00:00L'invité d'Issimation aujourd'hui, c'est le PDG de la VeriArc que nous recevons.
00:03Timothée Durand nous présente sa stratégie pour relancer l'entreprise de l'Odomarois,
00:08entreprise emblématique de notre région évidemment,
00:10et qui a échappé il y a six mois, Thomas, à la liquidation judiciaire.
00:14Bonjour Timothée Durand.
00:15Merci de m'accueillir.
00:16Vous êtes le PDG de la VeriArc 1825,
00:19puisque l'entreprise a été renommée à votre arrivée.
00:22Votre plan de relance dans l'offre que vous avez déposée à l'époque
00:24impliquait la suppression de 750 emplois.
00:27Quelles conséquences cela a eues sur le fonctionnement de l'usine ?
00:29C'est-à-dire qu'aujourd'hui vous avez à Arc environ 2700 salariés,
00:33contre 3500, il y a encore un an.
00:35Cela veut dire que l'activité est différente aujourd'hui ?
00:38L'activité est la même, puisqu'on a gardé les mêmes volumes de production,
00:43mais on avait un besoin de se redimensionner industriellement
00:48avec la fermeture d'un four et de concentrer notre production sur cinq fours aujourd'hui,
00:51et aussi redimensionner les équipes pour pouvoir être rentable.
00:54C'est-à-dire que vous produisez moins,
00:55ou la production est vraiment la même en termes de quantité ?
00:57On produit exactement la même quantité.
00:58Pour vous, réduire le nombre d'emplois signifiait simplifier certaines choses,
01:02pour réduire les coûts, puisque c'était un des enjeux de la reprise d'Arc
01:05quand vous avez déposé cette offre.
01:07Qu'avez-vous simplifié dans les process de l'entreprise aujourd'hui ?
01:11C'est une simplification qui est en cours et qui n'est pas terminée,
01:14mais on avait un besoin urgent de baisser cette organisation,
01:21de la rendre plus compétitive.
01:23Il fallait être rentable dès la première année pour pouvoir redresser cette entreprise.
01:27C'est mon projet jour après jour.
01:32Rentable dès la première année, c'est-à-dire que vous ferez un bilan d'autres arrivées au mois d
01:36'avril,
01:37a priori, ça fera un an au mois d'avril, on verra à ce moment-là ce qui a fonctionné,
01:39ce qui n'a pas fonctionné.
01:40On sera rentable dès la première année, c'était l'objectif.
01:43On veut pouvoir apporter de la trésorerie pour investir dans le futur,
01:50augmenter les innovations,
01:51et ce projet de redressement a impliqué de la rentabilité dès le premier jour.
01:55On va parler de la production des innovations que vous mettez en place,
01:57mais dans les suppressions de postes qui ont été décidées,
01:59il y avait environ 200 licenciements.
02:01Nous avions interrogé à l'époque sur Issinore des salariés qui s'imaginaient travailler toute leur vie chez Arc,
02:06qui ont pu commencer dans cette entreprise, qui ont perdu leur travail.
02:08Qu'est-ce que vous pourriez leur dire ce matin, que tout ça était nécessaire,
02:10qu'il fallait le faire, qu'on n'ait pas le choix ?
02:12Quand on prend ce genre de décision, quand on monte un projet de reprise
02:16qui implique des réductions d'emploi, ce n'est pas avec plaisir,
02:18et particulièrement pour moi, qui suis une aventure familiale.
02:26Votre grand-père, votre père ont été aussi dirigeants de l'entreprise.
02:29Exactement, qui ont connu l'ensemble des salariés et leur famille.
02:33Néanmoins, dès le premier jour, j'ai rencontré les représentants du personnel
02:38pour expliquer ce projet.
02:39Et on a souhaité favoriser le volontariat.
02:44Et je pense qu'on l'a bien fait.
02:46On a réussi à avoir 500 volontaires dans ce plan de départ.
02:50Malheureusement, à la fin, il y a eu un peu moins de 200 personnes
02:52qui ont dû être désignées et licenciées.
02:55C'est bien malheureux, mais c'était absolument nécessaire
02:58pour préserver cette belle verrie.
03:00Le climat social, aujourd'hui, est apaisé.
03:02C'est rare que, justement, après ces 200 licenciements,
03:04c'est quelque chose qui n'est pas anodin dans une entreprise, encore une fois.
03:07Écoutez, je crois qu'avec les valeurs de ma famille et mes valeurs,
03:12en fait, le climat social a toujours été apaisé.
03:15C'est évidemment difficile pour les personnes qui ont été impactées,
03:19mais les salariés, leurs familles, ont compris la nécessité de faire cette réorganisation.
03:25Ici Nord, il est 7h47.
03:26Nous sommes en direct avec Timothée Durand, PDG de la VeriArc 1825.
03:31Timothée Durand, votre plan de relance impliquez deux choses.
03:33Réduire la dette de l'entreprise et développer, relancer son activité.
03:36À 7h, tout à l'heure, nous entendions une directrice des collections
03:39nous présenter les verres ultra fins que vous produisez désormais.
03:42Pourquoi vous êtes-vous lancé sur ce créneau ?
03:44En fait, ce qui a fait le succès d'Arc, c'est l'innovation.
03:47Et j'ai souhaité augmenter les moyens pour innover.
03:52Et une belle innovation que nous avons lancée cette année
03:55sont des verres à dégustation de vins extra fins
03:58qui sont à des prix très compétitifs
04:01puisqu'ils sont vendus 6-7 euros pièce.
04:04Et donc, nos verriers ont développé pendant des mois ces verres.
04:11Et maintenant, on est capable de produire des verres
04:13qui ont une finesse au buvant de 0,7 millimètre.
04:16et je vous conseille de les essayer
04:20parce que ça met en valeur le vin que vous pouvez déguster.
04:23On parle avec ce verre de verre premium,
04:26c'est-à-dire qu'il est de meilleure qualité,
04:28que tout le monde ne peut pas le faire.
04:29A priori, c'est comme ça que vous comptez vous démarquer de la concurrence,
04:31notamment de la concurrence chinoise,
04:32en proposant des verres à haute qualité qui ne sont pas produits ailleurs.
04:36Souvent, les verres de cette finesse sont faits à la main,
04:39souffles et bouche, on dit dans notre jargon.
04:43Mais ils sont beaucoup plus chers.
04:44Et donc, l'innovation, c'est de faire des verres extra fins à la machine
04:49et de manière très compétitive.
04:50Et de pouvoir les faire moins chers aussi que les concurrents, j'imagine.
04:53Développer l'activité, ça veut dire diversifier la production,
04:55innover comme vous venez de le dire,
04:56et trouver aussi de nouveaux marchés, de nouveaux clients.
04:59On peut citer vos marques Grand Public, Luminark, Arcopal,
05:02et puis tous les contrats que vous passez avec des professionnels.
05:05Vous avez récemment décroché un contrat auprès du groupe Heineken
05:07pour leur fabriquer des verres.
05:09Vous avez remporté un prix, je pense, également.
05:11Ça fait partie des nouveaux contrats.
05:13On travaille avec beaucoup de brasseurs
05:15et Heineken est un client très important.
05:19Et ils nous ont demandé de fabriquer un verre
05:22avec une base en forme d'étoile
05:23qui est très emblématique pour cette marque.
05:27C'était extrêmement difficile.
05:29de pouvoir faire ce verre.
05:30Beaucoup de verriers concurrents ont renoncé
05:33et nos verriers ont pris le challenge
05:36et ont réussi à fabriquer ce verre
05:37qui a eu un prix du design très récemment.
05:40Il y a les arts de la table.
05:42On peut citer parmi vos clients aussi,
05:43en plus c'est une entreprise de la région,
05:45les brasseries Goudal.
05:46Et puis il y a aussi ce contrat
05:48que vous avez décroché avec un groupe CDP
05:50qui fournit là des enseignes
05:50et des magasins de jardinage, de bricolage.
05:53Ce sera pour quel genre de produit ?
05:55Alors là, on peut avoir des boîtes de conservation.
05:58On a des produits différents aussi
06:00qu'on cherche à travailler du verre
06:04sur d'autres catégories.
06:05La conservation, c'était souvent des contenants en plastique
06:07et nous fabriquons des contenants en verre
06:10plus vertueux pour ces marchés-là.
06:12Timothée Dion, êtes-vous optimiste aujourd'hui
06:15après tout ce qu'a traversé l'entreprise encore une fois ?
06:17Arc, j'allais dire revient de loin
06:20mais a bénéficié d'énormément de subventions publiques.
06:22Est-ce que vous pouvez parler de rentabilité
06:25dès la première année,
06:26continuer en vous passant des subventions désormais ?
06:29Aujourd'hui, nous n'avons plus de subventions.
06:31Oui, vous en avez eu énormément.
06:33L'État, la région et la CAPSO nous ont beaucoup aidés, c'est vrai.
06:38Nous discutons encore beaucoup avec eux, évidemment.
06:42Nous sommes un employeur très important dans la région et en France.
06:47Moi, si je n'étais pas optimiste, je ne serais pas devant vous aujourd'hui
06:49parce qu'être entrepreneur nécessite de l'optimisme tous les jours
06:53et particulièrement en ce moment quand le monde est chahuté
06:56avec des nouvelles crises à surmonter.
06:59Des crises qui impliquent aussi une augmentation très forte des coûts de l'énergie,
07:03notamment le gaz chez Arc,
07:04puisque les fours tournent en permanence,
07:06utilisent beaucoup d'énergie pour pouvoir chauffer le verre.
07:09Cela vous impacte directement.
07:10Comment est-ce que vous allez répercuter cela ?
07:11C'est-à-dire que les prix vont nécessairement augmenter aussi ?
07:15En fait, on est énergivore.
07:18Notre métier est incroyable
07:21mais on prend du verre, du sable
07:24que l'on chauffe à 1500 degrés
07:26pour le transformer en verre
07:28et ça nécessite beaucoup d'énergie,
07:30à la fois du gaz et de l'électricité
07:32avec une volonté d'augmenter la part d'électricité dans le futur.
07:35Une volonté de décarbonation.
07:37Pour décarboner, exactement.
07:39Et c'est vrai qu'aujourd'hui,
07:40le prix du gaz et de l'électricité pour les industriels
07:42augmentent fortement
07:44et on va vraisemblablement devoir passer
07:47des petites hausses de tarifs l'année prochaine
07:50auprès de nos clients,
07:51ce qui n'est jamais facile
07:51quand en face il y a une baisse du pouvoir d'achat.
07:53En tout cas, vous êtes optimiste.
07:55C'est ce que vous nous avez dit.
07:56Merci beaucoup, Timothée Durand,
07:58d'avoir accepté notre invitation ce matin
07:59sur ICINOR, PDG d'ARC 1825,
08:02la verrerie emblématique de l'Odo Marois.
08:03Bonne journée à vous.
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