00:00J'en viens à la mobilisation dans les lycées qui s'étend avec un appel au blocage total demain, jour
00:05de mobilisation de la fonction publique.
00:07Adrien Clouet, je voudrais vous faire écouter Edouard Jeffrelle, ministre de l'éducation nationale, qui a critiqué l'incitation au
00:12blocage de la part d'élus insoumis.
00:14Il était sur RMC ce matin.
00:16Quand des élèves ont des revendications, par exemple parce qu'il y a eu des postes non pourvueux, enfin plus
00:20simplement des enseignants malades non remplacés,
00:22ça il faut y travailler, c'est clair et j'y travaille tous les jours.
00:24Quand par contre, très clairement, on a des membres de la mouvance dite ultra-gauche et qui ont des actions
00:29violentes,
00:30quand on a aussi des personnalités politiques qui, dans ce contexte-là, dans ce contexte-là, incitent à généraliser le
00:34blocage,
00:35alors même qu'on sait que nos élèves sont en danger quand des individus cagoulés, armés de mortiers, ce point
00:40de réstablissement,
00:41là on est sur une forme de responsabilité des députés LFI.
00:44Et Bali Bagayoko, de son côté, le maire de la France Insoumise de Saint-Denis était devant un lycée tout
00:49à l'heure
00:49et il a répondu à Sébastien Lecornu qui dénonce une surenchère irresponsable de LFI, c'était sur BFM TV.
00:55Le Premier ministre a une attitude irresponsable qui vienne ici à ce moment-là.
00:58C'est pas tout d'avoir des grands mots, en fait, devant les médias qui viennent ici,
01:02puisque d'ailleurs, les lycéens l'ont invité et je suis prêt en tant que maire de l'accueillir
01:06parce qu'il n'a qu'à observer la situation de la promesse républicaine ici dans les quartiers populaires.
01:10Elle est aujourd'hui uniquement, c'est un souvenir.
01:12Ici, ce sont des jeunes qui sont parfaitement conscientisés, ils n'ont pas besoin d'être instrumentalisés.
01:16En revanche, ce sont des jeunes lycéens et nous sommes là aussi pour leur dire attention,
01:20ne vous mettez pas en danger, prenez pas des risques inconsidérés.
01:22Si ces jeunes veulent répondre à la police nationale, ils peuvent le faire.
01:26La seule chose pour laquelle ils ne le font pas, c'est qu'il y a le respect entre nous.
01:29Vous voyez ce que je veux dire ? Ça change tout.
01:30Donc j'invite vraiment tous celles et ceux qui se disent être les porteurs de la République
01:34d'être respectueux à l'égard du message qui est envoyé.
01:36Alors, il y a les tirs de mortier, il y a des incendies, il y a des interventions des forces
01:40de l'ordre.
01:41Est-ce que c'était aux lycéens comme ça de bloquer leur lycée de cette manière-là ?
01:48D'abord, le rôle de la police, c'est de protéger des personnes dans l'exercice de leur droit civique
01:52et donc de protéger les élèves et non pas de faire, comme on l'a vu tout à l'heure
01:55dans le lycée de Monge, par exemple à Savigny, d'en tabasser dans la cour intérieure, premièrement.
02:00Deuxièmement, j'ai écouté avec attention ce que disait le ministre.
02:03Et vous aurez bien noté, il a dit quelque chose de très intéressant, le ministre.
02:05Il a dit que les revendications sont parfois légitimes lorsqu'il y a des profs non remplacés.
02:09Mais alors figurez-vous que c'est le cas dans 70% des bahus.
02:12Donc, M. Geffray nous dit qu'il faudrait que dans 70% des bahus, il y ait une mobilisation lycéenne.
02:16Donc, je dis aux lycéens, écoutez le ministre.
02:18Partout où il manque du personnel et des postes, mobilisez-vous.
02:22Donc, il faudrait que la mobilisation fasse x10, x20, x30 pour répondre effectivement à ce que demande M. le ministre.
02:27Donc, là-dessus, si vous voulez, il a malgré lui raison, il faut se mobiliser.
02:31Et puis, on ne peut pas donner des cours d'éducation civique toute l'année aux élèves.
02:34Et le jour où ils veulent se réunir en Assemblée Générale, discuter des conditions,
02:37il manque 15 millions d'heures qui ne sont pas remplacées par cours sup qui les empêchent d'aller dans
02:40le supérieur.
02:41Alors, le jour où ils veulent se voir et en discuter, on envoie la police.
02:44Franchement, c'est inacceptable.
02:45J'aimerais partager votre vision d'une jeunesse éclairée, extrêmement politisée,
02:51qui se mobiliserait pour ces questions politiques.
02:53Mais vous n'êtes pas très âgé, je ne le suis pas non plus.
02:56Je mets souvent, je vois le regard de Clélie, mon âge en avant dans cette émission.
03:01J'ai connu ce genre de manifestation au lycée ou même à l'université.
03:04Et je sais pertinemment, et au fond de vous, vous le savez aussi,
03:07qu'en effet, il y a une partie de ces lycéens qui a une vraie conscience politique
03:10et qui manifeste et qui a envie de défendre leurs enseignants.
03:13Mais vous savez aussi très bien qu'il y en a une partie qui est juste là pour bordéliser
03:17et qui est juste là qui dit, tiens, c'est une occasion de ne pas avoir cours, de faire un
03:20blocage.
03:21Donc je veux bien entendre votre argument d'une jeunesse éclairée.
03:24Mais vous savez pertinemment qu'au fond, il y en a beaucoup qui sont juste là pour foutre le bordel.
03:28Et s'ils ne peuvent pas avoir cours le lundi, ils seront contents de ne pas avoir cours.
03:30Et d'ailleurs, au fond, pendant qu'on est en train de parler de ces blocus,
03:33de ces manifestations, des affrontements avec la police,
03:35on ne parle pas des vraies conditions des enseignants,
03:37on ne parle pas de leur salaire, on ne parle pas de leurs heures non payées,
03:40on ne parle pas de ces remplacements-là.
03:42Est-ce que vous ne pensez pas que c'est contre-productif, au fond,
03:44de mettre en avant ces lycéens au lieu de parler de la condition, notamment des professeurs ?
03:48D'abord, ça ne s'oppose pas.
03:49Ça ne s'oppose pas, puisque la demande des lycéennes et des lycéens,
03:52c'est justement qu'il y ait des âgés pour discuter.
03:53Ils ne demandent pas à partir du BAUS balader,
03:56ils demandent à ce qu'il y ait des assemblées générales pour discuter de leurs conditions.
03:58Parce que leurs conditions, on les connaît,
03:59c'est les cours et les heures qui ne sont pas remplacées,
04:01c'est par cours sup, et c'est aussi les conditions du corps enseignant
04:04et de l'ensemble des personnels,
04:06AESAH, psychologue scolaire, etc.
04:07Je rappelle qu'un prof qui était payé 2000 euros en 2012,
04:10avec le gel du point d'indice,
04:12c'est comme si aujourd'hui il était tombé à 1700 euros avec l'inflation.
04:14Donc, il y a une paupérisation de l'éducation nationale.
04:17Et vous pensez que les états se mobilisent pour le salaire de leurs profs, vous ?
04:19Ah ben, ils se mobilisent pour qu'il y ait des profs en phase 2.
04:22Bien évidemment qu'ils se mobilisent pour ça.
04:24Enfin, les jeunes, ils vont avoir le bac après,
04:25et après ils ont l'université derrière.
04:27Évidemment qu'ils se posent des questions tout de même sérieuses.
04:30Enfin, attendez, vous croyez que les jeunes,
04:32ils ne stressent pas de se dire en classe de terminale
04:34« Où je suis dans un an ? »
04:35Et est-ce que mes parents vont pouvoir payer un loyer extrêmement cher
04:38dans une ville assez éloignée
04:40parce que c'est le seul endroit où j'aurais été admis ?
04:41Bien sûr que ça leur pose plein de questions aux jeunes.
04:43Vous pouvez me citer une manifestation ?
04:44Il y en a tous les ans, ce genre de manifestation.
04:46Une qui a fonctionné, qui a débouché à un résultat politique concret.
04:49Tous les ans, on a ces manifestations.
04:50D'accord, le CPE, le contrat premier embauche,
04:53il y a une mobilisation importante des jeunes.
04:55Si on a un peu le même âge, vous étiez là à l'époque.
04:58On est en 2005, c'est ça ?
05:00Oui, parce qu'à l'époque, on ne tabassait pas les étudiants et les jeunes
05:03en envoyant la police de manière brutale.
05:05Et d'ailleurs, je veux rappeler à beaucoup de personnes qui nous écoutent
05:08que les policières et les policiers, eux aussi,
05:09ont des enfants qui sont parfois mobilisés
05:11et n'ont pas spécialement envie d'être envoyés
05:13avec des consignes de répression.
05:14Donc ce sont aussi des choses qui font souffrir des familles entières
05:16que de s'y prendre comme ça.
05:18Et je vois des mobilisations intéressantes.
05:20Par exemple, le lycée Paul-Éluard à Saint-Denis, on en parlait,
05:22et les jeunes, ils sont mobilisés en chantant la Marseillaise.
05:24Donc vous voyez, il y a déjà plus de patriotisme
05:26chez 15 lycéens mobilisés que chez Eric Ciutti.
05:28Donc comme quoi, il y a plein de choses qui fonctionnent assez bien
05:31dans le moment actuel et qui font que les lycéens,
05:33lorsqu'ils se mobilisent, ils se posent plein de questions.
05:35Et bien sûr, ils font progresser leur niveau de mobilisation politique.
05:37– Mais vous n'appelez quand même pas à la violence, en fait ?
05:40– Mais personne n'appelle à la violence.
05:41Enfin, je pense, personne sur ce plateau,
05:44et personne nulle part n'appelle à la violence.
05:46Enfin, qui a envie qu'il y ait des personnes qui souffrent,
05:48qui soient blessées, que ce soit des agents,
05:50que ce soit des personnels, que ce soit des élèves ?
05:52Évidemment, personne.
05:53Mais quelle est la condition pour ça ?
05:55Eh bien, c'est qu'on donne des cadres
05:56pour que les jeunes puissent se réunir.
05:57Franchement, demander une assemblée générale
05:59et le mettre des gaz lacrymogènes,
06:00mais c'est incroyable dans quel pays on vit aujourd'hui.
06:02– Sous-titrage FR 2021
Commentaires