Comment l’intelligence artificielle transforme-t-elle concrètement la routine de nos hôpitaux ?
Entre la surcharge administrative qui pèse sur les soignants, la gestion complexe des plannings et les risques liés à l'utilisation non sécurisée d'outils comme ChatGPT en consultation, les dirigeants hospitaliers font le point.
Lors de la Soirée des hôpitaux organisée par Le Point, la journaliste Anne Jeanblanc réunit trois acteurs majeurs du terrain :
- Anne Ferrer, directrice générale du CHU de Montpellier
- Jacques Léglise, directeur général de l'hôpital Foch de Suresnes
- Pr Matthieu Durand, PUPH, chirurgien urologue et chef de service au CHU de Nice
Au programme de ce débat :
- Libérer du temps soignant : Pourquoi un interne passe aujourd'hui 40 % de son temps derrière un micro et comment l'IA veut automatiser la bureaucratie.
- L'automatisation des plannings : La fin du « casse-tête des cadres » au bloc opératoire et la création d'un « ChatGPT des procédures » à l'hôpital Foch.
- L'alerte sur l'IA clandestine : Les risques de fuite de données de santé quand de jeunes soignants résument des dossiers sur des IA génératives grand public.
- L'erreur de diagnostic : L'exemple médical d'une IA d'ECG qui écarte l'infarctus mais rate une embolie pulmonaire mortelle.
- Le patient connecté : L'empathie et la « garantie humaine » du médecin face aux patients qui enregistrent les consultations et interrogent ChatGPT en direct.
§ #santé #sdh2026 #soiréedeshôpitaux #lpt #science #ia #inteligenceartificielle #prévention #médecine #médecineprédictive
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Entre la surcharge administrative qui pèse sur les soignants, la gestion complexe des plannings et les risques liés à l'utilisation non sécurisée d'outils comme ChatGPT en consultation, les dirigeants hospitaliers font le point.
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- Jacques Léglise, directeur général de l'hôpital Foch de Suresnes
- Pr Matthieu Durand, PUPH, chirurgien urologue et chef de service au CHU de Nice
Au programme de ce débat :
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- L'automatisation des plannings : La fin du « casse-tête des cadres » au bloc opératoire et la création d'un « ChatGPT des procédures » à l'hôpital Foch.
- L'alerte sur l'IA clandestine : Les risques de fuite de données de santé quand de jeunes soignants résument des dossiers sur des IA génératives grand public.
- L'erreur de diagnostic : L'exemple médical d'une IA d'ECG qui écarte l'infarctus mais rate une embolie pulmonaire mortelle.
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00:00Vous l'avez dit tout à l'heure, on lance à présent notre première table ronde, les premiers tâtonnements au
00:04déploiement massif.
00:05Comment l'IA va transformer la routine, ou elle transforme déjà, comme vous l'avez décrit, la routine de nos
00:10services ?
00:10Et pour en débattre, voici tout de suite Anne Ferrer, Jacques Léglise, le tout sous la houlette d'Anne Jean
00:15Blanc, notre vigie de l'actualité médicale.
00:19Alors comment intègre-t-on concrètement l'intelligence artificielle dans un hôpital, et même dans un grand hôpital ?
00:24Puisque nous avons la chance d'accueillir Anne Ferrer, la directrice générale du CHU de Montpellier, et Jacques Léglise, le
00:30directeur général de l'hôpital Foch de Surenne,
00:32qui sont deux établissements qui sont pionniers en la matière.
00:35Autre question, comment fonctionnent les médecins, mais ça c'est un sujet que vous avez déjà pas mal abordé, sur
00:39lequel nous reviendrons Mathieu,
00:41vous qui dirigez le service d'urologie du CHU de Nice.
00:44Alors Anne, je vous laisse tout de suite la parole, vous m'avez dit que vous étiez incollable sur l
00:47'IA.
00:48Je vous donne 3 à 4 minutes pour présenter ce que vous avez fait dans votre hôpital,
00:51notamment au niveau du fonctionnement général, puisque l'aspect soin, on reviendra dans une deuxième partie de cette table ronde.
00:57A vous la parole.
00:58Alors peut-être, Anne, mon côté rebelle va s'exprimer, pour juste souligner, avant de répondre à votre question,
01:03que la jeune femme qui est là, qui est devant vous, qui est partout, est une professionnelle du CHU de
01:08Montpellier.
01:09Il s'agit du professeur Marie de Goutret.
01:11Ça n'est pas la future, quoique, on ne sait pas, la future ministre faite par IA.
01:18Et c'est pour elle, et pour tous les autres professionnels, qu'en ce moment, on est en train de
01:22développer,
01:23au sein du CHU de Montpellier, le projet Alliance Santé-IA.
01:27Ce projet, c'est un projet d'intelligence artificielle large, qui a la chance d'être soutenu par France 2030,
01:34à hauteur de 15 millions d'euros, par la région Occitanie et au cœur de Medvalet.
01:38En d'autres termes, on a un soutien, et je pense que c'est important de le souligner,
01:43on a un soutien des pouvoirs publics pour essayer de transformer l'hôpital avec l'IA
01:47dans toutes ses pratiques et ses missions, que ce soit le soin, l'enseignement, la recherche et le pilotage.
01:53Donc c'est un peu vertigineux, et je reprends le principe d'humilité de mon collègue Pont tout à l
01:59'heure.
02:00Ce que nous voulons faire, nous voulons le faire avec nos professionnels,
02:02pour essayer de répondre exactement à leurs besoins et leurs attentes.
02:06Parce que je crois qu'on les a trop maltraités pendant des années.
02:09On a eu un numérique qui aujourd'hui fonctionne, preuve en est, nos process sont équilibrés dans les hôpitaux,
02:15mais au prix d'un investissement de ces mêmes professionnels, dans toutes les transactions que je viens d'évoquer,
02:20le quotidien pour eux, pour un interne, c'est 40% de temps derrière un micro.
02:25Aujourd'hui, nous essayons de récupérer l'ensemble des données, de les retraiter, ce qui technologiquement n'est pas simple.
02:30Nous nous sommes équipés d'une infrastructure qui est souveraine, avec un cluster de calcul d'elle.
02:35On a ensuite un lien hébergement de données de santé garanti de part et d'autre avec le CINES,
02:41qui est membre de notre alliance, ce qui signifie qu'on peut faire du calcul intensif à Montpellier.
02:46Le CINES pour les non-initiés ?
02:47Le CINES est un centre de calcul universitaire.
02:50Et le CINES a un adastra, c'est-à-dire une puissance de calcul qui nous permet d'entraîner nos
02:55données.
02:55Donc ce contexte Montpellierin exceptionnel nous permet aujourd'hui de pouvoir progressivement développer les cas d'usage que nos professionnels
03:03priorisent.
03:04Et le vrai sujet pour nous, c'est d'écouter ce qu'ils veulent avoir en priorité dans leur activité
03:09quotidienne,
03:10de le développer avec eux, de demander à nos 300 testeurs qui aujourd'hui acceptent la corvée
03:16de venir mesurer s'il y a hallucination, s'il n'y a pas hallucination, si le process est simple,
03:21s'il est compliqué, s'il faut le reprendre,
03:24justement pour qu'on réponde à leur attente et que derrière on augmente leur pratique sans les remplacer.
03:28Alors moi aussi je suis rebelle, donc je vais vous reposer ma question autrement.
03:31Dans le fonctionnement global de l'hôpital, quelle est la place de l'IA aujourd'hui
03:34et qu'est-ce que ça apporte hors soignant dans la gestion d'un hôpital ?
03:39Alors hors soignant aujourd'hui, nous avons toutes nos données administratives qui sont en train d'être regroupées,
03:44donc un pilotage à travers des cas d'usage qui est en train d'entrer dans l'ensemble de nos
03:48directions fonctionnelles.
03:50On liquide avec des partenaires en ce moment des factures et en parallèle on a d'autres cas d'usage
03:55aussi
03:55que nous commençons à développer, notamment avec des assistants sur tous les process de qualité.
04:02On a un assistant à Perrault qui vient se nourrir de toutes nos données pour simplifier la déclaration des événements
04:08indésirables,
04:09pour croiser les données qui vont nous permettre derrière de remonter les fastidieux éléments
04:15qui sont attendus dans le cadre de la démarche qualité pour qualifier nos dossiers.
04:19Donc on a ensuite tout le versant, mais là c'est à la limite de l'exercice du soin,
04:23c'est-à-dire tout le versant ancillaire de la recherche clinique.
04:26Comment est-ce qu'on trace le temps qui nous est nécessaire à chaque fois qu'on fait des protocoles
04:31de recherche clinique
04:31pour inclure, pour faire...
04:33Donc on a énormément de cas d'usage qui aujourd'hui sont travaillés avec des professionnels
04:39qui en petits groupes évaluent ce que l'on est en train de produire.
04:42L'enjeu pour nous, c'est d'avancer l'ensemble de ces cas d'usage,
04:45de les recéter progressivement et ensuite de les répliquer.
04:48Jacques, comment l'IA facilite la vie au sein d'un hôpital comme le vôtre ?
04:55Alors, fondamentalement, on a la même démarche que Anne à Montpellier, d'ailleurs on se connaît bien,
05:01on échange régulièrement, mais on joue pas dans le même cours.
05:05J'ai pas 15 millions d'euros et des tas de développeurs sur les sujets,
05:10donc nous, partant des mêmes besoins, partant de la recherche des mêmes cas d'usage,
05:15et d'ailleurs on est finalement sur des cas d'usage très communs, sur un certain nombre de sujets en
05:21tout cas,
05:22nous on cherche sur le marché quelles sont les solutions qui nous paraissent suffisamment matures
05:26et comment on peut les mettre en place tout en regardant ce qui se passe du côté de Montpellier,
05:32parce qu'on ne peut que souhaiter le succès de ce qui se passe à Montpellier
05:36et un jour réimporter des solutions venant de Montpellier,
05:42si ces solutions sont matures et qu'elles permettent d'avoir des solutions souveraines
05:47et correspondant vraiment à nos besoins.
05:49Mais concrètement aujourd'hui, il faut faire avec, quand on est un établissement de la taille de Foch,
05:54qui est un gros établissement en ESPIC, mais qui n'est pas quand même de la taille d'un CHU,
06:00aujourd'hui on regarde ce qu'il y a sur le marché, on essaie d'importer des solutions.
06:03Donc c'est du pragmatique, c'est des choses extrêmement pratiques.
06:06Vous me donnez quelques exemples dans ce qui a changé un peu la vie de votre établissement ?
06:10Alors le sujet qui pour l'instant est le plus impactant, c'est la rédaction des plannings.
06:15Les plannings ça l'air bête, c'est aujourd'hui le casse-tête des cadres
06:21qui doivent passer à peu près la moitié de leur temps sur la construction de planning.
06:26Donc là depuis un an, on avait testé une solution dans un endroit où c'était particulièrement compliqué,
06:30le bloc opératoire, et cette solution nous a donné satisfaction.
06:34Et on est en train de, on a décliné le paramétrage pour tous les services de l'hôpital,
06:42et là dans quelques jours, tous les cadres de l'hôpital seront équipés de logiciels
06:48qui leur permettent par l'intelligence artificielle de faire leur planning.
06:52On a également en train, on est en train de développer avec un partenaire quelque chose
06:57qui est en fait le chat GPT de nos procédures.
07:00Parce qu'aujourd'hui on a des milliers de procédures, c'est très compliqué d'y accéder,
07:05les gens s'y perdent, et en fait on s'aperçoit qu'avec des logiciels de type intelligence artificielle,
07:10on va plus facilement, plus rapidement, on peut poser des questions, approfondir, etc.
07:15Donc là c'est pareil, c'est un outil qui va se mettre en place très rapidement.
07:19Voilà, je pourrais vous en citer encore bien d'autres,
07:22la réélection des ICRF pour la recherche, tout un tas d'applications.
07:27Pour l'instant je ne reste que sur la partie purement administrative,
07:30puisque c'est ce que vous m'avez demandé.
07:32Et vous êtes parfait.
07:34Mathieu, une petite réaction sur le...
07:35Non, il ne faut pas me dire ça, Anne le sait.
07:38Non mais elle a réagi tout de suite d'ailleurs.
07:40Sur ce fonctionnement global de l'hôpital, Elia,
07:44vous avez vu des différences, même en tant que médecin,
07:46dans la qualité de travail qu'on peut vous proposer ?
07:51De par l'institution elle-même, à ce stade je ne le perçois pas,
07:56mais peut-être que je n'ai pas été témoin de l'ensemble des éléments,
07:59mais par contre des patients je le perçois,
08:05donc ce n'est pas véritablement de l'origine de l'institution,
08:06je ne sais pas si c'est le propre de la réponse que vous souhaitez.
08:09Non, on va parler maintenant des patients,
08:11parce qu'on va y consacrer pas mal de temps,
08:12puisque nous sommes tous évidemment des patients un jour ou l'autre.
08:17Donc vous avez déjà pas mal abordé le sujet,
08:19on va quand même revenir dessus, sur les tâches dites périphériques.
08:23Ces tâches périphériques, elles ressemblent pour un certain nombre
08:26aux tâches qui ont été évoquées ici.
08:28Il existe aussi de la gestion de planning médical,
08:31et je serais très heureux de connaître la solution,
08:34parce que ce serait très intéressant pour nous,
08:35mais il existe surtout de la synthèse documentaire.
08:38avoir un lourd patient médical d'impatience,
08:42ça va forcément nécessiter dans le temps d'une consultation,
08:45si jamais c'est apporté au moment de la consultation,
08:48d'avoir un regard sur l'ensemble des documents,
08:50ce qui est parfaitement impossible en réalité,
08:52dans les dix minutes qui suivent.
08:54Donc il serait tout à fait bénéfique de disposer d'un outil de synthèse
09:01qui puisse faire une analyse et faire surtout ressortir les éléments
09:04les plus saillants, sous réserve de la souveraineté de la donnée
09:07qui aura été partagée, c'est-à-dire du coup de l'anonymat du patient,
09:09parce qu'il est bien compliqué de remettre aujourd'hui
09:12de la documentation à chaque GPT,
09:15ou même peut-être mettre GPT.
09:17Néanmoins, aujourd'hui, je suis pourtant sûr,
09:20et même dans mon service, que ça arrive.
09:22Et pourtant, on essaie de ne pas le faire,
09:24mais ce que je ne vois pas aujourd'hui, par exemple,
09:26c'est des garde-fous, ou une invitation à ne surtout pas avoir
09:30certains types d'usages qui sont très à risque, à mon sens,
09:33de fuite de données, de fuite sur l'anonymisation des patients.
09:37Et ce premier élément que je vous évoque, à mon avis,
09:40c'est un raccourci très facile à faire,
09:43peut-être moins quand on a beaucoup d'expérience,
09:45mais peut-être très rapide quand on n'a pas beaucoup d'expérience.
09:48Anne ?
09:49Mais je souscris complètement.
09:50C'est notre responsabilité que d'offrir une alternative.
09:53Parce qu'aujourd'hui, on peut le prendre dans n'importe quel sens,
09:56que ce soit à travers les jeunes qui arrivent et qui challengent,
10:00ou alors ceux qui, à la maison, ont un outil d'IA
10:03et se disent, après tout, ça me simplifie la vie,
10:04pourquoi pas à l'hôpital ?
10:05Et si en plus, on considère le temps passé
10:08à chercher l'information à l'hôpital.
10:10En d'autres termes, les soignants,
10:13ou les administratifs, ou les deux ensemble,
10:16consacrent un temps colossal à essayer de reconstituer
10:19une information qui souvent est parcellaire.
10:21Donc, ça doit être un projet stratégique.
10:23Ça doit être une approche institutionnelle.
10:25Quels sont les éléments qu'on veut faire progresser ensemble, d'abord ?
10:30Et avec l'IA comme moyen,
10:33avec les professionnels en les accompagnant,
10:36on doit pouvoir progressivement changer
10:38les modes de fonctionnement de l'hôpital
10:40et acculturer ces nouvelles organisations.
10:43Ne pas avoir de vision,
10:45ne pas avoir finalement de garde-fous.
10:48Nous, on a une charte qui est très exigeante,
10:50qui est hyper documentée,
10:52qui est accessible,
10:53exactement comme l'évoquait Jacques,
10:55que tout le monde peut accéder à la charte,
10:57juste avec des mots-clés,
10:58pour savoir ce qui est possible, ce qui n'est pas possible.
11:00On a une hotline qui vient dire aussi
11:02ce qui est possible et ce qui n'est pas possible
11:03quand on est bloqué dans l'usage de l'IA.
11:05Tout cet accompagnement nouveau de ces pratiques
11:08doit nécessairement venir,
11:10parce qu'à défaut, la nature ayant horreur du vide,
11:13eh bien, on ne peut pas reprocher aux professionnels
11:15d'utiliser ce qu'ils ont entre les mains,
11:18même si c'est terrible,
11:19et à l'encontre de nos valeurs et de nos engagements.
11:22Est-ce que la qualité du dossier patient,
11:24du dossier médical,
11:25elle va permettre justement d'avoir,
11:27pour un patient,
11:29il rentre dans votre bureau,
11:30vous cliquez sur un petit bouton
11:32et vous avez un peu l'historique du patient,
11:34c'est quelque chose d'envisageable,
11:35ou ça, justement, c'est une pratique à risque ?
11:37Alors ça, c'est ce qu'on a déjà,
11:39en ce moment, en train de tester.
11:40Ça veut dire que tous les patients,
11:41maintenant, dans vos grands hôpitaux,
11:43ils ont vraiment un dossier avec un historique.
11:45Jacques ?
11:46Non.
11:46Tous les hôpitaux,
11:46tous les hôpitaux,
11:48aujourd'hui, en France et en Europe,
11:51sont équipés de logiciels
11:52qui permettent d'avoir
11:54l'ensemble des données recueillies sur un patient.
11:57Ce que soulignait le docteur,
11:59c'est que ça ne suffit pas forcément.
12:03C'est-à-dire qu'au bout d'un moment,
12:04les informations sont tellement riches
12:05qu'on n'arrive pas à avoir l'information de synthèse.
12:07Et c'est là que ça devient compliqué.
12:09Et c'est là-dessus que l'intelligence artificielle
12:12peut être une nouvelle frontière,
12:14c'est-à-dire la manière d'accéder à des données
12:16avec une couche IA qui va aller chercher
12:18l'information pertinente par rapport à la question
12:20qui se pose aux patients en force de soi.
12:22Oui, je peux rebondir.
12:24Parce que ce que vous évoquez est vrai.
12:26Il y a des logiciels d'information
12:29pour l'informatisation des dossiers partout.
12:31C'est un bienfait.
12:32Néanmoins, ce sont comme une encyclopédie.
12:36Et il n'y a pas de couche complémentaire à date
12:40qui permette à ce stade, de manière simple,
12:45de faire ressortir parmi l'ensemble du dossier
12:49de l'anamnèse du patient,
12:50l'élément qui a amené la consultation
12:53qu'on est en train d'avoir
12:54ou qui a amené la vie qu'on est en train d'avoir
12:56au lit de ce patient-là.
12:59Et ça, c'est tout à fait différent
13:00parce que, heureusement,
13:02des grands logiciels,
13:04nous, on en a un très bien,
13:05des DALUS qui marchent très très bien,
13:07mais ça reste très compliqué
13:09si on veut avoir une vision de synthèse
13:12pour répondre à une seule question
13:13à un moment donné.
13:14Donc, on a les données,
13:15mais elles sont tellement éparses
13:16qu'il faut une couche complémentaire.
13:17Le risque, c'est que, enfin, nous,
13:19il n'existe pas de couche
13:21qui viendrait se plugger dessus.
13:23Sans doute, les éditeurs de logiciels
13:24sont en train de le développer,
13:26mais cela prend sans doute du temps,
13:27du fait des risques aussi,
13:28mais il n'existe pas de couche
13:29qui viendrait assister à ce travail-là.
13:31Donc, l'intelligence artificielle
13:32n'est pas encore suffisamment intelligente
13:34pour sortir dans un dossier très important
13:36les points les plus saillants
13:38quand le patient arrive, globalement.
13:40On est au début de cette aventure.
13:42On est au début de cette aventure.
13:43Et ce qui a été souligné tout à l'heure,
13:44c'est le risque dans la situation
13:46dans laquelle on est,
13:47parce que, faute d'être là-dedans,
13:50les jeunes professionnels, notamment,
13:52ont tendance, du coup,
13:53à aller sur les logiciels liés à génératives
13:55et d'exposer en quelques mots
14:00le contexte du patient
14:02sans mesurer qu'ils s'exposent,
14:04d'abord à des partages de données
14:06dont on ne sait pas ce qu'elles deviennent,
14:07puisque là, pour le coup,
14:08il n'y a pas de souveraineté des données
14:10et sans mesurer qu'il peut y avoir
14:11des hallucinations,
14:12c'est-à-dire que les réponses
14:13ne sont pas forcément validées
14:15sur le plan professionnel.
14:16Et donc, l'enjeu dont on a tous les deux parlé,
14:18vous n'avez pas tous les deux parlé,
14:20l'enjeu, il est vraiment de développer
14:21des couches d'IA qui soient des couches d'IA
14:23qui s'adressent à des contenus
14:26qui soient des contenus totalement maîtrisés
14:29et ciblés dans le cadre de chartes informatiques.
14:32C'est vraiment un sujet majeur
14:34sur lequel on travaille tous.
14:37Anne travaille sur le sujet.
14:38Nous aussi, j'espère que cet outil,
14:42on va le mettre à la disposition
14:43de nos médecins dans quelques semaines.
14:46Mais c'est un enjeu majeur
14:47pour simplifier le travail des professionnels,
14:50des médecins,
14:51de la même manière que les scribes ambiants
14:53que vous évoquiez tout à l'heure
14:55vont permettre,
14:56et ça, pour le coup,
14:57nous, on est en train de les généraliser,
14:58permettre de simplifier tout de suite
15:00la production de l'information.
15:02Mais l'accès à cette information,
15:05simplifiée,
15:05et dans un cadre sécurisé,
15:08c'est ça un enjeu.
15:10Simplifier et sécuriser,
15:12parce qu'il est tout à fait possible
15:14qu'aussi on ait une écoute
15:15qui à un moment donné manquait quelque chose
15:17ou une lecture qui a manqué quelque chose
15:19que peut-être une lecture
15:21ou une écoute complémentaire
15:22amènerait dans la synthèse.
15:24Et juste pour nourrir d'un exemple complémentaire,
15:26il y a le passage au numérique
15:28dans lequel on est passé
15:28avec beaucoup de fracas,
15:30vous l'avez dit vous-même,
15:31et de difficultés pour apprendre
15:32à utiliser le logiciel
15:34plutôt que de vivre,
15:35que le logiciel nous suive.
15:37Et aujourd'hui,
15:38on a effectivement quelque chose
15:39qui est plus vivant,
15:40plus meuble,
15:42et qui est beaucoup plus comportemental
15:44et se rapproche beaucoup plus
15:45de nos habitudes professionnelles.
15:47Il existe aujourd'hui un passage,
15:49par exemple,
15:50pour la signature numérique des consentements,
15:51qui était un bienfait
15:52par rapport à tout ce qu'on avait en papier.
15:55Nous, on a mis en place ce développement,
15:57mais par exemple,
15:57il n'y a pas de couche d'IA complémentaire
15:59qui viendrait à la fin de ma consultation,
16:01donnée dans le consentement
16:02qui serait automatiquement rédigée,
16:04les informations les plus importantes
16:06et les plus sensibles,
16:07notamment en lien avec
16:08la technique opératoire
16:10dont je viens de parler.
16:10Donc on va quand même se retrouver
16:12avec quelque chose
16:12qui est numérisé,
16:13qui est rapide,
16:14il n'y aura plus d'erreur,
16:16on va bien le remettre,
16:17on pourra prouver
16:18que l'on a remis le document au patient,
16:20le patient pourra le relire,
16:21mais ce document va être générique.
16:23Il n'y a pas la couche complémentaire
16:25qui serait lui dire
16:26que dans cette intervention-là,
16:27et surtout pour lui,
16:28particulièrement par rapport
16:29à son dossier médical,
16:30par rapport au DSI,
16:32c'est ça qui va être
16:33le plus à risque pour lui.
16:34Ça, ça n'existe pas encore.
16:36Anne ?
16:36Alors nous,
16:37ce que nous développons
16:38dans Dédalus,
16:39c'est justement cette bascule,
16:40et aujourd'hui elle existe,
16:42de notre assistant Erios,
16:44qui bascule dans Dédalus,
16:46dans Erios,
16:47avec au fur et à mesure
16:48différentes transactions
16:49qui sont complètement intégrées.
16:51Toujours ce même souci
16:52de mettre de l'IA
16:53dans des transactions existantes
16:55pour augmenter
16:56et simplifier la vie
16:57des professionnels.
16:57Donc, ce que tout le monde a,
16:59les comptes rendus
17:00à la voix enregistrée
17:01qui ressortent,
17:02mais aussi chercher
17:04et screener à l'intérieur
17:05de données
17:05si, par exemple,
17:07pour l'anesthésiste,
17:08on peut avoir
17:08tous les éléments
17:09qui préserviraient
17:10pour la consultation
17:11préanesthésique.
17:12Et derrière,
17:14toujours ce souci
17:15de faire en sorte
17:16que ce soit transparent
17:17pour l'utilisateur.
17:18Si on arrive
17:19à porter ce type
17:20de cas d'usage,
17:21typiquement,
17:22on aura beaucoup moins besoin
17:23de sortir,
17:25d'utiliser,
17:25de faire des copiers-collés,
17:26de repartir
17:27dans tous les logiciels
17:29non souverains,
17:30non métiers,
17:30non sécurisés
17:31qui existent.
17:32Vous avez juste rebondi.
17:33Vous avez raison
17:33parce qu'il y a eu
17:35un sondage
17:36qui a été fait
17:36par Orisha Opinionway,
17:38je crois,
17:38il y a peu de temps,
17:39qui disait
17:39que 71%
17:41des patients
17:42étaient favorables
17:43à l'usage
17:44de l'application artificielle
17:45pour leur propre santé,
17:48mais par contre,
17:49voulaient avoir
17:50la possibilité
17:50de dire non.
17:52Alors, étonnamment,
17:53moi, les patients
17:54que je reçois en consultation,
17:55ils ont maintenant tous
17:57déjà un résumé
17:58de leur situation,
17:59ils ont déjà tous
17:59fait la synthèse
18:00de leurs documents
18:01qui ont été adressés,
18:02ils m'enregistrent
18:03sans me le demander,
18:04ils me font presque
18:06une analyse
18:07de ce que je viens de dire
18:08et ils me posent
18:08des questions,
18:09mais en temps réel,
18:11de ce que leur dit
18:12Tchadgepiti
18:13ou Claude,
18:14mais sans jamais
18:15m'avoir demandé mon avis.
18:16Donc, en fait,
18:17la culture
18:17de la demande
18:18de l'avis
18:19et du consentement,
18:20je pense qu'elle doit être
18:20quand même réciproque
18:21et bilatérale parce que...
18:23Alors, j'allais justement
18:23vous demander
18:24si ce compte-rendu
18:26permettait justement,
18:27vous permettez
18:27d'avoir un meilleur rapport
18:28avec vos patients,
18:29ce que vous avez
18:29un petit peu dit tout à l'heure,
18:31a pu être le nez
18:32dans vos dossiers
18:33ou en train d'écrire
18:35et manifestement,
18:36de temps en temps,
18:37c'est le monde à l'envers.
18:38Mais enfin, globalement,
18:39c'est une meilleure qualité
18:40parce qu'un médecin
18:41qui vous regarde
18:42quand il vous parle
18:43pendant que ça enregistre
18:44et qui répond à vos questions,
18:46c'est quand même
18:47une qualité supérieure
18:49de consultation.
18:50Alors, je pense que oui.
18:52Je pense aussi
18:53au regard de l'ensemble
18:54des protocoles,
18:54notamment en cancérologie
18:56et de l'évolution
18:57vers la médecine
18:58la plus individuelle possible,
18:59du protocole de recherche
19:00qui pourrait correspondre
19:01le plus à son profil tumoral.
19:04C'est un outil indispensable
19:06dès aujourd'hui,
19:07encore sous-utilisé,
19:09je pense,
19:10et qui va nous faire,
19:11qui va nous projeter
19:12beaucoup plus loin
19:13que là où nous allions
19:13aujourd'hui.
19:14Néanmoins,
19:15c'est un outil
19:16qui remet en question.
19:18Il remet en question
19:20beaucoup les praticiens
19:21parce qu'ils vont
19:24forcément interpeller.
19:25Mais ils vont aussi
19:26interpeller...
19:26Ça fait des années
19:26que les patients arrivaient
19:27en disant
19:28docteur,
19:28j'ai été voir sur internet,
19:30j'ai telle maladie
19:30et je veux tel médicament.
19:31C'est pas nouveau.
19:32Oui, bien sûr.
19:33Et c'était déjà
19:33par mes pères
19:35quelque chose
19:35qu'ils n'appréciaient pas.
19:36Je ne dis pas
19:37que ceux de ma génération
19:38ne l'apprécient pas.
19:40Je pense que c'est
19:41un peu égal.
19:42Il y a ceux
19:42qui s'en offusquent
19:43et ceux qui l'acceptent.
19:44Mais néanmoins,
19:45la différence,
19:46c'est que cette fois-ci,
19:47avant,
19:47il y avait quand même
19:48beaucoup de fautes
19:48de compréhension
19:49ou des interprétations
19:51approximatives.
19:51Là,
19:51il y a beaucoup plus
19:52de précision
19:53dans la présentation
19:53qui est faite.
19:54C'est un éclairage
19:55complémentaire
19:56mais ce que le patient
19:56il vient quand même
19:57chercher quand même,
19:58c'est quand même
19:59le regard,
20:00la compréhension,
20:02l'empathie,
20:03parfois la retraduction
20:04de ce qui a été lu
20:05mais pas compris.
20:06Il ne faut pas penser
20:07que tous les patients
20:08comprennent de manière
20:09fantastique tout ce qui est écrit.
20:10C'est parfois extrêmement compliqué.
20:12Il y a des choses
20:12peut-être dans le prompt
20:14qu'ils ont donné
20:15à leur chat GPT
20:16qu'ils ont oublié
20:16sur eux-mêmes
20:17et qui du coup
20:18fait que la conclusion
20:19n'est pas la bonne.
20:20Donc,
20:20la garantie humaine,
20:22le rôle du médecin,
20:23à mon sens,
20:24ne fait que se réaffirmer
20:25avec un nouvel outil,
20:27un nouvel usage
20:28qui est plus un assistant
20:30que juste un outil d'ailleurs.
20:32J'aurais voulu ajouter
20:32quelque chose ?
20:35Non,
20:35ce que je peux dire
20:37pour reprendre un petit peu
20:38la question finalement,
20:39c'est piloter
20:40et agir collectivement.
20:41Comment on fait ?
20:42Il faut se mettre
20:43à l'écoute des utilisateurs,
20:44ça c'est bien évident.
20:45Il faut avoir des chartes
20:47et des garde-fous importants
20:49puisqu'on a souligné
20:50les risques de dérive.
20:51Il faut avoir une stratégie.
20:52Tu as beaucoup insisté là-dessus.
20:55Il ne faut pas faire des trucs
20:56au coup par coup
20:56parce qu'on est dans des sujets
20:59qui sont des sujets
21:00qui sont compliqués
21:01et si on les prend
21:02dans le désordre,
21:03on aura plus d'inconvénients
21:05que de bénéfices.
21:06Pour en tirer les bénéfices,
21:08il faut accepter
21:09qu'on va modifier
21:10nos organisations.
21:11Si on pose un outil
21:12sans changer les organisations,
21:13on n'aura pas le bénéfice.
21:15Et puis après,
21:16moi je trouve que la difficulté
21:17avec l'IA,
21:18c'est qu'on est obligé
21:19de travailler sur deux terrains,
21:21en tout cas moi
21:22c'est comme ça
21:22que je vois les choses,
21:23sur deux terrains en même temps.
21:24Le premier terrain,
21:25c'est essayer de donner
21:27aux utilisateurs
21:27des applications
21:29transversales
21:30dans lesquelles
21:31ils trouvent
21:32leur bonheur,
21:33ce que tu fais
21:34à grande échelle
21:35à Montpellier,
21:37dans lesquelles
21:37les scribes en viande
21:38dont on parlait tout à l'heure,
21:39dans lesquelles
21:39on leur apporte déjà
21:41un bénéfice.
21:42Mais ce n'est pas suffisant
21:43pour tirer les bénéfices
21:44de l'IA.
21:45L'autre point,
21:46c'est donner aux gens
21:47des formations
21:48et des cultures,
21:49une culture telle
21:50qu'ils sont capables
21:51de savoir
21:52comment tirer
21:53le meilleur bénéfice
21:54en faisant des petits promptes,
21:56etc.,
21:56pour développer
21:58des tas de petites applications,
22:00des tas de cas d'espèces,
22:02des cas d'usages,
22:02parce qu'il y en a des milliers
22:04dans la gestion du quotidien.
22:06Et ça,
22:07il faut donner le pouvoir
22:08aux utilisateurs.
22:09Et c'est quand même compliqué
22:10parce qu'on travaille
22:11sur de la data,
22:12on a des problèmes
22:12de sécurisation.
22:14Nous,
22:14c'est des débats
22:15qu'on a eus encore
22:15cette semaine
22:16avec mes collaborateurs.
22:17on voit bien
22:18qu'on est sur un fil
22:19du rasoir compliqué
22:20entre
22:21qu'est-ce qu'il faut
22:22centraliser,
22:23encadrer
22:23pour sécuriser,
22:25mais comment donner
22:26quand même
22:26suffisamment le pouvoir
22:28aux utilisateurs
22:28pour qu'ils tirent
22:29tous les bénéfices
22:29de l'IA
22:30parce que si on n'est
22:31que dans des applications
22:32purement centralisées,
22:35on passera à côté
22:36de quelque chose,
22:37j'en suis sûr.
22:39Juste deux commentaires
22:40sur les deux propos.
22:42Le premier,
22:42mais indispensable,
22:44on ne plaque pas de l'IA.
22:46on transforme
22:47avec l'IA,
22:48on réfléchit
22:48sur nos organisations
22:49et on conçoit
22:50ces organisations
22:51avec l'aide d'un outil
22:52et on conçoit
22:53ces organisations
22:54en faisant en sorte
22:55de ne pas déplacer
22:57la charge
22:57parce que typiquement
22:58c'est génial
22:59d'imaginer
23:00qu'on enregistre
23:01le patient
23:01et on relie
23:03et on adapte
23:04puisque nous,
23:04Herios permet aussi
23:05de transformer la langue,
23:06permet aussi d'adapter
23:07le niveau de compréhension
23:09du patient
23:10qui est en face.
23:11On ne s'adresse pas
23:11de la même manière
23:12à quelqu'un
23:13qui a un besoin
23:15d'explicitation
23:16claire
23:16et plus triviale
23:18de quelqu'un
23:18qui est CSP+,
23:19et qui a vraiment
23:20envie de forer
23:20le fameux professeur
23:22qui arrive,
23:23professeur des écoles
23:24que vous adorez
23:24ou l'avocat
23:25vous adore encore plus.
23:26Bref,
23:27ça,
23:27l'outil peut aider.
23:29Après,
23:29il ne faut pas
23:30que ce soit
23:30sans la secrétaire,
23:32le médecin
23:33qui emporte
23:33non seulement
23:34la tâche
23:35de faire la consultation
23:36puis après
23:37de relire,
23:37d'imprimer,
23:38de donner,
23:39d'enregistrer.
23:40Nous,
23:40on pousse
23:41jusque dans le DMP
23:41de façon automatique
23:42mais encore faut-il
23:43que toutes ces tâches
23:44soient correctement vues
23:45parce qu'on rend
23:47beaucoup plus intense
23:47l'interaction
23:48et on rend
23:49beaucoup plus intense
23:50l'après-midi
23:51de consultation.
23:52Et ça,
23:52ça doit se travailler
23:54et les fameuses
23:55organisations
23:55que l'on change,
23:56il faut qu'elles se fassent
23:57avec une vraie gratification
23:59pour les professionnels
23:59parce qu'à défaut,
24:01on va changer.
24:03Il y a des gens
24:03qui vont se sentir déclassés
24:05parce que la secrétaire,
24:06si on ne parle pas
24:06avec elle
24:07de cette organisation,
24:09elle va se sentir
24:10exclue.
24:11A contrario,
24:12si on l'accompagne
24:14et si on objective
24:15le fait qu'il y a
24:1645% des appels
24:17qui n'arrivent pas
24:18et que probablement
24:18dans le parcours
24:19à construire
24:20elle a un nouveau rôle
24:20qualitatif
24:21beaucoup plus intéressant,
24:23on arrive à recréer
24:24des équilibres
24:25où tout le monde
24:26retrouve du sens.
24:27Je voudrais maintenant
24:28qu'on parle de l'IA docteur
24:30alors l'IA docteur
24:30c'est l'IA
24:31pour le diagnostic déjà
24:33donc effectivement
24:33en radiologie
24:34enfin tout ce qui est imagerie
24:35l'IA a déjà pris
24:36une part importante
24:36mais globalement
24:38est-ce que vous pouvez
24:38nous préciser Mathieu
24:40la place de l'IA
24:41aujourd'hui
24:42dans le diagnostic
24:44tout venant ?
24:45Je pense que
24:46ce qui est le plus utilisé
24:47et qui l'était déjà
24:48un petit peu avant
24:48l'effervescence
24:50dans laquelle on est
24:50actuellement
24:51c'est effectivement
24:52d'abord sur l'imagerie
24:53notamment sur l'assistance
24:54à la relecture d'images
24:56et là où c'est peut-être
24:57le plus important
24:57c'est dans le suivi régulier
24:59de pathologie chronique
25:00tumorale
25:01mais pas que
25:02maladie inflammatoire également
25:03où la relecture
25:04et la comparaison
25:05par rapport aux imageries
25:06précédentes
25:06apportent une véritable
25:07plus-value
25:08un gain de temps
25:09tant en radiologie classique
25:11enfin scanner
25:12que en médecine nucléaire
25:13également
25:14ça c'est probablement
25:15là où les usages
25:16d'ailleurs
25:16dans les plateformes
25:17Siemens et autres
25:18sont déjà
25:20très intégrés
25:21avec des logiciels
25:23métiers
25:23qui les intègrent
25:24et de laquelle
25:26bon gré mal gré
25:27les radiologues
25:27se sont habitués
25:29à l'usage
25:30donc ça
25:30c'est très très important
25:33ensuite
25:33il y a
25:34partout aussi
25:35où il y a de l'imagerie
25:35et si possible
25:36numérisée
25:36bien sûr
25:37donc en anapath
25:38il y a maintenant
25:39beaucoup d'éléments
25:40d'assistance
25:41à la relecture
25:41dès lors qu'il y a
25:42un bedscan
25:42et que l'on peut
25:43scanner les lames
25:44parce que c'est pas
25:44toujours le cas
25:45et si elles sont encore
25:47des lames plus classiques
25:48ce n'est pas possible
25:49d'être utilisées
25:50ça c'est aussi
25:51un énorme gain de temps
25:52parce que c'est pareil
25:52la bibliothèque d'images
25:54elle dépasse je pense
25:56le champ du possible
25:57du cerveau humain
25:58en réalité
25:59et qu'une véritable
26:01bibliothèque
26:01d'images
26:03assistée par
26:04intelligence artificielle
26:05permettra de retrouver
26:06de séquencer
26:06de mieux
26:08clusterer
26:08la zone tumorale
26:09et son sous-type
26:10probablement
26:11c'est bien sûr aussi
26:12dans la génétique moléculaire
26:14pour les mêmes raisons
26:15ensuite
26:16ce que j'évoquais
26:17tout à l'heure
26:18c'est que
26:18par exemple
26:19le bloc opératoire
26:21aujourd'hui
26:22je n'utilise pas d'IA
26:24il y en a peut-être
26:25non je ne l'utilise pas d'IA
26:27pourquoi je fais
26:27beaucoup de robotique
26:28on est très bien classé
26:29dans le point
26:30je vous en remercie
26:30je n'ai pas de lien
26:31avec le point directement
26:32mais il n'y a pas
26:33d'intelligence artificielle
26:35dans ce que l'on fait
26:36au moment où on le fait
26:38il y en a peut-être
26:39dans
26:39je ne sais pas
26:40la coagulation automatique
26:42qui s'arrête un petit peu
26:42plutôt que prévu
26:43peut-être
26:43mais ça s'arrête
26:44ça s'arrête là
26:45mais en revanche
26:46je sais qu'un certain nombre
26:47de constructeurs
26:48notamment en robotique
26:49va l'intégrer
26:50pour dire peut-être
26:52dans 90% des cas
26:53derrière vous
26:55quand il se passe
26:56cette zone d'ombre là
26:58c'est qu'il y a peut-être
26:58un segment que vous n'avez pas vu
26:59tourner la tête
27:00voilà
27:00donc ça c'est notamment
27:02quelque chose que je fais moi
27:03au laboratoire de l'INRIA
27:04mais ça c'est de la recherche
27:04pure et dure
27:05donc il n'y a pas d'usage
27:07clinique
27:08là où ça semble
27:09quand même le plus pertinent
27:10c'est ce que l'on a dit
27:11tout à l'heure
27:12Nabla et autres
27:13voilà
27:13la traduction de la consultation
27:15mais surtout
27:19la reproduction
27:20de l'observation médicale
27:24telle qu'elle a été
27:24mais je pense que c'est
27:25beaucoup moins puissant
27:26que l'aide au diagnostic
27:28où c'est encore peu utilisé
27:30et que le pronostic
27:32et encore moins
27:33le pronostic individuel
27:34où là ce sera
27:35vraiment une plus-value
27:37complémentaire
27:38avec pourquoi pas
27:39la remise par email
27:40immédiatement
27:40et automatique
27:41avec la vidéo
27:42automatiquement générée
27:43du médecin
27:44au patient
27:44quand il sort
27:45de sa consultation
27:46pour le lui répéter
27:46l'IA ça va être
27:47pour un deuxième avis
27:49ce qui est vraiment important
27:51et non pas
27:52pour remplacer le médecin
27:53c'est ce que vous avez
27:53un petit peu abordé
27:54tout à l'heure
27:54qui est un vrai sujet
27:55qui est la formation
27:56des médecins
27:56il ne faut pas
27:57qu'il se repose sur l'IA
27:58parce que l'IA
27:58peut se tromper
27:59l'IA a tendance
28:00à vous donner toujours raison
28:01quand vous interrogez
28:01le chat de GPT
28:02vous êtes formidable
28:03les questions sont formidables
28:05mais il va falloir
28:06un vrai oeil critique
28:07maintenant
28:07pour regarder
28:08tout ce que l'IA
28:09vous produit
28:09je vais vous donner
28:10un exemple
28:12un cas médico-juridique
28:14qui a été présenté
28:16récemment
28:17d'un patient
28:18qui était venu
28:20pour une douleur thoracique
28:21et d'un cardiologue
28:22qui a utilisé
28:23un outil
28:24d'intelligence artificielle
28:25pour détecter
28:25un infarctus
28:27il a posé la question
28:28de l'infarctus
28:29le CG a été réalisé
28:30l'outil répond
28:32il n'y a pas d'infarctus
28:33le patient rentre
28:34mais meurt
28:35mais il ne meurt pas
28:36d'un infarctus
28:37il meurt d'une embolie pulmonaire
28:38la question
28:39qui était posée
28:40était la bonne
28:40mais l'outil
28:41n'était pas là
28:42pour détecter
28:43l'embolie pulmonaire
28:44était là
28:44pour détecter
28:44l'infarctus
28:45c'est un cas
28:47fait d'éléments historiques
28:48mais il représente bien
28:50et il reflète bien
28:51la difficulté
28:52de la médecine
28:53globalement
28:54et le fait
28:55qu'il ne faut jamais oublier
28:56que les outils
28:57que l'on utilise
28:58d'intelligence artificielle
28:59ils ne sont pas
29:00omniscients
29:00en général
29:01ils sont cadrés
29:03calés
29:03pour une certaine
29:05réalisation
29:05de tâches
29:06si on les dépasse
29:08et c'est l'exemple
29:09d'utiliser par exemple
29:10plutôt chat GPT
29:11que mettre GPT
29:12les références médicales
29:14qui sont données
29:14sont parfois
29:15des hallucinations
29:15elles sont fausses
29:16si vous cliquez dessus
29:17elles n'existent
29:18absolument pas
29:19le titre n'est pas le bon
29:20les auteurs ne sont pas le bon
29:21et avoir fait des études sérieuses
29:23Jacques vous vous développez
29:24quelque chose
29:24en réanimation
29:25justement pour avoir
29:26des signaux
29:28assez rapidement
29:29vous êtes en train
29:30de travailler sur ce sujet là
29:30on réfléchit
29:32à l'idée
29:33parce que là
29:34on travaille
29:34c'est de la recherche
29:35à ce stade
29:36là pour le coup
29:37on n'est pas dans l'opérationnel
29:38comme dans d'autres applications
29:39qu'on a citées
29:40à droite à gauche
29:41mais l'idée
29:42c'est qu'effectivement
29:43en connectant
29:45à des outils
29:46d'intelligence artificielle
29:48tous les paramètres
29:50tout ce qui recueille
29:50les paramètres
29:51autour du patient
29:52on va détecter
29:54des signaux faibles
29:55qu'aujourd'hui
29:56on ne détecte pas suffisamment
29:58et on réagit
29:59aujourd'hui
30:01tardivement
30:02quand la crise
30:03se déclenche
30:04alors que là
30:04on doit pouvoir
30:05et c'est pas on doit
30:07on sait
30:07il y a des papiers
30:08théoriques
30:08qui ont été produits
30:09sur le sujet
30:10on peut anticiper
30:11les épisodes aigus
30:13en détectant
30:14ces signaux faibles
30:15donc ça
30:15ça va être quelque chose
30:16qui va permettre
30:17effectivement
30:17d'améliorer
30:19très significativement
30:20le soin
30:21mais on est vraiment
30:21dans la recherche
30:22ça m'amène justement
30:23à une autre question
30:24on a parlé
30:26fonctionnement d'hôpital
30:27on a parlé médecin
30:27mais tous les soignants
30:29non médecins
30:29est-ce qu'ils sont embarqués
30:31dans cette belle aventure
30:32de l'IA ?
30:33nous on a des communautés
30:34de pratiques
30:35qui se mettent en place
30:36et qui regroupent
30:37tous les profils
30:38tous les 100 métiers
30:39de l'hôpital
30:39on les a mobilisés
30:41les 100 métiers
30:41c'est ENT
30:42oui
30:44et on a à peu près
30:45300 personnes
30:46qui aujourd'hui
30:46font partie
30:47du groupe de travail
30:48et qui sont dans
30:48les starting blocks
30:49pour réfléchir
30:50au-delà de la projection
30:51qui est la leur
30:52comment dans leur vie courante
30:53les données existantes
30:55celles sur lesquelles
30:56on investit
30:57vont permettre
30:57de changer
30:59d'apporter
31:00une valeur ajoutée
31:01une chaîne de valeur
31:03ou alors simplement
31:04un allègement
31:04de leur quotidien
31:05ce qui me semble
31:06hyper important
31:07c'est de former
31:10d'informer
31:11largement
31:12à ce qu'il y a
31:13en situation professionnelle
31:14je prends un exemple
31:15vraiment très drôle
31:16que j'ai eu récemment
31:17un prof
31:18qui réunit
31:19ses internes
31:20dont un travaille
31:21beaucoup
31:21au laboratoire
31:23ERIOS
31:23et il explique
31:25comme d'habitude
31:26tu prends tous les dossiers
31:27tu vas pouvoir
31:28les analyser
31:28on se retrouve vendredi
31:30tu passes dans le service
31:30on fait la visite
31:31le jeune lui répond
31:32c'est bon
31:33je suis passé
31:34j'ai déjà tout fait
31:35j'ai tout screené
31:36voilà ce que ça donne
31:39retour immédiat
31:40non je regarde pas
31:41ce que tu as fait
31:42avec l'IA
31:42tu n'as pas bossé
31:43dans ce cas
31:44donc on se retrouve vendredi
31:46et tu me montreras
31:46une fois que tu auras
31:47travaillé les dossiers
31:48le jeune revient
31:49tout dépité
31:50en disant
31:51je ne vais pas faire
31:51davantage
31:52simplement
31:53je ne vais plus rien faire
31:54jusqu'à vendredi
31:54et je ramènerai
31:55la même chose
31:57typiquement
31:58voilà une réconciliation
31:59de pratique
32:00où on en revient
32:01à comment est-ce qu'on forme
32:02tout le monde
32:03un peu à 360
32:05à ce qu'est l'IA
32:06comment on va acculturer l'IA
32:08dans nos programmes
32:09dans nos approches
32:10dans nos fonctions respectives
32:11et c'est pour ça
32:12qu'on a essayé
32:13à Montpellier
32:14depuis le 1er janvier 2024
32:15de créer l'école
32:16de la transformation hospitalière
32:18c'est se dire
32:19votre métier est percuté
32:20vous pouvez y aller
32:21on vous en donnera un
32:22qui évolue
32:23vos approches sont insuffisantes
32:25vous ne vous sentez pas à l'aise
32:26quand on met
32:27un nouveau cas d'usage
32:28quand on développe
32:29un assistant
32:29vous pouvez y aller
32:30vous aurez la certitude
32:31que ça fonctionne
32:32c'est à ce prix là
32:33qu'on associe les métiers
32:35parce que sinon
32:35il peut y avoir
32:36une crainte légitime
32:37et qu'on associe aussi
32:38l'ensemble de nos parties prenantes
32:40aux premiers chefs
32:41desquels on a
32:41les organisations syndicales
32:43tout assistant
32:44tout outil
32:45tout cas d'usage
32:46doit être préalablement
32:48partagé
32:49au sein du comité
32:50ou les syndicats siègent
32:52au sein de la CME
32:54comment est-ce qu'on introduit
32:55quelque chose
32:56qui peut changer
32:57voire déstabiliser
32:58certaines organisations
32:59du travail
33:01ou du temps de travail
33:02parce que la question
33:03du temps de travail
33:04avec l'IA
33:04là aussi ça doit être monitoré
33:06donc c'est peut-être
33:07un terme qu'on n'a pas encore évoqué
33:09mais l'évaluation
33:10de ce qu'on fait
33:11que ce soit l'évaluation médicale
33:12l'évaluation des pratiques
33:13l'évaluation des changements
33:15c'est hyper important
33:16et on a la chance
33:17dans notre consortium
33:18d'avoir une branche
33:19de l'INRIA
33:20tout à l'heure
33:20vous exposiez
33:21l'INRIA recherche
33:22là c'est l'INRIA
33:23laboria
33:24comment est-ce que
33:25sociologiquement
33:26on percute les métiers
33:27comment on accompagne
33:29cette manière
33:29dont ils peuvent être
33:30un peu déstabilisés
33:31et comment on maintient
33:32notre collectif
33:33au fil de l'eau
33:33c'est vrai que j'imagine
33:34que vous faites la même chose
33:35à l'hôpital Foch
33:36oui tout à fait
33:37la question des soignants
33:38autres que les médecins
33:39est une question
33:40tout à fait fondamentale
33:41il ne faut pas oublier
33:42quand même que
33:42l'essentiel des soignants
33:44en nombre
33:45dans l'hôpital
33:46c'est quand même
33:47les infirmiers
33:48les aides-soignants
33:49etc
33:49et donc
33:51nous passerions
33:51à côté de quelque chose
33:53si nous nous intéressions
33:55uniquement
33:56aux besoins
33:57des médecins
33:57donc le sujet
33:59des professionnels de santé
34:00on a des groupes de travail
34:01ils nous font remonter
34:02des propositions
34:04sur les choses
34:04alors parfois
34:05il y a un peu de rêve
34:05sur
34:06l'autre jour
34:07je disais
34:07bon c'est quand même
34:08pas l'affaire électricité
34:09donc il faut ramener les gens
34:12il faut les éduquer
34:13sur ce qu'ils peuvent attendre
34:14ce qu'ils peuvent pas attendre
34:15d'où l'intérêt des formations
34:17y compris les formations
34:18au premier niveau
34:18c'est à dire qu'il y ait des
34:19nous on a mis
34:20sur le site
34:21de l'hôpital
34:23sur l'intranet de l'hôpital
34:24il y a des petits modules
34:25qui ont d'ailleurs été produits
34:26par la FEAP
34:26qui sont très bien faits
34:28qui permettent aux gens
34:29de se sensibiliser
34:31à c'est quoi
34:32qu'est-ce qu'on peut attendre
34:33de l'IA
34:33etc
34:34donc cette question
34:36des professionnels de santé
34:37et du terrain
34:38c'est vraiment la question
34:39je dirais presque
34:40celle dans laquelle
34:41on gagnera
34:42ou on gagnera pas
34:43la bataille
34:44de la transformation
34:46de l'hôpital
34:46il faut les écouter
34:47il faut se mettre
34:49à leur trouver des solutions
34:51et il y a des choses
34:52qui sont pas si difficiles
34:53que ça à faire
34:54je parlais tout à l'heure
34:56du chat GPT
34:57de nos procédures
34:58c'est une demande
34:58des professionnels
34:59c'est la première des demandes
35:00qu'ils nous ont faites
35:01et c'est pour ça
35:02qu'on est parti
35:02sur cette demande
35:03après il y a d'autres
35:05demandes
35:05qui sont presque plus
35:06plus faciles
35:07qui est avoir des logiciels
35:09pour reconnaître les plaies
35:10avoir des protocoles
35:12de conseils
35:13sur quoi faire
35:14en face d'une plaie
35:15etc
35:15en fait
35:17quand on écoute
35:18les professionnels
35:19du terrain
35:19ils ont des tas d'idées
35:21encore une fois
35:22avec peut-être
35:23un petit peu
35:24la nécessité
35:25de les ramener
35:25sur le faisable
35:27et le pas faisable
35:28ça sera le mot de la fin
35:29merci beaucoup
35:30merci
35:32merci à tous les quatre
35:34je vous laisse
35:35regagner vos places
35:36sous les applaudissements
35:37merci à tous