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Tous les jours de la semaine, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Pierre de Vilno pour débattre des actualités du jour.

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00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre de Villeneuve.
00:04Jusqu'à 20h avec Gilles Boutin du Figaro, bonsoir.
00:06Bonsoir Pierre.
00:06Et avec Adrien Matou de Marienne.
00:08Bonsoir Sébastien Martin.
00:09Bonsoir.
00:10Merci d'être avec nous, vous êtes ministre délégué à l'industrie.
00:13Le taux d'emprunt de la France à 10 ans passe au-dessus de la barre des 5%, c'est
00:17une première en 2002.
00:18Ça n'est pas totalement, c'est lié aussi aux émeutes, à l'image de la France qu'a l
00:26'étranger.
00:27L'étranger nous regarde, le monde nous regarde, les chaînes d'information en continu, que ce soit la BBC, CNN,
00:34mais aussi des chaînes beaucoup plus éloignées,
00:37regardent à quel point les émeutes ont frappé le pays.
00:40Ça a une conséquence économique et également du coup par extension sur votre portefeuille.
00:47Vous avez parlé des taux, c'est sûr que les marchés nous regardent.
00:49Les marchés, vous savez, c'est des êtres humains aussi derrière, certes des fois derrière des ordinateurs,
00:54mais c'est aussi des êtres humains qui ne sont pas rassurés par ce qu'ils ont vu.
00:58Les investisseurs et les investisseurs étrangers, ce n'est pas non plus l'image que l'on souhaite donner du
01:04pays.
01:04Alors que c'est dommage, parce qu'au niveau des investissements étrangers, il y a quand même eu beaucoup d
01:08'investissements étrangers dans le pays ces dernières années.
01:10Grâce à l'attractivité de la France d'ailleurs.
01:12Grâce à l'attractivité de la France.
01:14Choose France, etc.
01:15Choose France, Choose France.
01:16Aujourd'hui, vous avez des fonds spéculatifs, par exemple chez Goldman Sachs, qui spéculent contre la France.
01:22On en est là.
01:23Mais la réponse à ça, c'est l'ordre.
01:25La réponse à ça, c'est le rétablissement de l'ordre.
01:27Mais pourquoi pas ?
01:27Et d'ailleurs, y compris les marchés financiers, ils aiment l'ordre.
01:29Mais est-ce que l'ordre est rétabli ?
01:30Est-ce que, comme le dit Emmanuel Macron aujourd'hui, alors qu'il est en voyage dans les Émirats,
01:36est-ce que le fait de ne pas déclarer l'état d'urgence, c'est une bonne réponse aujourd'hui
01:41?
01:42Et vous êtes libre de répondre parce que Sébastien Lecornu aussi répond ?
01:46Non, non, non, mais je vais vous répondre très simplement.
01:49D'abord, un, moi je pense que l'état d'urgence, si à un moment donné il faut le prendre,
01:52il faudra le prendre.
01:53Le but du jeu, c'est que les mesures qui sont prises fassent leurs effets.
01:59Visiblement, les premières soirées de couvre-feu ont fait leurs effets.
02:04Maintenant, il faut se préparer par rapport aux événements du week-end.
02:07Il y a à la fois la responsabilité de l'État, et bien sûr qu'elle est immense la responsabilité
02:11de l'État,
02:11puisque l'exercice de la violence légitime, en tout cas de la sécurité, il est assuré par l'État.
02:16Et il est aussi assuré par les organisateurs des manifestations.
02:20Et par aussi un certain personnel politique qui doit aussi prendre ses responsabilités.
02:25Donc moi j'en appelle à chacun au sens des responsabilités.
02:28C'est-à-dire que parfois, il faut savoir si on organise une manifestation,
02:33il faut avoir le service d'ordre qui va avec.
02:36Nous, côté État, bien évidemment qu'il faut que, un, le niveau de renseignement soit au bon niveau,
02:40et deux, que le dimensionnement des forces de sécurité soit au bon niveau,
02:44et trois, que les forces politiques, et notamment LFI, soient au clair par rapport à ce qu'ils souhaitent
02:50quand leur s'y va dans les cortèges.
02:51Ça veut dire quoi ?
02:52Ça veut dire que LFI est tout sauf au clair.
02:54Moi j'étais cet après-midi aux questions d'actualité au gouvernement.
02:57Les questions, c'est, mais au fait, il faut répondre à la demande sociale.
03:02Excusez-moi, vous essayez de cacher ce qui s'est passé par, il faut répondre à la demande sociale.
03:07On peut, enfin, les problèmes d'emploi du temps de 8h à 18h, ça se règle pas en pillant les
03:11magasins.
03:13Les problématiques de pouvoir d'achat, ça se règle pas en défonçant à coup de black bloc des manifestations.
03:19Est-ce que les filles jettent de l'huile sur le feu, comme l'a dit Laurent Gunez ?
03:21Je veux dire qu'ils essayent de détourner une part de leur responsabilité dans ce qui s'est passé ce
03:25week-end.
03:25Est-ce qu'ils instrumentalisent le conflit, Sébastien Marthe ?
03:28De toute façon, Jean-Luc Mélenchon l'a dit, lui, il veut tout conflictualiser.
03:33Et s'il n'arrive pas à prendre le pouvoir par les urnes, il souhaite le prendre par la rue.
03:38Et donc, quand vous voulez prendre le pouvoir par la rue, vous avez entendu comme moi certaines interviews
03:41de militants de cette formation politique, expliquant qu'après tout, brûler une banque, c'était pas grave.
03:48Ça faisait partie du processus.
03:50Brûler une banque et s'en prendre aux policiers.
03:51Et s'en prendre aux policiers.
03:53Donc moi, je ne fais pas partie de cette famille politique-là.
03:55Peut-être que je suis un peu trop conservateur, je suis de droite.
03:59Mais en tout cas, je ne crois pas que la révolution soit la solution au problème de la France.
04:04Adrien Matou.
04:04Mais, première question, est-ce que vous avez des éléments tangibles
04:09pour appuyer l'idée que LFI aurait ordonné aux pilleurs et aux casseurs de venir samedi ?
04:14Première question.
04:15Et deuxième question, est-ce qu'il n'y a pas quand même une tendance du gouvernement
04:19à charger à fond LFI pour se défausser de ses propres manquements ?
04:23Notamment en matière de maintien de l'ordre ?
04:25Qu'est-ce qu'on demande à LFI ?
04:26On demande à LFI, et le Premier ministre l'a fait hier.
04:30Vous avez vu, il a dit à Mme Panot, il vous reste 10 secondes,
04:33condamnez-vous, condamnez-vous, les violences qui ont été réalisées.
04:39En se basant sur l'incendie de Limoges.
04:44Non, elle ne l'a pas fait.
04:46Elle ne l'a pas fait.
04:47C'est extrêmement choquant que quelqu'un qui est élu ne puisse pas condamner l'incendie.
04:54Rien ne peut excuser qu'on incendie la mairie de Limoges.
04:58Une fois encore, il y a des cadres de dialogue.
05:00Si on veut travailler sur les problématiques lycéennes,
05:04et voir qu'effectivement il y a des trous dans l'agenda.
05:06Moi, il se trouve que j'ai deux enfants, dont un qui est encore au lycée.
05:11Effectivement, il me dit, papa, regarde mon emploi du temps, 8h-18h, il y a quand même des problèmes.
05:14Bon, ça, je suis désolé.
05:16On peut en parler dans un cadre de dialogue qui s'appelle l'éducation nationale et l'école.
05:20Mais expliquer qu'on ne condamnerait pas l'incendie de la mairie de Limoges,
05:25parce qu'on n'a pas réglé le problème de l'emploi du temps de 8h-18h, je trouve que
05:28c'est un peu fort.
05:29Gilles Boutin.
05:30Ce qui est préoccupant pour la suite, quand on voit ce qu'il se passe,
05:32c'est que quand on regarde les deux mandats d'Emmanuel Macron,
05:35ils sont rythmés par beaucoup de colère sociale.
05:37Alors, il y avait les Gilets jaunes, à l'époque on pouvait encore faire des chèques.
05:40Il y a eu les manifestations contre la réforme des retraites.
05:43Moi, le gouvernement a peut-être mal expliqué à quel point on était déficitaire,
05:46en réalité, de ce côté-là.
05:48Et là, aujourd'hui, on voit des lycéens, et par extension d'autres,
05:50des Gilets jaunes qui reviennent, et puis ça brasse plus large,
05:53qui manifestent pour obtenir des choses,
05:56des améliorations sur le pouvoir d'achat,
05:58alors qu'on n'a plus d'argent.
06:00Dans ces conditions-là, la France est-elle réformable,
06:03même avec une majorité après la présidentielle ?
06:07La France a toujours été un pays un peu éruptif,
06:10et qui aime bien défiler dans les rues,
06:11et qui se mobilise.
06:13Par contre...
06:14Vous êtes d'un calme olympien, Sébastien Martin, je trouve.
06:18Je ne sais pas, je suis toujours optimiste.
06:20Voilà, c'est ma personnalité.
06:22J'entends, là on parle de très très loin.
06:24Non, non, mais d'accord.
06:26Mais par contre, ce que je voulais dire,
06:28c'est qu'un tel niveau de violence qui entoure des manifestations,
06:32comme on a l'habitude d'en connaître en France,
06:35franchement, je ne sais pas si on avait déjà vu ça.
06:38On a connu le mouvement des Gilets jaunes,
06:41il y a eu des mouvements de violence extrêmement importants,
06:43mais c'était très différent quand même.
06:44Il y a eu des émeutes post-Naël Merzou en 2023.
06:46Mais là, toute la France a été sidérée.
06:48Il n'y avait pas eu tous ces pillages lors des Gilets jaunes.
06:50Après, ensuite, ce que vous voulez dire,
06:52c'est est-ce qu'on a quand même les moyens de répondre aux préoccupations ?
06:56Je reprends les questions lycéennes.
06:59Les questions lycéennes qui sont au cœur du débat,
07:03quand on me dit problème d'emploi du temps et d'organisation d'emploi du temps,
07:07je n'ai pas l'impression qu'il fallait déverser des milliards d'euros
07:09pour régler un problème d'emploi du temps.
07:11Les revendications lycéennes, et elles sont importantes,
07:15elles ne sont plus au cœur du débat.
07:17C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on est dans une révolution.
07:20Regardez ce dialogue entre ces deux femmes,
07:22Place de la République, l'autre jour.
07:23Il y en a une qui vous dit,
07:24attendez, il y a des mecs qui ont essayé de me violer,
07:27ils m'ont menacé de me violer,
07:28j'étais mon nourrisson dans les bras.
07:29Et l'autre lui dit, mais vous savez, madame,
07:30il n'y a pas de révolution pacifique,
07:32même Nelson Mandela avait appelé aux armes.
07:35Vous vous rendez compte dans quel...
07:36Pierre Devineau, je ne sais pas si on est d'accord exactement sur l'analyse,
07:38mais en tout cas, ce que j'allais dire m'amenait à peu près à ce que vous alliez dire.
07:42Moi, depuis dimanche, j'entends pas une majorité de Français
07:45qui vient me voir en me disant,
07:47il faut régler le problème d'emploi du temps.
07:49J'entends une majorité de Français qui a été,
07:52et c'est normal, effrayée par ce qu'il a vu.
07:57Et donc la réponse à ça, c'est l'ordre avant tout.
08:02On peut bien évidemment avoir des cadres de dialogue
08:04pour avancer sur les autres sujets,
08:06mais la réponse à ça, la réponse que demandent les Français,
08:09c'est que samedi prochain, ça ne se passe pas comme ça.
08:11Est-ce qu'on est capable de le faire, l'ordre ?
08:14En étant sûr de pouvoir aller faire mes courses tranquillement.
08:18Comme vous le dites, on a déplacé le problème,
08:20et d'ailleurs, vous remarquerez que toutes les révolutions
08:22et toutes les guerres partent généralement
08:25d'un problème qui n'est plus, qui est décentré.
08:28Mais enfin, Pierre Devineau, moi je crois dans mon pays,
08:30je ne veux pas que mon pays aille vers une guerre
08:33et vers une révolution, vous non plus.
08:36Et moi, ce que je sais,
08:38c'est que les forces de l'ordre républicaines
08:42sont des forces organisées, professionnelles,
08:46en qui on doit avoir toute confiance.
08:49Moi je me souviens, vous savez, au moment des Gilets jaunes,
08:51il y a beaucoup de gens qui en même temps soutenaient les Gilets jaunes
08:54et en même temps faisaient semblant de soutenir les forces de l'ordre.
08:58Moi je ne me suis jamais trompé.
08:59Quand il y a eu un boxeur qui tapait sur un gendarme,
09:02j'étais du côté du gendarme, pas côté du boxeur.
09:04Même si on a un malaise, je suis désolé, ce n'est pas la même chose.
09:08Le président de la République, il est derrière qui ?
09:12Quand il demande de l'empathie,
09:14quand il demande de faire preuve d'empathie envers les manifestants
09:19qui en réalité sont des pilleurs, des casseurs, des émeutiers ?
09:21Le président de la République a sans doute une analyse de la situation,
09:24c'est la sienne.
09:25Moi je vous dis en tout cas que pour ce qui me concerne,
09:28la priorité numéro un, c'est d'être derrière nos forces de l'ordre
09:31parce que l'enjeu des week-ends et des semaines qui viennent,
09:33c'est d'assurer la sécurité dans le pays.
09:35Le Premier ministre l'a rappelé, a d'ores et déjà pris des mesures.
09:39Le ministre de l'Intérieur est en train de répondre à la demande du Premier ministre
09:43de faire en sorte qu'il y ait les moyens suffisants qui soient dégagés
09:46pour le week-end prochain et peut-être le week-end d'après.
09:50Parce que oui, au droit de manifestation, mais ce que l'on a vu samedi,
09:55qui porte atteinte même à l'idée de nation,
09:58eh bien je crois que nous ne pouvons pas le revivre.
10:01Et je sais que nos forces de l'ordre sont capables d'y répondre
10:03et qu'il y a un moment aussi un côté dissuasif.
10:06La force se montre et elle peut avoir un côté dissuasif.
10:09Ce qui s'est passé ce week-end aussi, c'est qu'à un moment,
10:11les gens n'ont pas vu la force parce que le dispositif n'était suffisamment
10:16et on la reconnaît.

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