00:04Derrière les cancers pédiatriques se cachent bien des combats, celui de l'enfant, des parents, des médecins, mais aussi des
00:10chercheurs et associations qui main dans la main cherchent des solutions pour affronter la maladie.
00:15Camille, tu t'es rendue à l'Institut Curie dans le service d'oncologie pédiatrique.
00:19Oui, j'y ai rencontré Clément et sa fille Zoé, Zoé qui a tout juste 4 ans, elle est atteinte
00:24d'un rétinoblastome bilatéral, donc autrement dit un cancer de la rétine sur l'œil droit.
00:30Elle est traitée par chimiothérapie sur l'œil gauche et derrière tout ça, comme on le voit, c'est tout
00:35un combat de la famille et c'est d'ailleurs ce que m'a raconté son père.
00:39La directrice de la crèche nous a avertis d'un strabisme qui commençait à arriver sur l'œil droit de
00:45Zoé et elle nous a enjoint à aller voir une ophtalmo.
00:51On va là-bas, on explique un peu les symptômes et on est allé le lendemain matin à la clinique
00:56de l'œil.
00:56Ils lui ont fait un fond d'œil et de se rendre compte que oui, c'était effectivement un cancer
01:02de la rétine.
01:03Au-delà de l'effet d'annonce, c'est bon ben ok c'est vrai, qu'est-ce qui se
01:09passe maintenant ?
01:09Qu'est-ce qu'on fait quand on est un parent d'un enfant qui a un cancer ?
01:15Aucune idée, mais par contre de se retrouver dans cette pyramide de la pitié humaine, de « ah ben ça
01:24y est, on a un enfant qui a un cancer, on y est ».
01:27Le problème c'est qu'après on est obligé de continuer à vivre aussi énormément parce qu'elle est toujours
01:33là.
01:33Les parents, quand ils apprennent la maladie, c'est difficile, c'est un moment très très douloureux.
01:39Et se rendre compte qu'on peut vivre après cette maladie, avec les conséquences de cette maladie, je pense que
01:45c'est quelque chose qui peut les réconforter.
01:46J'ai eu cette maladie à l'âge de 3 ans, il y a plus de 60 ans.
01:51J'ai eu une énucléation aussi, j'ai vécu une vie quasiment normale, professionnellement et sur le plan individuel.
02:01Aujourd'hui ce qui est bien, c'est qu'il y a un accompagnement psychologique pour les enfants, pour les
02:04parents.
02:06Les sujets sont moins tabous qu'à mon époque.
02:08On aide aussi beaucoup la recherche.
02:10Depuis la création de l'association en 1994, je crois qu'on a donné pratiquement un million d'euros à
02:16la recherche,
02:16principalement sur Curie, pour faire en sorte qu'on soit toujours plus à la pointe par rapport au traitement de
02:24cette maladie.
02:24Il y a beaucoup de recherches réalisées, cependant bien sûr, c'est une maladie extrêmement rare, qui fait partie des
02:30maladies rares,
02:31et qui concerne aujourd'hui à peu près 60 nouveaux cas par an en France.
02:39Ça représente à peu près un enfant naissant sur 15 à 20 000.
02:44C'est la tumeur maligne intra-oculaire de l'enfant la plus fréquente.
02:49C'est tous les petits enfants, les enfants entre 0 et 5 ans à peu près.
02:55Mais c'est effectivement un domaine qui intéresse bien sûr moins que la recherche sur le cancer du sein,
03:03ou sur des cancers beaucoup plus fréquents bien évidemment.
03:06Donc il y a des évolutions, ça ne va jamais aussi vite que ce qu'on voudrait.
03:12Voilà, mais les traitements avancent, et aujourd'hui il y a quand même un certain nombre d'enfants
03:17qui peuvent bénéficier de traitements qui n'existaient pas il y a 30 ans.
03:22Oui, donc c'est un reportage, on le voit, qui met aussi en avant l'action des associations comme Rétinostop
03:27dans le financement de la recherche.
03:29Mais alors la recherche avance, comme elle précise à la fin, mais est-ce qu'elle avance assez vite ?
03:36À votre avis ?
03:39Sur les rétinoblastomes en l'occurrence, c'est une maladie qu'on, heureusement des enfants, qu'on guérit très bien
03:44aujourd'hui.
03:45Toute la question, c'est vraiment, le rétinoblastome l'illustre très bien, c'est le prix de la guérison,
03:49et de guérir avec le moins de séquelles possible.
03:52Je ne connais pas précisément le dossier de cette petite,
03:55mais tout l'enjeu des collègues de l'Institut Curie, c'est de pouvoir lui permettre de garder une vision,
03:58et puis un aspect esthétique.
04:00Autrefois, il y a plus de 20-30 ans, ces enfants, ils avaient tout le globe oculaire qui était enlevé,
04:06avec bien sûr une prothèse à la place.
04:08Aujourd'hui, on met des chirurgies qui sont en place, qui sont beaucoup plus conservatrices,
04:12grâce à des traitements qui sont innovants.
04:15Donc cette recherche avance.
04:16Et puis je dirais qu'aussi, autour du rétinoblastome, il y a toute la question de la fragilité génétique.
04:21Pourquoi cet enfant développe un rétinoblastome au niveau des deux yeux ?
04:25Est-ce qu'il y a une fragilité génétique sous-jacente qui explique ce cancer ?
04:30Là, la recherche a aussi énormément progressé.
04:33Nous avons financé en fait un très gros programme de recherche à l'Institut Curie depuis une dizaine d'années,
04:38qu'on continue à financer, qui a réussi à vraiment identifier ce que disait Véronique,
04:42la plupart des enfants, la très grande majorité, sont guéris.
04:45Néanmoins, l'objectif c'est de guérir tous les enfants, il y en a encore quelques-uns qui rechutent,
04:51et d'identifier vraiment de façon très fine quels sont les enfants pour lesquels on peut garder l'œil tel
04:58qu'il est
04:58et quels sont les enfants pour lesquels, effectivement, il faut trouver une autre solution.
05:02Merci beaucoup. Merci mesdames. Merci Camille pour ce très beau reportage.
05:06Merci à Iris Pauport et directrice de la recherche, de l'innovation et de l'information scientifique
05:10à la Ligue contre le cancer.
05:12Et à la professeure Véronique Minard-Collin, chef du comité de pédiatrie à Gustave Roussy.
05:18On passe tout de suite à la pépite santé.
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