- il y a 3 semaines
Télématin reçoit le chanteur Grand Corps Malade, à l’occasion de la sortie de son nouvel album "Voir la mer", ainsi que Julie Catalifaud, détective privée, qui publie un livre consacré à son métier.
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00:02On est tellement content de parler de votre album qui est, encore une fois, on a l'impression qu'on
00:06dit ça à chaque fois, mais c'est qu'est-ce qu'on aime.
00:09Et là, ce qu'on entend, c'est les failles.
00:11J'étais étonné parce que c'est super funky, on a envie de faire des ouïes.
00:15Mais ça me fait plaisir que vous en parliez parce qu'on n'en parle pas souvent.
00:18Mais sur cet album, il y a des morceaux très rythmés, très investis.
00:22Et là, les failles, c'est carrément un morceau de funk.
00:25Et il y a aussi ça sur la peau.
00:27Oui, il y a aussi ça.
00:28Donc en fait, il y en a pour tous les goûts.
00:29Et vous dites dans cette chanson qu'on a tous nos petits défauts.
00:32Il y a les maladroits, il y a les timides, il y a les jaloux.
00:36Eh oui, Thomas.
00:36Les têtus, les impatients, les peureux, les coléreux.
00:41Quelle est votre faille, Fabien, à l'éasement encore malade ?
00:44Celle qui est la fragilité qui peut nous émouvoir.
00:46Il y a la fragilité physique, évidemment, qui est quand même une faille.
00:50Et puis après, il y a peut-être la peur du vide.
00:54Peut-être que j'essaye de combler beaucoup de choses.
00:57Peut-être que je suis un peu hyperactif.
00:58Je ne sais pas.
01:00En tout cas, on a tous des failles.
01:01C'est ce que je dis dans ce morceau.
01:03Mais je pense qu'il faut le prendre comme une force.
01:06Et que c'est au travers de nos failles que passe la lumière, le talent et les envies.
01:12Et donc du coup, c'est pour ça que j'en ai fait un morceau plutôt funky et festif.
01:16C'est que les failles, finalement, il faut les prendre de manière positive.
01:20D'ailleurs, on remarque, moi, je pense qu'on tombe amoureux plus de failles que de force, en fait.
01:26Ce qui nous émeut profondément, ce sont les failles des gens qui nous entourent.
01:29Et l'autre, bien sûr.
01:31Je le dis dans le refrain, viens avec tes failles, c'est plus charmant.
01:34C'est charmant des failles.
01:35Il y a une phrase qui est tellement jolie.
01:36Vous dites, nos cicatrices servent à souligner nos grains de beauté.
01:39Et j'ai adoré dans cette chanson.
01:41On va en parler tout au long de cette émission, de votre album.
01:44Mais on va surtout essayer de mieux vous connaître, Fabien.
01:46Avec un premier chiffre, 20.
01:48Et ça me paraît fou, mais ça fait 20 ans qu'on vous connaît, mon grand.
01:52Oui, alors, mon grand, parce que vous avez ce problème de pseudo
01:55où vous n'avez pas de prénom dans votre pseudo.
01:58C'est comme Miu Miu.
01:59Du coup, voilà, de temps en temps, on va vous appeler Fabien au cours de cette interview.
02:04Ça me voit très bien.
02:04Jamais vous avez eu envie, d'ailleurs, de vous réapproprier votre vrai nom, Fabien Marceau.
02:08Non, non, ce nom, il est venu un peu par hasard et un peu pour déconner dans une soirée slam.
02:14Même bien avant de faire un album.
02:16Mais du coup, c'était mon nom de scène, c'était mon nom d'artiste.
02:19Et non, non, il n'a jamais été question d'en changer.
02:21Un autre chiffre, 800.
02:22Et ça, c'est un chiffre que vous donnez vous-même dans un des textes de votre album.
02:27800 concerts, ma fierté ultime.
02:30J'ai trouvé ça fort de le dire comme ça.
02:32En fait, ça vous paraît même plus fort d'avoir fait neuf albums que d'avoir vendu deux millions de
02:38ses albums.
02:39800 concerts, c'est ça ce qui vous marque ?
02:39Oui, j'ai l'impression que le spectacle vivant, c'est le plus important.
02:44Moi, je n'imagine pas faire un album si ce n'est pas pour faire une tournée derrière.
02:47Et 800 concerts, c'est beaucoup.
02:49Et c'est beaucoup de gens qui sont venus en face de nous, en face de nous avec les musiciens.
02:53Et peut-être que c'est ça la plus grande fierté, d'avoir su créer ce public assez fidèle.
02:58Là, on repart en tournée toute l'année 2027, la tournée des grandes salles.
03:03Et bon, je pense que les gens seront encore là.
03:06Et je ne me lasse pas de ça, je ne suis pas blasé.
03:09Quand je monte sur scène et que je vois 5 000, 6 000 personnes qui sont là et qui m
03:13'attendent,
03:14j'ai encore l'œil de l'enfant là-dessus.
03:17Je trouve ça assez merveilleux.
03:18Ça vous surprend que ça tienne aussi bien dans le temps, depuis 20 ans ?
03:21Après, moi, j'ai l'impression que ça fait 3 ans que je suis là.
03:24Et vous êtes rassuré maintenant, dans le temps ?
03:26C'est les 20 ans, donc voilà, je me rassure, ça va durer.
03:30Non, non, mais je n'ai jamais été inquiet, je suis rassuré, mais je ne suis pas blasé.
03:33Je continue de trouver ça pas complètement normal, tout ce qui se passe.
03:38Un dernier chiffre, 3, on en parlera tout à l'heure,
03:40les 3 personnes qui vivent avec vous et avec qui vous êtes partis au Québec.
03:44Mais moi, je voulais évoquer vos 3 films.
03:47Parce qu'en plus de la musique, vous avez un sacré talent quand même pour le cinéma.
03:51C'est simple, vous avez fait 3 films, 3 succès,
03:54co-réalisés avec Mehdi Idir, Patient, La vie scolaire et M. Aznavour.
04:00Je ne sais pas si les gens réalisent que c'est rarissime.
04:03J'ai même cherché un chanteur qui avait réussi aussi en tant que réalisateur.
04:09Franchement, c'est difficile à trouver.
04:11On peut penser à Gainsbourg, à un moment, qui a réalisé aussi des films,
04:15mais avec moins de succès que vous.
04:18Vous vous rendez compte de la chance que vous avez ou du talent que vous avez ?
04:21Je ne sais pas comment il faut le dire.
04:23Franchement, plus de la chance.
04:25Vraiment, je trouve que c'est un privilège d'avoir ces deux casquettes-là.
04:30J'ai l'impression que mon premier métier, ça restera la musique,
04:33c'est faire des chansons, faire des disques, faire de la scène.
04:35Mais le cinéma, c'est fabuleux.
04:37C'est un art que j'ai appris à appréhender, que j'ai découvert.
04:40Et de se dire qu'entre un ou deux albums, une ou deux tournées,
04:43je vais avoir un nouveau projet cinéma, que je vais écrire, qu'on va réaliser.
04:49Et vous en avez un quatrième en préparation ?
04:51Pas en préparation, mais il y a une idée qui mûrit.
04:54En gestation.
04:55En gestation.
04:57Est-ce que vous avez déjà eu envie, Fabien, de faire appel à un détective privé ?
05:01Une ex, par exemple ?
05:03Pas encore, mais c'est assez fascinant.
05:06C'est assez fascinant.
05:07Vous allez voir que la personne que je vous présentais va vous fasciner,
05:10va tous nous fasciner d'ailleurs,
05:11parce que cette personne est détective privée depuis 15 ans.
05:15Elle enquête sur les escroqueries, les fraudes,
05:18et surtout les partenaires infidèles.
05:20Et ça, on adore.
05:21Ce matin, elle va nous raconter comment démasquer son conjoint
05:24qui ne dit pas toute la vérité.
05:26Non, mais il y a peut-être des petits indices.
05:27On va tout lui demander.
05:28On accueille Julie Catalifo.
05:36Bonjour, bienvenue.
05:37Installez-vous.
05:38Merci beaucoup.
05:39Bonjour.
05:39C'est la première fois que j'en vois une en vrai.
05:41Donc là, je suis quand même assez impressionnée.
05:43Julie Catalifo, je vous présente Grand Corps Malade.
05:46Vous êtes bien tombé.
05:47Très bien.
05:48Quand même.
05:49Alors, en 15 ans d'expérience,
05:50vous avez travaillé sur de nombreuses enquêtes, bien entendu.
05:53Il y a eu, par exemple, des histoires de blanchiment de millions d'euros.
05:56Il y a eu la traque d'un mari PDG qui menait une double vie.
06:00Vous avez plein d'histoires à nous raconter.
06:02Vous êtes la bête noire des maris et des femmes infidèles.
06:05Et vous en parlez dans votre livre qui s'appelle
06:07« Profession détective privée » aux éditions HarperCollins.
06:11Est-ce que vous pouvez nous faire déjà pour commencer,
06:13pour nous mettre dans l'ambiance,
06:14un top 3 de vos plus grosses enquêtes sur l'infidélité ?
06:18Oui, alors, on ne fait pas que l'infidélité.
06:20Mais concernant l'infidélité, c'est vrai que j'ai tout de suite en tête
06:24cette histoire d'un homme qui disait à sa femme
06:26que chaque semaine, il partait en déplacement.
06:29Donc une semaine sur deux, il était avec elle.
06:31Et l'autre semaine, il était censé partir travailler.
06:34Et c'est vrai que les filatures ont révélé une double vie,
06:36mais une double maison, une double famille.
06:39Donc on s'est aperçu qu'il avait trois autres enfants.
06:42Et je pense qu'il disait la même chose à l'autre femme.
06:44Donc il avait littéralement deux maisons, deux familles,
06:47deux voitures, des habitudes qu'il prenait.
06:50Encore que ça existe dans les films, mais non, il y en a vraiment.
06:52C'est bien réel.
06:52C'était vous qui avez appris.
06:54On en a même réagi.
06:55Oui, bien sûr, bien sûr.
06:57C'est un moment difficile de dire,
06:58Madame, asseyez-vous, j'ai quelque chose à vous dire.
07:01C'est très compliqué.
07:01Après, on a les mots.
07:02C'est vrai qu'avec l'expérience, on apprend à choisir aussi les mots
07:05et surtout dire aux personnes qu'on les accompagne
07:07et qu'elles ne sont pas seules.
07:08Et surtout, on met fin à des doutes qui rongent pendant des années.
07:11Une deuxième histoire que j'ai en tête également,
07:13c'est une cliente qui est fidèle depuis plusieurs années,
07:15plus de dix ans maintenant.
07:17Et c'est vrai qu'on part...
07:18C'est fidèle à vous, à moi.
07:19À moi, bien sûr.
07:21On part sur un soupçon d'infidélité simple, entre guillemets.
07:24Et c'est vrai qu'on va s'apercevoir qu'il n'y a pas une maîtresse,
07:27mais qu'il y en a cinq.
07:28Qu'il y a derrière un réseau de prostituées qui lui font du chantage.
07:33Il va y avoir des problèmes successoraux,
07:35des problèmes d'argent, patrimoniaux, l'addiction au jeu d'argent.
07:39Il y a plein de choses qui vont se...
07:40Ça n'en finit pas.
07:40Exactement.
07:41On est toujours mandatés pour des problématiques qui s'accumulent.
07:46Donc, ça a duré dix ans, cette histoire.
07:49À chaque fois, elle avait besoin de vos services,
07:51parce que, j'imagine, il y avait la justice là-dedans.
07:55Et donc, il fallait des preuves,
07:56des nouvelles problématiques qui arrivaient,
07:58des comportements suspects,
08:00des virements d'argent, des sorties d'argent.
08:03Alors, il y a le mari PDG très connu.
08:05Vous allez nous donner son nom, bien entendu.
08:08Bien sûr, tout est anonymisé.
08:09Nous sommes soumis aux secrets professionnels.
08:12Mais j'ai aussi en tête cette femme qui vient me voir, magnifique,
08:15qui m'explique qu'elle a une très belle famille,
08:17plusieurs enfants, que son mari est PDG d'entreprise.
08:20Voilà.
08:20Un milieu très aisé.
08:22Et nos filatures vont révéler, finalement,
08:25que cet homme-là, tous les midis,
08:27s'adonnait lui-même à la prostitution.
08:29Voilà.
08:30Donc, il se rendait dans des hôtels
08:32qui ne correspondent pas forcément à son milieu social.
08:34Et effectivement, proposé via des, on va dire,
08:37des prestations énergétiques,
08:39sous couvert de, un peu de magnétisme,
08:43de choses comme ça,
08:44finalement, proposer des prestations tarifées.
08:46Et là aussi, vous devez l'annoncer.
08:48On doit l'annoncer.
08:49Alors là, ça, c'est compliqué, quand même.
08:50C'est marquant.
08:51C'est dans mon livre.
08:52Voilà.
08:52Il faut lire pour comprendre ce que fait la cliente,
08:55ce qu'elle décide ensuite.
08:56C'est assez étonnant, d'ailleurs,
08:57ce que décide la cliente.
08:58Elle pardonne, j'imagine.
08:59Il y a beaucoup d'aspects psychologiques
09:02et beaucoup de...
09:03Que vous gérez aussi,
09:04parce que ça fait partie de votre métier aussi.
09:06Toute cette dimension psychologique
09:07à laquelle on n'est pas forcément formé,
09:09j'imagine.
09:10Voilà.
09:10Je pense que c'est l'expérience aussi qui forme.
09:12On a tellement de réactions déjà sur les réseaux sociaux.
09:15Votre histoire, elle passionne.
09:16Et on a une question de Juliette
09:18qui demande si,
09:19je suis sûre que ça va vous parler à tous,
09:21si fouiller dans le téléphone de son conjoint,
09:23c'est légal.
09:24Alors, non, ça ne l'est pas.
09:25À partir du moment où c'est son téléphone à lui,
09:31il y a un respect à la vie privée.
09:33Il faut respecter cette vie privée-là,
09:35tout comme un ordinateur, par exemple.
09:37Alors, si c'est l'ordinateur familial
09:39et que tout le monde y a accès,
09:40on peut regarder sur cet ordinateur.
09:42Si ce n'est que l'ordinateur de votre mari,
09:45vous n'y avez pas accès.
09:46Donc, juridiquement,
09:47on ne peut pas se servir de preuve
09:49d'une relation...
09:52Un conjoint qui regarde dans le téléphone
09:54de son conjoint,
09:55on peut l'attaquer.
09:58C'est non-respect à la vie privée,
09:59oui, exactement.
10:01Là, je suis très mal,
10:02parce que moi,
10:03je fais régulièrement des petites perquises
10:04pour vérifier.
10:05Petite vérif.
10:06Petite vérif, il est au courant.
10:07Je lui dis, c'est ça qui est bien.
10:09L'idéal, c'est dès qu'on a un doute,
10:10faire appel à un professionnel,
10:11comme ça, c'est cadré,
10:13on est dans un cadre légal
10:14et on peut intervenir
10:15si l'on est marié.
10:16Oui, c'est ça.
10:17Alors, on va en reparler,
10:18parce qu'effectivement,
10:19il faut être marié
10:20pour faire appel à vos services.
10:22Moi, avant ça,
10:23je voudrais qu'on parle
10:23des signes qui ne trompent pas.
10:26et parce que vous avez une telle habitude,
10:28à quoi est-ce qu'il faut faire attention ?
10:30Alors, souvent,
10:31on m'appelle en me disant,
10:32c'est vrai que mon partenaire
10:34a changé de comportement.
10:36Alors, bizarrement,
10:37ça peut être,
10:38il est devenu trop parfait.
10:39J'ai eu cet appel-là
10:40en me disant, c'est bizarre,
10:41ma femme est devenue trop parfaite.
10:44Elle n'était pas comme ça avant.
10:45Elle s'est remise au sport.
10:47Elle me porte trop d'attention.
10:49Surjouer, voilà.
10:51Donc, ça, quelque chose
10:51qui peut mettre la puce sur l'oreille.
10:53Ou alors, effectivement,
10:54le changement d'habitude.
10:55Quelqu'un qui va rentrer plus tard,
10:57quelqu'un qui garde son portable
10:58dans les toilettes,
10:59dans la douche,
11:00qui est tout le temps,
11:01qui change de style vestimentaire,
11:03qui s'achète des sous-vêtements.
11:05Voilà.
11:06J'ai plein de choses comme ça
11:07qui reprend le sport
11:08après des années.
11:09Voilà.
11:10Ou qui change de comportement
11:11qui ne communique plus.
11:11Trop d'attention.
11:12Oui, c'est un peu chelou.
11:13Vous avez l'air de parler des hommes.
11:14C'est vérifier que les hommes
11:16font plus que les femmes ?
11:17Non, pas du tout.
11:17Ça, c'est vraiment un préjugé.
11:18Ne rêvez pas, Thomas.
11:19C'est un préjugé.
11:20Oui, c'est un préjugé.
11:21J'ai beaucoup d'hommes
11:22qui m'appellent effectivement
11:23qui soupçonnent leur épouse.
11:25Oui, exactement.
11:26Mais il paraît que la première fois
11:26que vous avez annoncé
11:27l'infidélité de la femme
11:31à votre client,
11:32je me suis très mal exprimée,
11:33ça ne s'est pas très bien passé.
11:34Pourtant, c'est la toute première fois.
11:36C'est toujours compliqué.
11:38Après, ça fait plus de 15-16 ans,
11:40c'est toujours compliqué
11:42de trouver les mots.
11:43Ça dépend aussi de l'adultère.
11:44Ce dossier,
11:45c'était un adultère très compliqué
11:47parce que multiple,
11:48parce qu'il y avait des enfants en jeu,
11:52que la personne ne s'occupait pas
11:53de ses enfants.
11:54Quand elle rentrait,
11:55elle travaillait jusqu'à 2-3 heures du matin
11:56puisque finalement,
11:57elle passait sa journée
11:58dans des hôtels,
12:00dans des spas,
12:01dans des choses assez compliquées
12:04à annoncer.
12:05Oui, on peut être face
12:06à des gens qui se mettent à pleurer.
12:08Est-ce qu'il y en a
12:08qui sont dans le déni ?
12:09Finalement, ce n'est pas vrai,
12:11qui trouvent des prétextes,
12:12mais c'est normal.
12:12Il y en a qui sont dans le déni.
12:13Ça peut être une réaction de défense,
12:15effectivement.
12:15Une première réaction de dire
12:16que ce n'est pas vrai.
12:17Après, nous, on apporte
12:18tous les éléments,
12:19que ce soit des photos,
12:20des vidéos,
12:21des choses comme ça
12:21ou même la constatation
12:23qu'on relate dans notre rapport
12:26et on est justement là
12:27pour les accompagner
12:27dans cette acceptation.
12:29On a une question de Madi
12:30qui demande,
12:31est-ce que la police
12:32utilise des informations
12:33parfois ?
12:34Alors, nous ne travaillons pas
12:36avec la police.
12:37Ce qui est possible de faire,
12:38c'est qu'en matière pénale,
12:40ça va être de la contre-enquête pénale.
12:41Donc, on va reprendre
12:42des dossiers qui ont été classés,
12:44que ça soit par exemple
12:45classés en suicide
12:46alors que c'est un meurtre.
12:47On va aider à la réouverture
12:50du dossier.
12:50On peut faire de la recherche
12:51de personnes disparues
12:52lorsque, par exemple,
12:53la police ne l'a pas trouvée
12:54effectivement
12:55et qu'on doit intervenir.
12:58Donc, on ne travaille pas
12:59en lien avec la police,
13:00mais on peut aussi
13:02préparer le dossier,
13:03donner des informations
13:04qui vont servir à la police
13:06et aux personnes
13:07pour porter plainte,
13:08déposer plainte.
13:09Voilà.
13:10Alors, si les grands corps malades
13:11veulent faire appel
13:11à vos services,
13:12vous avez peut-être
13:12quelqu'un dans votre compte ?
13:13Je cherche un truc
13:14pour pouvoir vous appeler.
13:16Pour l'instant,
13:16je ne trouve pas...
13:17Il y a plein de choses.
13:17Ça peut être un impayé,
13:18un locataire qui est parti
13:19sans payer,
13:20recherche de débiteurs,
13:22rechercher votre père,
13:23votre frère, votre mère...
13:24Vous avez quoi
13:24comme limite juridique ?
13:25Vous avez des choses
13:26qui vous permettent,
13:27des possibilités
13:28qui vous permettent
13:29d'aller plus loin
13:29que nous ?
13:31Oui, après,
13:32on a nos méthodes.
13:33Bien sûr,
13:33on est formés pour ça.
13:34Oui, il y a des formations
13:35pour ça.
13:35On apprend les stratégies
13:37d'enquête
13:37où, effectivement,
13:38on a accès
13:39à certains documents.
13:41Et c'est vrai
13:42qu'il y a quand même
13:42beaucoup de paramètres
13:43à respecter
13:44dans votre métier.
13:45Comment ça marche
13:46si on veut faire appel
13:47à vos services
13:47et pour une bonne copine ?
13:50Ça coûte combien ?
13:51Comment on vous contacte ?
13:53Alors, tout simplement,
13:54sur Internet,
13:54vous avez un annuaire
13:56des détectives privés
13:56comme un avocat.
13:57Vous cherchez un avocat
13:58sur Internet.
13:59Il y a beaucoup d'agences.
14:01Il y en a qui ont
14:01des spécialités,
14:02d'autres non.
14:04On vous remet un devis
14:05lorsque vous nous exposez
14:06à votre problématique.
14:07On va faire une estimation,
14:09un devis que vous allez accepter.
14:11Est-ce que c'est cher ?
14:12Comme je dis toujours,
14:12nous ne sommes pas plus chers
14:13qu'un avocat.
14:14Il faut voir, on va dire,
14:16ce qui est dépensé
14:17et le bénéfice
14:17qu'on va en ressortir.
14:19Si c'est pour une garde d'enfant,
14:21quel est le prix
14:21de pouvoir garder son enfant,
14:23de sauvegarder
14:24l'intégrité de son enfant
14:25qui vit avec le conjoint
14:27addict à l'alcool,
14:28qui vit dans des conditions insalubres.
14:30Donc, c'est tout de suite
14:31ça qu'il faut regarder.
14:33Ça va dépendre.
14:34C'est soit au forfait,
14:35soit à l'heure.
14:36Donc, est-ce que c'est
14:37une recherche administrative ?
14:38Là, c'est plus du forfait.
14:39Est-ce que c'est une recherche terrain ?
14:41Donc là, ça va être de la filature.
14:43Donc, à l'heure,
14:44ça peut aller,
14:44pour donner un ordre d'idée,
14:45entre 80 et 120,
14:47150 euros de l'heure
14:48pour un agent
14:49où il faut voir
14:50s'il y a besoin d'équipe
14:52de plusieurs agents.
14:53Oui, et puis ça, j'imagine,
14:54en fonction des trajets
14:55que vous faites.
14:56Bien sûr, la configuration
14:57du profil de l'enquêté.
14:59Et vous pouvez suivre
15:00vraiment n'importe qui ?
15:01Même une personne
15:02que je viens de rencontrer.
15:04Je viens de rencontrer Emma,
15:05par exemple.
15:05C'est fraîchement en couple.
15:07Pas du tout.
15:08Il faut un cadre légal.
15:09Il faut un lien légal.
15:10Donc, comme je disais tout à l'heure,
15:11il faut, pour son conjoint,
15:12être marié.
15:13Pas que c'est, ça ne marche pas.
15:14Pas que c'est, ça ne marche pas
15:15puisqu'on n'a pas
15:15d'obligation de fidélité.
15:17Donc, il faut vraiment
15:17qu'il y ait légalement
15:18une obligation de fidélité
15:19dans l'article du Code civil.
15:21On ne peut pas suivre son voisin
15:23par simple curiosité.
15:24Voilà.
15:25Il faut vraiment
15:25qu'il y ait un lien légal
15:26qui ait une problématique derrière,
15:29l'abus de confiance,
15:30l'abus de faiblesse,
15:30qu'on puisse prouver ce préjudice.
15:32Vous êtes déjà fait repérer
15:33ou pas par la personne
15:34que vous suiviez
15:36et sur laquelle vous enquêtiez ?
15:37Alors, perdre des filatures,
15:38oui, ça, c'est tellement facile
15:41de perdre une filature.
15:42Ça arrive tellement vite
15:42à Paris, dans les feux rouges,
15:44la police qui vous arrête.
15:45Voilà.
15:46Ça, ça fait partie du métier
15:48et ce n'est pas grave,
15:49on reprend le jour d'après
15:50ou un autre jour.
15:51Après, repérer,
15:52comme je dis toujours,
15:53on prépare bien nos dossiers
15:54quand même.
15:55Et un enquêteur
15:55ne se fait jamais voir
15:56parce qu'on n'est jamais
15:57dans le champ de vision
15:58de l'enquêter.
15:59Donc, je touche du bois,
16:01ça ne m'est pas arrivé,
16:01mais voilà,
16:02on applique vraiment
16:03nos stratégies
16:04et on a nos positionnements.
16:08On va se défilouetter,
16:10voilà le terme exact.
16:11Défilouetter.
16:11Voilà, mais pas de se déguiser.
16:13On va mettre une perruque.
16:14Non, pas du tout.
16:14Pas de se déguiser,
16:15on va changer notre silhouette,
16:16c'est-à-dire porter un bonnet,
16:17une casquette,
16:18changer de lunettes,
16:19voilà, tout ça.
16:20Porter une veste
16:21un peu plus ample,
16:21ça va modifier notre silhouette.
16:23Il y a un côté un peu espionne
16:24quand même.
16:25Vous pourriez travailler
16:25pour la DGSE.
16:26Il y a ce côté-là, oui.
16:28C'est vrai.
16:29Après, on est parfois
16:30pour quelqu'un d'autre.
16:33Ça vous est déjà arrivé,
16:34j'imagine,
16:34nous faire passer,
16:35je ne sais pas,
16:35pour une grande patronne
16:36parce que vous devez
16:37intégrer des milieux.
16:38Après, on ne fait pas
16:39d'usurpation d'identité,
16:40effectivement,
16:41mais on se met dans la peau
16:43de, par exemple,
16:45de millionnaires
16:46parce qu'on est dans
16:46un milieu de...
16:47Dans l'hôtel,
16:47c'est un qu'étoile.
16:49On va adopter,
16:49voilà,
16:50le comportement
16:51des personnes
16:52qui sont autour de nous,
16:53tout comme des quartiers
16:54un petit peu plus sensibles
16:55et on s'adapte aussi.
16:56Moi, je ne vais pas mettre
16:57le même enquêteur
16:58derrière une adolescente
16:59qui va côtoyer,
17:01je ne sais pas,
17:01des bars de quartier
17:02que derrière une retraitée
17:04qui va dans des salons de thé
17:06ou des halls d'hôtels
17:07très huppés.
17:08Voilà, on s'adapte vraiment
17:09au profil.
17:10Après, moi,
17:11je me pose la question,
17:12encore malade,
17:13est-ce qu'on doit vraiment
17:13connaître toute la vérité
17:15de la personne qu'on aime ?
17:17Vous avez une idée de ça ?
17:18Parce que je pense
17:19que c'est important quand même
17:19de garder aussi
17:20des petites choses.
17:21Peut-être que là,
17:22tout vu tout ce que vous racontez,
17:23peut-être que c'est bien
17:24de ne pas tout savoir.
17:25Moi, je trouve ça bien aussi.
17:26J'ai peut-être arrêté
17:27de fouiller dans le portable
17:28de mon conjoint.
17:30On a plein de réactions.
17:31Alors, encore.
17:32Et là, c'est Bruno
17:32qui vous pose une question
17:33qui demande,
17:34c'était quoi la plus grosse,
17:35la plus longue planque ?
17:37Alors, on en fait beaucoup.
17:39Après, comme on est en équipe,
17:40on fait aussi des relais.
17:41Oui, mais ça m'est arrivé
17:42de rester 48 heures,
17:43par exemple,
17:44sur une mission
17:45le jour et la nuit
17:47en attente
17:48devant une mission
17:48qui était assez exceptionnelle
17:50de grande ampleur.
17:51Est-ce que vous n'êtes pas dégoûtée
17:52des fois de voir
17:53les comportements de certains
17:54et de vous dire
17:54ce n'est plus possible,
17:55je n'accepte plus de voir ça,
17:56j'arrête,
17:58j'y jette l'éponge ?
17:58Non, parce que je prends du recul.
18:01On va dire,
18:02j'ai les armes
18:03peut-être plus que quelqu'un d'autre
18:04et je comprends
18:05un petit peu plus
18:06la nature humaine
18:07et ce dont elle est capable.
18:08Mais elle n'est pas capable
18:09que du pire,
18:10elle est aussi capable du meilleur
18:11et c'est vrai que
18:12quand on retrouve des personnes,
18:13des mères,
18:14des frères,
18:14des sœurs
18:15et qu'on voit ces personnes réunies
18:16lorsqu'on sauve des animaux
18:18de conditions insalubres
18:21dans des cages
18:22qui ne sont pas nourries,
18:24donc tout ça,
18:24c'est quand même du positif
18:25qui nous fait avancer.
18:27On sauve des enfants aussi
18:28de conditions insalubres.
18:29Il n'y a pas une formation professionnelle
18:29qui fait que du coup
18:30vous allez être suspicieux
18:32même avec vos proches ?
18:33Non, pas du tout.
18:34Justement,
18:34je pense que quand je rentre chez moi,
18:36j'ai envie de tout
18:36sauf d'enquêter.
18:38avouez si vous avez déjà
18:39espionné quelqu'un
18:40dans une voiture
18:41et tout ça.
18:42Moi, je suis la pire espionnée.
18:42Vous avez déjà espionné quelqu'un ?
18:44C'est-à-dire ?
18:45Je ne sais pas,
18:45vous êtes dans une voiture
18:46comme ça,
18:47vous vous mettez comme ça
18:47derrière le volant.
18:48C'est particulier.
18:49Vous passez trois jours
18:50à la regarder.
18:51Oui, mais c'est...
18:52Non, mais moi,
18:53je suis quelqu'un de normal.
18:54Oui, c'est moi en fait.
18:56C'est moi qui ne vais pas bien du tout.
18:58Alors vous,
18:59vous êtes quand même
18:59assez exceptionnel, Julie,
19:00parce qu'on l'a dit tout à l'heure,
19:02parfois ça nécessite
19:03de vous déguiser et tout.
19:04Vous avez même appris
19:05à faire du ski
19:06pour une filature.
19:07Racontez-moi ça
19:08parce que vous en parlez
19:08dans le livre.
19:09C'est fou cette histoire.
19:10Alors, je n'ai pas appris
19:10à faire du ski.
19:11Je faisais déjà du ski
19:12et heureusement
19:13puisque mon enquêté
19:14faisait très bien du ski.
19:16Mais effectivement,
19:16cette mission m'a amenée
19:18dans une station de ski
19:19très huppée,
19:20dans des hôtels 5 étoiles
19:21et c'est vrai que l'enquêté
19:23partait skier tous les jours
19:25et on avait peur
19:25qu'il utilise ce prétexte-là
19:27pour faire des rencontres
19:28dans l'échelle d'attitude
19:29sur une grosse affaire
19:30de blanchiment d'argent.
19:31Et c'est vrai que ça a été fructueux.
19:34Après, c'est aussi dans mon livre.
19:35Mais j'ai été sur les skis
19:37derrière cette personne
19:38qui m'emmenait sur des pistes noires,
19:40des pistes rouges.
19:41Donc, heureusement
19:42que j'avais les jambes pour ça.
19:43Et d'ailleurs,
19:44j'avais un collaborateur
19:45qui, lui,
19:45n'avait pas les jambes pour ça
19:46et que j'ai dû laisser à l'hôtel
19:48parce que ce n'était pas possible.
19:51On va en parler juste après la pause.
19:53Vous restez avec nous, Julie.
19:55Dans un instant,
19:55on parle musique
19:56avec Grand Corps Malade
19:57qui sort son album
19:58Voir la mer.
19:59Il paraît qu'un cerneau de noix
20:01peut enlever une rayure
20:02sur un meuble.
20:02C'est Emma qui va tester ça
20:03dans quelle plaisance ?
20:04Il va tester ça.