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  • il y a 6 semaines
Télématin reçoit Eric Chenu, président de la fédération nationale de la Mutualité française.

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Transcription
00:00On vient en France avec ce chiffre. 96% des Français ont une complémentaire santé.
00:06Autant dire que le sujet dont on va vous parler nous concerne tous.
00:09Bonjour Éric Chenu.
00:10Vous êtes le président de la Fédération Nationale de la Mutualité Française
00:14qui représente 450 mutuelles, c'est 32 millions d'affiliés.
00:20Autant dire tout le monde.
00:21À quelques jours de l'examen parlementaire du projet de loi de financement de la Sécurité Sociale,
00:25vous alertez sur la hausse à venir des tarifs.
00:28De combien, clairement, nos cotisations vont-elles augmenter en 2027 ?
00:32Aujourd'hui, on ne sait pas le dire puisqu'on n'a pas les mesures qui sont dans le projet
00:36de loi de financement de la Sécurité Sociale.
00:39On ne connaît pas le contenu du texte.
00:41Par contre, ce que l'on sait, c'est qu'au premier semestre,
00:44les dépenses auxquelles les mutuelles ont eu à faire face ont augmenté de plus de 5,5%.
00:50Et le gouvernement a arbitré un certain nombre de transferts de l'assurance maladie
00:56vers les complémentaires santé, sur les transports, sur les médicaments, sur le dentaire.
01:01On va en parler, mais les cotisations, elles ont déjà augmenté de 25% en 5 ans.
01:06Donc, on peut se dire que ça va faire beaucoup.
01:07Et vu ce que vous nous dites, ça va continuer sur ce rythme-là ?
01:10Les cotisations des mutuelles, elles augmentent au rythme où les prestations augmentent,
01:15où les dépenses de santé augmentent.
01:17Donc, 5% au premier trimestre, 5% l'année prochaine ?
01:20Je ne sais pas vous dire, puisqu'il y a un certain nombre de mesures que nous ne connaissons pas,
01:26mais les transferts que l'assurance maladie fait vers les complémentaires santé vont accentuer ça.
01:31Et c'est bien conscient de cette difficulté que rencontrent nos adhérents,
01:35puisque les dirigeants des mutuelles, ce sont des adhérents.
01:38Nous sommes des organisations démocratiques à but non lucratif.
01:41On n'a pas d'actionnaires à rémunérer.
01:43Notre seul objectif, c'est d'être à l'équilibre à la fin de l'année,
01:45parce qu'on a l'obligation de l'être.
01:47Et c'est pourquoi on lance un appel à mobilisation,
01:52pour que nos adhérents interpellent leurs parlementaires pour faire baisser les taxes.
01:58On va être très concret.
01:59Moi, je paye mes cotisations tous les mois.
02:00Si la Sécu vous demande, vous, de prendre en charge certains remboursements à sa place,
02:06en gros, vous vous arrangez entre vous.
02:08Mais à la fin, pourquoi c'est moi qui dois payer plus ?
02:11Parce qu'à partir du moment où la mutuelle a l'obligation de reprendre,
02:17par exemple, on va prendre l'exemple du denteur,
02:19il y a trois ans, l'assurance maladie remboursait 70% du denteur.
02:24À partir du 1er janvier 2027, ça ne sera plus que 50%.
02:27Les 20% que l'assurance maladie ne prend plus en charge,
02:32c'est votre mutuelle qui va le prendre en charge.
02:34Il faut bien qu'on lève plus de cotisations pour pouvoir financer cette prise en charge.
02:40Ça va aller directement sur les soins.
02:42Je vais prendre un autre exemple.
02:43Sur une cotisation de 100 euros par mois, 20 euros vont aux frais de gestion des complémentaires
02:48pour des contrats individuels.
02:49Ce sont les chiffres de l'adresse qui dépendent du ministère de la Santé en 2024.
02:53Est-ce que vous pouvez nous garantir que les mutuelles,
02:56elles ont déjà fait toutes les économies possibles avant de ponctionner les adhérents ?
03:02Elles font le maximum pour faire baisser ces frais de gestion.
03:05C'est ce qu'elles ont fait d'ailleurs,
03:06puisque les frais de gestion ont baissé de plus d'un pour cent ces deux dernières années.
03:10et on continue à souhaiter le faire.
03:13Mais vous avez dit sur 100 euros de cotisation,
03:16ce qu'il faut que vous ayez conscience,
03:18c'est que quand vous payez 100 euros,
03:21vous allez en plus payer 16 euros de taxes.
03:25Et c'est là-dessus que nous, on estime que ce n'est pas normal.
03:28La santé, ce n'est pas un produit de luxe.
03:30Ce n'est pas normal que quand vous payez 100 euros de cotisation,
03:35on vous en appelle 116 pour payer des taxes.
03:38Donc vous, vous dites que les hausses de cotisation,
03:40ce n'est pas nous, c'est uniquement l'État.
03:42Et on est comme finalement les adhérents, victimes de l'État.
03:47Mais est-ce que c'est logique qu'on paye autant de taxes en France ?
03:52Il y a 20 ans, c'était 400 millions sur le champ des complémentaires santé.
03:56Cette année, c'est 7 milliards et demi.
03:59C'est considérable.
03:59Donc vous en répétez ces taxes, de quoi est-ce qu'on parle exactement là
04:03quand vous parlez de ces taxes ?
04:04C'est ce qu'on appelle la taxe sur la solidarité sur l'assurance
04:08qui frappe vos cotisations santé.
04:11C'est une forme de TVA sur la santé.
04:13Nous, on demande à ce qu'elle soit réduite au niveau des biens et services essentiels.
04:17La santé, c'est un bien et un service essentiel.
04:20Il n'y a pas de raison qu'on taxe autant.
04:22En Italie, c'est 2,5%.
04:23En Allemagne, c'est 0%.
04:25Nous, c'est 16%.
04:27Tous les ans, on entend que les dépenses de santé augmentent.
04:29Que les mutuelles n'ont pas le choix et qu'elles devront augmenter les tarifs.
04:32Est-ce qu'une mutuelle pourrait décider de ne pas répercuter la hausse des prix sur ses adhérents ?
04:36C'est impossible.
04:38Comment on ferait ?
04:39Ce n'est pas en fragilisant le deuxième pilier qui finance la santé dans notre pays,
04:44ce que sont les mutuelles,
04:45qu'on va régler les problématiques de l'assurance maladie.
04:48Nos dépenses de santé, elles évoluent ces dernières années de 4,5-5% par an.
04:54Et c'est toute la problématique.
04:55C'est pour ça que nous, on souhaiterait travailler avec le gouvernement,
05:00avec les parlementaires,
05:01sur les leviers pour pouvoir garantir la soutenabilité de notre modèle.
05:05Notre pays vieillit, les pathologies chroniques augmentent.
05:09On a des technologies qui évoluent et qui coûtent plus cher,
05:14mais qui permettent de mieux soigner les gens.
05:16Donc tant mieux, c'est du progrès.
05:17Mais tout ça, il faut le financer.
05:18Si on ne travaille pas sur la pertinence des prescriptions,
05:22c'est-à-dire pour éviter des soins redondants,
05:24si on ne lutte pas plus efficacement contre la fraude,
05:28si on n'encadre pas les fonds de pension spéculatifs
05:31qui captent de la valeur sur notre système de santé,
05:34on aura un problème.
05:35Et puis, un enjeu, c'est la prévention.
05:37Aujourd'hui, on ne consacre que 2,3% de dépenses à la prévention dans notre pays.
05:43La moyenne européenne, c'est 3,7%.
05:45Et donc ça, ça fait partie, j'imagine, des conclusions des États généraux
05:49de la protection sociale que vous avez menée depuis le printemps.
05:53Vous remettrez un rapport le 26 novembre sur les conclusions de ces États généraux.
05:58Si vous avez là une demande à faire au candidat à la présidentielle,
06:02une seule.
06:05Travaillons de manière pluriannuelle sur la trajectoire que l'on veut faire
06:09à notre système de santé pour en garantir la soutenabilité.
06:14Sinon, à un moment donné, on aura un problème.
06:16Aujourd'hui, on consacre 330 milliards pour se soigner dans le pays,
06:19ce qui est un bel effort individuel, collectif, que nous faisons.
06:23Tout le monde protège tout le monde.
06:25Si les chiffres évoluent comme ils évoluent en ce moment,
06:29ça sera plus de 500 milliards d'ici une quinzaine d'années.
06:31Est-ce qu'on le peut ? Est-ce qu'on le veut ?
06:34C'est ça la question fondamentale.
06:35Et on l'a entendu ce matin.
06:36Et c'est un choix de société.
06:38Moi, je pense qu'on doit préserver les mécanismes de solidarité,
06:41d'universalisme de notre modèle social.
06:43Mais ça suppose que tout le monde fasse des efforts, bien évidemment.
06:47On l'entend bien.
06:47Mais surtout qu'on travaille dans la durée ensemble.
06:49Merci beaucoup, Éric Cheny, d'avoir été avec nous ce matin.

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