00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Hélène Roué.
00:04Vous écoutez Europe 1, il est 18h12, bonsoir et bienvenue si vous nous rejoignez.
00:07J'accueille mes débatteurs du soir, Charlotte Dornelas, journaliste au Journal du Dimanche.
00:11Bonsoir Charlotte.
00:12Bonsoir Hélène.
00:12Ainsi qu'Antonin André, chef du service politique du Journal du Dimanche.
00:15Bonsoir Antonin.
00:16Bonsoir à tous.
00:17Nous accueillons Mathieu Vallée dans un très court instant,
00:20mais faisons un petit point sur les chiffres qui viennent de tomber du ministre de l'Intérieur.
00:23410 000 manifestants sur tout le territoire, dont 110 000 dans le cortège à Paris,
00:28qui s'est, il faut le dire, s'est déroulée sans heure.
00:30Les tensions viennent à peine de commencer dans la capitale.
00:33Elles ont commencé dans l'après-midi, dans les villes de Lyon, de Rennes, de Dijon, de Bordeaux, de Nantes
00:38et de Lille.
00:39Bref, dans toutes les villes de France.
00:41Antonin, est-ce que vous avez le sentiment qu'aujourd'hui, ça n'est quand même pas du tout,
00:45même à Cabi, que la semaine dernière ?
00:48Et surtout, est-ce que vous êtes inquiet pour ce soir ?
00:50Alors, c'est sans commune mesure avec la journée de samedi dernier.
00:52D'abord parce que les forces de l'ordre ont anticipé beaucoup mieux
00:55et qu'aujourd'hui, on a un déploiement de forces de l'ordre colossal.
00:58Il y a aussi beaucoup de villes où les manifestations ont été interdites, purement et simplement.
01:02Donc la France était extrêmement bien préparée ce coup-ci.
01:06Et pour cause, il était hors de question que l'État soit défaillant une deuxième semaine de suite.
01:10Et ce qu'on voit là, en tout cas, ce qu'on voit sur les images,
01:13notamment à Paris, Porte de Vincennes,
01:16ressemble davantage à une fin de manifestation, j'allais dire classique,
01:20où il y a des heures dans la dispersion parce que les irréductibles et certains grimés de noirs
01:26veulent en découdre avec les forces de l'ordre.
01:28Mais ce qu'on voit quand même assez clairement sur les images,
01:30c'est que si vous voulez, pour un manifestant, vous avez à peu près 15 policiers.
01:33Donc le rapport de force n'est pas du tout le même que la semaine dernière.
01:35Et puis le secteur sur lequel ça s'est déroulé, c'est-à-dire les boulevard maréchaux,
01:38sont des grands axes avec moins de commerce
01:41et où il est plus difficile de partir dans des petits groupes, dans des petits échappatoires.
01:45Donc clairement, on peut dire qu'on est dans une forme de désescalade
01:49par rapport à la semaine dernière,
01:51mais peut-être que Charlotte nous en dira un mot,
01:53à un prix et au prix d'un dispositif de sécurité qui, quand même, est une forme démesurée.
01:59Entre ce matin, entre hier, quand on voyait effectivement tous ces commerçants se barricader,
02:03notamment dans toutes les grandes villes de France
02:05et même dans des quartiers qui n'ont pas du tout été touchés la semaine dernière.
02:08Je pense par exemple à la rive gauche à Paris.
02:10Évidemment, tout le monde s'est complètement barricadé.
02:12On était un petit peu, effectivement, dans une situation pré-apocalyptique.
02:16Mais vous avez raison, Antonin, de dire que le dispositif policier n'était absolument pas le même.
02:20Et justement, on va en parler avec Mathieu Vallet,
02:22eurodéputé, porte-parole du RN et ancien commissaire de police.
02:25Bonsoir.
02:26Bonsoir à vous.
02:27Merci beaucoup d'être venu dans l'Europe un soir.
02:30Alors vous êtes à ce moment même au Zénith d'Orléans
02:33pour le Congrès du Rassemblement National.
02:35Alors à l'extérieur, il y avait quelques milliers de manifestants,
02:38selon la préfecture, qui défilaient évidemment contre votre parti.
02:42La première question que j'ai envie de vous poser, c'est quelle était l'ambiance, vous, dans la salle
02:45?
02:45Est-ce qu'il y a eu des problèmes ?
02:47Il y a eu une très bonne ambiance, très bon moment en convivio avec nos militants,
02:51nos sympathisants, nos adhérents.
02:53Et vous savez, pendant que dehors, ça marche contre le Rassemblement National,
02:55nous, on est en marche pour défendre la France, les Français,
02:58et parler de ce qui leur préoccupe, la sécurité, le pouvoir d'achat.
03:01Et évidemment, les crises que nous traversons, nous avons des solutions.
03:04Donc il y en a qui manifestent contre des gens.
03:05Nous, on veut défendre notre pays avec des propositions.
03:08Bon, maintenant, une fois que c'est dit, la ville d'Orléans,
03:11qui accueillait le congrès du RN, était quand même en état de siège.
03:14Les vitrines barricadées, les tramways à l'arrêt, les terrasses fermées,
03:17un couvre-feu pour les moins de 15 ans.
03:19C'est-à-dire qu'évidemment, il fallait le faire.
03:21Mais le préfet et le maire, évidemment, ont pris toutes les mesures préventives
03:24qu'il fallait.
03:25Maintenant, encore une fois, une fois qu'on a dit ça,
03:27est-ce que c'est normal, en démocratie, de devoir en arriver là ?
03:31Absolument pas.
03:32Et c'est pour ça que l'ultra-gauche, aujourd'hui,
03:33qui a des méthodes qu'on peut assimiler,
03:35parfois, à celles qu'on a connues dans le terrorisme,
03:38c'est-à-dire terroriser les gens, terroriser les commerçants,
03:41terroriser la démocratie,
03:42et bien tous ceux qui se revendiquent des mouvements antifascistes,
03:45comme la jeune garde qui a été dissoute,
03:46mais comme d'autres collectifs, comme l'urgence palestine,
03:48ou encore comme Révolution permanente,
03:51ont des méthodes que nous ne partageons pas,
03:52qui ne sont pas celles de la République.
03:54Et donc, nous entamerons des procédures de dissolution
03:56et nous lutterons ardemment contre ces groupuscules
03:58qui effraient les gens et qui obligent les commerçants à se barricader
04:00et vont me permettre au passage de remercier le préfet Hugues Moutou
04:03pour cette première journée qui est un succès en termes de sécurité.
04:06Et vous avez raison,
04:07ce n'est pas aux honnêtes gens de se barricader,
04:09ça devrait être aux malfaisants, aux malhonnêtes et aux voyous
04:12qu'on a vus déferrer dans la capitale et dans les grandes villes françaises
04:14samedi dernier, d'avoir peur et d'être mis en prison
04:16lorsqu'ils commettent des pillages, des casses
04:18et des agressions contre nos forces de l'ordre.
04:20Antoine André.
04:21Mathieu Vallée, aujourd'hui, ce qu'on a vu à Orléans,
04:23ce n'était pas les casseurs, ce n'était pas l'extrême-gauche,
04:25ce n'était pas la jeune garde,
04:27c'était la CGT, c'était la CFDT,
04:29c'était le Parti Socialiste.
04:31Donc vos opposants, j'allais dire,
04:33ne se résument pas à la jeune garde
04:35ou à des groupes usuls qu'on n'a d'ailleurs pas du tout vus aujourd'hui à Orléans.
04:38Ce n'était pas ça l'opposition du jour
04:40entre le Rassemblement National et les manifestants.
04:42Mathieu Vallée.
04:43Mais je n'ai pas dit ça,
04:44mais j'ai dit que quand l'État montre les gros muscles,
04:46d'abord il n'a quasiment pas à s'en servir.
04:48J'avais réclamé les senteurs de la gendarmerie,
04:50j'ai vu qu'ils avaient été mis en action à Lyon,
04:53mais aussi sur Marseille,
04:55mais aussi évidemment à Orléans où ils étaient en réserve.
04:57Donc quand l'État a du courage,
04:58quand les responsables politiques n'ont pas la trouille des images,
05:01mais en tout cas celle de défendre les Français,
05:03et bien oui, ça fonctionne,
05:04et moi je l'avais dit dès samedi dernier.
05:06Et j'ajoute que la CGT,
05:07au lieu de manifester contre la Rassemblement National,
05:09il ferait mieux de défendre les ouvriers,
05:10là où les usines ferment,
05:11là où les agriculteurs crèvent,
05:13là où il y a des difficultés économiques et sociales pour le pays,
05:16parce que le rôle d'un syndicat,
05:17ce n'est pas de sorte de la politique,
05:17c'est d'abord et avant tout défendre les salariés
05:20et ceux qui se syndiquent chez eux.
05:22Et enfin, le Parti Socialiste,
05:24puisque vous m'y invitez, Olivier Faure,
05:26vu ses résultats qui sont très difficiles,
05:28il ferait mieux d'aller arpenter sa circonscription
05:30plutôt que d'aller à Orléans
05:31pour manifester contre notre parti.
05:33Donc oui, c'est parti.
05:35Oui, s'il s'ennuie, il peut changer de métier.
05:37Mais la réalité, c'est que,
05:39moi je vous le dis,
05:40la semaine dernière,
05:41ça a été le chaos dans le pays,
05:42et la France n'est pas tombée grâce à ces policiers,
05:44ces gendarmes,
05:44et aujourd'hui, vous dites que,
05:46oui, les gens pacifiques ont décidé,
05:47c'est très bien,
05:48on est limite à s'en féliciter
05:49parce que, normalement,
05:50ça devrait être la norme,
05:50mais c'est devenu l'exception,
05:51mais surtout,
05:52les commerçants ne devraient pas avoir
05:53à se barricader,
05:54ne devraient pas avoir à faire des boutiques,
05:55ils devraient pouvoir vivre normalement
05:57comme les honnêtes de gens
05:57devraient pouvoir manifester librement.
05:59Mais ça fait 15 ans, monsieur,
06:00ça fait 15 ans depuis les réformes retraites,
06:02les réformes travail,
06:02les réformes lycéennes,
06:03ça fait 15 ans pour se manifester
06:05sans que les...
06:06Non, non, mais c'est un mal français
06:07parce qu'il y a une lâcheté
06:08des politiques français, en fait.
06:09Monsieur Vallée,
06:10est-ce que ce soir,
06:13vous dites merci à Sébastien Lecornu,
06:16à Laurent Nounès,
06:17qui ont, comme il l'avait promis,
06:18comme il s'y était engagé d'ailleurs
06:19auprès du Rassemblement National,
06:21de dire, ne vous inquiétez pas,
06:22votre congrès passera son heure
06:23et nous feront le nécessaire.
06:24Est-ce que, de ce point de vue-là,
06:25vous saluez l'État
06:27qui a été à sa place,
06:28qui a joué son rôle ce soir ?
06:29Mais moi, j'ai toujours remercié
06:31les policiers de genre,
06:31alors j'ai bien conscience
06:32que vous avez autre chose à faire
06:33que de m'écouter.
06:34– Mais le ministre de l'Intérieur,
06:35le ministre de l'Intérieur,
06:36Sébastien Lecornu,
06:37ça vous ennuie de la remercier ?
06:39– Si vous me laissiez
06:40de terminer ma phrase,
06:40peut-être que vous aurez la réponse.
06:42Je vous trouve bien énervé.
06:43Laissez-moi finir ma phrase.
06:45Faites pas de gauchistes de service.
06:46– Je suis tout souri, monsieur Vallée.
06:48– Laissez-moi finir
06:49parce que vous pouvez avoir un sourire
06:50de ne pas me laisser finir.
06:51En plus, souvent les gauchistes
06:53ils ont le sourire,
06:54mais derrière, hop,
06:54un petit tac par derrière.
06:56Mais ce que je veux dire,
06:56c'est que ça ne s'applique pas à vous.
06:58Mais simplement,
06:58je vais vous dire
06:59que moi j'ai toujours remercié
07:00les policiers, les gendarmes,
07:01les sapins-pompiers
07:02et les forces de sécurité intérieure.
07:03Et donc, pardon,
07:05mais avec le piteux
07:06qu'ils ont eu la semaine dernière,
07:08heureusement qu'aujourd'hui,
07:09on rattrape surtout notre pays.
07:10Vous avez vu que les taux d'intérêt
07:11dépassent les 5%.
07:12Vous avez vu que les investisseurs
07:13ont peur.
07:13Vous avez vu que les pays étrangers
07:15dont les États-Unis
07:16ont préconisé à leur ressortissant
07:18de ne pas venir en France aujourd'hui.
07:19Donc vous savez,
07:20il y a peut-être eu aujourd'hui
07:21une victoire liée à l'ordre.
07:23Mais en tout cas,
07:24je pense à ces commerçants
07:25qui sont brisés,
07:26qui sont à genoux,
07:26dont certains ne se relevons pas.
07:27Vous savez,
07:28chez moi, dans le Nord à Lille,
07:29il y a une dame qui tenait
07:29un parc pour enfants
07:30qui a été incendié.
07:31Elle ne pourra pas rouvrir
07:32son activité avec ses enfants.
07:33C'est à ces gens-là que je pense
07:34parce qu'aujourd'hui,
07:35ils vont être vite oubliés
07:36et c'est eux qui vont devoir
07:37se relever tout seuls
07:38alors qu'ils ont,
07:39y compris pour certains,
07:39engagé leur trésorerie personnelle.