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  • il y a 35 minutes
Josiane Kuntz, 59 ans, esthéticienne, divorcée depuis des années, elle avait repris sa vie de femme libre. A l'automne 2000, elle est poignardée à mort dans son parking, dans les Yvelines. On s'est acharné sur elle. Un déferlement de violence...Les enquêteurs pensent à un proche. Parmi les suspects figure sa propre fille. Mais pourquoi attire-t-elle à ce point le doute ?
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:0114h15, c'est l'heure du crime sur RTL, avec Jean-Alphonse Richard.
00:07Une agression sauvage hier matin dans un parking d'une résidence de Mante-la-Ville.
00:12Une femme a été tuée à coup de couteau alors qu'elle garait sa voiture.
00:16A ce stade, la police judiciaire de Versailles n'exclut aucune piste.
00:20Rôdeur, déséquilibré ou encore indifférent avec un proche.
00:25Bonjour, Josiane Kuntz, 59 ans, esthéticienne, divorcée.
00:30Elle avait depuis longtemps repris sa vie de femme libre.
00:33A l'automne 2000, elle est poignardée à mort dans son parking dans les Yvelines où on s'est acharné.
00:39Un déferlement de violence, les enquêteurs pensent à un proche.
00:42Parmi les suspects, sa propre fille.
00:45Mais pourquoi attire-t-elle tous les soupçons ?
00:47Josiane Kuntz, un assassin idéal.
00:50L'heure du crime, votre rendez-vous 100% fait divers, c'est tout de suite sur RTL.
01:02Mercredi 11 octobre 2000, autour de 20h30, un habitant de la résidence du parc Debussy, à Mante-la-Ville,
01:10stop net sa marche dans le parking souterrain.
01:13Devant lui, un corps recouvert d'un imperméable face à la porte ouverte du box numéro 3.
01:20C'est une femme dont le sac à main est posé sur le sol.
01:24Elle baigne dans une flaque de sang, elle est morte.
01:26La police judiciaire de Versailles identifie facilement la victime.
01:30Josiane Kuntz, 59 ans, divorcée depuis plus de 20 ans, mère de deux grands enfants.
01:36Elle loge dans la résidence avec sa mère âgée de 91 ans.
01:40Josiane tient le salon d'esthétique Nature et Beauté,
01:44dans la vieille ville de Mante-la-Jolie, à 3 km de là.
01:48Elle a été attaquée alors qu'elle rentrait chez elle après sa journée de travail.
01:52Elle a tout juste eu le temps de rentrer sa Renault Clio dans le box,
01:56avant que quelqu'un se jette sur elle.
01:59Rien n'a été volé ?
02:00Une attaque soudaine, une pluie de coups de couteau.
02:03Le légiste dénombre 24 plaies à l'arme blanche.
02:07Sous les coups puissants, la colonne vertébrale a été brisée.
02:11La victime s'est rapidement vidée de son sang.
02:14Un enquêteur évoque une bouffée de haine, la volonté de détruire.
02:21Mardi 17 octobre, 6 jours après la mort de Josiane Koontz,
02:25une enquête est ouverte pour assassinat.
02:27Les policiers sont persuadés que l'auteur du crime est un familier ou un proche de la victime.
02:32Côté professionnel, Josiane Koontz ne semblait pourtant pas avoir d'ennemi.
02:37Aucun client ne l'avait menacé.
02:39Seul bémol, les finances de l'Institut de beauté sont dans le rouge.
02:43Et Josiane Koontz a une vie sentimentale plutôt agitée.
02:47Deux hommes sont rapidement interpellés.
02:50Un gigolo qui passe ses nuits en discothèque.
02:52Il avait rencontré Josiane quelques jours auparavant.
02:55Et un amant marié, fortuné, il épongeait régulièrement le déficit du salon.
03:01Deux suspects rapidement mis hors de cause.
03:03L'ancien mari de Josiane Koontz est lui aussi interrogé.
03:06Le ménage qu'il formait avec Josiane était chaotique.
03:10D'incessantes scènes de ménage, le couple avait divorcé en 1974.
03:16Leur fils, 33 ans, ne voyait plus ses parents depuis de longues années.
03:20Au moment du crime, ce bourlingueur, aventurier, était en prison en Allemagne.
03:25Il dit avoir appris le décès de sa mère par le médecin de la maison d'arrêt.
03:30Et il s'étonne que sa soeur, Nathalie, qui lui écrivait des lettres,
03:34n'ait absolument jamais évoqué le drame.
03:39Les enquêteurs s'intéressent à la fille de Josiane Koontz, Nathalie, 37 ans.
03:43Elle est en train de divorcer de son ex-mari, qui a obtenu la garde de leurs deux enfants.
03:48Elle est employée au salon de coiffure Jean-Louis David à Château, dans les Yvelines.
03:53Des témoins la décrivent comme une femme éruptive.
03:55Imprévisible.
03:56Elle a un jour accusé un de ses collègues de l'avoir frappé et menacé avec un couteau.
04:01Une invention pure et simple, selon le jeune coiffeur.
04:05Le patron du salon s'est étonné du comportement de son employé au lendemain de la mort de sa mère.
04:10Nathalie est venue travailler, comme si de rien n'était.
04:14Elle a coiffé à domicile des clientes.
04:16Elle n'a jamais évoqué devant elle la tragédie.
04:20Voilà donc pour les premiers doutes des enquêteurs.
04:23Une suspicion qui ne va cesser de croître et de s'amplifier à propos de Nathalie Koontz.
04:28Un emploi du temps plutôt flou et un journal intime qui vont accélérer les investigations.
04:33Mère et fille, en fait, se détester.
04:35Mais tout ça, on va le voir dans le prochain chapitre de l'émission.
04:39Le point de départ de cette terrible affaire, c'est bien sûr l'assassinat de Josiane Koontz dans le parking.
04:45Bonjour Maître Marc Gégère.
04:46Bonjour.
04:47Merci beaucoup d'être avec nous dans le studio L'Heure du Crime.
04:50Vous êtes l'avocat de Nathalie Koontz, là, qui est en mauvaise posture, là, dès le début de cette enquête.
04:55On va en parler.
04:55Et puis vous êtes également l'auteur du livre Les Survivants, qui est paru aux éditions Mareuil.
05:01Maître Marc Gégère.
05:03Ce n'est pas un crime crapuleux.
05:05Elle n'a pas été dévalisée, cette femme.
05:07On frappe pour tuer, on frappe fort.
05:09On frappe extrêmement fort, vous l'avez dit il y a un instant.
05:13Ça va jusqu'à briser la colonne vertébrale.
05:15Donc ça nécessite déjà une force extrêmement importante.
05:19Rapidement, c'est vrai que les enquêteurs vont se poser la question d'un crime autour d'elle, dans la
05:24famille, par un proche.
05:26Et pour autant, ce n'est pas parce que rien n'a été volé.
05:29Vous savez, un voleur qui est surpris, dans la seconde qui suit les coups de couteau, va s'enfuir sans
05:35avoir le temps.
05:36Il entend bruit, il s'en va là.
05:38Donc, ce n'est pas nécessairement une porte qui devait être fermée aussi rapidement.
05:42Ce qu'on ressent à travers cette enquête, et là on est au tout début, c'est que d'un
05:47seul coup, on se fixe sur cette femme, sur Josiane Kuntz.
05:51En tout cas, on se fixe sur les proches et les amis de la victime.
05:55L'acte d'un familier, ça paraît être une évidence.
05:59Parce qu'on peut se dire, elle était attendue, cette femme.
06:03Oui, en fait, c'est un peu toute la difficulté qu'on a dans ce genre d'enquête, et on
06:06l'a déjà vu ensemble à l'occasion d'autres histoires.
06:09C'est vrai.
06:09C'est qu'on a le sentiment que très rapidement, le SRPG de Versailles va avoir une conviction.
06:16Et qu'il va, en quelque sorte, bâtir les investigations à la lumière de cette conviction.
06:22Et je pense qu'il n'y a rien de plus dangereux que ça.
06:24Ça peut être bon, ça peut matcher, comme on dit.
06:27Mais ça peut aussi être totalement à côté de la plaque.
06:29Et ça ne permet pas de fermer toutes les autres portes ou d'aller vers d'autres investigations qui auraient
06:35peut-être permis d'avoir plus de certitude, en tout cas.
06:38Ou d'avoir peut-être une autre lumière, effectivement.
06:40Mais ça, on va en parler parce que l'enquête est encore longue.
06:43Bonjour, Maître Serge Billet.
06:45Bonjour.
06:46Merci beaucoup d'être avec nous également dans cette heure du crime.
06:49Vous connaissez évidemment très bien Maître Marc Gégère, puisque vous aussi, vous étiez l'avocat de Nathalie Kuntz.
06:55Un mot avec vous, Maître Billet, c'est important, sur la vie de Josiane Kuntz, son ex-mari, ses enfants.
07:01C'est une vie très agitée qu'a eu cette femme.
07:04Là, les enquêteurs vont s'y pencher là-dessus.
07:06Oui, c'est une femme de pratiquement 60 ans qui mène une vie sentimentale, comme vous le disiez, il y
07:15a un instant, assez agitée.
07:16Et c'est une femme qui va s'impliquer peut-être un peu trop dans l'existence de sa fille,
07:26notamment en ce qui concerne le contentieux que cette dernière connaissait à l'époque avec son mari.
07:30Et Josiane a toujours été très sensible à sa personne.
07:37C'est une femme qui tenait d'ailleurs un établissement, un institut d'esthétique.
07:44Et c'est vrai que c'est une femme qui attirait les regards.
07:48Il y avait une certaine convoitise.
07:52Et ses conquêtes sentimentales ont été incontestablement nombreuses.
07:56Et l'enquête a permis véritablement de pouvoir s'en apercevoir.
08:01Alors, encore un mot avec vous, Maître Billet, puis je vais poser la même question à Maître Marc Gégère.
08:05La fille, Nathalie Koontz, on s'y intéresse parce que c'est bizarre dans cette enquête.
08:09On dit qu'elle est éruptive, elle est colérique.
08:13On s'intéresse à quelqu'un de colérique.
08:14Alors, c'est une évidence.
08:15On a envie d'aller voir ce qu'il y a derrière cette colère.
08:17Mais c'est étonnant qu'un seul coup, on se fixe là-dessus.
08:20On se fixe là-dessus parce que ça peut peut-être expliquer un comportement impulsif de la part de cette
08:27dernière
08:28qui pourrait peut-être aussi expliquer son implication dans le cadre de cette affaire.
08:33C'est un sentiment qui va se confirmer de la part des enquêteurs
08:38lorsque l'on va découvrir un certain nombre d'anomalies dans le parcours de Nathalie Koontz,
08:44dans, j'allais dire, son emploi du temps, dans un certain nombre de choses.
08:49Et le fait qu'elle soit éruptive, ça correspond bien peut-être,
08:53véritablement au profil de celui ou celle qui a pu commettre cet acte,
08:58comme vous le disiez, qui est d'une extrême violence.
09:01Exactement.
09:02Maître Marc Gégère, encore une fois, la fille, Nathalie, elle ne va pas bien à ce moment-là.
09:09Elle est en plein divorce, etc.
09:10On va en parler, mais ça ne va pas très bien.
09:12Non, ça ne va pas très bien.
09:13Et Serge Billet le disait il y a un instant,
09:16sa mère s'implique énormément dans son divorce.
09:19Elle enseigne qu'elle part se réfugier avec les enfants à trois
09:22et que sa mère va faire partie de l'expédition avec son mari
09:27pour récupérer manu militari les enfants.
09:30Elle va écrire une attestation qui va contre sa fille.
09:36Donc, effectivement, ça fait beaucoup pour Nathalie.
09:39Ça fait beaucoup pour Nathalie.
09:41La suspecte numéro un, rattrapée six mois plus tard.
09:45Josiane Kuntz, un assassin idéal.
09:47Il faut régler les comptes, la trucider, lui faire une boutonnière.
09:52L'enquête de l'heure du crime.
09:53On se retrouve dans un instant sur RTL.
10:03L'heure du crime, consacrée à l'affaire Josiane Kuntz.
10:10Cette esthéticienne, 59 ans, a été poignardée à mort dans son parking en octobre 2000 dans les Yvelines.
10:16Les enquêteurs penchent pour le geste d'un familier.
10:20La fille de la victime apparaît comme la principale suspecte.
10:25La police judiciaire de Versailles se focalise sur Nathalie Kuntz, la fille de Josiane Kuntz.
10:31Les relations mère-fille étaient loin d'être beau-fixe.
10:35Ces derniers temps, la mère s'était impliquée dans le divorce de sa fille.
10:39Contre toute attente, Josiane avait clairement pris le parti de son gendre.
10:44Elle le soutenait pour qu'il récupère la garde des enfants.
10:47Elle l'avait même accompagnée jusqu'à trois dans l'aube pour récupérer les petits,
10:52ville où Nathalie s'était réfugiée avec eux chez un ami.
10:55Et ce n'est pas tout.
10:56Le 27 mars 2000, sept mois avant sa mort, Josiane a transmis au juge du divorce une attestation accablante.
11:03« Ma fille n'est plus capable de s'occuper de ses enfants », écrit-elle.
11:07Nathalie est questionnée sur son emploi du temps.
11:10Le soir du meurtre, elle s'est rendue à 18h45 à Ruey-Malmaison, chez son ex-mari.
11:15Elle a déposé leurs deux enfants.
11:17Elle raconte qu'elle était en plein désarroi.
11:21Elle s'est effondrée en larmes, seule, dans sa voiture.
11:24Elle n'a pas bougé.
11:24Elle n'a rejoint son domicile qu'à 20h45, heure à laquelle son nouveau compagnon l'a rejointe.
11:31Pour les enquêteurs, la fille a eu tout le temps d'aller tuer sa mère.
11:37D'autant plus que, contrairement à ce qu'elle prétend, Nathalie s'est déplacée.
11:41Son portable a borné dans le secteur de Carrière-sous-Poissy, sur la route de Mantes-la-Jolie,
11:47là où le corps de Josiane va être retrouvé.
11:53Mercredi 18 avril 2001, six mois après la mort de Josiane Kuntz,
11:57Nathalie est placée en garde à vue à la brigade criminelle de Versailles.
12:00Elle dément, avec véhémence, avoir tué sa mère.
12:04Elle assure ne s'être jamais rendue ce soir-là chez elle.
12:06On l'interroge sur le bornage de son téléphone portable, près de l'autoroute A13,
12:12à mi-chemin de Mantes-la-Ville, où le crime a été perpétré et Nanterre.
12:16Elle ignore ce que cela signifie.
12:19Nathalie Kuntz est interrogée sur ses relations difficiles avec sa mère,
12:24le divorce, la garde des enfants.
12:26La mère soupçonnait sa fille d'être embrigadée dans une secte,
12:30prête à disparaître après avoir enlevé les enfants,
12:33lors de la perquisition, au domicile de Nathalie Kuntz.
12:36Les policiers tombent sur son journal intime.
12:40Nathalie exprime sa colère,
12:42l'envie de régler des comptes avec Josiane Kuntz sur une page.
12:46Elle parle de trucider sa mère,
12:48ou encore de lui faire une boutonnière,
12:50à savoir lui porter des coups de couteau.
12:52Nathalie répond qu'il ne s'agit que de simples mots.
12:55« Un exutoire à sa colère », déclare-t-elle.
12:58Outre le journal intime, une lettre est retrouvée.
13:02Des propos toujours belliqueux à l'encontre de Josiane Kuntz
13:05et une allusion explicite, selon la police, à l'utilisation d'une arme blanche.
13:11Après 48 heures de garde à vue,
13:13Nathalie Kuntz, 37 ans, est mise en examen pour assassinat.
13:20Les enquêteurs estiment que Nathalie Kuntz est l'unique suspecte
13:24dans la mort de sa mère Josiane.
13:25Aucune autre personne n'a attiré leur attention.
13:27Le mobile serait ce conflit opposant les deux femmes.
13:31Le fait que Josiane Kuntz ait pris partie contre sa fille
13:34dans l'affaire du divorce a visiblement marqué celle-ci
13:38et a pu jouer le rôle de catalyseur, concluent les policiers.
13:44À ce stade, Nathalie Kuntz, seule personne suspectée d'avoir tué sa mère,
13:48les enquêteurs, le juge d'instruction, n'ont pas de doute.
13:51C'est elle, l'assassin.
13:52Les indices sont nombreux.
13:54Il faut ajouter à cela, on en a parlé déjà,
13:56le caractère impulsif de la coiffeuse.
13:59Ça ne joue pas en sa faveur.
14:00Elle pourrait donc se retrouver aux assises.
14:03On va voir ce que tout ça va donner dans la suite de l'émission.
14:07Une seule suspecte pour la brigade criminelle de Versailles.
14:11Évidemment, Maître Marc Gégère, vous êtes avec nous dans cette heure du crime,
14:14avocat de Nathalie Kuntz, auteur du livre,
14:16Les survivants, paru aux éditions Mareuil.
14:18Je l'ai déjà dit, mais je le répète parce que c'est un très bon livre.
14:20Le premier truc qui cloche, finalement, c'est le manque d'alibi, j'ai envie de dire.
14:26Parce qu'elle dit, je suis allé voir mon mari,
14:28puis là j'étais effondré, on peut la croire.
14:29Elle était en pleurs, elle dépose ses enfants,
14:31ça se passe très très mal dans leur couple.
14:33Elle est en pleurs.
14:34Je suis resté blotti dans ma voiture, puis je suis rentré chez moi.
14:37C'est un peu mince.
14:38Oui, c'est un peu mince, mais ça montre qu'on a déjà inversé les rôles.
14:42C'est-à-dire que ce n'est pas à la police, finalement,
14:45de démontrer de manière absolue sa culpabilité,
14:47c'est à elle de démontrer son innocence.
14:50Le problème de cet alibi, c'est qu'il est plausible,
14:52mais il n'est pas vérifiable.
14:54Puisqu'il ne va y avoir aucune activité téléphonique à ce moment-là
14:58qui permette de la géolocaliser.
15:01Et pour les enquêteurs, c'est le comme par hasard.
15:04Comme par hasard, vous allez rester dans le créneau
15:06qui vous permet d'aller à Mante-la-Jolie,
15:09prostré sur un quai de scène, en pleurs.
15:11C'est ça qui est compliqué.
15:12Mais il faudrait que ça pose question, quand même.
15:14Je sais que vous défendez Nathalie Kuntz,
15:17mais on peut s'interroger, quand même.
15:19Bien sûr.
15:20On peut se dire, comme par hasard, c'est ce soir-là.
15:22Oui, bien sûr.
15:24Ce n'est pas la première fois qu'elle a des sautes d'humeur difficiles.
15:29Vous avez expliqué qu'elle pouvait être volcanique, éruptive,
15:32mais elle a aussi des grands moments de détresse.
15:35Ce n'est pas la première fois qu'elle fond en larmes.
15:37Ce sont des choses qui sont déjà arrivées.
15:40Elle est fragile un peu, psychologiquement.
15:41Oui, on le saurait à moins.
15:43Elle est vraiment dans une période de sa vie
15:45où tout part à volo, c'est compliqué.
15:47Elle n'a même pas le soutien de sa propre mère.
15:48C'est quelque chose qui est très difficile à vivre, je pense.
15:50Oui, tout à fait.
15:51Maître Serge Billet, vous êtes aussi l'avocat de Nathalie Kuntz
15:55et vous êtes avec nous dans cette heure du crime.
15:57Alors, un point avec vous,
15:58puis on va évidemment élargir là-dessus sur ce thème qui est important,
16:01c'est le journal intime de Nathalie Kuntz.
16:05Alors là, c'est terrifiant ce journal intime,
16:07parce qu'elle veut la mort de sa mère.
16:09On a l'impression qu'elle signe son forfait.
16:11Il est évident que pour les enquêteurs,
16:14c'est un élément extrêmement important
16:16parce que ce sont des aveux écrits, finalement,
16:18qu'ils viennent de retrouver à son domicile.
16:21Après, c'est bien évidemment toute la portée
16:24que l'on doit réserver à cela.
16:26Et je pense que, fort de cet élément,
16:29les policiers sont peut-être allés un peu trop vite.
16:32Parce qu'on s'apercevra par la suite
16:35que ces écrits avaient une certaine connotation
16:40et qu'ils n'étaient pas nécessairement
16:42l'expression d'un projet ou d'une volonté.
16:45Mais, en tout cas, à cet instant-là,
16:47à ce moment-là,
16:48les policiers pensent véritablement
16:50tenir l'élément capital
16:52qui permet de pouvoir justifier
16:55sa mise en examen et son incarcération.
16:58Oui, c'est évidemment pain béni
16:59pour la PJ de Versailles.
17:01Très bonne police judiciaire, d'ailleurs, à Versailles.
17:03Là, ils ont tout ce qu'il faut dans la main
17:05pour pouvoir poursuivre cette femme.
17:07Maître Marc Gégère,
17:08lorsque vous allez la défendre avec Serge Billet,
17:10cette femme, qu'est-ce qu'elle vous dit
17:12sur ses écrits, etc ?
17:14Elle nous dit quelque chose
17:16qui s'entend.
17:18Pour elle, c'est un exutoire.
17:20C'est-à-dire qu'elle déverse,
17:22en quelque sorte, sur ce papier,
17:24la colère qu'elle nourrit à l'endroit de sa mère.
17:27Et comme elle sait que ça n'aura aucune incidence,
17:30elle va très très loin dans ses propos.
17:33Mais elle n'est pas la première
17:34à avoir fait ce genre de choses.
17:36Et puis après, on aura,
17:37mais on en parlera un peu plus tard,
17:38on aura l'éclairage essentiel
17:40par rapport à cet écrit,
17:41des experts qui l'ont examiné.
17:43Oui, les experts.
17:43Puis on parlera aussi du bornage téléphonique.
17:46C'est important.
17:46Et ça, on va y venir.
17:47On va y venir parce que ça va peser lourd,
17:49effectivement,
17:50dans le ou les procès
17:51qui s'annoncent.
17:53Serge Billet,
17:54effectivement, là,
17:55on est en carrefour
17:56dans cette affaire.
17:58Le divorce est compliqué.
18:00Il y a huit mains courantes
18:01qui ont été déposées.
18:03Effectivement,
18:03elle n'est pas dans une très bonne position,
18:05Nathalie Kouns.
18:06Elle est très remontée contre la terre entière
18:08et notamment contre sa mère.
18:09Oui, il y a un faisceau,
18:10il y a un faisceau d'événements
18:11qui font que Nathalie
18:14est confrontée
18:16à une véritable suspicion
18:18de la part du magistre instructeur,
18:20des services de police.
18:22Et c'est vrai que ces écrits
18:24viennent considérablement
18:27à lourdir,
18:28en quelque sorte,
18:30les charges
18:30qui pouvaient éventuellement
18:32peser contre elle.
18:32Donc, il y a au départ
18:33cette conviction policière
18:35qui, aujourd'hui,
18:36et qui, à cet instant-là,
18:37est nourrie par ces écrits
18:40qui, comme on le sait,
18:43traduisaient véritablement
18:44son désarroi.
18:45Après, voilà,
18:46c'est autre chose
18:47et les experts, effectivement,
18:48viendront dire ce qu'ils pensent.
18:50Alors, un mot là-dessus,
18:51Marc Gégère.
18:52On a le mobile,
18:53c'est la colère, la haine.
18:55On a les carnets intimes,
18:57on l'a dit,
18:57on sait qu'elle s'est déplacée
18:59cette nuit-là,
19:00et dans le sens
19:01qui pourrait correspondre
19:02à la scène de crime.
19:03Mais un mot, quand même,
19:04sur cette scène de crime.
19:05Je voudrais qu'on y revienne
19:06juste un instant.
19:07Il y a des empreintes
19:08de Nathalie Kuntz
19:10sur cette scène de crime ?
19:11Alors, il faut bien être clair,
19:12il n'y a absolument rien,
19:14aucun élément objectif
19:15qui permette de la placer
19:16sur la scène de crime
19:18au moment des faits.
19:19Pas d'empreintes,
19:20pas d'ADN, évidemment,
19:22puisque, à l'époque,
19:22on a commencé déjà
19:24à se servir de l'ADN.
19:27Il n'y a absolument rien
19:28qui permette
19:29d'avoir la certitude
19:31qu'elle est sur place
19:32et qu'elle a commis ses faits.
19:33C'est un élément, évidemment,
19:35dont nous nous servirons,
19:36mais qui sera corroboré
19:37par d'autres éléments
19:38qui sont encore plus troublants.
19:40La fille va être jugée.
19:43Josiane Kuntz,
19:44un assassin idéal.
19:46Pour envoyer quelqu'un en prison,
19:47on ne peut pas se satisfaire
19:48d'un bornage téléphonique,
19:50d'un bout de papier.
19:51L'enquête de l'heure du crime,
19:53quel visage va montrer
19:54cette fille qui haïssait sa mère ?
19:56Comment peut-elle échapper
19:57à un dossier d'accusation
19:59aussi accablant ?
20:00A suivre dans un court instant
20:01sur RTL.
20:03Merci d'écouter RTL.
20:21Dans quelques heures,
20:23la cour d'assises de Versailles
20:24va se plonger
20:24dans une mystérieuse affaire.
20:26Une fille accusée
20:27d'avoir tué sa mère
20:28de 24 coups de couteau.
20:30Les faits se sont déroulés
20:31il y a 4 ans.
20:32L'accusée a toujours nié.
20:33Elle risque la perpétuité.
20:36Retour dans l'heure du crime
20:37sur l'affaire Josiane Kuntz.
20:38Cette esthéticienne
20:40de Mante-la-Jolie,
20:4159 ans,
20:41a succombé à 24 coups de couteau
20:44en octobre 2000.
20:45Sa fille l'a détestée.
20:46Mise en examen et écrouée,
20:48elle a toujours nié les faits.
20:49Elle est jugée 4 ans plus tard.
20:54Vendredi 13 février 2004,
20:56Nathalie Kuntz, 40 ans,
20:58est devant la cour d'assises
20:59des Yvelines à Versailles.
21:00Elle trépigne
21:01en écoutant la lecture
21:03de l'arrêt de renvoi
21:04qui énumère des éléments à charge.
21:05Elle prend des notes,
21:07lève le doigt
21:07pour demander la parole.
21:08Le président la lui offre.
21:10Merci, dit-elle.
21:11Je suis innocente des faits
21:13pour lesquels je viens
21:13de passer 1021 jours en prison.
21:16J'étais la parfaite coupable.
21:18On s'est défoulé sur ma vie.
21:20On l'écoute poliment,
21:22puis on la met face
21:23à son journal intime
21:24dans lequel elle dénigre
21:25sa mère assassinée.
21:26On lit cet extrait.
21:27Je viens pour te voir
21:29une dernière fois
21:29pour que tu ne blesses plus,
21:31écrit Nathalie Kuntz,
21:33pour te couper les mains,
21:34pour que ta langue
21:35ne fourche plus,
21:36la couper également,
21:38pour que tes yeux
21:39ne croisent plus les miens,
21:40les crever.
21:41Elle assure que tout cela
21:43a été rédigé des années
21:44avant le crime.
21:45Les psys refusent
21:46de voir une femme
21:47au caractère hystérique,
21:48comme l'ont écrit
21:49les enquêteurs.
21:50Ils évoquent
21:50une simple rigidité
21:52de caractère.
21:53Un policier témoigne.
21:54D'ordinaire,
21:56les enfants des victimes
21:57nous harcèlent
21:57pour savoir
21:58où en est l'enquête.
21:59Elle,
22:00le lendemain du crime,
22:01deux heures après avoir
22:02appris la mort de sa mère,
22:04elle coiffait un client.
22:08La cour examine
22:09l'élément central
22:10de l'accusation.
22:11Le bornage du téléphone
22:13de Nathalie Kuntz,
22:14non loin de la scène de crime,
22:16là où elle n'aurait
22:17pas dû se trouver.
22:18À 21h06,
22:20elle avait reçu un message
22:21de l'opérateur
22:22sur son téléphone en veille.
22:24C'est ainsi
22:24qu'elle a pu être localisée.
22:26Les techniciens soutiennent
22:27que ces données informatiques
22:29sont irréfutables.
22:30Pas de possibilité d'erreur.
22:32L'avocat de l'accusé,
22:33maître Frédéric Landon,
22:35ironise sur ce message
22:36isolé
22:37qui ne veut rien dire.
22:38Nathalie n'a jamais
22:40activé son téléphone.
22:41Pour l'avocat,
22:42c'est une erreur technique.
22:43Pour envoyer quelqu'un
22:44en prison,
22:45dit-il,
22:45on ne peut pas
22:46se satisfaire
22:47d'un bout de papier
22:48qui est incohérent.
22:50Suffisant
22:50pour installer le doute,
22:52après deux jours
22:53de procès,
22:54Nathalie Kuntz,
22:55contre toute attente,
22:56est acquittée.
22:58Acquittée,
22:59effectivement.
22:59C'est une surprise
23:00parce que
23:01tout allait contre elle.
23:03Les policiers
23:03étaient très sûrs d'eux.
23:05Il y a beaucoup
23:05quand même d'indices
23:06qui mènent à cette femme.
23:08La Libye
23:08qui est très faible,
23:10le fait qu'elle détestait
23:11sa mère.
23:12Effectivement,
23:13tout ça,
23:14ça pose question.
23:16Maître Serge Billet,
23:17je précise
23:18que vous n'étiez pas
23:19à ce procès.
23:19Vous avez défendu
23:21Nathalie Kuntz
23:22avec Marc Gégère
23:23qui est également
23:23notre invité
23:23dans le prochain procès.
23:24Mais on va y venir.
23:26Nathalie Kuntz,
23:27elle est comparée libre
23:28et tout de suite,
23:30c'est étonnant
23:31parce qu'elle pourrait
23:32être brisée,
23:33vraiment effondrée,
23:34accablée,
23:35mais elle est décidée
23:36à se défendre.
23:36C'est son caractère ?
23:38Oui,
23:38c'est son caractère.
23:39Alors,
23:40lorsque elle comparait
23:41devant la première
23:43cour d'assises,
23:44la cour d'assises
23:45des Yvelines
23:46à Versailles,
23:47Nathalie Kuntz
23:48n'est pas libre.
23:49Elle est détenue
23:50à ce moment-là.
23:51D'accord.
23:51Elle ne sera libre
23:52qu'à l'issue
23:53de ce procès
23:54et à l'issue
23:55de son acquittement.
23:56Donc,
23:56on peut comprendre
23:58véritablement
23:58la tension
23:59qui pouvait régner
24:00chez cette femme
24:01qui avait passé
24:02pratiquement
24:02trois années
24:03de détention provisoire
24:04avant de pouvoir
24:05s'expliquer
24:06devant ses juges.
24:07Donc,
24:07c'était quelque chose
24:08qui était extrêmement compliqué
24:09et difficile,
24:10ce qui expliquera peut-être
24:11ensuite
24:12la différence
24:13de comportement
24:14avec le procès d'appel
24:16dans lequel vous reviendrez
24:16dans quelques instants.
24:19Voilà.
24:19Donc,
24:20Nathalie,
24:21c'est un procès
24:23accablant,
24:24incontestablement,
24:25mais lorsque,
24:26et c'est le rôle
24:27de la cour d'assises,
24:27l'on rentre
24:28dans le détail
24:29en profondeur
24:30sur les éléments
24:31à charge
24:32qui pèsent contre elle,
24:33les choses ne sont pas
24:34aussi évidentes
24:35que cela
24:36et c'est la raison
24:36pour laquelle
24:37le doute s'est emparé
24:38de l'esprit des jurés.
24:39Il y a quelque chose
24:40aussi,
24:40Maître Billet,
24:41qui a été étonnant,
24:43c'est que
24:43les policiers
24:44disaient
24:44qu'elle est hystérique.
24:45C'est un mot
24:46qu'on n'emploie plus
24:46aujourd'hui.
24:47Elle est hystérique,
24:48cette femme.
24:49Mais les psys
24:50ont dit
24:50non,
24:51elle n'est pas hystérique.
24:51Donc,
24:52est-ce qu'on n'a pas forcé
24:52un petit peu le trait
24:53quand même ?
24:54On a incontestablement
24:55forcé le trait.
24:57Lorsque
24:57l'expert psychiatre
24:59l'examine,
25:00c'est une femme
25:02d'un certain caractère,
25:04vif,
25:05déterminée,
25:06mais elle n'est pas
25:06du tout hystérique.
25:08Et ça,
25:08voyez-vous,
25:09c'est cette espèce
25:10de conviction
25:11de la part des policiers.
25:13Le fait qu'on dise
25:14que le lendemain
25:15de la mort de sa mère,
25:17elle a coiffé un client
25:18et qu'elle était
25:19finalement étrangère
25:20à tout chagrin,
25:21c'est une sorte de,
25:23j'allais dire,
25:24de certification
25:25du chagrin.
25:26C'est-à-dire
25:26qu'il faut pleurer
25:27véritablement
25:28pour pouvoir convaincre.
25:30Or,
25:31ça me faisait penser
25:32finalement à un morceau
25:33de l'étranger de Camus,
25:35à savoir qu'elle a eu
25:36un comportement
25:36qui était le sien
25:37sans que cela révèle
25:40nécessairement
25:40une culpabilité.
25:42Effectivement,
25:43en termes un petit peu policiers,
25:45on dit qu'on habille,
25:46on habille,
25:46on habille,
25:47on habille en dossier.
25:48Maître Marc Gégère,
25:50avocat,
25:50vous également,
25:51de Nathalie Kuntz,
25:52il y a le bornage téléphonique
25:53suite à ce premier procès.
25:54C'est central, ça.
25:56On dit,
25:56mais vous êtes bien passé
25:57en direction
25:58du domicile de votre mère
25:59puisqu'on vous voit,
26:00là,
26:01il y a un bornage.
26:02Les techniciens,
26:02ils sont formels.
26:03Alors,
26:04ils sont formels,
26:04mais il faut se replacer
26:05à l'époque où on se trouve.
26:07C'est-à-dire qu'on est au début
26:08des téléphones portables,
26:09on est au début
26:10de l'édification
26:12des divers relais.
26:13Il y en a beaucoup moins
26:15que maintenant.
26:16Et ces relais
26:17ont un rayon d'action
26:18extrêmement important.
26:19Et on se rend compte
26:20que le relais
26:21sur lequel elle borne
26:22est un relais
26:23qui couvre aussi
26:24Rueil-Malmaison
26:25en limite.
26:26C'est-à-dire son domicile.
26:27Son domicile.
26:28Là où elle dit
26:28qu'elle est restée prostrée
26:29avant de regagner
26:30finalement son domicile.
26:32S'il y avait eu
26:33plusieurs bornages
26:34sur ce chemin-là
26:36qui l'a mené
26:37à Mante-la-Jolie,
26:38ça aurait été
26:38beaucoup plus compliqué.
26:39En tout cas,
26:40ça aurait été
26:40beaucoup plus fiable.
26:40On l'aurait suivi, c'est ça.
26:41Voilà.
26:42Et je sais que Landon,
26:43en première instance,
26:44va expliquer
26:45que ça ne serait pas
26:46la première fois
26:47qu'une erreur informatique
26:49se glisse
26:49dans un listing.
26:51Et manifestement,
26:53c'est ce que les jurés
26:54de la cour d'assises
26:55de Versailles
26:55ont pu croire.
26:56Acquittement,
26:57ce premier procès,
26:58c'est votre confrère,
26:59évidemment,
27:00vous l'avez cité,
27:00Maître Landon
27:01qui défendait cette femme,
27:02qui défendait
27:03Nathalie Kuntz.
27:04Entre nous,
27:05inespérés.
27:06Le dossier,
27:07il est écrasant.
27:08Disons que le coup
27:09passe à si près
27:10que le chapeau tomba.
27:12C'est ce que je pourrais dire.
27:14C'est-à-dire que
27:14si les jurés
27:16n'avaient pas pris soin,
27:17comme l'a dit Billet,
27:18de rentrer dans le détail
27:19de cette affaire
27:20et des éléments à charge
27:21qui pesaient contre elle,
27:22l'apparence aurait permis
27:24de condamner
27:24sans difficulté
27:25cette femme.
27:26Et c'est tout l'honneur
27:27de cette cour d'assises
27:28d'avoir rendu ce verdict.
27:30Il y a appel
27:31vers un deuxième procès.
27:34Josiane Kuntz,
27:35un assassin idéal.
27:37Et si l'assassin
27:37était un fou,
27:38un rôdeur,
27:39un amant et conduit ?
27:40L'enquête de l'heure du crime.
27:41On se retrouve
27:42dans un instant sur RTL.
27:49Bonne journée
27:50sur RTL.
27:56L'heure du crime
27:57présentée par
27:58Jean-Alphonse Richard
27:59sur RTL.
28:01Au programme
28:01de l'heure du crime,
28:02l'affaire Josiane Kuntz,
28:03une esthéticienne
28:04des Yvelines,
28:0559 ans,
28:06tuée à coup de couteau
28:06à l'automne 2000.
28:08Sa fille est accablée
28:09par les accusations.
28:10Jugée en 2004,
28:11elle a été acquittée
28:12à la surprise générale.
28:14Un an plus tard,
28:15elle comparait
28:15en appel.
28:19Lundi 23 mai 2005,
28:21Nathalie Kuntz est devant
28:22la cour d'assises d'appel
28:23du Val-d'Oise
28:24à Sergi-Pontoise.
28:25Elle répète
28:26qu'elle rejette
28:27les faits qui lui sont reprochés.
28:29Je n'ai jamais
28:29haï ma mère.
28:31Je sais que je suis innocente,
28:33je sais que je suis
28:34quelqu'un de bien,
28:35dit-elle,
28:35la voix entrecoupée
28:36de sanglots.
28:37L'accusée apparaît
28:38plus calme,
28:39plus tranquille
28:40qu'au premier procès.
28:41Elle raconte son enfance
28:43et pour la première fois
28:44rend hommage
28:45à sa mère,
28:45Josiane Kuntz.
28:47Mon père a quitté la maison
28:48quand nous étions petits.
28:50Ma mère s'occupait
28:51bien de nous.
28:52Elle s'est très bien
28:53occupée de nous.
28:54Les années d'adolescence
28:55ont été douloureuses.
28:57À 14 ans,
28:57il arrivait que sa mère
28:59l'emmène en boîte de nuit.
29:00On ne voulait pas de moi.
29:02J'étais le vilain petit canard.
29:04Pas belle,
29:05grosse,
29:06moche.
29:07Aurait-elle été jalouse
29:08depuis l'enfance
29:09de sa mère
29:10qui plaisait aux hommes ?
29:12Son père,
29:13un prof de musique,
29:1362 ans,
29:14est questionné.
29:15Il n'est pas tendre
29:16avec sa fille.
29:17Une forte personnalité,
29:18dit-il.
29:19Quand elle avait fait une bêtise,
29:20elle avait toujours
29:21une explication tordue.
29:22Elle mentait continuellement.
29:24Elle niait l'évidence.
29:28Les enquêteurs assurent
29:29qu'ils n'ont trouvé
29:30qu'une seule suspecte possible.
29:32Nathalie Kuntz.
29:33La défense s'interroge
29:34toutefois sur d'autres
29:35pistes laissées en friche.
29:37L'ADN d'un homme
29:38avait été prélevé
29:39sous un ongle
29:40de Josiane Kuntz.
29:42Trace génétique
29:43jamais identifiée.
29:44L'un des avocats
29:45de Nathalie Kuntz
29:46affirme que sa mère
29:47a tout aussi bien pu être
29:49la victime
29:49d'un fou,
29:50d'un rôdeur
29:51ou encore
29:52d'un amant
29:52est conduit.
29:53L'avocat général
29:54demeure persuadé
29:55que Nathalie Kuntz
29:56est derrière l'assassinat.
29:58Il parle d'un crime passionnel,
30:00l'amour impossible
30:01d'une fille
30:02pour sa mère.
30:03Le magistrat demande
30:04dix ans de prison,
30:05une peine,
30:06dit-il,
30:06qui ne la détruira pas.
30:09On va voir le verdict
30:11dans le chapitre
30:12qui suit.
30:13Maître Serge Billet
30:14en mots là-dessus
30:15sur ce procès.
30:16Évidemment,
30:16vous y êtes
30:16avec Maître Marc Gégère
30:18pour défendre
30:18Nathalie Kuntz.
30:19Ce n'est plus
30:20tout à fait
30:20la même femme
30:21qui est là.
30:22Elle est beaucoup plus
30:23dans l'empathie,
30:25notamment pour sa mère.
30:26Oui,
30:27alors d'abord,
30:27le temps est passé
30:29et puis surtout,
30:30la liberté est arrivée.
30:31Et il y a donc
30:33un comportement
30:34qui est non pas
30:35plus serein
30:35mais qui est
30:37plus adapté
30:38en quelque sorte
30:39à sa deuxième
30:40comparution
30:41devant la cour d'assises.
30:42Et puis,
30:43il y a malgré tout
30:44dans cette affaire
30:45un certain nombre
30:45d'événements
30:46qui,
30:47je ne vais pas dire
30:48nous rassurent,
30:49mais qui révèlent
30:50incontestablement
30:51qu'il y a eu
30:51un certain nombre
30:52de pistes
30:53qui ont été négligées.
30:55Vous parliez
30:56de l'ADN
30:56d'un homme.
30:57En réalité,
30:58on a prélevé
30:59sous les ongles
31:00de la main gauche
31:01de Josiane Kuntz
31:04un matériel biologique
31:06qui a été certes
31:07insuffisant
31:08pour déterminer
31:08un ADN
31:09mais qui a permis
31:10de dire
31:11que c'était
31:12un matériel biologique
31:13qui appartenait
31:14à un homme.
31:15Donc,
31:15c'est quelque chose
31:16d'important
31:16lorsque l'on sait
31:17que Josiane Kuntz
31:19était extrêmement soignée,
31:21faisait très attention
31:22à sa personne
31:23et le fait
31:25de retrouver
31:26ce matériel biologique
31:27sous les ongles
31:28de sa main gauche
31:29pose véritablement
31:30des questions.
31:31Et puis,
31:32il y a eu aussi
31:33un certain nombre
31:34de pistes
31:34qui ont été
31:34peut-être
31:35trop rapidement
31:36refermées.
31:37Celui de l'amant
31:38qui avait financé
31:40en quelque sorte
31:41le déficit
31:42de son institut de beauté,
31:43celui de ce gigolo
31:44qui passait ses nuits
31:46en boîte de nuit
31:47et que l'on avait
31:48aperçu
31:49le jour du crime
31:50en début d'après-midi.
31:51Donc,
31:52voilà,
31:52il y a tout un ensemble
31:53de choses
31:54qui font qu'on est
31:55non pas serein
31:56mais on a quand même
31:57beaucoup de choses
31:58à dire.
31:58Oui,
31:58c'est ça.
31:59Donc,
31:59effectivement,
31:59il y a un voile
32:00de soupçons
32:01qui s'installe.
32:02Le doute est là
32:02et puis,
32:03évidemment,
32:03votre job,
32:04les avocats de la défense,
32:05c'est de glisser,
32:06de surfer là-dessus
32:07sur ce doute.
32:09Maître Marc Gégère,
32:10évidemment,
32:11elle essaie de gommer
32:11un petit peu son image
32:12de femme excitée.
32:13On le comprend bien.
32:14Je pense que vous l'avez
32:14entre guillemets préparée
32:15comme on dit dans le métier
32:18avant ce procès.
32:19Est-ce qu'elle n'a pas été
32:20jalouse de sa mère ?
32:21Cette jalousie l'a emportée.
32:24Je pense que...
32:24Sa mère était une femme
32:26belle,
32:26attirante,
32:27etc.
32:27Et elle dit elle-même
32:28qu'elle était le vilain
32:29petit canard.
32:30Oui,
32:30vous savez,
32:30les adultes,
32:31lorsqu'ils parlent
32:32de leur enfance,
32:33parlent souvent d'eux
32:34comme on a parlé d'eux
32:35à l'époque.
32:37Je pense que c'était
32:37l'image qui lui était
32:39renvoyée d'elle.
32:41Elle a pu en nourrir
32:42une certaine jalousie
32:43vis-à-vis de sa mère.
32:44C'est possible.
32:46Mais je pense que c'était
32:47surtout une fille
32:49qui était immensément déçue
32:51par le peu de cas
32:53que prêtait sa mère
32:54à son endroit.
32:55Elle avait beaucoup de mal
32:57à ne pas voir
32:58dans l'œil de sa mère
32:59une certaine admiration
33:00qu'on attend
33:01chez tous nos parents.
33:02Et tout ça,
33:03c'est compliqué.
33:04Donc,
33:04il y avait peut-être
33:05de la jalousie,
33:06mais il y avait peut-être
33:06aussi d'autres sentiments
33:07qui s'entremêlaient là-dedans.
33:09C'est compliqué
33:09à expliquer a posteriori.
33:11Vous êtes habitué
33:13aux cours d'assises,
33:14maître Marc Gégère.
33:15Est-ce que vous sentez
33:16qu'il y a quelque chose
33:16qui est en train de craquer
33:18à ce procès ?
33:20En votre faveur,
33:21j'ai envie de dire,
33:21ou bien c'est très indécis ?
33:24Alors, vraiment,
33:26le souvenir qui me reste,
33:28c'est lorsque le président
33:30de la cour d'assises
33:31va faire venir à la barre
33:33le policier
33:34qui est spécialisé
33:35en matière de téléphonie.
33:37De mémoire,
33:37c'est quelqu'un
33:38qui vient de lire CGN
33:39pour expliquer,
33:40ce n'est pas lui
33:41qui a fait le bornage,
33:41mais c'est lui
33:42qui vient expliquer
33:43comment ça fonctionne.
33:43C'est la recherche
33:44de la gendarmerie.
33:44Voilà.
33:45On va lui poser
33:46un certain nombre de questions
33:47et sur les questions
33:49de la défense,
33:50il va reconnaître
33:51qu'il peut y avoir
33:52un bug,
33:52qui peut y avoir
33:53une difficulté
33:54sur un bornage unique,
33:57un signal unique.
33:58Et je me rappelle très bien
34:00de ce que le président
34:01de la cour d'assises
34:02va lui répondre
34:02à ce moment-là.
34:03Il va lui dire,
34:04mais en fait,
34:04vous servez à quoi alors ?
34:06C'est pas gentil.
34:07Non,
34:07mais c'était
34:08toute la détresse finalement
34:10de cette juridiction
34:11à qui on avait servi
34:13un accusé sur un plateau
34:15et qui se rendait compte
34:17petit à petit
34:18en tirant les chevaux de laine
34:19qu'il n'y avait pas
34:20autant de certitude
34:21que ça.
34:21Et puis encore une fois,
34:23on est à une époque
34:24où on est au balbutiement
34:26de la téléphonie
34:27et de ce type de recherche.
34:29Aujourd'hui,
34:29on aurait beaucoup plus
34:30de matériel,
34:31je pense,
34:32et beaucoup plus
34:33de certitude.
34:33Et vous auriez
34:34beaucoup plus de difficultés
34:35à faire valoir
34:36vos arguments.
34:37Ou alors,
34:38beaucoup plus de facilité
34:40à démontrer son innocence.
34:40c'est possible aussi.
34:41Encore une petite question
34:42pour vous,
34:43Maître Serge Billet.
34:44Un crime passionnel,
34:46dit l'avocat général.
34:46C'est étonnant ça,
34:47un crime passionnel.
34:48Ça veut dire quoi ?
34:49C'est particulièrement étonnant
34:50et je dois dire que
34:51lorsque nous avons
34:53écouté avec attention
34:54les réquisitions
34:55de l'avocat général,
34:56le fait qu'il réclame
34:57dix années
34:58de réclusion
34:59à l'encontre
35:00de Nathalie
35:01était pour nous
35:02véritablement
35:03un aveu de faiblesse.
35:05Oui, tout à fait.
35:05C'était un aveu de faiblesse
35:06parce que
35:07cet homme était
35:09traversé par le doute.
35:11Mais c'est peut-être
35:11parce qu'il était
35:12traversé par le doute
35:13qu'il a réclamé
35:14une peine
35:14qui ne correspond pas
35:16habituellement
35:17aux peines réclamées
35:17en de pareilles circonstances.
35:19Deux jours de procès
35:20puis le verdict.
35:22Josiane Kuntz,
35:23un assassin idéal,
35:24condamné là
35:25car il faut que justice passe.
35:27Ne lui décernez pas
35:28un diplôme
35:29du crime parfait.
35:30L'enquête de L'Heure du Crime
35:31je vous retrouve tout de suite
35:32sur RTL.
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35:41L'Heure du Crime
35:42présenté par Jean-Alphonse Richard
35:43sur RTL.
35:45Dans L'Heure du Crime
35:46l'affaire Josiane Kuntz
35:47cette esthéticienne
35:48de Mantes-la-Jolie
35:4959 ans
35:50a été tuée
35:51de 24 coups de couteau
35:52en octobre 2000.
35:53Sa fille a longtemps
35:54été présentée
35:55comme la seule suspecte
35:56elle a toujours nié.
35:57A quitter surprise
35:58au premier procès
35:59elle est rejugée ?
36:00Voici le verdict.
36:03Mardi 24 mai 2005
36:05Nathalie Kuntz
36:0641 ans
36:07est à nouveau
36:07acquittée
36:08par la cour d'assises
36:10du Val-d'Oise
36:10en dépit
36:11d'investigations conséquentes
36:13et d'une accumulation
36:14de charges
36:15aucune preuve formelle.
36:17Empreinte digitale
36:17trace ADN
36:18témoignage
36:19n'a été apporté
36:20sur l'implication
36:21de la fille
36:22dans l'assassinat
36:23de sa mère.
36:24L'avocat général
36:25avait pourtant exhorté
36:26les jurés
36:27condamnés là
36:28car il faut que justice passe
36:29ne lui décernez pas
36:31un diplôme
36:31du crime parfait.
36:34Aucune enquête
36:35n'a été rouverte
36:37sur la mort
36:37de l'esthéticienne
36:38Josiane Kuntz
36:39pas d'assassin retrouvé
36:41sa mort
36:41reste
36:42inexpliquée.
36:44On a suivi cette piste
36:45parce que c'est vraiment
36:46ce qu'on appelle
36:46l'effet tunnel
36:47c'est-à-dire que
36:48on a eu la certitude
36:50beaucoup trop rapidement
36:51que ce qui était
36:52vraisemblable
36:53était certain
36:53et que compte tenu
36:55de l'inimitié
36:56entre la mère et la fille
36:57compte tenu
36:57de ce qu'elle avait écrit
36:58dans son journal
36:59compte tenu
37:00de ce bornage
37:01c'était quelque chose
37:03de certain
37:03alors ça n'était pas du tout.
37:07Maître Marc Gégère
37:08c'est vous
37:08qu'on vient d'entendre
37:09effectivement sur ce document
37:10effet tunnel
37:11effectivement c'est quelque chose
37:13qui a pesé dans ce dossier.
37:14Oui c'est pas la première fois
37:15qu'on voit ça
37:16et c'est cet effet tunnel
37:18qui fait que les enquêteurs
37:19ne vont plus avoir
37:20qu'une cible
37:21en quelque sorte
37:21perdre cette culture
37:23du doute
37:24qui doit tout le temps
37:24les habiter
37:25pour leur permettre
37:26en tout cas
37:27de fermer les autres portes.
37:28Là on est allé
37:29directement sur elle
37:30et on a focalisé
37:31complètement sur la culpabilité
37:33de cette femme
37:34laissant penser
37:35que tous les éléments
37:37qui venaient s'accumuler
37:38les uns derrière les autres
37:39et notamment la découverte
37:40de ce journal intime
37:41c'était le
37:42mais bon Dieu
37:42mais c'est bien sûr
37:43donc et c'est ça
37:44qui a fait je pense
37:46que cette femme
37:47a comparu à deux reprises
37:48devant une cour d'assises.
37:49Maître Serge Billet
37:50avocat également
37:51de Nathalie Kuntz
37:52et vous êtes avec nous
37:53dans l'heure du crime
37:54évidemment que vous êtes d'accord
37:55avec Marc Gégère
37:56vous avez travaillé ensemble
37:57sur ce dossier
37:58pour défendre Nathalie Kuntz
38:00selon vous
38:01quelles ont été
38:01les failles principales
38:03où le doute est apparu ?
38:04C'est un petit peu tout
38:05quand on parle
38:06du journal intime
38:08l'expert est venu dire
38:10ce qu'ils ont pensé
38:10et puis surtout
38:11il y a quand même
38:12le comportement
38:13de celle qui est accusée
38:14de ce meurtre
38:15ce journal intime
38:17il n'a jamais disparu
38:18il était fait pour être lu
38:20nous disaient les experts
38:21donc c'est quand même
38:22malgré tout
38:23un élément extrêmement important
38:24on sait que
38:25la plupart du temps
38:26lorsque certaines personnes
38:28fomentent le projet
38:30d'assassiner
38:30ou de tuer quelqu'un
38:31on essaye de faire en sorte
38:33que toutes les preuves
38:34disparaissent
38:34là ce journal intime
38:35il a été trouvé
38:36posé sur le bureau
38:37de Nathalie Kuntz
38:39lorsque la perquisition
38:40est intervenue
38:40elle ne le cachait pas
38:42elle ne le cachait pas
38:43et puis il y a
38:44ces pistes
38:44qui n'ont pas été exploitées
38:46moi j'appelle cela
38:46de la paresse judiciaire
38:48c'est à dire
38:49qu'à partir du moment
38:50où l'on a
38:52la conviction
38:53la certitude
38:54qu'on tient
38:55la bonne personne
38:56on néglige
38:57l'ensemble
38:58des autres pistes
38:59qui pouvaient être
39:00également exploitées
39:02tout cela
39:02a été devenu
39:03incohérent
39:04incohérent
39:04Maître Marc Gégère
39:06qu'est-ce qui a emporté
39:07l'adhésion des jurés
39:08selon vous ?
39:09il faut dire les choses
39:11telles qu'on les ressent
39:12d'abord
39:12les jurés du Val d'Oise
39:15récupèrent un dossier
39:16d'acquittement
39:17donc ça veut dire
39:18qu'à l'époque
39:19il y avait neuf jurés
39:20les neuf jurés
39:21des Yvelines
39:23ont indiqué
39:24que cette femme
39:24n'était pas coupable
39:26c'est un élément
39:26dont on ne peut pas
39:27faire l'économie
39:28ensuite je pense
39:29que ce qui a vraiment
39:30emporté la conviction
39:31de cette cour d'assises
39:33d'appel du Val d'Oise
39:34c'est à la fois
39:37l'explication
39:37qui est donnée
39:38par le psychiatre
39:39l'expert psychiatre
39:40qui a examiné
39:41Nathalie Kuntz
39:42sur la portée
39:43qu'on doit donner
39:44aux écrits
39:45qui ont été les siens
39:46et lui
39:47il parle bien
39:47d'un exutoire
39:48et je me rappelle
39:49qu'il dit
39:50vous savez
39:51si elle l'a écrit
39:52c'est qu'elle ne voulait pas le faire
39:53c'est qu'elle avait besoin
39:54de l'écrire
39:54pour le sortir
39:56donc ça
39:57c'est un élément important
39:58puisque ça faisait partie
39:58des éléments à charge
39:59du mobile
40:00de l'accusation
40:01ensuite cette téléphonie
40:03qui n'est finalement
40:03pas aussi fiable que ça
40:05et troisième élément
40:06les autres pistes
40:07qui n'ont pas été creusées
40:07notamment le matériel biologique
40:09sous les ongles de la victime
40:10qui est un matériel biologique masculin
40:13et sur lequel
40:13il n'y a eu aucune espèce
40:14de recherche
40:15Maître Marc Gégère
40:16je ne la connais pas
40:17évidemment
40:18votre cliente
40:19Nathalie Kuntz
40:20il n'y a d'ailleurs
40:20pas de photo
40:21d'elle
40:22à ce procès
40:25physiquement
40:25est-ce qu'elle avait la force
40:27de tuer sa mère
40:29de 24 coups de couteau
40:3124 coups de couteau
40:32c'est très long
40:32c'est quelque chose
40:33c'est pas un flash immédiat
40:36au point de lui briser
40:37la colonne vertébrale
40:38il faut une force
40:39vraiment très puissante
40:411m58
40:43soixantaine de kilos
40:45donc une petite femme
40:47pour nous
40:48elle ne correspondait
40:49absolument pas
40:50à la gestuelle
40:51qui était celle
40:52de celui
40:53ou de celle
40:54qui a pu
40:55commettre ses faits
40:56c'était un élément
40:57important
40:58et puis il y a eu
40:58un autre élément
40:59aussi
40:59c'est que
41:00le timing
41:01était très important
41:03dans ce dossier
41:03puisqu'on sait
41:04à quelle heure
41:05elle est rentrée
41:05puisque lorsqu'elle rentre
41:06chez elle
41:07elle retrouve son compagnon
41:08qui explique précisément
41:09l'heure à laquelle
41:10elle est rentrée
41:10il la rejoint
41:12c'est ça
41:12il se retrouve
41:13il se rejoigne
41:14et en fait
41:14quand on fait
41:15le timing
41:16du temps
41:16qu'il lui aurait fallu
41:17pour aller à Mante-la-Jolie
41:18et revenir
41:19dans le délai
41:20qui était le sien
41:23les policiers
41:24avaient dit
41:24ça colle
41:25parce qu'il faut
41:25à peu près 28 minutes
41:26pour faire le trajet
41:27oui
41:28il faut 28 minutes
41:30il y en avait
41:31à peu près une trentaine
41:32qui lui étaient imparties
41:33et il aurait fallu
41:34qu'elle se change
41:35parce que quand on donne
41:3624 coups de couteau
41:36à une personne
41:38on est rempli de sang
41:39vous imaginez bien
41:40et or quand elle arrive
41:41chez elle
41:41évidemment son compagnon
41:43dit elle est exempte
41:44de toute tâche de sang
41:45elle est parfaitement normale
41:46il peut mentir
41:46mais bon
41:47oui il peut mentir
41:48mais ça aurait fait
41:48de lui un complice
41:49à ce moment-là
41:49il aurait fallu
41:50le mettre dans la boucle
41:51si je puis dire
41:51alors lui
41:52il n'avait aucune espèce
41:53de raison
41:54de se retrouver
41:56impliqué comme ça
41:56dans une affaire
41:57comme celle-là
41:57donc il y avait
41:59vraiment des éléments
42:00et c'est là
42:01où je rejoins
42:01Serge Billet
42:02sur la paresse judiciaire
42:04c'est le fait
42:05d'avoir cette conviction
42:07qui fait qu'on ne va pas
42:07au bout des choses
42:09on se contente
42:10de ce qui est vraisemblable
42:11et non pas de ce qui est certain
42:12et c'est ça
42:13qui fabrique
42:14les erreurs judiciaires
42:15heureusement
42:15Nathalie Kuhn
42:16s'est passée au travers
42:17Maître Serge Billet
42:18quelle a été la réaction
42:19de Nathalie Kuhn
42:20à l'issue
42:20de ce deuxième acquittement
42:22et deux fois
42:23ce sont des acquittements
42:24totalement inespérés
42:25c'est difficile à expliquer
42:27c'est presque irrationnel
42:29c'était la fin
42:30d'un long calvaire
42:32incontestablement
42:32elle s'est mise à pleurer
42:33nous étions avec Marc
42:34autour d'elle
42:35c'était partagé
42:38entre la joie
42:39l'émotion
42:39la souffrance
42:40c'était quelque chose
42:41de très difficile
42:41et je dois dire que
42:43moi j'ai le souvenir
42:44de ce procès
42:45lorsque la cour
42:46et les jurés
42:46sont revenus
42:47pour rendre leur verdict
42:48ils ont tous
42:51regardé
42:51Nathalie Kuhn
42:52ils l'ont regardé
42:54parce que
42:54le juge
42:55qui m'est fait en supplice
42:56a besoin
42:57de croiser
42:58le regard
42:59de celui
43:00ou de celle
43:00qu'il va remettre
43:02en liberté
43:02et ça
43:03tout de suite
43:04j'ai su qu'elle était acquittée
43:05Maître Marc Gégère
43:06je termine avec vous
43:07cette émission
43:08c'est un cold case
43:09aujourd'hui ?
43:09Oui absolument
43:10et puis
43:11aujourd'hui
43:12la technologie
43:12en matière d'ADN
43:13a à ce point évolué
43:14si on a conservé
43:16les scellés
43:16on pourrait peut-être
43:17en faire quelque chose
43:18et peut-être
43:18finalement
43:19trouver un ADN
43:20qui aujourd'hui
43:21pourrait matcher
43:21et bien vous reviendrez
43:22pour nous en parler
43:23merci beaucoup
43:24Maître Marc Gégère
43:25et Maître Serge Billet
43:26d'avoir été les invités
43:27de l'heure du crime
43:27merci à l'équipe
43:28de l'émission
43:29rédactrice en chef
43:29Justine Vignot
43:30préparation
43:31Marie Bossard
43:31Lili
43:32l'abbaye
43:32réalisation en direct
43:33Jonathan Griveaux
43:35Sous-titrage Société Radio-Canada

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