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  • il y a 8 minutes
Tous les jours de la semaine, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Pierre de Vilno pour débattre des actualités du jour.

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00:0018h, 20h, Pierre de Villeneuve.
00:0219h17 et pour m'accueillir, enfin pas m'accueillir, parce qu'on va accueillir le général Dominique Delors,
00:07mais pour m'accompagner, voilà, jusqu'à 20h, Adrien Matou de Marianne.
00:11Bonsoir Adrien, bonsoir à Gilles Boudin du Figaro.
00:15Mon général, bonsoir, merci d'être avec nous, vous êtes ancien chef du Centre Père National Interarmé
00:19et vous signez ce livre « Servir la France » aux éditions Le Sémaphore.
00:24Est-ce que justement, le message, c'est pas dans le verbe « servir », est-ce qu'il manque
00:29pas un peu d'engagement au sens large des politiques aujourd'hui en France ?
00:34Est-ce que c'est pas ça qui manque ? C'est pas ça que le bas blesse.
00:38Pour les politiques, j'y répondrai, mais ce que je veux dire, c'est que le sous-titre, c'est
00:41« Rencontre au pluriel sur l'itinéraire d'un officier curieux du monde ».
00:45Alors quand j'écris « rencontre au pluriel », ça veut dire qu'il y a beaucoup de gens qui
00:50marchent vers le même but.
00:51C'est-à-dire qu'il y a beaucoup de gens qui servent la France, beaucoup plus qu'on ne
00:54le pense.
00:55On voit plus facilement le voyou, le pillard, que celui qui remplit sa mission et qui remplit sa tâche au
01:02service de la France.
01:04Alors évidemment, en tant qu'ancien officier, c'est plutôt au service des armes, bien entendu,
01:08mais il y a beaucoup d'autres qui servent d'une manière différente, les médecins, les bons professeurs, j'en
01:15parle, et tant d'autres qui servent.
01:18Donc, pour ce qui est des politiques, ça devrait être leur objectif principal.
01:25Vous parlez au conditionnel ?
01:27Oui, je parle au conditionnel, parce que c'est l'avantage de l'âge, c'est qu'on a vu
01:30passer pratiquement tous les présidents de la République.
01:34Mais est-ce qu'il y a eu un changement dans le temps, avec une diminution de la qualité du
01:39politique, si j'ose dire ?
01:40Est-ce que le produit n'est pas le même ?
01:42Le premier était au-dessus des autres, par tout point de vue.
01:48Et ensuite, ceux qui arrivent juste derrière ont encore une idée de la France qui est réelle.
01:55Donc le premier, on parle de De Gaulle.
01:57Oui, je parle de De Gaulle.
01:59Contestablement, parce que, d'abord, il est habité, enfin, il se sent habité, et il est habité par la France
02:03depuis toujours,
02:04et donc, il a cette vision-là.
02:07Je pense que le président Pompidou a repris l'essentiel.
02:10Le président Zizcar avait une idée de la France un peu différente, une France déjà plus marquée par l'Europe.
02:17D'ailleurs, à la fin de sa vie, il va écrire Europa, qui est dans ce sens-là.
02:22Le président Mitterrand n'est pas absent de l'histoire de la France.
02:26Je dirais qu'au sens qu'il a, lui, qui a un parcours particulièrement complexe, c'est le moins qu
02:33'on puisse dire,
02:34il a quand même une idée d'avoir.
02:35Après, on est déjà vers le début de la fin.
02:39Je dirais que, grosso modo, le service de la France est clair, c'est le président Chirac.
02:45Après, pour les présidents qui suivent, je préfère pas répondre.
02:48Chirac, mais est-ce que vous répondriez sur ce qu'il y a dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale
02:54aujourd'hui,
02:54avec des députés qui, pour certains, alors avec le mouvement En Marche en 2017,
03:00et puis avec la NUPES en 2022 et ensuite 2024,
03:04découvrent le métier, j'allais dire, sur le tas, comme on dit chez nous, chez les journalistes ?
03:08Alors, oui, alors on s'étonne, et je crois juste raison,
03:13que les parlementaires de 2025, 6, maintenant,
03:19ne sont pas du tout les mêmes que ceux d'un siècle, c'est bien évident.
03:23Alors, il y a énormément de différences,
03:27et ça tient à notre société.
03:31On évolue de plus en plus vers l'individualisme,
03:34et donc, où les droits individuels sont en premier,
03:39on s'éloigne des devoirs,
03:43et du côté collectif, de l'action,
03:46et des objectifs pour lesquels on va faire un effort.
03:49Et puis, la société a profondément changé.
03:51Le monde a changé, mais notre société aussi.
03:53Et alors, qu'est-ce qu'il nous faut ? Une guerre ?
03:57C'est les anciens qui disent, il vous faudrait une bonne guerre.
04:01Non, je pense que c'est assez complexe, votre question.
04:06Surtout que le président de la République a dit,
04:08nous sommes en guerre pour le Covid,
04:10nous sommes en guerre quand il y a eu la guerre en Ukraine,
04:12nous sommes en guerre, après ça, on est tout le temps en guerre.
04:14C'est bien le problème.
04:16Alors, c'est le problème de la sémantique.
04:18On n'emploie plus les bons mots pour des choses exactes.
04:23Donc, là, on n'est pas en guerre,
04:25parce que si on était en guerre, on serait vraiment trop faible.
04:28Donc, on n'est pas en économie de guerre,
04:29si vous voulez répondre aux points particuliers que nous vivons en ce moment.
04:34Donc, on a des problèmes graves, des troubles intérieurs,
04:37mais on n'est pas en guerre, heureusement.
04:40Question de Gilles Boutin pour vous.
04:42Parmi les dossiers que vous traitez,
04:46il y a la guerre au Rwanda.
04:47Je voudrais aimer avoir votre analyse
04:49sur l'acharnement qu'il y a eu de la part de certains
04:52à vouloir absolument pointer une responsabilité de la France
04:55dans le génocide de Rwanda.
04:57Ça témoigne de quoi ?
04:58D'autant que les critiques venaient elles-mêmes de rangs militaires.
05:01Le format est court,
05:02mais je vais essayer de vous faire une réponse courte.
05:06Le rapport de Vincent Duclerc,
05:08qui a été rendu en 2021,
05:11peut avoir de l'intérêt dans l'analyse,
05:14mais déjà, sa méthode serait complètement...
05:18sa méthode d'étudier uniquement les archives françaises
05:22n'est pas une méthode vraiment de grand historien.
05:25Brodel l'aurait certainement refusé.
05:27Et deuxièmement, ses conclusions ne sont pas du tout acceptables.
05:30La France n'a pas de responsabilité lourde et écrasante.
05:33C'est en tout cas la position que nous sommes,
05:36nous, un certain nombre d'acteurs et témoins,
05:38de cette période, à tenir et à soutenir.
05:42Donc elle est contestée par un certain nombre de gens
05:44qui veulent en permanence discréditer la France,
05:48la lancer dans des actions de repentance,
05:50mais en tout cas c'est notre position.
05:51La France, de ce moment-là,
05:55a cherché plutôt à essayer d'amener les protagonistes
05:59autour d'un tapis vert et trouver une solution,
06:03ce qui fut le cas avec les accords d'Arusha.
06:05Ensuite, passer le bébé à l'ONU,
06:07et l'ONU, malheureusement, a noyé le bébé.
06:10Et ça s'est terminé dans un génocide que nous connaissons.
06:15Et autre question,
06:16quand on est amené historiquement,
06:18dans toute la deuxième partie du XXe siècle,
06:20à jouer des rôles, parfois de tampons,
06:22qui peuvent être ingrats,
06:23ou en tout cas de facilitateurs de paix,
06:26d'interposition,
06:27est-ce qu'on perd de vue cette notion de service de la France ?
06:31Et comment on conserve cette fierté d'être sous le drapeau,
06:36quand finalement, parfois on n'a peut-être pas l'impression
06:38de se battre directement pour la défense d'un territoire ou d'une nation ?
06:42Alors, le service de la France,
06:44il faut l'accepter tel qu'il est.
06:47C'est-à-dire qu'à partir du moment
06:49où il y a des autorités légitimes
06:52qui défendent la France,
06:53qui pilotent la France,
06:55l'armée française suit ces ordres-là.
06:58Donc, si on n'est pas d'accord,
07:00on peut ne pas être d'accord,
07:01dans ce cas-là, on s'en va.
07:02Ça s'est passé, d'ailleurs, dans un certain nombre de cas.
07:05Mais en ce qui concerne les actions à l'extérieur,
07:08il est bien entendu que pour avoir la paix
07:10à l'intérieur, il vaut mieux que l'extérieur soit maîtrisé.
07:15En tout cas, nos abords,
07:16ce qui a été longtemps notre théorie,
07:18à éviter que le terrorisme trouve des bases de départ
07:21pas éloignées de la France
07:22pour pouvoir agir en France.
07:23Bon, vous me direz la situation actuelle.
07:26Alors, la situation actuelle, quand même,
07:28on a de la chance,
07:29on n'a pas d'actions terroristes marquées
07:32ces toutes dernières années.
07:33On a quand même des cyberattaques tous les jours.
07:35Alors, on a des cyberattaques.
07:36On va y revenir, c'est la guerre d'aujourd'hui.
07:37C'est la guerre d'aujourd'hui.
07:38C'est une partie de la guerre d'aujourd'hui.
07:39C'est une partie de la guerre d'aujourd'hui.
07:41Donc, oui, il y a matière à vouloir servir la France.
07:46Heureusement, il y a des jeunes qui se préparent,
07:49qui s'engagent, qui mènent, qui commandent,
07:51qui obéissent,
07:52pour que, justement, que ce soit sur les terres,
07:55sur terre, sur mer ou dans les airs,
07:57tout puisse se faire correctement.
07:58Alors, on a encore beaucoup de questions à vous poser,
08:01Général Delors.
08:02Donc, vous allez rester quelques minutes de plus.
08:04Il est 19h26.
08:05On va marquer une pause.
08:06Le rappel des titres.
08:07Et on se retrouve dans un instant sur Europe 1.
08:1018h, 20h, Europe 1 soir.

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