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00:01Europe 1, le journal permanent.
00:03Vous écoutez Europe 1, il est 19h45, le rappel des titres, c'est avec Frédéric Jonchereff.
00:07Près de 1000 interpellations réalisées aujourd'hui dans tout le pays, c'est le chiffre donné à l'instant par
00:12le ministre de l'Intérieur.
00:13Laurent Nunez dénonce des exactions très nombreuses, quelques dégradations au pillage.
00:18Il met aussi en avant que les cortèges se sont bien passés, que les bâtiments publics n'ont pas été
00:22attaqués.
00:23Il a salué notamment les contrôles menés en amont des manifestations qui ont permis la saisie de beaucoup d'armes
00:28par destination.
00:30Les pillages reprennent, une bijouterie a été ciblée à Nantes, un magasin alimentaire Spar à Grenoble, un bureau de tabac
00:36dans Paris ou encore un supermarché à Marseille.
00:39Marseille où des groupes d'individus ont déclenché des feux de poubelle dans le secteur des réformés.
00:43Un peu plus tôt, le maire Benoît Payan saluait une manifestation dans le calme et un dispositif à hauteur de
00:49l'enjeu.
00:5015 000 personnes ont défilé à Nantes. Malgré l'interdiction préfectorale, les forces de l'ordre ont procédé à une
00:55quarantaine d'interpellations.
00:57Une personne grièvement blessée à la main à la fin de la manifestation à Toulouse, selon un strict médic qui
01:02a pris en charge le blessé,
01:04leur est eu plusieurs doigts arrachés liés à l'explosion d'un engin à proximité.
01:08Merci Frédéric, on vous retrouve à 20h sur Europe 1 pour votre journal.
01:12Europe 1 Soir, 18h-20h, Hélène Roué.
01:16Toujours avec mes débatteurs, Jean-Michel Salvatore, chroniqueur politique et communicant, ainsi qu'Éric Revelle, journaliste.
01:21Nous revenons évidemment sur cette journée très critique, cette journée sous haute tension du 24 octobre.
01:25Laurent Nunez est en train de s'exprimer, le ministre de l'Intérieur.
01:29Jean-Michel Salvatore, moi ce qui me fascine toujours avec ce gouvernement,
01:32c'est que si ça s'est bien passé aujourd'hui, c'est forcément évidemment grâce à l'État,
01:36c'est parce qu'ils ont bien anticipé la chose, etc.
01:38Bien sûr, c'est grâce à eux, alors qu'en réalité, c'est aussi et surtout parce que l'ultra
01:42-gauche,
01:43les Black Blocs et les pilleurs de la semaine dernière ne se sont pas mobilisés.
01:46Oui, mais il faut quand même reconnaître que là, à la fois, Laurent Nunez et Emmanuel Macron jouaient très très
01:51gros.
01:52Si la journée avait été aussi cataclysmique que la semaine dernière,
01:56je pense que là, la question d'une présidentielle anticipée aurait été posée.
02:02Donc, je pense que d'une certaine façon, ce soir, ils sont assez soulagés,
02:06même si ça n'est pas terminé.
02:08Alors, c'est vrai que Laurent Nunez se précipite pour expliquer...
02:10Ça n'est pas terminé et on n'a pas toutes les infos non plus.
02:12C'est-à-dire qu'il y a aussi peut-être des commerçants qui ont été touchés,
02:14il y a peut-être des personnes qui ont été blessées,
02:15et ça, c'est des choses qu'on apprendra demain.
02:17Exactement. Donc, ils peuvent être soulagés,
02:19et c'est vrai que globalement, les choses se sont bien passées,
02:22les manifestations à Orléans, par exemple, se sont quand même bien passées,
02:25et ça, c'est un point positif.
02:26Dans les grandes villes, même s'il y a eu des cortèges non autorisés,
02:31les choses se sont, en gros, bien passées.
02:34Mais moi, je dirais qu'une fois qu'on a dit ça,
02:36pour le gouvernement, les problèmes continuent,
02:39parce que malgré tout, vous avez eu entre 400 000 et 800 000 personnes
02:43qui ont défilé dans les rues de France.
02:46Alors, il y a des lycéens, mais il y a aussi beaucoup de Français
02:48qui ont défilé pour le pouvoir d'achat.
02:50Et ça, ce sont des sujets qui restent pendant,
02:53et là, le gouvernement va être obligé de trouver des solutions.
02:56Honnêtement, 400 000 à 800 000 personnes qui défilent un samedi,
03:01c'est considérable.
03:02Ce n'est pas une manifestation comme ça.
03:04Et le sujet ne va pas se régler en soufflant dessus.
03:06D'ailleurs, Sébastien Lecornu doit recevoir, dès lundi,
03:11les associations de lycéens, qui ont été aussi reçues par Emmanuel Macron hier.
03:17Le sujet, il reste devant.
03:19Donc, ok, ils ont passé l'obstacle d'aujourd'hui.
03:23Bon, attendons qu'on ait la confirmation que ça se soit bien passé.
03:29Mais il y a donc ces problèmes qui restent.
03:31Et puis, il y a d'autres rendez-vous.
03:33Il y a samedi prochain, il y a l'acte 3 des Gilets jaunes.
03:37Et puis, vous avez l'appel à la grève générale.
03:42Le 5 novembre.
03:42Le 5 novembre, par la CGT.
03:44Donc, en fait, je pense que là, le gouvernement est vraiment en plein dans la crise.
03:49Alors, c'est vrai qu'ils ont passé l'obstacle,
03:51mais il en reste beaucoup à franchir.
03:52Je vous propose d'écouter, justement, Laurent Nunez,
03:54qui s'exprimait il y a quelques minutes.
03:55Il a dressé un premier bilan.
03:57Comme nous l'avions anticipé,
03:58nous avons eu plusieurs constitutions de groupes à risque.
04:03La plupart vêtus de noirs,
04:06militants de l'extrême-gauche radicale,
04:08de l'ultra-gauche,
04:09et qui ont parfois fédéré autour d'eux des éléments ultra-radicaux.
04:14Conformément aux instructions passées,
04:15les forces de l'ordre sont intervenues systématiquement sur ces exactions,
04:19qui, encore une fois, ont été très nombreuses.
04:20Les forces de sécurité intérieure ont été,
04:22aujourd'hui encore, confrontées à un niveau de violence extrêmement élevé,
04:25avec des jets de projectiles en permanence,
04:27des tirs de mortiers.
04:28Et au moment où je vous parle,
04:29on est presque à mille interpellations.
04:31Évidemment, ce chiffre va augmenter quand on considéra les données.
04:34On déplore néanmoins, dans certaines villes,
04:36quelques dégradations ou pillages de commerce,
04:39dans certaines villes,
04:40en nombre très limité,
04:41qui n'a rien à voir avec la semaine dernière.
04:44Alors, le ministre de l'Intérieur,
04:46il annonce également que deux personnes ont été grièvement blessées.
04:49On n'a pas plus d'informations à ce stade,
04:51et on va rester vigilants toute la soirée.
04:53Ce sont les mots du ministre de l'Intérieur.
04:56Éric Revelle, il y a quand même aussi eu un beau démenti aujourd'hui,
04:58et c'est notamment celui, évidemment, de LFI.
05:01Quand LFI n'arrête pas de dire que, de toute façon,
05:03si c'est le bazar, c'est parce qu'il y a des policiers.
05:05Si c'est le bazar, c'est justement parce que les policiers,
05:07si vous voulez, provoquent d'une certaine manière les manifestants.
05:10Bon, là, on se rend compte qu'en fait,
05:11quand on met des policiers, pas du tout.
05:12Au contraire, c'est beaucoup moins le bazar quand on met des policiers.
05:14Donc, encore une fois, LFI...
05:1770 000 forces de l'ordre, c'est ce qui a été annoncé par le ministre de l'Intérieur.
05:20Je rappelle que si les Jeux Olympiques se sont très bien déroulés
05:24lorsqu'ils ont eu lieu à Paris,
05:25c'est aussi parce qu'il y avait une mobilisation,
05:27il y avait du bleu dans les rues,
05:28comme disent les spécialistes du ministère de l'Intérieur.
05:30Mais je dirais quand même...
05:31Bon, on va tous se réjouir, évidemment,
05:33que globalement, les choses se soient bien passées.
05:36Mais tout de même...
05:37Lorsqu'on annonce mille interpellations,
05:43on donne l'impression qu'on s'habitue mille interpellations.
05:46Ce n'est pas des gens qui jetaient des pâquerettes
05:47ou des œillets en direction des forces de l'ordre.
05:51Ce n'est pas rien.
05:52Il y a encore eu des commerces pillés.
05:53Donc, le point essentiel, et Jean-Michel a raison,
05:56c'est que la mobilisation ne faiblit pas.
05:59410 000, 500 000, d'après le ministère de l'Intérieur la semaine dernière,
06:02bon, on est à peu près dans le même étiage.
06:03Ça veut dire que, oui, les revendications doivent être traitées politiquement
06:06par le gouvernement, maintenant.
06:08Et puis, ce qui m'inquiète le plus,
06:09mais ça fait longtemps qu'il l'a théorisé,
06:11c'est quand Jean-Luc Mélenchon explique que,
06:13toutes les semaines,
06:14toutes les semaines,
06:16ce type de mouvement va, sans doute,
06:19continuer.
06:19Alors, avec plus ou moins de gens.
06:21Je rappelle quand même qu'il pleuvait partout en France, pratiquement,
06:24et qu'on est en plein milieu des vacances de la Toussaint.
06:26Donc, ça peut expliquer aussi,
06:27peut-être, je ne mets pas de...
06:29Je ne t'y reparaîtrai sur les revendications,
06:31mais ça peut expliquer aussi.
06:32Bon, mais si, toutes les semaines,
06:34on a des policiers qui ne pourront pas tenir ce rythme,
06:38là, comme le disait tout à l'heure notre expert,
06:40M. Youssef,
06:42les forces de l'ordre ont fait tapis.
06:44C'est-à-dire qu'ils ont mis toutes les forces à disposition
06:46qu'ils avaient.
06:48Bon, là, on a le maximum.
06:49Ça ne peut pas marcher toutes les semaines.
06:50Ça ne peut pas marcher toutes les semaines.
06:52Mais, en réalité, quand vous suivez
06:54Jean-Luc Mélenchon depuis longtemps,
06:56ce qui est mon cas,
06:56lorsqu'il était sénateur socialiste,
06:58plus jeune sénateur socialiste à l'époque,
06:59en 1991, il a publié un livre
07:02qui s'appelait
07:03« À la conquête du chaos ».
07:061991,
07:07« À la conquête du chaos ».
07:08Mais, en fait,
07:09il suit son chemin de trotskiste-lambertiste.
07:13Tout est écrit.
07:13Tout est écrit « À la conquête du chaos ».
07:15Il essaie de conquérir le chaos.
07:18Et on peut se demander
07:19si, en fait,
07:20il veut une victoire dans les urnes
07:21ou il veut une victoire dans la rue.
07:23Et puis, comme le pouvoir
07:24est extrêmement fragilisé,
07:26on a vu Emmanuel Macron
07:27monter en première ligne.
07:28Si ça s'était mal passé,
07:30effectivement,
07:30le président de la République
07:31était exposé.
07:32Et la question de son maintien au pouvoir,
07:34à mon sens,
07:35devait se poser.
07:36Mais un trotskiste-lambertiste
07:37connaît tout ça par cœur.
07:39Lorsque le pouvoir capitaliste
07:42commence à être mûr,
07:43voire à être blête,
07:44et qu'il va tomber de l'arbre,
07:45il faut que les révolutionnaires
07:46soient là pour le récupérer.
07:47Voilà.
07:48À la conquête du chaos,
07:491991,
07:50je crois que c'était,
07:51pour ceux qui veulent le lire,
07:52chez De La Noël.
07:54De La Noël.
07:54De Noël.
07:56Conseil lecture.
07:57Pour Noël.
07:59Conseil lecture du jour.
08:02Je voulais vous faire écouter.
08:03Pour La Noël.
08:04Je voulais vous faire écouter
08:05Dora, son témoignage
08:07dans l'émission
08:07Eliott Deval et vous.
08:09Elle a honte, justement,
08:10de cette manifestation anti-RN
08:11qui s'est déroulée aujourd'hui
08:12à Orléans,
08:13même si elle s'est déroulée
08:14dans le calme.
08:14C'est une ancienne communiste
08:16et elle annonce
08:16qu'elle va voter Marine Le Pen
08:17à la prochaine élection présidentielle.
08:19J'imagine
08:20si des gens
08:22venaient nous empêcher
08:23à l'époque
08:24de faire
08:25la fête de l'humain
08:26ou d'aller
08:27à un congrès
08:28à la mutualité
08:29de Mélenchon,
08:31qu'est-ce que ça leur a donné ?
08:32Donc,
08:33j'ai honte.
08:34J'ai honte.
08:35Moi,
08:35qui ai 62 ans
08:36et qui ai toujours eu...
08:37Je vois arriver
08:39dans ce pays
08:39le chaos
08:40et justement,
08:41je ne suis plus communiste
08:42et que j'allais voter Le Pen.
08:44La France,
08:45il faut la défendre
08:46parce que la France
08:47est un des plus beaux pays
08:48de la démocratie.
08:50Jean-Michel Salvatore,
08:52c'est vrai que le taux
08:53d'exaspération
08:53dans le pays
08:54est quand même
08:55à un point
08:56très compliqué.
08:57On comprend aussi
08:57pourquoi Marine Le Pen
08:58aujourd'hui
08:59est vraiment en tête.
09:00Oui,
09:00parce que c'est vrai
09:01que cette manifestation
09:02d'Orléans
09:02est absolument incompréhensible.
09:04On est en démocratie,
09:05on est à six mois
09:06d'une élection présidentielle.
09:08Il est tout à fait normal
09:09qu'un parti politique
09:11qui en plus
09:11est le premier parti de France
09:12puisse se réunir
09:14pour élire son président
09:15dans la perspective
09:16de l'échéance présidentielle
09:17puis de l'échéance législative
09:19qui suivra.
09:20Donc,
09:20je ne vois pas très bien
09:21quel est le sens
09:22de cette manifestation
09:23et quand on voit même
09:24des hommes politiques
09:24comme Olivier Faure
09:26défiler avec la France insoumise,
09:27mais qu'est-ce qu'ils veulent ?
09:28Ils veulent interdire
09:29le Rassemblement National ?
09:31Mais dans ce cas-là
09:31qu'ils le disent.
09:33Un grand merci
09:33à mes débatteurs du soir
09:34Éric Revelle
09:35et Jean-Michel Salvatore.
09:36Dans un instant
09:37sur Europe 1
09:38et sur CNews,
09:38Eliott Deval présente
09:39une édition spéciale
09:40de l'heure des pros
09:41pendant deux heures
09:42sur cette journée de tension
09:43et moi,
09:44j'aurai le plaisir
09:44de vous retrouver
09:45à 22h sur Europe 1.
09:46A tout à l'heure.