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Chaque vendredi, samedi et dimanche, invités et chroniqueurs sont autour du micro d'Hélène Roué pour débattre des actualités du jour.

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00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Hélène Roué.
00:04Toujours avec mes débatteurs Charlotte Dornelas et Alexandre Malafaë,
00:07nous allons reparler de cette actualité brûlante depuis deux semaines,
00:10les blocus des lycées.
00:12Invité de RTL ce matin, François-Xavier Bellamy,
00:15vice-président des Républicains et député européen,
00:17a accusé la France insoumise de remplacer un livre par un cocktail Molotov
00:22dans les cartables des jeunes. Je vous propose de l'écouter.
00:24On a l'école la plus inégalitaire de tout le CDE.
00:27Et ça n'excuse en rien ni les violences actuelles,
00:30ni l'instrumentalisation scandaleuse de LFI
00:32qui se moque éperdument de l'avenir de ces jeunes.
00:34Parce que quand on remplace dans leur cartable un livre par un cocktail Molotov,
00:38c'est qu'on n'a vraiment rien à faire de cette jeunesse.
00:40Quand vous avez un maire LFI qui commence ses manifestations
00:42en disant que la violence est légitime,
00:45ça consiste en réalité à allumer l'incendie.
00:47Quand vous avez des élus LFI qui se mettent en première ligne
00:49pour entraîner ces jeunes à charger les policiers,
00:52ça veut dire alimenter la violence.
00:54Et ça, pour le coup, c'est une instrumentalisation écœurante
00:57d'une jeunesse qui n'a pas besoin de violence,
00:59qui a besoin au contraire d'exigence.
01:03Alexandre Malafaille, ce que dit François-Xavier Bellamy,
01:05ça veut dire que s'il n'y avait pas LFI, la crise s'arrêterait ?
01:09Écoutez, il y a quand même un terrain.
01:11On en parlait juste avant avec Ruben Rabinovitch qui était là.
01:15On voit bien qu'on est dans une société
01:16qui a perdu la plupart de ses repères
01:18et que tout est en train de se recomposer,
01:21mais on ne sait pas encore comment.
01:22Et donc, il y a forcément les opportunistes
01:24qui récupèrent ça.
01:26Parce que ça fait leur mêle, si je puis dire,
01:28en termes de perspective électorale.
01:30Donc, c'est plutôt très malin de la part de LFI.
01:32Mais, si vous voulez, la récupération de LFI
01:34n'enlève pas le problème de fond.
01:35C'est eux qui sont les plus malins sur un plan politique
01:37parce qu'ils ont tout de suite compris
01:39comment récupérer cette clientèle
01:40pour en faire, évidemment, des électeurs
01:43dans les prochains mois.
01:44mais pour autant, le malaise lycéen,
01:47le mal-être, qu'on peut critiquer
01:48pour plein de raisons.
01:49Moi, si vous voulez, je me souviens
01:50quand j'ai passé mon bac,
01:51c'était il y a une quarantaine d'années,
01:53c'était dur, il fallait se lever tôt,
01:54ils n'étaient pas toujours chauds dans les classes.
01:56Mais l'anxiété, effectivement, n'a pas 5 ans.
01:57Mais voilà, sauf qu'aujourd'hui,
01:59cette espèce d'absence d'horizon
02:01telle que c'était évoqué aussi tout à l'heure
02:02dans l'entretien que l'on avait
02:04et qui était passionnant,
02:05montre qu'en effet, il y a cette espèce
02:07de toile de fond qui est là.
02:08Après, c'est triste,
02:09mais c'est vrai dans tellement de compartiments
02:11de la vie politique
02:11que là, l'homme politique,
02:13si je puis dire, l'homo politicus,
02:15lui, se disent
02:15je vais profiter de ces phénomènes de société
02:18pour faire mon beurre électoral
02:19et avancer,
02:21et en profiter pour diviser,
02:22pour affronter,
02:23pour dresser les uns contre les autres.
02:25En fait, c'est la mécanique politique
02:26qui est mortifère.
02:27Parce que là, par rapport à la problématique des jeunes,
02:28on devrait se retrousser les manches
02:30comme dans plein d'autres politiques,
02:32dans le domaine de la vie politique française.
02:33Il faudrait qu'on essaie
02:34de faire plus ensemble
02:35pour essayer de réparer la société française
02:37qui est très divisée,
02:38qui est très polarisée.
02:39Et là, en effet,
02:40je suis malheureusement comme beaucoup de gens
02:41obligé de constater que
02:42les filles étaient à la fois très malins,
02:44très opportunistes
02:44et très dangereux dans sa façon,
02:46en effet, d'utiliser la crise
02:49telle qu'il le fait.
02:50Et c'est sûr que ça envoie des messages
02:53en plus qui sont, je pense,
02:54négatifs pour cette jeunesse
02:55parce que ça les conforte finalement
02:56dans leur envie de revendiquer,
02:59de réclamer.
03:00Et en même temps,
03:02les problèmes ne seront pas régulés.
03:03C'est là où il y a un mensonge
03:04qui est total.
03:05Et même s'ils arrivaient demain aux affaires,
03:07je suis désolé,
03:07le plan clim qui nécessite
03:09des milliards d'euros,
03:10si on ne les a pas,
03:11il fera toujours aussi chaud dans les classes
03:12et ce n'est pas les filles
03:12qui régulera le problème.
03:13Et comme on dit toute la vérité
03:14aux auditeurs,
03:15qu'est-ce que vous avez entendu
03:16à la radio ce matin,
03:17Alexandre Malafaille,
03:18cette pédopsychiatre
03:19qui a justement dit
03:20que même si les parents
03:21devaient chercher leurs enfants,
03:23en fait,
03:23c'est-à-dire les remettre
03:24dans le bout de trois chemins,
03:25en réalité, ça ne marcherait pas.
03:26C'était il y a deux, trois jours,
03:28c'était sur une chaîne
03:31concurrente assez ancienne,
03:32donc je ne la citerai pas,
03:32mais on peut la retrouver
03:33assez facilement.
03:34Voilà, et vous avez
03:35une pédopsychiatre
03:35qui a été interviewée
03:37et qui disait qu'en fait,
03:38à la question de la journaliste,
03:39en disant,
03:40est-ce que vous pensez
03:40que compte tenu du contexte,
03:41du danger que représentent
03:42les manifs,
03:43apparemment,
03:43ce n'est pas simple non plus,
03:44on prend des coups,
03:45il peut y avoir des gaz lacrymogènes,
03:46est-ce que les parents
03:47peuvent à un moment donné
03:48interdire à leur enfant
03:49de ne pas y aller,
03:49de ne pas à leur lycée ?
03:50Et la pédopsychiatre disait
03:52non, non, on ne peut pas interdire.
03:53En fait, c'est impossible
03:54d'interdire,
03:54de dire à un jeune aujourd'hui,
03:55non, tu ne peux pas sortir,
03:57tu dois y aller,
03:57on peut peut-être lui donner
03:58des conseils.
03:58Et c'est vrai que ça pose
04:00aussi la question du rapport
04:01à l'autorité,
04:02au rôle du parent,
04:03et à un moment donné,
04:04au fait que quand c'est non,
04:05c'est non.
04:06Alors, ça génère une frustration,
04:07mais il faut savoir aussi
04:08gérer ses frustrations.
04:09La vie ne peut pas être
04:10qu'une impulsion pour dire
04:11je veux, je prends, je tente,
04:13et après,
04:14ce qui après explique peut-être
04:15la déception dans laquelle
04:16on est proche,
04:16c'est qu'en fait,
04:17on n'a plus de limites,
04:18on essaie,
04:18on se rend compte que
04:19ce n'est pas mieux
04:19de tout essayer,
04:20et puis après,
04:20on est encore plus déçus.
04:21À un moment donné,
04:22il vaut mieux avoir un cadre
04:23et quelque part,
04:23quelque chose qui donne
04:24dans une direction.
04:25Mais le problème,
04:25aujourd'hui, c'est que je le dis,
04:26il n'y a plus de direction.
04:27En fait, je crois
04:27qu'on ne sait plus où on va.
04:28Et Charlotte Dornelas,
04:29quand on fait le constat,
04:30c'est quand même assez terrifiant,
04:31c'est-à-dire que LFI,
04:32effectivement,
04:33je pense que tout seul
04:33n'arriverait pas forcément
04:34à enlever,
04:36du moins arrêter cette crise.
04:38Le gouvernement,
04:39manifestement,
04:39avec les petites mesurettes,
04:40on va peut-être avoir
04:41l'occasion de parler
04:42de ces 3000 professeurs
04:43qui sortent un peu de nulle part.
04:44Mais le gouvernement,
04:45quand même,
04:45navigue un petit peu
04:46carrément à vue.
04:47Et en plus,
04:48si on se rend compte
04:49avec ce nouveau fameux
04:50régime psychique
04:50dont on parlait
04:51que les choses
04:51complètement ont changé,
04:52par ailleurs,
04:53c'est quelque chose
04:53qui est aussi voué
04:54à se répéter.
04:55Donc en fait,
04:55il est où l'espoir là-dedans ?
04:57Non, mais c'est vrai
04:58que c'est voué à se répéter
05:00et ça se répète déjà
05:00en réalité.
05:01On voit bien
05:02qu'il y a une frange
05:04de la jeunesse
05:05aujourd'hui en France
05:06qui a,
05:07à chaque fois,
05:11qui en effet est une contrainte
05:12pour elle,
05:14bascule immédiatement
05:15dans la violence.
05:16Parce qu'on a vu
05:16depuis le premier jour,
05:17il y en a qui restent aujourd'hui
05:19sur des revendications
05:20plus ou moins pertinentes
05:21mais certaines,
05:21de fait,
05:22sont partagées
05:23et depuis de longues années
05:24par ailleurs,
05:25par les professeurs,
05:26les directeurs d'établissements,
05:27les parents d'élèves
05:28et les élèves eux-mêmes.
05:30Mais depuis le premier jour,
05:31certains ont basculé
05:32dans la seule violence
05:33et on voit des images
05:34où on comprend que
05:35casser,
05:36c'est exister en fait.
05:37Et c'est des images
05:37qu'on a vues
05:38avant le mouvement lycéen
05:39et qu'on verra après
05:40le mouvement lycéen
05:41pour des prétextes différents.
05:43Mais simplement,
05:43je pense que la pédopsychiatre
05:45en l'occurrence
05:45que vous citez,
05:46elle est révélatrice
05:47de toute une époque
05:48qui a gagné,
05:49notamment à l'école,
05:50à savoir interdit d'interdire.
05:52Or,
05:53ce qu'on a envie
05:53de lui répondre instantanément,
05:55je ne la connais pas,
05:55je ne l'ai pas en face de moi
05:56mais si par hasard
05:56elle nous écoute,
05:57ce qu'on a envie de lui répondre
05:58c'est qu'en ce moment même,
06:00il y a des parents
06:01qui ont décidé
06:02d'interdire à leurs enfants
06:03d'aller dans les blocages,
06:04d'aller dans les manifestations
06:05et pendant ce temps-là,
06:07ces enfants-là
06:08travaillent.
06:09Ce sont parce qu'évidemment
06:11des parents qui interdisent
06:12à leurs enfants
06:12d'aller sur les blocages,
06:14non mais c'est ça,
06:15qui essayent de travailler
06:15mais ce que je veux dire
06:16c'est que dans l'éducation,
06:17les parents qui aujourd'hui
06:18ont la capacité,
06:19parce que c'est un habitus
06:20aussi l'autorité,
06:21donc qui ont la capacité
06:22aujourd'hui d'interdire
06:23à leurs enfants
06:23d'aller sur un blocage,
06:24ce sont probablement
06:25des parents exigeants
06:26de manière générale.
06:28Donc à la fin,
06:29l'inégalité se creuse
06:31inévitablement.
06:31Si certains élèves
06:32ont un cadre
06:33des exigences
06:35à qui on apprend
06:37le goût de l'effort,
06:38non pas pour l'effort lui-même
06:39mais pour le résultat
06:40de l'effort,
06:41le goût de l'exigence,
06:42non pas pour l'exigence
06:42mais pour les conséquences
06:44de l'exigence dans leur vie,
06:45ces enfants-là
06:46s'en sortiront mieux.
06:48Donc on ne fait que creuser
06:49l'égalité
06:50à force de laisser finalement
06:52aux parents,
06:53parce qu'autrefois
06:54c'était l'inverse,
06:55il y avait des parents exigeants,
06:56des parents qui transmettaient
06:57à leurs enfants,
06:58d'autres qui le faisaient moins
06:59pour diverses raisons
07:00et l'école promettait précisément
07:03de réduire tous ces écarts
07:04en offrant le savoir
07:05de manière égale
07:06à tous les enfants.
07:07On s'est dit désormais
07:08cette égalité
07:09on va la renverser
07:11et on va désormais,
07:12le savoir est au cœur
07:12de l'enfant,
07:13on ne va rien lui interdire,
07:14rien lui imposer
07:15et on a,
07:16c'est la fameuse image,
07:18mais on a descendu
07:19le professeur de son estrade,
07:20il n'y a plus d'estrade,
07:21donc l'image était voulue,
07:22on a descendu le professeur
07:23de son estrade,
07:24il est au niveau des élèves
07:25parce que tout le monde sait
07:26tout ça aussi bien.
07:28Donc il y a des restes
07:29mais il y a surtout
07:29des conséquences.
07:30Et ce qu'on voit aujourd'hui
07:31en effet,
07:32et moi je pense que
07:33le vrai problème
07:34qu'on a aujourd'hui
07:34c'est que d'un côté
07:35il y a LFI en effet
07:36qui en bon parti révolutionnaire
07:38et de manière très assumée
07:39désormais considère
07:41que la violence
07:41est un outil politique,
07:43on a déjà vu ça
07:44dans l'histoire,
07:44ils ont une tradition,
07:45une longue tradition
07:46à l'extrême gauche
07:47c'est désormais extrêmement clair
07:48et de l'autre côté
07:50on a aussi un pouvoir
07:52qui a tendance
07:52à ne voir dans le mouvement
07:54qu'une question
07:55extrêmement matérielle.
07:56Mais au milieu
07:57on voit bien que
07:58cette frange de la jeunesse
07:59qui s'exprime régulièrement
08:00soit par la violence
08:01soit par la désespérance
08:03et ce ne sont pas forcément
08:04les mêmes
08:04mais on voit en effet
08:05des lycéens qui se disent
08:06mais c'est quoi mon avenir
08:08en effet ?
08:08Qu'est-ce que je vais faire demain ?
08:09Et c'est là qu'on voit arriver
08:10l'IA,
08:11Parcoursup,
08:12etc.
08:12Mais quand on écoute
08:13la réponse de LFI
08:15sur Parcoursup,
08:16ils disent
08:16on va abolir Parcoursup
08:17non pas parce que
08:18ça ne fonctionne pas,
08:19non pas parce que
08:20c'est injuste
08:20qui sont des critiques
08:21qu'on entend depuis longtemps
08:22et qui sont légitimes
08:23mais parce qu'il reste
08:24de la sélection.
08:26Oui, ça c'est un vrai problème.
08:27Mais on en revient
08:27toujours au même problème
08:28interdit d'interdire,
08:30interdit de sélectionner.
08:31Donc les élèves
08:32depuis le CP
08:33ils n'ont aucune conscience
08:34de leur niveau
08:35puisqu'on a supprimé
08:36tous les thermomètres
08:37puisque c'était une violence.
08:38Donc ils ne savent pas.
08:39Donc ils arrivent au bac,
08:40ils ont pour l'immense majorité
08:42leur bac,
08:43ils arrivent derrière
08:44et on leur dit
08:44bah non vous ne pouvez pas
08:45faire ce que vous voulez
08:46et pire encore
08:47parce qu'il y a évidemment
08:48énormément d'élèves
08:49qui arrivent dans le supérieur
08:50et notamment à l'université
08:52et qui échouent
08:53en première
08:54ou en deuxième année.
08:55Donc on n'a plus
08:56la sélection
08:56par le niveau
08:57qui peut être corrigé
08:59par l'exigence
08:59et par l'effort
09:00on a une sélection
09:01à 20 ans
09:02par l'échec.
09:03Ah bah là ça crée
09:04de la colère là.
09:05Mais il ne faut pas
09:05s'étonner en fait
09:06c'est extrêmement logique.
09:07Si on vous a dit
09:08toute votre vie
09:08que tout le monde
09:10avait à effort inégaux
09:12et à compétence inégale
09:14les mêmes chances
09:15de réussir
09:15quand on se rend compte
09:17du mensonge
09:18en effet ça génère
09:19de la colère.
09:20Donc moi j'aimerais bien
09:21que ces sujets là
09:22apparaissent au moins
09:23dans le débat.
09:23Bien sûr on peut avoir
09:24des désaccords
09:25ça peut être le sujet
09:26d'un débat
09:26mais quand je vois
09:27l'affrontement
09:28entre les violences
09:29d'un côté
09:29et la course
09:31à la réponse matérielle
09:32de l'autre
09:33on ne risque pas
09:34de s'en sortir
09:35que comme ça
09:35parce qu'on a une jeunesse
09:36qui à la fin
09:36est quand même triste
09:38et assez désespérée
09:39et assez dépressive
09:40pour reprendre le lien
09:41avec votre invité.
09:43Et il faut quand même
09:43s'en occuper.
09:44Charlotte Dornelas,
09:45Alexandre Malafaille
09:45dans un instant
09:46nous parlerons
09:47de la crise
09:48des agriculteurs.
09:49Alors attention
09:49est-ce qu'ils pourraient
09:50ressortir dans la rue
09:51on en discute
09:51avec nos chroniqueurs
09:52et cette résolution
09:54contre l'entrisme islamiste
09:55au Parlement européen.
09:57A tout de suite sur Europe 1.
09:57Sous-titrage Société Radio-Canada

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