00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre de Villeneuve.
00:04Toujours avec Gilles Boutin du Figaro, Adrien Matou de Marianne, nous sommes avec le ministre de la Ville et du
00:09Logement, Vincent Jeanbrun.
00:10Les syndicats lycéens appellent à un acte 4 demain et sur cette mobilisation des lycéens et sur les violences, surtout
00:18Sébastien Lecornu s'est exprimé tout à l'heure.
00:21Des lycéens manifestent, c'est leur droit y compris pour contester le gouvernement.
00:25Nous avons le devoir de les écouter, mais nous avons également vu ces derniers jours des violences, des élèves et
00:32des personnels agressés, des policiers et des gendarmes blessés,
00:36des établissements incendiés ou dégradés, des milliers d'heures de cours perdues sans oublier les menaces et les insultes.
00:44Les responsables politiques qui utilisent cette colère pour mener leurs batailles électorales prennent une responsabilité grave.
00:50On ne peut pas jouer avec la sécurité des jeunes de France.
00:55Vous vous préparez pour l'acte 4 demain, Vincent Jeanbrun ?
00:58Bien sûr. On a, comme l'a dit très justement le Premier ministre, l'intention d'écouter les lycéens qui
01:06ont des choses à remonter sincèrement.
01:08Et s'ils ont envie de manifester à partir du moment où c'est fait dans les règles de l
01:11'art et que les manifestations sont déclarées,
01:13il n'y a aucun sujet, on les accompagnera.
01:15En revanche, on va être surtout très vigilants et en cela, on se prépare avec beaucoup de rigueur à pouvoir
01:20éviter que des mouvements d'ultra-gauche et différents casseurs ou émeutiers plus ou moins en herbe viennent perturber ces
01:28manifestations.
01:29Ou les influencer. Ce sont des cerveaux influençables.
01:32Les lycéens qui sont parfois très jeunes et qui écoutent la bonne parole idéaliste de ces révolutionnaires de papier.
01:40Vous savez, la bonne parole idéaliste. Moi, j'ai aussi des lycéens qui nous disent, mais en fait, moi, j
01:43'ai été en sincérité devant mon lycée en disant, j'avais des choses à dire, j'étais pas content.
01:49J'ai vu des types brûler les poubelles, saccager l'abribus à côté de chez nous et nous tirer dessus
01:56avec des mortiers. Je peux vous dire qu'ils ne se sont pas laissés influencer.
01:58C'est-à-dire que les lycéens eux-mêmes se font agresser par les émédiaires.
02:01Ils se disent, mais en fait, c'est quoi ce truc ? Et d'ailleurs, ils disent, on est certains
02:05qu'ils ne viennent pas de chez nous. Ils voient bien que là, on est sur des profils qui se
02:09déploient en face des différents blocus et qui viennent complètement perturber le jeu.
02:15Pourquoi ? Pour que ça fasse de l'image. Monsieur Boyard, qui le dit lui-même, il aime bordéliser les
02:21lycées, il a théorisé ça. Il a expliqué que pour que ça passe à la télé, il fallait que ça
02:26brûle, il fallait que ça casse.
02:27Et donc, c'est ça, en fait, l'enjeu. Donc, nous, le gouvernement, on est dans une logique. On écoute
02:32les lycéens qui ont des choses à faire remonter et on sanctionne avec la plus grande vigueur à la fois
02:37les casseurs, mais aussi, effectivement, ceux qui cherchent à instrumentaliser tout ça,
02:40c'est-à-dire la France insoumise, qui essayent de s'approprier un discours de rébellion de la jeunesse en
02:47les influençant sur les réseaux sociaux et au-devant.
02:49Mais quel est le message de la jeunesse ?
02:51J'entends bien, Vincent Jean-Grois.
02:53Quand vous avez le maire de Saint-Denis qui empêche les policiers de faire leur travail, c'est absolument inadmissible.
02:58Et le ministre de l'Intérieur l'a dit, toutes les mesures de sanctions qui pourront être prises seront prises.
03:02Mais justement, alors, vous avez raison de le dire, Bali Bagayoko, qu'on a vu sur l'acte 3, à
03:10proximité de la place de la Nation, qui a essayé de s'interposer.
03:14Lui-même qui avait devant le lycée Paul-Éluard à Saint-Denis légitimé la violence, puisqu'il avait dit que
03:19oui, la violence était légitime, qu'il a redit d'ailleurs une deuxième fois.
03:24Mais comment est-ce qu'on fait le tri ?
03:25Ce qui est fait l'objet d'un article 40, le ministre de l'Intérieur a réagi immédiatement.
03:30On attend que le procureur s'en saisisse de ça.
03:33Mais je peux vous dire que, moi j'ai aussi de l'espoir qu'effectivement ils s'en saisissent et
03:36qu'on puisse avoir des sanctions.
03:37Parce que quand on est responsable politique, on n'est pas le premier influenceur de Youtube.
03:43On a une responsabilité, on porte l'écharpe tricolore, donc on ne peut pas empêcher la police de faire son
03:48travail, on ne peut pas légitimer la violence.
03:50Mais c'est là où on est.
03:51Vous mettez le doigt dessus Vincent Jeanbrun.
03:54Laissez la police faire son travail.
03:55Comment est-ce que vous voulez que la police fasse son travail et qu'elle fasse le tri ?
04:00Vous venez de le dire, il y a les lycéens et les émeutiers.
04:03On a une foule compacte de personnes qui arrivent.
04:06Vous avez en face des CRS qui sont avec l'équipement qu'ils ont.
04:09On a aujourd'hui M. Nunes qui a dit, j'ai besoin des armes intermédiaires.
04:14Mais en même temps, j'enlève la grenade assourdissante parce qu'il y a eu un drame à Lens avec
04:19cet ado de 15 ans qui a perdu une main parce qu'il a ramassé une grenade et qu'il
04:23a tenté de la renvoyer sur les forces de l'ordre.
04:27Comment voulez-vous faire le tri ?
04:28C'est-à-dire que derrière, vous aurez fatalement des forces que vous avez citées LFI, mais aussi des syndicats
04:34de lycéens qui vous disent, la police tue, c'est des violences policières.
04:38Tout se résume à ça.
04:39Je vais vous dire, la logique déjà elle est simple.
04:41En général, quand on vient avec une cagoule et qu'on a un mortier dans les mains, le tri est
04:45vite fait.
04:46Ces personnes-là, elles doivent être neutralisées dans leur capacité à nuire par la police.
04:53Et donc, la police protège les lycéens de ces gens-là.
04:56Je vous le disais tout à l'heure, dans ma circonscription, les jeunes qui ont été blessés l'ont été
05:00par ces fameux émeutiers encagoulés avec des mortiers.
05:03Et pas par la police.
05:04Évidemment pas par la police.
05:05Et la police est venue pour les protéger.
05:07Et donc, je veux le dire ici, total soutien à nos forces de l'ordre et une pensée sincère et
05:13émue pour tous ceux qui ont été blessés.
05:15Parce que c'est ça, c'est au péril de leur vie que nos policiers protègent ces lycéens.
05:20Alors, ensuite, une manifestation dûment déclarée, eh bien cette manifestation a le droit d'être.
05:26Et là, la police, elle encadre la manifestation.
05:28Ensuite, quand vous avez des rassemblements...
05:29Autrement, aujourd'hui, devant Sciences Po, où c'était pas déclaré.
05:32Exactement.
05:33Quand vous avez des lycées où vous avez pas cours, que le lycée est fermé et qu'il n'y
05:38a pas de déclaration de rassemblement devant autorisée,
05:41la police est en droit de faire en sorte de disperser la manifestation.
05:44Et donc, le tri...
05:45Et on a la chance en France d'avoir des policiers qui, justement, ont beaucoup de sang-froid et qui
05:49vont au maximum faire ce tri.
05:51Et quand d'ailleurs, il y a un doute, en général, ils n'interviennent pas.
05:54Mais, encore une fois, je veux le redire, vous avez des manifestants de bonne foi, des lycéens de bonne foi,
05:59qui sont pas là pour casser,
06:00qui ont envie de s'exprimer, dont actes.
06:01Moi, j'étais lycéen, j'ai fait des manifs aussi.
06:03Mais évidemment, on cassait rien, on dégradait rien.
06:05Mais on avait des choses à dire.
06:07Et dès que vous avez quelqu'un qui est là pour brûler ou pour casser, il faut qu'il soit
06:10sanctionné, et avec la plus grande fermeté.
06:13Un dernier mot sur la campagne présidentielle, le logement dont vous vous occupez au gouvernement.
06:17Cette question du logement, elle a été portée par Marine Le Pen, essentiellement, dans cette campagne présidentielle.
06:22Qu'est-ce qu'ils attendent, les autres ?
06:23Notamment ceux que vous soutenez.
06:25Pas que.
06:27On en parlait en micro, Bruno Rotaillot était le premier à faire une présentation de la politique du logement.
06:32D'ailleurs, on voit que dans le programme annoncé par Mme Le Pen, il y a beaucoup d'idées qui
06:36étaient défendues par les Républicains, qui ont été reprises.
06:39Donc on peut les soutenir, si elles sont bonnes.
06:40Moi, je ne peux que me réjouir que la thématique du logement rentre dans le débat présidentiel,
06:44parce que nous vivons dans notre pays la plus grosse crise du logement depuis la Seconde Guerre mondiale.
06:49Et comme le temps nous manque, vous reviendrez pour nous parler du logement.
06:52Merci beaucoup, M. le ministre du Logement et de la Ville, Vincent Jeanbrun.