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Chaque vendredi, samedi et dimanche, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Hélène Roué pour débattre des actualités du jour.

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00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Hélène Roué.
00:04Vous écoutez Europe 1, il est 19h32, toujours avec Alexandre Malafaille, fondateur de l'Institut Sinopia et Vincent Roy, journaliste
00:11et essayiste.
00:12Et alors revenons évidemment sur le discours de Léon XIV ce matin à l'Elysée.
00:16Dans son discours, Léon XIV a défendu avec vigueur la protection du droit à la vie.
00:20Il a évoqué l'euthanasie, la GPA, la vente d'organes.
00:23Le pape a rappelé combien il était important de ne pas voir la science comme la solution à toutes nos
00:28souffrances.
00:28Je réaffirme avec force que la protection du droit à la vie constitue les fondements incontournables de toute autre droite
00:39humaine.
00:41Il existe de nos jours la tentation d'attendre la science, une solution et une consolation à toutes nos souffrances.
00:52Le risque est souvent de tomber dans l'illusion.
00:55Je constate parfois avec préoccupation les dérives actuelles des sociétés qui risquent de détourner la science et la technologie en
01:07entreprises lucratives,
01:09favorisant les manipulations génétiques, la gestation pour autrui, l'achat d'organes ou l'offre d'une mort programmée.
01:20Alors Vincent Roy, c'est intéressant, il y a une position frontale quand même, on peut le dire, de l
01:24'église aux décisions du président Macron qui a poussé l'euthanasie et l'introduction du droit à l'avortement dans
01:29la constitution.
01:30Et alors moi ce qui m'a marquée, c'est que c'est vrai que cette réflexion sur la vie,
01:33elle est arrivée très très rapidement dans le discours du pape, alors qu'Emmanuel Macron évidemment était juste à côté.
01:39Une certaine forme d'audace, non ?
01:41Oui sans doute, d'une certaine manière on n'en attendait pas moins le pape sur ses questions, le représentant
01:48de l'église sur ses questions,
01:50on connaît les positions de l'église sur ses questions et elles ne peuvent pas ne pas être celles-ci,
01:56c'est le droit à la vie, c'est pas le droit à mourir.
02:03Donc on n'en attendait pas moins. En revanche, effectivement, il y a une audace que peut-être on avait
02:09trouvée chez Jean-Paul II lorsqu'il va à Cuba,
02:15et chez les autres papes, on n'avait peut-être pas senti comme cela, effectivement, ce côté un peu frontal.
02:24Emmanuel Macron est à côté de lui et en fait il défait à peu près toute sa politique, tout ce
02:31qui a mis en place, ce pourquoi il s'est battu et notamment...
02:33Et surtout que le calendrier interroge, c'était il y a tellement peu de temps qu'évidemment tous les Français
02:36pensent à ça quand ils écoutent le pape.
02:38Oui, alors peut-être, je vais utiliser une formule qui va amuser, mais peut-être qu'il est venu en
02:42France à ce moment-là pour remettre l'église au centre du village, d'une certaine façon.
02:47Ben oui, en disant... Vous voyez, de la même manière, tout à l'heure, on parlait de la ferveur, du
02:54nombre de conversions, etc.
02:55Je pense que dans une époque dévastée, le besoin de transcendance se fait sentir.
03:00Et c'est peut-être l'une des explications de cette ferveur dont on parle beaucoup et qui semble presque,
03:07aujourd'hui, nous étonner.
03:10Donc, le pape est venu aussi pour redire le message de l'église et dire d'une certaine manière à
03:17Emmanuel Macron, même si c'est un peu frontal,
03:20il me semble, monsieur le président, que vous avez fait fausse route.
03:24Alors l'autre versant, justement, de ces recrudescences de baptême dont on peut se réjouir, c'est vrai que la
03:29transcendance, c'est évidemment,
03:30on comprend que c'est un besoin, on comprend que c'est quelque chose de formidable, Alexandre Malafaille,
03:34mais l'autre versant, c'est l'augmentation des actes anti-chrétiens, avec toutes ces églises qui sont incendiées, qui
03:40sont profanées.
03:41En 2025, on recense 843 actes anti-chrétiens.
03:44Il y a encore quelques semaines, il y a un homme à Forbac, qui est armé d'un opinel, qui
03:48a surgi dans une église en hurlant à la Akbar.
03:50On précise également que ça fait dix ans que le père Hamel a été tué par un terroriste.
03:54Est-ce que vous pensez que le pape peut aussi s'exprimer là-dessus ?
03:58Le président de la République, lui, il a assuré ce matin que la République combat la recrudescence des insupportables actes
04:03anti-religieux.
04:04Moi, je n'ai pas l'impression de voir le gouvernement véritablement s'attaquer à ce sujet, Alexandre Malafaille.
04:09Je ne peux pas dire que ce soit une vraie préoccupation de ce gouvernement, ni du président actuel.
04:13Vous savez, en fait, la question, moi je la prends avec un peu de recul,
04:16je trouve que la dynamique générale, on parlait du sens qui est l'oxygène de l'esprit,
04:19la dynamique générale de ces 40 dernières années,
04:22elle a ouvert un certain nombre d'horizons avec des libertés nouvelles ou des avances importantes.
04:26Regardez François Mitterrand, pardon de reprendre un peu de recul,
04:28mais c'était finalement la fin de la peine de mort,
04:31et c'était finalement le droit à être respecté si on est homosexuel.
04:34Ce n'est pas banal quand même, c'était de vrais changements.
04:37Avec François Hollande, on était d'accord ou pas d'accord,
04:38mais vous avez finalement le droit à pouvoir vous marier, une espèce d'égalité de droit,
04:42pour tous ceux qui n'étaient pas effectivement hétérosexuels.
04:44Et donc, quelque part, on a bien sûr vu des problématiques liées à la morale chrétienne,
04:49si je puis dire, à l'éthique chrétienne derrière tout ça,
04:50mais là, on a mis le pied dans l'autre chose avec Emmanuel Macron.
04:53On est finalement sur cette espèce de mort,
04:56c'est-à-dire que lui a fait le droit à la mort,
04:58ce n'est pas le droit à la vie, c'est le droit à la mort.
04:59Avec tous les messages qui sont passés derrière,
05:01c'est-à-dire le pouvoir, effectivement, envisager des problématiques sur l'éthique,
05:06PMA, GP, etc., qui ne sont pas encore entrés dans les mœurs chez nous en France.
05:09Non, mais vous avez un candidat à la présidentielle comme Gabriel Attal
05:12qui va absolument ouvrir le débat sur ces sujets-là.
05:13Oui, parce qu'effectivement, ça veut dire quoi ?
05:15Ça veut dire qu'en fait, c'est aussi la fin de la famille.
05:16En fait, c'est une espèce de cycle de destruction.
05:19Et donc, quelque part, j'en reviens à votre question,
05:23parce qu'on ne comprend plus à quoi elle sert,
05:25puisque globalement, elle est hors-sol, finalement,
05:27par rapport à toute une série de déséquilibrés
05:28qui considèrent, finalement, la religion n'est plus quelque chose
05:32qui apporte quelque chose, et au contraire,
05:33qui est peut-être un frein, qui est une limite à l'émancipation.
05:36Mais ce n'est pas ça, l'émancipation.
05:37L'émancipation, ce n'est pas le droit à la mort.
05:39L'émancipation, ce n'est pas le droit de casser la famille.
05:41L'émancipation, c'est d'abord de respecter la vie,
05:44ça, c'est clair, et de la respecter par la plus belle des manières
05:47qui est d'accompagner les gens, les Français et les citoyens
05:50quand ils sont en difficulté.
05:51Et moi, sur l'euthanasie, pour revenir un instant là-dessus,
05:53je pense que la vraie question, c'est les moyens qui vont bien
05:55pour accompagner les gens, et ce n'est pas effectivement
05:57de régler les problèmes par l'euthanasie.
05:59Raison pour laquelle tout le monde a voté
06:02avec unanimité à l'Assemblée nationale
06:03pour les soirs palliatifs, et bien pas pour l'euthanasie.
06:05Vincent Roy, le rapport au christianisme a-t-il changé ?
06:08Je vous invite à lire ce tweet de Jenny Bastier ce matin.
06:12Elle a comparé deux unes de Libération,
06:14qui toutes les deux traitent de la venue du pape.
06:16Alors, il y en a une, elle date de 1980.
06:18Elle est en noir et blanc, et on sent véritablement
06:21un ricanement 68ards.
06:22Quand le pape est arrivé sur le sol français,
06:24il est écrit « Vadé rétro, papanas ».
06:26On sent vraiment ce ricanement 68ards assez insupportable.
06:30Et la une d'aujourd'hui, la une de Libération,
06:32elle est teintée de curiosité et de bienveillance.
06:34On voit la tête du pape, on voit la tour Eiffel,
06:36et le titre « Abémousse Paname ».
06:39Est-ce que vous avez le sentiment que ça traduit
06:41quand même un changement d'attitude à l'égard de l'Église ?
06:43Quelque chose, sans doute, quelque chose a muté,
06:48vraisemblablement, et c'est vrai que Jenny Bastier a eu raison
06:51de noter, de pointer cette différence.
06:55Quelque chose a changé.
06:56Je le mets, encore une fois, sur le compte d'un besoin de transcendance,
07:02c'est-à-dire qu'on va moins effectivement se moquer de la religion.
07:07On fait très attention avec la religion,
07:09puisque là, on est en train de parler de la religion catholique,
07:11mais vous n'êtes pas sans savoir que nous avons pas mal de soucis
07:15avec ce que l'on a coutume d'appeler l'islamisme radical.
07:18C'est aussi une affaire de religion, tout ça.
07:21Donc, on se dit que peut-être, peut-être,
07:25le pape, aujourd'hui, a un rôle à jouer encore plus important qu'hier.
07:33Et c'est peut-être l'une des raisons pour lesquelles
07:35on va avoir tendance à s'en moquer un petit peu moins.
07:38Je parle des gens de Libération.
07:40Alors, Alexandre Malafé, je voulais vous emmener aussi sur le terrain du beau.
07:44C'est ce que nous disait Stephen Gunnell, notre invité en première partie.
07:47Ce matin, à 10h, les cloches des Églises de France sont sonnées en même temps.
07:52Et alors, est-ce que ce son n'est-il pas exactement et précisément
07:55ce qui unit notamment les Français ?
07:57Éric Revelle employait cette expression notamment sur CNews.
08:00Il n'y a rien qui nous enracine plus que ces cloches.
08:03Il expliquait ces mêmes cloches dans mon village.
08:05elles ont été entendues par mes parents, par mes grands-parents, par mes grands-parents
08:09et en réalité par tous mes ancêtres sur Terre.
08:11En fait, c'est ce qui nous lie véritablement à nos racines.
08:13Qu'est-ce que vous en avez pensé de cette action ?
08:15C'était quelque chose, moi, qui peut me donner les larmes aux yeux.
08:18C'est quand même très très beau pour l'arrivée du pape.
08:19C'est vrai, quand vous dites que le pays, si je puis dire,
08:22résonne à l'unisson pendant 7 minutes pour marquer le coup,
08:26ça envoie quelque chose de très fort.
08:28De toute façon, on vit avec ces cloches de France, en France,
08:31quelle que soit sa religion.
08:33Et ce sont des...
08:33Voilà, on peut apprécier la sonnerie parce que ça marque le temps qui passe,
08:37parce que ce sont des repères temporels.
08:39Et puis après, on peut y trouver effectivement un point de repère
08:41par rapport à sa religion, si aussi on est croyant.
08:43Moi, je trouve que oui, je trouve que quelque part,
08:45ça fait partie de nos racines, de notre culture.
08:47Moi, j'aime bien effectivement le rattacher à la religion chrétienne
08:49parce que je trouve que quelque part, là aussi, ça fait le lien.
08:52Mais bon, on n'a pas que des chrétiens en France.
08:54Donc aujourd'hui, il faut accepter ce mode de vie qui évolue.
08:58Mais pour autant, je pense que c'est très acceptable pour tout le monde
09:00parce que ça fait partie du paysage.
09:03Et puis quelque part, voilà, c'est aussi un rappel temporel
09:06du temps qui va ce mois, je trouve que c'est bien.
09:08Vincent Roy.
09:08Est-ce que ce pape n'est pas venu aussi en France
09:14pour nous placer, nous remettre plutôt devant nos traditions ?
09:20Parce qu'après tout, aussi bien ces cloches dont vous parlez,
09:22ces églises, ce pape qui vient,
09:25l'église en France est traditionnelle.
09:28C'est une tradition que nous avons tous, tous les Français.
09:32On se dit français.
09:34On vit avec le son de ces cloches, etc.
09:37Ce sont nos traditions.
09:38Et peut-être que ce pape est venu pour nous dire
09:41mais vous avez des traditions.
09:42À l'heure où, comme le rappelait Alexandre il y a un instant,
09:45à l'heure où la famille est éclatée,
09:47où l'on parle, encore une fois, du droit à mourir,
09:50non seulement on en parle, mais une loi est votée.
09:53Il vient pour nous dire mais attention,
09:55vous avez des traditions, réveillez-vous.
09:57D'ailleurs, dans le discours qu'il a prononcé,
10:00il a immédiatement parlé de Clovis.
10:02Tout à fait, oui.
10:03Et de la promesse.
10:06Donc, il a réveillé ce qu'il y avait,
10:10peut-être chez nous, d'excessivement français.
10:12Et peut-être, juste sur un point,
10:14je crois qu'en fait, on en a besoin.
10:17Aujourd'hui, on est arrivé à un moment donné
10:18où on a passé 30 ans à ce qu'on pensait
10:20que les loisirs, la consommation, ça allait tout régler.
10:22Aujourd'hui, on voit bien que le monde change,
10:23que ça va très vite, qu'on est en perte de repères.
10:25Et là, il y a une accroche.
10:26Il y a une temporalité à la fois sur la présence des cloches,
10:29et en même temps une spiritualité qui transcende tout ça.
10:31Et je crois que c'est ce qui explique une partie,
10:33effectivement, de cet engouement
10:34pour le retour à la religion chrétienne.
10:35Vous écoutez Europe 1, il est 19h42.
10:37Et dans un instant, avec Vincent Roy et Alexandre Malafa,
10:40ils nous parleront de, justement, ce livre
10:42qui a été supprimé du concours, du Goncourt,
10:45à cause notamment de l'intelligence artificielle
10:48et des accusations de plagiat.
10:49A tout de suite sur Europe 1.

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