00:00J'avais préparé un propos en venant ici devant vous aujourd'hui, en apportant les réponses au questionnaire que vous
00:10m'avez adressé et sans m'exonérer de mes responsabilités, sans nier les failles qu'il y a pu exister
00:16et qu'il faut corriger, j'ai essayé de présenter les actions qui ont été mises en œuvre.
00:21J'ai essayé de faire des propositions, nous n'avons pas eu l'occasion de partager les propositions qu'on
00:27avait à faire. On n'est pas qu'en défense, on a aussi des propositions.
00:34Et ce sujet, je voulais éclairer la complexité des métiers, je voulais aussi mettre en avant la difficulté qu'ont
00:43les professionnels qui travaillent dans les écoles, que ce soit de l'éducation nationale, de la ville de Paris.
00:50Nous sommes dans un monde violent. Il y a eu des attentats, il y a eu le Covid, il y
00:57a le problème de santé mentale des enfants. Les enfants ont accès à la pornographie.
01:04Toute cette violence, nos adultes qui travaillent dans les écoles ont à la gérer au quotidien. Et ils font au
01:13mieux.
01:16Donc je voulais vraiment vous dire ça. Et moi, je suis très inquiète. Je suis très inquiète parce que nous
01:22avons fait beaucoup de choses. Pas parfaitement, mais beaucoup de choses.
01:28Et malgré ça, il y a des cas. Malgré ça, nous ne sommes pas protégés. Nous activons les contrôles qui
01:36sont ceux qui sont mis en place par la loi.
01:39Et ce n'est pas suffisant. Ça ne nous protège pas.
01:43Donc aidez-nous, aidez-nous à faire en sorte que quand on fait les contrôles, eh bien, ces contrôles soient
01:50efficaces.
01:53C'est comme ça qu'on protégera nous, nos enfants.
01:57Et donc les différentes propositions que j'avais, c'était aussi des leçons internes tirées de ces drames.
02:09On dit l'alerte à la hiérarchie. Vous disiez renvoi de balle. L'alerte à la hiérarchie, elle relève d
02:17'une responsabilité individuelle et une responsabilité collective au sein de l'établissement.
02:21Il faut que les personnels de l'éducation nationale, les personnels de la ville reçoivent la même formation et soient
02:27sensibilisés aux mêmes choses, parlent le même langage sur les violences.
02:33La détection des signaux faibles, c'est extrêmement compliqué. C'est vraiment quelque chose de difficile.
02:40Une hérésie chez un enfant, ça peut être psychologique, physiologique, ça peut être dû à l'école, mais dû à
02:48autre chose.
02:49Les analyses de tout ça, c'est compliqué et c'est forcément tous les adultes avec la famille qui essaient
02:54de comprendre le phénomène.
02:56Un adulte qui est pervers, il va cacher cette perversité quand on va le recruter.
03:02Donc, c'est extrêmement compliqué de le repérer.
03:07Et en plus, dans les différents rapports que vous avez dû lire, vous avez dû constater que parfois, régulièrement, souvent,
03:17l'agent, il est apprécié des enfants, il est apprécié des adultes, il est apprécié des familles.
03:21Et tout le monde est sidéré quand on apprend ça. Donc, la détection, mais des signaux faibles chez l'enfant
03:27et des signaux faibles chez l'adulte aussi sont compliqués.
03:31Et la formation qu'on a reçue du CRIAFS nous disait aussi qu'un adulte peut pendant 20 ans exercer
03:37sa profession tout à fait normalement auprès des enfants.
03:39Et un jour, parce qu'il subit des difficultés, il traverse une période difficile de fragilité, vriller et avoir une
03:47relation qui n'est plus normale à l'enfant.
03:49Donc, ça veut dire qu'il faut aussi suivre au quotidien. C'est assez compliqué.
03:55Le contrôle d'honorabilité, on en a déjà parlé, on en a parlé plusieurs fois. Il n'est pas suffisant.
04:01Il n'est pas suffisant. Vous avez entendu pourquoi.
04:04Le statut des professionnels. Pourquoi travailler dans une crèche nécessite d'avoir des concours ?
04:09Et pourquoi venir travailler dans le périscolaire ? On n'a pas besoin d'avoir des concours ou une filière
04:15bien structurée.
04:16C'est vraiment essentiel.
04:19Le délai de suspension, on en a parlé. La coopération entre institutions. Je dois dire qu'à Paris, on a
04:25une coopération étroite avec l'Académie.
04:27On travaille, on se voit toutes les semaines, on se voyait toutes les semaines. On travaillait de manière étroite sur
04:33des programmes de formation sur le harcèlement entre enfants, sur la protection d'enfants.
04:37Ce document a été fait ensemble. On a fait des formations ensemble. Malgré ça, on a des difficultés à faire
04:45en sorte que les agents se forment en même temps parce que les plannings ne sont pas les mêmes.
04:51C'est vraiment quelque chose qu'il faut encore travailler. La particularité à Paris, c'est que le périscolaire est
04:56dans l'école. Dans d'autres collectivités, ce n'est pas comme ça.
05:02Il faut accentuer ces formations communes avec les personnels de l'éducation nationale. Je jetais une idée d'une pré
05:11-rentrée qui soit un jour de pré-rentrée ou une demi-journée de pré-rentrée supplémentaire
05:16où il y aurait une formation de tous les adultes, la même formation sur les violences et qui pourrait aussi
05:22parler de l'organisation de l'établissement scolaire
05:26puisque l'établissement scolaire, l'organisation de l'école n'est pas la même en fonction du bâtiment.
05:34Et dans l'accompagnement des familles, pour finir, oui, on aurait pu beaucoup mieux faire.
05:43Quand on avait des réunions avec l'ensemble des familles d'une école, on distribuait des fiches réflexes, des fiches
05:50avec des lectures à partager avec leurs enfants.
05:55On a avancé, on a progressé, mais ce n'est qu'en début 2026 qu'on a sorti ce guide
06:01qui me semble être très utile.
06:03Les parents nous disaient en réunion publique qu'on n'est pas bien accompagnés psychologiquement.
06:08Nous, on renvoyait vers l'UMIP, les psychologues de l'UMIP, on renvoyait vers la PMI.
06:14Et les parents, ça ne satisfaisait pas les parents.
06:18On a mis en place ce partenariat avec l'OSÉ qui, aujourd'hui, semble donner satisfaction.
06:26Donc oui, c'est compliqué et parfois, on a mis du temps à trouver la bonne solution pour accompagner les
06:32familles.
06:33Voilà ce que je...
06:34Vous voyez, vous avez eu le temps de parole que vous souhaitiez.
06:38Et dans un nombre de recommandations que vous venez d'évoquer, nous les avons déjà entendues,
06:42mais elles étaient aussi nécessaires que vous les portiez vous-mêmes à partir de votre responsabilité.
06:48Bien, merci de cette...