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  • il y a 5 minutes
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Europe 1. Pascal Pro et vous.
00:03Chura Saïed est avec nous, détecter les intentions. C'est un livre formidable, le manuel d'une ancienne profileuse.
00:08On veut toujours, on aimerait connaître complètement l'autre.
00:12C'est vrai.
00:13Formidable.
00:14Bon, et vous écrivez par exemple 100 000 secondes, c'est la durée pendant laquelle votre rétine
00:24transmet une image au cortex visuel.
00:26Votre cerveau a émis un verdict avant même d'avoir fini de voir la personne.
00:29Ce réflexe est si rapide, si fluide, si confortable qu'il se présente à votre conscience
00:34comme une évidence alors qu'il s'agit d'une hypothèse.
00:36Et c'est précisément là que tout déraille.
00:39Pourquoi ça déraille ?
00:40Oui, ça déraille parce qu'en fait en un battement de cils, vous allez vous faire un jugement
00:44sur quelqu'un alors que vous ne le connaissez pas.
00:47Donc très souvent, le cerveau a besoin de conclure très vite en fait.
00:51Donc c'est pour ça que ça déraille parce qu'on va voir à travers nos biais, à travers
00:55ce que l'on connaît déjà.
00:57Et donc conclure très vite, c'est la première erreur.
01:00On est tous pareils ?
01:03Tous pareils, alors ça dépend.
01:05Ça dépend si on a travaillé sur soi ou pas.
01:08Il y a quand même le travail d'introspection qui va être important.
01:11D'ailleurs j'en parle.
01:12Avant de pouvoir profiler les autres, il faut se profiler soi-même.
01:15Donc il y a du travail.
01:17Il y a des personnes qui arrivent à ralentir.
01:19Le jugement.
01:20Mais malgré tout...
01:21A retenir leur jugement.
01:22A retenir leur jugement.
01:23Mais malgré tout, on se fonde tous une première impression.
01:26Et paraît-il que la première impression est toujours la bonne, surtout si elle est mauvaise.
01:32Mon mentor de l'époque m'a dit quelque chose qui me sert encore aujourd'hui.
01:35Chaque jour, dans chaque observation, la physiologie parle d'émotion, jamais d'intention.
01:40Elle indique une activation.
01:42Elle dit quelque chose se passe, elle ne dit jamais, c'est lui.
01:46Expliquez-nous cette phrase.
01:47Alors, ça c'est important en profilage.
01:50Notamment quand vous allez profiler des criminels, parce que vous pouvez accuser des innocents à tort.
01:55C'est prendre le temps.
01:56En fait, ce qui se passe, c'est qu'à un moment donné, lorsqu'il y a de l'émotion
01:59dans ce que vous émettez.
02:01Que ce soit dans une relation, que ce soit dans quelque chose que vous connaissez déjà.
02:07Dès que vous y mettez de l'affect, vous vous trompez en règle générale.
02:11Donc nous, et c'est ce que me disait toujours mon mentor, c'est attention avant de conclure.
02:16Il faut prendre le temps de bien réfléchir et de ne pas mettre d'émotion à ce que l'on
02:21voit.
02:21Parce qu'on projette souvent ce que l'on voit de l'autre.
02:24C'est une part de nous qu'on n'a pas envie de voir.
02:28Le regard fuyant, l'agitation, le toucher du nez, ses comportements sont des corrélats du stress, de l'inconfort, de
02:35l'anxiété sociale.
02:37Le stress est démocratique, il touche les coupables, les innocents avec la même impartialité.
02:46Une personne accusée à tort transpire autant qu'une personne qui ment.
02:49Bah oui, le signal est identique, la cause est opposée.
02:52Elle est très forte cette phrase, une personne accusée à tort transpire autant qu'une personne qui ment.
03:00Et peut-être même davantage encore celle qui est accusée à tort et on pourrait surinterpréter cette transpiration.
03:09Oui, tout à fait. Je vais vous raconter peut-être un interrogatoire que moi j'ai eu, sur lequel j
03:14'ai pu me tromper.
03:17En fait, la personne transpirait énormément.
03:20Donc c'est vrai que nous, on fait passer un certain nombre de choses en interrogatoire.
03:25On va faire passer le test du polygraphe et d'autres tests, évidemment.
03:29Et puis on va être plusieurs enquêteurs à interroger.
03:32Et c'est vrai que ce coupable, présumé coupable, en tout cas transpirait beaucoup.
03:38Mais parce qu'il était finalement accusé à tort.
03:41Et en plus de ça, il avait fait quelque chose qui n'était pas celle qu'on lui reprochait.
03:45Donc en fait, il était finalement, lui, il nous a avoué que c'était pas un meurtre, mais un vol
03:50qu'il avait commis.
03:51Donc c'est pour ça qu'effectivement, il ne faut pas analyser les signaux de façon individuelle.
04:00Souvent, on va vous raconter que du coup, vous vous mettez en retrait, vous vous croisez les bras, vous vous
04:05transpirez, etc.
04:06Ça veut dire si.
04:07Sauf que nous, on va prendre vraiment un ensemble de choses, le contexte, avant d'analyser la personnalité de la
04:13personne.
04:14On ne part pas du tout d'un signal isolé.
04:17Et heureusement, parce que sinon, on se tromperait souvent.
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