00:00Lorsqu'il parle de spectacle ou lorsqu'il dit ce qui se passe,
00:03c'est précisément pour éviter de les qualifier,
00:06de les qualifier politiquement, juridiquement.
00:09Il ne veut pas utiliser le mot génocide, c'est compréhensible,
00:12mais pourquoi ne pas utiliser dans ce cas crime contre l'humanité,
00:14crime de guerre, il y a plusieurs possibilités.
00:17Donc c'est une façon de maintenir un certain en même temps en politique étrangère.
00:22C'est tout à fait vrai que tous ceux qui ont apprécié ce discours
00:26auraient peut-être apprécié encore plus une position française
00:30interdisant à M. Netanyahou de continuer à utiliser l'espace aérien français,
00:37à imposer à certains colons d'éviter du moins
00:43qu'ils ne continuent d'avoir des avantages économiques totalement indus,
00:48de rappeler aux Français binationaux qui sont en train de combattre
00:53dans cette guerre, qu'ils pourraient en subir certaines conséquences juridiques.
00:58Rien de tout cela n'a été fait.
01:00Il faut quand même rappeler que l'action franco-saoudienne menée depuis un an
01:05a conduit à ce que 160 pays dans le monde aujourd'hui
01:09reconnaissent cet État palestinien.
01:11Symboliquement, c'est important, mais encore une fois,
01:14cela arrive trop tard et la situation sur le terrain est telle
01:17que cette solution à deux États est devenue de plus en plus utopique.
01:21Benyamin Netanyahou, effectivement, pour aller à l'ONU,
01:24il va prononcer un discours a priori dans la soirée,
01:27il survole le territoire français.
01:28On peut lui interdire ? Qu'est-ce qu'on peut faire exactement ?
01:31Oui, oui, et cette question, elle s'est posée en France,
01:34elle se pose aussi au Canada où il y a eu des réactions,
01:36et pas simplement, je dirais, de la gauche,
01:38ce n'est pas une question politisée, en fait,
01:39c'est une question d'obligation internationale de la France
01:42qui est partie au statut de Rome qui crée la Cour pénale internationale.
01:45En étant membre de cette Cour pénale internationale,
01:48la France a l'obligation de coopérer avec elle.
01:51Parce que ce qu'il faut comprendre, c'est que les juridictions internationales
01:53n'ont pas de police, comme c'est le cas au plan national,
01:56pour arrêter des dirigeants en exercice qui font l'objet de mandats d'arrêt,
02:00et donc elle a besoin de la collaboration de tous les États
02:02qui sont partis au statut.
02:04Et donc, si un chef d'État frappé d'un mandat d'arrêt, par exemple,
02:08se rend en France, ou dans un autre pays parti au statut de Rome,
02:12ce pays a l'obligation de l'arrêter et de le remettre
02:14à la Cour pénale internationale.
02:16Ici, le fait qu'on survole l'espace aérien, ça peut paraître symbolique,
02:20mais la France a le contrôle de toutes ses frontières,
02:22et notamment de ses frontières aériennes.
02:24Et donc, elle pourrait imposer à l'avion de Benjamin Netanyahou
02:27de faire un détour et de ne pas survoler l'espace.
02:28Elle ne l'arrêterait pas pour autant, mais en tout cas,
02:30il n'y aurait pas de survol.
02:31Absolument.
02:31Donc, cette mesure, elle est symbolique,
02:35mais je crois qu'elle est importante parce qu'elle montre aussi,
02:38justement, qu'on ne peut pas appliquer un deux poids deux mesures.
02:40C'est-à-dire qu'on ne peut pas, à la fois dans le discours,
02:42soutenir les juridictions internationales.
02:44Hier, Emmanuel Macron a mentionné la Cour internationale de justice,
02:47notamment, qui d'ailleurs fait une liste d'obligations positives
02:50comme négatives, le 29 juillet 2024,
02:53de les mesures que peuvent prendre les États
02:55pour ne pas contribuer à l'illicité de l'occupation israélienne, etc.
02:59et dans le même temps, ne pas utiliser de tous les moyens,
03:02qu'ils soient diplomatiques, politiques, économiques,
03:04pour ne pas contribuer à ce genre de phénomène.