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00:00:01Bonjour et bon après-midi.
00:00:03Avant de vous indiquer les trois sujets en préparation pour lesquels nous aurons besoin de votre collaboration,
00:00:08je voudrais que vous notiez le changement de notre programme pour demain, vendredi.
00:00:12Demain, avec ceux et celles d'entre vous qui nous auront rejoints, nous évoquerons TINOR aussi.
00:00:17Rendez-vous donc à 13h50 pour cet hommage que nous lui rendrons ensemble.
00:00:21Tout de suite, je vous propose nos trois sujets en préparation à notre rédaction d'Aujourd'hui la vie.
00:00:26Chaque année, la préparation du budget de la France relance le débat sur les droits de succession.
00:00:32Faut-il les augmenter ? Et de combien ?
00:00:34A partir de quel seuil l'héritage doit-il continuer à échapper à l'impôt ?
00:00:38Et les grosses fortunes doivent-elles être particulièrement visées ?
00:00:42Et les entreprises, peut-on en hériter comme de la petite maison de campagne de ses parents ?
00:00:46Voilà quelques-unes des questions qui reviennent chaque année quand le ministre de l'économie et des finances fait ses
00:00:52comptes.
00:00:53Cette année, le projet de budget a relevé jusqu'à 275 000 francs, 27,5 millions de centimes, le seuil
00:01:01de l'exonération d'impôts pour les successions en ligne directe.
00:01:04Mais le montant des taxes a été augmenté pour les plus gros héritages.
00:01:10Qu'en sera-t-il à l'avenir ?
00:01:11On parle beaucoup d'une réforme prochaine de l'héritage en France, donc nous vous proposons de faire le point
00:01:17dans une prochaine émission.
00:01:18Alors, si cela vous intéresse, faites-nous part de vos expériences et de vos réflexions.
00:01:25Qu'il chante la nostalgie, l'amour, c'est toujours avec beaucoup de tranquillité.
00:01:31En quelques succès, il a su vous séduire.
00:01:34Souvenez-vous de la première fois où vous avez entendu cette chanson.
00:01:43Je l'aime à mourir, oui. C'est Francis Cabrel qui sera notre très prochain invité.
00:01:50S'il chante l'amour, Francis Cabrel touche à bien d'autres thèmes.
00:01:54Mais vous, comment ressentez-vous ces chansons ? Que vous apportent-elles ?
00:01:58Qu'est-ce qui vous touche dans le personnage ? Et quelles questions vous posez-vous à son sujet ?
00:02:03Nous attendons vos lettres pour préparer cette rencontre avec Francis Cabrel très prochainement.
00:02:10L'enseignement de l'histoire est actuellement sur la sellette.
00:02:14Je cite cette réflexion de notre président de la République.
00:02:16La situation de l'enseignement de l'histoire est angoissante en général, grave dans le primaire, inquiétante au collège, désastreuse
00:02:26dans le technique et ambiguë dans le supérieur.
00:02:29Attention à la disparition de notre mémoire collective.
00:02:33Partagez-vous cette inquiétude.
00:02:35Enseignants, élèves, parents, qu'est-ce qui, à votre avis, ne va plus ?
00:02:40Comment verriez-vous l'amélioration de la situation ?
00:02:43Eh bien, pour ce thème, là aussi, nous attendons vos réflexions pour une prochaine émission consacrée à l'enseignement de
00:02:49l'histoire.
00:02:50Si vous le voulez bien, nous revoyons ces trois sujets en préparation à notre rédaction d'Aujourd'hui la Vie.
00:02:56L'héritage, invité, Francis Cabrel.
00:03:01Et enfin, l'enseignement de l'histoire.
00:03:04Notre adresse, Aujourd'hui la Vie, 57 rue de Montessuie, 75 331 Paris-Sédex 07.
00:03:14Danger de mort, leçon de vie, tel est le thème proposé cet après-midi par Geneviève Molle et Michel Demey.
00:03:20La réalisation est signée André Verret.
00:03:22N'oubliez pas, demain, 13h50, hommage à Tine Rossi.
00:03:25Au revoir et bon après-midi.
00:03:55Sous-titrage MFP.
00:04:11Bonjour, oui, mais c'est moi qui vais mourir, disait Claude Perken, le héros de la voie royale d'André
00:04:18Malraux, à son compagnon, qui l'enjoignait au courage.
00:04:21Oui, Perken allait mourir car il avait une jambe gangrénée et qu'il était perdu au fin fond de la
00:04:27brousse cambodgienne.
00:04:28Cette proximité de la mort, cette menace immédiate, rendait bien évidemment inutile le discours du compagnon
00:04:35et le regard que Perken portait sur le monde extérieur était complètement conditionné par cette proximité de la mort.
00:04:42Certes, nous devons tous mourir et nous refusons tous, j'en suis certaine, ce crâne vide et ce rire éternel
00:04:49dont parlait Paul Valéry.
00:04:50Nous le refusons dans l'absolu comme l'injustice fondamentale de la condition humaine.
00:04:55Et pourtant, pourtant, certains d'entre nous, parce qu'ils ont été malades, parce qu'ils se sont pensés, parce
00:05:03qu'ils se sont crus condamnés,
00:05:05ont eu à regarder en face leur fin prochaine.
00:05:07Et puis, la volonté de ne pas mourir les a sauvés.
00:05:12Comment ? Quel rapport ont-ils établi avec ce danger de mort ?
00:05:17Qu'est-ce que cela a changé en eux, avec leur entourage ?
00:05:20Quel nouveau rapport ils ont avec la vie ?
00:05:23Le danger de mort donne-t-il vraiment des leçons de vie ?
00:05:26C'est à ces questions, à toutes ces questions que nous allons tenter de répondre aujourd'hui.
00:05:30Ces questions sont difficiles, mais parfois, souvent même, elles sont magnifiques de réponse.
00:05:37Nous allons le faire à travers uniquement des témoignages et un regard extérieur dont nous vous parlerons tout à l
00:05:43'heure.
00:05:44Ces témoignages, et ces témoins, je vous les présente maintenant.
00:05:47Voici Agnès Franco. C'est à cause d'elle, en fait, que cette émission a lieu,
00:05:51parce qu'elle a écrit un roman qui raconte en partie son expérience.
00:05:56Ce roman s'appelle « Sauve-toi, Lola ».
00:05:58Agnès Franco, je l'ai connue il y a assez longtemps.
00:06:01Elle est juive et elle a été une des premières juives en France à prendre fait et cause pour les
00:06:06Palestiniens.
00:06:06C'était extrêmement courageux, mais je crois que plutôt pour elle, c'était juste.
00:06:11Et aujourd'hui, elle a vécu le cancer, elle l'a vécu d'une manière tragique, comme tout le monde.
00:06:17Et elle nous a donné un livre qui est un livre plein d'espoir, un livre plein d'humour.
00:06:22Et je le répète, c'est grâce à elle que cette émission aura lieu.
00:06:26Et puis voici Jocelyne Blanquet, que vous connaissez.
00:06:28Jocelyne Blanquet, nous avons avec elle, il y a deux ans, fait un film de 55 minutes
00:06:32qui s'appelait « Jocelyne ou les années cancer ».
00:06:34Elle a eu, elle, deux cancers des deux seins.
00:06:37Elle est aujourd'hui bien là, bien vivante, et je crois qu'elle s'en sort pas mal.
00:06:42Elle a aussi écrit un livre qui a été publié grâce à la Fondation pour la lutte contre le cancer,
00:06:49qui s'appelle « Mon chemin au bout de ta vie ».
00:06:50Ce livre, on peut le trouver dans certaines librairies, mais surtout chez elle,
00:06:55on vous dira à la fin de cette émission, vous pouvez vous le procurer.
00:06:58Et puis, voici Joël Riva.
00:07:02C'est un autre cas, elle n'a pas eu de cancer.
00:07:05À six ans, elle a été condamnée à mort par les médecins.
00:07:08Elle avait un rhumatisme articulaire aigu qui a touché son cœur.
00:07:12Et un jour, elle a entendu, le médecin dira à sa mère « Elle ne vivra pas ».
00:07:16Et puis elle a aujourd'hui, je crois qu'on peut le dire, Joël, plus de 50 ans.
00:07:19Ça va très bien, merci pour elle.
00:07:21Encore qu'elle vienne de subir une très importante opération chirurgicale.
00:07:25Elle raconte sa vie dans un livre qui s'appelle « La gloire de vaincre » chez Olivier Orban.
00:07:30Et puis voici Paul Guedard, lui aussi opéré à Cagopère, guéri.
00:07:34Je crois qu'il va bien.
00:07:35Madame Lescuyers, cancer, il y a 19 ans et demi.
00:07:39Elle ne veut pas qu'on dise 20 ans parce qu'elle est superstitieuse.
00:07:41Elle s'en est très bien sortie.
00:07:43Madame Champroux, tumeur au cerveau non cancéreuse il y a 7 ans.
00:07:48Ça va aussi pas mal.
00:07:49Jennifer Wood, opération à cœur ouvert avec triple pontage il y a 18 mois.
00:07:55Je crois qu'elle se porte bien.
00:07:57Madame Fichoux, cancer il y a 7 ans, puis une rémission.
00:07:59Et puis je crois que ça va bien maintenant.
00:08:02Enfin, Madame Adonis.
00:08:03Madame Adonis est infirmière-chef, surveillante générale du service de cancérologie du professeur Israël
00:08:10à l'hôpital de Bobigny.
00:08:13Elle nous parlera de ces malades.
00:08:14Elle nous parlera de l'importance du personnel hospitalier pour ces malades et surtout de l'entourage des malades.
00:08:21Comment finalement elle les a vus se battre ?
00:08:23Comment elle les aide peut-être à s'en sortir ?
00:08:27Voilà.
00:08:28Eh bien, je crois qu'il s'agit d'un combat qui est différent pour tous, mais qui a valeur
00:08:33d'exemple pour chacun.
00:08:34Madame Fichoux, lorsque l'on vous a dit il y a 7 ans que vous aviez un cancer,
00:08:39vous nous avez écrit qu'alors vous avez cru que le monde s'écroulait sur votre tête.
00:08:43Est-ce que vous avez failli baisser les bras ?
00:08:46Ben disons que les premiers jours, oui, j'ai vraiment eu très peur.
00:08:50Et puis je me suis dit, bon ben, pas de problème, il faut y aller.
00:08:53Peur de quoi ? C'est la mort que vous sentiez ?
00:08:55Non, je n'ai jamais pensé à la mort.
00:08:57J'ai eu peur que, bon, le mot cancer c'est un grand mot.
00:09:01Quand on ne connaît pas, vraiment, on entend comme ça le cancer, le cancer, on meurt, il y a les
00:09:05poumons, il y a ceci, il y a cela.
00:09:07Mais je n'ai jamais pensé à la mort, au contraire, j'ai voulu vivre, j'ai voulu lutter.
00:09:12Et puis quand même, j'étais jeune, j'ai trois enfants, et il a fallu s'accrocher.
00:09:17Et puis la mort, bon, j'y ai plus pensé, j'ai vécu.
00:09:20Est-ce qu'on arrive à oublier cette idée ?
00:09:21Ah oui, je vous assure, je n'ai jamais vécu avec l'idée de la mort. Jamais.
00:09:25J'ai eu des coups de... Bon, il a fallu des fois me remonter un petit peu.
00:09:31Mais non, je crois que les gens qui me connaissent, d'ailleurs je crois que beaucoup de gens sont étonnés,
00:09:35et ils vont se dire, mais ce n'est pas possible. Non.
00:09:37Je n'ai jamais pensé, je n'ai jamais montré aux gens que j'avais peur de la mort.
00:09:41Quel sentiment essentiel avez-vous éprouvé à ce moment-là ?
00:09:45Est-ce que c'était un sentiment d'injustice, un sentiment de haine contre cette maladie ?
00:09:49Peut-être, oui, quand même, oui.
00:09:51Oui, parce que je me suis dit, pourquoi ?
00:09:53Pourquoi ?
00:09:55Puis vous savez, quand on se rendit d'hôpital, on se fait des palides.
00:09:59Bon, c'est des très longs. Je suis restée comme 42 jours allongée,
00:10:02parce qu'il a fallu faire une greffe, la suite de...
00:10:04C'est donc un grain de beauté qui était cancéreux.
00:10:07J'ai vraiment trouvé ça très long, sans bouger.
00:10:09Mes enfants, les maris, tout le monde a été extraordinaire.
00:10:13Tout le monde m'a aidé. D'ailleurs, leur force m'a aidé à lutter.
00:10:17Mais pour revenir au mot mort, non. J'ai lutté.
00:10:21Jamais. Mais comment... Qu'est-ce qui vous a motivée ?
00:10:25Pourquoi vous avez commencé à vous battre ?
00:10:27Parce que j'avais envie de vivre.
00:10:29J'ai le soif de vivre et de vaincre.
00:10:31Et je veux prouver peut-être aussi, bon, on est là un peu pour ça,
00:10:34à l'état de gens qui luttent, là, que... Bon, ben, il faut s'accrocher.
00:10:37Est-ce que c'est une décision qu'on prend de se battre ?
00:10:40Ah oui.
00:10:40Ou est-ce que, rationnellement, intelligemment,
00:10:43ou est-ce que c'est l'instinct de survie qui joue ?
00:10:46J'ai décidé de me battre. J'ai décidé de me battre.
00:10:49Agnès Franco, ce n'est pas d'accord ?
00:10:50Non, je ne veux dire que je ne suis pas d'accord.
00:10:52Je voudrais dire que l'idée de décider de se battre...
00:10:54Je ne crois pas que ça se passe comme ça.
00:10:56animal, c'est-à-dire que, d'abord, bon, chaque expérience est différente.
00:11:01Moi, je ne veux pas parler uniquement de la mienne.
00:11:03J'ai vu beaucoup... C'est pour ça que j'ai écrit si...
00:11:05Parce que j'ai vu beaucoup de malades vivre et mourir en 5 ans
00:11:07dans un centre anticancéreux.
00:11:09Et je crois qu'en fait, il y a quelque chose d'animal
00:11:13qui fait que, quand je parlais avec des femmes,
00:11:16elles me disaient toutes, voilà, à droite, je vois un couloir qui va vers la mort
00:11:19et un couloir qui va vers la vie, vers la lumière.
00:11:22Et je sens que quelque chose me pousse vers la vie.
00:11:25Et on sent à un moment, tous, quand on, par exemple,
00:11:27quand on vous dit, vous n'en avez plus que pour 3 mois à vivre,
00:11:30on a l'impression qu'on pourrait s'engouffrer dans la mort.
00:11:33Et d'une certaine façon, même que ce serait très agréable
00:11:36de s'engouffrer vers la mort parce qu'on est très mal,
00:11:37on a mal partout et les traitements sont épouvantables.
00:11:41Et puis, tout d'un coup, il y a quelque chose qui fait
00:11:43qu'on s'engouffre vers la vie, mais aidé par les autres.
00:11:45Vous vous êtes demandé, vous-même, comment me tuer plus vite que le cancer ?
00:11:49Ah oui, moi, c'est évident que, enfin, moi, la part des choses entre le roman,
00:11:54qui est un roman vraiment avec des personnages,
00:11:57mais l'histoire personnelle, c'est quand même que moi, j'ai eu ce qui m'a donné la base
00:12:00de ce livre,
00:12:00c'est que j'ai vécu ça.
00:12:02C'est vrai qu'à un moment, c'est terrible, parce que moi, j'ai eu donc un cancer du
00:12:06sein il y a 5 ans,
00:12:07et puis on m'a dit que j'étais guérie, un très petit cancer,
00:12:09un an après, des métastases osseuses, et puis des ganglions partout,
00:12:13et puis ça se généralise, et on m'a dit, un médecin, comme je connaissais beaucoup de médecins,
00:12:18un médecin m'a dit, écoute, toi, tu es vraiment trop lucide pour qu'on te raconte des histoires,
00:12:22si dans trois mois, le traitement ne marche pas, tu es morte.
00:12:25Et à ce moment-là, j'ai eu des traits, ça a été la chimiothérapie,
00:12:29c'est-à-dire que des traitements absolument épouvantables, j'ai perdu mes cheveux,
00:12:34enfin, narcissiquement, c'est dur quand même de perdre ses cheveux,
00:12:38on vous enlève des seins, souvent on vous irradie les ovaires,
00:12:42et puis, il y a eu un moment où j'ai dit, finalement, je crois que je préfère mourir,
00:12:47mais ça n'a pas duré longtemps, ça n'a pas duré longtemps,
00:12:50parce que d'une certaine façon, je trouvais ça vraiment tellement épouvantable
00:12:53que quelqu'un aimait ma peau comme ça, c'était un peu comme une histoire de guerre,
00:12:57comme si j'avais été dans la raison de résistance, d'une certaine façon,
00:13:00et je me disais, bon, peut-être que je mourrais, mais avant, il faut que je me batte,
00:13:04et alors, se batte, c'était vraiment des petites choses,
00:13:08Madame Riva, oui, je crois effectivement qu'on ne décide pas de vivre ou de ne pas vivre,
00:13:13je crois que c'est instinctif, c'est en soi, quand on a l'impression,
00:13:18quand on sait, quand on pense que l'on va mourir, en réalité, on ne pense pas à la mort,
00:13:22on pense qu'il faut vivre très vite, tout avaler, la prendre à bras-le-corps,
00:13:26brûler les étapes aussi, brûler les étapes, et vouloir tout avoir, tout faire,
00:13:32c'est vraiment instinctif.
00:13:34Non, dit Madame Jean-Proulx.
00:13:36Non, qu'on pense à la mort, au doute au moins pour moi, parce que peut-être j'en ai
00:13:40peur,
00:13:41je n'en sais rien, mais on ne pense pas à autre chose que la mort.
00:13:45Mais comment vous vous êtes battue, vous, alors ?
00:13:47Mais je me suis battue d'abord après, j'étais beaucoup trop faible pour dire, je vais me battre,
00:13:51c'est les autres qui sont battues pour moi, c'est d'abord le processus qui m'a sauvé la
00:13:54vie,
00:13:55ensuite mon entourage, et puis quand j'ai été beaucoup mieux, avec l'aide de mon mari,
00:14:00et de mes enfants en particulier, là, je me suis battue toute seule,
00:14:02mais au départ, je n'en avais pas la force.
00:14:05Je n'y crois pas du tout, je veux dire, je ne crois pas du tout que ce sont les
00:14:08autres qui vous vont aider à vivre.
00:14:10On peut vous aider, mais j'allais mourir.
00:14:12Je pense que vous avez déçu parce que vous avez voulu vivre.
00:14:16Ce n'est pas vrai. Alors moi, vraiment, je le pense profondément.
00:14:19Je suis d'accord.
00:14:21C'est-à-dire que c'est très important, il faut accepter les soins des meilleurs cancérologues, des meilleurs médecins.
00:14:27Il faut prendre dans la vie, mais même, il faut prendre dans la vie tout ce qui est bon.
00:14:33Les hommes qui vous aiment, les amis, les enfants, tous, mais malgré tout, c'est soi-même.
00:14:38Tous les malades que j'ai vus, qui ont compté essentiellement sur les médecins, s'en sont sortis très difficilement.
00:14:42Je n'ai pas des médecins, j'ai des chirurgiens, je serai morte, malgré mon envie de vivre.
00:14:50Oui, bien sûr.
00:14:51La veille, excusez-moi madame, la veille de mon opération, c'est pour vous prouver que j'ai pensé à
00:14:55la mort.
00:14:56Je le savais, et moi et mon mari, j'ai demandé à mon mari si vous voulez que je lui
00:15:00fasse un testament.
00:15:01Oui, madame Jean-Proux.
00:15:02Ah non, mais alors ne dites pas qu'on ne pense pas à la mort et qu'on pense qu
00:15:05'elle a vie.
00:15:05C'est absolument faux.
00:15:07Elle est omniprésente.
00:15:09Madame Jean-Proux, et quel a été votre sentiment lorsque vous êtes sortie de la salle d'opération et que
00:15:13vous étiez en vie ?
00:15:14Écoutez, je m'excuse, mais quand je suis sortie de la salle d'opération, je répète, j'avais des tuyaux
00:15:21partout, dans la bouche, je ne pouvais pas parler.
00:15:25Je répète, pas de sentiment de force, j'étais vraiment une... on m'avait sauvé la vie.
00:15:31Mais c'est de très mauvais souvenirs, on les oublie ?
00:15:34Ah oui, ils sont passés, mais la vie pour moi c'est extraordinaire, c'est magnifique.
00:15:37Mais au moment où on est malade, en fait, ma maladie, je ne peux pas parler de la vôtre, on
00:15:43ne peut pas penser à autre chose que la mort.
00:15:45Et on en a peur.
00:15:47Après, bien entendu, j'ai réappris à marcher et à écrire avec les deux.
00:15:52Madame Rousse, vous avez eu un triple pontage coronarien, je le rappelle, il y a 18 mois.
00:15:57Il y a déjà le fait que j'étais beaucoup plus âgée que si j'avais déjà 63 ans.
00:16:03Donc j'avais déjà vécu un peu...
00:16:05Ça aide ça, madame ?
00:16:06Pardon ?
00:16:07Ça aide ça, le fait que j'étais libre.
00:16:09Mais je ne sais pas, maintenant quand j'y pense, peut-être ça aide.
00:16:12Mais je sais que quand j'étais opérée, avant d'y aller, je me sentais...
00:16:18Je ne peux pas expliquer autrement que dans les bras de Dieu.
00:16:23Je me sentais vraiment...
00:16:24C'était d'accord, c'était ok.
00:16:26N'importe quoi, si je sortais ou si je ne sortais pas, c'était comme ça et je n'avais
00:16:33pas peur du tout.
00:16:34Monsieur Goudard, comment ça s'est passé pour vous ?
00:16:37Justement, j'ai des petits problèmes.
00:16:40Eh bien, c'est une appréhension de...
00:16:43Je n'ai jamais cru que j'allais mourir, moi.
00:16:45Ça, je n'avais jamais cru, ça.
00:16:46Et pourtant, vous aviez un cœur complètement abusé.
00:16:48J'ai eu une certaine confiance, malgré un mauvais moment.
00:16:52Même après mon opération, j'ai eu des sacrés ennuis parce que je sentais que ça filait un peu partout.
00:16:58Il m'a parlé, je ne l'entendais pas.
00:16:59On m'avait dit, attention, je vais faire un appartus, je vais faire une thrombose et risquer de bloquer votre
00:17:06valve.
00:17:06Enfin, vous savez, après, j'ai eu pas mal d'ennuis, c'est...
00:17:11Mais est-ce que vous pensiez à la mort, vous ?
00:17:14Non, je ne vais pas voir la mort.
00:17:15Vous savez qu'un jour, il faudra mourir.
00:17:17Oui.
00:17:18Madame Lécuyer.
00:17:19Eh bien, moi, j'étais très sceptique quant à une guérison et une survie de 19 ans et demi.
00:17:26Et quand le chirurgien m'a saîné ça, il m'a saîné très brutalement parce qu'il savait que je
00:17:30n'étais pas du tout la femme aménagée.
00:17:33J'avais horreur de tout ce qui est thérapeutique, goutte, etc., les petits soins.
00:17:38Eh bien, je lui ai tout de suite dit, bon, c'est foutu, c'est foutu.
00:17:43Vous avez accepté ?
00:17:45Vous avez accepté ?
00:17:46Je l'ai accepté tout de suite, ce verdict. Je ne sais pas pourquoi.
00:17:49Qu'est-ce que vous avez eu comme forme de cancer ?
00:17:51Eh bien, un cancer au sein, mais avec déjà des petits nodules inopérables.
00:17:59C'était il y a 19 ans, madame.
00:18:01Il y a 19 ans, inopérables.
00:18:03Et je sais très bien qu'on m'avait donné trois mois de sursis.
00:18:07Ça, je l'ai su.
00:18:08Mais on me l'a dit seulement 15 ans après, cette chose-là.
00:18:12Parce que je crois qu'à ce moment-là, j'aurais été knockout, j'aurais abandonné toute idée de lutte.
00:18:17Mais ce qui m'a sauvée, moi, c'est que c'était la période des vacances.
00:18:23Le chirurgien qui devait m'opérer, et je ne voulais pas être opéré par un autre, était en vacances.
00:18:28Et alors, pour limiter les dégâts, on m'a tout de suite expédié au cobalt.
00:18:32Et alors, la première fois, quand je me suis trouvée là, sur ce petit collimateur,
00:18:36je me suis dit, mais t'es folle de croire que ta guérison d'un cancer avancé,
00:18:41parce que je dis bien avancé, puisse être guérie par ce petit collimateur et cette petite lumière bleue.
00:18:47Eh bien, miracle, au bout de trois séances, mes douleurs, déjà assez conséquentes,
00:18:55se sont calmées immédiatement.
00:18:57Et avec la fin de mes premières souffrances, a commencé une immense espérance.
00:19:03Je dis, mais il n'y a pas de raison, effectivement, on me donne 70% de chance de survie,
00:19:11même si c'est deux ans, quatre ans, c'est toujours bon à prendre.
00:19:14Allez, ma fille, tu y vas.
00:19:15Et puis voilà, 19h30, miracle du cobalt, je suis encore là pour venir témoigner
00:19:21que même un cancer avancé peut se guérir.
00:19:28Est-ce qu'on ne le considère pas guérir ?
00:19:30Je dis toujours stabiliser.
00:19:32Et vous savez, je suis très prudente.
00:19:35C'est une rémission dure 50 ans.
00:19:37Oui, bien sûr.
00:19:39Mme des filles, est-ce que vous avez encore cet effet de Damoclès au-dessus de votre tête ?
00:19:44Je ne l'avais pas il y a 19h30, alors je ne l'ai pas davantage.
00:19:49Maintenant, je dois être née comme ça.
00:19:52À 20 ans, j'ai compris que tout le monde doit aller à la mort.
00:19:56J'ai eu un grand chose, je ne vais pas vous raconter ma vie ici, mais dès l'âge du
00:19:59matin, j'ai eu conscience que nous sommes très fragiles ici-bas
00:20:04et qu'il faut se créer d'autres issues que de se raccrocher uniquement à la vie.
00:20:12C'est un petit peu bouddhiste.
00:20:13Oui, des forces que je me suis créées, mais ce n'est pas une histoire de religion ici aujourd'hui.
00:20:19Je le dis pas, madame.
00:20:20Je crois que ça joue quand même.
00:20:20Ça joue les forces, les forces extraterrestres du jour.
00:20:25Vous êtes très croyante, Joël Rivard.
00:20:26C'est ça qui vous a dit.
00:20:26Oui, moi je suis très croyante.
00:20:28Je ne suis pas pratiquante, mais très croyante.
00:20:30Moi aussi.
00:20:31Et j'ai presque, je dirais, des preuves.
00:20:33Parce que, bon, j'ai été condamnée par les médecins à l'âge de 7 ans.
00:20:37Je suis restée des années couchée, sans bouger.
00:20:41Je ne devais pas vivre, je ne devais pas me marier, pas avoir d'enfant.
00:20:44J'ai des filles extraordinaires.
00:20:46J'ai des petits-enfants de 15 ans, c'est merveilleux.
00:20:48Et j'ai fait un nombre d'hôpitaux, de séjours en hôpitaux incroyables.
00:20:55Mais entre ces crises, entre ces séjours à l'hôpital, j'ai quand même chanté.
00:21:00J'étais mannequin, j'ai fait du cinéma, j'ai exposé, j'ai fait de la peinture.
00:21:04J'ai voulu justement, entre chaque étape de bonheur, prendre tout ça au maximum.
00:21:14Et encore, bon, j'ai été opérée du chœur une première fois en 68.
00:21:18On m'a fait une commissurotomie.
00:21:20Là, j'ai dit, bon...
00:21:21Il ne faut pas employer le terme trop technique, parce que nous, on est un peu...
00:21:23Non, c'est-à-dire qu'on a ouvert la valve, ma valve mitrale,
00:21:28qui s'était calcifiée, qui était devenue trop étroite, et le sang ne passait plus.
00:21:33Donc, j'ai tout fait complètement.
00:21:35Je m'étais beaucoup... J'ai beaucoup travaillé.
00:21:37Quand je suis rentrée d'Algérie, c'était très dur.
00:21:40Je me suis retrouvée du jour au lendemain sans rien couper de mon pays.
00:21:44Parce que c'était mon pays.
00:21:46Avant.
00:21:48Avec deux enfants, et j'ai dû faire face, et j'ai dû beaucoup, beaucoup travailler,
00:21:51parce que je me suis retrouvée sans rien du jour au lendemain.
00:21:54Et j'ai tellement travaillé qu'en 68, on m'a opérée une première fois.
00:21:58Donc, on a ouvert cette valve pour que je puisse...
00:22:03Que le sang repasse normalement.
00:22:05Et puis, j'ai dû me remettre au travail très vite,
00:22:07parce qu'il fallait vivre.
00:22:09Oui, mais est-ce que, excusez-moi, est-ce que le fait de travailler, justement, ne vous aidait pas à
00:22:14oublier ?
00:22:15Oui, à occulter, là-bas.
00:22:16Oui, absolument.
00:22:17De toute façon, on ne pense pas qu'on est malade.
00:22:20En plus, j'avais eu, de par toutes les médecines que j'ai absorbées pendant toute ma vie,
00:22:25j'ai un ulcère de l'estomac, un calcul de la vésicule, j'ai une arthrose lombaire,
00:22:29donc je me bourrais de médicaments, mais de toute façon, ça devenait automatique.
00:22:33Bon, un petit tranquillisant par-ci, et puis un petit doping.
00:22:36C'était un petit peu votre combat, votre forme de combat, le travail.
00:22:38Ah oui, c'est ma... Il faut se créer des buts, et puis la vie est là.
00:22:42La vie est là, et justement, ce que je voudrais dire, c'est qu'il y a toujours l'espoir.
00:22:48Et l'espoir, c'est justement se créer en des buts.
00:22:52Il ne faut pas penser à la maladie.
00:22:54Il ne faut pas penser à la mort.
00:22:56Il ne faut pas penser à tout cela.
00:22:58Autrement, on ne vivrait plus, parce que se laisser aller, se complaire,
00:23:01se dire j'ai mal là, ou j'ai mal là, je vais mourir, et ça ne va pas.
00:23:04D'abord, on perd ce qu'on aime, et c'est là où je le dis, justement,
00:23:08on ne vit pas avec les autres, à cause des autres, on vit pour les autres.
00:23:13Et c'est pour vivre, justement, moi j'ai vécu, pour voir grandir mes enfants,
00:23:19j'ai vécu à travers eux, à travers ce que j'aime.
00:23:22J'ai essayé de vivre pour eux.
00:23:25Donc, ce n'est pas eux qui m'ont aidé à vivre, c'est moi qui ai voulu vivre pour
00:23:29les assister.
00:23:30C'est ce que vous avez fait, Jocelyne Blorquet, vous avez vécu pour votre fils.
00:23:33Oui, moi j'ai deux expériences différentes.
00:23:36J'ai eu un cancer en 75, cancer du sein.
00:23:41Bon, ça n'a pas été la catastrophe.
00:23:44Bon, je me suis dit, bon, bah, j'avais eu d'autres maladies aussi,
00:23:48rubatisme articulaire aiguë, beaucoup moins grave que vous,
00:23:51mais j'avais fait une très grave pleurisie aussi.
00:23:54Enfin, j'ai eu pas mal de choses.
00:23:55Je me suis dit, bon, bah...
00:23:57C'en est une autre.
00:23:58Voilà.
00:23:59Mais, est intervenu...
00:24:01Bon, alors j'ai été opérée, j'ai eu les irradiations, le cobalt, etc.
00:24:05Mais je me remettais et j'ai eu une épreuve beaucoup plus difficile,
00:24:10beaucoup plus dure pour moi, beaucoup plus douloureuse que ce cancer,
00:24:13que ce premier cancer.
00:24:14J'ai perdu l'homme que j'aimais, d'un infarctus, subitement comme cela, dans sa voiture.
00:24:19Et ça, vraiment, là, j'ai frôlé la mort mentale.
00:24:23Et ça a été quelque chose d'épouvantable pour moi.
00:24:26C'est d'ailleurs la suite de cette mort que j'ai commencé à écrire comme une folle
00:24:31sur des cahiers, des colliers, mes notes, etc.
00:24:34Parce que je voulais continuer le dialogue avec celui qui m'avait quittée.
00:24:40Comme vous, je suis croyante.
00:24:41Et je crois en une vie dans l'au-delà, en posant bien des questions.
00:24:46Mais enfin, ça m'a permis de partir du non, je ne veux pas cette mort,
00:24:49jusqu'au oui, j'accepte, il le faut.
00:24:51Bon, je venais d'accepter, ça faisait un an, je venais d'accepter cette mort.
00:24:55J'ai été atteinte d'un second cancer, 5 ganglions sous les selles, etc.
00:25:00C'était beaucoup...
00:25:01J'ai compris que c'était déjà beaucoup plus grave que le premier.
00:25:04Alors là, c'est vrai, là j'ai décidé.
00:25:09Ça a été un choix pour moi.
00:25:11Parce que l'année précédente, je ne voulais plus vivre.
00:25:15Je me sentais obligée de vivre par amour, justement, pour mon fils,
00:25:20notamment qui était jeune adolescent,
00:25:22et puis pour tous ceux qui étaient attachés à moi,
00:25:24mais surtout pour mon fils.
00:25:26Mais je me sentais cernée entre le devoir de vivre et l'impossibilité de vivre
00:25:30sans cet homme qui m'avait beaucoup aidée,
00:25:33qui m'avait beaucoup aimée, que j'aimais beaucoup.
00:25:37Et sans lui, bon, avec ce deuxième cancer,
00:25:41là j'ai décidé, j'ai décidé, c'est vrai que j'ai fait le choix.
00:25:45Et ce n'était pas pour moi, comme le dit exactement,
00:25:48c'était pour ceux que j'aimais,
00:25:50pour ceux...
00:25:51Ça a été d'abord l'amour pour les autres,
00:25:53pour ma vie aussi, parce que j'aime beaucoup la vie, bien sûr.
00:25:56Mais à cette époque, j'étais dans un tel état d'esprit
00:25:58que je n'aimais plus tellement la vie.
00:25:59La vie, pour moi, ça ne répondait plus.
00:26:01Ça a beaucoup changé, bien sûr.
00:26:03C'était pour moi dans ces dernières années.
00:26:04Mais il y a eu une remontée à la fois.
00:26:06J'ai donc combattu contre deux choses.
00:26:09Contre mon second cancer, avec chimiothérapie, etc.
00:26:13Mais pendant plusieurs années,
00:26:14mais aussi contre ce deuil,
00:26:15contre cette mort mentale, petit à petit.
00:26:19Madame Champreau, j'entendrais.
00:26:20Oui, Madame Champreau, vous voulez intervenir.
00:26:22Vous savez, je ne me permets pas tout à fait
00:26:24de m'immiscer dans votre...
00:26:26Enfin, hélas, dans votre maladie,
00:26:28il y a presque beaucoup d'entre nous.
00:26:31Ce cancer, il paraît qu'il faut beaucoup le moral, etc.
00:26:35Mais je ne suis absolument pas de votre avis.
00:26:37À plusieurs de vous.
00:26:39Vous avez dit à plusieurs prises,
00:26:40je crois que c'est vous, madame et vous, madame,
00:26:42je n'ai plus envie de vivre, etc.
00:26:43Mais ce n'est pas du tout ça pour moi.
00:26:46La vie, pour moi, avant déjà,
00:26:48cela était important.
00:26:49Maintenant, c'est au-dessus de tout.
00:26:51Et ça, je ne peux pas arriver, personnellement,
00:26:54à comprendre qu'on n'ait plus le goût de vivre.
00:26:58J'ai failli mourir.
00:27:00Oui, c'est même vous qui dites,
00:27:01je ne baisse pas les bras.
00:27:02Mais vous l'avez dit, vous l'avez dit après,
00:27:04quand vous êtes mieux ou quand vous avez été guéri.
00:27:07Mais avant, moi, je ne pouvais pas choisir
00:27:10et de dire si j'allais vivre ou mourir,
00:27:13j'allais mourir.
00:27:14C'est un chirurgien qui m'a sauvée la vie.
00:27:16C'était une salle chevaux.
00:27:17C'est ça.
00:27:18Bon, après, d'accord,
00:27:20la vie est extraordinaire pour moi.
00:27:22Vous ne parlez pas tout en même temps.
00:27:23Mais ne dites pas, la vie,
00:27:24j'en voulais plus.
00:27:25Attendez, je vous ai dit, attendez, attendez, attendez, attendez.
00:27:28Je voudrais, s'il vous plaît,
00:27:29avant, avant, s'il vous plaît,
00:27:31je comprends très bien.
00:27:32Ce n'est pas pour ma maladie.
00:27:33Je voudrais que Mme Adonis,
00:27:34qui a une expérience tout à fait différente de la vôtre,
00:27:38qui est particulière à chacune de vous,
00:27:40Mme Adonis voit tous les jours
00:27:41des gens qui sont confrontés à la mort.
00:27:44Comment réagissent-ils
00:27:46et comment les aidez-vous ?
00:27:47Est-ce que vous les aidez ?
00:27:48Eh bien, j'espère et je pense que nous les aidons.
00:27:51D'ailleurs, vous me le direz si nous vous aidons.
00:27:53Mais ce que je voulais ajouter,
00:27:55c'est qu'effectivement, vos deux expériences,
00:27:56je les vis tous les jours.
00:27:58Parce qu'il est vrai que dans votre cas, Madame,
00:28:00vous n'avez pas eu à choisir.
00:28:01Et c'est, à mon avis, encore malheureusement,
00:28:03trop souvent le cas.
00:28:05Vous n'aviez pas le choix.
00:28:06Je veux dire que vous n'aviez ni à choisir de mourir,
00:28:08ni de vivre,
00:28:09puisque vous n'étiez pas physiquement en état de choisir.
00:28:13Vous étiez gravement malade.
00:28:14Les médecins et votre entourage ont choisi pour vous
00:28:17la solution qu'il fallait.
00:28:19Et c'est après, je crois que vous, vous avez aidé.
00:28:21C'est après, bien sûr.
00:28:22C'est après que vous êtes intervenu.
00:28:23Parce que vous étiez enfin conscient de ce qui vous arrivait.
00:28:27Et dans les autres cas où vous,
00:28:28vous étiez en pleine possession de vos moyens
00:28:31et que vous pouviez choisir,
00:28:32puisque vous saviez ce que vous avez
00:28:34et vous avez eu à choisir.
00:28:35Mais est-il vrai qu'il y a un choix ?
00:28:38C'est là où je vous rejoins un petit peu, Agna.
00:28:40Je crois qu'on a envie de vivre, effectivement.
00:28:42On ne se pose pas forcément la question.
00:28:44Et on est malade et on se soigne.
00:28:48Il faut se soigner parce qu'on apprécie les...
00:28:51Madame Adonis, absolument.
00:28:53Simplement, moi, je crois qu'on ne s'est pas bien compris tout à l'heure.
00:28:55Moi, je pense que, en tous les cas, pour ce qui est de l'héroïne de mon livre et pour
00:28:58moi,
00:29:00si elle a eu un cancer parce qu'elle voulait mourir,
00:29:02c'est qu'en fait, toute sa vie, depuis qu'elle est petite,
00:29:05et c'est valable, votre histoire le prouve aussi,
00:29:07vous avez eu une rechute après la mort de votre amie.
00:29:10C'est un second cancer.
00:29:12Moi, très souvent, je me suis aperçue que les gens avaient des cancers
00:29:15à la suite de la perte d'un être cher,
00:29:18de l'incapacité de faire le deuil.
00:29:20Et pour ce qui est de moi, c'est vrai,
00:29:21parce que moi, mon père a été déporté quand j'étais très petite
00:29:24et j'ai passé mon temps à l'attendre.
00:29:26Et c'est seulement quand j'ai eu un cancer que j'ai failli mourir
00:29:28que je me suis dit, bon, c'est vrai, il reviendra plus.
00:29:30Il est vraiment mort à Auschwitz.
00:29:31Mais avant, je continue à temps.
00:29:33Oui, mais elle est en coma, je veux dire.
00:29:34Et puis, certainement, elle a fait une maladie en coma,
00:29:37mais on veut mourir, on a un cancer souvent à cause de ça.
00:29:41Et quand on a un cancer, quand il est vraiment là,
00:29:43la mort est là.
00:29:44Et c'est à partir de ce moment-là que certaines personnes
00:29:46s'engouffrent dans la mort, et d'autres, comme moi,
00:29:48se sont dit, mais c'est une connerie absolument invraisemblable.
00:29:51La mort, ça n'a aucun intérêt, elle se l'intéresse, c'est la vie.
00:29:54Et qu'alors là, animalement, on décide de vivre.
00:29:57Je ne voudrais pas faire de médecine, parce que...
00:29:59Mais tous les cancers n'ont pas un pronostic de mort.
00:30:03Mais est-ce qu'elle se fait son cancer, Mme Adeline ?
00:30:05Écoutez, je ne saurais pas répondre à cette question.
00:30:08On se la pose, effectivement, depuis très longtemps.
00:30:10Alors, je ne suis pas sûre qu'on se fasse son cancer.
00:30:13Par contre, il est vrai que lorsque l'on lutte,
00:30:16lorsque l'on prend sa maladie en main,
00:30:17lorsque l'on prend les choses avec l'équipe,
00:30:19et non contre l'équipe, avec sa famille,
00:30:21et non contre, il est évident que ça se passe bien.
00:30:24Les relations, les...
00:30:25Enfin, les choses se passent beaucoup mieux, c'est évident.
00:30:28Ça s'éclaircit, et les relations sont...
00:30:30Vous qui êtes infirmière, vous avez bien rendu compte
00:30:32que quand, par exemple, un malade a une bonne relation
00:30:35avec son médecin, a une bonne relation avec l'infirmière,
00:30:39à un jour de lui, comme madame, un mari, des enfants,
00:30:43des amis avec qui il a des relations affectives très fortes,
00:30:47souvent le cancer régresse,
00:30:48et on ne sait pas si c'est grâce à la chimiothérapie,
00:30:51ou si c'est grâce, finalement, à tout cet amour,
00:30:53à cet instinct de vie qui l'emporte.
00:30:55Alors, on peut aussi se dire qu'après tout,
00:30:57si l'amour et l'harmonie
00:31:00peuvent faire égresser une tumeur,
00:31:02le contraire peut la provoquer.
00:31:04Et on peut imaginer qu'une vie...
00:31:06Ah si !
00:31:07Est-ce que vous pensez que parce que nous avons eu un chagrin,
00:31:10nous avons perdu quelqu'un de chère,
00:31:11on aura un cancer ?
00:31:13Non, pas tout le monde !
00:31:14J'ai perdu maman il y a deux ans,
00:31:15c'est pas pour ça que mon cancer est sédif.
00:31:17C'est certainement pas, j'y crois pas !
00:31:19J'ai eu beaucoup de mal à assumer la mort de maman,
00:31:21d'ailleurs c'est toujours terrible.
00:31:23Mais c'est pas pour ça que mon cancer revient,
00:31:25certainement pas !
00:31:26Je crois que de toute façon,
00:31:27on parle du cancer,
00:31:29mais bon, il y a des cas...
00:31:30Madame, elle dit que c'est parce que nous avons eu un chagrin
00:31:33que ça peut nous faire avoir un cancer.
00:31:35Mais dans toutes les maladies, je crois que c'est un problème.
00:31:36Non, je pense pas.
00:31:37Attendez, ne parlez pas tout en même temps.
00:31:38Joël, effectivement,
00:31:39que la thérapeutique indispensable aux graves maladies,
00:31:44c'est les rapports, l'intimité,
00:31:48les confidences qui peuvent s'établir
00:31:50avec le médecin, les médecins et les infirmières.
00:31:53J'ai fait des séjours dans des hôpitaux
00:31:55où j'ai horriblement souffert.
00:31:58On m'a pas mal traité,
00:32:01mais traité comme un numéro.
00:32:04Traité où j'ai eu des examens absolument épouvantables,
00:32:07qui ont été très douloureux,
00:32:09et où on ne s'est pas vraiment préoccupé.
00:32:12Par contre, je dois reconnaître que
00:32:14ces quatre dernières années, j'étais condamnée.
00:32:17Mon cœur était trop touché.
00:32:20Tous les professeurs que j'avais vus m'avaient dit
00:32:22« Il faut changer les trois valves.
00:32:25Votre muscle est usé.
00:32:27Il y a peu de chances que ça réussisse.
00:32:29Surtout que vous avez quand même un ulcère,
00:32:31un calcul, vous êtes sous anticoagulant.
00:32:34Vous êtes usé.
00:32:35Vous êtes marié à 16 ans.
00:32:36Vous avez eu une vie vraiment,
00:32:37vous avez beaucoup de travail.
00:32:38Vous êtes usé. »
00:32:40Donc, j'avais baissé les bras.
00:32:42Je dois dire que je n'avais plus envie de vivre.
00:32:45J'étais couchée ces trois dernières années.
00:32:47Je n'avais plus envie.
00:32:48Bon, je me laissais aller.
00:32:50Et puis, on m'a annoncé une nouvelle agréable
00:32:53pour mon petit-fils,
00:32:56que je devrais être là dans six mois.
00:32:58Alors, j'ai été revoir un autre professeur.
00:33:01Et je dois dire que je suis tombée en Oise-Parey,
00:33:04là, dans un service que je veux nommer,
00:33:07parce qu'il est d'une humanité.
00:33:11Le service de cardiologie d'Oise-Parey,
00:33:13c'est, je crois, le premier du monde.
00:33:15J'ai fait des hôpitaux en France,
00:33:18à Zurich, à Lyon.
00:33:20On m'a dit, il faut aller aux États-Unis.
00:33:22Je vais vous dire,
00:33:23bon, on n'a pas besoin d'aller aux États-Unis.
00:33:25En France, dans ce service,
00:33:27les infirmières, les assistants,
00:33:29à la pitié,
00:33:31ça a été fantastique
00:33:32et je n'ai pas souffert.
00:33:33On m'a portée à cette opération
00:33:35que je redoutais,
00:33:37que je ne voulais pas y aller.
00:33:38On m'a dit que c'était impossible.
00:33:40On a commencé pour me dire,
00:33:42on va vous faire,
00:33:42on va vous remplacer une valve.
00:33:44Et puis, il faudra peut-être faire les deux.
00:33:46Et puis, non, il y aura peut-être les trois.
00:33:48Mais enfin, ce n'est pas sûr.
00:33:49On verra sur place.
00:33:50Et on m'a portée à cette opération
00:33:52sans que je ne m'en aperçoive.
00:33:55Ça, c'est formidable.
00:33:56Les professeurs venaient,
00:33:57ils discutent avec moi.
00:33:58Mais non, que ce que vous avez le cas à faire ?
00:33:59Et ça, c'est très important.
00:34:01Et ça, c'est vraiment très important.
00:34:04Et je remercie les médecins
00:34:06et les infirmières
00:34:06et tous les assistants.
00:34:07Je crois que ce qui est de vous aider.
00:34:10Madame Adonis,
00:34:10lorsque vous êtes face à un malade
00:34:12qui ne veut pas se battre,
00:34:14quels sont les arguments que vous employez ?
00:34:16Nous essayons effectivement de le convaincre
00:34:19ou de la convaincre.
00:34:20Mais il y a effectivement,
00:34:22c'est toute une équipe.
00:34:23Je crois que certaines personnes de l'équipe
00:34:26peuvent échouer,
00:34:27d'autres réussir.
00:34:28Mais je crois que c'est vrai,
00:34:29le premier contact,
00:34:30la confiance que le malade va donner
00:34:31dans son médecin ou son chirurgien
00:34:33est quelque chose de déterminant
00:34:35pour toute la suite,
00:34:36pour ce qui va suivre.
00:34:37Et puis, interviennent tout de suite
00:34:40toutes les personnes de l'équipe
00:34:42et tout ce qui peut se passer
00:34:44entre un malade, son infirmière
00:34:46et quelque chose de capital.
00:34:47Et les malades me le disent
00:34:49très fréquemment.
00:34:50D'ailleurs, les malades qui savaient
00:34:51que cet après-midi,
00:34:52j'allais participer à cette émission,
00:34:54ont dit,
00:34:54dites-le combien vous nous aidez,
00:34:56dites-le combien nous,
00:34:56nous avons besoin de vous.
00:34:58Dites-le combien,
00:34:59et c'est vrai,
00:35:00et moi je rends hommage aussi
00:35:01à mes infirmières
00:35:02qui sont journellement,
00:35:06qui pendant longtemps,
00:35:07de longs mois,
00:35:07des années,
00:35:08quelques fois avec les malades,
00:35:09les voient, les revoient,
00:35:10et c'est vrai que reconnaître un malade,
00:35:12parce que vous disiez tout à l'heure
00:35:14un numéro,
00:35:14moi je ne peux plus supporter ça,
00:35:16reconnaître le malade,
00:35:17l'appeler par son nom,
00:35:19lui demander,
00:35:19bon, ça ce sont les petites choses.
00:35:21Alors maintenant,
00:35:21il y a des choses,
00:35:22peut-être un petit peu plus profondes,
00:35:23ou est-ce qu'on pourrait en discuter,
00:35:25c'est-à-dire,
00:35:26lorsque vraiment le malade est couragé
00:35:27ou ne veut pas se battre,
00:35:29est-ce que nous faisons quelque chose ?
00:35:31Ania va dire que...
00:35:32Ania et Mme Blanc,
00:35:33je vais vous dire que vraiment moi,
00:35:36au début,
00:35:36je supportais très très très mal
00:35:38la chimiothérapie,
00:35:39dès qu'on approchait l'aiguille,
00:35:41je manquais de tourner de l'œil,
00:35:42et vraiment,
00:35:44j'ai été soignée par des infirmières
00:35:46très jeunes,
00:35:47qui sont les reines de la perfusion,
00:35:48qui piquent merveilleusement,
00:35:49qui sont des filles très simples,
00:35:50mais qui comprenaient tout,
00:35:52et qui avaient une façon,
00:35:53alors qu'elles auraient pu être mes filles,
00:35:55de me parler d'une façon un peu bourrue,
00:35:57alors tout le monde s'appelle par son prénom,
00:35:59se tutoie,
00:36:00on connaît les histoires,
00:36:01la vie personnelle des infirmières,
00:36:02leurs problèmes,
00:36:03il y a une espèce de...
00:36:05C'est un peu comme une famille,
00:36:07et finalement on tutoie les médecins,
00:36:08enfin là où j'ai été soignée,
00:36:09et c'est extraordinaire,
00:36:10et je dois dire,
00:36:11je ne sais pas si elles m'en regardent aujourd'hui,
00:36:12parce que...
00:36:13Mais vraiment,
00:36:14je crois que sans elles,
00:36:15je crois que je ne serais pas soignée cette personne.
00:36:17Oui, oui,
00:36:17mais d'ailleurs,
00:36:17les malades le manifestent en permanence,
00:36:19leur attachement et leur reconnaissance.
00:36:21On leur offre des cadeaux.
00:36:22Ce n'est pas seulement des cadeaux,
00:36:23mais je veux dire que...
00:36:24Oui, il y a aussi,
00:36:25mais c'est surtout ce...
00:36:30la perfusion que l'on dit...
00:36:31Et quand on est accueillé avec un sourire,
00:36:33avec un petit mot gentil...
00:36:35Oui, mais il y a quand même
00:36:35toute une part de votre combat,
00:36:37vous toutes,
00:36:37qui a été un combat solitaire.
00:36:39moi je pense que les médecins,
00:36:39les chirurgiens nous apportent
00:36:40leur science, leur savoir.
00:36:42Et nous,
00:36:42nous devons leur apporter notre aide
00:36:43par notre courage et notre force.
00:36:45Absolument.
00:36:45Et je pense que cette rencontre,
00:36:46c'est 50% de l'agérissant.
00:36:48Enfin, moi, c'est mon...
00:36:49En fait, il ne faut pas qu'aujourd'hui...
00:36:50C'est une aide énorme.
00:36:51C'est-à-dire qu'à la fois...
00:36:53Enfin, ce que je raconte dans mon roman,
00:36:54c'est-à-dire qu'à la fois,
00:36:55au début de la maladie,
00:36:57on a tendance un peu à s'infantiliser.
00:37:00Donc, on est complètement...
00:37:01On se fait materner par les infirmières.
00:37:03Puis, il y a un moment
00:37:03où on se prend en main
00:37:04et il peut y avoir des conflits.
00:37:06Parce que les infirmières,
00:37:08moi, ce que je raconte dans mon roman,
00:37:09c'est que le groupe de femmes
00:37:11qui est dans mon roman
00:37:11se rebellent à un moment.
00:37:13Parce qu'elles font
00:37:13une espèce de commando guerrier.
00:37:14Elles décident qu'il y en a marre
00:37:15et pour vivre,
00:37:16elles changent leur relation
00:37:18avec leur mari,
00:37:19avec tout leur entourage
00:37:20et aussi avec les médecins
00:37:21et les infirmières.
00:37:22Et ça pose des problèmes
00:37:23parce que les infirmières
00:37:24trouvent qu'elles font trop de bruit,
00:37:26qu'en particulier,
00:37:27elles font toujours la fête.
00:37:28Elles sont dans la salle de chimiothérapie
00:37:30en train de s'échanger des fringues,
00:37:31de se raconter leurs amours.
00:37:33Et tout ça,
00:37:34c'est un peu la perturbation.
00:37:35Alors, il y a un...
00:37:36C'est pas dans tous les occupiers.
00:37:38En même temps, c'est la vie.
00:37:39C'est pas dans tous les occupiers de choses.
00:37:40Ne parlez pas tout en même temps.
00:37:41Je suis bloquée.
00:37:42Vous avez été très choquée
00:37:43par ce passage du livre
00:37:44de Nia Franco.
00:37:45Oui, parce que c'est pas dans tout.
00:37:49C'est peut-être un bon son.
00:37:51Mais là, il y a de la vie.
00:37:53Mais c'est ça.
00:37:54C'est vraiment.
00:37:55En fait, quelqu'un d'accord.
00:37:56Celui qui n'a jamais péché,
00:37:57elle n'a jamais déniensé.
00:37:59Attendez, je voudrais que j'ai l'occasion de parler.
00:38:01Je suis si bien, ils doivent nous entendre.
00:38:02Non, ça n'a pas d'importance.
00:38:03C'est de trouver son harmonie.
00:38:04Mais quand même,
00:38:05je suis vraiment si bien d'entendre tout ça.
00:38:08Madame Champreau, on vous t'en va par là-bas.
00:38:09C'est celle de toutes mes comptagnes
00:38:11et celle aussi de toutes les personnes
00:38:13qui m'écrivent depuis deux ans
00:38:15et que je vois au cours de petites réunions,
00:38:18de petits débats,
00:38:19puisque je diffuse moi-même mon livre.
00:38:21Je n'ai pas l'éditeur.
00:38:22Et je le diffuse.
00:38:24Il y en a d'ailleurs 50% pour le comité de la Ligue
00:38:26qui m'a aidée, pour les remercier, bien sûr.
00:38:29Eh bien, je dialogue avec beaucoup de femmes
00:38:31et c'est quelque chose de tout à fait différent.
00:38:34Bon, ça n'a rien à voir avec vous,
00:38:36mais c'est tout à fait différent.
00:38:37Mais l'équipe, l'esprit de famille,
00:38:40alors là, d'accord, c'était...
00:38:41D'ailleurs, l'hôpital, j'appelais ça
00:38:43ma résidence secondaire.
00:38:45C'était un petit peu grand à mon goût,
00:38:46mais c'était ma résidence secondaire.
00:38:48Et j'étais très...
00:38:50Disons que la vie un peu...
00:38:52Parce qu'il y a des histoires d'amour.
00:38:53Pas d'amour.
00:38:54Justement, je n'ai pas trouvé d'amour.
00:38:56J'ai trouvé du sexe, mais pas d'amour.
00:38:58Oui, voilà.
00:38:59Mais je ne veux pas faire la critique de votre livre.
00:39:01Pas du tout.
00:39:02Parce que nous parlons...
00:39:02Moi, je raconte une réalité.
00:39:03Moi, j'ai...
00:39:05Non, non, non.
00:39:07Je l'ai dit l'autre fois à la télévision,
00:39:08c'est un peu choquant,
00:39:09mais dans tous les millions,
00:39:10on fait l'amour,
00:39:11il y a des histoires d'amour,
00:39:12et c'est normal.
00:39:13Et je dis à la télévision,
00:39:14les journalistes ont des histoires entre eux,
00:39:16à l'hôpital, il peut arriver
00:39:17qu'il y ait des histoires
00:39:18entre infirmières et médecins,
00:39:20entre malades et médecins.
00:39:21Il ne faut pas généraliser.
00:39:22Mais je n'ai pas généralisé.
00:39:23C'est la conche.
00:39:24Attendez.
00:39:24Madame Roux, elle voudrait intervenir
00:39:26et Madame Jean-Proulx aussi.
00:39:27Madame Jean-Proulx.
00:39:28Oui, mais j'ai trouvé beaucoup,
00:39:29beaucoup, justement,
00:39:30de...
00:39:31Dans la deuxième partie du livre,
00:39:32ça fait...
00:39:32Oui, mais moi,
00:39:34ce que j'ai trouvé à l'hôpital,
00:39:35chez moi, là-bas, dans une vie,
00:39:36c'est quelque chose familial,
00:39:40très...
00:39:41Vous n'êtes pas contraire à nous ?
00:39:42Non, absolument pas.
00:39:43Non, absolument pas.
00:39:44On se racontait nos problèmes personnels,
00:39:47mais avec quand même
00:39:48une certaine pudeur
00:39:50et une certaine...
00:39:51Oh là là !
00:39:51Non, non, non, mais un certain...
00:39:53Je ne vois pas pudeur au point de vue sexe,
00:39:55mais une certaine pudeur, justement,
00:39:56pour les personnes qui souffraient.
00:39:58Par exemple,
00:39:59les personnes qui souffraient terriblement
00:40:01et qui n'acceptaient pas leur calvitie.
00:40:03C'est arrivé.
00:40:04Il y a des femmes qui n'acceptent absolument pas
00:40:06ou des mères, des mamans
00:40:08qui n'acceptent pas la calvitie de leur enfant.
00:40:11Moi, j'en ai vu,
00:40:11j'ai vu des mamans pleurer
00:40:13parce que leur enfant avait le crâne chauve.
00:40:16Alors moi, ça m'est arrivé, bien sûr,
00:40:18de...
00:40:19J'ai eu du mal à l'accepter aussi.
00:40:20Mais enfin, ça m'est arrivé
00:40:21de plaisanter
00:40:22et de parler de mon crâne, etc.
00:40:25Mais du mien,
00:40:26mais pas de celui des petits-enfants ou autres.
00:40:28Mais je voudrais me dire quelque chose.
00:40:30Les femmes malades
00:40:31sont des femmes comme les autres.
00:40:33Et dans la vie,
00:40:34quand des femmes se rencontrent,
00:40:35elles parlent toujours de la même chose.
00:40:36Elles parlent de leurs enfants,
00:40:37de leurs amours
00:40:38et aussi de sexe comme partout.
00:40:41Et on a écrit un roman
00:40:43qui se passe autour d'un répondeur
00:40:44et moi, je pense,
00:40:46où les femmes se racontent des histoires.
00:40:47Moi, ce qui m'a frappée à l'hôpital,
00:40:49c'est ça, justement,
00:40:50c'est que les femmes malades
00:40:51ont exactement les mêmes problèmes
00:40:53que les autres femmes
00:40:53et se racontent les mêmes histoires.
00:40:55Est-ce que vous pensez
00:40:55que la maladie lève les tabous ?
00:40:57Oui, complètement.
00:40:58Je cache une très grande sensibilité,
00:41:01peut-être sous des mots,
00:41:03sous des phrases
00:41:04qu'elle veut, justement,
00:41:06asserrer.
00:41:07Mais on la retrouve vraiment
00:41:09à un certain passage de votre livre
00:41:11où, d'une part, vous dites
00:41:12« Je ne crois pas en Yéhovah »
00:41:14et que, de ligne plus loin,
00:41:17vous implorez ce Dieu des Juifs,
00:41:19des Protestants,
00:41:20en disant
00:41:22« Donnez-nous tous les mots,
00:41:26donnez-nous toute la souffrance,
00:41:28mais épargnez nos enfants. »
00:41:29Écoutez,
00:41:30c'est votre...
00:41:31C'est ça,
00:41:32c'est ça,
00:41:33c'est votre façon de vivre.
00:41:35Oui, parce que je voudrais vous demander
00:41:36à tous...
00:41:37Bon, même j'en prouve
00:41:38dans toutes les lérolines
00:41:39de mon livre.
00:41:40Enfin, Agnès,
00:41:41c'est quand même
00:41:41un peu votre façon.
00:41:42Qu'est-ce que ça a changé ?
00:41:44Toutes ces épreuves,
00:41:45qu'est-ce que ça a changé
00:41:46dans votre vie ?
00:41:47Quel regard, maintenant,
00:41:48vous portez sur la vie ?
00:41:49Madame Chanton,
00:41:50vous pouvez pas...
00:41:50Écoutez,
00:41:51une seconde.
00:41:52Quand on est isolé,
00:41:54Madame,
00:41:54pendant trois mois
00:41:55dans une chambre,
00:41:56on ne peut pas échanger
00:41:58ses habits avec une autre,
00:41:59parler du sexe...
00:42:00C'est un problème du rhum.
00:42:02Écoutez,
00:42:03je crois beaucoup aux romans,
00:42:04peut-être que je ne l'ai pas lu,
00:42:05je vais le lire avec plaisir,
00:42:06mais n'exagérons pas.
00:42:07Quand on est malade...
00:42:09Non, non, mais vous m'avez dit
00:42:10qu'on parle de sa famille,
00:42:12mais il faut avoir quelqu'un
00:42:13avec qui parler.
00:42:15Moi, j'avais uniquement,
00:42:16bien sûr,
00:42:17les visites de ma famille,
00:42:18de mon mari,
00:42:19chaque jour,
00:42:20mais le reste du temps,
00:42:22c'est à ces dames.
00:42:23C'est ces dames
00:42:24que j'attendais
00:42:25la porte d'entrée,
00:42:26mais pas le restant...
00:42:28Ah, on est malade ?
00:42:28Les autres malades ?
00:42:29Non, non, non,
00:42:30cette dame qui est ici,
00:42:31qui est une...
00:42:32Mais les autres malades,
00:42:33je ne l'ai jamais vues.
00:42:34Ah, madame qui est infirmière,
00:42:36parce que j'étais isolée.
00:42:37Explique.
00:42:38Parce que moi,
00:42:38je sais que je peux
00:42:38être un amie qui est enfermée
00:42:40au stérile pendant des mois
00:42:42et qui ont eu des relations
00:42:43très intenses affectives,
00:42:45d'amour,
00:42:45je ne parle pas de sexe,
00:42:47avec les infirmières
00:42:49et avec les médecins.
00:42:50Mais qu'est-ce que c'est
00:42:51qu'une relation d'amour ?
00:42:52Ce n'est pas du tout...
00:42:52Ça ne veut pas dire faire l'amour,
00:42:53une relation d'amour,
00:42:54c'est une relation...
00:42:55Un échange très fort.
00:42:57Et ça, on peut l'avoir.
00:42:58Madame était infirmière,
00:42:58elle peut le dire.
00:42:59Il vous est arrivé d'avoir
00:43:03cette maladie a changé
00:43:04quelque chose
00:43:05dans votre personnalité.
00:43:07Oui, j'ai envie
00:43:07de brûler des étapes.
00:43:10C'est-à-dire ?
00:43:13Vous osez vivre davantage ?
00:43:15Ah oui, j'ai envie.
00:43:16Oui.
00:43:16J'ai envie de voir
00:43:17des tas de choses.
00:43:18Déjà, ça nous a contrarié
00:43:19des projets.
00:43:21Alors, ces projets,
00:43:22j'ai envie de guérir
00:43:23très vite maintenant
00:43:23pour que les projets
00:43:25reviennent réalité.
00:43:26Il y avait mon mari militaire,
00:43:28nous avions une mutation.
00:43:29Bon, on m'a dit,
00:43:30il faut attendre.
00:43:31Mais je n'ai pas envie
00:43:32d'attendre.
00:43:32Parce que je trouve
00:43:33que vis-à-vis de mon mari,
00:43:35c'est bête.
00:43:36Il attendait ça, moi aussi.
00:43:37Alors, bon,
00:43:38j'ai envie de guérir
00:43:38très très vite.
00:43:39Et je guérirai très très vite.
00:43:41Là, j'attends avec impatience
00:43:43le scanner de fin octobre.
00:43:44Eh bien, j'ai hâte
00:43:46qu'on me dise,
00:43:46bon, ben, ce sont des...
00:43:48Je m'excuse.
00:43:49Des cellules évolutives.
00:43:50Donc, ce ne sont pas
00:43:51des cellules évolutives,
00:43:52que c'est simplement
00:43:52des anomalies.
00:43:54La scintigraphie osseuse
00:43:54est bonne.
00:43:55Encore pas d'une autre technique.
00:43:57Beaucoup des examens
00:43:59sont très bons.
00:44:00Il y a que le scanner
00:44:00qui, bon, ben,
00:44:01il me reste là.
00:44:03Oui.
00:44:03Mais ça m'a changé
00:44:05la façon de...
00:44:05J'ai envie de faire des...
00:44:06Mais je fais des tas de choses.
00:44:07Madame Bichoux,
00:44:08est-ce que ça a également
00:44:09fait tomber des tabous
00:44:10que vous aviez
00:44:11par votre éducation,
00:44:12par vos habitudes, etc.?
00:44:13Est-ce que vous allez
00:44:14davantage de l'avant?
00:44:15Est-ce que vous allez
00:44:16directement à l'essentiel maintenant?
00:44:18Non, je vis quand même
00:44:19de la même façon
00:44:19qu'avant, je pense.
00:44:20Par contre,
00:44:21je ne travaillais pas.
00:44:22Puis que je me suis mariée,
00:44:23je n'ai pas travaillé.
00:44:24Là, je me suis mise à travailler.
00:44:25Je reconnais pour me changer
00:44:26les idées au départ.
00:44:27Je vous le dis dans ma lettre,
00:44:28pour me changer les idées.
00:44:29Puis après,
00:44:30j'ai trouvé que c'était
00:44:30très agréable.
00:44:32Et puis,
00:44:32je fais de la peinture sur soi,
00:44:34ça me plaît,
00:44:34ça me défoule,
00:44:35ça me change les idées.
00:44:36Je fais de la gymnastique.
00:44:37Est-ce que ça a changé
00:44:38votre rapport avec les autres?
00:44:39Est-ce que ça a changé
00:44:39votre rapport
00:44:40avec le quotidien de la vie?
00:44:44Je ne sais pas.
00:44:44Vous voyez,
00:44:45c'est différent.
00:44:46Quand les gens me demandent
00:44:46comment ça va,
00:44:47Mme Bichoux,
00:44:48au début, je disais,
00:44:49oh, ben, vous voyez,
00:44:49ça a l'air de récidiver.
00:44:54Ça va, j'ai en pleine forme.
00:44:56Je ne veux pas être plein.
00:44:57Je ne veux pas
00:44:58qu'on me prenne
00:44:59pour quelque chose
00:44:59en pitié, là.
00:45:00Bon, ben, j'ai ça, j'ai ça.
00:45:02Puis, c'est tout.
00:45:03On continue, on fonce,
00:45:04on va de l'avant.
00:45:04J'ai trois enfants.
00:45:05Je ne veux pas leur montrer
00:45:06une maman moche,
00:45:08une maman déprimée,
00:45:09une maman sans joie.
00:45:10Je ne veux pas.
00:45:10Mais est-ce que les contrariétés,
00:45:12les choses qui vous contrariez
00:45:13auparavant,
00:45:14avant votre maladie?
00:45:15Ah, ça, je reconnais que,
00:45:16comme vous dites,
00:45:17tenez, un exemple tout bête.
00:45:19Je suis mère de famille,
00:45:20femme de ménage,
00:45:24d'un côté.
00:45:25Bon, la poussière,
00:45:26le ménage,
00:45:27on passe par l'aspirateur,
00:45:28on le fera demain.
00:45:29Voilà, vous voyez,
00:45:29ça, d'accord.
00:45:31Et surtout,
00:45:31quand on faisait
00:45:32la chimiothérapie,
00:45:33bon, vous savez...
00:45:34Est-ce que vous avez
00:45:35l'impression de vivre
00:45:36encore plus qu'avant?
00:45:37Ah, oui,
00:45:38je n'ai jamais été
00:45:38si dynamique.
00:45:40Ah, oui, j'ai...
00:45:41Je dis, j'ai même,
00:45:42vous voyez,
00:45:42c'était un truc tout bête.
00:45:43J'ai acheté des plantes vertes,
00:45:44j'ai envie de voir pousser
00:45:45la vie devant moi.
00:45:46C'est ridicule,
00:45:47les plantes vertes,
00:45:48mais je les vois grandir,
00:45:49je les vois pousser,
00:45:50voilà.
00:45:51Quand j'étais à l'hôpital,
00:45:52je suis 42 jours dans mon lit,
00:45:53je voyais les écureuils
00:45:55sauter dans les arbres.
00:45:56Mais si vous saviez
00:45:57comme j'avais envie
00:45:57de faire comme eux,
00:45:58et je dis à mon mari,
00:45:59quand je sortirai de là,
00:46:00tu m'amèneras courir
00:46:01dans les bois,
00:46:01tu m'amèneras faire
00:46:01des tas de choses simples.
00:46:03Mais j'avais envie
00:46:04de tas de choses comme ça.
00:46:05Madame a dit
00:46:05la chose de très important.
00:46:07Je crois que finalement,
00:46:08quand on est très malade,
00:46:09on s'aperçoit
00:46:10que ce qu'on a envie de faire,
00:46:11ce n'est pas du tout la lune.
00:46:12Non, c'est juste simple.
00:46:13C'est des choses saines,
00:46:14c'est pour rire,
00:46:15c'est pas dans le métro.
00:46:16Moi, c'était la campagne,
00:46:17la maman,
00:46:18la maman,
00:46:18c'est un avenir
00:46:19depuis très longtemps.
00:46:20Avec la nature.
00:46:20La première fois,
00:46:21c'était un...
00:46:22Mais c'est quand même,
00:46:24c'est quelque chose
00:46:24qui m'a changé la vie beaucoup
00:46:26parce que c'était
00:46:27une infirmière
00:46:29qui est venue
00:46:30à mon côté de mon lit
00:46:32la veille de l'opération.
00:46:34Je crois que c'était
00:46:35une dame de l'antillèse,
00:46:37peut-être.
00:46:38Et elle m'a demandé
00:46:39si j'étais croyante.
00:46:40Et jusqu'à ce moment-là,
00:46:42j'étais pas sûre.
00:46:43J'étais vraiment pas très sûre.
00:46:45Mais je m'entendais dire
00:46:46oui.
00:46:47Et elle m'a pris mes mains
00:46:48entre ses mains
00:46:49et elle a dit
00:46:50une petite prière
00:46:51que je ne me souviens plus.
00:46:52Je regrette.
00:46:53Je crois que c'était
00:46:54une prière d'enfant.
00:46:55Et c'est ça
00:46:56qui m'a donné
00:46:57cette sensation
00:46:59d'être vraiment
00:47:01en bonne main.
00:47:02Oui.
00:47:03En bonne main.
00:47:03Est-ce que votre opération,
00:47:04maintenant,
00:47:05vous êtes sauvée,
00:47:06vous êtes guérie,
00:47:07qu'est-ce que ça a changé
00:47:08dans votre vie ?
00:47:09Mais purement physiquement,
00:47:11à mon avis,
00:47:11quand je me regarde
00:47:13il y a deux ans,
00:47:14j'étais au ralenti.
00:47:17Maintenant,
00:47:17je fais,
00:47:18je fais beaucoup de choses,
00:47:19mais j'ai appris quand même
00:47:21qu'il faut que
00:47:23je fais dans mes moyens.
00:47:26Il y a des choses,
00:47:27il faut accepter
00:47:28que je ne peux pas faire,
00:47:29mais c'est peut-être mon âge,
00:47:30mais c'est peut-être ça aussi.
00:47:31Mais j'accepte les deux.
00:47:32Et aussi pour la vie,
00:47:35ce serait difficile pour moi
00:47:36de parler sans parler
00:47:37de mes chats,
00:47:38parce que j'ai beaucoup
00:47:38de chats que j'adore.
00:47:40Mais les matins,
00:47:42ces chats,
00:47:43ils avancent vers moi
00:47:44pour dire bonjour.
00:47:45Et j'ai regardé
00:47:46mes petits miracles,
00:47:48parce qu'il y a tout
00:47:49ce qui marche,
00:47:51les cœurs,
00:47:52les doux
00:47:53de ces petits animaux.
00:47:55Et pour moi,
00:47:56chaque jour,
00:47:57c'est un miracle.
00:47:58Oui, moi aussi,
00:48:00j'ai eu tout,
00:48:00tout,
00:48:01tant moi.
00:48:02Madame L'Essuyer.
00:48:03Oui, moi,
00:48:04ma vie a changé
00:48:06par le fait
00:48:07que justement,
00:48:09comme je vous le disais
00:48:09tout à l'heure,
00:48:10j'étais très sceptique
00:48:11pour tout ce qui touchait
00:48:12la médecine.
00:48:13J'ai eu une grand-mère
00:48:15qui est décédée
00:48:15à 95 ans
00:48:16et qui n'avait jamais
00:48:17vu le médecin.
00:48:18Un grand-père
00:48:20alsacien aussi
00:48:21qui n'avait jamais
00:48:22vu le médecin.
00:48:23Moi, je ne voulais pas.
00:48:24Eh bien, ça a changé
00:48:25ma vie
00:48:26par le fait
00:48:27que moi,
00:48:28aussi,
00:48:28maintenant,
00:48:29j'éprouve
00:48:30un sentiment
00:48:31de reconnaissance
00:48:32inouï
00:48:33pour tout
00:48:34ce qui touche
00:48:35le corps médical,
00:48:37le corps hospitalier
00:48:38et le corps
00:48:39des infirmières.
00:48:42Et puis,
00:48:42alors là,
00:48:43je voudrais lancer
00:48:43quand même
00:48:44une petite fleur
00:48:45à la radiothérapie
00:48:47de Tours
00:48:48dirigée par le docteur
00:48:49Lefloc,
00:48:50c'est de la publicité sauvage.
00:48:51Mais je lui dois
00:48:52tant et tant
00:48:53parce qu'il a été
00:48:54le sauveur alors
00:48:55de mon mari.
00:48:56Et ça m'a permis
00:48:5714 ans et demi
00:48:59après
00:49:00de passer aussi
00:49:01comme vous
00:49:02de l'autre côté
00:49:02de la barrière
00:49:03et de faire
00:49:03l'infirmière
00:49:04avec mon mari
00:49:05parce que votre mari
00:49:06a eu un cancer
00:49:07de la gorge.
00:49:08Pour étraîner
00:49:08sa retraite,
00:49:10a contracté
00:49:13un cancer
00:49:14de la gorge.
00:49:16Lui aussi,
00:49:18jugé inopérable.
00:49:20Lui aussi,
00:49:21condamné,
00:49:22soi-disant,
00:49:24bon,
00:49:25non,
00:49:25il le sait très bien,
00:49:26je peux y aller
00:49:27brutalement maintenant
00:49:28puisqu'il y a
00:49:28trois ans de sursis
00:49:29et il le devine depuis.
00:49:30il l'a deviné depuis
00:49:32mais au moment même
00:49:33il faut,
00:49:34vous savez,
00:49:35avec lui il fallait
00:49:36y aller un peu plus
00:49:38doucement
00:49:38dans la révélation
00:49:39de la maladie
00:49:40maintenant je peux le dire.
00:49:42Et donc,
00:49:43j'ai pu le soigner
00:49:45beaucoup mieux
00:49:46qu'avant.
00:49:47Je suis sûre
00:49:48qu'avant
00:49:49je n'aurais pas accepté.
00:49:51Je n'aurais pas accepté
00:49:52ce...
00:49:52J'aurais accepté
00:49:53difficilement.
00:49:55J'aurais,
00:49:55je ne sais pas,
00:49:56j'aurais boudé,
00:49:57j'aurais...
00:49:58Mais qu'est-ce que
00:49:59vous n'auriez pas accepté ?
00:50:00Vous n'auriez pas accepté
00:50:00cette maladie ?
00:50:01Je n'aurais pas accepté
00:50:01que étant avant,
00:50:03je n'aurais pas accepté
00:50:04tout ce qu'il faut faire
00:50:05pour être,
00:50:07pour être soignante.
00:50:09Surtout un conserve
00:50:10dans la gorge
00:50:11où il faut hacher
00:50:13les légumes
00:50:13où il faut,
00:50:14où il faut hacher
00:50:15les légumes
00:50:16où il faut supporter
00:50:18de voir le malade
00:50:19ne pas avaler.
00:50:21J'aurais presque préféré
00:50:23vivre cette deuxième étape
00:50:25douloureuse.
00:50:26J'aurais préféré
00:50:26la vivre moi-même
00:50:27plutôt que de la vivre
00:50:29par...
00:50:31Par malade.
00:50:32Par malade.
00:50:33Oui,
00:50:34un être
00:50:34qu'on chérit beaucoup.
00:50:36Du reste,
00:50:36nous en étions arrivés
00:50:37à faire table séparée.
00:50:39Là,
00:50:39il y a une façon
00:50:41de vivre
00:50:42qui doit influencer
00:50:44beaucoup.
00:50:45Il ne faut pas,
00:50:46il faut se ménager
00:50:46l'un,
00:50:47l'autre.
00:50:48Voilà.
00:50:49Oui,
00:50:49Jocelyne Bloquet.
00:50:50Moi aussi,
00:50:51moi aussi,
00:50:51ma vie a beaucoup changé
00:50:52et justement,
00:50:54au début,
00:50:54j'ai parlé justement
00:50:56de cette mort mentale
00:50:57que j'ai failli avoir.
00:51:00Et bon,
00:51:01et bien maintenant,
00:51:02après mon deuxième cancer,
00:51:03justement,
00:51:03après toutes ces années
00:51:04de chimiothérapie,
00:51:05j'ai beaucoup de contacts
00:51:07toujours avec des personnes
00:51:08malades.
00:51:10Je crois que je leur apporte
00:51:11un message.
00:51:12Je veux d'abord
00:51:14essayer de les aider
00:51:15parce que,
00:51:16quelquefois,
00:51:17il y a quand même
00:51:19sortie de l'hôpital.
00:51:20Parce qu'à l'hôpital,
00:51:21on est très bien entouré.
00:51:22Ça,
00:51:22oui,
00:51:22c'est formidable.
00:51:23Les infirmières,
00:51:24les médecins,
00:51:25tout ça,
00:51:25la même chose.
00:51:26C'est merveilleux.
00:51:27Moi,
00:51:27j'ai connu aussi une équipe
00:51:28et dans toutes les lettres
00:51:29que je reçois,
00:51:30c'est pareil.
00:51:32En général,
00:51:33les infirmières
00:51:34sont indispensables
00:51:36et sont le complément
00:51:38et quelquefois,
00:51:38même,
00:51:39marche en premier,
00:51:40marche avant,
00:51:41même les médecins
00:51:41et même,
00:51:43quelquefois,
00:51:43avant la famille.
00:51:44Mais,
00:51:44il y a,
00:51:46sur le plan familial,
00:51:47il y a quelquefois
00:51:48des problèmes,
00:51:48comme vous le disiez
00:51:49tout à l'heure.
00:51:50Je connais une jeune femme,
00:51:52enfin,
00:51:52je ne la connais pas,
00:51:53je la connais simplement
00:51:54par téléphone
00:51:54et par lettres.
00:51:56Elle a 34 ans,
00:51:58je crois,
00:51:59et son mari
00:51:59est atteint
00:52:00de la même maladie
00:52:02que vous avez évoquée.
00:52:04Et,
00:52:04la première lettre
00:52:05qu'elle m'a écrite,
00:52:07c'est une lettre
00:52:07vraiment,
00:52:08elle était angoissée,
00:52:10elle vivait
00:52:11dans l'angoisse
00:52:12de la récidive
00:52:13pour son mari.
00:52:15La récidive est venue
00:52:16et malgré cela,
00:52:18maintenant,
00:52:18mais elle est pleine,
00:52:19elle a le moral,
00:52:20ils ont le moral
00:52:21et je sais
00:52:22qu'ils en sortiront.
00:52:23Et quand elle m'écrit
00:52:24nous nous en sortirons,
00:52:25ils s'en sortiront
00:52:26justement parce qu'ils sont nous.
00:52:28Dans ma vie personnelle,
00:52:29bien sûr,
00:52:29moi aussi,
00:52:30beaucoup de choses
00:52:30vont changer,
00:52:32même sur le plan affectif.
00:52:33J'ai une autre vie,
00:52:34je suis une autre,
00:52:35je suis une autre,
00:52:36je me sens beaucoup plus jeune,
00:52:37beaucoup plus...
00:52:38et...
00:52:38Plus meilleure.
00:52:40Madame Blanquette.
00:52:40Et meilleure.
00:52:41Je voudrais savoir
00:52:42le regard,
00:52:43après tout ça,
00:52:44le regard que vous portez
00:52:45sur les autres,
00:52:46sur ceux qui ne sont pas malades,
00:52:47est-ce que ce regard
00:52:48a changé ?
00:52:49Est-ce que vous avez acquis
00:52:51davantage de tolérance
00:52:53ou davantage de...
00:52:54Oui, oui,
00:52:55finalement,
00:52:55malgré ce que...
00:52:56Oui, oui.
00:52:57Et est-ce que vous trouvez
00:52:58que les autres vivent bien ?
00:52:59Non,
00:53:00ils ne savent pas vivre en général.
00:53:02Je crois que tous les gens
00:53:04sur ce plateau
00:53:05pourront dire la même chose.
00:53:06Moi,
00:53:06je ne suis pas du tout
00:53:07devenue plus tolérante,
00:53:09au contraire.
00:53:11Je supporte difficilement
00:53:13maintenant les gens
00:53:13qui sont déprimés
00:53:15en permanence,
00:53:16qui le disent à l'idée.
00:53:17Je supporte difficilement
00:53:18la connerie,
00:53:19je supporte difficilement
00:53:20les gens qui me font perdre
00:53:21mon temps,
00:53:22je supporte difficilement
00:53:23les gens qui se noient
00:53:24dans un verre d'eau,
00:53:25et finalement,
00:53:26par contre,
00:53:27je supporte difficilement
00:53:28des gens de mon milieu,
00:53:29des intellectuels,
00:53:30et par contre,
00:53:30j'ai des relations
00:53:31très profondes
00:53:32et très suivies
00:53:33avec des amis
00:53:33que j'ai rencontrés
00:53:34à l'hôpital,
00:53:34qui sont des femmes
00:53:35très simples,
00:53:36une couturière,
00:53:37une coiffeuse,
00:53:39enfin, peu importe,
00:53:39des femmes avec qui
00:53:40je n'aurais rien eu
00:53:41de commun avant,
00:53:42mais avec qui j'ai une relation
00:53:43très forte à cause
00:53:44de la maladie,
00:53:45qui, elles,
00:53:45vont être à l'essentiel
00:53:46et c'est ce qui a changé
00:53:47complètement.
00:53:48Est-ce que vous ne pensez pas
00:53:49à Niaque ?
00:53:50Et en partie me dit,
00:53:51je suis,
00:53:51moi qui étais journaliste
00:53:52pendant,
00:53:53comme on s'est assez connue
00:53:54et qui ai passé mon temps
00:53:55à m'occuper de toutes
00:53:56les grandes causes
00:53:56persuadées que je portais
00:53:57le sort de l'humanité
00:53:58sur mon dos,
00:53:59qui était complètement
00:54:00mégalomaniaque,
00:54:00maintenant je suis devenue
00:54:01beaucoup plus simple
00:54:02et je pense que
00:54:03le seul devoir
00:54:03c'est de vivre
00:54:04et qu'après tout,
00:54:05je ne suis pas là
00:54:05pour résoudre
00:54:06tous les problèmes du monde.
00:54:08Oui, mais ça c'est autre chose.
00:54:10Dans les relations individuelles,
00:54:11on n'est pas obligé
00:54:12de se résoudre
00:54:13tous les conflits du monde.
00:54:14Mais évidemment.
00:54:15Je ne pensez pas,
00:54:15je crois que même
00:54:16la Denise
00:54:16peut répondre à cette question.
00:54:18Madame Réva ?
00:54:20Vous avez employé
00:54:21les mots
00:54:21que j'aurais voulu employer
00:54:23parce que vous avez été journaliste,
00:54:26moi j'ai essayé
00:54:26de boire la vie
00:54:27à toute allure
00:54:28en faisant du cinéma,
00:54:30en exposant,
00:54:30en ayant une vie très mondaine
00:54:31ce que je raconte
00:54:32dans mon livre,
00:54:34le côté,
00:54:34bon, je chante,
00:54:36je danse,
00:54:36je vais à Romacine Citta
00:54:38faire un grand film,
00:54:40je crée une maison de couture,
00:54:42j'expose à Paris
00:54:43et justement,
00:54:45maintenant,
00:54:47je vois,
00:54:48toutes ces choses
00:54:49me paraissent tellement factices.
00:54:52Le Paris d'aujourd'hui,
00:54:54enfin le monde
00:54:54et quand j'ai commencé
00:54:56à écrire justement,
00:54:57c'était pour dire
00:54:58à mes enfants,
00:54:59c'était un testament au départ,
00:55:01en leur disant
00:55:02vous vous plaignez de ci,
00:55:03vous vous plaignez de là,
00:55:04et la machine à laver
00:55:05et on voudrait acheter
00:55:07la télévision
00:55:08et on voudrait ceci
00:55:09et personne n'est jamais content
00:55:12de rien.
00:55:13Bon, alors quand je vois cela,
00:55:15je me dis
00:55:15mais ce n'est pas possible,
00:55:17la vie est une chose merveilleuse,
00:55:20il faut en profiter,
00:55:21il faut en profiter à chaque minute,
00:55:22il ne faut pas se faire
00:55:23du mauvais sens,
00:55:24du souci
00:55:25parce qu'on n'a pas
00:55:26la télévision
00:55:27ou la cassette nécessaire
00:55:28ou la voiture
00:55:31décapotable
00:55:31ou je ne sais pas,
00:55:32ou même certaines choses
00:55:34qui ne sont pas indispensables
00:55:36pour vivre,
00:55:37moi ce qui m'attire maintenant
00:55:38c'est la nature.
00:55:39C'est la frivolité
00:55:40parce que vous qui avez
00:55:41mené une vie frivole,
00:55:42vous voulez en changer,
00:55:43moi qui au contraire
00:55:44ne me dit pas frivole
00:55:44je ne sais pas,
00:55:45je ne vais en changer.
00:55:46Maintenant au contraire
00:55:47je m'autorise la frivolité
00:55:48parce que j'ai rencontré
00:55:49une malade à l'hôpital
00:55:50qui m'a dit
00:55:51en pleine chimiothérapie
00:55:52viens on va claquer du frit,
00:55:54on va aller au restaurant,
00:55:54on va s'acheter des fringues
00:55:55et pour moi je ne l'avais jamais fait
00:55:56de ma vie
00:55:57et maintenant j'accepte ça
00:55:58au contraire
00:55:59je trouve que la frivolité
00:56:00c'est quelque chose
00:56:00de très sérieux
00:56:01et de très violent.
00:56:02Oui mais enfin je dis
00:56:03que moi maintenant
00:56:04au contraire
00:56:05j'aspire à une certaine paix.
00:56:08J'ai besoin de nature,
00:56:10j'ai besoin de verdure,
00:56:11j'ai besoin de me rouler
00:56:12dans le sable,
00:56:13j'ai besoin d'avoir
00:56:14des contacts avec la nature,
00:56:17quelque chose de très sain,
00:56:18de très pur,
00:56:19l'amour de mes enfants,
00:56:20de la famille,
00:56:21recréer ce milieu familial
00:56:24qui disparaît,
00:56:26qui se défait
00:56:27où la démission
00:56:29des parents
00:56:30est de plus en plus
00:56:32terrible.
00:56:33Madame Sampou.
00:56:33Je voudrais me permettre
00:56:34de dire une réflexion
00:56:35de mon mari.
00:56:37Je répète,
00:56:38si je n'ai pas dit
00:56:38que sans mon mari
00:56:39je ne serais peut-être pas là.
00:56:41Je ne veux pas
00:56:42avec votre ami.
00:56:42Eh bien,
00:56:43oui pardon,
00:56:43eh bien quand je suis comme
00:56:45vous avez parlé
00:56:46de la machine à laver
00:56:47je crois
00:56:47ou on a des petits problèmes
00:56:48dans la vie
00:56:49et tout de suite mon mari
00:56:51alors moi j'ai
00:56:52un petit mouvement d'humeur
00:56:53ou une larme qui viendrait
00:56:56et mon mari me regarde
00:56:57il me dit
00:56:58écoute,
00:56:59garde tes larmes
00:56:59pour plus important
00:57:00et pour en revenir
00:57:02si vous le permettez
00:57:03à votre titre d'émission
00:57:04le plus important pour lui
00:57:05et pour moi
00:57:06c'est la mort
00:57:08il n'y a pas autre chose.
00:57:09C'est pour ça
00:57:10que c'est tout à fait
00:57:10de votre avis
00:57:11il faut vivre.
00:57:14Il faut la déguster
00:57:16la vie
00:57:16et moi je vous jure
00:57:17que j'ai une vie
00:57:18beaucoup plus simple
00:57:19bien sûr
00:57:19j'habite la campagne
00:57:21mais tout
00:57:22à mon chirurgien
00:57:23la veille de mon opération
00:57:24et j'avais de grandes chances
00:57:26de rester sur la table
00:57:27je le répète
00:57:28il m'avait dit
00:57:29que si j'en échappais
00:57:30je serais défiguré
00:57:31etc.
00:57:32Je lui ai dit
00:57:32docteur
00:57:33c'est le seul mot
00:57:34après je le laisserai
00:57:35je lui ai dit
00:57:36docteur
00:57:36ça ne fait rien
00:57:37si j'ai la vie
00:57:38si vous me sauvez la vie
00:57:39je saurais voir le soleil
00:57:42et écouter les petits oiseaux
00:57:43et je l'ai dit
00:57:44avant
00:57:46seulement je le vis
00:57:47après
00:57:48et c'est sûr
00:57:51monsieur Godard
00:57:52tout ce qui vient d'être dit
00:57:54qu'en pensez-vous
00:57:55est-ce que vous partagez
00:57:56tous ces sentiments
00:57:57ben certaines choses
00:57:58oui
00:57:58et d'autres
00:58:00d'autres
00:58:01ça fait un mitigé
00:58:02pourquoi
00:58:03c'est la vie
00:58:03oh ben parce que
00:58:05je ne sais pas
00:58:05moi
00:58:06ça c'est la conception
00:58:09monsieur Godard
00:58:10depuis que vous avez été opéré
00:58:11depuis que vous avez été opéré
00:58:13vous avez refait du vélo
00:58:14je ne sais pas
00:58:15pas tant que exactement
00:58:16depuis que vous avez été opéré
00:58:17oui
00:58:17vous avez refait du vélo
00:58:19vous avez repris
00:58:20j'ai refait une activité
00:58:21une activité
00:58:22au début je vivais assez renfermé
00:58:25alors j'ai dit
00:58:26il n'y a pas
00:58:26j'ai dit au début
00:58:27je suis mort
00:58:27je vous tue
00:58:29alors j'ai pris le contraverse
00:58:30j'ai dit il n'y a pas
00:58:30il faut prendre
00:58:31il faut prendre le devoir
00:58:32de le tonton par les cornes
00:58:33la vie en vaut la peine
00:58:34la vie en vaut la peine
00:58:34la vie en vaut la peine
00:58:35et c'est pour ça
00:58:36que sur la maison de repos
00:58:37de Caillan
00:58:37dans la barre
00:58:38j'ai dansé une valse
00:58:39avec la directrice
00:58:41quel coquin
00:58:43et même maintenant
00:58:44je danse du roc
00:58:44alors vous voyez
00:58:46bien je crois qu'on a fait
00:58:47un petit peu le tour
00:58:48des témoignages
00:58:49je crois madame Adonis
00:58:50que finalement
00:58:52lutter
00:58:52il faut lutter
00:58:53ah oui absolument
00:58:54quand on est malade
00:58:55quelle que soit la maladie
00:58:56que l'on a
00:58:56et quelle que soit la façon
00:58:58nous avons été interrompues
00:58:59lorsque nous parlions
00:59:00de relations d'amour
00:59:02c'est vrai
00:59:02vous avez trouvé vous
00:59:03une équipe
00:59:04vous vous êtes bien sentie
00:59:05bien trouvée
00:59:05vous êtes
00:59:06chez nous j'espère
00:59:08que les malades trouvent
00:59:09ce dont ils ont besoin
00:59:11ce qu'ils cherchent
00:59:11vous avez toutes trouvé
00:59:12ce qu'il fallait
00:59:13c'est certain qu'il faut lutter
00:59:14d'ailleurs nous
00:59:15lorsqu'on sent
00:59:16qu'un malade se décourage
00:59:17c'est notre rôle
00:59:18de lui faire
00:59:19de lui remonter le moral
00:59:20de lui redonner l'espoir
00:59:22et de lui
00:59:22lui redonner du tenus
00:59:24et bien voilà
00:59:24il ne faut pas baisser les bras
00:59:25surtout pas
00:59:26il faut
00:59:27il faut prendre la vie
00:59:28à bras le corps
00:59:29même si vous devez
00:59:30même si vous devez
00:59:33rejeter quelques tabous
00:59:34je crois que c'est très important
00:59:35il faut peut-être
00:59:36jeter votre venez
00:59:37par dessus les moulins
00:59:38et ne pas être choqué
00:59:39parce que
00:59:40certains écrivains
00:59:42merci de nous avoir
00:59:44prêté attention
00:59:45à bientôt
00:59:46au revoir
00:59:46à bientôt
00:59:49à bientôt

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