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Tous les jours de la semaine, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Pierre de Vilno pour débattre des actualités du jour.

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00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre de Villeneuve.
00:04Toujours entouré d'Éric Tegner de Frontières, d'Alexandre Malafaille, le fondateur de l'Institut Sinopia.
00:09Je suis très heureux de recevoir David Bavray, bonsoir.
00:11Bonsoir.
00:12Vous êtes investisseur, essayiste, auteur de ce livre.
00:15C'est le dernier parce qu'il y en a eu d'autres avant.
00:17Après le chaos, c'est chez Novice Éditeur.
00:20Cet éditeur qui, comme vous le dites dans l'introduction, vous a accueilli il y a quelques années
00:24parce que personne d'autre ne voulait accueillir votre livre.
00:27Pourquoi ? Parce que c'est dur aujourd'hui de dire la vérité, c'est dur de dresser un constat
00:32sur l'ordre du monde
00:33qui est complètement en train de dérailler.
00:35Et que ne serait-ce que cette information que nous livrait Maëlle Hassani sur comment résoudre la crise des lycéens,
00:44on met entre parenthèses peut-être les casseurs, c'est de faire une journée de banalisation à l'école.
00:50C'est-à-dire enlever, alors que déjà le classement PISA ce n'est pas formidable pour la France,
00:54d'enlever encore une demi-journée de cours pour essayer de se parler tel des Caliméro.
00:59Je reprends votre mot de Caliméro que vous utilisez notamment pour le président de la République
01:06qui a l'air de s'excuser de tout et qui trouve tout trop injuste.
01:09Est-ce que ce n'est pas le parfait exemple d'aujourd'hui, de ce jour,
01:13de ce qui se passe aujourd'hui en France, cette France qu'on pense insovable ?
01:17Alors vous me posez la question de mon précédent livre, il s'appelait Bienvenue en économie de guerre
01:21et tous les éditeurs m'ont dit vous n'avez pas le droit de parler d'économie de guerre.
01:25Il se trouve qu'il est sorti en avril 2024.
01:28Si on pouvait vous mettre en prison, il l'aurait fait, c'est ça ?
01:30Le président de la République lui-même en juin a dit qu'on était en économie de guerre.
01:35Depuis, il n'a pas agi.
01:36Donc, j'ai été sauvé par un éditeur qui a la moitié de mon âge.
01:39Donc vous n'avez pas déprimé, il y a des jeunes de 30 ans qui voient très bien l'avenir
01:43et qui sont prêts à se battre pour qu'en France on dise les choses en face.
01:46Donc mon livre ici il s'appelle Après le chaos, tout simplement parce que moi je vis à Hong Kong.
01:51Et à Hong Kong on ne parle jamais de chaos, parce que la Chine a toujours été chaotique.
01:54Mais parce qu'on n'a pas le droit d'en parler peut-être aussi.
01:56Non, non, non.
01:57La liberté d'expression en Chine n'est pas exactement la même.
01:59Non mais vous avez tout à fait le droit de parler de chaos, mais ce n'est pas le sujet.
02:06Ici on parle de chaos, vous avez montré ces images, donc c'est l'excuse pour tous les jeunes de
02:11ne pas étudier.
02:12Si vous voulez plus de profs et plus de livres à étudier, brûler votre lycée n'est pas vraiment la
02:18solution.
02:18Donc on voit qu'il y a un agenda qui est très différent.
02:22À Hong Kong, là où je réside, on ne parle que d'une chose.
02:25On parle de re-dollarisation ou de dé-dollarisation du monde.
02:30Parce qu'on a compris qu'on n'était non pas dans une guerre technologique, qu'on n'était non
02:35pas dans une guerre tarifaire, mais qu'on était dans une guerre monétaire.
02:39Et les guerres monétaires, les crises monétaires, et vous l'avez bien vu jeudi dernier ici sur les marchés, qui
02:45est le jour où mon livre est sorti, c'est ce qu'il y a de pire.
02:49Ça arrive une fois tous les demi-siècles.
02:51Ça arrivait dans les années 1930, ça arrivait dans les années 1970, et ça arrive maintenant dans la décennie 2020.
02:57Donc ce n'est pas comme d'habitude.
02:59Et ce qu'on n'a pas compris en France au mois d'août, parce qu'on était sûr à
03:02la plage en train de bronzer,
03:03on n'a pas compris que le marché obligataire, c'est-à-dire le marché qui finance toutes les dettes
03:09des États, disait stop.
03:11Alors que depuis 2008, depuis la crise du subprime, il dit je suis prêt à vous financer à même des
03:17taux d'intérêt très bas.
03:19Et ça on n'a pas compris, parce que naturellement, ce n'est pas la France qui est visée,
03:22parce que nous, sur le plan mondial, nous ne reposentons plus grand-chose.
03:24Mais on n'a pas compris parce qu'on n'a pas envie de comprendre, ou parce qu'on ne
03:27sait pas ce que c'est que l'économie,
03:29et ce que c'est que l'économie de guerre, à juste titre.
03:31J'ai publié également une bande dessinée, parce que le ministère de la Culture vous dit,
03:38c'est un sondage, ce n'est pas de la propagande anti-gouvernementale.
03:41Je ne sais pas si vous avez des enfants, mais la moitié des 12-19 ans en France pensent que
03:47je n'existe pas.
03:49Ils pensent qu'il n'y a pas de livre contemporain.
03:53Les livres, c'était Molière et Zola, heureusement ça s'est arrêté au XXe siècle, on a fait les jeux
03:58vidéo.
03:59Donc effectivement, la moitié de cette cohorte, vous l'avez dans la rue,
04:03parce qu'elle ne risque pas d'être éduquée, elle pense qu'il n'y a pas de livre contemporain.
04:07Vous n'existez pas au même titre que d'autres auteurs contemporains.
04:10Je ne prends pas personnellement.
04:11Et c'est pour ça que j'ai aussi le moyen de les rattraper, c'est la bande dessinée,
04:14qui s'appelle Vive la géoéconomie, pour expliquer aux premières et terminales
04:19qu'ont une section géopolitique, que l'économie et la géopolitique fusionnent
04:23pour créer une nouvelle discipline, qui va être l'avenir.
04:26Et que donc, au lieu de casser les rues, les voitures et les lycées,
04:31il ferait mieux de comprendre le nouveau monde,
04:33qui a certes des risques, des menaces, mais qui est également bourré d'opportunités.
04:37– Aller dans les lycées, avec votre BD, on va voir si ça va prendre.
04:41– C'est justement ce qui est prévu, je le vais à Nancy dans dix jours,
04:44ça va être filmé sur Youtube, et j'espère qu'Europe 1 en parlera également,
04:48et ça va être mis à disposition de tous les élèves de première et de terminale en France.
04:53Donc en fait, ce qu'il y a derrière, c'est quoi ?
04:55C'est un contrat social qu'on doit complètement changer,
04:57et ça doit être l'enjeu de cette campagne électorale.
05:01On a eu un pacte social uniquement pour les vieux.
05:04Là, pourquoi la démocratie pète aujourd'hui ?
05:06Elle pète parce que vous avez deux choses que vous ne pouvez pas arrêter dans la vie,
05:10c'est un, la démographie, qui a embarqué pour 20 ans,
05:13et deuxièmement, la technologie.
05:14Quand vous avez inventé l'électricité, vous ne retournez pas à la bougie.
05:18Donc, le vieillissement de la population fait qu'on tourne à la géontocratie,
05:22donc les retraites chez nous, c'est 14% du PNB,
05:25dans tous les autres pays c'est 7,
05:26parce que j'arrose des retraités pour avoir leur voix,
05:28et les 15-30 ans sont manipulables sur les réseaux sociaux, comme jamais.
05:33Donc, en fait, la démocratie, elle s'adresse aux 30 à 50 ans,
05:37et donc, on est en train de perdre.
05:40Et donc, la vraie question qu'on a à se poser...
05:42Alors, qu'est-ce qu'on fait ?
05:44Justement, on est en 1958, on assiste au suicide de la Ve République,
05:48puisqu'on a eu 4 premiers ministres en un an,
05:51et ça fait un an qu'on n'a pas de premier ministre, il ne peut rien faire.
05:54Donc, relisez votre feu-collègue Hubert Boeve-Méry,
05:59le suicide de la Ve République.
06:01Et à l'époque, on a pris un risque énorme,
06:03on s'est posé la question, et nous devons nous poser la question,
06:06est-ce qu'on est prêt à suivre le processus démocratique
06:10avec un concours de l'Eurovision où vous avez 30 personnes qui vous disent
06:14« Je suis homosexuel, je suis hyper bon à la pizza et à la quiche Lorraine,
06:21ou j'ai une barbe qui est poivre et sel ? »
06:24C'est comme ça que vous voyez l'élection présidentielle de 2017 ?
06:26Jusqu'à présent, c'est ça.
06:26Enfin, au moment où la dette française est attaquée jeudi dernier
06:29avec un écart de 1,5% d'emprunt,
06:33les Allemands empruntent à 3,5%, nous empruntons à 5%,
06:36quand vous êtes, comme moi, investisseur,
06:39le coût d'emprunt pour une société française est 30%
06:42au-dessus de suite de son concurrent allemand.
06:44Donc on est mort si on ne réagit pas.
06:46On est surtout mort parce que ce que vous expliquez, David Bavret...
06:49Je finis l'alternative, pardon.
06:50L'alternative, c'est est-ce qu'on est prêt, comme en 1958,
06:55à accepter une trêve, et on prend un énorme risque,
06:58une trêve non démocratique, en l'occurrence un général à la retraite
07:02depuis 10 ans totalement mégalo,
07:05et de dire c'est ce nouveau système qui va réintroduire la démocratie.
07:10Et j'ai eu cette question.
07:11Et c'est pour ça que...
07:12Et alors on est prêt ou pas ?
07:13Vous êtes comme moi, vous avez des cheveux gris,
07:14on est la même génération.
07:16C'est la première fois qu'on a rendez-vous avec l'histoire.
07:19Et donc, quand vous dites que c'est le chaos,
07:22enfin, c'est rien, vous avez vu De Gaulle 1 et 2,
07:24mais ce qui nous arrive, c'est rien.
07:26C'est rien comparé à une génération précédente.
07:29Dans la tendance et le rythme actuel, vous parliez des taux qui sont évidemment colossaux,
07:32avec les conséquences que ça a sur la dette, son financement, etc.
07:36Est-ce qu'on échappe à la crise financière ?
07:38Est-ce qu'on va pouvoir garder la maîtrise de notre destin ?
07:41Ou est-ce qu'à un moment ou à un autre,
07:42déjà qu'on est entre les mains de nos créanciers,
07:45est-ce qu'à un moment ou à un autre,
07:47on va nous mettre les deux genoux à terre,
07:49en disant maintenant c'est comme ça que vous allez devoir avancer,
07:51le temps de vous soigner ?
07:52Est-ce que, question complémentaire,
07:54vous croyez dans la classe politique aujourd'hui,
07:56on a des gens qui comprennent suffisamment ce que c'est que l'économie
07:58et les entreprises pour arriver à relever les défis auxquels on est confrontés ?
08:01Vous croyez de nos créanciers ?
08:02C'est qui nos créanciers ?
08:03Aujourd'hui, c'est une bonne partie de fonds étrangers.
08:06Une bonne partie, et combien ?
08:0857%.
08:0957%, c'est le chiffre qu'on vous donne officiellement.
08:10Et on oublie de vous mentionner
08:12qu'il y a entre 20 et 25% à la Banque de France pour la BCE.
08:15Donc moi j'additionne 57 plus 20-25.
08:19La BCE, on peut la neutraliser.
08:22Curieusement, on ne nous écoute pas beaucoup.
08:23C'est le projet de Mélenchon.
08:24On ne nous écoute pas beaucoup à la BCE.
08:26Donc le problème que nous avons,
08:27ce n'est pas qu'on a 120% de dettes sur PNB,
08:30parce qu'il y a beaucoup de pays qui sont comme ça.
08:31La particularité de la France,
08:34notre singularité,
08:35c'est qu'on est détenus à 80% par des étrangers.
08:38Donc tous les jours, nous empruntons un milliard,
08:40c'est 15 euros par français.
08:43Les Etats-Unis, c'est du 20% par des étrangers.
08:45C'est le contraire.
08:48À midi, vous êtes allé à la boulangerie chercher votre sandwich,
08:51plus le dessert, plus la boisson, plus le café, 12 euros.
08:54C'est ça.
08:5512 euros, c'est ce que nous empruntons tous les jours aux étrangers
08:59pour financer un train de vie excessif.
09:02Et donc la question que j'ai à vous poser,
09:04c'est vendre, ce n'est pas de notre liberté à nous,
09:06c'est celle de nos enfants,
09:08vendre la liberté de nos enfants par jour pour 2 euros,
09:11pour qu'on puisse continuer à la boulangerie,
09:13est-ce que c'est un bon deal ?
09:15Est-ce qu'on échappe à la crise ?
09:16Est-ce que vous êtes Leclerc ou vous êtes Giro ?
09:19Vous avez vu le film de De Gaulle, vous êtes de quel côté ?
09:21Bon, si il y a des gens qui sont battus pour notre liberté
09:26et qu'on la vend pour 12 euros,
09:28moi je dis c'est ce qu'on a le...
09:29Est-ce qu'on échappe à la crise ?
09:29Et là je vous donne une raison de s'attaquer au déficit public.
09:32Et ce sera la dernière.
09:34Raison, parce qu'après je manque de temps.
09:37Je vous écoute David.
09:38Vous me dites que la censure est à Paris, elle n'est pas chineuse.
09:42Vous en faites votre question.
09:43Non, non, donnez-moi votre bonne raison.
09:45La bonne raison, c'est qu'il faut...
09:47La bonne raison, c'est que...
09:49Je reviens au film de De Gaulle.
09:51À un moment, vous savez, il y a De Gaulle qui embrasse Giro.
09:53Et le réalisateur n'a pas mis la scène.
09:55De Gaulle lui aurait dit, je vous embrasse,
09:58comme ça c'est vous le baiser.
10:00Et chaque grand-mère qui aujourd'hui embrasse son petit-fils ou sa petite-fille,
10:05malheureusement, lui dit la même chose.
10:06Les retraites, les 2000 euros de retraite que j'ai,
10:10en fait je te baise.
10:10Mais donc on n'échappe pas à la crise ?
10:12Alors, on va y...
10:15Si on y échappe, c'est parce que le marché obligataire...
10:19C'est plus du tout entre nos mains, c'est 80%.
10:21C'est entre les mains, a priori, des Allemands,
10:24des Américains, du Moyen-Orient et des Chinois.
10:30Donc la réponse, c'est...
10:31Vous allez aller au salon de l'automobile la semaine prochaine.
10:33Il y a 60 exposants, il y en a 30 Chinois.
10:35Donc les Chinois achètent notre dette.
10:37Comme ça, ils peuvent rentrer au salon de l'automobile comme ils veulent.
10:39Les Allemands, ils veulent développer leur défense,
10:42ils n'ont pas la technologie.
10:43Ils disent le Rafale, soit vous donnez la technologie,
10:46soit j'arrête d'acheter votre dette.
10:48Les Américains, les GAFA rentrent,
10:50sans réglementation, sans imposition.
10:53Vous avez vu, Anthropique va rentrer en bourse.
10:55Le prospectus dit que c'est une menace existentielle
10:58potentiellement pour l'humanité.
11:00Est-ce que vous avez entendu l'AMF nous interdire
11:02d'acheter l'action Anthropique en disant
11:04que c'est une menace pour l'humanité ?
11:05Et le Moyen-Orient nous a dit au mois de décembre dernier
11:09que vous avez l'interdit d'exercer votre droit de veto
11:11pour ne pas saisir les 200 milliards russes
11:14parce que j'ai envie d'être copain et poutier.
11:15Donc ils ont plus à perdre, mais on ne s'appartient plus.
11:19Alors, ces gens-là, tous les jours,
11:20regardent combien je perds en achetant de la dette française,
11:23qui est à peu près de l'ordre de 30%,
11:24parce que les taux au lieu de 5 devraient être à 7-8,
11:27nous sommes la Grèce de 2018,
11:29comparé au pillage de la France.
11:31Et tant que le pillage de la France
11:32leur apporte plus que ce qu'ils perdent sur la dette,
11:35la fête continue.
11:36Quand le gouverneur de la Banque de France
11:37se réjouit de 10 milliards d'émissions
11:40la semaine dernière qui ont été souscrits,
11:42moi, c'est ça qui me rend très, très nerveux.
11:45Le reste, c'est à lire dans Après le chaos,
11:47édition Neuvis.
11:48Merci beaucoup, David Bavray,
11:49d'être passé par Europe 1.
11:51Je vous signale que tous les matins,
11:53à 8h moins le quart et 9h moins le quart,
11:54vous retrouvez Olivier Delagarde pour la revue de presse.
11:56C'est à suivre également en replay
11:58sur l'application Europe 1.
11:59A tout de suite pour les débats d'Europe 1 soir.

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