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Chaque vendredi, samedi et dimanche, invités et chroniqueurs sont autour du micro d'Hélène Roué pour débattre des actualités du jour.

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00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Hélène Roué.
00:03Vous écoutez Europe 1, il est 19h49, toujours avec mes débatteurs Charlotte Dornelas et Alexandre Malafaille.
00:09La ministre de l'Agriculture, Annie Gennevar, a annoncé jeudi en Auvergne de nouvelles mesures
00:13pour les agriculteurs frappés par la sécheresse avec des prêts à taux zéro pour renflouer les trésoreries.
00:19C'était une demande du syndicat FNSEA, mais ceux-ci dépendront évidemment de l'adoption du budget.
00:24Je vous propose de l'écouter.
00:25Je vous annonce donc que l'État permettra l'équivalent de prêts à taux zéro pour 2 milliards d'euros
00:33de prêts.
00:34C'est majeur.
00:35Concrètement, comme vous le savez, certaines banques proposent désormais des prêts de trésorerie sécheresse à taux réduit aux alentours de
00:442,5%.
00:44L'État comblera les 2,5% manquants de telle sorte que pour l'agriculteur qui contracte un prêt à
00:522,5%,
00:52ce soit in fine un prêt à taux zéro.
00:56Les premiers prêts pourront être décaissés en 2026.
01:00Pour ce 2027, cela passera par un amendement au budget.
01:05Alexandre Malafaille, est-ce qu'on est encore dans les mesurettes ?
01:07Ce n'est pas cosmétique, ce n'est jamais rien.
01:10Mais il ne faut pas confondre, quand vous avez perdu de l'argent et quand vous permet d'avoir un
01:13crédit pour payer vos pertes dans la durée,
01:16que ça ne remet pas votre exploitation sur les rails.
01:21Donc c'est vrai qu'on a des exploitations agricoles en France, dans la grande majorité,
01:25qui ont pris très cher avec les dernières crises et en particulier avec la sécheresse.
01:29Donc les pertes, elles sont perdues.
01:30Vous pouvez prendre un crédit de 50 000 euros, 50 000 euros que vous rembourserez,
01:33mais ce qui est perdu est perdu.
01:35Après, c'est vrai qu'on a plus le sentiment là quand même qu'on est véritablement dans une opération
01:39de désamorçage.
01:40C'est-à-dire que tout le monde, je pense au niveau du gouvernement, a en tête le 17 octobre.
01:44La conjonction, si je puis dire, des luttes entre les jeunes, les lycéens, les agriculteurs.
01:49Si tout le monde s'y met, dans la dynamique du 17 octobre, c'est sûr que ça pose un
01:53problème.
01:53Donc je pense qu'ils essayent de lâcher du lest un maximum, d'envoyer des signaux pour dire
01:57voilà, il y a 3 000 profs qui vont arriver, rassurez-vous, c'est sous contrôle, on est là, on
02:00est aux affaires.
02:01Tiens, les agriculteurs, ça y est, la colère monte, hop, on retrouve un peu d'argent.
02:04On n'a plus d'argent, mais on lâche du lest un peu partout.
02:06On lâche du lest, c'est 2 milliards, mais ce n'est pas qu'ils vont sortir de la poche
02:09du gouvernement.
02:09Le gouvernement va sortir les 2,5% d'intérêts qui vont être payés là-dessus le jour où ils
02:14seront payés.
02:15Donc si vous voulez, c'est marginal en termes d'impact sur les comptes de l'État.
02:17De toute façon, l'État, il a ce qu'il a comme moyen, c'est de dire pas grand-chose
02:19aujourd'hui pour faire face.
02:21Mais oui, c'est cosmétique, je pense, c'est plus de la politique de saupoudrage.
02:25Et puis c'est surtout pour essayer de tenir le truc jusqu'au 17 octobre.
02:28Charlotte Dornelas, quand on liste toute la liste des problèmes sécheresse, canicule, fourrage, les revenus, les charges, l'avenir des
02:35exploitations, les normes, la bureaucratie,
02:38sans parler évidemment du coût du transport avec toutes les crises extérieures, c'est vrai qu'on se dit, il
02:42y a des agriculteurs qui là ne pourront pas passer l'hiver.
02:45C'est-à-dire qu'il y a évidemment des exploitations qui vont encore fermer, etc.
02:49Est-ce que vous, vous pensez qu'ils vont ressortir dans la rue ?
02:52Est-ce que vous pensez qu'ils sont désabusés ?
02:54Et est-ce qu'ils sont véritablement écoutés par le gouvernement ?
02:57Mais le problème, c'est que, est-ce que je pense qu'ils vont ressortir dans la rue ?
03:01J'ai envie de répondre, j'espère, parce que ça veut dire qu'il y a encore une capacité à
03:06se battre, en fait.
03:08C'est un monde, le monde paysan, qui a tellement muté.
03:13Alors tout à l'heure, on parlait de mutation de la société, de changement de la société, de ce qu
03:17'elle engendre.
03:17Je pense que les paysans sont ceux pour qui cette mutation a été la plus violente.
03:21Plus personne ne comprend ni leur environnement, malgré les percées écologistes,
03:27qui sont probablement d'ailleurs les percées qui les comprennent le moins.
03:30Leur rapport, évidemment, à leur métier et à la terre.
03:33Et par ailleurs, qui ont été encouragés dans un modèle, en effet, de production, d'endettement pour des machines
03:39et pour des produits que désormais qui sont interdits,
03:42avec, en plus, l'ouverture des frontières et donc une importation immense qui pèse,
03:47parce qu'elle est moins normée, qui pèse évidemment sur leurs épaules.
03:51Donc vous voyez, c'est un modèle entier.
03:54Et en fait, on vit depuis quelques années de crise en crise.
03:57Et donc à chaque fois, c'est même pas un reproche direct, ni à la ministre, ni au gouvernement,
04:01c'est qu'à chaque fois, on essaye de répondre immédiatement pour, en effet, que la colère ne s'envenime
04:07pas.
04:07Beaucoup de fois, avec des politiques du chèque qui sont en réalité assez inefficaces.
04:10Avec des politiques du chèque, parce que systématiquement, on ne pense que sur le terrain du matériel,
04:15qui est évidemment le ressort peut-être le plus évident des colères et peut-être de la jonction, en effet,
04:22des colères.
04:23Mais on a l'impression qu'on n'a plus le temps de s'arrêter sur la manière de penser
04:29lui-même le modèle aujourd'hui.
04:31Donc on a en parallèle, par exemple, un chiffre qui est sorti cette semaine d'une augmentation,
04:34c'est 36%, je crois, quand même, de l'augmentation des chiffres d'affaires de toutes les entreprises de circuit
04:39court
04:39qui se sont créées ces dernières années en France.
04:41Donc en parallèle, on se dit, est-ce qu'on peut joindre, en fait, toutes ces réalités ?
04:46Est-ce qu'on peut repenser réellement, mais en profondeur, le modèle ?
04:51Et par ailleurs, comme d'habitude, comme sur cette histoire de 3000 profs,
04:54parce que le gouvernement nous explique qu'en fait, c'était 3000 profs
04:57qui sont, en effet, dans le circuit, mais qui sont sans affectation
05:04parce qu'on n'était pas capable de savoir où ils étaient.
05:07C'est ça.
05:07Mais moi, j'apprends ça, je me dis, mais c'est une blague, en fait, c'est pas possible.
05:11Donc on a 3000 profs aujourd'hui en France.
05:13Il a fallu l'urgence pour que, subitement, on les retrouve tous, d'ailleurs,
05:16donc apparemment, c'était quand même faisable.
05:18Mais vous voyez, il y a une telle suradministration de tout.
05:22C'est vrai, vous le disiez, les agriculteurs qui vous disent
05:24« je passe 25% de ma semaine à faire de la paperasse ».
05:26L'agriculteur, c'est pas exactement le sens de la vocation.
05:29Mais vous avez les enquêteurs, policiers, qui vous disent la même chose.
05:32Les magistrats, cet été, qui nous disaient la même chose.
05:34Parce que vous voyez, les crises, de crise en crise,
05:36la dernière crise, c'était quand même sur la justice
05:39et l'engorgement de la justice sur les seules violences sexuelles faites aux mineurs.
05:43Vous voyez la crise qu'on vient de traverser ?
05:44Vous voyez ce qui vient de tomber sur le coin du nez de la justice ?
05:47Ce n'est pas les dossiers des violences sexuelles sur mineurs
05:49qui ont dû avancer pendant ce temps-là.
05:51Un immense merci, Charlotte Dornelas et Alexandre Malafaille,
05:54d'être venus dans Europe 1 Soir Week-end.
05:57J'en profite pour vous rappeler que cette année,
05:59encore, Europe 1 est fière de soutenir le Pasteur Don.
06:01Depuis 20 ans, la générosité du public a permis à l'Institut Pasteur
06:05de faire des avancées majeures dans la lutte contre les cancers,
06:08les maladies infectieuses et les maladies neurodégénératives.
06:10Pour continuer à soutenir la recherche, faites un don sur pasteurdon.fr
06:14ou envoyez le mot « don » par SMS au 92 112 pour faire un don de 20 euros
06:19prélevé sur votre prochaine facture téléphonique.
06:22Merci beaucoup.
06:23Tout de suite, le journal de 20h avec vous, Maëlle Hassani.
06:26Moi, je vous retrouve demain pour Europe 1 Soir Week-end de 18h à 20h.
06:30Je vous souhaite une excellente soirée sur Europe 1.
06:33C'est dommage.

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