00:00Les initiatives en France, d'abord à 5h18 ce matin, développer des métiers rares et conserver des savoir-faire recherchés.
00:09Bonjour Cédric Dexé.
00:10Bonjour.
00:11Vous êtes le cofondateur de l'école des beaux métiers.
00:14Alors c'est une école qui est située à Guitre, nous sommes près de Libourne, c'est ça en Gironde
00:19?
00:19Tout à fait exactement, nord Gironde, oui.
00:22Les beaux métiers, quelle formation suit-on exactement dans votre école ? Expliquez-nous.
00:26Oui, alors aux beaux métiers, on va apprendre tout ce qui est métiers de la tapisserie.
00:32Tapisserie en siège, tapisserie d'ameublement, abat-jour, scellerie, donc différentes scelleries, que ce soit la scellerie automobile, moto ou
00:42nautique.
00:43Et puis des métiers un peu plus rares, tels que l'éventail et bientôt la boutonnerie et d'autres métiers
00:49un peu plus rares.
00:50Ah voilà, les beaux métiers. Alors les auditeurs d'Europe 1 pourraient vous dire, il y en a beaucoup, des
00:54beaux métiers.
00:55Et le mien par exemple, je ne sais pas quel qu'il soit d'ailleurs.
00:58Mais là, effectivement, vous vous concentrez sur les métiers de l'artisanat d'art.
01:03Exactement.
01:04Pour quels élèves, ça s'adresse à qui ?
01:05Alors nos élèves sont principalement des élèves en reconversion, des élèves adultes,
01:10qui ont en général entre 25 et 55 ans, voire un peu plus, sur de la formation courte ou de
01:17la formation longue.
01:17Donc effectivement, parcours de reconversion, c'est vrai qu'on parle beaucoup de ce sentiment de perte de sens.
01:23On entend cette volonté qui en découle de bifurcation.
01:27C'est à ces profils que vous vous adressez particulièrement ?
01:30Oui, oui, oui, tout à fait.
01:31Notre public, ce sont des adultes qui veulent changer de vie professionnelle, en effet, comme vous voulez me dire.
01:36Mais aussi des artisans parfois et des salariés qui viennent acquérir et perfectionner une compétence technique,
01:44autant en initiation qu'en perfectionnement.
01:46Qui viennent se perfectionner. Alors justement, c'est l'occasion de parler un petit peu de vous, Cédric D'Eccès.
01:50Vous avez été formé pour votre part chez les Compagnons du Devoir.
01:53Exactement. Je suis tailleur de pierre d'origine.
01:57J'ai vadrouillé un petit peu lors de ma jeunesse en taille de pierre chez Compagnons du Devoir,
02:03ce qui m'a permis d'avoir une formation quand même, elle aussi, d'excellence.
02:08Et qui m'a permis, après, d'accéder à d'autres métiers et aujourd'hui, l'ouverture d'une école.
02:13Et c'est peut-être ça que vous avez eu en tête lorsque vous avez fondé l'École des Beaux
02:16Métiers,
02:16de vouloir peut-être démocratiser, de faciliter cet accès à l'excellence, justement ?
02:21Oui, et au-delà de l'excellence, démocratiser l'excellence, en effet,
02:25mais démocratiser aussi tout simplement nos métiers de l'artisanat et de l'artisanat d'art.
02:29Dont certains se perdent, peut-être. Vous parliez de métiers rares tout à l'heure.
02:33Exactement. Je pense notamment, lorsque vous dites certains métiers qui se perdent,
02:37je pense notamment à l'éventail.
02:38Nous sommes la seule formation en France à proposer, la seule école à proposer cette formation-là.
02:45Pour nous, c'est très important, aujourd'hui et à l'avenir, de développer ces formations
02:49sur des métiers qui sont presque perdus ou totalement perdus et les faire revivre.
02:53Bien. Alors vous savez qu'ici, dans les initiatives en France, ce rendez-vous sur Europe 1,
02:57nous parlons souvent de l'IA, l'intelligence artificielle qui permet beaucoup d'innovation, c'est vrai.
03:02Qui fait peur aussi, parce qu'elle menace, c'est vrai également parfois certains emplois.
03:07Vous, vous dites justement, Cédric Dexay, avec votre école des beaux métiers,
03:10plus le monde se numérise, et bien plus la main de l'artisan, en l'occurrence, reprend de la valeur.
03:17Tout à fait, on le voit de plus en plus.
03:19Nous, on a une demande qui est exponentielle en ce moment.
03:23Les gens qui sont contre l'IA ou qui ont un avis assez neutre même,
03:27viennent vers nous parce qu'ils ont envie de retrouver vraiment ce geste face à une numérisation croissante de notre
03:35société.
03:36Vous êtes à l'établissement privé ?
03:38Tout à fait, oui.
03:40Combien coûte la scolarité ?
03:42Alors tout dépend des formations.
03:43Nous avons une formation longue qui est aux alentours de 8000 euros.
03:48Et puis ensuite, sur nos sessions courtes, la majorité de nos sessions,
03:52qui, durant 3 et 5 jours, on est aux alentours de 1200-1500 euros.
03:57Oui, et vous avez combien d'élèves ?
03:59Alors actuellement, depuis l'ouverture de l'école, nous avons accueilli un peu plus de 180 élèves.
04:05Oui.
04:05Et toutes les semaines, on accueille environ une vingtaine de nouveaux élèves.
04:09Bon, une question qu'on a tous en tête, l'insertion professionnelle à la sortie, comment ça se passe ?
04:13L'insertion professionnelle, oui, oui, elle est vraiment là, heureusement.
04:19De toute façon, nous, notre credo, c'est que s'il n'y a plus de débouchés, on arrête les
04:24formations et on va vers de nouvelles formations.
04:28La plupart des gens, donc, maintenant, qui ont fini nos formations, souvent font d'autres formations et ont des métiers,
04:38ce qu'on va appeler des métiers un peu complets, où ils vont faire différents métiers.
04:42Un petit peu comme ce qu'ils faisaient avant, au final.
04:45Donc, on va avoir des tapissiers qui sont aussi abatjouristes, aussi éventailistes et qui ont des boutiques et qui vont
04:50proposer plusieurs produits.
04:52Mais tiens, justement, la formation la plus demandée ?
04:53La formation la plus demandée, actuellement, c'est quand même la tapisserie.
04:57La tapisserie.
04:57Voilà.
04:59Même si c'est celle qu'on va peut-être, en effet, ici, deux ou trois ans arrêter, puisque, justement,
05:05très demandée et on ne veut pas boucher le secteur.
05:07Bon, alors, c'était le week-end dernier, les journées du patrimoine, Cédric D'Excel.
05:11Vous avez fait, je crois, une journée porte ouverte, hein ?
05:14Oui, bien sûr.
05:14Vous avez pu mesurer, justement, la curiosité du public, l'engouement, peut-être, pour ces métiers auxquels vous formez ?
05:21Oui, l'engouement est vraiment là.
05:23Les gens sont très intéressés.
05:24Et ce qui est intéressant, c'est qu'on accueille, lors de ces journées, de plus en plus de jeunes,
05:28aussi.
05:29Donc, des jeunes que, nous, forcément, on n'accueille pas forcément, mais qui seront peut-être de futurs apprenants, ici,
05:35à l'école.
05:35Et puis, des jeunes, aussi, justement, de 25, 30, 35 ans, qui sont très attirés, qui ont des profils, souvent,
05:43où ils ont fait des études, type ingénieur ou d'autres,
05:48et qui veulent déjà se reconvertir, malgré leur jeune âge.
05:51Eh bien, voilà.
05:51L'intelligence artificielle, ni l'IA, ne coupera pas la main de l'artisan.
05:55C'est votre école des beaux métiers qui le prouve, et de belle manière.
05:59Je rappelle que vous êtes situé à Guitre, c'est près de Libourne, en Gironde.
06:03Merci, Cédric Dexé.