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  • il y a 5 minutes
Chaque vendredi, samedi et dimanche, invités et chroniqueurs sont autour du micro d'Hélène Roué pour débattre des actualités du jour.

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00:00Antonin, André, est-ce qu'en réalité, les six prochains mois-là, ça va être tenable ?
00:03Parce que le dispositif qu'a mis le gouvernement en place aujourd'hui, c'est très bien, tant mieux.
00:08Mais en fait, déjà, on ne va pas faire ça tous les samedis.
00:10On sait déjà qu'il y a également, sur les groupes Antifa, etc., ça se mobilise pour le 31.
00:14Le samedi 31, ce sera la soirée notamment d'Halloween, je le précise.
00:17Il y aura également des manifestations organisées par l'intersyndical le 5 novembre.
00:21On se dit, on ne va pas passer six mois comme ça.
00:23Le gouvernement ne va pas passer six mois à se demander si tous les samedis,
00:26on va avoir des mairies qui vont brûler et si tous les commerçants vont devoir se barricader tous les samedis.
00:31On a un peu déjà connu ça à l'époque des Gilets jaunes et ça avait été très long, rappelez
00:34-vous.
00:35On avait aussi ce sentiment, moi je me rappelle, j'étais en plus des journées entières en régie à regarder
00:40ces images
00:41et c'est vrai que je rentrais chez moi et je me disais, mais comment est-ce qu'on va
00:44sortir de cette situation
00:45où effectivement, comme le disait Charlotte, il y a une espèce de volonté d'éliminer, de casser l'autre,
00:51de voir les relations sociales comme des relations de force, d'ennemis et d'écrasement de celui qui ne pense
00:57pas comme vous.
00:57Et c'est vrai que cette société est un peu en prise avec ça, je rejoins tout à fait Charlotte.
01:01Moi je pense qu'il faudrait qu'en dehors des réponses politiques sur des sujets précis,
01:07par exemple sur les étudiants et les lycéens, je pense qu'il y a des choses à faire qui sont
01:11évidentes,
01:11il y a une responsabilité aussi de la classe politique qui malheureusement n'assume plus ses responsabilités
01:16et ce depuis assez longtemps. Et bon, ce serait trop long de l'expliquer ici,
01:19mais je trouve qu'Emmanuel Macron a eu un rôle dans cette histoire extrêmement majeure
01:24sur le délitement du débat politique et du débat public.
01:27Moi je suis assez inquiet et stupéfait de voir l'attitude par exemple de partis de gauche,
01:33le parti socialiste, le parti de Raphaël Guzman de Place Publique,
01:36mais je suis aussi stupéfait de voir le silence assourdissant qu'il y a chez les partis du Bloc Central.
01:42Je n'ai pas tellement entendu Gabriel Attal, je n'entends pas ces partis-là jouer leur rôle,
01:46si vous voulez, d'émetteurs du débat public, capables de prendre la colère
01:52pour le transformer en un objet politique, pour essayer d'apaiser les choses.
01:55On n'est pas face à des partis qui sont constructifs,
01:57ils sont eux-mêmes embarqués, dans ce qu'a décrit Charlotte très bien,
02:00sur cette espèce d'idée d'affrontement les uns contre les autres
02:02et la réussite de l'un passe par l'écrasement de l'autre.
02:05Tant qu'on est dans cette situation-là, c'est vrai qu'on est fébrile
02:09et je rejoins aussi ce sur quoi Charlotte évoquait le président de la République,
02:14ce qui avait de frappant quand même vendredi dans son allocution,
02:17c'est qu'on voyait un président de la République qui avait peur lui-même,
02:20qui était fébrile.
02:22Et vous vous dites, quand vous êtes citoyen dans une France comme celle-là,
02:25celui qui est censé vous protéger renvoie une image de fébrilité et de peur,
02:29c'est vrai que c'est très inquiétant.
02:30C'est vrai que je rappelle quand même ce qui s'est passé,
02:33Emmanuel Macron a prononcé cette phrase,
02:35donc c'était après l'attentat de Trapp hier matin,
02:37ce qui s'est passé aujourd'hui est un tournant,
02:38c'est la première fois qu'il y a un acte terroriste planifié
02:41pour tuer nos compatriotes, nos enfants,
02:43à raison de leur couleur de peau ou de la religion qu'on leur donne.
02:46Ne baissez pas la tête, effectivement, face au tollé,
02:49parce qu'évidemment, tout bord politique, tout le monde a rappelé sur X,
02:53notamment à Emmanuel Macron,
02:54la réalité de ce qui s'est passé dans notre pays depuis maintenant des dizaines d'années.
02:57Je cite également l'avocat de Samuel Sandler, Patrick Klugman.
03:01Lui, il a écrit, j'ai un commentaire bref et lacunaire à faire.
03:04« Monsieur le Président, comment peut-on dire une telle connerie ? »
03:08Pardon pour le gros mot,
03:09mais c'est vrai qu'évidemment, face au tollé,
03:11en fait, Emmanuel Macron, le chef de l'État,
03:12n'a pas eu de choix que de rétro-pédaler.
03:15Ça, c'est très intéressant aussi,
03:16et je voudrais avoir votre réaction là-dessus.
03:18C'est un peu la première fois qu'un chef de l'État rectifie ses propos,
03:21parce qu'il y a une polémique.
03:22En ton nom, André, c'est quand même une des premières choses.
03:24C'est la première fois que ça arrive, non ?
03:25Oui, c'est la première fois que ça arrive,
03:26et il faut vraiment qu'Emmanuel Macron soit à ce point,
03:32j'allais dire fébrile,
03:33pour se prêter à un exercice d'autocritique,
03:35parce que ce n'est vraiment pas l'exercice dans lequel,
03:37d'habitude, il excelle.
03:38Ce n'est pas vraiment critiqué.
03:39Il a voulu éviter la polémique.
03:41Il n'a pas demandé pardon pour une erreur aussi...
03:43Oui, c'est ça, oui.
03:44Ce n'est pas juste une erreur,
03:45c'est extrêmement blessant quand même pour toutes les familles
03:47qui ont perdu dans leur chair quelqu'un,
03:50pour cette raison précise, depuis des dizaines d'années.
03:52Pardon, je...
03:52Non, non, non, mais je souscris à ce que dit Charlotte,
03:54et Emmanuel Macron semble, de toute façon,
03:57on y consacre un long article dans le journal du dimanche demain,
04:00et notamment, je peux vous dire qu'il y a eu des mots
04:03de ministres renaissances
04:05qui, lorsqu'ils ont vu l'allocution de dimanche dernier,
04:08on dit, c'est terminé.
04:09On n'a plus rien à sauver,
04:10on range la chambre et on s'en va.
04:12J'ai entendu...
04:13C'est pour ça que les six prochains mois...
04:14J'ai entendu d'éminentes personnalités au Sénat
04:17qui n'a pas l'habitude d'être dans le conflit
04:19avec le pouvoir exécutif,
04:21me dire littéralement,
04:22on n'en a plus rien à foutre de l'Elysée.
04:24Donc, ça vous donne une idée
04:26de, aujourd'hui, ce que renvoie Emmanuel Macron,
04:29y compris dans son propre camp.
04:30Au sein de son propre camp.
04:31On est sur une fin de reine
04:32qui est quand même très préoccupante,
04:33et c'est vrai que, vous l'avez dit,
04:34six mois à tenir dans ce climat-là,
04:36c'est compliqué.
04:37Moi, je pense que la question
04:39de la démission d'Emmanuel Macron
04:40ou d'élections anticipées
04:41peut, à nouveau, se poser.
04:43Si on accumule les samedis comme ça ?
04:45Vu la situation du pays,
04:46je pense qu'il est urgent
04:47que les électeurs reprennent la main,
04:50rapidement,
04:50mais il faudrait pour cela aussi
04:52que les partis politiques,
04:53c'est ce qu'on disait avec Charlotte,
04:54tiennent des discours de responsabilité
04:56et d'apaisement.
04:57Mais je pense que la question
04:58de la démission d'Emmanuel Macron
04:59se pose.
05:00Je voulais également vous citer ce tweet
05:01parce que je l'ai trouvé fin
05:03et très drôle.
05:04C'était un tweet de Louis Osaltère,
05:05journaliste au Figaro.
05:06Il a dit, en une semaine,
05:07Emmanuel Macron a parlé
05:08une fois pour ne rien dire
05:09et une fois pour dire n'importe quoi.
05:11Maintenant, cela étant dit,
05:12ça, c'est bon pour Emmanuel Macron.
05:14Je voulais également vous faire réagir,
05:15Charlotte, très très rapidement
05:16à ce nouveau phénomène
05:17qu'on a vu arriver cette semaine
05:18et qui est extrêmement inquiétant.
05:20Ça fait partie, justement,
05:21de toute cette théorie
05:22comme quoi, évidemment,
05:23tout le monde,
05:23on est rentré dans un climat
05:26vous avez des Français
05:27qui se ruent dans les armes raies
05:28avec des bombes lacrymogènes,
05:29des pistolets à balles de caoutchouc,
05:31des matraques électriques.
05:32Il faut savoir que les ventes d'armes
05:33de défense,
05:33elles ont été multipliées par dix
05:35depuis une semaine.
05:36Et quand les citoyens
05:37commencent à s'armer eux-mêmes,
05:38c'est juste le signe
05:39que l'État a renoncé à les protéger.
05:41C'est-à-dire que les images
05:43qu'on a vues la semaine dernière,
05:44on a vu objectivement
05:46des forces de l'ordre
05:47dépassées par la situation
05:49et des commerces,
05:50des commerçants
05:51se faire non seulement agresser
05:52mais piller.
05:53C'est-à-dire,
05:54piller, c'est pas juste,
05:55on se fait voler
05:56quelques biens matériels.
05:57C'est tout l'outil de travail
05:59et donc ce qui permet
06:00de vivre
06:01et de faire vivre sa famille
06:02qui évidemment est partie
06:04en fumée
06:05ou dans les sacs
06:06des uns et des autres
06:06par le biais du vol.
06:08Donc, on a vu
06:09des forces de l'ordre
06:10dépassées.
06:10Mais c'est pas tout.
06:12On a vu un ministre
06:13de l'Intérieur dire
06:14qu'en effet,
06:15l'État avait été dépassé
06:17sur le terrain
06:17et un préfet de police
06:19qui dans la semaine,
06:20jugeant lui-même
06:21son propos seulement maladroit,
06:23pas faux mais maladroit,
06:24expliquer aux commerçants
06:25qu'il fallait qu'ils aient
06:27éventuellement recours
06:27pour ceux qui le pouvaient
06:28parce que ça s'ajoute
06:29évidemment à une facture
06:30déjà trop lourde
06:31pour les commerçants,
06:33avoir recours
06:33à la sécurité privée.
06:34Or,
06:37le recours à la sécurité privée,
06:38ça fait des années
06:39que tout le monde vit avec.
06:40On voit bien
06:40des agents de sécurité privée
06:42à peu près partout
06:43dans nos vies,
06:43devant les magasins,
06:45ici et là,
06:45pour ceux qui ont les moyens
06:46évidemment de s'en offrir.
06:48Simplement que ça vienne
06:49du préfet de police de Paris,
06:50c'est un appel à l'autodéfense.
06:53Il y a une confusion des mots
06:54en permanence dans le débat,
06:55on dit l'autodéfense est interdite,
06:56l'autodéfense n'est pas
06:57un terme juridique,
06:58la légitime défense
06:59est évidemment autorisée
07:01quand elle est proportionnée.
07:02Or,
07:02vous avez un préfet
07:03qui appelle lui-même
07:04les gens à ça.
07:04On comprend que les Français
07:05soient inquiets,
07:07mais ça participe
07:07de l'inquiétude générale,
07:08en effet.
07:09Un grand merci Charlotte Dornelas
07:10et Antonin André
07:11de m'avoir accompagné
07:12dans cette première partie
07:13d'Europe 1 Soir.
07:13On continue bien sûr
07:14cette édition spéciale.
07:15Dans un instant,
07:16nous recevons Driss Aïd Youssef,
07:18docteur en droit public
07:18et spécialiste des questions
07:20de sécurité.
07:21A tout de suite sur Europe 1.
07:22Europe 1 Soir
07:23Sous-titrage Société Radio-Canada
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