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00:00GOLA
00:01Europe 1 Soir
00:0218h-20h
00:04Hélène Roué
00:04Vous écoutez Europe 1, il est quasiment 18h16, bonsoir et bienvenue si vous nous rejoignez.
00:09J'accueille mes débatteurs du soir, Gilles Boutin, journaliste en politique économique au Figaro.
00:13Bonsoir Gilles.
00:14Bonsoir Hélène.
00:15Ainsi que Michel Fayad, analyste politique et géopolitique.
00:17Bonsoir Michel.
00:18Bonsoir Hélène.
00:19Nous accueillons avec nous Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur.
00:23Bonsoir.
00:24Bonsoir à tous.
00:25Alors nous allons évidemment ouvrir sur cette information de la soirée un pompier qui a été blessé par balle par
00:30un individu sur une intervention pour un feu cété au Pen Mirabeau dans les Bouches-du-Rhône.
00:36Monsieur le ministre, que savez-vous pour l'instant de son état de santé ainsi que du suspect ?
00:40Écoutez, nous savons qu'il est dans un état grave et donc toutes nos pensées vont vers lui et vers
00:46sa famille pour qu'il puisse se remettre au plus vite, nous l'espérons tous.
00:50Le préfet des Bouches-du-Rhône s'est rendu sur place.
00:53Ce que l'on sait c'est qu'il y a eu une intervention, une intervention pour un feu, un
00:57feu sur un poids lourd qui était en train de se propager.
01:00Et lorsque les pompiers sont arrivés, il y a eu ce tir sur ce pompier.
01:07Donc nous pensons évidemment très fort à lui et à tous les pompiers qui sont engagés partout dans notre pays
01:13et qui bien trop souvent sont pris à partie et font l'objet d'agressions totalement inadmissibles.
01:20Alors on va y revenir sur l'histoire de ce gendarme blessé bien sûr, mais c'est vrai qu'hier
01:24un gendarme, aujourd'hui un pompier, on sait que les forces de l'ordre sont pris pour cibles.
01:29Désormais les sapeurs-pompiers sont également pris pour cibles. Comment faire pour davantage les protéger ?
01:34Eh bien c'est d'abord tout le pays qui doit se mobiliser pour leur apporter la protection nécessaire.
01:41C'est ce que nous avons voulu avec le Premier ministre Sébastien Lecornu et avec le ministre de l'Intérieur
01:46Laurent Nunez,
01:47en votant cette loi sur l'usage légitime des armes pour faire en sorte que nos policiers et nos gendarmes
01:53soient mieux protégés.
01:54Mais au-delà, parce qu'on voit bien que ça peut toucher des pompiers, ça peut toucher aussi des médecins
01:59qui font partie des services d'urgence,
02:01on voit à quel point la violence de notre société peut tuer y compris ses représentants, ceux d'entre eux
02:07qui sont là pour nous protéger.
02:09Et donc c'est évidemment un appel à la raison, un appel aussi au désarmement,
02:15parce qu'on voit que la détention d'armes peut provoquer aussi ce type de situation.
02:20Mais c'est l'enquête qui permettra d'établir les circonstances précises dans lesquelles sont intervenus ces faits, ceux d
02:26'aujourd'hui et ceux d'hier.
02:27Alors justement, ceux d'hier, Porte de Charenton, un capitaine de gendarmerie a été brûlé au deuxième degré par un
02:33cocktail Molotov.
02:34Le parquet a ouvert une enquête pour tentative d'homicide.
02:37Je vous propose d'écouter le témoignage de ce gendarme blessé.
02:40C'était hier le 31 octobre, il est revenu sur sa soirée, c'était sur C News chez Elliot Deval.
02:44J'ai revu les images par les journalistes que j'ai pu voir ce soir, donc plusieurs heures après l
02:50'incident.
02:50Je n'avais pas notion qu'il y avait autant de points de vue et de vidéos ou photos amateurs
02:54qui avaient été prises.
02:56C'est particulier de se voir à postéorie pour la première fois face à ce qu'on a pu vivre.
03:02J'ai été très rapidement soutenu par des camarades de mon unité qui ont cherché à éteindre ce feu qui
03:08persistait sur mes jambes et montait quand même assez haut jusqu'au niveau du torse.
03:12Ce que je me dis actuellement, finalement quelques heures après, c'est que la catastrophe a été évitée.
03:18Monsieur le ministre, Laurent Nunez a dénoncé la violence inouïe des casseurs animés par la mouvance d'ultra-gauche.
03:24Ma première question, faut-il dissoudre certains groupes ?
03:27Et puis ma deuxième question, qu'est-ce que vous dites ce soir à ce gendarme et à ses collègues
03:30?
03:31S'agissant de la première question sur la dissolution des groupes, évidemment avec le ministre de l'Intérieur,
03:37nous avons d'ores et déjà procédé à des dissolutions et nous n'excluons absolument rien pour la suite
03:43parce qu'on le voit bien, il y a dans notre pays des mouvements qui sont des mouvements dangereux
03:47et des mouvements qui n'ont pas leur place au sein de notre République,
03:51que ce soit des mouvements d'ultra-gauche ou des mouvements d'ultra-droite.
03:55Sur la seconde question, sur qu'est-ce qu'on dit à ce gendarme et qu'est-ce qu'on
03:59dit à tous nos policiers et à nos gendarmes,
04:03on leur dit qu'on les soutient, qu'on les soutient à fond, qu'on est à fond avec eux
04:06et que dans notre pays, contrairement à ce que certains ont essayé de faire croire,
04:10ce n'est pas la police qui tue, ce n'est pas la police qui serait composée de bâtards,
04:15comme le dit le slogan répété dans la rue et par certains hommes politiques
04:21qui disent que de temps en temps, ils pensent aussi que tous les policiers sont des bâtards.
04:25Le fait de dire ça, c'est extrêmement grave, ce n'est pas seulement insultant.
04:30Le mot le plus grave dans cette phrase, ce n'est pas le mot bâtard, contrairement à ce qu'on
04:33peut penser.
04:34Le mot le plus grave, c'est tous.
04:35C'est le fait de considérer que toute la police serait dans une attitude de violence,
04:40serait dans une attitude illégitime, dans une attitude qui vise à lutter contre la société qu'elle est censée protéger.
04:47C'est bien le contraire qui se passe.
04:49Dans notre pays, on l'a vu encore au moment de l'attentat raciste qui a eu lieu dans la
04:54banlieue de Trappes,
04:56c'est la police qui protège.
04:57C'est la police qui arrête ceux qui veulent mettre en danger les vies des Françaises et des Français.
05:04Jean-Didier Berger, vous vous dites ça.
05:06Laurent Nunez, effectivement, dit ça également depuis le début de son mandat.
05:10Comment vous avez réagi quand Emmanuel Macron, président de la République,
05:13a demandé aux policiers de faire preuve d'empathie ?
05:16Parce qu'il jugeait manifestement qu'il y avait un manque d'empathie aux policiers.
05:18C'est vrai que le message qui a été envoyé aux forces de l'ordre à ce moment-là était
05:22quand même très bizarre.
05:23Vous avez le président de la République qui vous dit ça et puis le ministre de l'Intérieur qui vous
05:26assure qu'il est quand même derrière vous.
05:28C'est vrai que ça a quand même été mal compris.
05:29Vous savez, les policiers, c'est leur profession, c'est leur métier de savoir faire preuve de discernement, de mesure
05:38et d'équilibre.
05:40Toute l'année, toute leur vie, on leur demande et on leur demandera de faire preuve de discernement d'une
05:45part et de proportionnalité d'autre part.
05:48C'est-à-dire, qu'est-ce que ça veut dire ?
05:49C'est hyper concret.
05:51Ça veut dire de ne pas tuer lorsque c'est évitable, de ne pas blesser lorsque c'est évitable.
05:58Mais ce qu'on leur dit aussi, et avec le ministre de l'Intérieur, et avec le Premier ministre, et
06:03avec le Président de la République,
06:04c'est que nous sommes avec eux, nous sommes de leur côté et nous sommes du côté de la loi,
06:09tout simplement.
06:10Et dans notre pays, il n'y a pas d'un côté les gentils casseurs, les gentils manifestants, les gentils
06:17casseurs, les gentils pilleurs.
06:22Non, il n'y a que ceux qui respectent la loi et ceux qui ne la respectent pas.
06:26Et nous, notre critère, c'est ça.
06:27Donc, nos policiers, nos gendarmes, ils sont formés pour ça.
06:31On a la chance d'avoir une police extrêmement professionnelle, extrêmement compétente.
06:35Et si vous le voyez dans les chiffres, depuis le début du mouvement, on est à bien plus d'un
06:41millier de blessés parmi les policiers.
06:43Et je dirais seulement quelques dizaines ou quelques centaines, dans ceux qui pourtant, parfois, veulent les tuer,
06:51c'est que le discernement, il est utilisé à toutes les minutes que Dieu fait.
06:56Gilles Boutin.
06:57On a la désagréable impression que ceux qui sont à la manœuvre pour créer ces violences dans les manifestations sont
07:04insaisissables.
07:05On met la main sur des pilleurs qui sont là par opportunisme.
07:09Mais les têtes pensantes, les têtes agissantes, qui sont telles ?
07:14Et est-ce qu'on arrive à les arrêter ?
07:16Est-ce qu'on peut réussir à remonter des filières de black blocs, de casseurs professionnels ?
07:21Jean-Dizier Berger.
07:22D'abord, vous le voyez, personne n'est insaisissable dans notre pays.
07:27Puisqu'il y a eu, encore hier, de très nombreuses interpellations.
07:31Et quand on accumule les interpellations de ces trois week-ends, d'une part, et les interpellations qui ont eu
07:38lieu depuis le début des événements et les premiers blocus de lycée d'autre part,
07:43on voit qu'il n'y a pas d'impunité vis-à-vis de ceux qui commettent des agissements, des
07:50exactions, des pillages.
07:51Et d'ailleurs, j'observe qu'hier, il y a eu très peu de pillages de commerce, seulement trois, trois
07:58de trop, mais seulement trois dans toute la France.
08:01C'est dire si nos policiers, nos gendarmes ont été d'une particulière efficacité.
08:05Il y a des interpellations pendant, et puis il y a aussi des interpellations après.
08:09Et puis, une fois que la police a fini de faire son travail, son travail d'enquête, son travail d
08:14'investigation, son travail d'interpellation, il y a la justice.
08:17Il y a eu de très nombreux déferments, de très nombreuses incarcérations.
08:21Mais pour aller encore plus dans le fond de votre question, c'est-à-dire, derrière ça, qui organise, qui
08:28agite ?
08:29Les Français et les Françaises ne sont pas dupes de tout ça.
08:33Ils voient bien que les premiers mouvements des lycéens sont partis du Val-de-Marne, sont partis de la circonscription
08:37et des agissements de M. Boyard,
08:40qui fait de l'agite propre, qui avait déjà, il y a trois ans déjà, mis en place un blocus
08:46challenge pour faire en sorte de bloquer un maximum de lycées.
08:49Il faut revenir à l'essentiel. La loi, ce n'est pas n'importe quoi. Il n'y a pas
08:55de droit au blocus. Il y a un devoir de présentéisme, de la part, pour tous les lycéens.
09:02Il n'y a pas un droit au pillage. Il n'y a pas un droit à empêcher d'aller
09:07et venir. Il y a un délit d'entrave.
09:10Donc, nous, ce qui nous intéresse, c'est de faire en sorte que la loi soit respectée, de faire en
09:16sorte que ceux qui ne la respectent pas soient sanctionnés de la plus claire des façons,
09:19de soutenir nos policiers et nos gendarmes.
09:21Et puis, après, pour ce qui relève de la politique, les gens vont pouvoir voter.
09:27On a la chance d'être dans un moment où on approche d'une élection.
09:31Et donc, les Françaises et les Français vont pouvoir se faire une idée de à qui on doit remettre les
09:36clés du pays.
09:37Est-ce qu'on peut remettre les clés du pays à des extrêmes qui, finalement, ne pensent et n'agissent
09:43que par la violence ?
09:44Où est-ce qu'il faut donner les clés du pays pour les 5 ans, voire les 10 ans qui
09:50viennent, à des forces démocratiques ?
09:52Vous n'êtes pas pour autant en capacité d'établir qu'un Louis Boyard, puisque vous le mentionnez, ou certains
09:57de ses collègues LFI, sont agissants au sens concret du terme.
10:03C'est-à-dire que vous soulevez leurs responsabilités.
10:04Ou situent leurs responsabilités.
10:05Vous savez, tous ceux qui ont suivi de près ces mouvements, on peut voir que, d'abord, pour la première
10:15fois, l'intelligence artificielle a été utilisée pour démultiplier des tracts plus ou moins personnalisés,
10:21tous à peu près dans les mêmes maquettes, sur des centaines, voire des milliers d'établissements.
10:27Bon, ça, ça ne vient pas de nulle part.
10:29Ce n'est pas n'importe qui qui fait ça.
10:30Mais il faut bien comprendre qu'il y a une convergence de causes entre les agitateurs politiques, les mouvements sociaux,
10:41les manifestants,
10:43parfois qui sont en dehors des mouvements sociaux, je pense en particulier à ceux de la mouvance des Gilets jaunes,
10:49etc.
10:50Ceux qui viennent parce qu'ils sont de mouvances d'ultra-gauche et qui viennent pour casser, pour taper sur
10:56les flics, pour vraiment s'en prendre aux institutions.
11:00Et puis, la délinquance plus ordinaire qui vient s'agréger encore avec une mobilisation en direct qui vient surpondérer tout
11:09ça, ça s'agrège.
11:12Et puis, il y a des passerelles entre les uns et les autres.
11:15Et parfois, certains passent d'un groupe à un autre et viennent s'agréger les uns aux autres avec des
11:25passerelles où on passe de l'un à l'autre.
11:28Donc, voilà, c'est un mouvement qui est difficile à décrypter, mais on a la chance d'avoir des services
11:34de renseignement, des services de police, des services de police judiciaire
11:38et des services de la justice qui vont faire toute la lumière sur les différents actes.
11:43Et je pense que ceux qui sont concernés par ces exactions voient aussi qu'il y a des avancées dans
11:48les différentes enquêtes.
11:49Parfois, c'est vrai que ça prend du temps, mais c'est aussi ça, la démocratie, c'est de ne
11:54pas faire de la justice expéditive
11:55et c'est de prendre le temps de remonter toutes les responsabilités pour aller porter les accusations là où elles
12:02doivent être portées.
12:03Il est 18h27, vous écoutez Europe 1, Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur.
12:08Je vous propose de rester avec nous, on va évidemment continuer de parler de ces événements de la journée d
12:12'hier
12:12et puis on parlera également de la présidentielle 2027.
12:15A tout de suite sur Europe 1.

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