00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Hélène Roué.
00:04Toujours avec mes débatteurs Georges Fenech et Éric Teckner.
00:07Alors après l'acte 4 de la mobilisation des lycéens,
00:10le gouvernement a annoncé des premières mesures hier soir.
00:13Vous allez me dire si vous les trouvez concrètes ou non.
00:15Édouard Geffray a annoncé que 3000 professeurs remplaçants
00:18seraient déployés prochainement dans les établissements qui le nécessitent le plus.
00:22Pour le député RN, Laurent Jacobelli, invité de la grande interview Europe 1 C News,
00:27c'est de la légitimation de la violence.
00:30C'est Édouard le magicien.
00:31Hier, ce n'était pas possible.
00:32Aujourd'hui, on a 3000 professeurs qui vont être devant les étudiants.
00:35Donc ça veut dire quoi ?
00:36Ça veut dire que le prof d'histoire va donner des cours de maths.
00:39Le prof de maths va donner des cours de sport.
00:41Si tu casses, tu reçois.
00:42Aujourd'hui, il n'y a que les gens qui vont dans la rue,
00:44qui mettent le feu, qui obtiennent quelque chose d'un État qui, c'est vrai, n'a plus d'argent.
00:49Ça veut dire que les gens qui bossent, les gens qui respectent la loi,
00:52les gens qui ont des demandes légitimes mais qui ne hurlent pas,
00:54eux n'obtiendront rien de ce gouvernement.
00:56Quand on brûle des voitures, quand on agresse des policiers, on obtient quelque chose.
01:00C'est la légitimation de la violence et ça, dans un État de droit, c'est inacceptable.
01:04Éric Tecner, qu'est-ce qui s'est passé ?
01:05Est-ce qu'on est malade de notre bureaucratie ?
01:07Quand Gilles Boulot pose la question hier soir à Édouard Jeffrey en disant
01:10« Mais ces 3000 personnes, elles étaient où ? Pourquoi il ne faisait pas cours ? »
01:13Édouard Jeffrey lui dit
01:14« Oui, non mais de toute façon, il devait être affecté en novembre,
01:17on travaille sur un logiciel, et puis là, comme les lycéens se sont mobilisés,
01:20en fait, on a accéléré. »
01:22Donc c'est quoi ? C'est un problème de bureaucratie ?
01:23C'est un problème d'administratif ?
01:24On est dirigé par des lâches et des incompétents.
01:26Donc effectivement, moi j'ai du mal à comprendre d'où est-ce qu'il a sorti
01:29ces 3000 profs du chapeau.
01:31Dans ce cas-là, ça veut peut-être dire que tous les ministres de l'Éducation nationale précédent,
01:35au premier rang desquels Gabriel Attal, finalement, nous ont menti
01:37sur ces fameux 3000 qui étaient cachés.
01:39Vous savez, moi j'en rejoins ce qu'a dit Laurent Jacobelli,
01:41c'est-à-dire qu'en fait, oui, en effet, dans ce pays, il faut faire partie des casseurs,
01:46il faut être partie de ceux qui ne payent pas,
01:48il faut faire partie des irresponsables, finalement,
01:51à toutes les strates de la société pour avoir quelque chose.
01:53De l'émeutier casseur lycéen qui finit par être reçu par Édouard Geffray
01:56et à voir ce qu'il veut, jusqu'au ministre Madame Monchalin,
02:01qui alors qu'elle gérait le budget très très mal,
02:03finit en haut de la Cour des comptes.
02:06C'est tout un système de promotion des incompétents.
02:09Et les Français, en effet, ils en ont ras-le-bol.
02:11Parce qu'ils reçoivent leur fiche de paye, leur fiche d'impôt,
02:14et ils voient à quel point ils doivent toujours taxer
02:16et on ne les entend jamais.
02:18Georges Fenech, quel est votre avis sur la mobilisation
02:20qui, quand même, c'est vrai que c'est très caractéristique,
02:23ça dure.
02:24C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on disait,
02:25voilà, le gouvernement essaie de se rassurer en disant
02:27il y a moins de monde, etc.
02:28Ouais, enfin, il y a 16 établissements de moins qu'hier.
02:30C'est pas non plus, je veux dire, la mobilisation dure.
02:33Surtout si l'intersyndicale se remobilise le 13,
02:36et puis surtout avec le 17.
02:37Le 17 octobre, il pourrait y avoir d'autres professions
02:39qui se lient.
02:40Ça pourrait être un mouvement généralisé.
02:42On pourrait vraiment faire face à des mois
02:44extrêmement compliqués,
02:45notamment en termes de violence.
02:46On sait très bien que les casseurs,
02:48les émeutiers s'y rajoutent à chaque fois.
02:49Est-ce que tout ce climat-là,
02:51est-ce que ça vous inquiète ?
02:52Ça ne peut que nous inquiéter.
02:55Surtout, vous avez entendu comme moi,
02:56que le 13 octobre,
02:58on décidait de rejoindre la manifestation,
03:00la CGT,
03:02Sudrail,
03:03des syndicats d'enseignants.
03:05Ça va faire beaucoup de monde dans l'oeil.
03:07En plus, vous allez avoir des trains qui ne circulent pas,
03:10puisque Sudrail va se mettre en grève le 13 octobre.
03:13Donc, on voit bien qu'on est en train de préparer,
03:15effectivement, une sorte de,
03:16comme on dit, des convergences des luttes.
03:19Et ajoutez à cela que,
03:21quatre jours plus tard, le 17,
03:22il peut y avoir, à ce moment-là,
03:25effectivement, une sorte de résurgence des gilets jaunes,
03:28qui viendront d'ailleurs,
03:29et surtout du monde rural et paysan, je pense.
03:33Est-ce que ça doit nous inquiéter ?
03:35Bien sûr que ça nous inquiète,
03:36surtout quand on voit que toutes les manifestations,
03:39depuis déjà plusieurs années,
03:41se terminent,
03:42sont polluées par de la violence,
03:43par des black blocs,
03:44parce que, vous savez,
03:46cette manifestation des lycéens,
03:47pour moi, je reprendrai ce qu'a dit
03:49François-Xavier Bellamy,
03:51c'est plus une manifestation violente
03:54de militants instrumentalisés.
03:57Je n'arrive pas à croire que les lycéens
03:59cassent leur propre établissement.
04:01Moi, je reste persuadé
04:03que la plupart des violences graves,
04:05des dégradations graves,
04:07sont le fait d'extérieur,
04:08de militants extérieurs et instrumentalisés.
04:11Donc, quand on vienne apporter une petite réponse,
04:13un début de réponse avec ces 3000 enseignants,
04:17après tout, pourquoi pas ?
04:18On peut regretter, effectivement,
04:19qu'il ait fallu cette violence
04:20pour débloquer ces 3000.
04:23C'est ce qu'a voulu dire Laurent Jacoboli.
04:24C'est ce qu'il a dit,
04:25c'est ce que vient de dire Eric Tegner,
04:26à juste titre.
04:28Mais, encore une fois,
04:29je pense qu'on va rentrer ce mois-ci
04:31dans un cycle de tous les dangers.
04:35Eric Tegner.
04:36Je vais vous dire,
04:37qu'est-ce qu'ils veulent,
04:37ces manifestants et ces émotivés ?
04:39Ils veulent qu'on inverse le drapeau français.
04:41Ils veulent qu'on désarme les policiers.
04:43Ils veulent qu'on abatte l'État.
04:45C'est-à-dire que c'est cela,
04:46ce ne sont pas les 3000 policiers
04:47qui vont changer quoi que ce soit.
04:48Et là où j'ai une petite...
04:503000 enseignants, pardon.
04:51Là où j'ai une petite divergence avec vous,
04:54cher Georges,
04:54c'est qu'on a vu beaucoup de jeunes,
04:56aujourd'hui, arrêtés
04:57qui n'avaient pas d'antécédent judiciaire.
05:00Donc, on est aussi sur une bascule
05:01d'une génération
05:02qui n'était pas auparavant dans la délinquance
05:04et qui tombe dedans.
05:05Mais en vrai, ils ont raison.
05:07Ils ont raison.
05:08C'est-à-dire qu'en fait,
05:09maintenant, en effet,
05:10il faut aller dans la rue,
05:11il faut tout casser,
05:12il faut insulter les gens, etc.
05:13Avec une différence près,
05:14c'est que si vous êtes de droite,
05:16pour le coup, je pense que là,
05:17les consignes, elles seront extrêmement sévères.
05:19C'est-à-dire que moi,
05:19j'en ai assez de voir un pays
05:21dans lequel nos gouvernants nous expliquent
05:22que le danger,
05:23c'est l'extrême droite,
05:24l'ultra droite, etc.
05:25Alors qu'on ne les voit jamais
05:26casser quoi que ce soit
05:28et qu'ils vont commencer
05:29à banaliser
05:30ce qui s'est passé ces derniers jours
05:31au point de les recevoir
05:32et de tout leur donner.
05:33Moi, franchement,
05:34je trouve qu'il y a une acceptabilité
05:36aujourd'hui de la violence
05:37qui me paraît inconsidérée
05:38parce qu'ils ne s'arrêteront jamais.