00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Hélène Roué.
00:04Toujours avec mes débatteurs, Jean-Michel Salvatore, chroniqueur politique et communicant,
00:08ainsi qu'Éric Revelle, journaliste.
00:09Nous revenons évidemment sur cette journée très critique,
00:11cette journée sous haute tension du 24 octobre.
00:13Laurent Nunez est en train de s'exprimer, le ministre de l'Intérieur.
00:17Jean-Michel Salvatore, moi ce qui me fascine toujours avec ce gouvernement,
00:20c'est que si ça s'est bien passé aujourd'hui, c'est forcément évidemment grâce à l'État,
00:24c'est parce qu'ils ont bien anticipé la chose, etc.
00:26Bien sûr, c'est grâce à eux, alors qu'en réalité, c'est aussi et surtout,
00:30parce que l'ultra-gauche, les Black Blocs et les pilleurs de la semaine dernière ne sont pas mobilisés.
00:34Oui, mais il faut quand même reconnaître que là, à la fois, Laurent Nunez et Emmanuel Macron jouaient très très
00:39gros.
00:40Si la journée avait été aussi cataclysmique que la semaine dernière,
00:45je pense que là, la question d'une présidentielle anticipée aurait été posée.
00:50Donc je pense que d'une certaine façon, ce soir, ils sont assez soulagés,
00:54même si ça n'est pas terminé.
00:56Alors c'est vrai que Laurent Nunez se précipite pour expliquer...
00:58Ça n'est pas terminé, et on n'a pas toutes les infos non plus.
01:00C'est-à-dire qu'il y a aussi peut-être des commerçants qui ont été touchés,
01:02il y a peut-être des personnes qui ont été blessées,
01:03et ça, c'est des choses qu'on apprendra demain.
01:05Exactement. Donc ils peuvent être soulagés,
01:07et c'est vrai que globalement, les choses se sont bien passées.
01:10Les manifestations à Orléans, par exemple, se sont quand même bien passées,
01:13et ça, c'est un point positif.
01:14Dans les grandes villes, même s'il y a eu des cortèges non autorisés,
01:19les choses se sont en gros bien passées.
01:22Mais moi, je dirais qu'une fois qu'on a dit ça,
01:24pour le gouvernement, les problèmes continuent.
01:27Parce que malgré tout, vous avez eu entre 400 000 et 800 000 personnes
01:31qui ont défilé dans les rues de France.
01:34Alors il y a des lycéens, mais il y a aussi beaucoup de Français
01:36qui ont défilé pour le pouvoir d'achat.
01:39Et ça, ce sont des sujets qui restent pendant,
01:41et là, le gouvernement va être obligé de trouver des solutions.
01:44Honnêtement, 400 000 à 800 000 personnes qui défilent un samedi,
01:49c'est considérable.
01:50Ce n'est pas une manifestation comme ça.
01:52Et le sujet ne va pas se régler en soufflant dessus.
01:55D'ailleurs, Sébastien Lecornu doit recevoir, dès lundi,
01:59les associations de lycéens,
02:02qui ont été aussi reçues par Emmanuel Macron hier.
02:06Le sujet, il reste devant.
02:08Donc, ok, ils ont passé l'obstacle d'aujourd'hui.
02:11Bon, attendons qu'on ait la confirmation que ça se soit bien passé.
02:17Mais il y a donc ces problèmes qui restent.
02:20Et puis, il y a d'autres rendez-vous.
02:21Il y a samedi prochain, il y a l'acte 3 des Gilets jaunes.
02:25Et puis, vous avez l'appel à la grève générale le 5 novembre par la CGT.
02:32Donc, en fait, je pense que là, le gouvernement est vraiment en plein dans la crise.
02:37Alors, c'est vrai qu'ils ont passé l'obstacle,
02:39mais il en reste beaucoup à franchir.
02:40Je vous propose d'écouter, justement, Laurent Nunez qui s'exprimait il y a quelques minutes.
02:43Il a dressé un premier bilan.
02:45Comme nous l'avions anticipé, nous avons eu plusieurs constitutions de groupes à risque.
02:51La plupart vêtus de noirs, militants de l'extrême-gauche radicale, de l'ultra-gauche,
02:57et qui ont parfois fédéré autour d'eux des éléments ultra-radicaux.
03:02Conformément aux instructions passées, les forces de l'ordre sont intervenues systématiquement
03:05sur ces exactions qui, encore une fois, ont été très nombreuses.
03:08Les forces de sécurité intérieure ont été, aujourd'hui encore, confrontées à un niveau de violence extrêmement élevé,
03:13avec des jets de projectiles en permanence, des tirs de mortiers.
03:16Et au moment où je vous parle, on est presque à mille interpellations.
03:19Évidemment, ce chiffre va augmenter quand on consolidera les données.
03:22On déplore, néanmoins, dans certaines villes, quelques dégradations ou pillages de commerce,
03:27dans certaines villes, en nombre très limité, qui n'a rien à voir avec la semaine dernière.
03:32Alors, le ministre de l'Intérieur, il annonce également que deux personnes ont été grièvement blessées.
03:37On n'a pas plus d'informations à ce stade et on va rester vigilants toute la soirée.
03:41Ce sont les mots du ministre de l'Intérieur.
03:44Éric Revelle, il y a quand même aussi eu un beau démenti aujourd'hui.
03:46Et c'est notamment celui, évidemment, de LFI.
03:49Quand LFI n'arrête pas de dire que, de toute façon, si c'est le bazar, c'est parce qu
03:52'il y a des policiers.
03:53Si c'est le bazar, c'est justement parce que les policiers, si vous voulez, provoquent d'une certaine manière
03:57les manifestants.
03:58Bon, là, on se rend compte qu'en fait, quand on met des policiers, pas du tout.
04:00Au contraire, c'est beaucoup moins le bazar quand on met des policiers.
04:03Donc, encore une fois, LFI...
04:0570 000 forces de l'ordre, c'est ce qui a été annoncé par le ministre de l'Intérieur.
04:08Je rappelle que si les Jeux Olympiques se sont très bien déroulés lorsqu'ils ont eu lieu à Paris,
04:13c'est aussi parce qu'il y avait une mobilisation, il y avait du bleu dans les rues,
04:16comme disent les spécialistes du ministère de l'Intérieur.
04:18Mais je dirais quand même...
04:19Bon, on va tous se réjouir, évidemment, que globalement,
04:23ce soit bien passé.
04:24Mais tout de même, lorsqu'on annonce mille interpellations,
04:31on donne l'impression qu'on s'habitue.
04:33Mille interpellations, ce n'est pas des gens qui jetaient des pâquerettes
04:35ou des œillets en direction des forces de l'ordre.
04:39Ce n'est pas rien.
04:40Il y a encore eu des commerces pillés.
04:41Donc, le point essentiel, et Jean-Michel a raison,
04:44c'est que la mobilisation ne faiblit pas.
04:47410 000, 500 000, d'après le ministère de l'Intérieur la semaine dernière,
04:50bon, on est à peu près dans le même étiage.
04:51Ça veut dire que, oui, les revendications doivent être traitées politiquement
04:55par le gouvernement, maintenant.
04:56Et puis, ce qui m'inquiète le plus, mais ça fait longtemps qu'il l'a théorisé,
04:59c'est quand Jean-Luc Mélenchon explique que toutes les semaines,
05:02toutes les semaines,
05:04ce type de mouvement va, sans doute,
05:07continuer.
05:07Alors, avec plus ou moins de gens.
05:09Je rappelle quand même qu'il pleuvait partout en France, pratiquement,
05:12et qu'on est en plein milieu des vacances de la Toussaint.
05:14Donc, ça peut expliquer aussi, peut-être, je ne mets pas de...
05:17Je ne tire pas l'intérêt sur les revendications, mais ça peut expliquer aussi.
05:21Mais, si toutes les semaines, on a des policiers qui ne pourront pas tenir ce rythme,
05:26là, comme le disait tout à l'heure notre expert, M. Youssef,
05:30les forces de l'ordre ont fait tapis.
05:32C'est-à-dire qu'ils ont mis toutes les forces à disposition qu'ils avaient.
05:36Bon, là, on a le maximum.
05:37Ça ne peut pas marcher toutes les semaines, oui.
05:38Ça ne peut pas marcher toutes les semaines.
05:40Mais, en réalité, quand vous suivez Jean-Luc Mélenchon depuis longtemps,
05:44ce qui est mon cas, lorsqu'il était sénateur socialiste,
05:46plus jeune sénateur socialiste à l'époque,
05:48en 1991, il a publié un livre
05:51qui s'appelait
05:52« À la conquête du chaos ».
05:541991, « À la conquête du chaos ».
05:57Mais, en fait,
05:58il suit son chemin de trotskiste-lambertiste.
06:01Tout est écrit.
06:02Tout est écrit à la conquête du chaos.
06:04Il essaie de conquérir le chaos.
06:06Et on peut se demander si, en fait,
06:08il veut une victoire dans les urnes
06:09ou il veut une victoire dans la rue.
06:11Et puis, comme le pouvoir est extrêmement fragilisé,
06:14on a vu Emmanuel Macron monter en première ligne.
06:16Si ça s'était mal passé,
06:18effectivement, le président de la République était exposé.
06:20Et la question de son maintien au pouvoir,
06:22à mon sens, devait se poser.
06:24Mais un trotskiste-lambertiste connaît tout ça par cœur.
06:27Lorsque le pouvoir capitaliste
06:30commence à être mûr, voire être blête,
06:32et qu'il va tomber de l'arbre,
06:33il faut que les révolutionnaires soient là pour le récupérer.
06:35Voilà.
06:35À la conquête du chaos, 1991.
06:38Je crois que c'était, pour ceux qui veulent le lire,
06:41chez Delanoël.
06:42Delanoël.
06:43Merci, Éric Reveil.
06:43Delanoël.
06:44Conseil lecture.
06:45Pour Noël.
06:46Voilà un conseil.
06:47Conseil lecture.
06:48Conseil de cadeau.
06:49Conseil lecture du jour.