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Tous les jours de la semaine, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Pierre de Vilno pour débattre des actualités du jour.

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00:00Avec pour m'accompagner jusqu'à 20h, Gilles-William Golnadel, maître bonsoir.
00:04Bonsoir Pierre.
00:04Bonsoir à Jean-Michel Salvatore, radiqueur politique et communicant.
00:08Bonsoir monsieur le sénateur Max Brisson.
00:09Bonsoir.
00:10Sénateur LR des Pyrénées-Atlantiques.
00:14Alors, beaucoup de sujets.
00:16Peut-être commençons par cette séance à l'Assemblée Nationale.
00:20Alors je sais que le Sénat et l'Assemblée Nationale, c'est deux salles, deux ambiances.
00:24Cela dit, pour le Parlement, c'est quand même un grand coup
00:28d'avoir eu cette séance nauséabonde, comme le dirait Sébastien Lecornu.
00:34Une partie de l'Assemblée, en l'occurrence la gauche, a quitté l'hémicycle.
00:38Je vous propose d'écouter cette passe d'armes
00:40entre la vice-présidente Téléfi de l'Assemblée, Nadej Abomangoli,
00:43et la ministre Aurore Berger.
00:45L'une accuse plusieurs groupes politiques d'entretenir un climat raciste
00:47et l'autre dénonce la récupération politique d'Elefi.
00:50Un terroriste raciste, à frapper, à la verrière et à trappe.
00:55C'est un acte prémédité.
00:57Préparé par des années de matraquage raciste.
01:00Ces discours sont relayés et normalisés par le système médiatique
01:05qui leur offre libre antenne sans contradiction, matin, midi et soir.
01:09Et bien au-delà, dans une grande partie de la classe politique et dans votre camp.
01:14Face au drame que notre pays vient de traverser,
01:17il y avait, je crois, deux attitudes possibles.
01:19C'est-à-dire celle du recueillement, de la solidarité.
01:21Et puis il y avait celle de l'indécence, de la récupération, de l'instrumentalisation.
01:27Et vous avez fait votre choix en quelques heures.
01:31Voilà Aurore Berger qui a été huée et qui a eu cette phrase
01:35« La France n'a pas de couleur de peau ».
01:37Max Brisson, comment est-ce que vous regardez cela ?
01:42Vous savez, moi je suis professeur d'histoire de formation,
01:46agrégé d'histoire.
01:47J'ai passé toute ma vie dans le monde de l'éducation nationale.
01:52Et je pense à mes anciens collègues professeurs
01:55qui doivent apprendre,
01:56tant qu'on les apprenne encore, des institutions de la République.
02:00Et je veux dire que tout ça me fait mal.
02:02Je pense aussi aux maires,
02:04aux 155 maires des communes de mon département,
02:08maires souvent de petits villages,
02:09qui donnent du temps pour la cause publique.
02:12Et on a ici des spectacles à l'Assemblée Nationale
02:14qui ne font plus l'honneur à la République
02:16et puis qui surtout attisent la haine.
02:19Moi je veux bien qu'elle et fille donnent des leçons à Mme Berger.
02:23Je n'ai pas d'estime particulière pour Mme Berger.
02:27Je n'ai pas beaucoup d'estime pour le gouvernement actuel.
02:29Mais j'avoue que de prendre des leçons de la part de la France insoumise
02:33qui propagent la haine,
02:35qui est en dehors du champ républicain
02:38et qui aujourd'hui ne vit que de clivage,
02:42de tension, de haine versée.
02:44Moi j'ai vu des...
02:45J'ai été professeur pendant très longtemps,
02:47j'ai connu beaucoup de mouvements étudiants.
02:50J'étais déjà connu pour mes idées politiques,
02:52j'étais élu local,
02:54j'étais engagé et j'étais de droite.
02:56Je n'ai jamais eu peur.
02:58Jamais eu peur.
02:59Et Dieu sait si j'ai eu des mouvements étudiants.
03:02Mes classes dans lesquelles des jeunes rentraient en force
03:05pour empêcher les élèves qui étaient dans ma classe de continuer de travailler.
03:09Mais moi en tant que professeur,
03:10je n'ai jamais eu peur.
03:12Cette année,
03:12avec des députés LFI
03:14qui appelaient à la haine,
03:16on a eu des mouvements dans lesquels
03:18des professeurs ont été agressés
03:20et des proviseurs très nombreux.
03:22dont on n'en a peu parlé.
03:23Et des policiers ?
03:24Un millier de policiers ?
03:25Bien sûr, des policiers.
03:26Mais les proviseurs,
03:29c'est nouveau.
03:31Dans les mouvements lycéens,
03:33jusqu'à ces dernières années,
03:34ça n'était pas le cas.
03:35Et vous savez,
03:36la gauche pendant longtemps,
03:38par rapport à des mouvements lycéens
03:39comme ceux qu'on a connus
03:40et qu'on connaîtra peut-être encore,
03:42la gauche essayait peu à peu
03:44de canaliser ce mouvement
03:46vers une sortie de crise politique.
03:48Et d'ailleurs,
03:48ça a donné quelques années après
03:50d'excellents candidats du Parti Socialiste,
03:53ces leaders étudiants
03:54qui étaient présentés comme apolitiques,
03:56qui s'appelaient Julien Drey,
03:58qui s'appelaient David Assouline,
04:00et qui quelques années après,
04:02très rapidement d'ailleurs,
04:04devenaient députés ou sénateurs
04:05du Parti Socialiste
04:06et participaient au Congrès du Parti Socialiste
04:09et à tout l'arc de la synthèse
04:10qu'on apprenait au Parti Socialiste.
04:11Mais ça veut dire quoi ?
04:12Ça veut dire que le Parti Socialiste,
04:13à l'époque,
04:14canalisait ces mouvements lycéens
04:16pour des sorties de crise politique.
04:17Et aujourd'hui, on a avec LFI
04:20un parti politique
04:21qui met de l'huile sur le feu,
04:23qui appelle à frapper
04:25les chefs d'établissement
04:27ou à déclencher de la haine.
04:29Qui appelle à frapper les chefs d'établissement.
04:31Au lycée de Biarritz,
04:33au lycée de Biarritz,
04:34moi j'ai eu des pénatentiques,
04:36il y a eu un tir de mortier
04:37contre le proviseur du lycée de Biarritz.
04:40Au lycée de Biarritz.
04:43Alors, moi je n'ai aucune indulgence
04:46face à un parti politique
04:48qui fait le contraire
04:49de ce qu'est un parti politique.
04:51Un parti politique qui est là quand même
04:53pour assembler.
04:54Bien sûr, il y a la confrontation.
04:56Vous vous disiez,
04:56vous faisiez tout à l'heure
04:57allusion à la différence
04:58entre l'Assemblée Nationale
04:59et le Sénat.
05:01Moi, au Sénat...
05:02Vous avez LFI au Sénat maintenant.
05:04Vous avez deux membres.
05:05Oui, il y en a un ou deux.
05:06Au Sénat, je n'ai quitté l'hémicycle
05:09qu'une fois.
05:11Une fois.
05:13Bruno Le Maire nous avait beaucoup agacés.
05:17Et nous avons quitté l'hémicycle.
05:20Et le lendemain,
05:21on s'est plutôt fait enguerlander
05:23et on nous a dit
05:23au Sénat, ça ne se fait pas.
05:26Par le président du Sénat.
05:28On peut avoir des clivages
05:30et au Sénat, on a des clivages.
05:32La droite et la gauche,
05:33ça ne se ressemble pas.
05:34J'ai, sur l'école des sujets,
05:36des approches totalement différentes
05:38de mes collègues socialistes.
05:39Mais on peut se respecter,
05:40malheureusement,
05:41à l'Assemblée Nationale.
05:42En tout cas, vous dénoncez ce climat.
05:43Et LFI en particulier
05:45contribue à donner bien
05:46une mauvaise image
05:47de nos institutions.
05:48Jean-Michel Salvet.
05:49Alors, puisque vous êtes
05:49professeur d'histoire,
05:51quand vous voyez toute cette violence
05:52qui est notamment générée
05:54par la France Insoumise,
05:56vous comparez cette violence
05:57à quel moment de l'histoire ?
05:59Est-ce que...
06:00Bon, évidemment,
06:00ça n'a rien à voir avec mai 68,
06:02mais est-ce qu'on peut comparer
06:03ce qui se passe aujourd'hui
06:04à des périodes historiques
06:06ou pré-révolutionnaires,
06:08par exemple ?
06:09Max Brisson.
06:10Oui, peut-être que notre pays
06:12est dans une situation comparable
06:15aux temps qui ont marqué
06:17la fin de l'Ancien Régime,
06:18peut-être ?
06:19Si vous lisez
06:20la Révolution française
06:22qui vient de sortir
06:23par Jean-Christian Petitfils,
06:25honnêtement,
06:25vous lisez les 150 premières pages.
06:27Vous avez l'impression
06:27qu'on est aujourd'hui.
06:29On est dans une défaite financière,
06:32des routes financières,
06:33on est dans la dette,
06:34personne n'est d'accord
06:35pour sauver le trésor.
06:38À l'époque,
06:39Turgot,
06:39qui se fait envoyer balader
06:40alors qu'il essaye
06:41de trouver une solution,
06:44comment dirais-je,
06:45une grande partie
06:46de l'aristocratie,
06:47dit, ben non,
06:47on continue à vivre comme ça
06:48parce que c'est très bien.
06:50On a l'impression
06:50de voir les choses aujourd'hui.
06:52On a beaucoup d'ingrédients
06:53semblables.
06:54On ne peut pas
06:55toujours comparer
06:56les époques
06:56et l'anachronisme
06:57et le pire
06:58des péchés
06:59pour un historien.
07:00Mais on a bien
07:01des éléments
07:02qui ressemblent à ça.
07:04Les corporatismes étroits.
07:06Actuellement,
07:07nous recevons
07:09comme parlementaires,
07:11sénateurs,
07:11nous recevons
07:12chaque jour
07:13des dizaines
07:13et des dizaines
07:14de mails
07:15pour nous dire
07:16ma structure,
07:18ce que je représente
07:20est absolument nécessaire
07:21à la nation.
07:22On ne peut rien toucher.
07:23On ne peut pas enlever
07:24un centiple.
07:25Toutes les associations
07:27culturelles,
07:28toutes les associations
07:29et les structures,
07:30les organismes,
07:31on ne peut pas
07:33imaginer
07:33enlever un euro
07:35à l'ensemble
07:35des structures
07:37qui organisent.
07:39Moi,
07:39je dis une chose,
07:41on a parfois vécu
07:42avec beaucoup d'agences,
07:43beaucoup de structures,
07:44sans ces agences,
07:45sans ces structures,
07:46un autre pays
07:47était organisé,
07:48était administré.
07:50Envisager
07:51de réduire
07:54quasiment d'un euro,
07:55une structure
07:56génère aujourd'hui
07:57la levée
07:58des corporatismes.
07:59Avant la révolution française,
08:01on avait bien
08:01ces corporatismes,
08:03ces égoïsmes.
08:04Maître Goldnadel.
08:07Oui,
08:08M. le sénateur,
08:09vous avez dit,
08:10vous avez commencé
08:10par dire,
08:11vous n'avez jamais eu peur.
08:13Est-ce que ça veut dire
08:15qu'aujourd'hui,
08:16compte tenu
08:17de la situation,
08:21vous ne seriez pas tenté,
08:25par exemple,
08:26de comparer
08:28M. Mélenchon
08:29à Doriot ?
08:30Moi,
08:31je l'appelle
08:31Doriotson,
08:32M. Mélenchon,
08:36est-ce qu'on n'a pas
08:37affaire
08:38au même type
08:39de personnage
08:40qui vient
08:41de l'extrême-gauche,
08:42qui est un
08:43assez bon
08:45prêteur,
08:45et qui en même temps
08:46est capable
08:47de tous les excès,
08:49de toutes les extravagances.
08:51Est-ce que
08:51cette comparaison
08:52est raisonnable
08:54ou non ?
08:54Et vous êtes
08:55propriétaire de vos propos,
08:56J. William Godwin ?
08:57J'attendais
08:58à ce que vous
08:58me déverriez.
08:59Je trouvais
09:00que ça mettait
09:00beaucoup de temps,
09:01monsieur.
09:03Max Brisson.
09:04Je n'irai pas...
09:06Joker ?
09:07Non,
09:07je ne veux pas...
09:08Ah ben voilà,
09:09très bien.
09:09Je ne veux pas
09:10faire de Joker.
09:11Ce qui est sûr
09:12aujourd'hui,
09:13c'est que
09:14M. Mélenchon
09:15souffle sur
09:16toutes les braises,
09:17que M. Mélenchon
09:18veut le chaos,
09:20que M. Mélenchon
09:21a un projet politique,
09:23et moi,
09:24ce qui me fait
09:24mal au ventre,
09:26je le dis simplement,
09:27c'est qu'il embarque
09:28une partie de la jeunesse
09:29dans un projet
09:30qui se terminera
09:31très très très mal.
09:32On parlait
09:32de la fin
09:34de l'ancien régime,
09:35tout ça s'est terminé
09:36en 1793
09:37dans des bains
09:38de sang effroyables.
09:40Et on peut
09:41amener une jeunesse
09:42manipulée,
09:44instrumentalisée,
09:45très souvent d'ailleurs
09:46sans grande culture politique,
09:48et c'est le drame
09:49de ce qui est devenu
09:50l'éducation nationale
09:51en France aujourd'hui,
09:52vers des chemins
09:54qui se termineront
09:55de manière dramatique.
09:55Alors, la comparaison
09:57avec Doriot,
09:58je n'en sais rien,
09:59mais des manipulateurs,
10:01des populistes
10:02qui ont pu amener
10:03les jeunes
10:04dans des situations
10:07de détresse absolue,
10:09avec des projets politiques
10:12qui ont conduit
10:13aux pires erreurs,
10:14on en connaît
10:15beaucoup dans l'histoire.
10:16Et aujourd'hui,
10:16je pense que M. Mélenchon
10:17s'est mis en dehors
10:18du champ républicain.
10:20Je pense que
10:20le défi n'appartient plus
10:22au champ républicain.
10:23Vous savez...
10:24Quand Gabriel Attal
10:25dit qu'il utilise
10:27les jeunes
10:27comme de la chair
10:28à canon,
10:28vous êtes d'accord
10:29avec lui ?
10:29Oui, bien entendu
10:30qu'il l'utilisait,
10:31sauf que moi,
10:32je n'ai jamais envisagé
10:34de faire
10:35le front républicain
10:36avec les fils,
10:37peut-être la différence
10:38qui me sépare
10:39de M. Attal.
10:41Je me rappelle
10:42très bien
10:43du deuxième tour
10:45des élections législatives
10:46dans mon département
10:47où je n'avais refusé
10:48d'appeler
10:49à voter
10:50pour une députée
10:51socialiste,
10:52pour celle qui est
10:52aujourd'hui députée
10:53socialiste.
10:54Et je me rappelle
10:54de l'incompréhension
10:55des journalistes locaux
10:56lorsque je dis
10:57non,
10:58je n'appellerai pas
10:59à voter
10:59pour la députée,
11:00pour la candidate
11:01du parti socialiste
11:02parce que le parti socialiste
11:03est aujourd'hui allié
11:04à un parti
11:06qui a franchi
11:08une ligne rouge
11:09qui,
11:09dans ma vie personnelle,
11:10est absolue,
11:11celle de l'antisémitisme.
11:12Et c'est
11:13une grande partie
11:14de la gauche aujourd'hui
11:14dont les socialistes
11:15qui ont quitté
11:16l'hémicycle dont on parlait
11:17tout à l'heure,
11:1719h27,
11:18une pause
11:19et on revient
11:19dans un instant
11:20sur Europe.

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