
00:13:35Alors, je ne sais pas s'il y a des DRH
00:13:38qui nous écoutent,
00:13:38mais certains d'entre eux
00:13:39vont sans doute être déçus,
00:13:41tant pis, je me lance.
00:13:46La relation qu'on a observée
00:13:47entre la santé perçue
00:13:49et l'amour du travail
00:13:51est extrêmement forte.
00:13:52Elle est bien plus forte
00:13:53que le leadership,
00:13:55le management
00:13:57ou les autres paramètres
00:13:58qu'on peut voir.
00:14:00Ça ne veut pas dire
00:14:00que la relation hiérarchique
00:14:01n'existe pas,
00:14:02ça ne veut pas dire
00:14:03qu'elle n'est pas importante,
00:14:04mais ça veut dire
00:14:04qu'elle arrive au second plan.
00:14:06Donc le premier élément
00:14:07de l'amour du travail,
00:14:08c'est ce qu'on y fait,
00:14:09c'est le contenu.
00:14:11Ici, je voudrais donner
00:14:12quelques éléments
00:14:13et ce serait bien
00:14:13on les voit ici.
00:14:15Ici, c'est l'ampleur
00:14:16des relations
00:14:18entre les différents scores
00:14:20que l'on a
00:14:20sur les différentes échelles
00:14:22et puis effectivement
00:14:23l'amour du travail.
00:14:24Et qu'est-ce que l'on voit ?
00:14:25Eh bien, on voit précisément
00:14:26que le score
00:14:27qui est le plus important,
00:14:28c'est le contenu
00:14:29de l'activité.
00:14:30On a une corrélation
00:14:31qui est extrêmement forte
00:14:32et qui, d'une certaine manière,
00:14:34écrase un petit peu
00:14:35les autres dimensions.
00:14:37Alors, ça veut dire quoi ?
00:14:38Ça veut dire qu'une partie
00:14:41une partie du discours
00:14:43sur la qualité au travail,
00:14:45elle s'est déplacée
00:14:46au cours de ces 20-30
00:14:47dernières années
00:14:48sur le management.
00:14:49On a fait des managers
00:14:52qu'on a formés,
00:14:54qu'on a associés
00:14:56à l'entreprise
00:14:57et on leur a demandé
00:14:59de développer
00:15:00un leadership positif.
00:15:01On les a entraînés à ça
00:15:03et, d'une certaine manière,
00:15:05on a amélioré
00:15:06la communication
00:15:08dans les organisations,
00:15:09dans les entreprises,
00:15:10entre les personnes,
00:15:11etc.
00:15:12Mais,
00:15:13mais,
00:15:14et il y a un mais,
00:15:16on ne s'est pas vraiment
00:15:18intéressé au travail lui-même.
00:15:21Et ici,
00:15:22j'ai quelque chose à dire,
00:15:23c'est qu'on ne répare pas
00:15:24un travail
00:15:25qui est mal fait
00:15:26avec une communication
00:15:29managériale
00:15:30si bonne soit-elle.
00:15:31c'est-à-dire qu'il faut
00:15:32s'intéresser à la question
00:15:33même du travail
00:15:34et la manière
00:15:35dont il se réalise,
00:15:36c'est-à-dire à son contenu.
00:15:38Parfois,
00:15:39les discours positifs,
00:15:41les management positifs,
00:15:43peut-être même,
00:15:44je vais aller dans
00:15:45une image d'épinal,
00:15:47le baby-foot
00:15:48ou toutes ces choses-là
00:15:49qui font qu'on essaye
00:15:51de mettre une bonne ambiance
00:15:52ne suffit pas.
00:15:53C'est ce que vous êtes
00:15:53en train de me dire.
00:15:54C'est d'abord le travail
00:15:55en lui-même,
00:15:55le contenu du travail
00:15:56qui fait le résultat.
00:15:58Exactement,
00:15:58c'est le contenu du travail.
00:15:59Toutes les stratégies
00:16:00qui ont eu
00:16:01pour objectif
00:16:01de faire jouer au baby-foot,
00:16:03de donner des pommes,
00:16:03de faire du massage,
00:16:04etc.
00:16:05Je ne dis pas
00:16:06qu'elles n'ont pas d'effet,
00:16:07mais elles n'ont qu'un effet
00:16:07qui est complètement éphémère,
00:16:09qui ne s'inscrit pas
00:16:09dans la durée
00:16:10et qui est relativement pauvre
00:16:12par rapport au fait
00:16:12d'aimer son travail.
00:16:14Voilà ce que je dis.
00:16:15C'est tout ce que je peux dire
00:16:15et observer.
00:16:16Alors,
00:16:18est-ce que vous vous êtes,
00:16:18pardon,
00:16:19est-ce que vous êtes intéressé
00:16:20à la définition
00:16:21d'un travail
00:16:22que l'on aime ?
00:16:23Qu'est-ce que ça pourrait être
00:16:24en quelques mots ?
00:16:25Encore une fois,
00:16:26l'étude donne
00:16:27quelques résultats là-dessus.
00:16:29Un travail que l'on aime,
00:16:31j'ai déjà dit,
00:16:31c'est ce qu'on y fait.
00:16:33Alors,
00:16:33ce qu'on y fait,
00:16:33c'est bien général.
00:16:34Je peux essayer
00:16:35de préciser les choses.
00:16:36Un travail qu'on aime,
00:16:38c'est un travail qu'on comprend.
00:16:39D'abord,
00:16:39je dois comprendre
00:16:39ce que je fais.
00:16:40Si je ne comprends pas
00:16:41ce que je fais,
00:16:42non, ça ne va pas.
00:16:43La deuxième chose
00:16:44qui est extrêmement importante,
00:16:45c'est que je peux agir.
00:16:46C'est-à-dire que j'ai des marges
00:16:47de liberté,
00:16:48j'ai de la souplesse,
00:16:49j'ai des marges de manœuvre
00:16:50pour me permettre,
00:16:51moi-même,
00:16:51de transformer mon travail
00:16:52en quelque chose
00:16:53que je peux faire,
00:16:54que je comprends,
00:16:55que je corrige,
00:16:56que je rectifie,
00:16:57que j'ajuste.
00:16:58Ensuite,
00:16:58il faut faire quelque chose
00:16:59d'utile.
00:17:00C'est extrêmement important.
00:17:02Un travail que j'aime,
00:17:04c'est un travail qui est utile.
00:17:06Je me sens utile
00:17:07quand je réalise mon travail.
00:17:09Un travail,
00:17:10c'est aussi qu'on aime,
00:17:11c'est un travail
00:17:12qu'on peut bien faire.
00:17:14C'est-à-dire,
00:17:15je ne rentre pas chez moi
00:17:16avec un travail
00:17:17qui reste dans ma tête,
00:17:18que je n'ai pas fini,
00:17:19avec des soucis, etc.
00:17:21Non,
00:17:21je l'ai bien fait.
00:17:22Aujourd'hui,
00:17:23j'ai bien réalisé
00:17:23ma journée de travail.
00:17:24Et enfin,
00:17:25c'est un travail
00:17:26qui me permet
00:17:27de me reconnaître
00:17:28dans ce que je suis
00:17:29et dans ce que je fais.
00:17:32Le lien avec la santé,
00:17:34j'aime mon travail,
00:17:35vous l'avez déjà dit,
00:17:36et la corrélation
00:17:37avec la santé
00:17:38est importante.
00:17:39Donc,
00:17:39plus la barre
00:17:41est élevée
00:17:42dans l'amour du travail,
00:17:43meilleure la santé
00:17:44se porte ou est ?
00:17:46Oui.
00:17:47Alors,
00:17:48on peut aller plus loin
00:17:49dans d'autres résultats
00:17:51qui sont des résultats
00:17:52un petit peu sophistiqués,
00:17:53un peu universitaires,
00:17:54un peu académiques.
00:17:55Je ne vais pas rentrer
00:17:55dans les détails,
00:17:56mais peut-être
00:17:56qu'on peut les regarder
00:17:57parce qu'ils méritent
00:17:58quelque chose
00:17:58et une attention
00:17:59toute particulière.
00:18:00Les résultats,
00:18:02c'est des analyses
00:18:03assez fines
00:18:04qui vont montrer
00:18:05qu'en fin de compte,
00:18:07l'activité,
00:18:10le contenu du travail
00:18:11est la dimension
00:18:12qui écrasent
00:18:14tous les autres scores.
00:18:15Alors,
00:18:16vous voyez ici
00:18:17ce transparent,
00:18:20ces résultats,
00:18:20cet histogramme
00:18:21vise à simplifier
00:18:23en fin de compte
00:18:23le raisonnement statistique
00:18:25ou interprétatif
00:18:26qu'on a.
00:18:27C'est de montrer
00:18:27que finalement,
00:18:28quand on compare
00:18:30ici les différents scores
00:18:32qui expliquent
00:18:35le fait
00:18:36d'aimer son travail,
00:18:39eh bien,
00:18:39l'activité
00:18:40écrase
00:18:41littéralement
00:18:42toutes les zones d'otions
00:18:43comme le stress,
00:18:45comme la santé psychologique
00:18:46ou comme le contexte
00:18:48organisationnel.
00:18:49C'est-à-dire qu'ici,
00:18:49il y a quelque chose
00:18:50d'extrêmement important.
00:18:51Ça ne veut pas dire
00:18:52que les autres dimensions
00:18:53n'existent pas.
00:18:54Ça veut dire
00:18:55qu'elles comptent
00:18:56très faiblement.
00:18:57Ce qui est déterminant,
00:18:59c'est d'abord
00:19:00le contenu du travail,
00:19:01l'activité,
00:19:02avec un score très fort.
00:19:04Donc,
00:19:04qu'est-ce qui explique
00:19:05que j'aime mon travail ?
00:19:06Eh bien,
00:19:07c'est le travail
00:19:07que je réalise.
00:19:09Pour autant,
00:19:10un travail que j'aime
00:19:11n'est pas forcément
00:19:12un travail
00:19:13facile,
00:19:14aimable,
00:19:15comme vous le qualifiez.
00:19:16Alors,
00:19:17un travail
00:19:17que j'aime,
00:19:20c'est un travail
00:19:21qui n'est pas forcément facile.
00:19:23C'est un travail
00:19:24qui n'est pas forcément...
00:19:25Parce que j'aime bien
00:19:25les défis,
00:19:26aussi,
00:19:27dans mon travail.
00:19:27Si je répète
00:19:28tout le temps
00:19:28la même tâche,
00:19:29si je répète
00:19:29tout le temps
00:19:29la même chose,
00:19:30effectivement,
00:19:31le travail ne prend
00:19:31pas vraiment de sens.
00:19:32Un travail
00:19:33qu'on aime,
00:19:34c'est un travail
00:19:35qui n'est pas forcément facile,
00:19:36mais qui n'est aussi
00:19:37pas forcément sans stress.
00:19:40C'est ça
00:19:40qui est extrêmement important.
00:19:41Si on regarde les scores,
00:19:43d'autres choses,
00:19:44vous voyez que la deuxième échelle,
00:19:45c'est le stress.
00:19:46Deuxième facteur qui compte,
00:19:48c'est le stress.
00:19:49Ça veut dire quoi ?
00:19:49Ça veut dire que globalement,
00:19:51il y a des tas de tâches
00:19:53où,
00:19:54eh bien,
00:19:55quand on fait son travail,
00:19:56on se retrouve un petit peu stressé.
00:19:58Par exemple,
00:19:59préparer une interview télévisée.
00:20:01Par exemple,
00:20:02imaginer un jour...
00:20:03Non pas un journaliste,
00:20:04mais imaginer un chirurgien
00:20:06qui rentre dans une salle d'opération,
00:20:07il sait que l'opération va être délicate.
00:20:08Oui, parce que si c'est un journaliste
00:20:10qui rentre en salle d'opération,
00:20:11là, c'est plus compliqué.
00:20:12C'est plus compliqué.
00:20:14Il va être extrêmement stressé.
00:20:16Alors, imaginons un chirurgien
00:20:19qui rentre dans une salle
00:20:20ou un artisan qui a besoin
00:20:21de réaliser une pièce
00:20:22qui est relativement complexe.
00:20:23On voit bien ici que
00:20:26le travail,
00:20:27il l'aime
00:20:27et en même temps,
00:20:28le travail est stressant.
00:20:30Pourquoi ?
00:20:30Parce que la conséquence de son geste,
00:20:31la conséquence de ses actes
00:20:33va être compliquée.
00:20:34Mais s'il réussit,
00:20:35ce qu'on souhaite généralement,
00:20:36généralement,
00:20:37le travail se passe bien.
00:20:38Quand il réussit,
00:20:39quand ça se passe bien,
00:20:40effectivement,
00:20:41les individus aiment
00:20:43ce qu'ils font.
00:20:44C'est intéressant comme point
00:20:46parce que ça veut dire,
00:20:47peut-être beaucoup d'entre nous,
00:20:50croyons au départ
00:20:51que lorsqu'on est stressé,
00:20:52on n'aime pas son travail.
00:20:53Mais vous êtes en train de nous dire
00:20:54que pas du tout.
00:20:55Non, pas du tout.
00:20:57C'est-à-dire que c'est l'excès de stress
00:20:58et le blocage de l'individu.
00:21:00C'est-à-dire que quand le comportement
00:21:01est inhibé,
00:21:02là, effectivement,
00:21:03il y a un souci.
00:21:05Mais sinon,
00:21:06le fait qu'il y ait une part de stress
00:21:07qui existe dans les situations de travail
00:21:10explique aussi
00:21:10une toute petite partie
00:21:11de l'amour du travail.
00:21:13Alors, je le dis,
00:21:13c'est une toute petite partie
00:21:14parce que ce qui est le plus déterminant,
00:21:16quand on voit les barres,
00:21:18c'est effectivement
00:21:19le contenu du travail.
00:21:20Alors, qu'est-ce que ça veut dire ?
00:21:22Eh bien, ça veut dire
00:21:22qu'il faut rendre le travail aimable,
00:21:25c'est-à-dire qu'il faut arriver
00:21:26à façonner le contenu du travail
00:21:28pour que les individus s'y reconnaissent,
00:21:30pour que les individus
00:21:31aient des marges de manœuvre suffisantes,
00:21:32pour que les individus puissent agir
00:21:34et réaliser leur travail avec plaisir.
00:21:37Donc, pas d'opposition
00:21:38entre aimer son travail
00:21:39et être stressé ?
00:21:42Alors, pas d'opposition
00:21:44entre aimer son travail
00:21:46et être stressé,
00:21:48mais le contraire
00:21:49de aimer son travail,
00:21:51ce n'est pas nécessairement
00:21:53être stressé.
00:21:54C'est ça que je veux dire.
00:21:56C'est ça.
00:21:57Donc, on peut aimer son travail
00:21:58en étant stressé.
00:21:59On peut aimer son travail
00:22:00en étant stressé,
00:22:01tout à fait,
00:22:02mais surtout,
00:22:03le fait de ne plus aimer son travail,
00:22:05c'est surtout
00:22:06ne plus s'y reconnaître.
00:22:08C'est plus déterminant
00:22:09que le stress.
00:22:11C'est-à-dire que je ne me reconnais plus
00:22:12dans mes activités,
00:22:13dans ce que je fais,
00:22:14dans mes collègues,
00:22:14dans ma relation
00:22:15à mon entreprise,
00:22:16dans mon système de valeur,
00:22:18etc., etc.
00:22:19Revenons à la santé.
00:22:21Donc, il y avait une chanson
00:22:23il y a très, très, très longtemps.
00:22:25Que les jeunes ne connaissent plus.
00:22:26Que les jeunes ne connaissent plus.
00:22:27Mais bon, dans la salle,
00:22:28je pense qu'il y en a certains
00:22:28qui la connaissent.
00:22:29Je ne voudrais pas défleurer
00:22:30l'âge moyen de l'assistance.
00:22:33Est-ce que le travail
00:22:34est bon pour la santé ?
00:22:35Est-ce que le travail
00:22:36est bon pour la santé ?
00:22:38Ben oui.
00:22:40Regardez.
00:22:41Est-ce que vous pouvez le redire ?
00:22:43Oui, le travail est bon pour la santé.
00:22:45Pourquoi ?
00:22:46Parce que le travail
00:22:46a de grandes vertus.
00:22:47Le travail permet de nous construire.
00:22:49Le travail nous permet d'exister.
00:22:50Le travail nous donne une identité.
00:22:52Le travail nous permet
00:22:53de façonner le monde.
00:22:54Le travail nous permet
00:22:54de rectifier les choses.
00:22:56Le monde qui nous entoure
00:22:57et de l'améliorer.
00:22:58Tout ce qu'on voit ici,
00:22:59c'est les résultats du travail.
00:23:00La salle dans laquelle on est,
00:23:01c'est le résultat du travail.
00:23:03Donc, il faut quand même comprendre
00:23:04que le travail a d'immenses vertus.
00:23:06Mais en même temps,
00:23:06il faut aussi savoir
00:23:07que le travail,
00:23:08c'est aussi un lieu de souffrance,
00:23:10un lieu de difficulté,
00:23:11un lieu de peine,
00:23:11un lieu de burn-out, etc.
00:23:13Mais il ne faut pas s'arrêter à ça.
00:23:17Alors, souvenez-vous,
00:23:19vous venez de me reposer la question,
00:23:20mais je le redis,
00:23:21on a 94-95% des gens
00:23:23qui sont en bonne santé
00:23:25qui aiment leur travail.
00:23:26Donc, on a une relation claire
00:23:27entre, j'ai bien dit une relation,
00:23:29je n'ai pas dit une causalité,
00:23:31entre le fait d'aimer son travail
00:23:32et le fait d'être en santé.
00:23:35alors que quand le score baisse
00:23:39d'aimer son travail,
00:23:41eh bien, on a aussi le score de santé
00:23:42qui baisse.
00:23:43Donc, on voit quand même cette relation.
00:23:45Les salariés qui aiment leur travail,
00:23:46ce sont des salariés particulièrement
00:23:48en meilleure santé.
00:23:51Je ne peux pas dire ça
00:23:52parce que là,
00:23:53vous dites une causalité.
00:23:54Or, ce n'est pas une causalité,
00:23:55c'est plutôt une coprésence.
00:23:57Ce que je peux dire, par contre,
00:23:58c'est au vu des résultats,
00:23:59c'est que pour expliquer la santé au travail,
00:24:02eh bien, pour expliquer, pardon,
00:24:04excusez-moi,
00:24:05l'amour du travail,
00:24:06le contenu du travail
00:24:07et la valeur dominante.
00:24:08Il faut vraiment se poser la question
00:24:10de ce score,
00:24:12de 0.6,
00:24:13donc sur une échelle de 0 à 1.
00:24:15Donc, vous voyez que 60%,
00:24:16c'est énorme.
00:24:18Eh bien, 60% des explications
00:24:20du fait que les gens
00:24:23aiment leur travail,
00:24:25un travail aimable,
00:24:27s'expliquent par le contenu du travail.
00:24:29Donc, aimez votre travail
00:24:30et vous serez en bonne santé,
00:24:32c'est abusif.
00:24:34C'est abusif.
00:24:35Ça serait même maladroit,
00:24:37scientifiquement.
00:24:38J'espère que mes collègues chercheurs
00:24:40ne m'écoutent pas en ce moment.
00:24:41Oui.
00:24:42Non, mais vous l'avez bien dit.
00:24:43Donc, voilà.
00:24:44Vous avez aussi travaillé,
00:24:45puisque vous parlez de collègues chercheurs,
00:24:47vous avez travaillé avec un collègue
00:24:49qui n'est pas tout proche,
00:24:50puisqu'il est à l'école polytechnique
00:24:51de Montréal.
00:24:53Et vous avez utilisé aussi
00:24:55un outil
00:24:56dont on parle énormément
00:24:57aujourd'hui
00:24:59de plus en plus
00:24:59dans le monde de l'entreprise,
00:25:01c'est l'intelligence artificielle
00:25:02pour renforcer,
00:25:03tester un peu
00:25:04les résultats
00:25:05que vous avez donnés,
00:25:08les données
00:25:08que vous avez aussi analysées.
00:25:10Alors,
00:25:10qu'est-ce qu'elle vous a appris,
00:25:12cette intelligence artificielle,
00:25:13par rapport à l'enquête première ?
00:25:15Effectivement.
00:25:17Tous les résultats-là
00:25:18sont effectivement aussi
00:25:19le résultat d'un travail
00:25:21avec un collègue
00:25:22qui est Michel Desmarais,
00:25:23qui est professeur d'informatique
00:25:24à l'école polytechnique de Montréal,
00:25:25avec lequel j'ai beaucoup travaillé là-dessus.
00:25:28Et Michel Desmarais a effectivement
00:25:30réalisé beaucoup d'études
00:25:33avec des statistiques conventionnelles,
00:25:35mais aussi et surtout
00:25:36avec des statistiques
00:25:37qui sont plutôt liées
00:25:39à l'intelligence artificielle.
00:25:40Enfin, pardon,
00:25:41pas des statistiques,
00:25:42des modèles
00:25:42qui sont liés
00:25:43à l'intelligence artificielle.
00:25:44Donc, on a fait tourner des réseaux de neurones,
00:25:45on a fait tourner des armes de décision,
00:25:47on a fait tourner
00:25:48de l'apprentissage automatique.
00:25:50Et en fait,
00:25:51qu'est-ce que tout ça nous apprend ?
00:25:53Eh bien,
00:25:53qu'on n'avait sans doute
00:25:54pas besoin d'intelligence artificielle.
00:25:56C'est-à-dire que l'IA
00:25:56aboutit au même résultat que nous,
00:25:59que nous,
00:26:00c'est-à-dire,
00:26:01l'IA, c'est aussi nous,
00:26:02qui la paramétrons,
00:26:03mais que les statistiques conventionnelles,
00:26:05que les statistiques plus classiques.
00:26:07Alors, vous voyez
00:26:07qu'il y a quelque chose
00:26:08qui est un petit peu paradoxal dans l'IA.
00:26:09C'est que finalement,
00:26:10on fait tourner des algorithmes
00:26:12qui sont extrêmement sophistiqués
00:26:13pour aboutir à des résultats
00:26:15qu'on connaît d'une certaine manière
00:26:17par des choses
00:26:19assez compliquées,
00:26:19mais qu'on arrive à expliquer,
00:26:21qu'on maîtrise bien
00:26:22et qui nous montrent
00:26:23que qu'est-ce que les gens aiment ?
00:26:25Eh bien,
00:26:25ils aiment d'abord
00:26:25le contenu de leur travail.
00:26:28C'est surprenant.
00:26:29Est-ce que ça vous a surpris,
00:26:29ces résultats,
00:26:31si on s'arrête un peu
00:26:32sur l'apport de l'intelligence artificielle
00:26:33par rapport à votre étude ?
00:26:35Alors, au début,
00:26:36ça nous a surpris
00:26:36parce qu'on pensait
00:26:37qu'il y aurait un gradient de supériorité
00:26:38par rapport à l'intelligence artificielle.
00:26:40On pensait que notre jeu de données
00:26:42qui quand même repose
00:26:42sur plus de 10 000 salariés,
00:26:44c'est quand même
00:26:45quelque chose d'assez important.
00:26:47Il faut bien imaginer
00:26:4710 000 salariés,
00:26:48donc ça fait un tableau
00:26:49avec 10 000 salariés,
00:26:5177 colonnes,
00:26:52si vous voulez,
00:26:53donc ça fait
00:26:54avec les scores recalculés,
00:26:55on est sur des tableaux
00:26:56avec des chiffres
00:26:56quand même extrêmement importants.
00:26:58On pensait qu'effectivement,
00:27:00l'apprentissage automatique
00:27:01allait nous donner
00:27:02quelque chose de plus intéressant
00:27:04et en fin de compte,
00:27:04non.
00:27:05On a des scores
00:27:06qui sont totalement similaires.
00:27:09Voilà.
00:27:09Alors, ce qui veut dire
00:27:10qu'aussi,
00:27:11il n'y a pas
00:27:14une supériorité
00:27:14qui est offerte
00:27:15par l'intelligence artificielle
00:27:16sur notre jeu de données.
00:27:17Voilà.
00:27:17Bon.
00:27:18Voilà, il en reste
00:27:19une petite trentaine
00:27:21de minutes, professeur.
00:27:22Nous sommes confortables
00:27:23pour le temps
00:27:25qui nous est apparti.
00:27:26Il y a des questions,
00:27:27bien sûr,
00:27:27et j'aimerais
00:27:27qu'on revienne quand même
00:27:28sur ce chiffre
00:27:29que vous avez évoqué
00:27:30au démarrage,
00:27:30donc sur les 89%,
00:27:3388%, 79% précisément
00:27:34qui disent aimer leur travail.
00:27:37Est-ce que ça vous a surpris
00:27:38en tant qu'observateur
00:27:40depuis de très longues années
00:27:42du monde du travail ?
00:27:43J'ai envie de dire
00:27:44que ça a surpris
00:27:45Fabrice Junter.
00:27:47Ça surprend
00:27:48beaucoup de dirigeants
00:27:49d'entreprise.
00:27:50Ça surprend pourquoi ?
00:27:51Parce que les gens,
00:27:52ils sont d'abord
00:27:52dans une situation
00:27:53où on leur dit
00:27:55médiatiquement,
00:27:56peut-être que les journalistes
00:27:57sont aussi pour quelque chose,
00:27:59médiatiquement,
00:28:00le travail,
00:28:01c'est de la peine,
00:28:01le travail,
00:28:02c'est dur,
00:28:03le travail,
00:28:03c'est de la difficulté,
00:28:04le travail,
00:28:04c'est de la souffrance,
00:28:05le travail,
00:28:06c'est etc.,
00:28:07donc effectivement,
00:28:08le score de 89%,
00:28:10alors il est peut-être
00:28:11relatif aux entreprises
00:28:12dans lesquelles on est intervenu,
00:28:14avec lesquelles on a travaillé,
00:28:16c'est peut-être relatif
00:28:17à tout ça,
00:28:17mais en tous les cas,
00:28:18sur un échantillon
00:28:19qui est quand même
00:28:19de 10 000 personnes,
00:28:21ça fait quand même
00:28:22beaucoup de monde
00:28:22qui se déclare favorable
00:28:24à j'aime mon travail.
00:28:27Alors,
00:28:30je reviens peut-être
00:28:31sur le sens du travail
00:28:32pour bien comprendre ça.
00:28:35Le travail,
00:28:36c'est une formidable
00:28:37ressource psychologique.
00:28:40Moi,
00:28:41je suis psychologue du travail,
00:28:42j'enseigne ça,
00:28:43je fais de l'ergonomie,
00:28:44je suis responsable d'un master,
00:28:45je me rends compte
00:28:46à quel point
00:28:47le travail,
00:28:48c'est quand même
00:28:48extrêmement déterminant
00:28:50par rapport
00:28:50à la construction de chacun.
00:28:52C'est le travail
00:28:53qui nous structure,
00:28:54c'est le travail
00:28:55qui organise notre activité,
00:28:56qui organise notre temporalité,
00:28:58c'est le travail
00:28:59qui nous permet
00:28:59d'avoir un salaire,
00:29:00c'est le travail
00:29:00qui nous construit,
00:29:01qui donne une identité.
00:29:02Donc,
00:29:03il faut bien comprendre
00:29:04que le travail
00:29:05a aussi,
00:29:06cette capacité
00:29:07à nous développer
00:29:09personnellement,
00:29:10mais aussi
00:29:10sur le plan
00:29:11de la santé.
00:29:12C'est-à-dire,
00:29:12quand on est
00:29:13en santé,
00:29:16on est aussi
00:29:17en travail
00:29:18et en aimant
00:29:19son travail.
00:29:20Et quand on aime
00:29:20son travail,
00:29:21on est aussi
00:29:21en santé.
00:29:22C'est-à-dire qu'il y a
00:29:23des relations
00:29:23extrêmement fortes
00:29:24entre cet amour
00:29:25du travail
00:29:26et la manière
00:29:28dont le travail
00:29:28se réalise.
00:29:30Parce que le travail
00:29:31me construit.
00:29:34Qu'est-ce qui fait
00:29:36que l'amour
00:29:37du travail
00:29:38se détériore ?
00:29:40Un peu comme
00:29:41dans un couple.
00:29:41Qu'est-ce qui pourrait
00:29:42expliquer
00:29:43qu'on aime son travail
00:29:44à un instant T
00:29:45et que,
00:29:45quelques temps plus tard,
00:29:46on ne l'aime plus ?
00:29:47Quels sont
00:29:48les facteurs
00:29:49des amours ?
00:29:51Ça,
00:29:51c'est une question
00:29:52en vache.
00:29:55Pourquoi ?
00:29:56Parce qu'encore une fois,
00:29:57elle introduit
00:29:58peut-être un petit peu
00:29:59de polémique.
00:30:01Ce que je veux dire,
00:30:03c'est que,
00:30:04très souvent,
00:30:05on a tendance
00:30:06à dire que
00:30:08le travail se dégrade
00:30:09parce qu'il y a
00:30:10un excès de charge.
00:30:12C'est-à-dire que
00:30:12la charge de travail
00:30:13augmente
00:30:14et lorsque cette charge
00:30:15de travail augmente,
00:30:16les individus
00:30:17vont être
00:30:18en surcharge
00:30:20puis ensuite,
00:30:21ils vont être
00:30:21pas bien
00:30:22puis ils vont être malades.
00:30:23Voilà.
00:30:24C'est vrai.
00:30:25C'est vrai.
00:30:27Mais,
00:30:28ce n'est pas aussi simple.
00:30:30C'est-à-dire que
00:30:30quand on regarde
00:30:31les excès de charge,
00:30:32si on prend l'exemple
00:30:33de la période Covid,
00:30:35regardez,
00:30:35le personnel de santé
00:30:36a travaillé
00:30:37de façon excessive
00:30:38pendant des jours,
00:30:40pendant des semaines,
00:30:41pendant des mois.
00:30:43Ça a été difficile.
00:30:45Mais,
00:30:45il se sentait utile.
00:30:47Mais,
00:30:47il réalisait
00:30:48un travail salutaire.
00:30:49Mais,
00:30:49ils étaient soutenus
00:30:50par la population.
00:30:51Mais,
00:30:51ils étaient encadrés,
00:30:52etc.
00:30:53Et finalement,
00:30:55beaucoup ont survécu
00:30:56et ont aimé
00:30:57ce qu'ils ont fait.
00:30:57Moi,
00:30:57j'ai interviewé
00:30:58des médecins là-dessus.
00:31:00Certains m'ont dit
00:31:01« Écoute,
00:31:01j'étais content,
00:31:02j'ai refait de la médecine. »
00:31:04Voilà.
00:31:04C'est très fort
00:31:05comme expression.
00:31:06Donc,
00:31:07ce n'est pas forcément
00:31:07l'excès de charge
00:31:09qui est destructeur,
00:31:10c'est plutôt
00:31:11l'absence
00:31:14de reconnaissance.
00:31:15C'est-à-dire que
00:31:16ce qui explique
00:31:17finalement le fait
00:31:18que les gens
00:31:18vont rentrer
00:31:19dans des phases
00:31:20de souffrance,
00:31:21c'est le travail empêché.
00:31:23C'est-à-dire
00:31:23« Je ne peux pas
00:31:24réaliser mon travail
00:31:25comme je l'entends,
00:31:26comme je voudrais le faire. »
00:31:28C'est-à-dire que
00:31:29je veux faire du bon travail
00:31:30mais je n'y arrive pas.
00:31:32Je n'ai plus
00:31:32cette possibilité
00:31:33de pouvoir le faire.
00:31:34C'est connaître son métier
00:31:37et être obligé
00:31:38d'appliquer des procédures
00:31:39qui sont absurdes,
00:31:40dans lesquelles on se dit
00:31:41« Mais ça ne marchera pas ! »
00:31:42alors qu'on connaît
00:31:43précisément son métier
00:31:44et qu'on est un bon
00:31:45professionnel depuis
00:31:45une vingtaine d'années.
00:31:47C'est savoir exactement
00:31:48ce que veut un client,
00:31:49ce que veut un patient,
00:31:51ce que veut un étudiant
00:31:54et puis ne pas avoir
00:31:56les moyens
00:31:56de lui donner
00:31:58ni en termes de ressources,
00:31:59ni en termes de temps,
00:32:00ni en termes de moyens.
00:32:01Là, on réalise
00:32:02un travail
00:32:03qui est empêché
00:32:04et en étant empêché,
00:32:06on n'a plus cette capacité
00:32:07à se reconnaître
00:32:08dans ce que l'on fait.
00:32:09Et c'est souvent ça
00:32:10qui implique
00:32:11la détérioration
00:32:12de l'amour du travail.
00:32:14Nous sommes face
00:32:15à des chefs d'entreprise
00:32:16qui sont ici
00:32:16dans cette salle.
00:32:18Je voudrais rajouter
00:32:18quelque chose.
00:32:19Je vous en prie.
00:32:20Oui, ce qui compte,
00:32:23ce qui est vraiment
00:32:24destructeur,
00:32:25c'est de faire
00:32:27durablement
00:32:28un travail
00:32:28dans lequel
00:32:29on n'arrive plus
00:32:29à se reconnaître.
00:32:30Ça, c'est destructeur.
00:32:31Est-ce que je peux schématiser
00:32:32comme le ferait
00:32:33un journaliste
00:32:34en disant
00:32:35« C'est l'absence de sens ? »
00:32:38Au-delà.
00:32:38Ce n'est pas que le sens,
00:32:39c'est aussi
00:32:40le mode opératoire,
00:32:40c'est aussi la façon
00:32:41de faire.
00:32:43Effectivement,
00:32:43le sens,
00:32:44c'est remis au goût
00:32:45du jour aujourd'hui.
00:32:45Mais ce n'est pas que ça.
00:32:46Le sens compte.
00:32:47Pourquoi ?
00:32:48Parce que l'utilité compte.
00:32:49Si je fais un travail utile,
00:32:51ça n'a pas le même sens
00:32:51que si je fais un travail
00:32:52qui ne sert à rien
00:32:53ou dans lequel
00:32:54on ne se reconnaît pas.
00:32:55Donc effectivement,
00:32:55le sens compte.
00:32:56Mais pas que.
00:32:57Ça va au-delà.
00:32:58Je le disais,
00:32:58nous sommes dans une salle
00:33:00avec des chefs d'entreprise
00:33:01qui nous regardent aussi.
00:33:03Je vais vous poser
00:33:04une question
00:33:05pratico-pratique.
00:33:07Quels sont,
00:33:07dans une boîte à outils,
00:33:09les outils que vous pourriez
00:33:11transmettre
00:33:11sur les bonnes pratiques
00:33:13à utiliser
00:33:14par les dirigeants
00:33:15et les managers ?
00:33:16Alors moi,
00:33:16je suis chercheur.
00:33:19Eux,
00:33:20c'est des bons professionnels.
00:33:23Je ne veux pas avoir
00:33:24la prétention excessive
00:33:25par rapport à ça.
00:33:27D'accord ?
00:33:28Soyons clairs.
00:33:29Ceci dit,
00:33:29je voudrais quand même dire
00:33:30deux, trois choses
00:33:31qui sont peut-être
00:33:31un peu polémiques,
00:33:32qui sont peut-être
00:33:32un peu agaçantes.
00:33:36Je pense qu'il faut
00:33:37arrêter de se demander
00:33:39comment rendre
00:33:40les salariés heureux.
00:33:43Il faut plutôt
00:33:44se poser la question
00:33:46de comment rendre
00:33:48leur travail plus aimable.
00:33:50Alors,
00:33:51j'ai vu des tas
00:33:53d'entreprises,
00:33:55énormément d'entreprises.
00:33:56Et effectivement,
00:33:57très souvent,
00:33:57on a ce point focal
00:33:59qui est mis sur
00:34:00qu'il faut que les salariés
00:34:01soient heureux.
00:34:02Donc,
00:34:02on va distribuer des pommes,
00:34:03on va faire des massages,
00:34:06on va former
00:34:07l'encadrement intermédiaire
00:34:08à la communication positive,
00:34:11on va, etc.,
00:34:11mais on ne regarde pas
00:34:12le travail.
00:34:13Or,
00:34:14ce qu'il faut vraiment
00:34:14arriver à faire,
00:34:15c'est de se dire,
00:34:17OK,
00:34:19rendons ce travail
00:34:20plus aimable.
00:34:21Donc,
00:34:21ce que je les inviterais
00:34:22à faire,
00:34:22c'est à réfléchir.
00:34:25Comment passer
00:34:27d'une logique
00:34:28de salariés heureux
00:34:29à un travail aimable ?
00:34:31Et la formulation,
00:34:31elle n'est pas anodine.
00:34:33Si je parle comme ça,
00:34:35c'est parce que
00:34:36dans la première formulation,
00:34:37on fait du coaching.
00:34:38Dans la première formulation,
00:34:40on se centre sur l'individu.
00:34:41Dans la première formulation,
00:34:42on répare la personne.
00:34:44Dans la deuxième formulation,
00:34:46on essaie de soigner le travail.
00:34:48On essaie de soigner le travail
00:34:50et on essaie d'agir
00:34:51sur le contenu du travail,
00:34:52sur les conditions
00:34:54d'exercice du travail,
00:34:55sur la manière
00:34:56dont le travail est organisé,
00:34:57sur l'utilité du travail,
00:34:59sur les responsabilités
00:35:00des gens,
00:35:01sur les marges de manœuvre,
00:35:03sur leur capacité à agir,
00:35:05sur leur capacité
00:35:06à s'approprier leur travail.
00:35:07Et ici,
00:35:08on agit
00:35:09sur la reconnaissance
00:35:10d'un travail
00:35:11qui est plus soigné,
00:35:12qui est plus effectif,
00:35:13qui est de plus grande qualité.
00:35:15Vous posez une question
00:35:16aussi un peu polémique.
00:35:17Vous opposez
00:35:18salariés heureux
00:35:18et travail aimable.
00:35:20Dans l'ambiance
00:35:22de ces dernières années,
00:35:23dans le monde du travail,
00:35:24et celles et ceux
00:35:24qui sont dans la salle
00:35:25pourront m'arrêter
00:35:26si je me trompe,
00:35:26mais je ne crois pas,
00:35:27on nous a quand même
00:35:28beaucoup vendu
00:35:29avec nombre d'ouvrages,
00:35:30nombre de conférenciers
00:35:31sur le bonheur au travail.
00:35:33Oui.
00:35:34Qu'est-ce que vous en pensez ?
00:35:36Vous voulez vraiment
00:35:37que je vous le dise ?
00:35:37Oui.
00:35:40Alors,
00:35:42comme je le disais,
00:35:43ce qui compte,
00:35:43c'est de créer
00:35:44les conditions
00:35:45d'un travail aimable
00:35:45dans son contenu,
00:35:48dans ses conditions
00:35:49et dans son organisation.
00:35:50Quand on parle
00:35:51de bonheur au travail,
00:35:52on est plutôt
00:35:54sur le fait
00:35:56de jouer
00:35:56sur des paramètres
00:35:57de surface du travail.
00:36:00On joue
00:36:01sur les conditions physiques,
00:36:02par exemple,
00:36:03on va améliorer
00:36:03la luminosité,
00:36:05les bureaux,
00:36:06on va repeindre les murs,
00:36:07on va, etc., etc.
00:36:08On joue
00:36:09sur les conditions
00:36:10d'événementiel,
00:36:11c'est-à-dire
00:36:11on va organiser
00:36:12un séminaire,
00:36:13un séminaire de motivation,
00:36:14on va organiser
00:36:15une soirée,
00:36:16on va organiser
00:36:16un certain nombre de choses,
00:36:17mais on ne regarde pas
00:36:17vraiment le travail.
00:36:21Quand on parle
00:36:22de travail aimable,
00:36:23on met le point
00:36:24de focus,
00:36:25vraiment,
00:36:26le point focal,
00:36:26il est mis
00:36:27sur le travail,
00:36:29sur ce qui se fait,
00:36:30sur comment il se fait.
00:36:31Donc la question
00:36:32qui devient déterminante
00:36:33de mon point de vue,
00:36:34mais encore une fois,
00:36:35je suis chercheur,
00:36:36c'est plutôt
00:36:36de savoir comment rendre
00:36:37le travail aimable,
00:36:39c'est-à-dire
00:36:39quelles conditions
00:36:40je peux mettre en place
00:36:41en tant que dirigeant
00:36:42d'entreprise
00:36:43pour que le travail
00:36:44devienne aimable.
00:36:45Et si vous agissez
00:36:46là-dessus,
00:36:46vous allez agir
00:36:47sur le contenu du travail.
00:36:48Et si vous agissez
00:36:49sur le contenu du travail,
00:36:51moi, j'ai des statistiques
00:36:52qui vous démontrent
00:36:53que vous agissez
00:36:54sur l'amour du travail.
00:36:56Voilà ce que je veux dire.
00:36:57Pour finir,
00:36:58pour conclure,
00:36:59avant d'ouvrir
00:36:59la séance de questions-réponses,
00:37:01si on devait résumer
00:37:02en quelques mots
00:37:03cette étude
00:37:04sur 9000 salariés français
00:37:06et donc cet amour
00:37:07du travail.
00:37:08En quelques mots
00:37:09sur 9000 salariés.
00:37:11C'est un exercice.
00:37:13Vous allez me dire
00:37:13deux minutes,
00:37:14c'est ça ?
00:37:14Oui, oui.
00:37:15Alors je préférais
00:37:16trois heures
00:37:16et une dissertation,
00:37:18d'accord ?
00:37:20Ce que je veux dire,
00:37:22c'est qu'aimer son travail,
00:37:24je le redis,
00:37:25c'est d'abord
00:37:26aimer ce qu'on y fait.
00:37:29Aimer son travail,
00:37:29c'est d'abord aimer
00:37:30ce qu'on y fait.
00:37:31Et je me permettrai
00:37:32d'ajouter quelque chose.
00:37:34Cela change profondément
00:37:36la manière de penser
00:37:37la santé au travail.
00:37:39Plutôt que d'essayer
00:37:40seulement de réparer
00:37:41des individus
00:37:42parce qu'ils sont cassés,
00:37:43parce qu'ils sont détruits,
00:37:44parce qu'ils ne vont pas bien,
00:37:45etc.
00:37:46Il faut aussi
00:37:47et surtout
00:37:48concevoir
00:37:49des situations
00:37:50de travail
00:37:50qui soient aimables,
00:37:51c'est-à-dire
00:37:52qui permettent
00:37:52aux individus
00:37:53de se reconnaître,
00:37:54de se retrouver,
00:37:55dans lesquels
00:37:56ils puissent agir,
00:37:58dans lesquels
00:37:58ils vont avoir
00:37:59des marges de manœuvre,
00:37:59de la liberté d'action.
00:38:02J'ajouterais autre chose.
00:38:04Il faut éviter
00:38:07que bien évidemment
00:38:08le travail
00:38:09ne rende malade
00:38:09parce que la souffrance
00:38:11elle existe.
00:38:12Le burn-out
00:38:13ça existe.
00:38:15Les difficultés
00:38:16professionnelles,
00:38:16tout ça,
00:38:17ça existe.
00:38:18Mais il faut concevoir
00:38:19un travail
00:38:20qui soit intéressant,
00:38:21un travail
00:38:22qui soit juste,
00:38:23un travail
00:38:23qui soit utile,
00:38:24un travail
00:38:25qui soit réalisable.
00:38:26C'est ce que j'appellerais
00:38:27le travail aimable.
00:38:29Tout ça,
00:38:30ça maintient
00:38:31l'individu en santé.
00:38:32Ça maintient
00:38:33l'individu en santé
00:38:34et donc
00:38:35ça permet
00:38:35la performance
00:38:36des entreprises.
00:38:37Il ne faut pas l'oublier.
00:38:39Je pense que
00:38:40ce que je viens de dire
00:38:41c'est un espèce
00:38:42de déplacement intellectuel.
00:38:44C'est l'idée
00:38:45de passer
00:38:46du bonheur au travail
00:38:47à
00:38:48au travail aimable.
00:38:51Alors le bonheur
00:38:52au travail
00:38:52c'est aujourd'hui
00:38:53une expression
00:38:53qui est un petit peu galvaudée
00:38:54qui même parfois
00:38:55est un peu hypocrite.
00:38:56Mais
00:38:57je pense que
00:38:59psychologiquement
00:38:59ergonomiquement
00:39:00c'est beaucoup plus intéressant
00:39:01aujourd'hui
00:39:02de parler
00:39:03justement du travail aimable
00:39:05tel qu'on l'a évoqué
00:39:07précédemment.
00:39:08Vous avez l'impression
00:39:09que cette notion
00:39:10de travail aimable
00:39:11commence à prendre
00:39:11dans le monde
00:39:14de l'entreprise.
00:39:14Vous avez 9000 salariés
00:39:15mais vous avez aussi
00:39:16rencontré des chefs
00:39:17d'entreprise,
00:39:17des managers.
00:39:19Est-ce qu'ils ont
00:39:19une oreille attentive
00:39:20à ce concept ?
00:39:22On va voir
00:39:23s'il y a des questions
00:39:23dans la salle
00:39:24relatives à ça
00:39:25mais j'ai vraiment
00:39:25le sentiment
00:39:26que oui.
00:39:26Je pense que
00:39:28certains d'entre vous
00:39:29certains d'entre eux
00:39:30plutôt
00:39:30mais ils sont là
00:39:31certains
00:39:32ont eu cette logique
00:39:33de
00:39:34il faut faire quelque chose
00:39:36parce que
00:39:36les situations
00:39:37ne vont pas bien
00:39:38parce qu'ils voient bien
00:39:39qu'il y a des salariés
00:39:39qui sont en souffrance
00:39:40et souvent
00:39:41ça a été une logique
00:39:42de bonheur au travail
00:39:43qui a été mise en place
00:39:44ou de QVT
00:39:45et la logique de QVT
00:39:46finalement
00:39:47elle agit plutôt
00:39:47sur des paramètres
00:39:48qui sont extérieurs
00:39:49au contenu du travail
00:39:50qui sont importants
00:39:51je ne le nie pas
00:39:52mais qui ne relèvent pas
00:39:53du travail en tant que tel
00:39:54or ce que
00:39:56nous on démontre
00:39:58c'est que
00:39:58le premier point
00:40:00la première pierre
00:40:01qui constitue
00:40:02l'édifice
00:40:03un petit peu
00:40:04de
00:40:05de
00:40:05de
00:40:05de
00:40:06de
00:40:06de
00:40:06de
00:40:07de
00:40:07de
00:40:07de
00:40:07de
00:40:07de
00:40:07de
00:40:07de
00:40:07de
00:40:07de
00:40:07de
00:40:07travail
00:40:07c'est précisément
00:40:08son contenu
00:40:09donc regardons
00:40:10le contenu
00:40:10et vous avez vu
00:40:11les statistiques
00:40:12que je vous ai donné
00:40:12c'est vraiment
00:40:13ce facteur-là
00:40:15qui écrase
00:40:15les autres
00:40:17merci
00:40:17Eric Brangier
00:40:19la salle
00:40:20vous remercie
00:40:20merci
00:40:21pour cette
00:40:22démonstration
00:40:23professeur
00:40:24donc sur
00:40:25l'amour du travail
00:40:26et donc
00:40:27la parole
00:40:28circule
00:40:29je propose
00:40:30qu'on passe
00:40:31la main
00:40:31à
00:40:32une suggestion
00:40:33au président
00:40:34de la
00:40:34chambre
00:40:35de commerce
00:40:35et d'industrie
00:40:36de la Moselle
00:40:36qui nous accueille
00:40:37pour cette
00:40:37première question
00:40:38et ensuite
00:40:39nous irons
00:40:39dans la salle
00:40:40et puis nous récupérons
00:40:41peut-être des questions
00:40:42posées sur
00:40:43les réseaux
00:40:44merci
00:40:45de ce temps passé
00:40:47pour nous expliquer
00:40:47les choses
00:40:49j'aurais deux questions
00:40:50finalement
00:40:51on n'a pas parlé
00:40:52rémunération
00:40:53c'est à dire que
00:40:55dans votre étude
00:40:56la partie rémunération
00:40:57où se positionne-t-elle
00:41:00justement par rapport
00:41:01j'aime mon poste
00:41:02etc
00:41:03et comment les choses
00:41:05se déroulent derrière
00:41:06et deuxième question
00:41:09est-ce qu'ils aiment
00:41:10leurs entreprises
00:41:12ah alors
00:41:14sur la première question
00:41:15je ne peux pas répondre
00:41:17pourquoi
00:41:17parce que le questionnaire
00:41:18satin n'a pas
00:41:19d'échelle de rémunération
00:41:21à l'intérieur
00:41:21donc déjà
00:41:24le questionnaire
00:41:25a été fait
00:41:25avec une espèce
00:41:26enfin pas
00:41:27avec une espèce
00:41:28avec une qualité
00:41:28psychométrique
00:41:29qui a effectivement
00:41:30écarté ce facteur-là
00:41:31comme étant un facteur
00:41:32de santé
00:41:33donc ça
00:41:34je ne peux pas
00:41:34y répondre
00:41:35sur le deuxième point
00:41:37j'ai les statistiques
00:41:38effectivement
00:41:39les gens
00:41:40non seulement
00:41:41aiment leur travail
00:41:43et il y a un score
00:41:44aussi assez élevé
00:41:45je ne l'ai plus en tête
00:41:46d'aime
00:41:46j'aime mon entreprise
00:41:48et j'y suis attaché
00:41:49c'est aussi un score
00:41:50c'est aussi un score élevé
00:41:52je ne peux pas vous le donner
00:41:53comme ça
00:41:53mais
00:41:56demain matin
00:41:57vous l'avez
00:41:58c'est élevé
00:41:59c'est un score élevé
00:42:00moins élevé
00:42:00que j'aime mon travail
00:42:01on n'est pas dans les
00:42:0480 et plus
00:42:0589%
00:42:06mais c'est un score
00:42:07qui est élevé
00:42:09merci en fait
00:42:10de cette précision
00:42:11parce que je pense
00:42:11que c'est aussi
00:42:12un élément intéressant
00:42:13pour toutes les entreprises
00:42:14et les chefs d'entreprise
00:42:15j'aime mon travail
00:42:17j'aime mon entreprise
00:42:18c'est vraiment
00:42:19des moteurs
00:42:20et puis des lignes
00:42:21qu'on peut avoir en tête
00:42:22pour faire avancer
00:42:23justement
00:42:23surtout dans des temps
00:42:24qui peuvent être
00:42:25parfois difficiles
00:42:27l'ensemble
00:42:27de nos organisations
00:42:28oui
00:42:29alors la différence
00:42:30quand même
00:42:30entre les deux questions
00:42:31c'est que la première
00:42:32elle est relativement générale
00:42:34elle concerne plutôt
00:42:35un jugement sur la personne
00:42:36la deuxième
00:42:36elle porte plus
00:42:37j'aime mon entreprise
00:42:39elle porte plus
00:42:40sur la compatibilité
00:42:41entre le système de valeur
00:42:42de la personne
00:42:43et le système de valeur
00:42:44de l'entreprise
00:42:44donc c'est quand même
00:42:46c'est une question
00:42:47très intéressante
00:42:48peut-être je vais demander
00:42:49au fond de merci
00:42:49des soutiens supplémentaires
00:42:51pour étudier cette question là
00:42:54mais on pourrait le faire
00:42:57eux aussi
00:42:58merci
00:42:59je crois que nous avons
00:43:00des questions
00:43:01via les réseaux
00:43:02nous vous écoutons
00:43:03moi j'ai une question
00:43:04qui est exactement
00:43:05dans la même lignée
00:43:08de celle de monsieur Jinter
00:43:09c'est peut-on aimer son travail
00:43:11sans aimer son entreprise
00:43:14et inversement
00:43:15peut-on être très attaché
00:43:17à son entreprise
00:43:17et ne pas aimer son travail
00:43:19oui
00:43:20les deux sont vrais
00:43:21oui
00:43:22on peut détailler
00:43:23et puis expliquer
00:43:24pourquoi les ressorts
00:43:26alors pourquoi on peut
00:43:27aimer son entreprise
00:43:28et ne pas aimer son travail
00:43:29parce que par exemple
00:43:30on a été pendant très longtemps
00:43:31dans une entreprise
00:43:32dans laquelle on est attaché
00:43:33et effectivement
00:43:34le contenu des tâches
00:43:35qu'on réalise
00:43:36du point de vue
00:43:36de son utilité
00:43:37ou de son fonctionnement
00:43:38des critères que j'ai évoqués
00:43:39ne sont plus au rendez-vous
00:43:40aujourd'hui
00:43:41de la même manière
00:43:42on a l'inverse
00:43:43c'est-à-dire
00:43:44je peux très bien aimer
00:43:45mon travail
00:43:45mais les conditions
00:43:48organisationnelles
00:43:48par exemple
00:43:49ont changé
00:43:49et l'individu
00:43:51il se dit
00:43:51mais mon travail
00:43:52j'aime le contenu
00:43:53mais je ne supporte plus
00:43:55l'organisation
00:43:55dans laquelle je suis
00:43:56j'aime ce que je fais
00:43:57mais par exemple
00:43:58les procédures
00:43:59qui s'appliquent
00:44:00ne sont plus les bonnes
00:44:01ou me font faire le travail
00:44:02à l'envers
00:44:02ou me complexifie la tâche
00:44:04ou m'encombre l'esprit
00:44:05etc.
00:44:06donc les deux marchent
00:44:10avez-vous d'autres questions ?
00:44:11alors il y en a une autre
00:44:12lorsqu'on entreprend
00:44:14comment faire la différence
00:44:15entre l'amour
00:44:16de son projet
00:44:17et le risque
00:44:18de s'épuiser
00:44:19à vouloir le faire réussir ?
00:44:22je pense que c'est une question
00:44:24pour la CCI
00:44:25ça
00:44:25c'est pas pour moi
00:44:31alors moi
00:44:31je n'ai pas étudié
00:44:32les entrepreneurs
00:44:34ça serait
00:44:34d'ailleurs
00:44:35ça serait un très très beau
00:44:36sujet de recherche
00:44:37parce qu'on étudie
00:44:38assez peu
00:44:38la santé des dirigeants
00:44:39encore un appel
00:44:40au fond de merci
00:44:42non
00:44:45non
00:44:45non
00:44:47Christophe Thirier
00:44:48oui
00:44:49bon merci
00:44:50pour cet éclairage
00:44:51c'était très très intéressant
00:44:52avez-vous des données
00:44:54plus précises
00:44:55en fonction
00:44:56du type de travail
00:44:58ou de la branche
00:44:59service
00:45:00industrie
00:45:01artisanat
00:45:01non
00:45:03je n'ai pas de données
00:45:04plus précises
00:45:05les entreprises
00:45:06avec lesquelles
00:45:07on a travaillé
00:45:08c'est effectivement
00:45:08les trois secteurs
00:45:10le secteur
00:45:12des services
00:45:13le secteur de l'artisanat
00:45:14le secteur
00:45:16de l'industrie
00:45:17on a
00:45:18ce qui nous manque
00:45:19c'est les entreprises
00:45:19par exemple
00:45:20là où on n'en a pas
00:45:21c'est dans le secteur
00:45:22bancaire et assurance
00:45:22on n'a pas d'entreprise
00:45:24dans les 44
00:45:25qu'on a interrogé
00:45:26mais je ne peux pas
00:45:27vous faire
00:45:28effectivement
00:45:29une classification
00:45:29par secteur d'activité
00:45:32par contre
00:45:32on peut faire
00:45:33des classifications
00:45:34par type d'entreprise
00:45:35c'est-à-dire qu'on a
00:45:36des entreprises
00:45:37où le score
00:45:37d'amour du travail
00:45:40est bien plus élevé
00:45:41que d'autres
00:45:42et effectivement
00:45:43c'est aussi un indicateur
00:45:44on va dire
00:45:45d'un certain type
00:45:46de fonctionnement
00:45:47de l'entreprise
00:45:47je ne vais pas en dire plus
00:45:48c'est-à-dire
00:45:52certains secteurs d'activité
00:45:53où on a plus
00:45:54d'amour
00:45:55ça on ne l'a pas
00:45:57parce qu'on n'a pas
00:45:57non non
00:45:58secteur d'activité
00:45:59si on prend par exemple
00:46:00service industrie
00:46:01tertiaire
00:46:02primaire secondaire
00:46:03ou si on prend
00:46:04les grandes branches
00:46:05professionnelles
00:46:05je n'ai pas des résultats
00:46:06qui me permettent
00:46:07de couvrir l'ensemble
00:46:08des sociétés
00:46:09et des entreprises
00:46:10par exemple
00:46:11on n'a aucune entreprise
00:46:12du secteur
00:46:12banque assurance
00:46:13on a du travail social
00:46:15on a du handicap
00:46:16on a de l'industrie
00:46:17on a de l'informatique
00:46:19on a plein d'entreprises
00:46:20dans ces secteurs-là
00:46:21mais il y a des pans entiers
00:46:22de l'industrie française
00:46:24qu'on ne couvre pas
00:46:24dans les 44 que l'on a
00:46:26une autre question
00:46:27plutôt sur la taille
00:46:29des entreprises
00:46:30toutes les tailles
00:46:30sont représentées
00:46:31de 29 salariés
00:46:33à 1380 je crois
00:46:36donc ça fait quand même
00:46:37c'est un spectre
00:46:38assez large
00:46:39je crois qu'il y a
00:46:40une question ici
00:46:41bonjour
00:46:41bonjour merci beaucoup
00:46:43déjà un grand intérêt
00:46:44pour moi
00:46:45sur les conditions
00:46:46du travail aimable
00:46:47ça rend beaucoup
00:46:48de perspectives
00:46:49très opérationnelles
00:46:50qu'on peut mettre en place
00:46:51par contre
00:46:52j'y vois un lien
00:46:53ça m'a surpris
00:46:55quand on voit
00:46:56que le contenu
00:46:56est le plus important
00:46:57je le comprends
00:46:58complètement
00:46:59mais j'y vois
00:46:59un lien de causalité
00:47:00avec le management
00:47:01et le management
00:47:03de l'organisation
00:47:05parce que vous disiez
00:47:06que le condition
00:47:08de travail aimable
00:47:08c'est le pouvoir
00:47:09d'agir
00:47:10responsabiliser
00:47:11de mettre en oeuvre
00:47:12donc j'y vois
00:47:13l'impact direct
00:47:14du leadership
00:47:15et du management
00:47:16de proximité
00:47:17pour moi le désamour
00:47:18peut venir
00:47:19justement
00:47:20d'un management
00:47:21peut-être un peu
00:47:23intrusif
00:47:23qui manque
00:47:24de responsabilisation
00:47:26donc j'y vois
00:47:27un lien très étroit
00:47:28entre le contenu
00:47:29et le management
00:47:29par contre
00:47:30donc je voudrais
00:47:31aimer votre avis
00:47:31je vous remercie en tout cas
00:47:32je voudrais revenir
00:47:34peut-être effectivement
00:47:35sur ce point là
00:47:36parce qu'on peut
00:47:37imaginer
00:47:38que ce que vous dites
00:47:39c'est à dire
00:47:39qu'en fin de compte
00:47:40quand je regarde
00:47:41le fait d'aimer
00:47:42son travail
00:47:43ce que je vous montre
00:47:45en même temps
00:47:46c'est que
00:47:48les caractéristiques
00:47:49du management
00:47:50qu'on a mesurées aussi
00:47:54ne permettent pas
00:47:55d'expliquer
00:47:56l'amour du travail
00:47:59d'accord ?
00:48:00ou en tous les cas
00:48:00faiblement
00:48:02ce qui explique
00:48:03vraiment
00:48:04de façon significative
00:48:05hautement significative
00:48:07ça nous a énormément
00:48:07surpris
00:48:08franchement
00:48:09expliquer
00:48:0960%
00:48:10de la variance
00:48:11du comportement
00:48:12de quelqu'un
00:48:12par juste
00:48:13un point
00:48:14c'est énorme
00:48:16et ça
00:48:17c'est le contenu
00:48:17du travail
00:48:19ça ne veut pas dire
00:48:19que le management
00:48:20ne compte pas
00:48:21ça ne veut pas dire
00:48:22que les relations
00:48:23hiérarchiques
00:48:23ne comptent pas
00:48:24ça ne veut pas dire
00:48:25que le climat social
00:48:26ne compte pas
00:48:26ça ne veut pas dire
00:48:27que tout ça
00:48:28ne compte pas
00:48:28mais ça arrive
00:48:29au second plan
00:48:30d'accord ?
00:48:31c'est vraiment ça
00:48:32c'est une hiérarchie
00:48:33à laquelle on aboutit
00:48:35c'est une hiérarchie
00:48:35de facteurs
00:48:36il y a des facteurs
00:48:37qui sont plus explicatifs
00:48:38que d'autres
00:48:38c'est ça
00:48:39qu'on a découvert
00:48:41mais ça ne veut pas dire
00:48:42que ça ne compte pas
00:48:44merci
00:48:46madame
00:48:46bonjour
00:48:47c'est cool
00:48:47c'est une hiérarchie
00:48:47c'est une hiérarchie
00:48:47c'est une hiérarchie
00:48:47c'est une hiérarchie
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