00:00Vous êtes d'un naturel optimiste Jean-Marc Daniel, Christelle Morancet qui est présidente des Pays de Loire,
00:08elle aussi, elle est vice-présidente d'Horizon, elle s'est illustrée il y a quelques mois en coupant des
00:14subventions
00:14qu'elle jugeait inutiles dans sa région. Elle était ce matin l'invité de nos confrères d'RTL
00:19et elle a estimé que la France n'a plus les moyens de la politique du chèque.
00:22Moi j'aime bien avoir une ligne. Aujourd'hui la politique du chèque, je n'y crois pas.
00:28Et qu'en rapport Philippe demande au gouvernement de doubler ses aides ?
00:32Voilà, c'est une conviction très personnelle, je l'ai dit sur votre antenne, je le redis aujourd'hui,
00:39nous n'avons plus les moyens de la politique du chèque.
00:42C'est de faire croire aux gens aujourd'hui, vous leur donnez quelque chose mais on va vous le reprendre
00:47dans une autre main.
00:48Alors Philippe se trompe en demandant le doublement des aides ?
00:50Je ne suis pas en accord avec lui sur ce sujet, mais je veux dire, je l'ai dit il
00:55y a quelques mois sur votre plateau,
00:57je ne vais pas aujourd'hui revenir en arrière.
00:58Il y a une joute verbale avec ma consoeur d'RTL où on a l'impression que c'est totalement
01:02binaire,
01:02c'est-à-dire que je ne sais pas du tout qui l'interroge et ce qu'elle a comme
01:07conviction politique,
01:08mais en un cas ça montre assez bien la fracture qu'il y a aujourd'hui en France,
01:11c'est-à-dire qu'il y a un monde plutôt libéral, plutôt qui dit, bah oui, peut-être qu
01:15'on ne travaille pas assez,
01:16il suffit de regarder les autres pays européens qui partent à la retraite à 67, 68 ans parfois,
01:21peut-être que 1664 heures par an, c'est pas assez par rapport aux 1800 heures en Allemagne,
01:25et puis il y a une autre France qui dit, attendez, de toute façon on bosse trop, c'est compliqué,
01:31finalement il y a des ultra-riches, il n'y a qu'à prendre là-bas.
01:33Qu'est-ce qu'on fait dans cette France si fracturée par on ou comment, selon Marc ?
01:39Oui, c'est un vrai problème, effectivement, l'incapacité de la classe politique à faire partager la réalité.
01:45Je reviens sur ce que disait François Béroux, François Béroux l'année dernière, quand il est tombé,
01:49un des sujets qu'on lui a le plus reproché, c'est d'avoir proposé de supprimer deux jours de
01:53congé.
01:54C'est-à-dire, par rapport à un constat qui est un constat qui est relativement unanime maintenant,
01:59qui est que le pays travaille moins que la plupart de ses voisins,
02:02et qu'avec comme conséquence, c'est qu'il a substitué, grosso modo, cette dette qui est apparue,
02:06elle a servi, puisqu'elle a permis de financer l'état social,
02:10elle a servi à se substituer au travail.
02:12On a transformé, effectivement, le revenu, au lieu d'être issu du travail, a été issu de l'endettement.
02:17Et la conséquence, c'est que le pays, alors là aussi j'ai une formule dans le livre,
02:22j'ai deux formules dont je suis assez content, évidemment.
02:26La première, c'est le pays ne vend pas, et donc il se vend.
02:30C'est-à-dire, comme on ne travaille pas assez, on n'est pas en capacité d'exporter,
02:33et comme on n'est pas en capacité d'exporter, effectivement, pour payer nos importations,
02:37eh bien, on vend notre patrimoine, on vend notre immobilier,
02:39l'avenue Montaigne est devenue propriété de l'étranger,
02:41on vend notre dette publique, la dette publique est devenue propriété de l'étranger,
02:45on vend notre bourse, notre bourse est en train de devenir...
02:47Quand vous regardez Total, M. Pouyanné, il dit, bien, écoutez, maintenant,
02:51au rythme où vend les choses, je ne suis plus une entreprise française, progressivement.
02:54D'ailleurs, il y a une cotation à New York, c'est 50% d'études par les Américains, déjà.
02:58Oui, progressivement, les Américains ont racheté ma boîte,
03:01parce qu'effectivement, on se vend, et avec cet argent que récupère le pays,
03:05seulement en vendant ses bijoux de famille, il réussit à maintenir son niveau de vie.
03:10Et donc, ce constat-là, qui pourtant est assez manifeste et assez évident,
03:15et a du mal à être partagé.
03:16La deuxième formule que je mets assez souvent d'avance,
03:18c'est plutôt que les boomers, il faut chasser les glandeurs.
03:20Je pense que l'obsession de désigner un groupe,
03:25alors les riches, les vieux, les immigrés, en disant que c'est eux qui sont...
03:29Alors même, vous pointez les glandeurs, c'est-à-dire ceux qui ne travaillent pas,
03:34et qui, pour certains, je ne dis pas que c'est l'immense majorité,
03:38mais qui, certains, se disent qu'en glandant, ils touchent plus qu'en faisant un petit boulot.
03:41Voilà, absolument.
03:42Alors, je pense que être glandeur, ça se corrige, être vieux, ça ne se corrige pas.
03:47Être riche, hélas, ça peut se corriger, mais c'est une utilité sociale, le riche.
03:52C'est-à-dire qu'on le fera pour vous.
03:53Oui, oui, oui.
03:54Et l'immigré, on peut avoir des débats à l'infini,
03:57mais on voit bien que l'immigré qui est l'immigré qui est souvent montré du doigt,
04:01est effectivement aussi celui qui assure un certain nombre de services immédiats,
04:05qu'on a du mal à faire assurer par d'autres.
04:07En revanche, effectivement, le glandeur, ce que j'appelle le glandeur,
04:10ce n'est pas forcément, d'ailleurs, je dirais,
04:14tout individu est potentiellement un glandeur.
04:16Tout individu peut se dire, écoutez, voilà, c'est les 35 heures,
04:20c'est la retraite à 62 ans, je ne vois pas pourquoi.
04:23Donc, il y a bien une fracture dans ce pays.
04:24Oui, et pour conclure là-dessus, ce que je trouve de paradoxal,
04:28c'est qu'effectivement, notre gouvernement veut dire,
04:32écoutez, il faut faire un effort et tout ça,
04:34et la première décision qui a été prise, c'était de retarder l'âge de...
04:38Enfin, de retarder l'application de la réforme des retraites,
04:40qui était la forme la plus simple des...
04:42C'était parce qu'il y a eu des tractations politiques
04:44et que le gouvernement ne voulait pas être censuré.
04:47Oui, oui, c'est...
04:47Mais le résultat est le même, on est d'accord.
04:49Le résultat est aberrant.
04:50Alexandre Malfaille.
04:52Le chiffre de 4 000 milliards de dettes sera franchi entre fin 28 et début 29,
04:57avec une charge qui sera entre 100 et 120 milliards d'euros.
05:00Donc, si on ne fait rien.
05:01Ah non, mais même si on fait, quoi qu'il arrive, les 4 000 milliards,
05:03vous les franchirez à horizon fin 28, début 29.
05:05Ça, c'est sûr, j'ai fait des petits calculs juste avant de venir.
05:08Le train est bien lancé.
05:09Vous ne pensez pas que le FMI passera avant ?
05:10Ah, ça, c'est encore une autre histoire.
05:13Mais dans tous les cas de figure, à gâteau constant,
05:16il y aura forcément moins d'États,
05:18et sans doute plus d'impôts, plus de charges,
05:19enfin, ça va être compliqué.
05:20Donc, j'ai bien entendu votre couplet sur les glandeurs,
05:23il y a sans doute effectivement un peu de ménage à faire,
05:24mais est-ce qu'il n'y a pas une vraie politique
05:27qu'on pourrait suggérer aux gens qui vont arriver aux affaires
05:29dans quelques mois,
05:30en espérant qu'ils soient un peu cérébrés sur les questions économiques,
05:33donc il faut peut-être qu'ils vous écoutent,
05:34comment est-ce qu'on fait pour avoir une vraie politique
05:36de relance de la croissance ?
05:37Parce que si on peut grossir le gâteau,
05:39ce sera peut-être plus facile de gérer tout ça.
05:40Oui, je pense qu'effectivement,
05:41et là, je suis tout à fait d'accord avec vous,
05:43le véritable enjeu, c'est le gâteau.
05:44C'est-à-dire la répartition différente de l'effort,
05:47en disant, encore une fois,
05:48c'est vous qui allez payer,
05:49c'est vous qui allez payer,
05:49si le gâteau est plus large,
05:51à ce moment-là, potentiellement,
05:52plus personne ne paie.
05:53Alors, pour élargir le gâteau,
05:56on le sait bien,
05:57c'est par le travail,
05:58c'est-à-dire l'efficacité du travail,
05:59la productivité et la quantité du travail.
06:01On est dans une période
06:03où on a effectivement un problème de productivité,
06:05instantanément.
06:06D'ailleurs, le gouvernement a répondu
06:07en créant un haut conseil de la productivité.
06:09Non, mais c'est mieux.
06:10C'est mieux.
06:11Un qui fait des rapports.
06:12C'est au Dulle de plus.
06:13De plus, qui fait des rapports.
06:14Assez brillants, bon, bon.
06:16Et donc, il y a un problème de productivité.
06:19Le véritable enjeu, je pense,
06:20c'est le moment où cette productivité
06:23va être boostée par l'introduction
06:26de l'intelligence artificielle.
06:27Et là, vous avez un vrai débat
06:28parmi les économistes.
06:30Si je prends les deux derniers prix Nobel,
06:32celui de 2024 et celui de 2025.
06:34En 2024, c'était quelqu'un
06:36qui s'appelle Darren Assemoglou
06:37qui disait, écoutez,
06:39vous ne faites pas d'illusion,
06:40l'intelligence artificielle,
06:41ça va être ce que les économistes
06:42appellent une invention, un leurre.
06:44Ça fascine sur le plan technologique,
06:46mais dans la vie quotidienne des gens,
06:47ça n'aura pas de conséquences
06:48extrêmement frappantes.
06:50Et puis, Philippe Aguillon,
06:51qui est le prix Nobel de cette année,
06:53enfin, pour quelques semaines encore,
06:55dit, au contraire,
06:56il a fait des rapports là-dessus,
06:57il a dit, il y a une vraie capacité
06:59de l'intelligence artificielle
07:00à doper la croissance,
07:02à accroître considérablement
07:03le taux de croissance.
07:04Et donc, à ce moment-là...
07:07Et puis aussi, vous avez un autre monsieur
07:08qui s'appelle Léon XIV,
07:09qui dit, attention,
07:10dans son encyclique,
07:12parce qu'il faut que l'humain gère
07:14l'intelligence artificielle,
07:15sinon elle risque de lui échapper,
07:17et ça peut se retourner contre lui.
07:20Oui.
07:20Alors, ce qui est intéressant
07:21dans la position du pape,
07:22c'est qu'il est le représentant
07:23de ce que j'appelle
07:24le courant ludique.
07:25Tous les gens qui ont peur du progrès,
07:28et qui ont peur du progrès
07:30parce que ça remet en cause
07:31leur vie quotidienne,
07:32ça remet en cause leur emploi,
07:33et qui, à ce moment-là,
07:35vont accuser ce progrès
07:36d'être dangereux
07:37pour l'ensemble de l'humanité.
07:38C'est le principe de précaution.
07:40Là aussi, je parlais du XIXe siècle,
07:42il y a un texte
07:43que je distribue à mes étudiantes,
07:44il y a un texte de Arago,
07:45qui était le grand physicien,
07:46qui en 1840,
07:48le grand physicien de l'époque,
07:49explique que l'homme
07:51ne pourra pas supporter
07:52une vitesse supérieure
07:53à 50 km heure.
07:55Et donc, les chemins de fer...
07:56Enfin là, est-ce qu'on compare bien
07:58les choses, finalement ?
07:59Vous ne seriez pas d'accord
08:00pour dire qu'il faut mettre
08:01quand même des garde-fous
08:02sur l'intelligence ?
08:03Ah non, pas du tout.
08:04Je pense que,
08:05vis-à-vis de l'intelligence artificielle,
08:06ce que je trouve intéressant
08:08dans l'actualité récente,
08:09c'est le pape, Léon XIV,
08:13les positions européennes
08:15et la position du gouverneur
08:16de la Californie,
08:17Gavin Newsom,
08:18qui avait mis son métaux
08:19l'année dernière
08:20à une loi,
08:21justement essayant
08:22de restreindre
08:22l'utilisation de l'intelligence artificielle.
08:24On a bien compris
08:24dans quel camp vous étiez,
08:25mais enfin, pardonnez-moi,
08:26il y a aussi quelqu'un
08:27qui a travaillé dans le secteur
08:29et qui, aujourd'hui,
08:30dans le Figaro
08:31et dans d'autres journaux,
08:34on s'est inquiétés
08:35de savoir
08:36qu'effectivement,
08:37ça peut nous échapper,
08:39mais de toute façon,
08:40toutes les inventions
08:40peuvent échapper à l'homme
08:42et on a vu
08:42ce qu'a donné
08:43la bombe atomique.
08:43qui a été...
08:44qui a été...
08:44qui a été...
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