- il y a 4 heures
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00:00Point et faire.
00:01Europe 1 Soir, Hélène Roué.
00:03Vous écoutez Europe 1, il est 18h15, bonsoir et bienvenue si vous nous rejoignez.
00:07J'accueille mes débatteurs du soir, Gilles Boutin, journaliste en politique économique au Figaro.
00:11Bonsoir Gilles.
00:12Bonsoir Hélène.
00:12Ainsi que Michel Fayad, analyste politique et géopolitique.
00:15Bonsoir Michel.
00:16Bonsoir Hélène.
00:16Nous accueillons avec nous Franck Calizio, député Rassemblement National des Bouches-du-Rhône
00:20et ancien candidat à la mairie de Marseille.
00:22Bonsoir.
00:22Bonsoir.
00:23Alors on a appris un chiffre cet après-midi, 30 000 pilleurs, rien que dans la cité phocéenne,
00:28des casseurs ont enfoncé la porte de la mairie de Marseille au cri de c'est la révolution.
00:32On prend la Bastille, un poste de police a été attaqué sur la cannebière et des commerces
00:36ont été vandalisés.
00:37Qu'avez-vous ressenti quand vous avez vu ces images ?
00:41Un immense désarroi, une immense colère.
00:44D'autant plus que la veille, nous étions au conseil municipal.
00:48Et donc le maire, Benoît Payan, avait fait un propos liminaire.
00:53Nous étions pas...
00:55Nous attendions un propos liminaire d'ailleurs sur le triste anniversaire de la mort de
01:00Samuel Paty.
01:01Et il a très vite dérivé sur la manifestation du lendemain.
01:05Il n'y a pas eu un mot sur les risques que Marseille a encourés sur le soutien à nos
01:11forces de police.
01:12Une attention sur ce sujet, c'est moi-même qui, en leader de l'opposition, ai repris la
01:17parole après pour justement réaffirmer ce soutien.
01:20Et c'était un éloge de ce qu'allait se passer avec ces manifestations légitimes, etc.
01:27Donc je doute beaucoup de la version du maire de Marseille qui nous explique qu'il
01:32avait alerté le gouvernement, qu'il avait tout ce qu'il était inquiet.
01:36Enfin, il n'avait pas du tout l'air inquiet la veille, malheureusement.
01:39Et puis ma ville, malheureusement aussi, mérite son titre de capitale antifa parce que
01:4730 000, 30 000, j'ai envie de dire assaillants, c'est quand même 30 000 pilleurs, c'est quand
01:53même énorme.
01:55Une des grandes villes largement la plus insécurisée de France.
02:00Et pour être honnête, ni le maire de Marseille, ni le président de la République, ni les gouvernements
02:07successifs n'ont jamais mis la sécurité et l'ordre comme leur priorité des priorités.
02:13Et donc il ne faut pas s'étonner des conséquences d'hier, malheureusement.
02:18C'est au-delà du pire de ce que l'on attendait.
02:22Et ça a dépassé, évidemment, largement Marseille.
02:25Mais les images de Marseille, vous savez, dès 10h du matin, de chez moi, je voyais
02:29déjà les fumées noires du côté du Vieux-Port.
02:33Donc malheureusement, ça avait démarré très tôt.
02:36Alors il y a une question qu'on s'est posée hier, et c'est vrai qu'on est un
02:38peu tombé
02:39de notre chaise, ça paraissait fou.
02:40On a reçu Benoît Payan hier sur Europe 1.
02:43Et alors il expliquait que Marseille, au départ, ne disposait que d'une seule compagnie
02:47de CRS.
02:48Il a fallu, effectivement, qu'il y ait le fameux appel entre Benoît Payan et Emmanuel Macron,
02:52pour que finalement, il y ait d'autres compagnies de CRS qui soient déployées.
02:54Et en fait, la question, effectivement, que j'ai posée, et je vais vous la poser
02:57à vous également, la responsabilité, elle incombe à qui ?
03:00Est-ce que c'est Beauvau, Laurent Nunez ?
03:02Ou alors, est-ce que ce n'est pas aussi du rôle de la mairie d'anticiper ce genre
03:05de choses ? C'est-à-dire que vous avez une journée à très très haut risque, et comme
03:08vous le dites, manifestement, il n'avait pas l'air très très inquiet la veille.
03:11Mais donc c'est pour ça, ça paraît quand même fou qu'on se dise une compagnie de CRS
03:15pour Marseille avec 30 000, vous l'avez dit, casseurs, pilleurs, qui sont arrivés pour tout détruire.
03:19Pour le coup, c'est les deux, c'est les deux, évidemment.
03:22Évidemment que le maire aurait dû s'inquiéter bien avant, enfin la date de la manifestation
03:27et qu'elle était connue de tous, on savait très bien.
03:29Depuis quelques semaines.
03:30Ce n'est pas comme si, depuis des jours et des jours et des jours, la situation était
03:33déjà très tendue.
03:35Ce n'est pas comme si, lors de l'affaire Naël, il n'y avait pas eu déjà une mise
03:40à sac
03:40de Marseille.
03:41C'était la première fois.
03:42La première fois, normalement, Marseille échappait toujours, notamment lors des émeutes de 2005.
03:46Marseille échappait.
03:47Depuis Naël, Marseille n'échappe plus à ce phénomène.
03:52Aucune grande ville, j'ai envie de vous dire.
03:54Aucune grande ville, mais je veux dire, Marseille était la dernière grande ville qui échappait.
03:57Depuis Naël, on savait qu'on était sur la testellette.
04:02Pardonnez-moi l'expression.
04:03Vous vous rendez compte que la rue qui a été pillée, qui a été mise à sac, la rue Saint
04:09-Féréol,
04:09qui est l'une des principales villes commerçantes à Marseille, elle est sous les fenêtres
04:14du préfet, elle est sous les fenêtres de la préfecture.
04:17Quand vous êtes à la préfecture, ce que vous avez en face de vous, c'est la rue Saint-Féréol.
04:20Elle est bien connue par tous les Marseillais, mais on était en dessous des fenêtres du préfet.
04:25On était en dessous des fenêtres de la préfecture de police.
04:28Maintenant, c'est une préfecture de police déléguée.
04:30Nous étions au cœur de ce qui devrait être sécurisé.
04:35Moi, ces images m'ont rappelé douloureusement une entrevue, un échange cordial en 2018 à Marseille
04:45entre M. Macron et M. Mélenchon, où les deux se disaient, je me rappelle cette phrase de M. Macron,
04:52on n'est pas d'accord sur tout, on est d'accord sur l'essentiel, mais on sait que nous
04:57avons un ennemi,
04:59une ennemi en commun, une seule ennemi, c'est Marine Le Pen.
05:02Donc, la boucle est bouclée.
05:06Ce double mandat, ce double quinquennat a été, et on l'a bien vu en 2024 d'ailleurs,
05:12une alliance entre un Macron de plus en plus impuissant, des macronistes de plus en plus impuissants,
05:18et j'en veux beaucoup à mon ancienne famille politique, les LR qui ont, à un moment donné, soutenu tout
05:22cela,
05:23notamment au moment de la dissolution de 2024,
05:26et de l'autre côté, une extrême gauche toujours plus puissante, toujours plus violente,
05:30jusqu'à prendre aujourd'hui, d'abord les manifestants, puis la rue, et peut-être demain la France en otage.
05:37Et c'est ça qui est très grave, et c'est ce que vient de dénoncer d'ailleurs Marine Le
05:41Pen dans son intervention il y a quelques minutes.
05:43Franck Alizio, je vous propose d'écouter Laurent Nunez.
05:45Alors, ce n'était pas hier soir, c'était le 6 octobre dernier,
05:47il était l'invité de France Inter, on sait que cet extrait a beaucoup tourné sur les réseaux sociaux,
05:51il y avait eu les premières émeutes post-blocage,
05:53et il va expliquer que les policiers et son ministère ne sont pas débordés,
05:57qu'il y a une faillite sécuritaire quand il y a des pillages, etc.
06:00Mais globalement, en fait, c'est exactement ce qui s'est passé hier,
06:03et on se rend compte que l'État a perdu le contrôle.
06:06Quand vous avez des émeutiers, quand vous avez des dégradations qui sont commises,
06:09il y a des interventions de police.
06:11Ce n'est pas pour ça qu'on a perdu le contrôle.
06:14Le contrôle, c'est si jamais vous aviez des hordes de personnes qui défilaient dans les centres-villes,
06:18qui pillaient les magasins, qui commettaient des exactions.
06:21Chaque fois qu'il y a des commencements d'action, il y a des interventions de police,
06:24et on y met un terme très rapidement.
06:26Vous savez, hier, il y a eu énormément de déambulations sauvages dans les centres-villes,
06:29ça s'est produit à Paris, ça s'est produit dans certaines grandes villes.
06:32Il y a eu systématiquement des interventions de police pour y mettre un terme,
06:36et mettre un terme au pillage.
06:37Et c'est ça, maintenir l'ordre public.
06:39Et donc, de ce point de vue, oui, la situation, évidemment, elle est sous contrôle.
06:42Mais ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'exaction, malheureusement.
06:45Donc, en fait, ce que redoutait Laurent Nunez, c'est exactement passé hier dans ces termes.
06:49Est-ce que vous estimez que l'État a perdu le contrôle ?
06:51Et est-ce que vous appelez, notamment, de vos voeux à la démission de Laurent Nunez ?
06:54Je précise également que votre collègue, Laure Lavalette, s'inquiète sur X,
06:58parce que, évidemment, la personne qui va être chargée d'organiser l'élection présidentielle,
07:02c'est Laurent Nunez.
07:03Mais évidemment, mais de toute manière, comment dire, on paie le prix d'un pays qui n'a plus de
07:10gouvernement.
07:11Vous appelez à sa démission ?
07:12Oui, mais j'ai envie de dire que, malheureusement,
07:15Laurent Nunez sera remplacé par quelqu'un qui sera exactement du même acabit,
07:19qui sera tout aussi impuissant.
07:21Et si demain, on remplace le Premier ministre, eh bien, ce sera le même problème.
07:25La réalité, c'est que depuis 2024, et on le savait, tout le monde le savait,
07:29il suffit de connaître, déjà, les règles élémentaires de la politique,
07:32et puis notre Constitution, à partir du moment où nous n'avons plus de gouvernement,
07:36plus de majorité à l'Assemblée Nationale,
07:38et on sait dans quelles conditions on a perdu cette stabilité à l'Assemblée Nationale,
07:43par des accords contre nature,
07:46eh bien, on ne pouvait arriver qu'à cette situation.
07:49Donc, le Président aurait dû, à l'époque, tirer les conséquences de cette défaite aux législatives.
07:55Il ne l'a pas fait.
07:57Aujourd'hui, nous sommes dans une situation où, à six mois du départ de l'élection présidentielle,
08:04eh bien, les choses se tendent de manière très dangereuse et très inquiétante.
08:09Il y a six mois à tenir, quasiment sans gouvernement.
08:14Donc, j'ai envie de vous dire, sans ministre de l'Intérieur, mais sans gouvernement,
08:17et avec un président qui est pire qu'en cohabitation,
08:20qui a quasiment disparu, qui n'a plus autorité sur rien.
08:25Et le changement ne pourra venir que dans six mois,
08:27d'une véritable alternance, avec une véritable majorité,
08:30avec, à nouveau, quelqu'un dans le fauteuil du Président de la République,
08:34en l'occurrence, comme je le souhaite,
08:35parce que c'est la seule à pouvoir avoir une majorité absolue dans ce pays,
08:38et donc reprendre la main, c'est-à-dire Marine Le Pen.
08:41Gilles Boutin.
08:42On a des raisons de penser que, dans l'éventualité d'une victoire de Marine Le Pen en 2027,
08:46ce serait encore pire dans la rue,
08:48puisque l'extrême-gauche, et notamment Bali Bagayoko,
08:51a eu des messages assez ambiguës sur le fait qu'il serait impossible d'empêcher une insurrection,
08:57ou en tout cas des émeutes extrêmement violentes, dans ce cas de figure.
09:01On se doute, effectivement, que l'extrême-gauche va se précipiter
09:04pour appeler tout le monde à aller dans la rue,
09:07et que, encore une fois, les pillards s'y joindront.
09:10Que faut-il faire dans ce cas ?
09:12Comment allez-vous faire, si le RN est élu, si le RN est aux manettes après 2027,
09:17qu'allez-vous faire de mieux que le pouvoir aujourd'hui pour maintenir l'ordre dans les rues ?
09:21Je pense tout l'inverse.
09:23Je considère qu'aujourd'hui, la rue, les assaillants, les délinquants, les criminels sont forts
09:33parce que le pouvoir est faible.
09:35Le pouvoir est faible parce qu'il n'a plus le soutien populaire,
09:38parce qu'il n'a plus de majorité à l'Assemblée,
09:40il n'a plus de majorité dans le peuple français.
09:43Une nouvelle présidente de la République,
09:45soutenue par une majorité de Français clairs,
09:48le peuple français lui donnerait la force.
09:50Sinon, nous sortons de la démocratie.
09:52Parce qu'aujourd'hui, le chantage de LFI,
09:55à travers ses amis d'extrême-gauche,
09:59avec des traits d'union très clairs,
10:01comme la jeune garde, etc.
10:03On sait très bien par qui il a manipulé ça depuis le début des manifestations étudiantes.
10:07Eh bien, ce chantage, il est à la frontière entre le chantage mafieux et le chantage terroriste.
10:12Je suis désolé, c'est très grave.
10:13C'est-à-dire, cédez-nous le pouvoir à nous, les émeutiers.
10:18Sinon, on mettra le pays à feu et à sang.
10:20Voilà.
10:21Et à partir de là, on rentre dans un raisonnement mafieux,
10:25dans un chantage,
10:26et on sort de la démocratie.
10:28Donc, force doit rester à la loi,
10:29force doit rester à la République et à la démocratie.
10:32Et aujourd'hui, je considère...
10:33L'autre solution, ce serait quoi ?
10:34Donner le pouvoir aux émeutiers ?
10:36Ou alors, rester dans l'impuissance macroniste ?
10:39Elle vient de faire ses preuves depuis les dix dernières années.
10:42Donc, évidemment qu'il faut une véritable alternance.
10:44Celle alternance, ça ne peut être que le rassemblement national,
10:47qu'un rassemblement encore plus large autour de Marine Le Pen
10:50pour enfin avoir de nouveau quelqu'un au gouvernail de la France.
10:55Franck Alizio, une question.
10:57Il nous reste une minute seulement, malheureusement.
10:59Mais le maire de Marseille, ainsi,
11:00sur la distinction entre manifestants et casseurs,
11:02alors lui, il les a qualifiés d'abrutis,
11:04en l'occurrence, ces casseurs.
11:05Déjà, est-ce que vous partagez cette distinction ?
11:07Mais surtout, c'est qui, ces casseurs ?
11:10Est-ce que c'est des lycéens ?
11:12Est-ce que c'est des casseurs professionnels ?
11:14Des black blocs ?
11:14Est-ce que ce sont des antifas ?
11:16Est-ce que ce sont des personnes, en réalité,
11:18qui viennent des quartiers populaires ?
11:19C'est-à-dire, plus ou moins,
11:20les mêmes personnes qui étaient responsables,
11:21déjà en 2023, des émeutes de Naël.
11:23Qui sont ces gens ?
11:25Selon moi, c'est un mélange, en effet,
11:29de ceux qui étaient à l'origine des manifestations autour de Naël,
11:34c'est-à-dire des pilleurs,
11:35c'est-à-dire, je suis désolé,
11:37des délinquants, des criminels de la racaille
11:39qui viennent pour casser,
11:40qui viennent pour voler,
11:42qui viennent pour piller,
11:43et puis, de l'autre côté, des professionnels,
11:45en effet, des black blocs,
11:46des gens qui détestent la France,
11:47qui détestent la République,
11:48qui détestent la démocratie,
11:50qui veulent faire basculer ça dans l'anarchie.
11:53Et au milieu de tout ça,
11:54vous avez une dernière couche,
11:55c'est le drapeau palestinien,
11:57promis de partout pendant ses émeutes.
11:59Et moi, je connais mon histoire,
12:01je connais l'histoire de l'Iran,
12:03je connais l'histoire...
12:03Vous avez toujours les idiots utiles,
12:05la gauche,
12:06l'extrême-gauche,
12:07et puis derrière,
12:07vous avez des gens qui, eux,
12:09plaisantent beaucoup moins,
12:11qui participent de ça,
12:13et qui sont les forces islamistes.
12:15Et on sait très bien que lorsqu'il y a
12:17ce genre d'opération,
12:18c'est toujours les plus radicaux,
12:20les plus durs,
12:21qui n'ont rien de démocrate,
12:22qui finissent par boucler l'histoire,
12:26et arriver aux affaires.
12:27Un très grand merci Franck Alizio,
12:29député Rassemblement National des Bouches-du-Rhône
12:31et ancien candidat à la mairie de Marseille.
12:32Merci beaucoup d'être venu dans l'Europe un soir.
12:34Nous continuons bien sûr nos débats.
12:36Dans un instant,
12:36nous recevrons Antoine Jumel,
12:38élu modem du 10e arrondissement de Paris.
12:40Une histoire assez déchirante
12:41qui concerne des commerçants désespérés dans la capitale.
12:44A tout de suite sur Europe.