00:00Devant le spectacle que nous offre ce début de campagne présidentielle,
00:03notamment le premier débat de la primaire socialiste mercredi soir,
00:06la réaction spontanée de l'amateur est de s'endormir.
00:08Mais quand vous êtes comme lui un professionnel,
00:10vous vous endormez aussi, mais vous en tirez quand même une chronique.
00:12C'est ce qu'on appelle avoir du métier.
00:14François Rollin, bonjour.
00:16Bonjour mon bon Mathieu, bonjour mes bons amis.
00:19Je vais vous parler à cœur ouvert.
00:21Je me demande si je sers vraiment ici à quelque chose.
00:25Je m'interroge sur l'intérêt et la pertinence d'une chronique sur la présidentielle
00:29dans une démocratie moribonde.
00:32Et la nôtre, justement, l'est moribonde.
00:35Vous savez, je repense à ce joli cri d'effarement poussé par Jacques Fauvet
00:39dans son édito du journal Le Monde en 1980
00:42à un an et neuf jours de la présidentielle de 81
00:45qui vit la victoire, non pas de Charles de Gaulle comme Cyril Carrière l'espérait,
00:50mais de François Mitterrand.
00:52Ce 17 avril 1980, le directeur du Monde écrivait
00:56pour parler de l'équipe giscardienne gangrénée par les affaires
01:00et les manœuvres de bas étage, il écrivait
01:01« Quelle équipe, mais quelle équipe ! »
01:04Et moi, aujourd'hui, j'ai envie de dire avec le même effarement
01:08« Quel cirque, mais quel cirque ! »
01:12entre Marine Le Pen, la favorite, qui sera peut-être invalidée dans 4 mois
01:16par la cour de cassation.
01:18Tondelier, qu'on croyait qu'elle y va, mais finalement, elle réfléchit.
01:22Delphine Bateau, trécolo, qui elle y va, mais pour le coup sans réfléchir
01:26et surtout sans espoir.
01:28Cette loufoque primaire à gauche, regroupant 6 machines à perdre,
01:32dont une, Ségolène Royal, qui a largement fait ses preuves il y a 20 ans contre Sarkozy,
01:36et qui a maintenant tellement perdu les pédales
01:39qu'elle sous-entendait avant-hier que les Juifs de France
01:41méritent bien d'être persécutés
01:43s'ils refusent de condamner publiquement la politique de Netanyahou.
01:47Pauvre femme.
01:48Et puis finalement, non, 5 machines à perdre
01:51puisque Philippe Brun s'est fait éjecter par le roi des machines à perdre,
01:54le malnommé Olivier Faure.
01:564 gugus de gauche aussi, mais qui entendent bipasser la primaire loufoque,
02:00à savoir Ruffin, ex-suppot de LFI,
02:03suppot pas au sens satanique, mais au sens de suppositoire,
02:07Karim Boanran, ex-suppot du Parti Communiste, même orthographe pour suppot,
02:11Bernard Cazeneuve, anti-primaire lui aussi,
02:14à 63 ans on n'est plus très joueur,
02:16et bien sûr le revenant Hollande, 73 ans l'an prochain,
02:20François Hollande, celui qui nous a inventé Macron, merci François.
02:24Puis la primaire centrale de Bayrou, qui ne résoudra rien,
02:27puisque de toute façon, Xavier Bertrand n'en sera pas,
02:30et David Linard probablement pas non plus,
02:32et que si Gabriel Attal l'emporte sur Edouard Philippe,
02:36Edouard Philippe ira quand même.
02:38Mélenchon, le teigneux de 75 ans,
02:41qui méprise les vieux pilotes de 70 ans,
02:44Mélenchon, qui multiplie les provocations et les comportements antirépublicains
02:47dans une optique à peine dissimulée de bordélisation générale,
02:52Fabien Roussel, qui n'a pas compris que le Parti Communiste français est mort depuis 20 ans,
02:56Dupont-Aignan, qui remet le couvert pour la quatrième fois,
03:00alors que ça fait trois fois qu'on lui dit clairement non,
03:03avec Nathalie Arthaud, elle aussi récidiviste,
03:06qui va essayer d'être encore plus à l'extrême-gauche que Mélenchon,
03:08bon courage,
03:10Florian Philippot, qui tente un comeback triplement perdu d'avance,
03:13et qui ose, tout comme l'autre Rue Berlu, François Asselineau,
03:17proposer un Frexit,
03:18alors que le Royaume-Uni n'en finit pas de se mordre les doigts du Brexit,
03:22et puis pour compléter le cirque,
03:24quelques clowns de service, sauf leur respect,
03:26Anas Kaziv, Selma Labib,
03:29Juan Branco, Lydie Massard, Benoît Mathieu,
03:31Clara Heger, Antoine Micolazac,
03:33et pour couronner la pyramide,
03:35bien accroché, bien perché tout en haut du chapiteau,
03:39Francis Lalanne,
03:40dont le poste est, semble-t-il, convoité par Jean Lassalle.
03:44Tout ce cirque, alors que la fonction présidentielle est totalement dévaluée,
03:48depuis longtemps, le pouvoir n'est plus à l'Elysée, vous le savez bien,
03:52il est dans les fonds de pension, il est GAFA,
03:54il n'y a plus des citoyens votant et se battant pour une démocratie,
03:58il y a des consommateurs asphyxiants dans un marché mondialisé,
04:02où la finance s'assoit chaque jour un peu plus pesamment sur toute forme de morale.
04:07Il faut d'ailleurs, pour être exact, inverser la cause et les faits.
04:09Ce n'est pas parce que les candidats sont des bêtes de cirque
04:12que l'élection perd son sens et sa valeur,
04:14c'est parce que l'élection a perdu son sens et sa portée
04:17que la piste est libre pour les clowns et leur clownerie.
04:21Avec, perdu quelque part sur une plage déserte de radios de service public,
04:25un autre clown, professionnel pour le coup, moi,
04:28qui commente inutilement des élections farfelues
04:30et finalement superflues dans une démocratie à la dérive.
04:34Oh, je ne suis pas aveugle, vous savez,
04:35je sais bien que je ne vaux pas mieux que tous les Suisses nommés.
04:38Moi aussi, j'ai failli de faire mon intéressant,
04:41comme disaient des proches,
04:42dans un système qui m'échappe et me dépasse.
04:44Rassurez-vous, la semaine prochaine, nous porterons un regard confiant,
04:49positif et optimiste sur la situation.
04:51On a hâte d'entendre ça, merci beaucoup, François Rollin.
04:55Petit îlot d'absurdité dans cette démocratie à la dérive.
04:58On vous retrouve la semaine prochaine dans ZoomZoom.
05:00Sous-titrage Société Radio-Canada
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