00:00Philippe Seguin, vous en parliez merveilleusement dans, je crois que c'est dans le temps des combats,
00:04et vous racontiez, c'était, vous étiez au Parc des Princes avec lui, vous passiez à côté de lui la
00:11soirée, le match,
00:12vous le raccompagnez chez lui, et il vous disait on a passé une bonne soirée, il y avait peu d
00:18'échanges, mais vous étiez...
00:18Oui, il n'avait pas dit un mot. Il n'avait pas dit un mot. Non, il était très touchant.
00:23Vous savez, un jour, il avait peur de la mort. Bon, franchement, il n'est pas le seul.
00:27– Et vous ? – Disons que ça m'intéresse. J'essaye de voir l'intérêt avant la peur.
00:35Et il avait écrit, Philippe, je voudrais mourir le jour, en plein soleil, surtout pas la nuit.
00:45Et ça m'avait touché de ce colosse qui dit ça.
00:51– Le pardon, d'abord, en politique, les grands politiques, ils doivent absolument pardonner,
00:58parce qu'ils doivent rassembler. Et si vous ne pardonnez pas, vous ne rassemblez pas.
01:03Car naturellement, vous rassemblez des gens qui, à un moment ou à un autre, ont été contre vous.
01:07– Alors, vous l'a reproché ? – Oui, mais l'ouverture, vous l'a reproché ?
01:11– Oui, mais moi, ça n'a aucune importance. Je pense que la quasi-totalité, presque, des ministres que j
01:16'avais,
01:17à un moment ou à un autre, a dit quelque chose contre moi.
01:19– Ils ont dit des choses pas trop gentilles après. Parfois même, ils ont écrit un livre pour dire du
01:23mal.
01:24– Mais c'est pas grave. – C'est pas reconnaissant.
01:28– Mais c'est pas grave, parce que moi, j'ai été président de la République.
01:33C'est un honneur, c'est une chance, et ça crée un devoir.
01:37Le devoir, quand on a été chef, c'est de rester à un certain niveau.
01:42Pas de tomber dans la cour de récréation.
01:44Et je vous dis, ça, c'est pas une question de foi, de religion, c'est une question de tempérament.
01:50Et j'ai beaucoup vu M. Jusquard d'Estaing.
01:52Jusquard d'Estaing.