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Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce vendredi, Pascal Praud reçoit Nicolas Sarkozy à l'occasion de la visite du Pape Léon XIV en France.
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00:00Demain, une messe a lieu à la Concorde. Est-ce que vous serez présent ?
00:05Oui. Oui, je serai présent parce que moi je suis chrétien de naissance.
00:12Je suis né dans une famille en France, dans une famille qui n'était pas pratiquante,
00:20mais qui était chrétienne. Je suis chrétien de culture,
00:25parce que j'ai eu la chance de naître en France et donc de recevoir en quelque sorte dans mon
00:32berceau cette culture.
00:35Culture, culte. Culture, culte. Et je suis chrétien de croyance.
00:41Ça fait trois raisons d'être à la messe du pape samedi.
00:47Est-ce que si vous étiez président de la République, vous seriez présent demain ?
00:51Oui.
00:52Emmanuel Macron a choisi de ne pas être présent.
00:55C'est son choix et c'est des choix intimes de chacun.
01:00Il avait fait un autre choix pour le pape François à Marseille.
01:06Certains disent au nom de la laïcité, on ne doit pas y aller.
01:09Ça n'a aucun sens.
01:11La laïcité, ce n'est pas une interdiction.
01:13La laïcité, c'est un droit.
01:16Le droit de croire ou de ne pas croire.
01:18Le droit de pratiquer ou de ne pas pratiquer.
01:20Le droit de transmettre à ses enfants ou de ne pas transmettre à ses enfants.
01:25Donc moi, je ne commande pas le choix du président de la République.
01:28C'est un choix très personnel.
01:30Mais vous me posez la question, si j'avais été président de la République,
01:34oui, j'aurais été à cette messe.
01:36Léon XIV, c'est une visite apostolique.
01:39Ce n'est pas une visite d'État.
01:42Il y a quelques différences dans ces cas-là.
01:44Mais est-ce que vous voyez dans cette visite apostolique une défiance du Vatican sur Emmanuel Macron,
01:51après notamment la loi de fin de vie qui a été votée au printemps ?
01:57Non mais moi, je ne suis pas un vaticaniste.
02:00Et justement, ce qu'il y a de beau dans la visite du pape,
02:03c'est que pour une fois,
02:06on est devant un événement qui nous dépasse,
02:09qui rassemble, qui fédère.
02:12Essayons de rester à ce niveau-là.
02:15Qu'est-ce qui est beau ?
02:16Ce qui est beau, c'est que la foi ou l'intérêt ou la curiosité,
02:24elle est à la fois très intime au cœur de la nuit,
02:27la nuit au sens de l'image,
02:31mais aussi, pour les gens,
02:33la vivre avec des centaines de milliers d'autres personnes,
02:37dans un même mouvement qui tire vers le haut.
02:42Donc, je n'ai pas de critique à faire
02:45et surtout, profitons de ce moment de rassemblement.
02:48Après, est-ce que c'est cohérent
02:50de vouloir faire passer un texte qui choque le pape en juin
02:55et de l'inviter en septembre ?
02:57C'est au commentateur que vous êtes de le dire.
02:59Alors, je vais poser la question différemment.
03:01Est-ce que vos convictions chrétiennes
03:03ont été heurtées par cette loi sur la fin de vie ?
03:07Alors, moi, à titre personnel,
03:10je pensais que la loi l'initite est bien suffisante.
03:15Et profondément,
03:16je pense que devant des questions aussi complexes,
03:20on n'est pas obligé de légiférer dans le détail.
03:24Il faut en parler avec beaucoup de mesures et d'humanité.
03:27Il y a un moment où la vie n'est plus la vie,
03:30parce que la souffrance est trop grande.
03:33Eh bien, ce moment, il appartient à trois personnes.
03:35Aux malades qui souffrent,
03:38aux médecins qui soignent
03:40et à la famille qui aiment.
03:43Et je ne suis pas persuadé
03:45qu'il soit utile de prendre un rendez-vous,
03:47comme on le fait dans d'autres pays,
03:49pour dire à telle heure, tel jour,
03:50je vais arrêter la vie.
03:52La vie est un mystère.
03:54Pour ceux qui croient, c'est un mystère divin.
03:56Pour ceux qui ne croient pas, c'est un mystère tout court.
03:59Mais qui est au-dessus de l'homme.
04:01Elle ne nous appartient pas.
04:02Donc, pour moi, je me serais satisfait
04:04qu'on en reste à la loi Leonetti,
04:05qui était très bonne.
04:06Mais ce n'est que mon avis.
04:08Et je ne veux pas de polémique sur le sujet.
04:12Lorsque vous étiez président de la République,
04:13c'était Benoît XVI qui était au Vatican.
04:16Dans le temps des combats, vous écriviez,
04:18c'est un homme d'une intelligence remarquable,
04:20d'une bonté profonde,
04:21et à la capacité d'écoute inépuisable.
04:25Vous avez eu un lien particulier.
04:27Ce qui peut être intéressant également,
04:29c'est d'évoquer l'influence diplomatique, politique,
04:34que peut avoir le Vatican.
04:36Et notamment dans l'affaire Florence Cassé,
04:38qui était prisonnière au Mexique,
04:40sur une terre chrétienne.
04:42Est-ce que vous diriez que les échanges
04:44que vous avez eus à ce moment-là
04:45et que Benoît XVI ont permis
04:47la libération de Florence Cassé ?
04:50Non seulement je le dis, mais je l'affirme.
04:52Sans l'aide du pape Benoît XVI,
04:54Florence Cassé n'aurait jamais été libérée.
04:58Et vous savez, c'est très intéressant de parler de ça.
05:01Regardez ce qu'est devenu l'ONU.
05:03Qui connaît le nom du secrétaire général de l'ONU aujourd'hui ?
05:07L'ONU, c'est l'absent total.
05:10Regardez l'Assemblée générale,
05:12qui n'a fait en aucun cas l'événement.
05:16Et le rôle diplomatique du pape,
05:19la parole du pape,
05:21mais c'est une forme de miracle.
05:24Lorsque Florence Cassé était en prison,
05:26elle avait pris plus de 60 années d'emprisonnement.
05:29Elle était innocente.
05:31J'en ai parlé au pape Benoît XVI,
05:33que j'admirais,
05:35en qui j'avais confiance et que j'aimais beaucoup.
05:37Je lui ai dit,
05:39« Très Saint-Père,
05:40il faut aider ma protégée.
05:45Qu'a-t-elle ? »
05:46Elle a pris 64 ans de prison.
05:48Il a joint les mains,
05:49elle a dit « La malheureuse ».
05:50Il ne m'a même pas demandé ce qu'elle avait fait.
05:53Je lui ai dit,
05:53« C'est un scandale.
05:54C'est un complot contre elle.
05:56Si vous dites aux nonces apostoliques
05:59votre représentant au Mexique
06:00de faire une enquête,
06:02ça nous aidera beaucoup. »
06:03Il l'a fait.
06:04Un an après,
06:05on avait le résultat de l'enquête
06:06et c'est comme ça
06:07qu'a commencé la libération
06:08de Florence Cassès.
06:10Elle était en prison, la pauvre.
06:12Dans une des prisons les plus difficiles,
06:14les plus dures du Mexique.
06:15Et je l'appelais
06:16parce que je savais
06:17que le président nous écoutait.
06:20Et quand je lui ai dit
06:21que j'en avais parlé au pape,
06:23elle a fondu en larmes.
06:26Elle m'a attrapé très violemment.
06:28« Vous me mentez.
06:30Comment puis-je croire
06:31que vous avez parlé au pape ? »
06:32Je lui ai dit,
06:33« Florence, je vais parler au pape.
06:34C'est la vérité. »
06:36Et plusieurs années après,
06:37elle m'a dit,
06:37« Oh, si vous savez comme je regrette. »
06:40Mais elle était au fond du fond
06:42du désespoir.
06:44Vous savez,
06:45le pape,
06:46c'est comme un miracle.
06:48Il y a moins de 180 cardinaux.
06:51Il n'y a pas une femme.
06:52Donc il n'y a pas de parité.
06:54Il n'y en a pas un qui est connu.
06:56Il n'y a aucune transparence.
06:58Vous ne connaissez même pas
06:59le nombre de voix.
07:00Il rentre.
07:02C'est le contraire
07:03de ce qu'on appelle la modernité.
07:04Pas de transparence.
07:05Pas de parité.
07:08Pas de médiatisation.
07:10Et à l'instant
07:12où le nouveau pape sort,
07:15apparaît au balcon,
07:16il est une voix
07:18qui compte
07:19sur la scène internationale.
07:22Il y a un deuxième miracle.
07:23Regardez l'Église.
07:24L'Église a résisté à tout,
07:27y compris au Borgia,
07:29y compris à ses propres erreurs.
07:30qu'elle est l'institution
07:32qui passe 21 siècles
07:35sans prendre une ride.
07:37Vous en connaissez d'autres ?
07:39Tous les empires sont écroulés.
07:40Toutes les civilisations
07:41ont disparu.
07:43L'Église
07:44a résisté,
07:47y compris à ses propres fautes,
07:49au scandale sexuel très grave,
07:51au pape dégénéré,
07:54au schisme,
07:55aux époques,
07:57au modernisme.
07:5821 siècles après,
08:01l'Église parle encore
08:02à près de 2 milliards d'habitants
08:03sur la planète.
08:04Et elle parle aujourd'hui,
08:05il y a cette phrase très célèbre
08:06qu'on prête à Staline,
08:07je ne sais pas si elle est vraie,
08:08le Vatican,
08:09combien de divisions ?
08:10Léon XIV a un message
08:11comme François avait un message
08:13à donner au monde.
08:14Bien sûr.
08:15Mais quel est ce message ?
08:16Qu'est-ce qui est important ?
08:18Et j'écoute avec beaucoup d'intérêt
08:21les commentaires,
08:21tous plus ou moins intelligents,
08:24sur la déchrétionalisation,
08:26sur la laïcité.
08:27Mais qu'est-ce qu'il y a derrière ?
08:29Cher Pascal Praud,
08:31il y a derrière quelque chose
08:32qui ne se démode pas,
08:34qui n'est pas de l'ordre de modernité
08:36ou de la conservation.
08:38Vous savez ce que c'est ?
08:39C'est le besoin d'espérance.
08:42Et le besoin d'espérance,
08:43il existait pour les hommes
08:44de la grotte de Chauvet,
08:46pour ceux de la grotte de Lascaux,
08:48comme pour ceux d'aujourd'hui.
08:50Qu'est-ce qu'il y a de plus stupide
08:52dans le débat ?
08:53C'est le monde d'avant
08:54et le monde d'après.
08:55Mais mon Dieu,
08:57il n'y a rien qui ressemble plus
08:58au monde d'avant
08:58que le monde d'après,
08:59avec nos vies
09:00qui durent le temps
09:01d'une seconde,
09:02d'un timbre poste,
09:03et ce besoin d'espérance
09:05et de transcendance,
09:07dont François Mitterrand
09:08parlait avec beaucoup d'intérêt
09:10et beaucoup d'intelligence
09:12lorsqu'il disait
09:13« je crois aux forces de l'esprit ».
09:15Vous aussi ?
09:17Alors,
09:19le débat entre les croyants
09:21et les non-croyants,
09:22il n'a pas la frontière
09:24qu'on le dit.
09:25Le croyant doute
09:28et l'incroyant espère.
09:32Et c'est dans cette finesse
09:33d'analyse
09:34qu'on peut comprendre.
09:36Oui, j'espère.
09:37Et j'espère que vous aussi.
09:38Alors, l'espérance,
09:40qui n'est pas qu'un terme chrétien,
09:41d'ailleurs.
09:42On peut être porté
09:44par une espérance
09:45sans croire en Dieu.
09:46Mais il y a ce mot,
09:47justement,
09:48l'expression est de Saint Paul,
09:50« espérer contre toute espérance ».
09:52Elle semble contradictoire,
09:54bien sûr.
09:54Comment espérer
09:55lorsqu'il n'y a plus
09:56de raison d'espérer ?
09:57C'est le paradoxe chrétien.
09:58Et on peut s'interroger,
10:00par exemple,
10:00sur la part du catholicisme
10:01de Charles de Gaulle
10:02lorsqu'il a pris
10:03cette décision folle
10:04de partir pour Londres
10:06en juin 1940.
10:07Est-ce la foi
10:08qui lui a permis
10:09d'espérer
10:10lorsque tout semblait perdu ?
10:11Voilà une question
10:12qu'on ne pose jamais.
10:13Mais,
10:15Bernanos a écrit
10:16quelque chose
10:17de définitif
10:18et de magnifique.
10:19La plus belle des espérances,
10:21c'est le désespoir
10:23surmonté.
10:26C'est magnifique
10:27parce que c'est
10:27d'une intelligence
10:29brillante.
10:30Alors,
10:30vous avez dit quelque chose,
10:32on peut espérer
10:32sans Dieu,
10:33bien sûr,
10:34mais tout le XXe siècle,
10:37c'était le siècle
10:38des idéologies
10:39sans Dieu.
10:41Le communisme
10:42et le nazisme,
10:43d'après vous,
10:44c'est un succès ?
10:47L'homme,
10:47au sens
10:49l'être humain,
10:50a besoin
10:51d'une espérance
10:52qui le dépasse.
10:53Nous ne sommes pas
10:54le début et la fin.
10:56Et c'est
10:57lorsqu'on s'assied
10:58au bord de la Lune
10:59et qu'on essaie
10:59de réfléchir,
11:00est-ce que
11:01nos vies ont un sens ?
11:02Est-ce qu'il y a
11:03une cohérence
11:04à tout cela ?
11:05Est-ce que
11:06la transcendance,
11:07ça compte ?
11:08Oui, ça compte.
11:09Oui,
11:09c'est indispensable.
11:10Et chaque fois
11:11que l'homme
11:12a voulu faire
11:13son Dieu
11:14ou son idée
11:15d'un Dieu,
11:16ça a été
11:16une catastrophe,
11:17une monstruosité.
11:19Le communisme
11:20a été
11:21une monstruosité.
11:23Le nazisme
11:24a été
11:24une monstruosité.
11:26C'est pourquoi
11:27le besoin
11:27de transcendance
11:28dépasse les époques.
11:30Il est 9h11,
11:32vous êtes sur
11:32l'antenne d'Europe 1,
11:33nous sommes
11:33dans un moment
11:34exceptionnel
11:35pour parler
11:35d'autre chose.
11:37C'est vrai
11:37que de cette politique
11:39qui nous anime
11:40chaque matin
11:40de parler
11:41évidemment
11:42du Vatican,
11:42de parler
11:43de Dieu,
11:44pourquoi pas,
11:44de parler
11:44de la foi.
11:45Nous sommes
11:45avec le président
11:45Sarkozy
11:46et nous allons
11:47évoquer
11:48évidemment
11:48tous ces sujets
11:50et parler
11:51de la France,
11:52de cette tradition,
11:53de son identité,
11:54de ses fameuses
11:56racines chrétiennes.
11:57En 2004,
11:57c'était Jacques Chirac
11:58qui refusait
11:59de mentionner
11:59les racines chrétiennes
12:00de l'Europe
12:00dans le projet
12:01de constitution européenne.
12:04Est-ce qu'il faudrait
12:05le faire aujourd'hui ?
12:06Oui.
12:07Et pourquoi
12:08ne l'a-t-on pas fait ?
12:10Ça a été un débat
12:11entre Jacques Chirac
12:12et moi.
12:13J'ai,
12:13comme tout le monde
12:14le sait,
12:14beaucoup aimé Jacques Chirac
12:15et beaucoup combattu
12:16Jacques Chirac.
12:17Bon,
12:18c'était un débat.
12:19Moi,
12:20je crois qu'on ne se coupe
12:21pas de ses racines.
12:22Nous avons des racines
12:23chrétiennes,
12:24judéo-chrétiennes.
12:25Nous avons des influences
12:27multiples.
12:28Mais enfin,
12:28le premier chef d'État,
12:30en quelque sorte,
12:31chrétien,
12:32c'est Clovis,
12:33dont on a fêté en 1996
12:35le 15e siècle
12:40de célébration.
12:42Vous savez,
12:43un jour,
12:44j'ai été reçu
12:45par le pape Benoît XVI.
12:48Ce n'est pas rien,
12:49y compris pour le président
12:49de la République française,
12:50d'être reçu par le pape,
12:51que vous n'avez pas tutoyé.
12:53Non,
12:54non.
12:54Je l'appelle
12:55très Saint-Père.
12:56Excusez-moi,
12:56c'est une question
12:57d'éducation.
12:59Enfin,
13:00moi,
13:00je ne tape pas
13:01sur l'épaule du pape.
13:04On était tous les deux
13:05dans son bureau.
13:06Il n'y a pas de téléphone.
13:07Là,
13:08à l'étage
13:09au Vatican,
13:10déjà,
13:11vous rentrez,
13:12vous passez par
13:12la chapelle Sixtine,
13:14vous voyez la Pieta
13:15à Saint-Pierre.
13:17Non,
13:18croyant ou pas croyant,
13:19c'est déjà bouleversant.
13:21Si vous aimez quelque chose
13:22dont on ne parle plus
13:23qui est le beau,
13:25parce que maintenant,
13:25on ne parle plus
13:26que du réglementaire.
13:27Le beau,
13:28le beau,
13:28ce qui...
13:29Non.
13:30Et à la fin
13:31de notre conversation,
13:32le pape me dit,
13:33mais...
13:35Vous savez,
13:36Président,
13:38que toute ma vie,
13:39je l'ai consacré
13:39à deux choses.
13:40Il prend ses mains
13:41comme ça,
13:41il dit,
13:41à la raison
13:42et à la foi.
13:44C'est ma vie.
13:45Je n'ai réfléchi
13:46qu'à ça,
13:47me dit-il.
13:48Il joint les mains,
13:49il sautait,
13:51et il me dit,
13:52après une vide réflexion,
13:55je peux vous dire,
13:56Monsieur le Président,
13:57que la foi
13:59est un choix
14:01raisonnable.
14:03Je me suis dit,
14:04très sainte Père,
14:05merci de ce cadeau,
14:06je me suis levé,
14:07on s'est séparés,
14:08je n'ai jamais oublié ce moment.
14:11J'ai rarement eu une phrase
14:13qui m'a été adressée,
14:15qui m'a autant touché,
14:17par sa simplicité
14:19et par sa vérité.
14:21Dans la vie qui est la vôtre,
14:23qui est si singulière,
14:24où il y a évidemment
14:25des épreuves,
14:25mais il y a aussi
14:26des coups qu'on donne,
14:27qu'on reçoit,
14:28comment on concilie
14:30ces valeurs chrétiennes
14:33avec l'aprôté,
14:34la dureté du combat ?
14:36Moi, je ne donne de soi personne,
14:38je suis moi-même si faible
14:40et tellement progrès à faire.
14:44Non,
14:45la question chrétienne,
14:49c'est,
14:50toute vie connaît des épreuves,
14:52la vôtre comme la mienne,
14:54celle de tous ceux
14:55qui nous regardent.
14:57Et la question,
14:59c'est de faire de ces épreuves
15:01une grâce
15:01pour devenir meilleure,
15:03pour s'améliorer,
15:04pour apprendre,
15:05pour progresser.
15:07Vous avez le sentiment,
15:08par exemple,
15:08qu'à travers cette vie,
15:09à l'âge que vous avez aujourd'hui,
15:12vous êtes meilleur,
15:14je ne sais pas ce que je veux dire,
15:15que lorsque vous aviez 15 ans,
15:1720 ans,
15:1725 ans ?
15:18Mais vous savez,
15:19c'est cette phrase extraordinaire
15:21de Mandela,
15:21après 28 ans de prison.
15:23Je ne perds jamais.
15:26Soit je gagne,
15:27soit j'apprends.
15:28Si vous saviez
15:29comme je continue à apprendre,
15:31Pascal Praud.
15:33Revenons
15:33sur ces racines chrétiennes,
15:35parce que j'ai vu
15:35que Bruno Retailleau,
15:37par exemple,
15:37souhaite que ses racines
15:38judéo-chrétiennes
15:39de la France
15:40soient dans cette fois
15:41la Constitution française.
15:43L'IVG
15:44a été constitutionnalisé.
15:45Je ne sais pas d'ailleurs
15:46si vous trouvez
15:47si c'est une bonne idée
15:49ou pas.
15:50Il y a même
15:51quelque chose
15:51d'antinomique peut-être
15:52à ce que l'IVG
15:54soit dans la Constitution
15:55et que les racines chrétiennes
15:57y soient également.
15:58Mais est-ce que vous seriez favorable
16:00à cette disposition
16:01de Bruno Retailleau ?
16:02Oui,
16:03je pense que Bruno Retailleau
16:04a raison pour le coup.
16:06Pourquoi ?
16:07Mais c'est un principe
16:08qu'on comprend.
16:09Si vous coupez
16:10l'arbre de ses racines,
16:12vous pensez
16:13qu'il va faire
16:13des feuilles,
16:14des fruits ?
16:15Vous pensez
16:16qu'il va y avoir
16:16des grandes branches ?
16:19On ne coupe pas
16:20un pays de ses racines.
16:23Vous avez le sentiment
16:24pour l'accepter ?
16:26Je pense que dans
16:27ceux qui se disent
16:27modernes,
16:28il y a une prétention
16:29infinie.
16:31Je suis moderne,
16:32ça veut dire quoi
16:32mon ami ?
16:34Qu'il n'y a plus
16:35personne avant toi ?
16:36Que quand tu es né,
16:37tu n'as pas reçu
16:38un héritage ?
16:39Un héritage au sens
16:40de civilisation.
16:42La chrétienté
16:43a amené
16:43une grande civilisation.
16:45Et donc,
16:46pourquoi se couper
16:47de ses racines ?
16:49Dans le mot conservateur
16:50qu'on connote
16:51de manière très négative,
16:53moi je ne suis jamais
16:54été conservateur,
16:55comme on le connote.
16:57Il y a quand même
16:58l'amour
16:58de ce qu'ont laissé
16:59nos aïeux,
17:01de ce qu'on nous en donnait
17:02nos grands-parents,
17:03nos parents,
17:04surtout nous,
17:05les Français.
17:07Dans la famille,
17:08on est mort.
17:09Tous ces jeunes
17:10qui sont morts
17:10la Première Guerre mondiale,
17:12tous ces jeunes
17:13qui sont morts
17:14la Première Guerre mondiale,
17:15on doit balancer tout ça ?
17:17On ne doit pas
17:17en tenir compte ?
17:19La vie commence
17:21quand on naît
17:22soi-même
17:23et finit
17:24quand on meurt
17:25soi-même
17:25ou est-ce que
17:26c'est un continuum ?
17:27Moi, je crois
17:27que c'est un continuum.
17:29Donc, pourquoi
17:29se couper
17:30de ses racines ?
17:32Regardez ce qui me frappe
17:33dans le voyage du pape.
17:35Il n'y a aucune insulte
17:36à l'endroit
17:37de qui que ce soit.
17:38Il n'y a pas
17:39un message
17:39d'exclusion
17:40des autres.
17:41Il n'y a pas
17:42une volonté
17:42de sectarisme
17:43à l'égard
17:44de qui que ce soit.
17:45Tout le monde
17:46est le bienvenu.
17:47Il n'y a aucun problème
17:48de cette nature.
17:49On a besoin
17:50de ce discours.
17:51Il n'y a plus
17:51d'ONU.
17:52Il n'y a plus
17:53de système multilatéral.
17:54Il n'existe plus.
17:56Il n'y a plus
17:56d'endroit
17:57où les gens
17:57se parlent.
17:58Et tout d'un coup,
17:59le pape,
18:00qui est un chef d'État,
18:01a la tête
18:02de l'État
18:03le plus petit
18:04au monde.
18:05C'est un...
18:07C'est un bloc
18:07d'immeubles.
18:09Il a une parole
18:10qui est entendue
18:10dans le monde entier.
18:11C'est magnifique.
18:13J'ai beaucoup aimé
18:14le texte
18:15publié
18:15par
18:16le grand rabbin,
18:17les protestants
18:19et les musulmans
18:20souhaitant
18:21la bienvenue au pape.
18:22Et je pense
18:23d'ailleurs
18:24que si
18:26l'islamisme
18:28est parfois
18:29ressenti
18:29comme si agressif
18:30en France,
18:31juste au titre,
18:33c'est parce que
18:33nous,
18:35nous avons du mal
18:36à croire encore
18:37en quelque chose.
18:38Les racines
18:39judéo-chrétiennes
18:40dans la Constitution,
18:42c'est un combat
18:43de civilisation ?
18:45C'est un combat
18:46de civilisation.
18:47On est fiers
18:47de ce qu'on est.
18:49On peut faire
18:49tout ce qu'on veut.
18:50On ne peut pas effacer
18:51Clovis et son baptême
18:52de l'histoire de France.
18:53Mais on ne le fait pas.
18:55C'est une erreur.
18:55On ne l'écrit pas.
18:58Parfois,
18:58au nom de la laïcité,
18:59parce qu'il y a un combat,
19:00parfois,
19:01elle est mal perçue
19:02ou mal comprise,
19:03cette laïcité.
19:03Vous aviez d'ailleurs
19:04beaucoup insisté
19:04lorsque vous étiez président
19:06sur la notion
19:06de laïcité positive.
19:08Est-ce que vous utiliseriez
19:10encore cette expression
19:11aujourd'hui
19:12de la même manière ?
19:12Mais bien sûr.
19:14La laïcité,
19:14c'est très important.
19:15Je suis profondément
19:17républicain.
19:18La laïcité,
19:19c'est le respect
19:19de ceux qui ne pensent pas
19:20comme moi.
19:21C'est une évidence.
19:23Mais est-ce qu'on se souvient
19:24de l'histoire de France ?
19:25Bien sûr,
19:26il y a eu la guerre de religion.
19:28C'était un drame.
19:30Mais il y a aussi
19:31cette époque.
19:32Pourquoi le général de Gaulle
19:33fait-il ses humanités
19:34en Belgique ?
19:36Parce qu'au nom de la laïcité,
19:38on ferme tout,
19:38les établissements
19:39scolaires catholiques.
19:41Il y a des maires
19:42de la région parisienne
19:43à la fin du XIXe siècle
19:45qui avaient pris des arrêtés
19:47pour empêcher les prêtres
19:48de traverser leur commune
19:49avec une soutane.
19:52Moi, je suis pour une laïcité
19:54positive.
19:55C'est-à-dire
19:56une laïcité
19:57qui accueille
20:00les catholiques,
20:01les croyants
20:02sont des gens
20:02qui espèrent.
20:03En croient l'espérance,
20:04c'est-il le contraire
20:05de la République ?
20:07La République organise
20:09la vie
20:10et les religions
20:11donnent un sens à la vie.
20:12C'est complémentaire.
20:14Ce n'est pas opposé.
20:16Il y a évidemment
20:17ces questions politiques,
20:18diplomatiques,
20:19historiques
20:20et puis il y a
20:20le rapport
20:21que chacun peut entretenir
20:23avec l'Église de Rome
20:24et avec Jésus-Christ.
20:26Je vais vous lire
20:27quelques lignes
20:27que vous allez reconnaître
20:29immédiatement.
20:30Je craignais
20:30mon premier dimanche
20:32à la santé.
20:33C'était un jour
20:34sans aucune visite.
20:36Ni de la famille,
20:37ni des avocats,
20:38la solitude complète.
20:40Mon fils Jean
20:41eut l'idée
20:41de demander
20:42à l'aumônier
20:42de la prison de la santé
20:43s'il pouvait me rendre
20:44une visite.
20:46À 9h30,
20:47j'ai retrouvé
20:47ce visiteur de Dieu,
20:49ce serviteur de Dieu
20:51dans le parloir
20:52du quartier
20:53des détenus
20:54à l'isolement.
20:55Nous parlâmes
20:56de religion,
20:57du pape,
20:57des églises
20:58dans la campagne
20:59au début
20:59sans aucune connotation
21:01trop intime
21:02ou trop personnelle.
21:03Je lui demandais
21:04les raisons
21:04qu'il l'avait amené
21:05à exercer son ministère
21:07dans un tel endroit.
21:08Il me confia
21:09qu'il était
21:10un homme
21:10des marges,
21:11qu'il les avait
21:12toujours aimés
21:13et qu'avec la prison
21:14il était servi.
21:15Il poursuivit
21:16le mal existe
21:18et ici
21:18il est très présent
21:19mais la bonté aussi.
21:21Elle existe
21:22même dans
21:23les personnalités
21:24les plus noires
21:25et chaque fois
21:26que je rencontre
21:27la bonté,
21:28je trouve le mystère
21:29de Dieu.
21:30Carla et Jean
21:31furent heureux
21:32quand je leur racontais
21:33cette rencontre
21:34spirituelle
21:35inattendue.
21:36Était-ce le signe
21:37que j'attendais ?
21:38Et c'est évidemment
21:39dans le journal
21:40du prisonnier.
21:42Bon, ça me touche
21:43que vous lisiez
21:45cet extrait.
21:47C'est le livre
21:48que j'ai écrit
21:49alors que j'étais
21:50enfermé 23h sur 24
21:52dans 9m2.
21:55Et
21:57j'ai rencontré
21:57ce prêtre
21:58avec beaucoup
21:59de plaisir,
22:00je lui dois beaucoup
22:02parce qu'à
22:02l'isolement total
22:04et je trouvais
22:05que c'était
22:05tellement injuste.
22:08c'était bien
22:09de recevoir
22:09quelqu'un
22:10d'aussi
22:10humain
22:12avec qui
22:13j'ai pu parler
22:16d'une manière
22:17très intime
22:18qui m'a fait du bien.
22:21Et
22:22au fond,
22:24quand on est
22:24à l'isolement
22:25complet,
22:25on est obligé
22:26de se poser
22:27des questions.
22:28Quand on est
22:29entouré
22:29d'occupations,
22:31de soucis,
22:32d'amis,
22:33d'adversaires,
22:34dans le combat
22:35avec une ambition,
22:36on réfléchit
22:37moins.
22:39Et
22:40au fond,
22:41la logique
22:42d'une vie,
22:42c'est d'essayer
22:43de s'améliorer,
22:44pas de se détériorer,
22:46c'est d'essayer
22:46de s'ouvrir,
22:48pas de se refermer.
22:50Et vous savez,
22:51moi je suis
22:52au fond,
22:53je suis assez
22:54pudique dans la parole
22:56et
22:57beaucoup moins pudique
22:59dans l'écrit.
23:00tout le monde pense
23:01que ma manière
23:02normale
23:02de m'exprimer,
23:04c'est la parole.
23:04Mais en vérité,
23:05je dis plus de choses
23:06à l'écrit.
23:09J'étais capable
23:09d'écrire cela,
23:10je ne suis pas sûr
23:11que j'aurais été capable
23:11de le dire.
23:13Et
23:14peut-être ce qu'il y a
23:14de plus beau dans la vie,
23:15Pascal Praud,
23:16c'est les rencontres.
23:17Et c'était une belle rencontre.
23:19Vous dites également,
23:20dans cette atmosphère
23:21désespérante,
23:22autant que menaçante,
23:23j'ai soudain,
23:24j'ai soudainement
23:25éprouvé le besoin
23:26de m'agenouiller
23:27au bord de mon lit.
23:28Je ne l'ai pas
23:29vraiment choisi.
23:31Cette phrase
23:32qui est étonnante,
23:32je ne l'ai pas
23:33vraiment choisie,
23:34ni réellement décidée.
23:36Alors vous qui décidez
23:36toujours tout,
23:38votre vie
23:38n'est que décision.
23:41Et là,
23:41quelque chose d'autre
23:42s'impose à vous
23:43et je ne l'ai pas
23:45vraiment choisi,
23:45ni réellement décidé.
23:46Vous êtes d'accord
23:47pour dire que
23:48tout ce que vous avez fait,
23:50vous l'avez décidé ?
23:51Non.
23:52Moi, je croyais
23:53que la philosophie
23:53de ma vie,
23:54c'était la volonté.
23:55Le volontarisme,
23:56y croire,
23:57c'est le sentiment
23:58que les Français ont
24:00en vous voyant.
24:01Vous êtes une énergie.
24:03Ça m'a donné
24:03une bonne leçon
24:04d'humilité.
24:05Je ne suis pas,
24:07je ne suis ni le début
24:08ni la fin.
24:09Je priais
24:10pour avoir la force
24:11de porter la croix
24:13de cette injustice.
24:14Cela m'a fait du bien
24:15et si la prière
24:16devait être
24:16le chemin
24:17pour résister,
24:18écrivez-vous également.
24:21vous savez,
24:22les épreuves,
24:23c'est une énergie.
24:26Il n'y a pas que
24:27la bonne nouvelle
24:27qui est une énergie.
24:29Et il ne tient
24:30qu'à chacun d'entre nous
24:31de faire de cette énergie
24:33quelque chose
24:33de positif.
24:35Mais je le dis
24:37modestement
24:37parce que
24:38il y a des gens
24:39qui nous écoutent
24:39qui sont malades.
24:42Eh bien,
24:42leur maladie
24:42peut être une grâce.
24:44Elle peut révéler
24:46à eux-mêmes
24:47le courage
24:48dont ils ont besoin.
24:50Moi,
24:51j'ai souvent admiré
24:51des gens malades.
24:54Je suis très lâche
24:55sur la maladie.
24:56J'ai très peur
24:57du médecin.
25:00Et quand je voyais
25:00des gens malades
25:02qui se battaient,
25:02je me disais
25:03c'est fantastique,
25:04quel courage ils ont,
25:05je les admire.
25:06Au fond,
25:08c'est ça la vie.
25:10Le bonheur
25:11est toujours
25:12dans l'épreuve surmontée,
25:14jamais dans l'épreuve
25:15évitée.
25:16Il est 9h24,
25:17nous sommes sur Europe 1
25:19avec le président Sarkozy.
25:22Nous sommes en codiffusion
25:23sur Europe 1
25:24et sur l'antenne
25:25de CNews
25:25et nous parlons
25:26effectivement
25:27de cette visite
25:28de Léon XIV,
25:30mais pas que
25:30du lien
25:32que vous avez
25:33avec l'église de Rome,
25:34avec Jésus-Christ,
25:35avec la maladie.
25:36Vous êtes d'ailleurs
25:37allé à Lourdes
25:38et vous m'aviez dit
25:41quelque chose
25:41qui m'avait beaucoup touché
25:42et qui en dit beaucoup
25:43sur ce que sont
25:44les catholiques.
25:46Lorsque vous êtes allé
25:46à Lourdes,
25:47il y a eu beaucoup
25:48de photos qui ont été prises
25:49de vous,
25:50vous avez vu beaucoup
25:50de pèlerins
25:51et aucune photo
25:53n'a été diffusée.
25:54C'est-à-dire que
25:55tous ces gens
25:56qui vous ont pris
25:57en photo
25:57ont compris
25:59que c'était pour eux,
26:01que c'était un moment
26:02intime
26:02et qu'il n'était pas nécessaire
26:04de le mettre
26:05sur les réseaux.
26:06et je trouve
26:07et je trouve
26:07que ça en dit
26:08incroyablement
26:09sur ce que sont
26:10au fond
26:12les catholiques.
26:14D'abord,
26:16pourquoi j'étais
26:17à Lourdes ?
26:20Six mois avant
26:21d'aller à la santé,
26:23par le plus grand hasard,
26:24je tombe
26:25sur le Lourdes
26:26de Zola.
26:29Ce que je ne savais pas,
26:31c'est que Zola,
26:32après les 29 épisodes
26:33des Rougo-Macar,
26:34avait décidé,
26:35il en avait marre
26:36de Rougo-Macar,
26:37et il avait décidé
26:38de faire une trilogie
26:40sur trois villes,
26:41Paris,
26:41Rome,
26:42Lourdes.
26:43Pourquoi je tombe
26:44sur...
26:44C'est un bouquin
26:45de mille pages,
26:46sur Lourdes.
26:47Et Zola,
26:48comme vous le savez
26:49sans doute,
26:49était non seulement athée,
26:51mais agressif
26:53à l'égard des religions
26:54et quand Lourdes sort,
26:56ça fait un scandale
26:57terrible.
26:59Je lis ce livre.
27:01C'est un livre
27:02absolument magnifique.
27:03C'est l'histoire
27:04d'un prêtre
27:05qui a perdu la foi,
27:06chez Zola en vérité,
27:08mais Zola
27:09est quand même
27:09bouleversé
27:10par ce qu'il voit,
27:11car comme à chaque fois,
27:12il fait une enquête
27:14sur Lourdes.
27:14Il va à Lourdes.
27:15Il va deux fois.
27:16Il passe du temps.
27:17Et il est bouleversé
27:18par la souffrance,
27:19par l'espérance
27:20et c'est très beau.
27:22Donc,
27:23je m'étais dit
27:26quand je sortirai,
27:28j'irai
27:29à Lourdes.
27:30J'avais été à Lourdes
27:31comme politique,
27:34comme leader de parti,
27:36comme président de la République,
27:37mais pas comme
27:39un citoyen
27:40comme les autres.
27:41Je vais à Lourdes.
27:43On y va d'ailleurs
27:43avec Carla.
27:45Quelques jours après,
27:47et là-bas,
27:48bien sûr,
27:48il y a beaucoup de pèlerins.
27:49C'est un miracle aussi.
27:524 millions de personnes
27:53chaque année.
27:54150 ans après,
27:55les apparitions
27:56pour la petite Bernadette.
27:59Je fais peut-être
28:01250,
28:02peut-être 300 photos
28:03de...
28:04Pourquoi est-ce que
28:05je n'en fiche jamais une photo ?
28:07Donc, les gens disent
28:08« Ah, président,
28:09on veut une photo,
28:10on veut une photo. »
28:12Et je suis à l'époque
28:14pourchassé
28:15par les photographes
28:16qui veulent une photo
28:17de moi,
28:18de Carla,
28:19à la sortie.
28:20Vous imaginez bien.
28:22Et je me dis en rentrant
28:23« Bon, tant pis,
28:25on va être partout. »
28:28Pas une photo
28:30n'a été publiée
28:32sur les réseaux.
28:33Et si vous saviez,
28:35comme c'est pour moi
28:35l'occasion de dire
28:36à tous les gens
28:37avec qui j'ai fait une photo,
28:39comme je suis touché
28:41par cette forme de respect,
28:43cette France-là,
28:45elle existe,
28:46elle ne veut pas disparaître.
28:48C'est une France
28:50discrète,
28:52respectueuse.
28:53C'est une France
28:54qui a des bons sentiments.
28:57C'est une France
28:58qui ne crie pas
29:00à roux
29:00sur le baudet.
29:02C'est une France
29:03qui veut aimer,
29:05qui veut admirer,
29:06qui veut regarder vers le haut.
29:08C'est une France
29:08dont on ne parle jamais.
29:10Et vraiment,
29:11ça m'a bouleversé.
29:12Mais regardez,
29:13pareil,
29:14le pape est là.
29:15Mais qui connaissait
29:16le pape il y a deux ans ?
29:18Qui connaissait ce pape ?
29:21Est-ce que vous ne voyez pas
29:22que quelqu'un
29:24qui a été élu
29:24par,
29:26allez,
29:28140 de ses collègues,
29:30qui pose la question
29:32de sa légitimité ?
29:33Qui aujourd'hui
29:34viendrait dire
29:35au micro de Pascal Praud,
29:36« Oh, quand même,
29:38il n'y a pas une femme
29:38qui a voté pour lui ? »
29:40Enfin,
29:41quelle est sa représentativité ?
29:42Moi, je me souviens
29:43quand j'étais
29:43président de la République.
29:45Et 53 %,
29:4715 jours après,
29:48on mettait en cause
29:48ma légitimité.
29:50Le pape ?
29:51Non.
29:53Donc,
29:53si ça,
29:54ce n'est pas miraculeux,
29:55qu'est-ce qu'un miracle ?
29:57– Quand vous êtes revenu
29:58de Lourdes,
29:59quel sentiment
30:00aviez-vous ?
30:03– D'abord,
30:06j'étais content
30:07d'avoir tenu ma parole.
30:10Moi, je suis un type bizarre.
30:11– C'est généralement
30:12ce que vous faites.
30:13– Ok.
30:14– On peut vous reprocher
30:16sûrement de certaines choses,
30:17mais généralement,
30:17vous tenez parole.
30:18– Je ne voulais pas
30:20tenir parole, là.
30:21C'est important.
30:22Ce n'est pas un choix politique.
30:24Je n'attendais rien.
30:25Je ne me présente pas
30:26à des élections.
30:27Je suis en dehors de ça.
30:29et vous savez,
30:32ça m'a obligé
30:33à réfléchir.
30:37L'homme a un corps.
30:40On en prend soin
30:41en faisant du sport.
30:44L'homme a un cerveau.
30:46C'est celui dont j'essaie
30:47de me servir
30:48en répondant
30:48à vos questions.
30:51Mais indépendamment
30:52du corps et du cerveau,
30:54il y a un mot
30:54qui a disparu du langage
30:57et qui est si important.
30:58Le mot âme.
31:01L'âme.
31:03Et quand je suis revenu,
31:05j'avais fait du bien
31:06à mon âme.
31:07C'était déjà
31:08une grande victoire.
31:10Ce rapport
31:11que vous pouvez avoir
31:13avec la foi
31:14dans une vie
31:15si singulière,
31:16si particulière,
31:18vous avez connu
31:18le pouvoir,
31:19la victoire,
31:20la défaite,
31:20les épreuves judiciaires,
31:21les blessures personnelles.
31:23Est-ce que vous diriez
31:24que la foi
31:25change
31:26votre manière
31:28de regarder la vie ?
31:31Et c'est très intime
31:33et c'est très complexe.
31:35Surtout,
31:38ça guérit
31:39et ça protège
31:41de quelque chose
31:42qui est
31:43si naturel
31:44à la politique,
31:45l'amertume,
31:47la revanche,
31:49la détestation.
31:53Je dis
31:53que c'est naturel.
31:54Encore une fois,
31:55je n'ai aucune leçon
31:56à donner.
31:57Mais vous n'êtes pas
31:58animé de passion triste ?
31:59Non.
32:00Jamais ?
32:01Non, non, jamais.
32:02C'est toujours frappant
32:03d'ailleurs de voir
32:04vos réactions
32:06après un revers.
32:08Il n'y a jamais
32:09de passion triste
32:10après une défaite.
32:11Je suis toujours
32:12frappé de ça,
32:13ce qui n'est pas
32:14si fréquent.
32:15Mais parce que...
32:16Et pourtant,
32:16vous êtes un combattant
32:18XXL.
32:19Oui, je ne sais pas.
32:21Je n'aurais pas aimé
32:22de votre adversaire.
32:24Oui,
32:25peut-être que ça
32:26vous aurait intéressé.
32:28Peut-être que
32:28vous aurez obligé
32:29de tirer le mien de vous.
32:30Peut-être.
32:31Vous savez,
32:31mais il n'y a pas
32:32de passion triste.
32:33J'étais il y a 15 jours
32:35au jardin d'acclimatation.
32:37Un dimanche après-midi.
32:39Parce que je voulais
32:40passer l'après-midi
32:42avec les enfants
32:45du centre anticancéreux
32:49le cancer pédiatrique.
32:51Et on passait
32:52l'après-midi
32:53là-bas.
32:55Il y avait tous
32:56ces enfants
32:57qui avaient le cancer.
32:58On ne peut pas dire
32:58que c'est un cancer
32:59de comportement.
33:00Ils n'ont pas bu,
33:01ils ne sont pas drogués,
33:02ils n'ont pas fumé.
33:04Et ils ont ça.
33:05Et leur famille.
33:07Mais si vous saviez
33:08comme je me suis senti
33:10si peu courageux
33:11face à eux,
33:12qu'ils sont tellement
33:13courageux.
33:15Ces parents
33:16qui étaient là
33:16avec leurs enfants
33:17à profiter
33:18d'une miette de bonheur
33:19au jardin d'acclimatation.
33:22Alors que
33:23ils rentrent
33:24normaux
33:25dans le bureau du médecin,
33:26ils sortent,
33:27on leur a expliqué
33:28que leur enfant
33:28a un cancer.
33:30Donc,
33:32c'est le mystère
33:32de la vie.
33:34Et moi,
33:34je suis tellement chanceux.
33:37et vous êtes tellement chanceux.
33:39Et chacun est tellement chanceux
33:40d'avoir cette vie.
33:41Donc,
33:42ils font profiter
33:43de chaque seconde
33:46en bénissant
33:48le fait de vivre.
33:49Mais est-ce que la foi
33:51change
33:52ce rapport
33:53que vous pouvez avoir
33:54à la vie dans
33:55la défaite
33:56comme dans la victoire ?
33:57Pascal Praud,
33:58vous me demandez
33:58une chose
33:59tellement simple.
34:01Est-ce que c'est plus facile
34:02de vivre en pensant
34:03que la vie a un sens
34:04que de vivre en pensant
34:05que la vie n'a aucun sens ?
34:07D'après vous,
34:08la question,
34:08c'est laquelle ?
34:11C'est laquelle ?
34:12Il y a des gens
34:13qui vivent
34:14comme Sioran
34:16en traversant la vie,
34:18en pensant
34:19que tout ça
34:19n'a aucun sens.
34:19Je pense beaucoup à Sioran
34:21parce que...
34:21Il faut rire d'ailleurs
34:22parce que c'est très drôle
34:23Sioran.
34:23Oui, à chaque anniversaire
34:25il dit une année de moins.
34:25Je m'en sers à chaque fois.
34:27C'est magnifique.
34:28Je bénis les enfants
34:29que je n'ai pas eus.
34:30Oui, mais...
34:32Vous savez,
34:33il y a une forme
34:34dans la philosophie.
34:35Parce qu'il y a des philosophes
34:36avec Dieu.
34:38Pascal.
34:40Qui a eu la révélation.
34:41Quand il a failli mourir
34:42en traversant la Seine,
34:44il manque de se noyer.
34:45Et là, il a une apparition.
34:47Mais c'est tellement plus simple
34:49de vivre
34:50avec du sens.
34:51Et c'est tellement
34:52une chance de le penser.
34:53Est-ce que ça a une cohérence ?
34:55Est-ce que ça a un sens ?
34:57C'est très important.
34:59Et les politiques, nous,
35:00dont la vie
35:01essaie de donner du sens
35:02aux choses,
35:03il me semble que
35:03c'est assez complémentaire.
35:05Bon, vous avez la foi.
35:06Vous croyez...
35:06Vous croyez en Dieu.
35:10Mais...
35:10Ne ramenez pas
35:11des sujets aussi complexes
35:13à des réponses aussi binaires.
35:15C'est mal me connaître.
35:16Je vous ai dit...
35:17Non, non, non.
35:18Je ne voulais pas
35:19être désagréable.
35:20Au contraire,
35:21vos questions
35:22sont toujours
35:23très précises.
35:26Je veux dire que...
35:28Je crois dans l'espérance.
35:33Mais...
35:33On ne va pas résoudre
35:34tous les deux
35:35le problème de savoir
35:36si Dieu existe
35:36ou pas ce matin.
35:38Non, mais on peut
35:39se projeter.
35:40C'est-à-dire que
35:41tout à chacun...
35:42Un jour,
35:43nous serons morts.
35:45Peut-être.
35:47Non, c'est sûr.
35:48Ce jour-là,
35:49comment pensez-vous ?
35:51Quelle forme,
35:52si j'ose dire ?
35:53Je ne sais pas
35:53si la question
35:54est assez précise.
35:55Quelle forme,
35:56selon vous,
35:58prend l'au-delà ?
35:59Non, je ne suis pas
36:00un chef religieux.
36:01Ce n'est pas ça.
36:02Non, ce n'est pas une question.
36:02Alors là, c'est une question...
36:03Oui.
36:04Tout le monde se pose
36:04la même question.
36:05Monsieur tout le monde
36:06se dit, mais qu'est-ce
36:07qui se passe après ?
36:08Non, la différence...
36:09Est-ce que l'esprit est là ?
36:10Est-ce que tout le monde
36:11se pose la même question ?
36:12La seule différence
36:13entre les gens,
36:14si vous me le permettez,
36:16c'est ceux qui pensent
36:17à la dernière seconde
36:18de la dernière minute,
36:20confrontés à l'obstacle,
36:21et ceux, peut-être comme nous,
36:23qui se disent
36:24« ça va arriver,
36:25mieux vaut y penser avant ».
36:26Je suis de ceux
36:27qui pensent
36:28que ça arrivera
36:29de façon inéluctable
36:31et qu'il faut s'y préparer,
36:33y réfléchir,
36:35apprivoiser
36:36cette idée
36:38très brutale
36:39que rien ne dure.
36:42Et au fond,
36:45c'est dans ce processus
36:47que moi, je m'inscris.
36:49Et je trouve que...
36:50Vous voyez, par exemple,
36:51vous me posiez
36:51la première question
36:52« Est-ce que vous allez
36:53à la messe ce samedi ? »
36:56Eh bien, moi, je trouve
36:57que c'est encore
36:57beaucoup plus simple
36:59d'espérer
37:00au milieu
37:02de dizaines,
37:03de centaines de milliers
37:04de gens qui espèrent.
37:05Parce qu'on les portait.
37:07De la même façon
37:08que je pense,
37:09qu'il est plus simple
37:10d'espérer
37:10quand les gens chantent.
37:12Parce que la musique,
37:13ça monte.
37:15Voilà.
37:16Et donc,
37:16c'est pour ça
37:17que j'y vais.
37:18De là à dire
37:19« Monsieur Pascal Praud,
37:21je suis sûr,
37:23je vous réponds oui
37:24et j'ai jamais de doute,
37:26je ne peux pas
37:27vous répondre ça.
37:28J'aimerais tellement
37:28vous répondre ça. »
37:31Alors, derrière cette question,
37:32il y avait également
37:33« Comment vous l'imaginez ? »
37:35J'entends les doutes
37:36et chacun les a.
37:37Mais quelle forme
37:40ça pouvait prendre ?
37:42Ça, j'ai beaucoup progressé.
37:43Parce que quand j'étais plus jeune,
37:45j'imaginais soit rien,
37:47soit quelque chose
37:49de magnifique.
37:50Et là,
37:50je n'imagine qu'une seule chose,
37:52c'est que ça nous dépasse
37:55tellement
37:56que c'est
37:59inenvisageable.
37:59C'est vertigineux.
38:01quand on pense,
38:03vous savez,
38:04quand on pense à cela,
38:06à cet univers créé
38:07il y a 13,7 milliards d'années,
38:11en une seconde
38:12divisée par un million,
38:15qui est grand
38:16comme une tête d'épingle
38:17et qui produit
38:18une émanation de chaleur
38:20qui se compte,
38:21tenez-vous bien,
38:22en milliards de milliards
38:23de degrés
38:24et qui fait l'univers
38:25dans lequel nous vivons,
38:28oui,
38:28M. Pascal Praud,
38:29ça nous dépasse.
38:31Ce sont des questions
38:31évidemment vertigineuses
38:32et cette affaire du Big Bang
38:34est assez incompréhensible
38:35pour un cerveau,
38:36j'ai envie de dire,
38:38classique.
38:40Ce rapport à l'au-delà,
38:41est-ce que vous avez eu
38:42le sentiment parfois
38:43dans votre vie
38:43d'avoir une présence,
38:44une voix
38:46des gens qui...
38:48Vous étiez par exemple
38:49très lié à Édouard Valladur.
38:51C'était...
38:53Ça allait au-delà.
38:54De l'affection.
38:55Il y avait quelque chose
38:56de paternel
38:56dans le rapport
38:57que vous aviez avec lui.
38:59Et tous ceux,
39:00ces derniers jours,
39:01ont été frappés
39:03par la tristesse
39:04qui était la vôtre.
39:05Édouard Valladur est mort
39:07et vous l'avez accompagné.
39:09Est-ce qu'il y a eu
39:10dans votre vie
39:12des signes
39:13que vous avez perçus
39:15qu'on peut dire
39:16de l'au-delà ?
39:18Et pardonnez-moi
39:19de poser ces questions
39:20si intimes,
39:20peut-être.
39:22Je n'avais qu'à
39:23pas répondre
39:23à votre invitation.
39:26Et après tout,
39:27après tout,
39:30est-ce qu'on n'est pas
39:31à un moment
39:31de nos vies
39:32où il est important
39:33que les gens
39:35voient un peu
39:36de vérité
39:37derrière le masque
39:39des images ?
39:41J'aimais beaucoup
39:42M. Valladur.
39:43Et ses enfants
39:44m'ont demandé
39:44de lui faire
39:46un dernier au revoir
39:46quand il était
39:47sur son lit de mort.
39:49Et vraiment,
39:50ça m'a touché
39:54de venir dans cet appartement
39:55où j'étais tant de fois
39:56et de le voir
39:57sous son lit de mort.
39:58Lui qui était
39:59croyant
40:01et qui en font
40:03mort de chagrin
40:05parce qu'il n'a pas
40:06supporté la perte
40:07de sa femme.
40:0874 ans,
40:09ensemble.
40:10Et ça m'a touché
40:11un point immense.
40:13Si la question
40:14est
40:16est-ce que
40:18je me sens seul ?
40:19La réponse est non.
40:24Est-ce que c'est des signes ?
40:26Je ne veux pas dire ça.
40:27Ce n'est pas
40:29à la fois trop de prétentions
40:30et puis ce n'est pas...
40:33Oui, je pense que tout
40:34a un sens.
40:37Et qu'au fond,
40:39rien n'est le fruit
40:40du total hasard.
40:41Et d'ailleurs,
40:42le hasard,
40:43c'est le nom
40:44que les athées
40:46donnent à Dieu.
40:50Édouard Balladur
40:51qui est décédé
40:51il y a quelques jours
40:52et son épouse
40:53était décédée
40:53en décembre dernier.
40:55Et effectivement,
40:57comme ça arrive
40:57parfois lorsqu'un couple
40:59fusionnel
40:59a traversé
41:01l'existence,
41:02Édouard Balladur
41:03a rejoint son épouse
41:04quelques semaines,
41:05quelques mois plus tard.
41:08On peut parler
41:09effectivement toujours
41:09de la foi
41:10et du pardon.
41:12parce que le pardon,
41:14est-ce que vous avez...
41:15Alors, d'abord,
41:17pour pardonner à quelqu'un,
41:18il faut que
41:20ce qu'il vous a fait
41:21soit important.
41:23Il ne s'agit pas
41:24de pardonner à quelqu'un
41:25qui a brûlé
41:26le feu
41:27ou la politesse.
41:28Bon,
41:29il y a parfois des gens
41:30qui vous ont blessé
41:31et qui ont fait des choses
41:32et qui vous ont mis
41:34en difficulté.
41:35est-ce que vous pratiquez
41:37le pardon ?
41:38Est-ce que la foi
41:40que vous avez
41:40peut aller dans ce sens ?
41:42Ce n'est même pas
41:43une question de foi,
41:44c'est une question
41:44de tempérament.
41:45Oui.
41:46Pardon,
41:46je ne sais pas...
41:47Vous tournez la page.
41:49Je ne sais pas
41:50comment ça c'est,
41:51je tourne la page.
41:52J'ai guidé des endroits
41:53que j'adorais
41:54sans me retourner jamais.
41:57C'était peu...
41:59Bon,
41:59j'ai perdu beaucoup
42:00de gens que j'aimais.
42:01Bernadette Chirac aussi.
42:03Vous savez,
42:03pour moi,
42:04Bernadette Chirac,
42:05c'est quelqu'un
42:06qui a énormément compté.
42:07Philippe Seguin,
42:08vous en parliez
42:09merveilleusement dans...
42:09Je crois que c'est
42:10dans le temps des combats.
42:12Et vous racontiez,
42:13c'était...
42:14Vous étiez au Parc des Princes
42:15avec lui,
42:15vous passiez
42:17à côté de lui
42:18la soirée,
42:19le match,
42:20vous le raccompagnez
42:21chez lui
42:21et il vous disait
42:23on a passé une bonne soirée,
42:24il y avait peu d'échanges,
42:25mais vous étiez...
42:26Mais il n'avait pas dit un mot.
42:27Il n'avait pas dit un mot.
42:29Non,
42:29il était très touchant.
42:30Vous savez,
42:31un jour,
42:31il avait peur de la mort.
42:33Franchement,
42:34il n'est pas le seul.
42:35Et vous ?
42:37Disons que ça m'intéresse.
42:39J'essaye de voir
42:40l'intérêt avant la peur.
42:42Et il avait écrit,
42:44Philippe,
42:46je voudrais mourir
42:48le jour,
42:49en plein soleil,
42:50surtout pas la nuit.
42:53Et ça m'avait touché
42:54de ce colosse
42:57qui dit ça.
42:58Le pardon,
43:00d'abord,
43:00en politique,
43:01les grands politiques,
43:04ils doivent absolument pardonner
43:06parce qu'ils doivent rassembler.
43:08Et si vous ne pardonnez pas,
43:09vous ne rassemblez pas.
43:10Car naturellement,
43:11vous rassemblez des gens
43:12qui, à un moment ou à un autre,
43:13ont été contre vous.
43:14Alors,
43:14vous l'a reproché ?
43:16Oui,
43:16mais l'ouverture,
43:18vous l'a reproché ?
43:18Oui,
43:19mais moi,
43:19ça n'a aucune importance.
43:20Je pense que la quasi-totalité
43:22presque des ministres
43:23que j'avais,
43:24à un moment ou à un autre,
43:25avait dit quelque chose
43:26contre moi.
43:27Ils ont dit des choses
43:28pas trop gentilles après.
43:29Parfois même,
43:30ils ont écrit un livre
43:30pour dire du mal.
43:31Mais ce n'est pas grave.
43:33Ce n'est pas reconnaissant.
43:35Mais ce n'est pas grave
43:36parce que moi,
43:37j'ai été président
43:37de la République.
43:40C'est un honneur,
43:41c'est une chance
43:42et ça crée un devoir.
43:45Le devoir,
43:46quand on a été chef,
43:47c'est de rester
43:48à un certain niveau.
43:49Pas de tomber
43:50dans la cour de récréation.
43:52Et je vous dis,
43:52ça, ce n'est pas
43:53une question de foi,
43:54de religion,
43:54c'est une question
43:55de tempérament.
43:58J'ai beaucoup vu
43:58M. Jussiard d'Estaing.
44:01Mais quand il me disait
44:02qu'il ne voulait pas
44:03retourner à l'Élysée
44:04parce que ça lui a fait
44:05trop de mal,
44:06c'est comme s'il me parlait
44:07chinois.
44:08Parce que moi,
44:08je suis retourné
44:09à l'Élysée
44:10à l'époque de Hollande,
44:12pourtant on a peu en commun,
44:14à l'époque de Macron,
44:16sans que ça ne me fasse
44:18aucun effet.
44:19Je n'étais pas chez moi.
44:20Et même chez moi,
44:22un jour,
44:24on dira
44:25Sarkozy,
44:26habitez là.
44:27Et ça ne sera plus
44:28chez moi.
44:29Donc,
44:30cet instinct de possession
44:31qui est assez naturel
44:32chez moi,
44:34j'ai dû le dominer
44:36pour comprendre
44:37que c'est une vanité.
44:39Et si vous voulez
44:40être un grand politique,
44:41vous ne pouvez pas
44:41en rester à des petites querelles.
44:44Je crois que c'est Louis X
44:45qui disait quelque chose
44:46de très vrai.
44:47le roi de France
44:48oublie les querelles
44:50du duc d'Orléans
44:51et c'est pour ça
44:52que c'est un grand roi.
44:53Nicolas Sarkozy
44:54est avec nous.
44:54Il est 9h44.
44:55Vous êtes sur l'antenne
44:56d'Europe 1.
44:56C'est un moment particulier,
44:58bien sûr.
44:59Nous sommes également
45:00sur l'antenne de CNews.
45:01On a parlé beaucoup,
45:02évidemment,
45:04de religion.
45:04On a parlé aussi politique
45:05avec le Vatican.
45:07Léon XIV est en train
45:09d'arriver
45:09dans quelques minutes.
45:11Je ne sais pas d'ailleurs
45:11si l'avion
45:13est en attente
45:15sur l'aéroport
45:17de Paris.
45:19Manifestement,
45:20nous avons ici
45:21une image
45:22où nous suivons
45:23le trajet
45:25du pape,
45:26Léon XIV,
45:27que vous n'allez pas rencontrer.
45:29Vous n'allez pas le voir ?
45:32Il se trouve
45:33qu'en vous quittant,
45:35j'irai à l'Elysée
45:37pour le premier discours
45:38du pape,
45:39puisque le président Macron
45:42a fait une réunion
45:44pour l'accueillir
45:45et je serai...
45:47Il n'en a pas beaucoup parlé hier.
45:49Il n'en a même
45:49quasiment pas parlé.
45:51Il n'a pas prononcé
45:53le nom Léon XIV
45:55hier en sortant
45:56précisément
45:57de l'interview
45:57de M. Macron.
45:59ça m'a frappé
46:00qu'il n'ait pas dit
46:02un mot
46:03sur un événement
46:04aussi important.
46:07Soyons généreux,
46:09M. Proulx.
46:11Bon, Léon XIV,
46:12alors je ne sais pas
46:12si vous aurez un échange
46:13avec lui,
46:13mais si vous aviez
46:14un échange avec lui,
46:16qu'est-ce que vous lui diriez ?
46:16Non, je l'écouterais.
46:19Je l'écouterais.
46:21Vous savez,
46:23il y a 21 siècles
46:24de légitimité.
46:26C'est le successeur
46:27de Pierre.
46:29Vos enfants s'appellent
46:30Pierre et Jean.
46:33Et Louis et Julien.
46:34Et Louis et Julien.
46:36J'ai dit tout à l'heure.
46:37Non, non, pourquoi ?
46:38Moi, je n'ai rien contre
46:39ceux qui appellent
46:40Cerise ou Clémentine.
46:42Je ne sais pas.
46:43Je ne veux pas
46:44encore une fois
46:45donner des cents.
46:46Mais vous savez,
46:50un jour,
46:50on m'a demandé
46:52quelle était la personne
46:53que je souhaitais
46:53le plus rencontrer
46:54au monde.
46:56et on m'a donné
46:57cinq possibilités
46:58de choix.
46:59J'ai répondu
47:00à la personne
47:00qui disait ça,
47:01mais je n'ai pas besoin
47:02de cinq.
47:03Pour moi,
47:03je veux rencontrer,
47:04si vous me donnez
47:05cette chance,
47:07la personne
47:07la plus importante
47:08depuis que les premiers
47:09hominidés sont arrivés
47:10sur Terre
47:10il y a trois millions
47:11d'années.
47:12C'est Jésus.
47:15Mais je n'aurais
47:15rien à lui dire.
47:17Juste l'écouter.
47:19Juste l'écouter.
47:22Et écouter,
47:23quand on a tellement
47:23parlé comme moi,
47:24c'est nécessaire.
47:27Je vais vous remercier,
47:28Monsieur le Président.
47:29On n'a pas parlé
47:31de politique,
47:32on n'a pas parlé
47:34de cette campagne
47:35présidentielle,
47:36de cet avenir
47:36pour la France
47:37qui nous inquiète,
47:40de ce sentiment
47:42que nous avons tous
47:42que cette élection
47:43est peut-être
47:45la plus importante
47:47depuis bien longtemps,
47:48que nous sommes
47:49à la croisée
47:50des chemins
47:51que certains
47:52ont le sentiment,
47:53c'est vrai,
47:53de ne plus reconnaître
47:54cette France
47:55dans laquelle
47:55ils ont grandi,
47:56ils ont vécu
47:57avec ces fractures
47:59qui sont là.
48:00Fractures multiples,
48:01d'ailleurs,
48:02jeunes contre vieux,
48:03blancs contre noirs,
48:04actifs contre retraités,
48:06je pourrais multiplier,
48:07hommes contre femmes.
48:09Jeunes contre vieux,
48:09ça me frappe,
48:10par exemple,
48:10aujourd'hui,
48:11ce clivage
48:12et que nous aurions besoin
48:14dans cette période-là
48:16de quelqu'un
48:16qui rassemble.
48:20et je pense
48:21que vous faites
48:21sans doute
48:22le même constat
48:22que moi
48:23dans ces périodes-là
48:24que la France
48:25est un pays
48:26qui traverse
48:27parfois
48:28des très grandes
48:30difficultés
48:31mais qu'elle a besoin
48:32de se réunir
48:34et qu'il lui faut
48:35un chef,
48:36elle est comme ça,
48:36un homme providentiel.
48:38On veut bien être vassal
48:39quand le suzerain est grand
48:40et que De Gaulle
48:43l'avait fait
48:43au moins deux fois
48:44et que cette France-là
48:46attend sinon son Messie
48:48pour rester sur un vocabulaire
48:50chrétien
48:51mais elle attend.
48:53Non mais,
48:54d'abord,
48:55vous êtes d'une habileté
48:56redoutable.
48:57Je vous vois venir.
48:59Mais,
49:00je vais quand même
49:01répondre aux questions.
49:02D'abord,
49:02je pense que la France,
49:04comme toute société,
49:06est verticale.
49:08Et contrairement
49:09à ce que disent les réseaux,
49:10je ne crois pas
49:11à l'horizontalité.
49:13je ne connais pas
49:14de familles,
49:15d'entreprises,
49:16d'associations,
49:17de pays,
49:18de communes.
49:19De football ?
49:20Encore plus.
49:22Ce qu'on aime d'ailleurs
49:23dans le sport,
49:24on le conteste
49:25dans la vie.
49:26Oui,
49:26ça n'a aucun sens.
49:27Bon.
49:28Moi,
49:28je crois à la différence
49:30davantage qu'au nivellement.
49:32Donc,
49:33la verticalité.
49:34Oui,
49:35oui,
49:36oui,
49:36oui.
49:37Surtout en France.
49:39La France a besoin
49:40d'être incarnée
49:41fortement.
49:43Et c'est vrai
49:43dans toute son histoire
49:45où il y a des grands rois,
49:47des grands présidents
49:48et d'autres
49:50normaux.
49:52Et dans mon esprit,
49:53la normalité
49:54n'est pas forcément
49:55une qualité.
49:57Deuxième chose,
49:58je voudrais vous dire
49:59que je ne fuis pas
50:00votre question
50:01par lâcheté,
50:02mais je trouve
50:03qui a
50:05comment dire
50:06une grande vulgarité
50:10à critiquer
50:11ses successeurs.
50:13J'ai suffisamment
50:15été dans le combat.
50:16Je sais
50:17que c'est difficile.
50:18Au fond de moi,
50:19je sais ce que je pense
50:20et je vois les choses.
50:23Mais je ne veux pas.
50:25Et troisièmement,
50:26il viendra un moment
50:28où la situation
50:29peut être
50:30si difficile,
50:31si douloureuse,
50:32qu'il faudra
50:33qu'il y ait des gens
50:34qui parlent
50:35à tout le monde.
50:37Merci.
50:38C'est moi
50:39qui vous remercie.
50:39Merci grandement.
50:41Monsieur le Président,
50:42il est 9h50,
50:43nous sommes ensemble
50:44depuis 9h
50:44sur Antenne d'Europe 1,
50:45sur Antenne de CNews
50:47et je pense
50:48que beaucoup
50:48ont apprécié
50:51les paroles
50:52que vous avez dites
50:53et le niveau
50:54qui a été le vôtre
50:56durant ces 50 minutes
50:58qui tranche peut-être
50:59avec le débat politique
51:00du moment
51:01et nous avons besoin
51:02peut-être effectivement
51:03et même sans doute
51:03d'une parole différente.
51:04Merci beaucoup
51:05Monsieur le Président.
51:05C'est moi qui vous remercie.