00:00Philippe est avec nous, Philippe il est routier et c'est peu de dire que c'est un homme qui
00:04est plutôt positionné à gauche.
00:06Et c'est pour ça que nous apprécions ce qu'il nous dit parce qu'il y a toujours un
00:12peu de contradictions et le débat est vif.
00:16Philippe, est-ce que vous savez déjà pour qui vous allez voter ?
00:20– Salut, salut, bien sûr.
00:21– Vous allez voter pour qui ?
00:24– Eh bien pour ceux qui représentent la gauche.
00:26– Oui, mais qui représente la gauche selon vous ?
00:28– Eh bien c'est le dernier qui est vraiment de gauche.
00:31– D'accord, bon, donc c'est Jean-Luc Mélenchon, c'est ce que vous voulez dire.
00:35– Bah, au titre.
00:37– Pardon ?
00:38– Je dis c'est vous qui le dites, donc voilà.
00:40– Bah non, on…
00:41– Bah vous reconnaissez donc que c'est le dernier représentant de la gauche ?
00:44– Je me mets dans votre cerveau et je sais comment vous pensez.
00:48Mais c'est une gauche radicale, de toute façon c'est une gauche radicale.
00:52C'est une gauche radicale, effectivement, ce que vous appelez la vraie gauche,
00:56c'est la gauche qui a ruiné l'URSS, qui a ruiné Cuba, qui a ruiné le Venezuela,
01:01c'est le communisme tel que vous en rêvez, où tout le monde, effectivement, est à égalité,
01:08tout le monde est pauvre, personne n'est riche et puis vous êtes content.
01:11– Alors je pense pas que Mélenchon prône le communisme, après ça c'est vous qui le dites.
01:15– En tout cas, il défend le Venezuela, il défend Cuba, il défend tous ces régimes-là.
01:21– Bah écoutez, il défend qu'il veut, il défend qu'il veut, mais c'est pas des réussites, Cuba,
01:26c'est pas une réussite, Cuba, sur le plan économique.
01:29– Bah moi je vois un programme, je vois pas une personne, d'accord ? Je vois un programme.
01:32Et à gauche, c'est le seul qui a un programme de gauche.
01:35– Eh bah écoutez, c'est très bien, en tout cas, vous avez bien raison, pourquoi pas, de voter pour
01:39lui.
01:40Mais lorsque la France insoumise, par exemple, c'est la Nouvelle du jour,
01:44impose ses journalistes, avec qui elle veut parler, en l'occurrence c'est nos confrères de BFM,
01:51mais de côté, en l'occurrence Sonia Mabrouk,
01:55souhaite qu'il y ait les sujets soient annoncés avant, et pourquoi pas les questions.
01:59Est-ce que ça vous choque, Philippe, ou pas ?
02:02– Bah écoutez, après, s'ils veulent pas se faire piéger, qu'ils veulent avoir des questions avant,
02:08parce qu'en général, les plateaux, on sait très bien comment ça se passe.
02:11Donc si maintenant, ils veulent avoir les questions avant,
02:13pour pouvoir répondre précisément aux questions qu'effectivement s'en posaient,
02:17ils n'ont pas trop de problèmes par rapport à ça.
02:19– Donc ça vous, par exemple, ça ne vous choque pas ?
02:21Vous trouvez que c'est normal que le journaliste donne ses questions avant,
02:25ou ses sujets, plus exactement, ça ne sera pas quand même les questions, j'imagine ?
02:27– Si le politique veut répondre précisément aux questions,
02:30et rentrer dans les détails, donner des chiffres, etc.,
02:33c'est peut-être mieux quand même qu'il ait les questions avant,
02:35quand même, pour pouvoir les étudier.
02:36– Louis Dragnet, je veux juste vous faire observer pendant une chose,
02:39c'est précisément très souvent ce qui est reproché aux journalistes,
02:43c'est la collusion, c'est-à-dire qu'effectivement,
02:45il y a des journalistes qui, parfois, avant une interview,
02:48donnent les questions à l'avance,
02:50et moi, d'habitude, j'entends plutôt des auditeurs
02:52qui ne supportent pas ça,
02:54donc je suis très étonné de...
02:55et ça m'amuse aussi d'entendre votre propos.
02:59– Je ne sais pas pourquoi ça ne vous amuse,
03:00mais à partir du moment où vous demandez des questions aux politiques,
03:03et si vous voulez que les politiques vous répondent correctement,
03:06avec des chiffres, avec des textes de loi, etc.,
03:11c'est quand même mieux qu'ils aient les questions avant.
03:13Après, je ne sais pas trop ce que vous trouvez amusant là-dedans.
03:15Maintenant, moi, voir un débat comme il y a eu au MEDEF,
03:17où ça n'a ni queue ni tête, ça ne m'intéresse pas.
03:21– J'entends ce que vous dites,
03:24mais c'est vrai qu'on a quand même une dérive,
03:27Philippe, on s'intéresse tous à la politique depuis 50 ans,
03:31moi, je m'intéresse depuis la campagne de 1974 de Giscard,
03:34j'avais 10 ans, et puis déjà, ça m'a intéressé.
03:37Bon, jamais j'ai vu ça.
03:40Jamais j'ai vu...
03:41Parce que ça pouvait se faire, d'ailleurs,
03:44sans l'écrire ou sans le dire,
03:45c'est-à-dire qu'on recevait les candidats,
03:47les candidats, on recevait des hommes politiques.
03:50C'est vrai, notamment, on ne va pas se raconter de salade,
03:52lorsqu'il y a une interview, généralement, du président de la République,
03:55les services de l'Élysée voient les journalistes,
03:58cadrent plus ou moins...
03:59– Les thèmes, globalement.
04:00– Voilà, donc ça se fait...
04:01– Mais on n'envoie pas une liste de questions.
04:02Le matin, sur Europe 1 et CNews,
04:05Laurence Ferrari n'envoie pas ses questions à l'avance.
04:08– Bien sûr, mais qu'il y ait un échange ?
04:09Je t'interrogerais là-dessus, moi, je suis le premier à le faire.
04:12L'autre jour, j'ai reçu Sarah Knafow.
04:14Comme le livre, il est tellement dense,
04:17on s'est dit, on ne peut pas parler de tous les sujets,
04:20et je lui ai dit, voilà, je vous propose de parler de ça, ça et ça.
04:23Donc ça se fait, on ne va pas raconter de salade.
04:25Ce qui est fou, là, c'est que BFM est obligé
04:27d'écrire noir sur blanc,
04:30prend un engagement, signe une charte,
04:34la transparence totale sur la liste des invités
04:36et des thèmes prévus pour les invitations
04:38sur les plateaux de BFM TV.
04:39Donc on a l'impression d'une sorte de soumission,
04:43soumission d'un organe de presse.
04:46Non, non, ils demandent juste une pluralité
04:48que vous, vous ne ferez pas sur CNews.
04:50Mais Philippe, ne dites pas ça,
04:53puisque moi, je les invite, ceux qui n'y viennent pas.
04:55Arrêtez, on en a déjà discuté ensemble.
04:58Votre plateau télé n'est aucunement représentatif
05:01du panel électoral français.
05:04Vous, votre panel électoral français, c'est extrême droite.
05:07Après, sinon, il n'y a rien d'autre.
05:08– Mais la preuve, c'est que vous êtes en train de parler
05:10sur l'antenne d'Europe 1, de quoi vous parlez.
05:12– Oui, oui.
05:12– À chaque fois, vous me dites ça,
05:14et à chaque fois, je vous dis que vous êtes en train de parler.
05:16– En même temps, c'est l'idée, monsieur.
05:17– Et je vous répète, mais ils ne veulent pas venir.
05:19Je n'y peux rien.
05:20– C'est facile à dire, ça.
05:21– C'est facile à dire.
05:23– Moi aussi, c'est-à-dire qu'ils ne veulent pas venir.
05:25– Je peux même vous donner une précision.
05:29L'ARCOM contrôle ça, et nous, on est obligés
05:31d'envoyer des captures d'écran.
05:32– Oui, l'ARCOM vous a quand même condamné une paire de fois.
05:36– Attendez, on envoie régulièrement à l'ARCOM
05:39des captures d'écran de politiques de la France Insoumise
05:41qui disent « non, je ne viendrai pas »,
05:43ou alors tout simplement qu'ils ne nous répondent pas.
05:45Donc, c'est la stricte vérité.
05:46– En fait, la vérité, je vais vous dire, elle est très simple,
05:49et c'est pourquoi ils ont fait cette charte avec BFM.
05:53Les gens de la France Insoumise ne veulent pas parler
05:55avec des gens avec lesquels ils ne sont pas d'accord.
05:57ils refusent la contradiction.
06:00Donc, sur les plateaux, je suis désolé de vous le dire.
06:02– Alors, si c'est faux, vous êtes un menteur.
06:03– Ah non, ne traitez pas de menteur, Philippe, parce que là…
06:06– Vous êtes un menteur, monsieur Proulx, vous êtes un menteur.
06:08Je pense que les filles n'étaient pas avec tout le monde.
06:10Voilà.
06:10Et maintenant, s'ils ne veulent pas venir sur un plateau d'extrême droite,
06:13c'est peut-être leur droit aussi.
06:15– Mais ils font ce qu'ils veulent.
06:16Je vous répète qu'ils ne veulent pas la contradiction sur un plateau.
06:20Ils ne veulent pas parler avec Charlotte Bernelas.
06:22– Mais c'est faux.
06:23– Mais c'est faux, puisque je vis ça au quotidien.
06:27– Mais Philippe, il est 7h12, on marque une pause.
06:29– L'exemple avec Sonia Mabrouk, du communiqué…
06:31– Mais voilà, avec Sonia Mabrouk.
06:33Sonia Mabrouk est d'extrême droite aussi, cher monsieur ?
06:36– Mais votre chien est d'extrême droite.
06:38– Non, mais je vous parle de Sonia Mabrouk.
06:39– Allez sur BFM, Sonia…
06:42– Moi, je parle de votre chien.
06:44– Bon, mais vous en avez parlé, vous me l'avez dit.
06:45Donc vous voyez, à chaque fois que vous me le dites,
06:48je suis assez aimable pour vous donner la parole à chaque fois.
06:50Donc vous devriez déjà souligner qu'à chaque fois que vous nous appelez,
06:54c'est pour m'expliquer que je suis d'extrême droite.
06:55C'est très gentil, mais bon, j'ai bien compris.
07:00– Mais je vous parle à chaque fois, donc de quoi vous me parlez ?
07:05Je montre par l'exemple, je démontre que ce que vous dites n'est pas juste.
07:11– C'est tellement français, c'était chaud.
07:12– Mais en revanche, Sonia Mabrouk,
07:15pourquoi la France Insoumise ne veut pas parler à Sonia Mabrouk ?
07:17Elle est aussi d'extrême droite selon vous ?
07:19– Vous savez quoi, moi je ne suis pas devin, mon petit doigt ne me parle pas.
07:22Demande à la France Insoumise directement, moi je n'en sais rien.
07:25– Je vais vous dire, les gens sont ce qu'ils font, j'aime bien cette phrase,
07:28et ils ne veulent pas sans doute parler à Mme Mabrouk pour des raisons que je ne connais pas.
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