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  • il y a 6 minutes
Ce jeudi 17 septembre, l'impact négatif de l'environnement politique sur l'économie française, notamment la fébrilité des entreprises, le ralentissement de la croissance et la hausse du chômage, a été abordé par Jean-Marc Daniel et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Brigitte Boucher, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Face à le chiffre, Jean-Marc Daniel, ce matin 8h45 sur BFM Business, RMC Live, Canal 25.
00:06Bonjour à tous les deux. Bonjour. Bonjour à tous. Et bienvenue.
00:09Alors sur RTL, Patrick Martin évoque un décrochage du pays.
00:13Ce matin, il parle de la fébrilité des entreprises.
00:16Il est vrai que depuis 2024, la France est à l'arrêt économiquement.
00:20En tout cas, la croissance faiblit, la dette se creuse, le chômage repart, les taux augmentent.
00:24Pour Gabriel Attal, il y a une explication. Il était hier au French Digital Day. On l'écoute.
00:31Avant la dissolution, on avait tutoyé les 2% de croissance.
00:36Aujourd'hui, on est quasiment en croissance nulle.
00:38Tout est parti en live, entre guillemets, avec cette dissolution qui a contribué à quasiment flinguer l'économie française.
00:45Voilà, l'économie a été flinguée par la dissolution. Voilà ce que dit Gabriel Attal.
00:49Emmanuel Lechypre, est-ce que le politique a autant de poids sur l'économique que le dit Gabriel Attal ?
00:55Alors, peut-être pas flinguée au sens où elle allait très bien avant et puis depuis tout va mal.
01:02Mais incontestablement, la dissolution, elle a eu un impact négatif sur l'économie française.
01:09On a quand même eu, depuis la dissolution, 4 gouvernements.
01:13On a eu toutes les campagnes, etc.
01:17On a eu les discussions budgétaires compliquées.
01:19L'OFCE nous dit, grosso modo, que depuis la dissolution, l'économie française a perdu en PIB à peu près
01:271 milliard d'euros par mois.
01:29Alors pourquoi ? Il y a déjà aussi là-dedans beaucoup de psychologie et d'attentisme.
01:33Comment ça se voit ? Comment expliquer, par exemple, que les ménages français soient ceux dont le pouvoir d'achat
01:42a peut-être le moins reculé de tous les grands pays
01:44et ceux qui ont le plus augmenté leur taux d'épargne ?
01:47C'est quand même un mystère.
01:49On voit bien que là, il y a un comportement, incertitude.
01:50Qu'est-ce qui va tomber demain sur la tête en termes de nouveaux prélèvements ?
01:55On voit bien que les entreprises aussi, elles ont nettement revu en baisse leurs projets.
01:59Après la dissolution, vous avez plein d'enquêtes de conjoncture, notamment toutes celles faites auprès des PME, BPI, Palatine,
02:07qui vous disent, bah oui, on a reporté nos projets d'investissement, une entreprise sur cinq dit qu'elle a
02:13reporté des projets d'investissement
02:15et la moitié des entreprises disent qu'effectivement, l'environnement politique est préjudiciable à leur activité.
02:22Après, ça c'est l'effet psychologique, mais il y a l'effet mécanique, par exemple,
02:27incertitude politique égale incertitude budgétaire égale taux d'intérêt plus élevé.
02:31On le voit concrètement aujourd'hui au moment où l'écart entre les taux allemands et français est au plus
02:36haut.
02:37Et on se dit, il y a une prime de risque politique dans tout ça.
02:40Qu'est-ce qui va se passer sur le plan budgétaire ?
02:43Et ça, les ménages, les entreprises le subissent aussi.
02:47Et puis, dans un pays aussi étatisé que la France, dans un pays où la moitié du PIB, c'est
02:53de la dépense publique,
02:56forcément, le politique a un impact sur la dépense publique et donc sur l'économie française.
03:00Donc, oui, moi, il me semble quand même que l'environnement politique a un impact direct sur la vie économique.
03:07On voit bien les conséquences de cette dissolution.
03:10En tout cas, vous nous l'avez dit.
03:11Vous allez prendre le contre-pied, Jean-Marc Daniel.
03:13Pour vous, il n'y a pas d'impact ?
03:14Oui, je pense que la dissolution a flingué uniquement la carrière de Gabriel Attal.
03:18Mais à part ça, je crois qu'elle n'a rien flingué.
03:21Et donc, que Gabriel Attal soit amer, je le comprends.
03:26Qu'il exprime une forme de lassitude face à ce qui lui est arrivé, je le comprends aussi.
03:31Mais alors, concrètement, quand on regarde avec un peu de recul,
03:34alors, je ne dis pas que la politique n'a jamais d'impact.
03:36Quand vous déclarez une guerre, ça a un impact sur la vie économique.
03:38Quand vous bloquez le pays pendant 55 jours du fait de la pandémie de la Covid,
03:44ça a un impact sur la croissance économique.
03:46Mais si vous regardez sur le moyen et long terme,
03:49quand vous regardez la croissance française depuis 1950,
03:53vous apercevez qu'elle a été particulièrement élevée,
03:55particulièrement porteuse d'emplois dans les années de la Quatrième République,
03:59où on changeait de gouvernement tous les six mois.
04:01Entre 1946 et 1958, il y a eu, sur les 12 ans, il y a eu 24 gouvernements.
04:07Donc, la politique était assez perturbée.
04:09Et puis, il n'y avait pas de majorité à l'Assemblée,
04:11donc ils étaient obligés de faire des alliances,
04:13de truquer plus ou moins les élections par des accords électoraux bizarres.
04:16Et malgré ça, on avait une croissance, il y a eu une croissance exceptionnelle.
04:19Si vous regardez depuis le début de notre siècle,
04:22quel est le trimestre où il y a eu le plus de croissance économique ?
04:25C'est le premier trimestre de 2017.
04:29Je vous mets au défi de vous souvenir qui était Premier ministre à l'époque.
04:32C'était Bernard Cazeneuve, pour qui j'ai beaucoup d'estime, voire d'amitié.
04:35Mais concrètement, sa présence a été très brève.
04:39Et on ne peut pas dire que les décisions qu'il ait prises,
04:40puisqu'il n'y en a eu aucune, aient eu des conséquences sur la croissance économique.
04:44La croissance économique, c'est un enchaînement de tendances,
04:49de productivité, innovation, plus un cycle économique qui perturbe cette...
04:53Et plus des aléas.
04:55Alors, le politique, c'est dans les aléas.
04:56Mais ces aléas, pour être véritablement perturbateurs de la croissance économique,
05:00il faut qu'ils soient d'une très grande ampleur, d'une très grande violence.
05:03Je prends assez souvent l'exemple de deux 10 mai.
05:07Le 10 mai 1871 et le 10 mai 1981.
05:11Le 10 mai 1871, nous avons signé un traité de paix avec l'Allemagne.
05:14Et donc, la France était massacrée, au sens propre du terme,
05:19par ce qui venait de se passer.
05:21Et elle a été obligée de verser 5 milliards de francs d'indemnité à l'Allemagne.
05:25Quatre ans après, tout ça a été effacé.
05:27Au point que l'Allemagne se disait, mais c'est exceptionnel,
05:30il va se passer le fait qu'ils vont vouloir se venger.
05:32Donc, le 10 mai 1981, c'est beaucoup plus anodère l'apparence.
05:37Mais quatre ans après, on n'en était pas remis.
05:39Quarante ans après, on n'en est toujours pas remis.
05:41Parce que la retraite à 60 ans, ça continue à être un désastre.
05:44Et donc, des décisions qui sont des décisions qui paraissent relativement banales,
05:48peuvent avoir effectivement un impact considérable.
05:50Mais la vie quotidienne de la politique, même quand elle est très spectaculaire,
05:53n'a pas de conséquences en général sur la réalité des entreprises.
05:57Est-ce qu'on pourrait dire qu'il y a du court terme et du long terme ?
05:59Alors oui, il y a un côté pernicieux, effectivement.
06:04Ce qui est intéressant, c'est de voir au quotidien
06:06qu'est-ce qui se passe finalement dans la tête d'un chef d'entreprise.
06:10Et je concède ce point à Jean-Marc.
06:14Un chef d'entreprise au quotidien, il est à la recherche de clients,
06:18il doit satisfaire ses clients, il doit faire ses commandes, etc.
06:21Et effectivement, je pense qu'au quotidien,
06:25il n'est pas les yeux rivés sur les chaînes de télé en continu
06:30pour suivre la moindre évolution de discussions politiques.
06:34Je ne suis pas sûr, par exemple, que comme nous,
06:37on a passé notre temps à le faire au moment du budget 2026,
06:41ils auscultent jour après jour l'évolution du moindre amendement
06:45qui n'a d'ailleurs aucune perspective de durée de vie raisonnable
06:49par tel ou tel parti de l'Assemblée nationale, etc.
06:52Donc oui, effectivement, au quotidien, dans ces décisions,
06:56je pense que ce n'est pas la priorité du chef d'entreprise.
06:59Je pense quand même, et c'est une des conséquences, mine de rien,
07:03alors qu'il peut paraître paradoxal, de l'impact de la politique,
07:06c'est que l'instabilité réglementaire, fiscale, etc. est telle
07:12que justement, c'est devenu, dans l'ADN des chefs d'entreprise,
07:15d'apprendre à faire sans.
07:17Mais la réalité, c'est que ce qui vous impacte de façon diffuse au quotidien
07:21a quand même un impact macroéconomique.
07:24Quand vous regardez, par exemple, ce que vous dit l'OCDE
07:26sur le poids de la complexité réglementaire, fiscale, de l'instabilité, etc.,
07:31l'OCDE vous dit, toute cette complication, toutes ces paperasseries,
07:34ça coûte 60 milliards d'euros par an.
07:36Donc, effectivement, c'est diffus, ça a un coût global,
07:41mais peut-être qu'au quotidien, c'est pas ça, effectivement,
07:44qui va faire que le chef d'entreprise va prendre telle ou telle décision.
07:47Peut-être un petit mot très rapidement, Jean-Marc Daniel,
07:49mais sur, effectivement, cette instabilité économique,
07:51on le voit là avec l'incertitude sur le budget, sur 2027,
07:55ça peut freiner les investissements des entreprises ?
07:58Non, pas du tout. En revanche, là où je suis assez d'accord
07:59avec ce que vient de dire Emmanuel, c'est que la propension naturelle de l'État
08:04à se mêler de la vie quotidienne des entreprises
08:06au travers de la réglementation, ça, c'est un impact.
08:08Et ça, mais c'est très ancien, vous savez,
08:10Jean-Baptiste Cé a laissé des propos absolument merveilleux sur Napoléon
08:13en disant qu'il a ruiné l'économie, non pas au sens de Gabriel Attal,
08:18il a flingué l'économie en voulant se mêler des affaires économiques.
08:22La meilleure chose qu'il aurait dû faire, c'est ne rien faire.
08:25Surtout ne pas s'y toucher.
08:26Je me rappelle d'ailleurs, c'était une enquête qui avait été faite
08:29par Parainé la Croissance, qui était une association de patrons,
08:33de 2000 patrons, qui avait répondu à une enquête,
08:35c'était avant la présidentielle de 2012, vous voyez, 2012,
08:38et on leur avait dit, mais quelles sont pour vous les actions prioritaires ?
08:41Il y avait 80% quand même des chefs d'entreprise qui avaient dit
08:43surtout ne faites rien.
08:45Surtout ne touchez rien.
08:45Et on ne s'arrête pas.
08:47Surtout ne touchez rien non plus.
08:49Surtout ne bougez plus.
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