00:01Europe 1, il est 19h48, toujours avec mes débatteurs Jules Torres et Sébastien Ligné.
00:08Alors nous allons parler de la facture notamment.
00:10Alors on le savait, ces deux semaines de blocus lycéens, c'était déjà un enfer.
00:13On était monté à 30 millions d'euros pour une source proche de l'exécutif.
00:17Et encore, il n'est absolument pas sûr que le montant soit absolument complet.
00:21Quand on voit ce qui s'est passé hier avec les violences, c'est vrai que ça paraît fou.
00:25Je voudrais vous citer Sarah Knafo dans un tweet qui dit
00:28« Toute la France regarde sidérer les mêmes images. »
00:31Et c'est le peuple qui devrait payer.
00:33Nous savons que cela recommencera tant que casser restera sans conséquence.
00:36Sarah Knafo, elle a trois solutions.
00:38Enfin, il n'y a qu'une façon en tout cas, selon elle, d'arrêter les pillards.
00:41Les étrangers, il faut les expulser.
00:42Les casseurs, il faut les enfermer.
00:44Et les dégâts, il faut leur faire payer jusqu'au dernier centime.
00:48Jules Torres, qui va payer la facture ?
00:50Déjà, c'est les Français, ça c'est sûr et certain.
00:52Puisque même si la loi existe, et j'entends qu'il y a un retour de ce débat sur la
00:56loi casser-payeur,
00:57mais le week-end dernier, j'avais fait une petite recherche sur tous ces articles,
01:01notamment du code pénal, du code civil, du code de la justice pour les mineurs,
01:04de tous les codes qui existent en France et Dieu sait qu'il y a de la paperasse.
01:07Tous les textes de loi prévoient tout ce que Sarah Knafo est en train de dire.
01:11C'est-à-dire que les textes de loi prévoient que les étrangers délinquants,
01:15les étrangers dangereux, les étrangers pillards soient expulsés
01:17après avoir purgé leur peine en France.
01:19Ça, c'est le premier point.
01:20Ensuite, que les casseurs, les pillards violents soient en prison.
01:26C'est le cas normalement, mais on a une surpopulation carcérale,
01:28notamment dans les maisons d'arrêt, qui est aujourd'hui estimée à 176%.
01:33Donc, les magistrats aujourd'hui...
01:35Alors, il y en a certains qui sont de gauche, bien sûr,
01:36et qui ne veulent pas que des mineurs ou des casseurs aillent en prison.
01:39Mais il y a cette véritable problématique du manque de places de prison en France.
01:43On a à peu près 63 000 places, 85 000 détenus.
01:46Donc, on n'a pas assez de places.
01:47C'est pour ça qu'Éric Ciotti, que vous receviez tout à l'heure sur votre plateau et sur votre
01:52antenne,
01:53propose, lui, la création de 100 000 places de prison.
01:55C'est ce qu'Éric Zemmour propose aussi, parce qu'on voit bien aujourd'hui,
01:58qu'il y a trop de délinquants dans notre pays.
02:00Et ensuite, sur qui paye ?
02:02Bon, qui paye ?
02:03C'est prévu, encore une fois, dans le code civil.
02:05C'est prévu dans le code pénal.
02:06C'est prévu dans tous les codes qui existent.
02:08Ce sont aux pilleurs, aux pillards, de payer.
02:12Et j'aimerais ajouter une dernière chose, c'est-à-dire que, là aussi, la loi de 1881
02:18prévoit aussi une peine de prison et 45 000 euros d'amende
02:21pour toutes les personnes qui ont encouragé les violences, même si elles ne sont pas suivies des faits.
02:25Donc là, je peux vous dire que moi, j'ai une petite brochette de députés de la France insoumise,
02:28d'élus de la France insoumise, qui pourraient être condamnés.
02:31Mais on a tellement atteint un niveau de justice laxiste dans ce pays
02:35que, de toute manière, il y aura l'impunité qui va régner après ce 17 octobre.
02:38Sébastien Ligné, cette histoire de facture peut aisément nous amener à parler, évidemment, de Limoges.
02:43Le maire de Limoges annonce qu'il démissionnera dans les 48 heures
02:46si Sébastien Lecornu ne s'engageait pas à ce que l'État prenne intégralement en charge la reconstruction de la
02:51mairie.
02:51On a évidemment tous vu ces images absolument déchirantes avec le beffroi mairie
02:55qui était absolument sublime, patrimoine historique d'ailleurs,
02:58et qui a été brûlée quasiment intégralement par des casseurs, par des pilleurs.
03:02Et puis, le Premier ministre a répondu à Guillaume Guérin.
03:05Je rappelle d'ailleurs que nous sommes en édition spéciale
03:07et que Guillaume Guérin, nous le recevrons à 20h30 au téléphone.
03:10Il nous parlera évidemment de tous ces sujets.
03:12Mais Sébastien Ligné, dans cette lettre, Sébastien Lecornu,
03:14dit à Guillaume Guérin que c'est effectivement l'État
03:17qui va prendre évidemment en charge les travaux de la reconstruction de la mairie.
03:20Il promet bien sûr, alors évidemment, tout ce qu'on a envie d'entendre.
03:23Il annonce trois priorités.
03:24Maintenir les services publics municipaux.
03:26Il va accélérer les procédures de reconstruction,
03:28y compris par des mesures réglementaires ou législatives.
03:30Et il va mobiliser les financements de l'État en complément des assurances.
03:34Donc, comme Jules Thorez dit, c'est les Français qui vont payer.
03:36Oui, parce que l'État sait reconstruire.
03:38Il n'y a pas de problème.
03:39Le problème, c'est que l'État français ne s'est pas protégé ensuite.
03:42Si le but, c'est simplement de reconstruire.
03:44À chaque fois, c'est détruit.
03:45En effet, on a une certaine expertise dans le domaine.
03:47On est très fort dans la reconstruction.
03:49C'est forcément parce que tout pète en permanence.
03:50Donc, au bout d'un moment, au bout de la cinquième fois,
03:52on commence à comprendre comment on rebâtit quelque chose de zéro.
03:55Blague à part, moi, ce qui me dérange, c'est la logique derrière ça.
03:59C'est-à-dire qu'en effet, ce sont les Français qui vont payer.
04:01Mais cette logique-là, elle est présente à tous les échelles de notre politique.
04:09Regarde à l'Assemblée nationale.
04:09L'année dernière, budget 2025-2026,
04:11vous aviez un amendement déposé par un député macroniste,
04:14soutenu par le groupe macroniste,
04:15qui visait à imposer une nouvelle taxe.
04:18Une de plus, une taxe casseur,
04:20ou ce que certains ont appelé la taxe Naël,
04:22qui consistait à faire une surtaxe de 2 à 5%
04:26sur les contrats d'assurance habitation ou automobile,
04:31justement pour prévenir des éventuelles émeutes ou dérives urbaines.
04:36Voilà, donc c'est-à-dire que l'État français,
04:37le gouvernement, un député macroniste,
04:39nous expliquait concrètement,
04:42on sait qu'on ne va pas pouvoir vous protéger,
04:43on sait que les assurances ne pourront pas vous couvrir,
04:46donc vous allez payer une surtaxe en plus de votre contrat d'assurance
04:49qui explose depuis 10 ans,
04:51parce que l'État est incapable de vous protéger.
04:53Et c'était, je crois, grâce au Rassemblement National et l'UDR
04:56que cet amendement avait été finalement retoqué.
04:58Voilà dans quel monde on vit.
04:59C'est-à-dire que le gouvernement assume totalement
05:02le fait qu'il ne peut pas vous protéger.
05:04Et donc, quelle est la réponse ?
05:05On va vous taxer encore plus.
05:07Jules Torre, je voulais vous faire réagir à cette phrase.
05:09C'est désormais le moment de choisir son camp.
05:12Alors, elle vient de Sébastien Lecornu, Premier ministre.
05:14Il l'a prononcé hier soir.
05:16Sauf que lui, il parle évidemment le camp soit des casseurs,
05:19soit de la police.
05:20En l'occurrence, il parlait de ça.
05:21Alors, moi, je suis d'accord,
05:22mais je ne suis pas d'accord forcément sur le fond.
05:24Oui, le moment va être de choisir son camp.
05:26Sauf qu'en fait, le centre, selon moi, n'est absolument pas concerné.
05:29C'est-à-dire que le camp, ça va être Marine Le Pen
05:31ou Jean-Luc Mélenchon en 2027.
05:33Mais c'est justement, c'est-à-dire que dans les sept prochains mois,
05:37a priori le 2 mai 2027,
05:39au moment du second tour de l'élection présidentielle,
05:41alors ça arrivera peut-être avant,
05:42Sébastien Lecornu prendra peut-être la parole le 19 mai,
05:45au lendemain du premier tour de l'élection présidentielle,
05:47quand Marine Le Pen aura fait 35% au premier tour,
05:49que Jean-Luc Mélenchon accédera pour la première fois au second tour.
05:52Et là, il va devoir choisir entre le camp des casseurs
05:54et le camp des forces de l'ordre.
05:56Et je vous laisse imaginer
05:57quelle sera la perception des Français,
06:00qui sera du côté des casseurs,
06:01qui sera du côté des forces de l'ordre.
06:03Donc la question, c'est est-ce que Sébastien Lecornu
06:05va appeler à voter Marine Le Pen,
06:07va appeler à voter pour Jean-Luc Mélenchon.
06:08Il y a des personnalités de son camp,
06:10Gabriel Attal le Premier,
06:11qui a déjà appelé à voter pour Jean-Luc Mélenchon,
06:13ou en tout cas les équipes de Jean-Luc Mélenchon,
06:15au législatif de 2024,
06:16par rapport à celle de Marine Le Pen.
06:18Donc moi, toute la question, c'est de savoir
06:19est-ce qu'en effet, ce centre va arrêter
06:21de mettre sur un pied d'égalité
06:23un parti qui, certes, a une histoire,
06:26qui certes, peut encore représenter une inquiétude
06:29pour un bon nombre de Français,
06:31qui certes, sur le plan économique,
06:32peut inquiéter tout un électorat,
06:34je parle du Rassemblement National,
06:35mais de l'autre côté, vous avez donc un parti
06:38qui assume de bordéliser le pays,
06:40qui assume d'affaiblir toutes les institutions,
06:42qui attaque sans cesse nos policiers
06:43en parlant de sauvagerie policière,
06:45qui attaque des procureurs de la République,
06:47c'était notamment le cas à Belfort,
06:48qui appelle à l'insurrection populaire
06:51et à la désobéissance civile.
06:53Je mets de côté l'aspect diplomatique
06:55de la France insoumise
06:55avec les amis de M. Mélenchon,
06:57le président de la Bolivie,
06:58l'ancien président de la Colombie
07:00et M. Maduro du Venezuela.
07:03Je mets de côté le programme
07:04absolument calamiteux
07:06de la France insoumise
07:07sur l'aspect économique.
07:08Donc une fois que vous mettez tout ça,
07:09moi je veux bien qu'on ait des ministres,
07:11Philippe Baptiste encore cette semaine,
07:13M. Panifousse,
07:13le ministre des Relations
07:15avec le Parlement,
07:15qui nous disent
07:16non, non,
07:17la France insoumise représente
07:18un danger moindre
07:19que le Rassemblement National.
07:20Ça suffit,
07:21cet argumentaire,
07:22au vu de la journée
07:22qu'on vient de passer hier.
07:23Jules Torres a la parole,
07:24je vous propose de la garder.
07:26Nous allons passer sur un autre angle,
07:27notamment celui des policiers
07:28des centaines de forces de l'ordre
07:29qui ont été blessés.
07:31Il y avait des sources policières
07:32qui indiquent que,
07:33en fait,
07:33personne n'était préparé.
07:35C'est-à-dire qu'à un moment donné,
07:35vous avez un délégué national
07:36l'unité police
07:37qui disait hier soir
07:38faites ce que vous pouvez
07:39avec ce que vous avez.
07:41Des vidéos circulaient
07:42sur les réseaux sociaux
07:43et vous avez le journaliste
07:44Amaury Brelet
07:44qui disait
07:45la priorité est de protéger
07:46l'Elysée
07:47et ses environs.
07:48Il manque des munitions,
07:49c'est un désastre.
07:50Les forces de l'ordre
07:50sont obligées de reculer.
07:51On a vu ces images,
07:52notamment de la place Vendôme
07:53avec pas un seul policier
07:54parce qu'évidemment,
07:55tout le monde était mobilisé
07:56du côté de l'Elysée.
07:56Et de l'autre côté,
07:57vous avez Patrice Fort,
07:58préfète police de Paris
07:59qui tient à démentir
08:00les affirmations qui circulent.
08:01Nous ne manquons pas de munitions.
08:03Ce qui dit vrai.
08:04Tout ce que vous dites est vrai,
08:05tout ce que disent les policiers
08:06est vrai.
08:07Il y a évidemment
08:09une incapacité de l'Etat
08:10à prévoir là-dedans
08:11et je pense que c'est pour ça
08:12que non pas le préfet de police
08:13mais le ministre de l'Intérieur
08:14devraient avoir la décence
08:16de démissionner ce soir
08:18plutôt que de faire
08:18des roadmontades
08:19et d'aller demain
08:21avec les commerçants
08:22du côté de Marseille.
08:23Il y sera vers 13h
08:24ou 14h
08:25parce que la responsabilité
08:26elle est immense.
08:27Il y a d'abord
08:27la responsabilité de Jean-Luc Mélenchon.
08:29Je vais revenir ensuite
08:30sur la responsabilité
08:30des casseurs et des pillards
08:31mais il y a évidemment
08:32une responsabilité du gouvernement
08:34dans une doctrine
08:34du maintien de l'ordre
08:35qui a été décidée
08:36il y a de cela
08:38trois semaines.
08:39C'est-à-dire qu'on voulait
08:39éviter les vidéos
08:40on voulait éviter
08:41que des policiers
08:42s'en prennent
08:43à des jeunes.
08:44La conséquence c'est quoi ?
08:45C'est ce qu'on a vu hier.
08:46Un très grand merci
08:47à mes débatteurs du soir
08:48Jules Torres et Sébastien Ligné.
08:49Nous restons ensemble
08:50exceptionnellement encore
08:51pendant une heure.
08:52Dans un instant
08:52l'allocution d'Emmanuel Macron
08:54et les débats
08:54qui se poursuivent
08:55dans Europe 1 Soir.
08:56A tout de suite.
08:58Europe 1 Soir
08:59Hélène Roué