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  • il y a 8 minutes
Les entreprises françaises veulent accélérer leurs investissements dans l’innovation, mais les aides publiques restent complexes et mal connues. Selon une étude Odoxa et F.initiatives pour l’Observatoire du financement public de l’innovation, 84 % des décideurs se disent mal informés, tandis que 82 % les jugent utiles et nécessaires. Quel rôle jouent les différentes aides publiques dans la capacité des entreprises à innover et à rester compétitives ? Débat avec Maxime Hallot, CEO de Voltify, et Solenne Desprez-Braun, directrice des affaires juridiques et fiscales de F.initiatives, au micro de Sibylle Aoudjhane dans SMART ÉCO.

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Transcription
00:03L'Observatoire du financement public de l'innovation vient de publier une étude réalisée par Odoxa et F-Initiative,
00:11donc une société de conseil spécialisée dans le financement public de l'innovation.
00:15Alors que les entreprises françaises affichent leur volonté d'investir davantage dans l'innovation,
00:19elles se heurtent à un paradoxe.
00:21Les dispositifs publics de financement sont jugés indispensables,
00:25mais restent largement méconnus, complexes, difficiles d'accès.
00:29Alors on va décrypter les résultats de cette étude avec Solène Desprébroune, bonjour.
00:34Bonjour.
00:35Vous êtes directrice des affaires juridiques et fiscales de F-Initiative, donc à l'initiative de cette étude.
00:41Et Maxime Hallot, vous êtes toujours avec nous, CEO de Voltify.
00:44Je me tourne tout d'abord vers vous Solène, parce que c'est vrai qu'en fait on utilise énormément
00:49le terme innovation,
00:51mettons un tout petit peu de cadre dans nos échanges.
00:55Est-ce que innovation dans le cadre de nos échanges, est-ce que c'est forcément la R&D ?
00:59Est-ce que c'est ça quand on parle d'innovation ?
01:02Alors en fait, il faut distinguer la R&D qui va permettre de bénéficier d'un financement,
01:07et le fait de faire de la R&D.
01:09Et c'est-à-dire qu'en fait aujourd'hui, et c'est peut-être aussi un paradoxe,
01:12mais en tout cas c'est la réalité,
01:14une société qui est innovante peut potentiellement ne pas pouvoir bénéficier d'un financement public,
01:19parce qu'elle ne remplit pas un certain nombre de conditions.
01:21Et à titre d'exemple, le Crédit d'impôt recherche, il y a certes le Code général des impôts,
01:26mais en fait c'est le manuel de Frascati qui va déterminer quelles sont les conditions
01:29qui permettent justement de bénéficier d'un financement.
01:32Oui, donc on peut vraiment parler de manière assez classique d'entreprises innovantes,
01:38ça ne veut pas forcément dire derrière qu'il y a eu tout un arsenal d'aides,
01:43juste elles ont réussi à se débrouiller par elles-mêmes, on va dire, pour innover.
01:47Maxime, comment ça s'est passé ?
01:49Alors ce moment charnière, on va dire, entre vos travaux de recherche
01:54et le passage à l'activité entrepreneuriale.
01:57Vous avez dit en première partie que le CNRS vous accompagnait,
02:00mais est-ce que déjà en termes de fonds d'aide, ça a dû être radicalement différent
02:07parce que vous ne dépendez plus des mêmes personnes ?
02:10Comment ça se passe ?
02:11C'est complètement différent.
02:12Effectivement, quand on passe d'une politique de recherche publique à une politique entrepreneuriale,
02:16on a vraiment un changement de culture, on a un choc des cultures qui est assez radical
02:23et donc il y a un besoin effectivement de s'acclimater à ces dispositifs,
02:27de s'acclimater à cette nouvelle philosophie et cette approche qui est complètement différente.
02:31Mais du coup, concrètement, vous avez dû vous approcher auprès de certains acteurs,
02:40comment est-ce que vous avez fait ce passage ?
02:43Alors du coup, effectivement, il y a quelques acteurs de choix privilégiés.
02:46On a ce qu'on appelle des structures d'incubation, on a des pôles universitaires d'innovation en France
02:51qui nous permettent en fait de se faire les bons relais avec les bons acteurs.
02:56On a évidemment BPI France aussi qui est un acteur, j'irais, de référence
03:00puisqu'il propose un certain nombre d'outils, un certain nombre de subventions,
03:04un certain nombre de formations qui nous permettent de nous acclimater
03:07et d'adresser les bons guichets, j'irais.
03:10Vous êtes senti assez accompagné, vous avez trouvé qu'en France, en tout cas,
03:13vous aviez toutes les armes pour pouvoir opérer à ce changement ?
03:16Je trouve que le terreau est assez fertile en France, oui,
03:19surtout pour ce qu'on appelle des start-up deep tech,
03:22donc deep tech en technologie de rupture,
03:24où effectivement l'accompagnement, c'est une volonté politique de BPI France notamment,
03:29de pouvoir faire bénéficier au mieux de cet écosystème
03:33et d'avoir les relais suffisants pour mieux appréhender,
03:37mieux s'acculturer le monde de l'entrepreneuriat.
03:39Le monde de l'entrepreneuriat qui est quand même très différent.
03:41Solène, est-ce que vous avez déjà prononcé le terme de crédit impôt recherche ?
03:46Ça, ce n'est pas la seule aide qui existe, mais est-ce que c'est la principale ?
03:50En termes de créances fiscales, oui, aujourd'hui, parce qu'on parle de quasiment 8 milliards
03:53et c'est aussi ce qui contribue au fait qu'ils puissent parfois bénéficier malheureusement d'une mauvaise image.
03:59Pour rebondir sur ce que disait Maxime,
04:01effectivement, il y a un vrai désir de simplification de la part des pouvoirs publics
04:05et on peut notamment saluer l'effort de la DGE, la Direction Générale des Entreprises,
04:09qui a mis en place un simulateur qui permet de calculer l'assiette du CIR.
04:13Donc on sent ce désir de simplification à la fois pour trouver l'aide qui correspond,
04:17mais également pour en bénéficier.
04:18Mais derrière, effectivement, on a quand même, et c'est ce qui ressort de l'étude,
04:2184% des décideurs qui estiment qu'aujourd'hui, ils se sentent mal informés.
04:26Oui, exactement. Donc c'est le principal défaut du dispositif, c'est le manque.
04:32Mais c'est presque intéressant parce qu'on parle très peu du manque de moyens en soi.
04:36On parle vraiment juste d'un manque d'accompagnement.
04:38Donc c'est même pas une question de moyens, finalement.
04:40En fait, l'instabilité fiscale que nous avons aujourd'hui,
04:44parce qu'il faut savoir qu'on a quand même 20% du Code Général des Impôts
04:47qui est réécrit chaque année, donc c'est énorme,
04:50doublé du fait que les modifications au niveau de la loi
04:53et également les modifications jurisprudentielles,
04:56donc toutes les décisions de justice qui vont venir commenter le crédit d'impôt recherche,
05:00en fait c'est là qu'il y a une instabilité et qui effectivement est donc une complexité
05:04que vont ressentir en pratique les entreprises comme celle de Maxime.
05:07Alors Maxime, vous aujourd'hui, vous bénéficiez de quelles aides ?
05:11Donc j'imagine que vous êtes tourné vers le crédit d'impôt recherche.
05:14Quelles sont les structures qui vous accompagnent ?
05:16Alors du coup, on a effectivement bénéficié d'un certain nombre d'aides.
05:19Les principales vont être des subventions d'État sur des concours d'innovation.
05:22Par exemple, j'évoquais le cas de BPI France tout à l'heure.
05:24On peut parler du cas du concours ILAB par exemple.
05:27On a d'autres niveaux de subventions, des subventions européennes,
05:29mais effectivement l'enveloppe du crédit d'impôt recherche, pour nous, elle est essentielle aussi
05:33puisque ça nous permet, nous, de diminuer l'assiette de dépense au prorata du risque que l'on prend en
05:40tant qu'entreprise.
05:41Et voilà, en étant entreprise, je dirais, de rupture, on prend forcément pour nous un grand risque technologique.
05:48Et donc ça nous permet de diminuer le risque financier lié à ces activités.
05:52Donc le crédit d'impôt recherche est un passage obligé, oui.
05:54Et ça a été compliqué pour vous ?
05:57Vous avez trouvé effectivement, comme toutes ces grandes entreprises qui ont répondu à cette étude,
06:02que l'accès aux informations était compliqué, que tout le chemin pour faire la demande est compliqué ?
06:09Alors oui, à la fois l'accès au guichet, d'autant qu'elle n'est pas si compliquée que ça,
06:13surtout quand on vient du monde de la recherche publique,
06:15mais par contre, effectivement, la partie administrative qui s'y accompagne est parfois assez complexe à appréhender,
06:22assez complexe, je dirais, à cheminer au travers de nos activités.
06:27Et donc ça fait partie, effectivement, nous, des problèmes que l'on rencontre tous les jours.
06:33Ça prend combien de temps, en fait ?
06:34J'imagine que vous vous êtes pris en amont, peut-être, ou comment ça se passe ?
06:38Tout à fait. Alors, nous, on constitue les dossiers toute l'année.
06:40Ça nous permet, effectivement, de mieux anticiper.
06:42Mais par contre, il y a un certain nombre de choses, effectivement, qui nous sont demandées,
06:45de manière assez récurrente, et qui prennent énormément de temps.
06:48Et c'est d'autant plus dommageable qu'on ait une petite structure.
06:51Puisqu'effectivement, la personne en charge de l'administration, c'est la même qui est en charge du reste.
06:56Donc toute la partie financière, toute la partie marché.
06:59Et donc, forcément, le temps passé, en fait, sur ces dossiers-là,
07:02c'est du temps moins pour développer notre compétitivité ou notre technologique.
07:05Et Solène, vous vous accompagnez, donc, toutes ces entreprises.
07:08Je disais, d'ailleurs, que Maxime, vous bénéficiez également du statut de jeune entreprise innovante.
07:12Tout ça, c'est des choses qui peuvent se cumuler.
07:15Comment est-ce que vous accompagnez les entreprises pour avoir un dossier complémentaire avec toutes ces aides ?
07:22La première clé, c'est l'anticipation.
07:24Et justement, c'est de faire ce qu'on appelle la veille.
07:26Donc vraiment être tenu au courant de toutes les actualités qu'il y a.
07:29Et la complexité, c'est de faire comprendre aux entreprises qu'on accompagne et aux chercheurs
07:34qu'il va falloir mettre de la matérialité en place.
07:38Donc concrètement, et un exemple simple, un chercheur, il a envie de faire de la recherche.
07:41Il n'a pas envie de noter exactement le temps qu'il a passé pour lever le verrou,
07:46pour justement appréhender la problématique.
07:48Pourtant, aujourd'hui, s'il y a un contrôle fiscal, il va falloir fournir ces éléments.
07:52Et c'est là où, effectivement, la structuration va être extrêmement importante.
07:56Parce que, encore une fois, et c'est ce que je disais en préambule,
07:58il ne suffit pas d'avoir un projet innovant pour pouvoir, derrière, justement, bénéficier des dispositifs.
08:03Et c'est là où c'est, effectivement, assez complexe, parfois, en pratique.
08:07Parce que qu'est-ce qui peut être complémentaire au crédit impôt de recherche, par exemple, comme dispositif ?
08:11Vous avez, effectivement, le statut du G8, vous l'avez dit.
08:14Il y a également les subventions.
08:16La particularité, c'est qu'il va vraiment falloir réfléchir à votre stratégie de manière holistique.
08:20parce qu'en France, vous ne pouvez bénéficier que d'une seule aide, d'un seul financement pour un seul
08:27projet.
08:27Et donc, si vous bénéficiez d'une subvention, vous allez devoir la déduire de l'assiette de votre crédit d
08:32'impôt recherche.
08:33Donc, il faut bien réfléchir parce qu'aujourd'hui, on a donc une multiplicité d'aides.
08:37Il va falloir, justement, sélectionner celle qui est la plus appropriée pour votre dossier,
08:40même si, vous avez tout à fait raison, on peut l'écumuler.
08:43Vous voulez réagir ?
08:45Non, non, c'est tout à fait clair.
08:46Je pense qu'elle dépeint assez bien la situation.
08:48Et effectivement, dans l'imaginaire collectif, il faut éviter de réfléchir en crédit d'impôt recherche
08:53comme étant une niche fiscale, puisque comme elle l'a très bien décrit, Solène,
08:56on a des garde-fous qui permettent d'éviter de multiplier les financements pour une même action.
09:02Donc, ça permet aussi au régime fiscaux de contrôler les activités des entreprises
09:07et éviter de faire financer deux fois la même chose.
09:09Donc, voilà.
09:10Même si la complexité, elle est là, ça reste un dispositif, quand même, qui est intéressant
09:15et qui est capital pour les entreprises.
09:17Vous ne deviez pas tout à l'heure parler de cette instabilité politique,
09:21si c'est possible de mettre justement cette slide que vous avez réalisée au sein de l'étude.
09:28On voit bien qu'il y a 64% des décideurs qui considèrent que l'instabilité politique et économique actuelle
09:33réduit la volonté de leur entreprise à développer des projets.
09:36Donc, c'est vrai que tous ces discours qu'on entend autour du PLF, etc.,
09:42il y a eu 2026, maintenant 2027, ça, ça a un fort impact sur toute l'innovation des entreprises.
09:51Tout à fait. En fait, finalement, le pire ennemi du crédit d'impôt recherche, c'est sa réputation.
09:55On voit gouffre financier, etc. On parle de cadeaux aux entreprises.
09:59Sauf qu'en fait, un cadeau, normalement, c'est censé être un don spontané.
10:02Or, lorsque vous faites du crédit d'impôt recherche, vous investissez en France
10:07et il y a un certain nombre de contreparties qu'on a un petit peu tendance à oublier.
10:11Et typiquement, si vous prenez, par exemple, les frais de fonctionnement,
10:14ils étaient de 50% il y a quelques années. Ensuite, ils sont passés à 43%.
10:18Depuis la loi de finances 2025, ils sont à 40%.
10:21C'est la Cour des comptes elle-même qui, il y a quelques années, nous avait dit que la moyenne
10:24pour les entreprises était de 50%.
10:26Donc, au final, on n'est pas sur un cadeau, on est plutôt sur un levier,
10:30et un levier qui est de moins en moins important du fait, justement, de ces réformes successives.
10:35Et normalement, les pouvoirs publics avaient pris la parole pour dire que le crédit d'impôt recherche
10:39ne serait pas touché pour cette année. Ça, c'est plutôt rassurant ?
10:43C'est rassurant dans le sens où dans la copie initiale, effectivement,
10:46on sait que le gouvernement ne va pas toucher au CIR.
10:48Mais derrière, on sait que l'année dernière, que ce soit à l'Assemblée nationale ou au Sénat,
10:52il y a un certain nombre d'amendements qui vont être déposés.
10:55Plus de conditionnalité, vouloir les plafonner.
10:59Et tant qu'on ne sait pas si on va avoir un budget, qui va le voter, est-ce que
11:03c'est une loi spéciale ?
11:03On a encore de l'instabilité, avec en plus les présidentielles, pour ajouter de la complexité.
11:08Oui, parce qu'on peut dire qu'on ne touchera pas au CIR.
11:10Mais en revanche, l'intérieur, et en tout cas les alinéas intérieurs,
11:14ça, pour le coup, c'est possible que ce soit modifié.
11:16Tout à fait.
11:17Maxime, justement, vous avez quand même subi les conséquences de ces instabilités politiques,
11:21parce qu'ils ont supprimé le dispositif Jeune Docteur.
11:25Ça, vous souhaitiez l'utiliser.
11:28Est-ce que vous pouvez nous expliquer en quoi ça vous a touché, ce changement de directive pour 2026 ?
11:33Un petit peu de sémantique.
11:33Le statut Jeune Docteur avait effectivement été supprimé dans le projet de loi finance l'année dernière.
11:39Et l'impact direct de ce dispositif, c'est de nous permettre à nous de recruter des talents,
11:45donc des personnes hautement qualifiées, qui ont fait une thèse, donc des Jeunes Docteurs,
11:48et qui nous permet, nous, après, en Crédit Impôt Recherche, d'avoir une bonification.
11:53L'année dernière, quand ça a été supprimé, nos effectifs à 80% étaient composés de Jeunes Docteurs.
11:57Donc ça représente pour nous une assiette assez énorme,
12:00puisque ce sont des profils hautement qualifiés qui coûtent assez cher,
12:03mais sur lesquels les emplois sont hautement stratégiques.
12:06On fait de la technologie de rupture, donc on a besoin de ces Jeunes Docteurs.
12:09Et voilà, pour donner quelques chiffres, nous, l'impact, ça a été,
12:12donc entre la première année et la deuxième année, c'était 40%, 43% de notre CIR,
12:16notre Crédit Impôt Recherche, qui a été raboté, en réalité.
12:19Donc ça a eu un impact conséquent, ça a limité les recrutements,
12:23alors que, voilà, ça avait été fait très rapidement, j'irais, sur un vote, sur un amendement.
12:28C'est uniquement 90 millions d'euros d'économie, c'est 1,2% de l'enveloppe du CIR,
12:33donc c'est vraiment pas grand-chose.
12:34Par contre, la conséquence est énorme, puisque ces entreprises, on estime que sur le territoire national,
12:39ça a causé à peu près 3 000 licenciements aux suppressions de postes.
12:43Pour nous, par exemple, on avait prévu deux recrutements,
12:45finalement, on a fait un seul recrutement sur l'année, et on a diminué aussi nos projets de R&D.
12:50Donc il y a vraiment des conséquences qui sont notables,
12:53et qui ont, j'irais, un impact long terme sur notre compétitivité.
12:57C'est ça, parce que du coup, là, vous avancez plus lentement,
13:00vous sentez que vous avancez plus lentement que ce que vous auriez dû,
13:02peut-être des échéances aussi que vous n'arrivez pas forcément à atteindre ?
13:05Alors, pour l'instant, j'ai la chance d'avoir une équipe, en tout cas, qui fonctionne très bien,
13:10et on arrive à rattraper un petit peu ce retard-là, ce retard pris.
13:14Ce n'est pas le cas de tout le monde.
13:15Je connais quelques entreprises de mon même niveau de maturité
13:19qui ont dû mettre la clé sous la porte,
13:22ou qui ont dû arrêter quelques axes R&D.
13:24Enfin voilà, il y a des impacts à tous les niveaux.
13:26Et donc, ce n'est pas parce que nous, on a réussi, j'irais, à pallier en partie,
13:30ce qu'on n'arrive jamais à rattraper complètement,
13:32que l'impact ne se fait pas sentir.
13:34Solène, on a parlé de toute cette complexité,
13:36mais quand même, l'écritier impôts recherche et toutes ces aides,
13:39ça a quand même des impacts positifs.
13:42Est-ce qu'on voit que ces aides ont des applications,
13:46que ça permet quand même de dynamiser tout ce tir au innovation
13:51que nous avons en France, dont on peut être fier ?
13:54Donc, il y a quand même des conséquences positives.
13:57Elles sont appliquées, elles sont utiles.
13:58Ah oui, bien sûr.
13:59On a par exemple une entreprise danoise qui s'appelle Novo Nordix,
14:02qui est en France depuis bientôt 70 ans.
14:05Et elle a clairement expliqué que si elle avait choisi la France,
14:08c'était parce qu'il y avait le crédit d'impôt recherche.
14:10Mais là où, effectivement, il faut être vigilant,
14:12c'est que de plus en plus de pays ont,
14:14parce que le CIR existe depuis 1983,
14:16il y a de plus en plus d'entreprises,
14:18pardonnez-moi, d'États au sein de l'Union Européenne,
14:2121 sur les 27,
14:22qui ont aujourd'hui créé des dispositifs similaires.
14:25Conséquence, au moment où nous,
14:26on est en train de raboter,
14:27si vous me passez l'expression, le CIR,
14:29au contraire, les autres pays le compensent
14:31et créent des dispositifs similaires
14:33et on se retrouve effectivement
14:34avec une problématique de compétitivité,
14:36alors même que l'effet de levier du CIR
14:38est confirmé par l'ensemble de l'écosystème.
14:40Est-ce que les entreprises françaises,
14:42selon vous, seraient trop dépendantes de ces aides-là ?
14:46Et est-ce que, en contrepartie, le privé,
14:48du coup, entre comme aussi une aide et un soutien ?
14:53Alors, je ne le pense pas,
14:54parce qu'aujourd'hui, une entreprise,
14:56pour rester compétitive,
14:57elle doit faire de la R&D.
14:58Et d'ailleurs, il ressort aussi de l'étude
15:01qu'on a faite avec Echodoxa,
15:02que les décideurs vont continuer à investir.
15:05C'est juste qu'ils seront moins compétitifs
15:08à l'international.
15:09Aujourd'hui, vous allez en Angleterre,
15:11et c'est depuis 2025,
15:12le cours du chercheur est beaucoup plus intéressant
15:14en Angleterre qu'en France.
15:15C'est la même chose en Espagne.
15:16Donc, elles vont continuer à investir,
15:18mais ça va leur coûter plus cher,
15:19et surtout, derrière,
15:20c'est le risque de délocalisation.
15:22Et pour le privé,
15:24est-ce que vous savez à quel point
15:25le privé a pris le relais ?
15:27Si ça a augmenté ?
15:28S'il y a une place plus importante,
15:30en tout cas dans le soutien de l'innovation ?
15:33Pour bien comprendre votre question,
15:34vous voulez savoir de quelle manière
15:36les entreprises compensent ?
15:37Est-ce qu'il y a des fonds, tout simplement,
15:38des investissements privés,
15:40qui permettent soit de compenser ces aides,
15:43ou en tout cas de soutenir
15:45des développements de recherche, etc.
15:47Alors, il est toujours possible
15:49de trouver d'autres financements
15:50pour les entreprises, effectivement.
15:51Est-ce que c'est en progression ?
15:53Pas à ma connaissance.
15:57Il nous reste trois minutes,
15:58je vais vous poser la question à chacun.
16:00Si vous pouviez justement interpeller
16:03ou en tout cas mettre l'emphase
16:05sur un progrès qui devrait être fait
16:08dans tout cet accompagnement public,
16:10ce serait lequel pour vous ?
16:12Je pense qu'il faut arrêter de raisonner
16:14sur cette notion de crédit d'impôt recherche
16:16ou de subvention, je dirais, à la R&D
16:19comme étant une simple dépense publique.
16:22Parce que ce n'est pas du tout comme ça,
16:24en fait, il faut le réfléchir.
16:25Il faut plutôt essayer de réfléchir
16:26d'une telle manière en posant la question.
16:28C'est quel euro investi me rapporte quoi ?
16:32D'un point de vue social
16:32et d'un point de vue financier.
16:34C'est-à-dire qu'en réalité,
16:36c'est un levier de financement
16:37sur du long terme.
16:38Et cette stratégie de stop and go
16:41assez incessante
16:42sur des politiques de financement
16:44de ce type-là
16:44a un impact peut-être
16:47très limité positivement
16:48à moyen et court terme,
16:49mais une entreprise ne se construit pas
16:51en fait sur du court terme
16:52ou du moyen terme.
16:53Elle se construit sur 10 ans, 15 ans, 20 ans.
16:54Et donc, on a besoin à tout prix
16:56de cette stabilité économique.
16:58Les entreprises portent déjà
16:59un risque technologique,
17:01mais elles ont besoin d'une stabilité
17:03pour éviter à avoir porté
17:04le risque financier aussi
17:06à elles toutes seules.
17:07Donc, il faut essayer de raisonner
17:08non pas ça comme une politique
17:10de dépense publique,
17:11mais d'investissement
17:12en essayant de réfléchir
17:13à chaque euro investi,
17:14combien elle rapporte
17:15à l'écosystème.
17:17Maxime a bien résumé
17:19avec le terme de stabilité.
17:20Aujourd'hui, l'innovation,
17:20c'est un enjeu de puissance,
17:22c'est un enjeu de compétitivité
17:23et de souveraineté.
17:24Et ce dont les entreprises ont besoin,
17:26c'est de stabilité.
17:26Et la stabilité économique,
17:28elle découle de la stabilité fiscale.
17:30Donc, des réformes, oui,
17:31mais des réformes réfléchies
17:32pour éviter l'écueil des jeunes docteurs.
17:33Et pour finir,
17:35juste pour terminer
17:36sur cette note aussi européenne,
17:37vous avez parlé
17:39du Royaume-Uni,
17:40de l'Espagne,
17:41ce sont des pays européens
17:42avec lesquels
17:43on pourrait être mis en concurrence.
17:44Est-ce qu'une réponse européenne
17:46permettrait peut-être
17:47d'uniformiser tout ça
17:50et peut-être ajouter
17:51de la compétitivité
17:52sur le terrain français,
17:53mais à l'égal européenne ?
17:55La problématique
17:56au niveau de l'Union européenne,
17:57c'est que,
17:58comme en France d'ailleurs,
17:59il y a plusieurs regards
18:00sur le sujet.
18:01Il y a une tribune
18:01qui a été signée
18:02par plusieurs pays
18:03dont l'Allemagne
18:03qui est sortie récemment
18:05qui, justement,
18:05appelle à venir réduire
18:06le budget de l'Union européenne
18:07pour les prochaines années,
18:08notamment sur la partie innovation.
18:10Donc,
18:11même si je l'appelle
18:11de mes voeux,
18:12malheureusement,
18:12je ne suis pas certaine
18:13que nous puissions
18:14y arriver prochainement.
18:16Merci beaucoup,
18:17Céline Desbré-Bruns.
18:18Je rappelle que vous êtes
18:19directrice des Affaires Juridiques
18:20et Fiscales
18:21de F-Initiative.
18:22Et donc,
18:22vous avez été auteure
18:25avec Odoxa
18:26de cette étude
18:27sur le financement public
18:29de l'innovation.
18:30Maxime Malo,
18:31merci beaucoup.
18:31Vous êtes CEO de Voltify.
18:33Vous nous avez donné
18:34tous ces détails
18:35sur votre parcours professionnel.
18:37Merci beaucoup
18:38à tous les deux
18:38pour cet échange
18:39et merci à vous
18:40toutes et tous
18:40de nous avoir suivis.
18:41C'était Smartéco.
18:42Sous-titrage Société Radio-Canada
18:48Sous-titrage Société Radio-Canada

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