- il y a 7 semaines
Découvrez l'amour du travail : la clé insoupçonnée de la performance et du bien-être de vos équipes ! Dans cette conférence événementielle, plongez au cœur des défis économiques actuels et explorez un thème aussi audacieux qu'essentiel : **l'amour du travail**.
La rentrée économique est marquée par des défis majeurs : évolution technologique rapide, incertitudes mondiales, et pressions économiques. Au milieu de ces turbulences, un élément peut faire toute la différence : l'attachement sincère à son activité professionnelle.
Rejoignez-nous pour une exploration des facteurs qui transforment la perception du travail, passant de la simple obligation à une source d'épanouissement. Apprenez comment cultiver cette passion, non seulement pour le bénéfice de vos collaborateurs et de votre entreprise, mais aussi pour le dynamisme de notre territoire.
Cette discussion, animée par des experts de la Chambre de Commerce et d'Industrie de la Moselle, mettra en lumière des recherches inédites sur ce qui motive réellement les salariés. Pourquoi aime-t-on son travail ? La réponse pourrait bien vous surprendre et redéfinir votre approche du management et de la performance.
La rentrée économique est marquée par des défis majeurs : évolution technologique rapide, incertitudes mondiales, et pressions économiques. Au milieu de ces turbulences, un élément peut faire toute la différence : l'attachement sincère à son activité professionnelle.
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Cette discussion, animée par des experts de la Chambre de Commerce et d'Industrie de la Moselle, mettra en lumière des recherches inédites sur ce qui motive réellement les salariés. Pourquoi aime-t-on son travail ? La réponse pourrait bien vous surprendre et redéfinir votre approche du management et de la performance.
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00:00:11Bonjour, soyez les bienvenus, nous sommes en direct sur Moselle TV depuis la chambre de commerce et d'industrie de
00:00:17la Moselle
00:00:18pour une conférence de rentrée économique exceptionnelle, exceptionnelle par son horaire matinal, exceptionnelle par sa forme,
00:00:26une émission de télévision en direct et puis exceptionnelle aussi par son thème, l'amour du travail, un thème qui
00:00:32fait vraiment du bien à celles et ceux qui dirigent des entreprises
00:00:36ou managent des équipes. Bienvenue au public dans cette salle de l'amphithéâtre de la chambre de commerce et d
00:00:43'industrie de la Moselle,
00:00:44bienvenue aussi à vous de l'autre côté de votre écran, qu'il soit petit ou grand, vous pourrez comme
00:00:49le public ici poser vos questions en fin de conférence
00:00:53à l'aide du chat qui vous est proposé. Voilà pour le mot d'accueil. Sans plus tarder, j'accueille
00:00:59le président de la chambre de commerce et d'industrie,
00:01:01Fabrice Ginter, bonjour, merci de nous accueillir. Alors quels sont d'abord, avant de parler du thème plus précisément,
00:01:08quels sont les principaux défis de cette rentrée pour les entreprises Moselle ?
00:01:13Déjà, bonjour à toutes et à tous, c'est un moment intense qu'on va vivre ensemble et sans déflorer
00:01:18le sujet, vous allez être surpris,
00:01:20et très positivement surpris. Alors la période actuelle est une période à la fois trépidante, la technologie change,
00:01:29les habitudes changent et on s'adapte. L'IA, par exemple, nous apporte vraiment des monuments en fait de modes
00:01:38de travail différents
00:01:41et à nous de faire. Et dans toutes nos entreprises, oui, c'est un vrai challenge, mais il y a
00:01:46aussi toute la perturbation mondiale.
00:01:49Le prix de l'énergie qu'on ne maîtrise pas, ça s'amplifie. On a la politique française, je ne
00:01:55sais même plus comment la qualifier,
00:01:57tellement elle est difficile, je pèse mes mots, et surtout, donc, comment on affronte tout ça et dans nos entreprises,
00:02:06c'est ce qu'au quotidien, finalement, on voit. En parler ensemble, ça fait du bien et ça permet d
00:02:13'aller plus loin.
00:02:13C'est à ça que sert aussi une chambre de commerce et d'industrie.
00:02:17Alors, nous sommes ici, je l'ai dit, pour un thème, j'allais dire, presque assez osé, quand même, dans
00:02:23l'environnement aujourd'hui,
00:02:25l'amour du travail. Pourquoi avoir choisi ce thème pour cette conférence de rentrée économique ?
00:02:31Je pense à la base, il faut toujours oser parler d'amour. Et on ne parle pas assez d'amour
00:02:37dans nos vies au quotidien.
00:02:38Parce que ça imprègne, finalement, tout ce qu'on fait, à la fois dans nos liens avec les collaborateurs,
00:02:46dans les liens avec nos collègues, confrères, concurrents, dans tout notre environnement.
00:02:53Et c'est ça qui a, finalement, de l'intérêt. C'est ça qui fait que, même quand, au niveau
00:02:58national, c'est très compliqué,
00:03:00ce qu'on peut partager, en revanche, au niveau d'un territoire comme la Moselle,
00:03:04mais oui, ça a du sens. Parce qu'on l'aime, notre territoire. On aime nos entreprises.
00:03:09On veut les porter plus loin. Et très clairement, ce thème-là est clair.
00:03:13Et vous allez le voir de façon formidable, ce qui se passe en intérieur et comment il est ressenti par
00:03:19les uns les autres.
00:03:21Merci, Fabrice Ginter. Un dernier mot sur le message que vous souhaitez adresser à celles et ceux qui sont aujourd
00:03:26'hui dans cet amphithéâtre,
00:03:28mais aussi celles et ceux qui nous regardent ou qui nous regarderont grâce au replay.
00:03:34Surtout, pensez que, pour les chefs d'entreprise, vous n'êtes pas tout seuls.
00:03:38On parle souvent de la solitude des chefs d'entreprise.
00:03:41Vous n'êtes pas seuls. On est tous ensemble et une communauté.
00:03:45Et ça, ça compte pour les uns les autres.
00:03:47En particulier, si vous avez des difficultés, parlez-en.
00:03:50Si vous avez des idées, parlez-en. Portez-les plus loin.
00:03:53Notre chambre de commerce et d'industrie, elle est là pour ça.
00:03:56Pour donner, finalement, des orientations pour le futur, pour donner la possibilité aussi de les transformer,
00:04:03parce qu'on ne fait rien si on n'a pas des moyens qui sont alignés et si on ne
00:04:06peut pas le faire en cohérence avec les uns les autres.
00:04:09Donc, on y va. On avance.
00:04:12Et puis, à la base, c'est vraiment l'amour de nos entreprises et de notre territoire qui nous guide.
00:04:19Et ça fait du bien, non ?
00:04:20Merci à vous.
00:04:21Merci beaucoup, Fabrice Ginter, le président de la Chambre de commerce et d'industrie de la Moselle.
00:04:25Je pense que vous pouvez l'applaudir. Merci.
00:04:27Vous allez céder votre place, si vous le voulez bien, à l'intervenant du jour, le professeur Éric Brangier.
00:04:34Le temps que le professeur rejoigne son pupitre, je remercie évidemment toutes les équipes de la Chambre de commerce et
00:04:40d'industrie de la Moselle
00:04:41qui nous ont permis de préparer cette conférence de rentrée, ainsi que le fonds de dotation de merci.
00:04:48Bonjour, professeur.
00:04:50Bonjour.
00:04:50Éric Brangier. Je résume votre CV parce que sinon, je prendrai un peu trop de temps.
00:04:54Vous êtes professeur des universités, psychologue du travail.
00:04:57Vous dirigez le master ergonomie à l'Université de Lorraine.
00:05:01Et donc, avec vous, nous allons traiter de l'amour du travail.
00:05:05C'est un thème qui, je le disais, surprend, qui bouscule les idées reçues parce que lorsqu'il est question
00:05:10de travail,
00:05:12et ça n'est pas au chef d'entreprise ou au manager que je vais l'apprendre,
00:05:16il est surtout question de souffrance, de stress et de burn-out, voire de désengagement.
00:05:22Alors pour autant, le travail, ça n'est pas cela. Et vous avez donc posé une question auprès de 9000
00:05:27salariés français,
00:05:29ce qui n'est pas rien. Et les résultats sont parfois assez surprenants.
00:05:32Pourquoi aime-t-on son travail ? Est-ce une affaire de salaire, de management, de reconnaissance, de santé ou
00:05:37simplement de ce que nous faisons chaque jour ?
00:05:40Et vous avez étudié une phrase particulière, assez simple d'ailleurs, j'aime mon travail.
00:05:46Alors pourquoi elle vous a intéressé, cette phrase, professeur ?
00:05:49Alors, cette phrase nous a énormément intéressé parce qu'elle est presque banale.
00:05:53C'est-à-dire, chacun, dans la journée, on a dit j'aime mon travail ou j'aime pas mon
00:05:57travail.
00:05:58On a des salariés qui vont nous dire j'aime bien mon travail parce que je peux avoir un peu
00:06:03de liberté,
00:06:03parce que je peux réaliser des tâches qui m'intéressent, parce que, etc.
00:06:07A l'inverse, on a aussi je n'aime pas mon travail.
00:06:11Je n'aime pas mon travail parce que je ne supporte plus mes collègues.
00:06:14Je n'aime pas mon travail parce que j'en ai ras le casque.
00:06:17Je n'aime pas mon travail. Donc, on a des phrases extrêmement simples, quasiment banales,
00:06:21qu'on vit tous, qu'on raconte tous.
00:06:23Et en fait, on a rarement étudié cette phrase-là.
00:06:27Effectivement, la psychologie du travail et l'ergonomie se sont plutôt centrées sur des phrases comme
00:06:31la souffrance, le désengagement, la démotivation, le burn-out.
00:06:36Et la phrase j'aime mon travail a été assez peu conceptualisée.
00:06:41Et du coup, on s'est dit, grâce au soutien du Fonds de Merci,
00:06:44qui nous a quand même énormément aidé pour cette recherche,
00:06:47qu'on allait étudier cette phrase-là.
00:06:49Alors, comment on l'a étudiée ?
00:06:52Eh bien, on a essayé d'avoir cette phrase et de croiser cette phrase
00:06:58avec énormément de dimensions d'un questionnaire
00:07:01qui est le questionnaire Satin, qui a été élaboré par à la fois l'Université de Lorraine
00:07:07et l'INRS à Nancy.
00:07:09Alors, ce questionnaire Satin, certains le connaissent sans doute,
00:07:12c'est un peu la Rolls-Royce de la santé et du bien-être au travail.
00:07:14C'est un questionnaire qui est extrêmement robuste sur le plan statistique,
00:07:18qui a énormément de qualités et qu'on a étudié pour essayer de mieux comprendre
00:07:22comment conceptualiser l'amour du travail.
00:07:25Alors, qu'est-ce que ça nous apprend sur la santé d'un salarié
00:07:28lorsqu'il répond « j'aime mon travail » ou « je n'aime pas mon travail » ?
00:07:31Alors, d'abord, je voudrais dire que le fait d'aimer son travail
00:07:40est effectivement à mettre en relation avec la question de la santé.
00:07:44C'est ce qui nous a intéressés.
00:07:45Et c'est aussi le sens du soutien du Fonds de Merci.
00:07:49C'est-à-dire que ce qui compte, ce n'est pas seulement le fait d'aimer son travail.
00:07:54On a tous effectivement ça.
00:07:55C'est le fait, à un moment donné, de se dire
00:07:58« est-ce qu'il y a une relation entre aimer son travail et être en santé ? »
00:08:04Voilà.
00:08:05Alors, peut-être qu'on peut essayer d'abord de regarder
00:08:08qu'aimer son travail, c'est une notion qui est très différente
00:08:12de l'engagement ou de la motivation ou de choses comme celle-là.
00:08:17C'est-à-dire qu'on peut très bien être motivé par son travail,
00:08:21mais ne pas l'aimer, parce que la motivation repose sur la pas du gain.
00:08:25Donc, le financement.
00:08:26On peut aussi se retrouver dans une situation
00:08:28où on aime son travail, de point de vue de son contenu,
00:08:33mais on n'aime plus du tout l'organisation dans laquelle on est.
00:08:35On peut se retrouver dans une situation où on aime son métier,
00:08:37on est un bon professionnel,
00:08:39et en même temps, on ne supporte plus d'appliquer
00:08:41des procédures complètement absurdes qui n'ont aucun sens.
00:08:44Donc, on voit bien que les variables qui sont autour de « j'aime mon travail »
00:08:47sont relativement complexes et méritent vraiment une étude fine.
00:08:50C'est ce qu'on a essayé de faire.
00:08:51Sur l'amour, Fabrice Ginter, en introduction, disait qu'on n'en parle pas suffisamment.
00:08:56Au-delà de ce questionnaire qui est très cadré,
00:08:59est-ce que vous avez le sentiment qu'on ne parle pas assez d'amour du travail ?
00:09:02Alors, c'est ce qui est effectivement paradoxal.
00:09:06C'est qu'en fait, tout le monde dit « j'aime mon travail » ou « j'aime pas
00:09:08mon travail ».
00:09:09Et en même temps, ça s'est peu conceptualisé.
00:09:13Est-ce qu'on en parle plus ou pas assez ou trop ?
00:09:16Je ne sais pas.
00:09:17Ce que je fais juste, c'est essayer de constater et de poser des questions aux salariés
00:09:21pour voir si, effectivement, on voit les choses.
00:09:23Alors, quand on regarde un petit peu,
00:09:25je vais peut-être rentrer un peu dans les détails méthodologiques.
00:09:26Ce que vous avez découvert avec la méthode SATA.
00:09:27Voilà, ce qu'on a découvert. Il faut essayer de comprendre comment on a fait tout ça.
00:09:30Donc, en fait, on a utilisé le questionnaire SATA, je l'ai dit.
00:09:33Et on a réalisé des enquêtes sur, donc, en fait, 44 entreprises françaises.
00:09:41Pourquoi ? Parce qu'à l'université, j'ai une petite structure qui permet de faire ça.
00:09:46Et les enquêtes ont été réalisées entre 2018 et 2023.
00:09:50Donc, on a des résultats avant le Covid, après le Covid.
00:09:53On avait interrogé 11 000, pour être précis, 11 381 salariés, 79% de répondants.
00:10:01Donc, c'est un score de réponse qui est extrêmement important.
00:10:04Et on a une population qui est plutôt féminine en raison des relations d'entreprises,
00:10:09enfin, des entreprises avec lesquelles on a travaillé.
00:10:12Du point de vue des âges, de l'ancienneté, etc.,
00:10:17on est dans des situations qui sont comparables aux actifs français.
00:10:22Donc, ça, c'est un peu pour camper le décor dans lequel on a travaillé.
00:10:27Et je voudrais d'abord commencer par quelques premiers résultats.
00:10:32Le premier résultat, c'est finalement,
00:10:35qu'est-ce qui explique que les gens aiment leur travail ?
00:10:38Eh bien, ce qui explique ce que les gens aiment leur travail,
00:10:41c'est d'abord le contenu du travail.
00:10:44C'est ce qu'on y fait.
00:10:46C'est l'intérêt que j'ai à faire mon travail.
00:10:49C'est la variété de ce que je fais.
00:10:51C'est l'utilité.
00:10:52Et c'est les responsabilités qu'on m'octroie,
00:10:55qu'on me donne ou que je prends.
00:10:56Donc, autrement dit, le travail lui-même,
00:10:58ce pourquoi, normalement, on est rémunéré.
00:11:01Exactement.
00:11:02C'est le contenu même.
00:11:03Alors, il y a un résultat que je vais tout de suite donner
00:11:06qui est effectivement assez surprenant,
00:11:09parce qu'il va à l'encontre d'un certain nombre de notions
00:11:12ou de température ambiante.
00:11:14Là, il faut que celles et ceux qui nous regardent soient bien accrochés,
00:11:18parce que ça va à l'encontre de ce qu'on s'imagine.
00:11:20C'est vrai.
00:11:2189% des salariés aiment leur travail.
00:11:26Alors, 89%, c'est en fin de compte deux choses qui sont extrêmement importantes.
00:11:29Il y a d'une part 57% qui aiment tout à fait leur travail
00:11:34et 32% qui aiment plutôt leur travail.
00:11:38Donc, le premier résultat va à l'encontre du discours ambiant.
00:11:40On a un discours qui est plutôt
00:11:42« je suis dans la souffrance, je suis dans la peine, je suis dans la difficulté,
00:11:44je suis dans le burn-out, etc. »
00:11:46Mais finalement, je ne dis pas que ça n'existe pas, bien évidemment,
00:11:49mais ça ne représente pas une part importante des gens.
00:11:53Les gens sont plutôt dans une situation où ils aiment le travail
00:11:55et quand ils aiment le travail, ils aiment le contenu de ce qu'ils font.
00:11:59Alors, j'ai un deuxième résultat qui me semble également important.
00:12:03C'est la relation qui existe entre le score, j'aime mon travail, et la santé.
00:12:10Alors, peut-être qu'ici, on peut projeter les résultats.
00:12:15Non ? Bon, ça va venir.
00:12:16C'est lui, ça va venir.
00:12:18C'est effectivement, quand on regarde cette fois les gens qui sont en bonne santé.
00:12:22C'est-à-dire qu'on a dans le questionnaire satin des échelles, des scores
00:12:26qui nous permettent de mesurer « est-ce que votre santé perçue, blablabla, est bonne ? »
00:12:30Alors, c'est des scores agrégés, c'est un petit peu compliqué,
00:12:32je ne vais pas rentrer dans les détails.
00:12:33Mais lorsque les gens se perçoivent en bonne santé,
00:12:37eh bien, à 94%, ils aiment leur travail.
00:12:43Quand ils sont en moyenne santé, ils ne sont plus que 83%.
00:12:47Et quand ils s'estiment être en mauvaise santé, le score tombe à 64%.
00:12:51Donc ici, vous voyez bien qu'on a le sentiment d'une relation.
00:12:55Elle est statistique, elle est robuste.
00:12:58Je préviens tout de suite.
00:12:59C'est une coprésence de faits.
00:13:02Ce n'est pas une causalité.
00:13:03C'est-à-dire que ça ne veut pas dire que si je suis en santé,
00:13:05alors effectivement, j'aime mon travail.
00:13:08Ou bien si j'aime mon travail, alors je suis en santé.
00:13:11Ce n'est pas ça que je raconte.
00:13:12Ce que je dis, c'est qu'aujourd'hui, j'ai une coprésence statistique extrêmement robuste,
00:13:17extrêmement forte, entre l'amour du travail et la santé au travail.
00:13:21Alors vous venez de le faire, la relation entre j'aime mon travail et la santé au travail.
00:13:26Qu'est-ce que vous faites des notions que celles et ceux qui nous regardent utilisent au quotidien ?
00:13:31Les notions de leadership, il faut emmener les équipes, les notions de management ?
00:13:35Alors, je ne sais pas s'il y a des DRH qui nous écoutent,
00:13:38mais certains d'entre eux vont sans doute être déçus.
00:13:41Tant pis, je me lance.
00:13:45La relation qu'on a observée entre la santé perçue et l'amour du travail est extrêmement forte.
00:13:52Elle est bien plus forte que le leadership, le management ou les autres paramètres qu'on peut voir.
00:14:00Ça ne veut pas dire que la relation hiérarchique n'existe pas.
00:14:02Ça ne veut pas dire qu'elle n'est pas importante.
00:14:04Mais ça veut dire qu'elle arrive au second plan.
00:14:06Donc le premier élément de l'amour du travail, c'est ce qu'on y fait.
00:14:09C'est le contenu.
00:14:11Ici, je voudrais donner quelques éléments, et ce serait bien qu'on les voit ici.
00:14:15Ici, c'est l'ampleur des relations entre les différents scores que l'on a sur les différentes échelles,
00:14:22et puis effectivement l'amour du travail.
00:14:24Et qu'est-ce que l'on voit ?
00:14:25Eh bien, on voit précisément que le score qui est le plus important, c'est le contenu de l'activité.
00:14:30On a une corrélation qui est extrêmement forte,
00:14:32et qui, d'une certaine manière, écrase un petit peu les autres dimensions.
00:14:37Alors, ça veut dire quoi ?
00:14:38Ça veut dire qu'une partie du discours sur la qualité au travail,
00:14:45elle s'est déplacée au cours de ces 20-30 dernières années sur le management.
00:14:49On a fait des managers qu'on a formés, qu'on a associés à l'entreprise,
00:14:57et on leur a demandé de développer un leadership positif,
00:15:01on les a entraînés à ça,
00:15:04et d'une certaine manière, on a amélioré la communication
00:15:08dans les organisations, dans les entreprises, entre les personnes, etc.
00:15:13Mais, et il y a un mais,
00:15:16on ne s'est pas vraiment intéressé au travail lui-même.
00:15:21Et ici, j'ai quelque chose à dire,
00:15:23c'est qu'on ne répare pas un travail qui est mal fait
00:15:26avec une communication managériale, si bonne soit-elle.
00:15:31C'est-à-dire qu'il faut s'intéresser à la question même du travail
00:15:34et la manière dont il se réalise, c'est-à-dire à son contenu.
00:15:38Parfois, les discours positifs, les management positifs,
00:15:43peut-être même, je vais aller dans une image d'Epinal,
00:15:47le baby-foot ou toutes ces choses-là
00:15:49qui font qu'on essaye de mettre une bonne ambiance,
00:15:52ne suffit pas, c'est ce que vous êtes en train de me dire.
00:15:54C'est d'abord le travail en lui-même,
00:15:55le contenu du travail qui fait le résultat.
00:15:58Exactement, c'est le contenu du travail.
00:15:59Toutes les stratégies qui ont eu pour objectif
00:16:01de faire jouer au baby-foot, de donner des pommes,
00:16:03de faire du massage, etc.
00:16:05Je ne dis pas qu'elles n'ont pas d'effet,
00:16:07mais elles n'ont qu'un effet qui est complètement éphémère,
00:16:09qui ne s'inscrit pas dans la durée
00:16:10et qui est relativement pauvre
00:16:12par rapport au fait d'aimer son travail.
00:16:14Voilà ce que je dis.
00:16:15C'est tout ce que je peux dire et observer.
00:16:17Est-ce que vous êtes intéressé
00:16:20à la définition d'un travail que l'on aime ?
00:16:23Qu'est-ce que ça pourrait être en quelques mots ?
00:16:26Encore une fois, l'étude donne quelques résultats là-dessus.
00:16:29Un travail que l'on aime,
00:16:31j'ai déjà dit, c'est ce qu'on y fait.
00:16:33Ce qu'on y fait, c'est bien général.
00:16:34Je peux essayer de préciser les choses.
00:16:36Un travail qu'on aime, c'est un travail qu'on comprend.
00:16:39D'abord, je dois comprendre ce que je fais.
00:16:40Si je ne comprends pas ce que je fais,
00:16:42non, ça ne va pas.
00:16:43La deuxième chose qui est extrêmement importante,
00:16:45c'est que je peux agir.
00:16:46C'est-à-dire que j'ai des marges de liberté,
00:16:48j'ai de la souplesse,
00:16:49j'ai des marges de manœuvre
00:16:50pour me permettre moi-même
00:16:51de transformer mon travail en quelque chose
00:16:53que je peux faire,
00:16:54que je comprends,
00:16:55que je corrige,
00:16:56que je rectifie,
00:16:57que j'ajuste.
00:16:58Ensuite, il faut faire quelque chose d'utile.
00:17:00C'est extrêmement important.
00:17:02Un travail que j'aime,
00:17:04c'est un travail qui est utile.
00:17:06Je me sens utile quand je réalise mon travail.
00:17:09Un travail, c'est aussi qu'on aime,
00:17:11c'est un travail qu'on peut bien faire.
00:17:14C'est-à-dire que je ne rentre pas chez moi
00:17:16avec un travail qui reste dans ma tête,
00:17:18que je n'ai pas fini,
00:17:19avec des soucis, etc.
00:17:21Non, je l'ai bien fait.
00:17:22Aujourd'hui, j'ai bien réalisé ma journée de travail.
00:17:25Et enfin, c'est un travail
00:17:26qui me permet de me reconnaître
00:17:28dans ce que je suis
00:17:29et dans ce que je fais.
00:17:32Le lien avec la santé,
00:17:34j'aime mon travail,
00:17:35vous l'avez déjà dit,
00:17:36et la corrélation avec la santé
00:17:38est importante.
00:17:39Donc plus la barre est élevée
00:17:42dans l'amour du travail,
00:17:43meilleure la santé se porte ou est ?
00:17:46Oui.
00:17:47Alors, on peut aller plus loin
00:17:50dans d'autres résultats
00:17:51qui sont des résultats un petit peu sophistiqués,
00:17:53un peu universitaires, un peu académiques.
00:17:55Je ne vais pas rentrer dans les détails,
00:17:56mais peut-être qu'on peut les regarder
00:17:57parce qu'ils méritent quelque chose
00:17:58et une attention toute particulière.
00:18:00Les résultats,
00:18:02c'est des analyses assez fines
00:18:04qui vont montrer qu'en fin de compte,
00:18:07l'activité,
00:18:10le contenu du travail
00:18:11est la dimension
00:18:12qui écrase tous les autres scores.
00:18:16Alors, vous voyez ici
00:18:17ce transparent,
00:18:20ces résultats,
00:18:20cet histogramme
00:18:21vise à simplifier en fin de compte
00:18:23le raisonnement statistique
00:18:25ou interprétatif qu'on a.
00:18:26c'est de montrer que finalement,
00:18:28quand on compare
00:18:30ici les différents scores
00:18:32qui expliquent
00:18:35le fait d'aimer son travail,
00:18:39eh bien l'activité
00:18:41écrase littéralement
00:18:42toutes les zones d'otions
00:18:43comme le stress,
00:18:44comme la santé psychologique
00:18:46ou comme le contexte organisationnel.
00:18:48C'est-à-dire qu'ici,
00:18:49il y a quelque chose
00:18:50d'extrêmement important.
00:18:51Ça ne veut pas dire
00:18:52que les autres dimensions
00:18:53n'existent pas.
00:18:54ça veut dire
00:18:55qu'elles comptent
00:18:56très faiblement.
00:18:57Ce qui est déterminant,
00:18:59c'est d'abord
00:19:00le contenu du travail,
00:19:01l'activité,
00:19:02avec un score très fort.
00:19:04Donc,
00:19:04qu'est-ce qui explique
00:19:05que j'aime mon travail ?
00:19:06Eh bien,
00:19:07c'est le travail que je réalise.
00:19:09Pour autant,
00:19:10un travail que j'aime
00:19:11n'est pas forcément
00:19:12un travail facile,
00:19:14aimable,
00:19:14comme vous le qualifiez.
00:19:16Alors,
00:19:17un travail que j'aime,
00:19:20c'est un travail
00:19:21qui n'est pas forcément facile.
00:19:23C'est un travail
00:19:24qui n'est pas forcément...
00:19:25Parce que j'aime bien
00:19:25les défis,
00:19:26aussi,
00:19:27dans mon travail.
00:19:27Si je répète tout le temps
00:19:28la même tâche,
00:19:29si je répète tout le temps
00:19:29la même chose,
00:19:30effectivement,
00:19:31le travail ne prend pas
00:19:31vraiment de sens.
00:19:32Un travail qu'on aime,
00:19:34c'est un travail
00:19:35qui n'est pas forcément facile,
00:19:36mais qui n'est aussi pas forcément
00:19:38sans stress.
00:19:40C'est ça qui est extrêmement important.
00:19:41Si on regarde les scores,
00:19:43d'autres choses,
00:19:44vous voyez que la deuxième échelle,
00:19:45c'est le stress.
00:19:46Deuxième facteur qui compte,
00:19:48c'est le stress.
00:19:49Ça veut dire quoi ?
00:19:49Ça veut dire que,
00:19:50globalement,
00:19:51il y a des tas de tâches
00:19:53où,
00:19:54eh bien,
00:19:55quand on fait son travail,
00:19:56on se retrouve un petit peu stressé.
00:19:58Par exemple,
00:19:59préparer une interview télévisée.
00:20:01Par exemple,
00:20:02imaginer un journaliste,
00:20:03non pas un journaliste,
00:20:05mais imaginer un chirurgien
00:20:06qui rentre dans une salle d'opération,
00:20:07il sait que l'opération
00:20:08va être délicate.
00:20:09Oui,
00:20:09parce que si c'est un journaliste
00:20:10qui rentre en salle d'opération,
00:20:11là,
00:20:11c'est plus compliqué.
00:20:13C'est plus compliqué.
00:20:14Il va être extrêmement stressé.
00:20:16Alors,
00:20:16imaginons un chirurgien
00:20:19qui rentre dans une salle
00:20:20ou un artisan
00:20:20qui a besoin de réaliser
00:20:22une pièce
00:20:22qui est relativement complexe.
00:20:23On voit bien ici
00:20:24que le travail,
00:20:26il l'aime
00:20:27et en même temps,
00:20:28le travail est stressant.
00:20:30Pourquoi ?
00:20:30Parce que la conséquence
00:20:31de son geste,
00:20:31la conséquence de ses actes
00:20:33va être compliquée.
00:20:34Mais s'il réussit,
00:20:35ce qu'on souhaite généralement,
00:20:36généralement le travail se passe bien,
00:20:38quand il réussit,
00:20:39quand ça se passe bien,
00:20:40effectivement,
00:20:41les individus aiment
00:20:43ce qu'ils font.
00:20:44C'est intéressant comme point
00:20:46parce que ça veut dire,
00:20:47peut-être beaucoup d'entre nous
00:20:50croyons au départ
00:20:51que lorsqu'on est stressé,
00:20:52on n'aime pas son travail.
00:20:53Mais vous êtes en train de nous dire
00:20:54que pas du tout.
00:20:55Non,
00:20:56pas du tout.
00:20:57C'est-à-dire que c'est l'excès de stress
00:20:58et le blocage de l'individu,
00:21:00c'est-à-dire que quand le comportement
00:21:01est inhiber,
00:21:02là, effectivement,
00:21:03il y a un souci.
00:21:05Mais sinon,
00:21:06le fait qu'il y ait une part de stress
00:21:07qui existe dans les situations de travail
00:21:09explique aussi
00:21:10une toute petite partie
00:21:11de l'amour du travail.
00:21:13Alors je le dis,
00:21:13c'est une toute petite partie
00:21:14parce que ce qui est le plus déterminant,
00:21:16quand on voit les barres,
00:21:17c'est effectivement
00:21:19le contenu du travail.
00:21:20Alors,
00:21:21qu'est-ce que ça veut dire ?
00:21:22Eh bien,
00:21:22ça veut dire qu'il faut rendre
00:21:23le travail aimable,
00:21:25c'est-à-dire qu'il faut arriver
00:21:26à façonner
00:21:27le contenu du travail
00:21:28pour que les individus
00:21:29s'y reconnaissent,
00:21:30pour que les individus
00:21:31aient des marges de manœuvre
00:21:32suffisantes,
00:21:32pour que les individus
00:21:33puissent agir
00:21:34et réaliser leur travail
00:21:35avec plaisir.
00:21:36Donc pas d'opposition
00:21:38entre aimer son travail
00:21:39et être stressé ?
00:21:42Alors,
00:21:43pas d'opposition
00:21:44entre aimer son travail
00:21:46et être stressé,
00:21:47mais le contraire
00:21:49de aimer son travail,
00:21:51ce n'est pas nécessairement
00:21:53être stressé.
00:21:54C'est ça que je veux dire.
00:21:55C'est ça.
00:21:57Donc on peut aimer son travail
00:21:58en étant stressé ?
00:21:59On peut aimer son travail
00:22:00en étant stressé,
00:22:01tout à fait,
00:22:02mais surtout,
00:22:03le fait de ne plus aimer
00:22:04son travail,
00:22:05c'est surtout
00:22:06ne plus s'y reconnaître.
00:22:08C'est plus déterminant
00:22:09que le stress.
00:22:11C'est-à-dire que je ne me reconnais
00:22:12plus dans mes activités,
00:22:13dans ce que je fais,
00:22:14dans mes collègues,
00:22:14dans ma relation
00:22:15à mon entreprise,
00:22:16dans mon système de valeurs,
00:22:18etc., etc.
00:22:19Revenons à la santé.
00:22:21Donc,
00:22:22il y avait une chanson
00:22:23il y a très très longtemps
00:22:24que les jeunes ne connaissent plus.
00:22:27Mais bon,
00:22:27dans la salle,
00:22:28je pense qu'il y en a certains
00:22:28qui la connaissent.
00:22:29On ne voudrait pas déflorer
00:22:30l'âge moyen de l'assistance.
00:22:32Est-ce que le travail
00:22:34est bon pour la santé ?
00:22:35Est-ce que le travail
00:22:36est bon pour la santé ?
00:22:38Ben oui.
00:22:40Regardez.
00:22:41Est-ce que vous pouvez le redire ?
00:22:43Oui,
00:22:44le travail est bon pour la santé.
00:22:45Pourquoi ?
00:22:46Parce que le travail
00:22:46a de grandes vertus.
00:22:47Le travail permet
00:22:48de nous construire,
00:22:49le travail nous permet
00:22:50d'exister,
00:22:51le travail nous donne
00:22:51une identité,
00:22:52le travail nous permet
00:22:53de façonner le monde,
00:22:53le travail nous permet
00:22:54de rectifier les choses,
00:22:56le monde qui nous entoure
00:22:57et de l'améliorer.
00:22:58Tout ce qu'on voit ici,
00:22:59c'est les résultats du travail.
00:23:00La salle dans laquelle on est,
00:23:01c'est le résultat du travail.
00:23:03Donc,
00:23:03il faut quand même comprendre
00:23:04que le travail
00:23:04a d'immenses vertus.
00:23:06Mais en même temps,
00:23:06il faut aussi savoir
00:23:07que le travail,
00:23:08c'est aussi un lieu de souffrance,
00:23:10un lieu de difficulté,
00:23:11un lieu de peine,
00:23:11un lieu de burn-out,
00:23:12etc.
00:23:13Mais il ne faut pas
00:23:13s'arrêter à ça.
00:23:15Alors,
00:23:18souvenez-vous,
00:23:18vous venez de me reposer
00:23:20la question,
00:23:20mais je le redis,
00:23:21on a 94-95% des gens
00:23:23qui sont en bonne santé
00:23:25qui aiment leur travail.
00:23:26Donc,
00:23:26on a une relation claire
00:23:27entre,
00:23:28j'ai bien dit une relation,
00:23:29je n'ai pas dit une causalité,
00:23:30entre le fait d'aimer son travail
00:23:32et le fait d'être en santé.
00:23:35Alors que quand le score baisse
00:23:39d'aimer son travail,
00:23:41on a aussi le score de santé
00:23:42qui baisse.
00:23:43Donc,
00:23:43on voit quand même
00:23:44cette relation.
00:23:45Les salariés qui aiment leur travail
00:23:46sont des salariés
00:23:47particulièrement en meilleure santé.
00:23:51Je ne peux pas dire ça
00:23:52parce que là,
00:23:53vous dites une causalité.
00:23:54Or,
00:23:54ce n'est pas une causalité,
00:23:55c'est plutôt une co-présence.
00:23:57Ce que je peux dire,
00:23:58par contre,
00:23:58c'est au vu des résultats,
00:23:59c'est que pour expliquer
00:24:00la santé au travail,
00:24:03eh bien,
00:24:03pour expliquer,
00:24:04pardon,
00:24:04excusez-moi,
00:24:05l'amour du travail,
00:24:06le contenu du travail
00:24:07et la valeur dominante,
00:24:08il faut vraiment
00:24:09se poser la question
00:24:11de ce score,
00:24:12de 0.6,
00:24:13donc sur une échelle
00:24:14de 0 à 1,
00:24:15donc vous voyez que 60%,
00:24:17c'est énorme,
00:24:18eh bien 60%
00:24:19des explications
00:24:20du fait que
00:24:21les gens
00:24:23aiment leur travail,
00:24:25un travail aimable,
00:24:27s'expliquent
00:24:27par le contenu
00:24:28du travail.
00:24:29Donc,
00:24:30aimer votre travail
00:24:30et vous serez en bonne santé,
00:24:32c'est abusif.
00:24:34C'est abusif.
00:24:35Ça serait même maladroit,
00:24:37scientifiquement.
00:24:38J'espère que mes collègues
00:24:39chercheurs
00:24:40ne m'écoutent pas en ce moment.
00:24:41Oui,
00:24:42non mais vous l'avez bien dit,
00:24:43donc voilà.
00:24:44Vous avez aussi travaillé,
00:24:45puisque vous parlez
00:24:45de collègues chercheurs,
00:24:47vous avez travaillé
00:24:48avec un collègue
00:24:49qui n'est pas tout proche,
00:24:50puisqu'il est à l'école
00:24:50polytechnique de Montréal
00:24:52et vous avez utilisé
00:24:54aussi un outil
00:24:56dont on parle énormément
00:24:58aujourd'hui
00:24:59et de plus en plus
00:24:59dans le monde
00:25:00de l'entreprise,
00:25:01c'est l'intelligence artificielle
00:25:02pour renforcer,
00:25:03tester un peu
00:25:04les résultats
00:25:05que vous avez donnés,
00:25:08les données
00:25:08que vous avez aussi analysées.
00:25:10Alors,
00:25:10qu'est-ce qu'elle vous a appris,
00:25:12cette intelligence artificielle,
00:25:13par rapport à l'enquête première ?
00:25:15Effectivement,
00:25:17tous les résultats-là
00:25:18sont effectivement aussi
00:25:19le résultat d'un travail
00:25:21avec un collègue
00:25:22qui est Michel Desmarais,
00:25:23qui est professeur d'informatique
00:25:24à l'école polytechnique
00:25:25de Montréal,
00:25:25avec lequel j'ai beaucoup
00:25:26travaillé là-dessus.
00:25:28Et Michel Desmarais
00:25:28a effectivement
00:25:30réalisé beaucoup d'études
00:25:33avec des statistiques
00:25:34conventionnelles,
00:25:35mais aussi et surtout
00:25:36avec des statistiques
00:25:37qui sont plutôt
00:25:38liées à l'intelligence artificielle,
00:25:40enfin, pardon,
00:25:41pas des statistiques,
00:25:42des modèles
00:25:42qui sont liées
00:25:43à l'intelligence artificielle.
00:25:44Donc,
00:25:44on a fait tourner
00:25:44des réseaux de neurones,
00:25:45on a fait tourner
00:25:46des armes de décision,
00:25:47on a fait tourner
00:25:48de l'apprentissage automatique.
00:25:50Et en fait,
00:25:51qu'est-ce que tout ça
00:25:52nous apprend ?
00:25:53Eh bien,
00:25:53qu'on n'avait sans doute
00:25:54pas besoin
00:25:55d'intelligence artificielle.
00:25:56C'est-à-dire que l'IA
00:25:56aboutit au même résultat
00:25:58que nous,
00:25:59que nous,
00:26:00c'est-à-dire,
00:26:01l'IA c'est aussi nous,
00:26:02qui la paramétrons,
00:26:03mais que les statistiques
00:26:04conventionnelles,
00:26:05que les statistiques
00:26:05plus classiques.
00:26:07Alors,
00:26:07vous voyez qu'il y a quelque chose
00:26:08qui est un petit peu paradoxale
00:26:09dans l'IA.
00:26:10C'est que finalement,
00:26:11on fait tourner
00:26:11des algorithmes
00:26:12qui sont extrêmement sophistiqués
00:26:13pour aboutir
00:26:14à des résultats
00:26:15qu'on connaît
00:26:16d'une certaine manière
00:26:17par des choses
00:26:19assez compliquées,
00:26:19mais qu'on arrive
00:26:20à expliquer,
00:26:21qu'on maîtrise bien
00:26:22et qui nous montrent
00:26:23que qu'est-ce que les gens aiment ?
00:26:25Eh bien,
00:26:25ils aiment d'abord
00:26:25le contenu de leur travail.
00:26:28C'est surprenant.
00:26:29Est-ce que ça vous a surpris,
00:26:29ces résultats,
00:26:31si on s'arrête un peu
00:26:32sur l'apport
00:26:32de l'intelligence artificielle
00:26:33par rapport à votre étude ?
00:26:35Alors,
00:26:35au début,
00:26:35ça nous a surpris
00:26:36parce qu'on pensait
00:26:37qu'il y aurait
00:26:37un gradient de supériorité
00:26:38par rapport
00:26:39à l'intelligence artificielle.
00:26:40On pensait
00:26:41que notre jeu de données
00:26:42qui repose
00:26:42sur plus de 10 000 salariés,
00:26:44c'est quand même
00:26:45quelque chose
00:26:46d'assez important.
00:26:47Il faut bien imaginer
00:26:4710 000 salariés,
00:26:48donc ça fait un tableau
00:26:50avec 10 000 salariés,
00:26:5177 colonnes,
00:26:52si vous voulez,
00:26:53donc ça fait
00:26:54avec les scores recalculés,
00:26:55on est sur des tableaux
00:26:56avec des chiffres
00:26:56quand même
00:26:57extrêmement importants.
00:26:58On pensait
00:26:59qu'effectivement,
00:27:00l'apprentissage automatique
00:27:01allait nous donner
00:27:02quelque chose
00:27:03de plus intéressant
00:27:04et en fin de compte,
00:27:04non, on a des scores
00:27:06qui sont totalement similaires.
00:27:09Ce qui veut dire
00:27:10qu'il n'y a pas
00:27:13une supériorité
00:27:14qui est offerte
00:27:15par l'intelligence artificielle
00:27:16sur notre jeu de données.
00:27:18Il en reste
00:27:19une petite trentaine
00:27:21de minutes, professeur.
00:27:22Nous sommes confortables
00:27:23pour le temps
00:27:25qui nous est apparti.
00:27:26Il y a des questions,
00:27:27bien sûr,
00:27:27et j'aimerais
00:27:27qu'on revienne
00:27:28quand même
00:27:28sur ce chiffre
00:27:29que vous avez évoqué
00:27:30au démarrage,
00:27:30sur les 89 %,
00:27:3288,79,
00:27:34précisément pour cent
00:27:35qui disent
00:27:36aimer leur travail.
00:27:37Est-ce que ça
00:27:37vous a surpris
00:27:38en tant qu'observateur
00:27:40depuis de très longues années
00:27:42du monde du travail ?
00:27:43J'ai envie de dire
00:27:44que ça a surpris
00:27:45Fabrice Junter.
00:27:47Ça surprend
00:27:48beaucoup de dirigeants
00:27:49d'entreprise.
00:27:50Ça surprend pourquoi ?
00:27:51Parce que les gens,
00:27:52ils sont d'abord
00:27:52dans une situation
00:27:53où on leur dit
00:27:55médiatiquement,
00:27:56peut-être que les journalistes
00:27:57sont aussi pour quelque chose,
00:27:59médiatiquement,
00:28:00le travail,
00:28:01c'est de la peine,
00:28:01le travail,
00:28:02c'est dur,
00:28:03le travail,
00:28:03c'est de la difficulté,
00:28:04le travail,
00:28:04c'est de la souffrance,
00:28:05le travail,
00:28:06etc.
00:28:07Donc, effectivement,
00:28:08le score de 89 %,
00:28:10alors il est peut-être
00:28:11relatif aux entreprises
00:28:12dans lesquelles
00:28:12on est intervenu,
00:28:14avec lesquelles
00:28:15on a travaillé,
00:28:16c'est peut-être
00:28:16relatif à tout ça,
00:28:17mais en tous les cas,
00:28:18sur un échantillon
00:28:19qui est quand même
00:28:19de 10 000 personnes,
00:28:21ça fait quand même
00:28:22beaucoup de monde
00:28:22qui se déclare
00:28:23favorable à
00:28:25j'aime mon travail,
00:28:26voilà.
00:28:27Alors,
00:28:28le,
00:28:30je reviens peut-être
00:28:31sur le sens du travail
00:28:32pour bien comprendre ça.
00:28:34Le travail,
00:28:36c'est une formidable
00:28:37ressource psychologique.
00:28:40Voilà,
00:28:41moi je suis psychologue
00:28:42du travail,
00:28:42j'enseigne ça,
00:28:43je fais de l'ergonomie,
00:28:44je suis responsable
00:28:45d'un master,
00:28:45je me rends compte
00:28:46à quel point
00:28:47le travail,
00:28:48c'est quand même
00:28:48extrêmement déterminant
00:28:50par rapport
00:28:50à la construction
00:28:51de chacun.
00:28:51c'est le travail
00:28:53qui nous structure,
00:28:54c'est le travail
00:28:55qui organise
00:28:55notre activité,
00:28:56qui organise
00:28:57notre temporalité,
00:28:58c'est le travail
00:28:59qui nous permet
00:28:59d'avoir un salaire,
00:29:00c'est le travail
00:29:00qui nous construit,
00:29:01qui donne une identité.
00:29:03Donc,
00:29:03il faut bien comprendre
00:29:04que le travail
00:29:05a aussi cette capacité
00:29:07à nous développer
00:29:09personnellement,
00:29:10mais aussi
00:29:10sur le plan
00:29:11de la santé.
00:29:12C'est-à-dire,
00:29:12quand on est
00:29:13en santé,
00:29:16on est aussi
00:29:17en travail
00:29:18et en aimant
00:29:19son travail.
00:29:20Et quand on aime
00:29:20son travail,
00:29:21on est aussi
00:29:21en santé.
00:29:22C'est-à-dire qu'il y a
00:29:23des relations
00:29:23extrêmement fortes
00:29:24entre cet amour
00:29:25du travail
00:29:26et la manière
00:29:28dont le travail
00:29:28se réalise.
00:29:30Parce que le travail
00:29:31me construit.
00:29:34qu'est-ce qui fait
00:29:36que l'amour
00:29:37du travail
00:29:38se détériore ?
00:29:39Un peu comme
00:29:41dans un couple.
00:29:41Qu'est-ce qui pourrait
00:29:42expliquer
00:29:43qu'on aime son travail
00:29:44à un instant T
00:29:45et que,
00:29:45quelques temps plus tard,
00:29:46on ne l'aime plus ?
00:29:47Quels sont
00:29:48les facteurs
00:29:49des amours ?
00:29:51Ça,
00:29:51c'est une question
00:29:52vache.
00:29:55Alors,
00:29:55pourquoi ?
00:29:56Parce qu'encore une fois,
00:29:57elle introduit
00:29:58peut-être un petit peu
00:29:59de polémique.
00:30:01ce que je veux dire,
00:30:03c'est que,
00:30:04très souvent,
00:30:05on a tendance
00:30:06à dire que
00:30:08le travail
00:30:08se dégrade
00:30:09parce qu'il y a
00:30:10un excès de charge.
00:30:12C'est-à-dire que
00:30:12la charge de travail
00:30:13augmente
00:30:14et lorsque cette charge
00:30:15de travail augmente,
00:30:16les individus
00:30:17vont être
00:30:18en surcharge
00:30:20puis ensuite,
00:30:21ils vont être
00:30:21pas bien
00:30:22puis ils vont être malades.
00:30:23Voilà.
00:30:24C'est vrai.
00:30:25C'est vrai.
00:30:27Mais,
00:30:28ce n'est pas aussi simple.
00:30:30C'est-à-dire que
00:30:30quand on regarde
00:30:31les excès de charge,
00:30:32si on prend l'exemple
00:30:33de la période Covid,
00:30:34regardez,
00:30:35le personnel de santé
00:30:36a travaillé
00:30:37de façon excessive
00:30:38pendant des jours,
00:30:40pendant des semaines,
00:30:41pendant des mois.
00:30:43Ça a été difficile.
00:30:45Mais,
00:30:45ils se sentaient utiles.
00:30:47Mais,
00:30:47ils réalisaient
00:30:48un travail salutaire.
00:30:49Mais,
00:30:49ils étaient soutenus
00:30:50par la population.
00:30:51Mais,
00:30:51ils étaient encadrés,
00:30:52etc.
00:30:53Et finalement,
00:30:55beaucoup ont survécu
00:30:56et ont aimé
00:30:56ce qu'ils ont fait.
00:30:57Moi,
00:30:57j'ai interviewé
00:30:58des médecins là-dessus.
00:30:59certains m'ont dit
00:31:01« Écoute,
00:31:01j'étais content,
00:31:02j'ai refait de la médecine. »
00:31:04Voilà.
00:31:04C'est très fort
00:31:05comme expression.
00:31:06Donc,
00:31:07ce n'est pas forcément
00:31:07l'excès de charge
00:31:09qui est destructeur,
00:31:10c'est plutôt
00:31:11l'absence
00:31:14de reconnaissance.
00:31:15C'est-à-dire que
00:31:16ce qui explique finalement
00:31:17le fait
00:31:18que les gens
00:31:18vont rentrer
00:31:19dans des périodes,
00:31:20dans des phases
00:31:20de souffrance,
00:31:21c'est le travail empêché.
00:31:23C'est-à-dire,
00:31:24je ne peux pas réaliser
00:31:25mon travail
00:31:25comme je l'entends,
00:31:26comme je voudrais le faire.
00:31:27C'est-à-dire que
00:31:29je veux faire du bon travail,
00:31:30mais je n'y arrive pas.
00:31:32Je n'ai plus cette possibilité
00:31:33de pouvoir le faire.
00:31:34C'est connaître son métier
00:31:37et être obligé
00:31:38d'appliquer des procédures
00:31:39qui sont absurdes,
00:31:40dans lesquelles on se dit
00:31:41« Mais ça ne marchera pas ! »
00:31:42alors qu'on connaît précisément
00:31:44son métier
00:31:44et qu'on est un bon professionnel
00:31:45depuis une vingtaine d'années.
00:31:47C'est savoir exactement
00:31:48ce que veut un client,
00:31:49ce que veut un patient,
00:31:51ce que veut un étudiant.
00:31:54Et puis ne pas avoir
00:31:56les moyens de lui donner
00:31:58ni en termes de ressources,
00:31:59ni en termes de temps,
00:32:00ni en termes de moyens.
00:32:01Là, on réalise un travail
00:32:03qui est empêché.
00:32:04Et en étant empêché,
00:32:06on n'a plus cette capacité
00:32:07à se reconnaître
00:32:08dans ce que l'on fait.
00:32:09Et c'est souvent ça
00:32:10qui implique la détérioration
00:32:12de l'amour du travail.
00:32:14Nous sommes face
00:32:15à des chefs d'entreprise
00:32:16qui sont ici dans cette salle.
00:32:18Je voudrais rajouter quelque chose.
00:32:19Je vous en prie.
00:32:20Oui.
00:32:21Ce qui compte,
00:32:23ce qui est vraiment destructeur,
00:32:25c'est de faire durablement
00:32:28un travail dans lequel
00:32:29on n'arrive plus à se reconnaître.
00:32:30Ça, c'est destructeur.
00:32:31Est-ce que je peux schématiser
00:32:32comme le ferait un journaliste
00:32:34en disant
00:32:35« C'est l'absence de sens ? »
00:32:38Au-delà.
00:32:38Ce n'est pas que le sens.
00:32:39C'est aussi le mode opératoire.
00:32:41C'est aussi la façon de faire.
00:32:43Effectivement,
00:32:43le sens,
00:32:44c'est remis au goût du jour aujourd'hui.
00:32:45Mais ce n'est pas que ça.
00:32:46Le sens compte.
00:32:47Pourquoi ?
00:32:48Parce que l'utilité compte.
00:32:49Si je fais un travail utile,
00:32:51ça n'a pas le même sens
00:32:51que si je fais un travail
00:32:52qui ne sert à rien
00:32:53ou dans lequel on ne se reconnaît pas.
00:32:55Donc effectivement,
00:32:55le sens compte.
00:32:56Mais pas que.
00:32:57Ça va au-delà.
00:32:58Ça va au-delà.
00:32:58Je le disais,
00:32:58nous sommes dans une salle
00:33:00avec des chefs d'entreprise
00:33:01qui nous regardent aussi.
00:33:03Je vais vous poser une question
00:33:05pratico-pratique.
00:33:06Quels sont,
00:33:07dans une boîte à outils,
00:33:09les outils que vous pourriez transmettre
00:33:11sur les bonnes pratiques
00:33:13à utiliser par les dirigeants,
00:33:15les managers ?
00:33:16Alors moi, je suis chercheur.
00:33:19Eux, c'est des bons professionnels.
00:33:23Je ne veux pas avoir
00:33:24la prétention excessive
00:33:25par rapport à ça.
00:33:27D'accord ?
00:33:28Soyons clairs.
00:33:29Ceci dit,
00:33:29je voudrais quand même dire
00:33:30deux, trois choses
00:33:31qui sont peut-être un peu polémiques,
00:33:32qui sont peut-être un peu agaçantes.
00:33:36Je pense qu'il faut arrêter
00:33:37de se demander
00:33:39comment rendre les salariés heureux.
00:33:43Il faut plutôt se poser la question
00:33:46de comment rendre
00:33:48leur travail plus aimable.
00:33:50Alors,
00:33:51j'ai vu des tas d'entreprises,
00:33:55énormément d'entreprises.
00:33:56Et effectivement,
00:33:57très souvent,
00:33:57on a ce point focal
00:33:59qui est mis sur
00:34:00il faut que les salariés soient heureux.
00:34:02Donc, on va distribuer des pommes,
00:34:04on va faire des massages,
00:34:06on va former l'encadrement intermédiaire
00:34:08à la communication positive,
00:34:11on va, etc., etc.,
00:34:12mais on ne regarde pas le travail.
00:34:13Or, ce qu'il faut vraiment arriver à faire,
00:34:15c'est de se dire
00:34:16« Ok,
00:34:19rendons ce travail plus aimable. »
00:34:21Donc, ce que je les inviterais à faire,
00:34:22c'est à réfléchir.
00:34:25Comment passer
00:34:27d'une logique de salarié heureux
00:34:29à un travail aimable ?
00:34:31Et la formulation, elle n'est pas anodine.
00:34:33Si je parle comme ça,
00:34:35c'est parce que,
00:34:36dans la première formulation,
00:34:37on fait du coaching.
00:34:38Dans la première formulation,
00:34:40on se centre sur l'individu.
00:34:41Dans la première formulation,
00:34:42on répare la personne.
00:34:44Dans la deuxième formulation,
00:34:46on essaie de soigner le travail.
00:34:48On essaie de soigner le travail
00:34:50et on essaie d'agir sur le contenu du travail,
00:34:52sur les conditions d'exercice du travail,
00:34:55sur la manière dont le travail est organisé,
00:34:57sur l'utilité du travail,
00:34:59sur les responsabilités des gens,
00:35:01sur les marges de manœuvre,
00:35:03sur leur capacité à agir,
00:35:05sur leur capacité à s'approprier leur travail.
00:35:07Et ici,
00:35:08on agit sur la reconnaissance
00:35:10d'un travail qui est plus soigné,
00:35:12qui est plus effectif,
00:35:13qui est de plus grande qualité.
00:35:15Vous posez une question aussi un peu polémique.
00:35:17Vous opposez salariés heureux
00:35:18et travail aimable.
00:35:20Dans l'ambiance de ces dernières années,
00:35:23dans le monde du travail,
00:35:24et celles et ceux qui sont dans la salle
00:35:25pourront m'arrêter si je me trompe,
00:35:26mais je ne crois pas,
00:35:27on nous a quand même beaucoup vendu,
00:35:29avec nombre d'ouvrages,
00:35:30nombre de conférenciers,
00:35:31sur le bonheur au travail.
00:35:33Oui.
00:35:34Qu'est-ce que vous en pensez ?
00:35:36Vous voulez vraiment que je vous le dise ?
00:35:37Oui.
00:35:40Alors,
00:35:42comme je le disais,
00:35:42ce qui compte,
00:35:43c'est de créer les conditions
00:35:45d'un travail aimable
00:35:45dans son contenu,
00:35:48dans ses conditions
00:35:49et dans son organisation.
00:35:50Quand on parle de bonheur au travail,
00:35:53on est plutôt sur le fait
00:35:56de jouer sur des paramètres
00:35:57de surface du travail.
00:36:00On joue sur les conditions physiques.
00:36:02Par exemple,
00:36:03on va améliorer la luminosité,
00:36:05les bureaux,
00:36:06on va repeindre les murs,
00:36:07on va, etc.
00:36:08On joue sur les conditions
00:36:10d'événementiel.
00:36:11C'est-à-dire,
00:36:11on va organiser
00:36:12un séminaire,
00:36:13un séminaire de motivation,
00:36:14on va organiser une soirée,
00:36:16on va organiser
00:36:16un certain nombre de choses.
00:36:17Mais on ne regarde pas vraiment
00:36:18le travail.
00:36:21Quand on parle
00:36:22de travail aimable,
00:36:23on met le point de focus,
00:36:25vraiment,
00:36:26le point de focal,
00:36:26il est mis sur le travail,
00:36:29sur ce qui se fait,
00:36:30sur comment il se fait.
00:36:31Donc,
00:36:32la question qui devient déterminante
00:36:33de mon point de vue,
00:36:34mais encore une fois,
00:36:35je suis chercheur,
00:36:36c'est plutôt de savoir
00:36:37comment rendre
00:36:37le travail aimable,
00:36:39c'est-à-dire quelles conditions
00:36:40je peux mettre en place
00:36:41en tant que dirigeant
00:36:42d'entreprise
00:36:43pour que le travail
00:36:44devienne aimable.
00:36:45Et si vous agissez là-dessus,
00:36:46vous allez agir
00:36:47sur le contenu du travail.
00:36:48Et si vous agissez
00:36:49sur le contenu du travail,
00:36:51moi,
00:36:51j'ai des statistiques
00:36:52qui vous démontrent
00:36:53que vous agissez
00:36:54sur l'amour du travail.
00:36:56Voilà ce que je veux dire.
00:36:57Pour finir,
00:36:58pour conclure,
00:36:59avant d'ouvrir
00:36:59la séance de questions-réponses,
00:37:01si on devait résumer
00:37:02en quelques mots
00:37:03cette étude
00:37:04sur 9000 salariés français
00:37:06et donc cet amour
00:37:07du travail.
00:37:08En quelques mots,
00:37:09sur 9000 salariés.
00:37:11C'est un exercice.
00:37:13Vous allez me dire
00:37:13deux minutes,
00:37:14c'est ça ?
00:37:15Alors je préférais
00:37:16trois heures
00:37:16et une dissertation,
00:37:18d'accord ?
00:37:20Ce que je veux dire,
00:37:22c'est que
00:37:22aimer son travail,
00:37:24je le redis,
00:37:25c'est d'abord
00:37:26aimer ce qu'on y fait.
00:37:29Aimer son travail,
00:37:29c'est d'abord
00:37:30aimer ce qu'on y fait.
00:37:31Et je me permettrais
00:37:32d'ajouter quelque chose.
00:37:34Cela change profondément
00:37:36la manière de penser
00:37:37la santé au travail.
00:37:39Plutôt que d'essayer
00:37:40seulement de réparer
00:37:41des individus
00:37:42parce qu'ils sont cassés,
00:37:43parce qu'ils sont détruits,
00:37:44parce qu'ils ne vont pas bien,
00:37:45etc., etc.,
00:37:46il faut aussi
00:37:47et surtout
00:37:48concevoir
00:37:49des situations de travail
00:37:50qui soient aimables,
00:37:51c'est-à-dire
00:37:52qui permettent aux individus
00:37:53de se reconnaître,
00:37:54de se retrouver,
00:37:55dans lesquels
00:37:56ils puissent agir,
00:37:58dans lesquels
00:37:58ils vont avoir
00:37:59des marges de manœuvre,
00:37:59de la liberté d'action.
00:38:02J'ajouterais autre chose.
00:38:04Il faut
00:38:06éviter
00:38:07que, bien évidemment,
00:38:08le travail
00:38:09ne rende malade
00:38:09parce que la souffrance,
00:38:11elle existe.
00:38:12Le burn-out,
00:38:14ça existe.
00:38:15Les difficultés
00:38:16professionnelles,
00:38:16tout ça,
00:38:17ça existe.
00:38:18Mais il faut concevoir
00:38:19un travail
00:38:20qui soit intéressant,
00:38:21un travail
00:38:22qui soit juste,
00:38:23un travail
00:38:23qui soit utile,
00:38:24un travail
00:38:25qui soit réalisable.
00:38:26C'est ce que j'appellerais
00:38:27le travail aimable.
00:38:29tout ça,
00:38:30ça maintient
00:38:31l'individu en santé.
00:38:32Ça maintient
00:38:33l'individu en santé
00:38:34et donc,
00:38:35ça permet
00:38:35la performance
00:38:36des entreprises.
00:38:37Il ne faut pas l'oublier.
00:38:39Je pense que
00:38:40ce que je viens de dire,
00:38:41c'est un espèce
00:38:42de déplacement intellectuel.
00:38:44C'est l'idée
00:38:45de passer
00:38:46du bonheur
00:38:47au travail
00:38:47à
00:38:48au travail aimable.
00:38:51Alors,
00:38:51le bonheur
00:38:52au travail,
00:38:52c'est aujourd'hui
00:38:53une expression
00:38:53qui est un petit peu galvaudée,
00:38:54qui même parfois
00:38:55est un peu hypocrite.
00:38:57mais je pense que
00:38:59psychologiquement
00:38:59et ergonomiquement,
00:39:00c'est beaucoup plus intéressant
00:39:01aujourd'hui
00:39:02de parler
00:39:03justement
00:39:04du travail aimable
00:39:05tel qu'on l'a évoqué
00:39:07précédemment.
00:39:08Vous avez l'impression
00:39:09que cette notion
00:39:10de travail aimable
00:39:11commence à prendre
00:39:11dans le monde
00:39:14de l'entreprise.
00:39:14Vous avez 9000 salariés
00:39:15mais vous avez aussi
00:39:16rencontré
00:39:16des chefs d'entreprise,
00:39:17des managers.
00:39:19Est-ce qu'ils ont
00:39:19une oreille attentive
00:39:20à ce concept ?
00:39:22Il faut voir s'il y a
00:39:23des questions
00:39:23dans la salle
00:39:24relatives à ça
00:39:25mais j'ai vraiment
00:39:25le sentiment que oui.
00:39:26Je pense que
00:39:28certains d'entre vous,
00:39:29certains d'entre eux
00:39:30plutôt,
00:39:30mais ils sont là,
00:39:31certains,
00:39:32ont eu cette logique
00:39:33de
00:39:34il faut faire quelque chose
00:39:36parce que
00:39:36les situations
00:39:37ne vont pas bien
00:39:38parce qu'ils voient bien
00:39:39qu'il y a des salariés
00:39:39qui sont en souffrance
00:39:40et souvent,
00:39:41ça a été une logique
00:39:42de bonheur au travail
00:39:43qui a été mise en place
00:39:44ou de QVT
00:39:45et la logique de QVT,
00:39:46finalement,
00:39:47elle agit plutôt
00:39:47sur des paramètres
00:39:48qui sont extérieurs
00:39:49au contenu du travail
00:39:50qui sont importants,
00:39:51je ne le nie pas,
00:39:52mais qui ne relèvent pas
00:39:53du travail en tant que tel.
00:39:55Or,
00:39:55ce que nous,
00:39:57on démontre,
00:39:58c'est que
00:39:58le premier point,
00:40:00la première pierre
00:40:01qui constitue
00:40:02l'édifice
00:40:03un petit peu
00:40:04de l'amour du travail,
00:40:07c'est précisément
00:40:08son contenu.
00:40:09Donc,
00:40:09regardons le contenu
00:40:10et vous avez vu
00:40:11les statistiques
00:40:12que je vous ai données,
00:40:13c'est vraiment
00:40:13ce facteur-là
00:40:15qui écrase
00:40:15les autres statistiques.
00:40:17Merci.
00:40:18Éric Brangier,
00:40:19la salle vous remercie.
00:40:20Merci pour cette
00:40:23démonstration,
00:40:23professeur,
00:40:24sur l'amour du travail.
00:40:27Et donc,
00:40:27la parole circule.
00:40:29Je propose
00:40:30qu'on passe la main
00:40:31à une suggestion
00:40:33au président
00:40:34de la Chambre de commerce
00:40:35et d'industrie
00:40:36de la Moselle
00:40:36qui nous accueille
00:40:37pour cette première question.
00:40:38Et ensuite,
00:40:39nous irons dans la salle
00:40:40et puis nous récupérons
00:40:41peut-être des questions
00:40:42posées sur les réseaux.
00:40:44Merci de ce temps passé
00:40:47pour nous expliquer les choses.
00:40:48J'aurais deux questions,
00:40:50finalement.
00:40:51On n'a pas parlé
00:40:52rémunération.
00:40:54C'est-à-dire que
00:40:55dans votre étude,
00:40:56la partie rémunération,
00:40:57où se positionne-t-elle
00:41:00justement par rapport
00:41:01à j'aime mon poste,
00:41:02etc.
00:41:03Et comment les choses
00:41:04se déroulent derrière ?
00:41:07Et deuxième question,
00:41:09est-ce qu'ils aiment
00:41:10leurs entreprises ?
00:41:12Ah, alors,
00:41:14sur la première question,
00:41:16je ne peux pas répondre.
00:41:17Pourquoi ?
00:41:17Parce que le questionnaire
00:41:18satin n'a pas
00:41:19d'échelle de rémunération
00:41:21à l'intérieur.
00:41:22Donc, déjà,
00:41:24le questionnaire
00:41:25a été fait
00:41:25avec une espèce,
00:41:26enfin, pas avec une espèce,
00:41:28avec une qualité psychométrique
00:41:29qui a effectivement
00:41:30écarté ce facteur-là
00:41:31comme étant un facteur
00:41:32de santé.
00:41:33Donc ça,
00:41:34je ne peux pas y répondre.
00:41:35Sur le deuxième point,
00:41:37j'ai les statistiques.
00:41:39Effectivement,
00:41:39les gens,
00:41:40non seulement aiment
00:41:41leur travail
00:41:43et il y a un score
00:41:44aussi assez élevé,
00:41:45je ne l'ai plus en tête,
00:41:46d'aime,
00:41:47j'aime mon entreprise
00:41:48et j'y suis attaché.
00:41:50C'est aussi un score élevé.
00:41:52Je ne peux pas
00:41:52vous le donner comme ça,
00:41:53mais demain matin,
00:41:57vous l'avez.
00:41:58C'est élevé,
00:41:59c'est un score élevé.
00:42:00Moins élevé
00:42:00que j'aime mon travail,
00:42:01on n'est pas dans les 80
00:42:04et plus 89%,
00:42:06mais c'est un score
00:42:07qui est élevé.
00:42:09Merci, en fait,
00:42:10de cette précision
00:42:11parce que je pense
00:42:11que c'est aussi
00:42:12un élément intéressant
00:42:13pour toutes les entreprises
00:42:14et les chefs d'entreprise.
00:42:16J'aime mon travail,
00:42:17j'aime mon entreprise.
00:42:18C'est vraiment des moteurs
00:42:20et puis des lignes
00:42:21qu'on peut avoir en tête
00:42:22pour faire avancer,
00:42:23justement,
00:42:23surtout dans des temps
00:42:24qui peuvent être
00:42:25parfois difficiles,
00:42:27l'ensemble
00:42:27de nos organisations.
00:42:29Oui.
00:42:29Alors,
00:42:30la différence quand même
00:42:30entre les deux questions,
00:42:31c'est que la première,
00:42:32elle est relativement générale,
00:42:34elle concerne plutôt
00:42:35un jugement sur la personne.
00:42:36La deuxième,
00:42:37elle porte plus,
00:42:38j'aime mon entreprise,
00:42:39elle porte plus
00:42:40sur la compatibilité
00:42:41entre le système
00:42:42de valeur de la personne
00:42:43et le système
00:42:43de valeur de l'entreprise.
00:42:44Donc,
00:42:45c'est quand même,
00:42:46c'est une question
00:42:47très intéressante.
00:42:48Peut-être,
00:42:48je vais demander
00:42:49au fond de merci
00:42:49des soutiens supplémentaires
00:42:51pour étudier
00:42:51cette question-là,
00:42:54mais on pourrait le faire,
00:42:57eux aussi.
00:42:58Merci.
00:42:59Je crois que nous avons
00:43:00des questions
00:43:01via les réseaux.
00:43:02Nous vous écoutons.
00:43:03Moi, j'ai une question
00:43:04qui est exactement
00:43:05dans la même lignée
00:43:08de celle de M. Ginter.
00:43:10C'est peut-on aimer
00:43:11son travail
00:43:11sans aimer son entreprise ?
00:43:14Ah oui,
00:43:14la réponse est oui.
00:43:15Et inversement,
00:43:16peut-on être très attaché
00:43:17à son entreprise
00:43:17et ne pas aimer son travail ?
00:43:19Oui, les deux sont vrais.
00:43:22Oui ?
00:43:22Est-ce qu'on peut détailler
00:43:23et expliquer pourquoi
00:43:24les ressorts ?
00:43:26Alors, pourquoi
00:43:26on peut aimer son entreprise
00:43:28et ne pas aimer son travail ?
00:43:29Parce que, par exemple,
00:43:30on a été pendant très longtemps
00:43:31dans une entreprise
00:43:32dans laquelle on est attaché
00:43:33et, effectivement,
00:43:34le contenu des tâches
00:43:35qu'on réalise,
00:43:36du point de vue
00:43:36de son utilité
00:43:37ou de son fonctionnement
00:43:38d'un des critères
00:43:39que j'ai évoqués,
00:43:40ne sont plus au rendez-vous
00:43:40aujourd'hui.
00:43:41De la même manière,
00:43:42on a l'inverse.
00:43:44C'est-à-dire,
00:43:44je peux très bien
00:43:45aimer mon travail,
00:43:46mais les conditions
00:43:48organisationnelles,
00:43:48par exemple,
00:43:49ont changé
00:43:49et l'individu,
00:43:51il se dit,
00:43:51mais mon travail,
00:43:52j'aime le contenu,
00:43:53mais je ne supporte plus
00:43:55l'organisation
00:43:55dans laquelle je suis.
00:43:56J'aime ce que je fais,
00:43:57mais, par exemple,
00:43:58les procédures
00:43:59qui s'appliquent,
00:44:00ne sont plus les bonnes,
00:44:01ou me font faire
00:44:01le travail à l'envers,
00:44:02ou me complexifient la tâche,
00:44:04ou m'encombrent l'esprit,
00:44:05etc.
00:44:06Donc, les deux marchent.
00:44:10Avez-vous d'autres questions ?
00:44:11Alors, il y en a une autre.
00:44:13Lorsqu'on entreprend,
00:44:14comment faire la différence
00:44:15entre l'amour
00:44:16de son projet
00:44:17et le risque
00:44:18de s'épuiser
00:44:19à vouloir le faire réussir ?
00:44:22Je pense que c'est une question
00:44:24pour la CCI, ça.
00:44:25Ce n'est pas pour moi.
00:44:31Alors, moi,
00:44:31je n'ai pas étudié
00:44:32les entrepreneurs.
00:44:34D'ailleurs,
00:44:35ce serait un très, très beau
00:44:36sujet de recherche,
00:44:37parce qu'on étudie
00:44:38assez peu
00:44:38la santé des dirigeants.
00:44:39Encore un appel
00:44:40au fond de merci.
00:44:42Non.
00:44:47Christophe Thirier.
00:44:48Oui.
00:44:50Merci pour cet éclairage.
00:44:51C'était très, très intéressant.
00:44:52Avez-vous des données
00:44:54plus précises
00:44:55en fonction
00:44:56du type de travail
00:44:58ou de la branche
00:44:59service,
00:45:00industrie,
00:45:01artisanat ?
00:45:02Non.
00:45:03Non, je n'ai pas
00:45:04de données plus précises.
00:45:05Les entreprises
00:45:06avec lesquelles
00:45:07on a travaillé,
00:45:08c'est effectivement
00:45:08les trois secteurs.
00:45:10Le secteur
00:45:12des services,
00:45:13le secteur de l'artisanat,
00:45:15le secteur
00:45:16de l'industrie.
00:45:18On a...
00:45:18Ce qui nous manque,
00:45:19c'est les entreprises,
00:45:20par exemple,
00:45:20là où on n'en a pas.
00:45:21C'est dans le secteur
00:45:22bancaire et assurance.
00:45:23On n'a pas d'entreprise
00:45:24dans les 44
00:45:25qu'on a interrogées.
00:45:26Mais je ne peux pas
00:45:27vous faire,
00:45:28effectivement,
00:45:29une classification
00:45:29par secteur d'activité.
00:45:32Par contre,
00:45:33on peut faire
00:45:33des classifications
00:45:34par type d'entreprise.
00:45:35C'est-à-dire qu'on a
00:45:36des entreprises
00:45:37où le score
00:45:37d'amour du travail
00:45:40est bien plus élevé
00:45:41que d'autres.
00:45:42Et effectivement,
00:45:43c'est aussi un indicateur,
00:45:44on va dire,
00:45:45d'un certain type
00:45:46de fonctionnement
00:45:47de l'entreprise.
00:45:47Je ne vais pas en dire plus.
00:45:50C'est-à-dire ?
00:45:52Certains secteurs d'activité
00:45:53où on a plus d'amour
00:45:55pour son travail ?
00:45:56Non, ça, on ne l'a pas.
00:45:57Parce qu'on n'a pas...
00:45:57Non, non.
00:45:58Secteur d'activité,
00:45:59si on prend, par exemple,
00:46:00service industrie tertiaire,
00:46:02primaire secondaire,
00:46:03ou si on prend
00:46:04les grandes branches professionnelles,
00:46:05je n'ai pas des résultats
00:46:06qui me permettent
00:46:07de couvrir l'ensemble
00:46:08des sociétés
00:46:09et des entreprises.
00:46:10Par exemple,
00:46:11on n'a aucune entreprise
00:46:12du secteur banque assurance.
00:46:13On a du travail social,
00:46:15on a du handicap,
00:46:16on a de l'industrie,
00:46:18on a de l'informatique,
00:46:19on a plein d'entreprises
00:46:20dans ces secteurs-là,
00:46:21mais il y a des pans entiers
00:46:22de l'industrie française
00:46:24qu'on ne couvre pas
00:46:24dans les 44 que l'on a.
00:46:27Une autre question,
00:46:28plutôt sur la taille
00:46:29des entreprises.
00:46:30Toutes les tailles
00:46:31sont représentées ?
00:46:31De 29 salariés
00:46:33à 1380, je crois.
00:46:36Donc ça fait quand même...
00:46:37C'est un spectre assez large.
00:46:39Je crois qu'il y a une question ici.
00:46:41Bonjour.
00:46:42Bonjour, merci beaucoup.
00:46:43Déjà, un grand intérêt pour moi
00:46:45sur les conditions
00:46:46du travail aimable.
00:46:47Ça rend beaucoup de perspectives
00:46:49très opérationnelles
00:46:50qu'on peut mettre en place.
00:46:51Par contre, j'y vois un lien.
00:46:53Ça m'a surpris
00:46:55quand on voit que le contenu
00:46:56est le plus important.
00:46:57je le comprends complètement,
00:46:59mais j'y vois un lien
00:47:00de causalité
00:47:00avec le management
00:47:01et le management
00:47:03de l'organisation.
00:47:05Parce que vous disiez
00:47:06que le condition
00:47:08de travail aimable,
00:47:08c'est le pouvoir d'agir,
00:47:10responsabiliser,
00:47:11de mettre en œuvre.
00:47:13Donc j'y vois l'impact direct
00:47:14du leadership
00:47:15et du management
00:47:16de proximité.
00:47:17Pour moi, le désamour
00:47:18peut venir justement
00:47:20d'un management
00:47:21peut-être un peu intrusif
00:47:23qui manque de responsabilisation.
00:47:26Donc j'y vois un lien
00:47:27très étroit
00:47:28entre le contenu
00:47:29et le management par contre.
00:47:30Je voudrais mettre votre avis.
00:47:32Je vous remercie en tout cas.
00:47:33Je voudrais revenir
00:47:34peut-être effectivement
00:47:35sur ce point-là.
00:47:36Parce qu'on peut imaginer
00:47:38que ce que vous dites,
00:47:39c'est-à-dire qu'en fin de compte,
00:47:41quand je regarde
00:47:41le fait d'aimer son travail,
00:47:43ce que je vous montre
00:47:45en même temps,
00:47:46c'est que les caractéristiques
00:47:49du management,
00:47:51qu'on a mesurées aussi,
00:47:54ne permettent pas
00:47:55d'expliquer
00:47:56l'amour du travail.
00:47:59D'accord ?
00:48:00Ou en tous les cas,
00:48:00faiblement.
00:48:02Ce qui explique
00:48:03vraiment
00:48:04de façon significative,
00:48:05hautement significative,
00:48:07ça nous a énormément surpris.
00:48:08Franchement,
00:48:09expliquer 60%
00:48:10de la variance
00:48:11du comportement
00:48:12de quelqu'un
00:48:12par juste un point,
00:48:14c'est énorme.
00:48:16et ça,
00:48:17c'est le contenu
00:48:17du travail.
00:48:19Ça ne veut pas dire
00:48:19que le management
00:48:20ne compte pas.
00:48:21Ça ne veut pas dire
00:48:22que les relations hiérarchiques
00:48:23ne comptent pas.
00:48:24Ça ne veut pas dire
00:48:25que le climat social
00:48:26ne compte pas.
00:48:27Ça ne veut pas dire
00:48:27que tout ça ne compte pas.
00:48:28Mais ça arrive
00:48:29au second plan.
00:48:30D'accord ?
00:48:31C'est vraiment ça.
00:48:32C'est une hiérarchie
00:48:33à laquelle on aboutit.
00:48:35C'est une hiérarchie
00:48:35de facteurs.
00:48:36Il y a des facteurs
00:48:37qui sont plus explicatifs
00:48:38que d'autres.
00:48:39C'est ça qu'on a découvert.
00:48:41Mais ça ne veut pas dire
00:48:42que ça ne compte pas.
00:48:44Merci.
00:48:46Madame,
00:48:46bonjour.
00:48:47Bonjour.
00:48:48Vous parliez
00:48:49de coprésence
00:48:50de santé
00:48:51et d'amour du travail.
00:48:54Et donc,
00:48:54moi,
00:48:54ça me laisse un peu
00:48:55sur ma fin.
00:48:57Parce que vous n'avez pas
00:48:58donné de causalité,
00:48:59est-ce que vous explorez
00:49:00justement la causalité
00:49:02dans un sens
00:49:02ou dans l'autre ?
00:49:04Qu'est-ce qu'il vaut mieux
00:49:05tenter avec nos collaborateurs ?
00:49:08Les soigner ?
00:49:09Leur donner du temps
00:49:10pour aller chez le médecin ?
00:49:14Où est-ce qu'il vaut mieux
00:49:17justement
00:49:18essayer de leur montrer
00:49:21tout l'intérêt
00:49:22de les inscrire
00:49:24dans une autre dimension ?
00:49:27C'est-à-dire qu'ils font,
00:49:28par exemple,
00:49:29un aide-soignant
00:49:30va faire du soin à la personne,
00:49:31mais ça contribue
00:49:33aussi au bien-être
00:49:34de la famille,
00:49:35du patient,
00:49:35etc.
00:49:36Est-ce qu'il vaut mieux
00:49:37aller dans un sens
00:49:38ou dans l'autre ?
00:49:38Est-ce que vous explorez
00:49:40ces sens de causalité ?
00:49:44La question que vous posez
00:49:46est en partie méthodologique
00:49:47et je peux y répondre.
00:49:48c'est-à-dire que si vous voulez
00:49:51effectivement démontrer
00:49:51la causalité,
00:49:52ce ne sont pas des études
00:49:53transversales
00:49:54qui vont vous permettre
00:49:55de le faire.
00:49:56D'autant plus que ces études
00:49:57transversales,
00:49:57je vous le rappelle,
00:49:58se sont déroulées
00:49:59sur six années.
00:50:01Donc là,
00:50:02si vous voulez explorer
00:50:03vraiment la causalité,
00:50:05il faut des études
00:50:07longitudinales.
00:50:07c'est-à-dire qu'on suit
00:50:09une entreprise
00:50:10sur un an,
00:50:10deux ans,
00:50:11trois ans,
00:50:11quatre ans,
00:50:11on fait des mesures répétées
00:50:12tous les mois
00:50:13ou tous les six mois,
00:50:14etc.
00:50:15Certains collègues l'ont fait.
00:50:16J'ai un collègue hollandais
00:50:17qui a travaillé là-dessus
00:50:18énormément.
00:50:19Là,
00:50:20on peut effectivement
00:50:20voir des liens
00:50:21de causalité.
00:50:22C'est-à-dire qu'on a
00:50:23l'ensemble des facteurs
00:50:24et on voit comment ces facteurs
00:50:25évoluent dans le temps
00:50:26et comment ils vont
00:50:27affecter la personne.
00:50:29Nous,
00:50:29ce n'est pas le cas.
00:50:30On a, grosso modo,
00:50:31fait une photo
00:50:31à un instant T
00:50:32et on a regardé
00:50:34cet item-là,
00:50:35cette question,
00:50:36l'amour du travail
00:50:36en quoi son relation
00:50:37avec d'autres choses.
00:50:39Ça,
00:50:39c'est le premier point.
00:50:42voilà.
00:50:42Alors,
00:50:42ça ne veut pas dire
00:50:43qu'on n'a pas envie
00:50:44et que,
00:50:44j'imagine bien,
00:50:45les entreprises
00:50:45n'ont pas envie
00:50:46de raisonner
00:50:46d'un point de vue
00:50:47de causalité.
00:50:48Pourquoi ?
00:50:48Parce que vous,
00:50:49c'est votre lot commun.
00:50:51Le commun,
00:50:52c'est d'un responsable
00:50:53d'entreprise,
00:50:54d'un DRH,
00:50:55etc.
00:50:55c'est de dire
00:50:56sur quels facteurs
00:50:57je peux agir
00:50:58pour avoir
00:50:58ce que je veux,
00:50:59c'est-à-dire des gens
00:50:59en santé,
00:51:00performants,
00:51:00satisfaits,
00:51:01une entreprise
00:51:02qui tourne bien,
00:51:02etc.
00:51:05Je comprends.
00:51:07Et j'ai envie de dire
00:51:09agissez sur le travail
00:51:11avant d'agir
00:51:13sur des paramètres
00:51:15qui sont annexes
00:51:16comme ceux
00:51:17qu'on a évoqués.
00:51:18Essayez d'agir
00:51:19sur le contenu du travail,
00:51:21sur la manière
00:51:21dont les conditions
00:51:22d'un travail aimable
00:51:23peuvent se réaliser,
00:51:24dans l'organisation
00:51:28aussi d'un travail aimable.
00:51:29Qu'est-ce que c'est
00:51:29qu'une organisation
00:51:30que j'aime ?
00:51:31Voilà.
00:51:34Merci.
00:51:34Y a-t-il d'autres
00:51:36questions
00:51:36dans la salle ?
00:51:38Monsieur,
00:51:39au premier rang.
00:51:40En attendant,
00:51:41je vais vous poser
00:51:42une question
00:51:43de journaliste.
00:51:43Vous nous avez dit
00:51:44que cette étude
00:51:45avait commencé
00:51:47en 2018,
00:51:48avant le Covid,
00:51:48et c'était terminé
00:51:49après le Covid,
00:51:50en 2023,
00:51:51je crois.
00:51:53j'ignore
00:51:53si l'intelligence
00:51:54artificielle
00:51:55était déjà
00:51:56présente
00:51:56dans les entreprises,
00:51:56mais est-ce que c'est
00:51:57un facteur
00:51:57que vous avez étudié
00:51:59par rapport
00:51:59à l'amour
00:52:00du travail
00:52:00dans les entreprises ?
00:52:02Non.
00:52:03Merci.
00:52:04Non,
00:52:05on ne l'a pas étudié.
00:52:06Merci,
00:52:07j'aime bien
00:52:07ces questions simples.
00:52:08Très bien,
00:52:09ça nous a laissé le temps.
00:52:10Ça me donne une réponse simple.
00:52:11Ça nous a laissé le temps
00:52:12d'amener le micro,
00:52:13monsieur.
00:52:14Bonjour,
00:52:14merci déjà
00:52:15pour votre exposé.
00:52:17vous dites
00:52:17rendre le travail aimable.
00:52:20Je trouve que c'est très beau,
00:52:22mais lorsqu'on est confronté
00:52:24à la réalité
00:52:26du travail
00:52:26de tous les jours,
00:52:27je prends l'exemple
00:52:28d'une secrétaire,
00:52:29je ne sais pas comment
00:52:29je vais lui dire
00:52:31je vais rendre ton travail
00:52:32plus agréable,
00:52:34ou alors un magasinier,
00:52:36ou alors,
00:52:36ou même lorsqu'on est
00:52:38dans le tertiaire,
00:52:38lorsque vous intervenez
00:52:40chez un client,
00:52:41souvent les procédures,
00:52:42ce n'est pas vous
00:52:42qui les mettez en place,
00:52:43elles sont fixées
00:52:44par votre client.
00:52:46Il y a une partie théorique
00:52:48qui est très agréable
00:52:50à entendre,
00:52:51maintenant dans la pratique,
00:52:51comment est-ce que
00:52:52je peux le concrétiser ?
00:52:55Alors,
00:52:55là j'ai la réponse
00:52:56pour le coup.
00:52:58Quand je dis
00:52:59rendre le travail aimable,
00:53:01c'est une ingénierie
00:53:02du travail
00:53:02qu'il faut faire.
00:53:03C'est-à-dire que,
00:53:04vous voyez,
00:53:05ce n'est pas des questions simples.
00:53:08C'est-à-dire que
00:53:09quand on conçoit
00:53:10une machine outil,
00:53:10c'est de l'ingénierie.
00:53:11Quand on conçoit
00:53:12une voiture,
00:53:13c'est de l'ingénierie.
00:53:14Et quand on conçoit
00:53:15aussi des postes de travail
00:53:16et des façons de faire,
00:53:17c'est aussi de l'ingénierie.
00:53:18Cette ingénierie,
00:53:19ça s'appelle l'ergonomie.
00:53:20C'est-à-dire qu'il faut
00:53:21regarder le travail
00:53:22tel qu'il se fait,
00:53:23le travail réel,
00:53:23le travail avec les clients,
00:53:25le travail avec
00:53:26les collaborateurs,
00:53:30avec les modes opératoires
00:53:32de l'individu,
00:53:33ces procédures.
00:53:34Est-ce que ces procédures réelles,
00:53:36qu'il effectue réellement,
00:53:37correspondent à la prescription ?
00:53:39Est-ce qu'il y a un écart
00:53:40entre les deux ?
00:53:41Quels sont les ajustements
00:53:41qu'il effectue l'individu ?
00:53:43Est-ce que le système informatique
00:53:44qu'il a lui permet de réaliser
00:53:46et d'avoir les ressources nécessaires
00:53:48pour faire de façon très opérationnelle
00:53:50son travail ?
00:53:51Donc ça, ça implique,
00:53:52quand je dis ça,
00:53:53ça implique vraiment
00:53:56un point d'analyse
00:53:57qui est assez important.
00:53:58Il y a une ingénierie à prévoir.
00:54:00Et bon,
00:54:01je fais un peu de publicité
00:54:02pour notre formation
00:54:03à l'Université de Lorraine,
00:54:04mais je pense qu'on a
00:54:05une très bonne formation là-dessus.
00:54:08Et ce n'est pas parce que
00:54:09j'en suis responsable,
00:54:10mais je pense que vraiment,
00:54:12nos étudiants trouvent facilement
00:54:13du travail, etc.
00:54:15Il y a des relations
00:54:16qui sont extrêmement fortes
00:54:17entre la manière
00:54:18dont on pense le travail,
00:54:19dont on exécute le travail,
00:54:20dont on fait l'ingénierie du travail
00:54:25et la santé,
00:54:27la sécurité au travail,
00:54:28par exemple.
00:54:29Voilà.
00:54:30Alors c'est sûr que,
00:54:31comme ça,
00:54:31de prime abord,
00:54:32dire à une secrétaire
00:54:33« je vais changer
00:54:33deux, trois trucs chez toi »,
00:54:35ce n'est pas aussi simple que ça.
00:54:36C'est-à-dire qu'il faut regarder
00:54:37ses outils,
00:54:39est-ce qu'ils correspondent,
00:54:40comment elle se les a appropriés,
00:54:42qu'est-ce qu'elle en fait,
00:54:43est-ce qu'elle se sent utile
00:54:44dans sa tâche, etc.
00:54:46Tout ça, ça s'analyse.
00:54:48Et c'est compliqué.
00:54:49C'est énormément de variables
00:54:50à maîtriser,
00:54:51à analyser,
00:54:52à étudier
00:54:53pour ensuite corriger,
00:54:55rectifier
00:54:56ou imaginer
00:54:56des situations de travail
00:54:58qui sont nouvelles,
00:54:59qui sont innovantes.
00:55:01Merci.
00:55:02Y a-t-il d'autres questions ?
00:55:04Hervé Bauduin,
00:55:05nous vous apportons le micro
00:55:06et je vous pose une question.
00:55:07En attendant,
00:55:08est-ce que vous avez
00:55:08des résultats différents
00:55:09en fonction des générations ?
00:55:15Alors, effectivement, oui.
00:55:17Mais il y a...
00:55:21On a vu arriver
00:55:22la jeune génération
00:55:23avec un système de valeurs
00:55:24et de retrait au travail
00:55:26qui est un petit peu plus marqué.
00:55:28Donc ils aiment moins leur travail ?
00:55:30Les pourcentages sont moins élevés ?
00:55:31Alors, ce qu'on a remarqué,
00:55:33c'est qu'en fin de compte,
00:55:34quand les gens arrivent,
00:55:35vraiment avec très peu d'ancienneté,
00:55:36on a un niveau qui est comparable
00:55:39aux aînés,
00:55:41aux plus âgés.
00:55:43Et au bout d'un an,
00:55:45on a une baisse.
00:55:46Un an, deux ans.
00:55:47Et ensuite,
00:55:49bon, ensuite,
00:55:50ce ne sont plus les mêmes gens,
00:55:51mais par rapport à ça.
00:55:52Donc, effectivement,
00:55:54il y a quelque chose
00:55:55qui se joue
00:55:55par rapport au système
00:55:58d'adhésion des jeunes
00:55:59aux valeurs de l'entreprise.
00:56:01Oui.
00:56:02Un an ou deux ans,
00:56:03ça paraît très court.
00:56:05C'est très court.
00:56:05Ça va vite.
00:56:06C'est-à-dire qu'au début,
00:56:07je suis motivé,
00:56:08j'ai la casquette de l'entreprise,
00:56:09on demande de jouer un rôle,
00:56:10je le joue.
00:56:11Puis très vite,
00:56:11je comprends que les dés sont pipés,
00:56:13qu'il y a quelque chose qui ne va pas
00:56:15et que le type de relation
00:56:16n'est pas forcément effectif,
00:56:18saine, etc.
00:56:19Et je me mets en retrait.
00:56:20Oui.
00:56:21Merci.
00:56:22Et Rébeau-Duin ?
00:56:23Oui, très intéressante
00:56:25comme étude
00:56:25qui nous renvoie quand même au terrain.
00:56:28C'est-à-dire, effectivement,
00:56:29le poste de travail
00:56:30qui est le temps
00:56:32le plus long, finalement,
00:56:33dans une journée de travail.
00:56:35Et c'est vrai aussi
00:56:35pour les chaînes d'entreprise.
00:56:37Ma question est la suivante.
00:56:40À la lumière de l'étude
00:56:41que vous avez menée,
00:56:43que pensez-vous
00:56:44de la RSE, globalement,
00:56:48et de ce qui se développe
00:56:50beaucoup dans ce domaine
00:56:51aujourd'hui,
00:56:51dans les entreprises,
00:56:52qui est aussi...
00:56:53Les entreprises,
00:56:54on a des modes.
00:56:56Il y a le bonheur,
00:56:58il y a le RSE.
00:56:59Quelle est,
00:56:59à la lumière de votre étude,
00:57:01donc,
00:57:01ce que vous pensez
00:57:02des démarches RSE ?
00:57:05C'est difficile de répondre
00:57:07parce que ce n'est pas
00:57:08quelque chose
00:57:08qu'on a étudié
00:57:09dans cette enquête-là.
00:57:11On voit bien
00:57:12qu'il y a,
00:57:12par rapport à l'RSE,
00:57:14des attentes
00:57:15qui sont sociétales
00:57:16et qui dépassent
00:57:17l'entreprise
00:57:18en tant que telle.
00:57:21On voit bien
00:57:21que l'entreprise,
00:57:22elle est de plus en plus
00:57:23engagée
00:57:24sur des paramètres
00:57:25qui concernent
00:57:26la société,
00:57:27que ce soit
00:57:27le climat,
00:57:28l'énergie,
00:57:29la transformation sociétale,
00:57:30etc.
00:57:32Est-ce que ça a des effets
00:57:33sur à la fois
00:57:35la santé au travail
00:57:36et l'amour du travail ?
00:57:38Je ne peux pas vous répondre
00:57:38parce que je ne l'ai pas étudié.
00:57:41Voilà.
00:57:42Néanmoins,
00:57:42tout à l'heure,
00:57:43si vous m'arrêtez,
00:57:44si je me trompe,
00:57:45je pense que vous avez mis,
00:57:45comme on dit en football,
00:57:47un petit tacle
00:57:47à la QVT quand même.
00:57:49On n'est pas dans l'RSE,
00:57:50mais si j'ai bien entendu.
00:57:51Oui,
00:57:51tout à fait.
00:57:53Je pense que la notion
00:57:54a été complètement galvaudée
00:57:55et on a même des fois
00:57:56un discours
00:57:57qui est complètement hypocrite.
00:57:59Une question
00:58:00via les réseaux.
00:58:02Vous avez parlé
00:58:03de l'ingénierie
00:58:05du travail
00:58:06et il y a une personne
00:58:06qui pose cette question.
00:58:07Que se passe-t-il
00:58:08quand l'amélioration
00:58:09de l'ingénierie
00:58:10s'oppose
00:58:11à l'amabilité
00:58:13du travail ?
00:58:14À l'amabilité,
00:58:15en fait ?
00:58:16À l'amabilité.
00:58:17L'amabilité.
00:58:19Le travail aimable.
00:58:21Le travail aimable.
00:58:23Je ne vois pas
00:58:24pourquoi ça s'opposerait.
00:58:25C'est-à-dire que si,
00:58:26effectivement,
00:58:26on agit
00:58:27sur le contenu
00:58:28du travail,
00:58:29c'est-à-dire
00:58:29sur l'utilité,
00:58:31la perception
00:58:32d'utilité,
00:58:34sur l'utilité,
00:58:36le niveau
00:58:37de responsabilité,
00:58:38le pouvoir d'agir,
00:58:39les marges
00:58:39de manœuvre,
00:58:40etc.,
00:58:41qui vont donner
00:58:41de la souplesse
00:58:42à la personne,
00:58:44généralement,
00:58:45d'après ce que nous,
00:58:47on sait,
00:58:48généralement,
00:58:49on produit
00:58:50de l'amour
00:58:52du travail.
00:58:55La dernière question.
00:58:57Il faudrait peut-être
00:58:58plus rentrer
00:58:59dans les détails,
00:59:00parce que je pense
00:59:00que cette personne
00:59:01pense à une situation
00:59:02tout à fait particulière,
00:59:04mais il faudrait
00:59:05rentrer plus
00:59:05dans les détails
00:59:06cette fois.
00:59:07Sébastien Vallée.
00:59:08Oui,
00:59:09j'avais envie
00:59:09de vous poser
00:59:09une question.
00:59:10À l'heure
00:59:11où les entreprises
00:59:11hésitent beaucoup
00:59:12sur les modalités
00:59:13du travail,
00:59:14avez-vous étudié
00:59:15l'amour du télétravail
00:59:16ou pas ?
00:59:18Question intéressante.
00:59:19C'est une question
00:59:20très intéressante.
00:59:21C'est très,
00:59:21très intéressant.
00:59:24Non,
00:59:25on ne l'a pas étudié,
00:59:26même si on sait
00:59:27que dans l'échantillon,
00:59:28on a effectivement
00:59:29des situations
00:59:30de télétravail
00:59:30qui sont extrêmement importantes.
00:59:32On n'a pas étudié
00:59:33spécifiquement
00:59:34l'amour du télétravail.
00:59:35Mais c'est vraiment
00:59:36une question
00:59:38qui mérite
00:59:41vraiment de belles analyses.
00:59:42Je pense
00:59:43qu'il y a vraiment
00:59:43beaucoup de choses
00:59:44à faire.
00:59:44La difficulté
00:59:45quand même
00:59:46pour le chercheur,
00:59:48elle est ici,
00:59:49c'est compliqué
00:59:50de faire des recherches
00:59:51parce que c'est compliqué.
00:59:52Autant faire
00:59:53un questionnaire
00:59:54en ligne,
00:59:55c'est assez facile.
00:59:57Il faut l'accord
00:59:57de l'entreprise
00:59:58où l'entreprise
00:59:58est demandeur.
01:00:00Autant analyser
01:00:01des postes,
01:00:03les employeurs
01:00:04sont aujourd'hui
01:00:04réceptifs.
01:00:06autant rentrer
01:00:06chez un salarié,
01:00:08mettre une caméra,
01:00:09regarder comment ça se passe,
01:00:11etc.
01:00:11C'est extrêmement compliqué.
01:00:13C'est-à-dire
01:00:13étudier le travail réel,
01:00:15ce qui se fait réellement
01:00:17parce que les gens
01:00:17racontent le travail réel,
01:00:19pas je suis chez moi
01:00:21et je travaille.
01:00:21C'est grosso modo
01:00:22je suis chez moi,
01:00:23je descends l'escalier,
01:00:24je monte,
01:00:24je descends,
01:00:25je mets une machine en route,
01:00:26je fais, etc.
01:00:27Et puis je reprends
01:00:28mon boulot
01:00:28à 21h30
01:00:29parce que j'ai couché
01:00:31mes enfants,
01:00:31mais je travaille quand même.
01:00:32Les gens ont développé
01:00:33de l'autonomie,
01:00:34c'est extrêmement compliqué
01:00:35sur le plan éthique,
01:00:37sur le plan scientifique.
01:00:39J'entends déjà
01:00:40le comité éthique
01:00:41de l'université
01:00:42me dire
01:00:42comment ça
01:00:42tu veux brancher
01:00:43des caméras
01:00:43chez les gens
01:00:44mais il n'en est pas question.
01:00:46Merci en tous les cas,
01:00:48merci professeur Brangy.
01:00:49On peut encore une fois
01:00:50vous remercier
01:00:50pour vos propos.
01:00:53La salle va vous applaudir
01:00:54et surtout applaudir
01:00:56ce score de 89%,
01:00:58je le rappelle,
01:00:59des salariés
01:01:00qui disent aimer leur travail.
01:01:02Merci à toutes et à tous
01:01:04de nous avoir suivis
01:01:04ici en direct
01:01:05depuis la Chambre de Commerce
01:01:07et d'Industrie
01:01:08de la Moselle.
01:01:08Merci aux équipes
01:01:09de la CCI de la Moselle
01:01:11de nous avoir accueillis.
01:01:13Merci aussi également
01:01:14au Fonds de Merci
01:01:15et aux équipes
01:01:16de Moselle TV.
01:01:17Voilà, très bonne journée.
01:01:18A très bientôt.
01:01:19Sous-titrage Société Radio-Canada
01:01:22Sous-titrage Société Radio-Canada