- il y a 3 minutes
Gabriel Attal, ancien premier ministre, candidat Renaissance à l’élection présidentielle, répond aux questions de Laurence Ferrari.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00La grande interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari.
00:04Et notre invité ce matin dans la grande interview sur C News et sur Europe 1, c'est Gabriel Attal.
00:09Bonjour à vous, bienvenue.
00:10Bonjour Laurence Ferrari.
00:11L'élection présidentielle, les blocages dans les lycées se poursuivent, vous le savez.
00:14Est-ce que vous qualifiez, comme le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez,
00:17ce qui se passe devant les lycées de violences urbaines, Gabriel Attal ?
00:20Oui, bien sûr. Je crois qu'il suffit de regarder les images pour s'en convaincre.
00:25Et ce qui est totalement insupportable dans cette situation,
00:28c'est qu'on voit que la France Insoumise, à nouveau,
00:31se sert de notre jeunesse comme de la chair à canon politique.
00:36Ils sont présents, les élus et les fils, ce matin devant les lycées ?
00:39Ils sont présents et puis ils encouragent des jeunes à se mettre en danger eux-mêmes,
00:43à mettre en danger l'intégrité de leurs professeurs, de fonctionnaires de police,
00:48et puis des bâtiments publics.
00:50Et c'est totalement insupportable, ça c'est la première chose.
00:53Et la deuxième chose, c'est que ça montre aussi une forme de banalisation
00:57que je dénonce depuis plusieurs années, de la violence chez les jeunes.
01:00Et le fait que notre réponse pénale n'est pas adaptée à ce rajeunissement de la violence
01:05et à cette banalisation de la violence.
01:06Pas tous les jeunes, évidemment. On a eu un exemple ce week-end,
01:08lors des rassemblements autour de la venue du pape, il n'y a pas eu de violence.
01:11Mais je dis que c'est de l'instrumentalisation parce que, encore une fois,
01:14la France Insoumise, en faisant ça, ne rend pas service à la jeunesse,
01:17puisqu'elle renvoie l'image qu'une jeunesse, que toute la jeunesse,
01:21effectivement, serait livrée à la violence.
01:23Ce n'est pas le cas.
01:24Ça ne rend pas service aux jeunes que de renvoyer cette image-là de poubelle qui brûle et d'agression.
01:29Par ailleurs, qu'il y ait des revendications et des colères chez des jeunes
01:33ou chez des personnels de l'éducation nationale, évidemment qu'il faut les entendre.
01:36Moi, vous savez, j'ai fait des propositions sur l'éducation nationale à la rentrée en septembre,
01:41notamment sur la question des remplacements, qui est un vrai sujet en Seine-Saint-Denis.
01:45Je suis un des seuls à en avoir parlé en sept rentrées.
01:47Beaucoup de candidats se sont exprimés sur l'éducation.
01:49Je suis le seul à avoir dit qu'il y avait un vrai problème avec la question des remplacements.
01:53Donc oui, il faut répondre à ces enjeux-là.
01:55Mais ce n'est pas en bloquant et ce n'est pas en cassant qu'on y apporte une réponse.
01:58Mais vous avez fait une vidéo publiée hier sur les réseaux sociaux.
02:01Vous vous dites qu'on risque de vous coller une étiquette avec ces images de violence.
02:04Ils ont besoin de votre image, pas de votre avenir, ni de vous voir réussir.
02:07C'est qui, ils ?
02:08C'est la France Insoumise.
02:09C'est ceux qui instrumentalisent, encore une fois, notre jeunesse.
02:11Ils s'en contrefichent du fond.
02:14Ils s'en contrefichent de régler les problèmes, des conditions de travail.
02:16Tout ce qu'ils veulent, c'est mettre, excusez-moi le terme, le bordel.
02:20Voilà, c'est ça qu'ils veulent.
02:21C'est leur projet pour le pays.
02:23Et en faisant ça, ils mettent en danger l'avenir des jeunes, encore une fois,
02:26en leur collant cette image qui est terrible,
02:28puis ils mettent en danger, y compris physiquement,
02:29des jeunes qui se retrouvent à faire n'importe quoi devant des établissements scolaires.
02:33Gabriel Tal, certains vous ont répondu sur les réseaux sociaux.
02:35Il y en a un qui dit, eux aussi, les jeunes, ils ont bien compris qu'avec la Macronie,
02:38la seule façon d'obtenir quelque chose, c'est de casser et de bloquer.
02:41Si tu avais fait ton travail, ça n'arriverait pas.
02:43C'est pas le cas qui vous dit ça.
02:44Ça, c'est le discours...
02:44Non, mais vous, ils avaient appelé à vous répondre sur les réseaux sociaux.
02:46Bien sûr, mais c'est le discours de la France insoumise.
02:48Vous savez, moi, j'ai été ministre de l'Éducation nationale pendant six mois.
02:50J'ai lancé énormément de chantiers,
02:52y compris d'ailleurs sur la rénovation des établissements scolaires,
02:54pour la rénovation thermique,
02:56parce qu'on sait que c'est un vrai problème dans des lycées,
02:57où il fait très chaud l'été, très froid, l'hiver.
03:00Ils ne sont pas à l'école.
03:01Oui, vous savez qu'avec la canicule,
03:02dès le mois de juin, aujourd'hui,
03:03vous avez des situations qui sont très difficiles dans les établissements,
03:06et ça a créé de la colère,
03:07et on peut parfaitement l'entendre chez des jeunes
03:09et chez des personnels de l'Éducation nationale.
03:12Donc, j'ai agi autant que j'ai pu, le temps que j'ai eu,
03:14et évidemment que je poursuive,
03:15et j'ai fait des propositions très fortes sur ce sujet-là.
03:18Les conditions de travail des enseignants et d'apprentissage des élèves,
03:21la rémunération de nos enseignants,
03:22et évidemment le bâtiment scolaire.
03:25La facture, a priori, ne serait-ce que pour la région Île-de-France,
03:28se montrait à 1 million d'euros.
03:30Madame Pécresse, la présidente de la région Île-de-France,
03:31a envoyé la facture à M. Bali Begayoko
03:33pour la rénovation du lycée Paul-Éluard de Saint-Denis,
03:36100 000 euros.
03:36Est-ce que c'est au contribuable de payer, Gabriel Attal ?
03:38Vous êtes le ministre qui avait dit
03:39« Tu casses, tu répares, tu salis, tu nettoies, tu défies l'autorité,
03:42on t'apprend à la respecter ».
03:43Il ne s'est rien passé depuis ?
03:45Alors, j'ai changé une chose.
03:46Je n'ai pas eu le temps de faire tout ce que je voulais,
03:48mais j'ai changé une chose,
03:49c'est que maintenant, quand vous avez un jeune
03:51qui est mis en cause dans des dégradations d'équipement public,
03:53on peut aller chercher la responsabilité civile
03:55et donc financière de ses deux parents.
03:57Avant...
03:57Vous avez des statistiques sur ça ?
03:59Je ne suis plus au gouvernement,
04:01donc c'est au gouvernement de les donner,
04:02mais avant, il faut bien comprendre ce qui se passait,
04:04on allait chercher la responsabilité uniquement
04:06du parent chez qui l'enfant réside.
04:08Souvent, c'est malheureusement une mère célibataire
04:10qui est en difficulté financière, qui est insolvable.
04:12Maintenant, on peut aller aussi chercher la responsabilité du père.
04:15Moi, j'ai présenté une réforme de la justice des mineurs.
04:18Comparution immédiate pour les mineurs
04:19qui n'existent pas aujourd'hui.
04:21Atténuation de l'excuse de minorité
04:22qui fait qu'aujourd'hui, vous avez des jeunes
04:24qui se retrouvent avec une sanction extrêmement légère
04:26tout simplement parce qu'ils sont mineurs.
04:28Ce texte-là, je l'ai présenté.
04:30Malheureusement, dissolution de l'Assemblée nationale.
04:32J'ai dû quitter mes fonctions au gouvernement.
04:33Ce texte qui devait être adopté à l'automne 2024
04:36n'a pas pu être adopté.
04:37C'est factuel.
04:38J'ai présenté ma réforme
04:39et je n'ai pas eu le temps de la faire adopter
04:41puisque l'Assemblée a été...
04:41On sait que sur les 400 interpellations qu'il y a eu
04:43entre avant-hier et hier,
04:44il y en aura un qui aura une peine réelle.
04:47J'espère.
04:47Et vous savez, il faut se souvenir,
04:48en 2023, il y a eu une circulaire pénale
04:50qui a été extrêmement ferme et extrêmement claire
04:52au moment des émeutes de 2023.
04:54Vous vous en souvenez ?
04:54Il y a eu de la fermeté.
04:56Donc, c'est aussi une question de politique pénale
04:57et j'espère que le gouvernement
04:59a adressé cette consigne, cette demande
05:02au procureur de la République.
05:03Deuxième chose,
05:04si on veut véritablement
05:05qu'il y ait des sanctions fortes
05:06qui soient prononcées dans ces situations-là,
05:08il faut faire évoluer
05:09notre justice pénale des mineurs.
05:10C'est ce que je propose
05:12avec, encore une fois,
05:13la création d'une comparution immédiate
05:14qui n'existe pas aujourd'hui.
05:15Il faut bien comprendre
05:16qu'aujourd'hui,
05:17le code de justice pénale des mineurs,
05:19c'est que si vous êtes mineur,
05:21on peut reconnaître votre culpabilité tout de suite,
05:23mais la sanction,
05:23elle vient 8, 9, 10 mois plus tard.
05:26C'est un message d'impunité
05:27qui est envoyé évidemment aux jeunes concernés
05:29et à tous les autres jeunes.
05:30Il faut en sortir.
05:30Gabriel Attal,
05:31revenons au rôle de la France insoumise.
05:32Hier, Jean-Luc Mélenchon
05:34affirmait que les insoumis
05:35sont fiers d'être aux portes des lycées
05:36pour défendre nos enfants,
05:37je cite,
05:41Qu'est-ce que c'est, cet appel ?
05:44Encore une fois, ça dit deux choses.
05:46D'abord, ce n'est pas nouveau chez eux.
05:482017, je me souviens déjà,
05:49il y avait des députés de la France insoumise
05:51qui avaient empêché des jeunes
05:53d'aller passer leurs examens,
05:54qui s'étaient mis devant des centres d'examen
05:55pour bloquer l'accès à des jeunes
05:57qui voulaient simplement passer leur diplôme.
05:58Je ne sais pas si on se rend compte.
05:59La deuxième chose,
06:00c'est toujours la mise en cause de la police.
06:03C'est la mise en cause
06:04de tous ceux qui incarnent l'autorité
06:05dans notre pays
06:06parce qu'ils n'aiment pas l'autorité,
06:07et qu'ils veulent casser l'autorité en France.
06:09Donc ça, c'est supportable pour vous ?
06:10Ce sont des propos de sauvagerie policière
06:12que vous condamnez, Gabriel Attal ?
06:14Bien sûr que je les condamne.
06:14Ce sont des propos qui sont insupportables
06:16quand on sait qu'on a des forces de l'ordre
06:17dans des conditions extraordinairement difficiles
06:20qui risquent parfois leur vie.
06:22Évidemment que c'est des conditions très dures.
06:24Évidemment que vous avez en face de vous
06:25des jeunes, des mineurs
06:26et qu'il faut faire très attention
06:27et qu'ils sont dans cette situation, bien sûr,
06:29où ils doivent à la fois faire très attention
06:30et en même temps,
06:31vous avez des violences avec des blessés.
06:32Il y a eu, je crois, plusieurs dizaines de blessés
06:35dans ces émeutes, chez les personnels enseignants,
06:37chez les policiers
06:37et chez des jeunes eux-mêmes, encore une fois,
06:39parce qu'ils se mettent eux-mêmes en danger
06:40et la France Insoumise les met en danger
06:42en les poussant, en les encourageant
06:44à participer à ces violences.
06:45Bali Bagayoko, maire de Saint-Denis,
06:47dit que parfois la violence peut être légitime
06:49même s'il faut l'éviter, c'est mieux.
06:52Non, moi je crois que
06:53quand on est responsable politique,
06:55on a une responsabilité
06:57dans le message qu'on adresse aux Français
06:59et notamment aux jeunes.
07:00Imaginez que pour des jeunes
07:02qui sont encore en construction,
07:04entendre un élu de la République
07:05avec son écharpe tricolore
07:06dire que la violence peut être légitime,
07:09vous vous rendez compte
07:09le message que ça envoie ?
07:11Au contraire, moi je crois
07:11que les élus de la République
07:12doivent toujours condamner la violence.
07:15Il peut y avoir des grèves,
07:16il peut y avoir des manifestations,
07:17il peut y avoir des mobilisations,
07:18mais la violence,
07:20mettre le feu à des équipements publics
07:21ou à côté d'équipements publics
07:22sans prendre physiquement
07:23à des forces de l'ordre,
07:24ça doit être toujours unanimement condamné.
07:26Vous voulez prendre les problèmes
07:28à bras-le-corps.
07:28Il y a une partie de cette jeunesse
07:30qui a grandi en France
07:31sans aimer son pays,
07:32qui rend l'école,
07:33l'État responsable de tous ses échecs.
07:35Comment est-ce qu'on peut inverser
07:36cette spérale infernale, Gabriel Attal ?
07:37Je pense que ça commence très tôt.
07:39Et je pense que malheureusement,
07:40on voit maintenant,
07:41et c'est les enseignants qui me le disent,
07:42dès le collège,
07:44des élèves, des jeunes
07:45qui ont un comportement
07:46et une forme de refus de l'autorité
07:47et du respect des règles de la République
07:49qui est insupportable.
07:50Et de la France ?
07:51Mais bien sûr,
07:51mais de tout ce que la France porte
07:53et incarne et de ses lois.
07:54Mais moi je porte l'idée
07:56que dès l'école primaire,
07:58on ait un rehaussement
07:59à la fois des conditions d'apprentissage
08:02mais aussi des sanctions.
08:03Moi je vois des enseignants...
08:04Dès le primaire ?
08:05Je vois des enseignants
08:06en CM1, CM2
08:07qui me disent
08:08on voit parfois certains comportements
08:10qu'on voyait auparavant
08:11à la fin du collège.
08:12Il y a un rajeunissement,
08:13une banalisation de la violence
08:14qui est liée je pense aussi
08:16aux réseaux sociaux
08:16et aux écrans très présents
08:18dès le plus jeune âge
08:18chez un certain nombre d'enfants.
08:20C'est pour ça que je milite
08:20pour l'interdiction des réseaux sociaux
08:22au moins de 15 ans.
08:23Par ailleurs,
08:24il faut solaniser davantage
08:25les sanctions très jeunes.
08:26Je propose par exemple
08:27qu'on crée un conseil de discipline
08:29à l'école primaire
08:30qui n'existe pas aujourd'hui
08:31pour solaniser les sanctions.
08:33Je propose qu'il y ait
08:34une échelle nationale des sanctions
08:36pour permettre aux enseignants,
08:38aux personnels éducatifs
08:39de prononcer plus facilement
08:41des sanctions
08:41quand il y a des jeunes
08:42qui ne respectent pas les règles.
08:43C'est aussi éducatif la sanction.
08:45C'est aussi ce qui vous permet
08:46d'apprendre que les lois,
08:47que les règles,
08:47elles doivent se respecter en République.
08:49Gabriel Attal
08:50est notre invité sur CNews
08:51et sur Europe 1.
08:52Autre sujet dans l'actualité,
08:53Jordan Bardella est accusé
08:54d'avoir tenu et écrit
08:55des propos antisémites en 2013
08:57alors qu'il avait 17 ans.
08:58Accusation portée par Mediapart
09:00qui, à l'heure actuelle,
09:01n'a pas encore apporté
09:02de preuves de ses écrits.
09:03Est-ce que la campagne
09:03des boules puantes a commencé
09:05et qu'est-ce que vous dites
09:06de cette affaire ?
09:06C'est des propos
09:07qui sont très choquants
09:10et très graves.
09:11S'ils sont vérifiés ?
09:12J'allais y venir.
09:13Jordan Bardella les dément
09:15et Mediapart affirme
09:16les avoir authentifiés.
09:18Jordan Bardella a dit
09:19qu'il allait saisir la justice.
09:22Mediapart a dit
09:22qu'ils pouvaient produire
09:24des preuves.
09:24Vous venez de le dire,
09:25ils n'ont pas encore produit
09:26ces preuves,
09:27il faut qu'ils le fassent
09:27pour pouvoir trancher
09:29cette affaire.
09:31Maintenant, je le dis ici,
09:33il y a un climat
09:34qui est en train de devenir
09:35totalement irrespirable
09:36pour les Français juifs
09:37aujourd'hui.
09:38Là, il y a ces propos
09:39qui sont insupportables
09:40et qui sont à la une
09:41de tous les médias.
09:43Vous avez les propos
09:44de la France insoumise
09:45et de membres
09:45de la France insoumise
09:46qui prennent pour cible
09:47les Juifs.
09:48Vous avez Ségolène Royal
09:49la semaine dernière
09:50qui explique que
09:51les Français juifs
09:52devraient quasiment
09:53s'excuser,
09:54en tout cas,
09:54se désolidariser
09:56de la politique
09:57du gouvernement israélien
09:58comme s'ils en étaient responsables.
09:59C'est insupportable
10:00ce climat.
10:01C'est insupportable
10:02pour eux,
10:02pour ces Français juifs
10:04qui le matin
10:04allument la télévision,
10:05écoutent les informations
10:06et on en remet une couche.
10:08Il y a un épisode supplémentaire
10:09où ils sont mis en cause,
10:10où ils sont pointés du doigt.
10:11Et moi, je pense
10:12que les responsables politiques,
10:13on a aussi une responsabilité
10:14de sortir de ce climat-là
10:15et de le combattre
10:16et de combattre
10:16l'antisémitisme
10:19avec Jordane Bardella.
10:20Vous le croyez capable
10:21d'antisémitisme ?
10:23Ce que je vois,
10:24c'est qu'au sein
10:26du Rassemblement National,
10:28vous avez un nombre
10:29assez important
10:30de personnalités politiques
10:32mises en cause
10:33pour des propos antisémites.
10:34Le ménage n'a pas été fait.
10:35Marine Le Pen
10:35a même sorti son père
10:37à l'époque.
10:38Regardez,
10:38vous avez Madame Parmentier,
10:40la députée Madame Parmentier
10:41qui est, je crois,
10:42vice-présidente encore
10:43du groupe
10:43au Rassemblement National
10:44à l'Assemblée Nationale
10:45qui a tenu des propos
10:47pro-pétain,
10:47qui a écrit des propos
10:48pro-pétain.
10:49Il s'en est excusé.
10:50Vous avez un député
10:51au groupe Rassemblement National
10:52qui tenait une librairie
10:54négationniste
10:55avant de devenir député.
10:56Donc, c'est encore une réalité.
10:57Ils ne sont pas virés,
10:58ils ne sont pas sanctionnés.
10:59Donc, voilà,
10:59à un moment,
11:00la réalité,
11:00c'est que quand vous avez
11:01une série de cas isolés,
11:03ça finit par faire un système.
11:04Vous pensez que
11:04le Rassemblement National
11:06est toujours
11:07le Front National ?
11:08Ce que je dis,
11:08c'est que
11:10c'est aux responsables
11:12des partis politiques
11:13de prouver
11:13que ça a changé
11:14et d'être intraitable
11:15dès que vous avez
11:16une affaire comme celle-là.
11:17que Jordan Bardella
11:19quitte son plus ?
11:20Non, parce qu'on vient
11:20de le dire,
11:21il y a un démenti
11:23de la part de Jordan Bardella
11:24et vous avez Mediapart
11:25qui dit
11:25qu'on va amener des preuves.
11:26Donc, voilà,
11:27il faut que cette affaire
11:28puisse être tranchée
11:29à un moment,
11:30soit par la justice,
11:31soit s'il y a des preuves
11:32qui sont présentées
11:33et qu'il y a des faits
11:33qui sont reconnus,
11:34qu'elle le soit de cette manière.
11:35Est-ce que cette affaire
11:36arrive au hasard
11:36alors que, évidemment,
11:37Marine Le Pen
11:38n'a jamais été aussi haut
11:39dans les sondages ?
11:39Elle creuse l'écart
11:40au second tour
11:41de la présidentielle,
11:41que ce soit, évidemment,
11:43face à Jean-Luc Mélenchon
11:44ou encore face à Édouard Philippe.
11:45Mais je pense que
11:46le sujet n'est pas tant
11:47le timing.
11:48Est-ce que c'est vrai ou pas ?
11:49C'est ça la question, en fait.
11:50Je pense que c'est ça
11:51la question à laquelle
11:51les Français veulent avoir
11:52la réponse.
11:53Donc, je veux dire,
11:54si c'est vrai,
11:55je vais vous dire,
11:56ce n'est pas choquant
11:57que ça sorte à ce moment-là.
11:58Je veux dire,
11:59à un moment,
11:59il faut trancher ce sujet-là.
12:01Si c'est vérifié
12:02et si c'est confirmé,
12:04c'est gravissime.
12:05Parce que c'est gravissime
12:06qu'on se dise
12:07que quelqu'un
12:11ait pu tenir
12:12ou écrire
12:13ce type de propos
12:14et par ailleurs
12:15puisse mentir
12:16en expliquant
12:16qu'il ne les a pas tenus
12:17ou qu'il ne les a pas écrits.
12:18Gabriel Attal,
12:19les Français,
12:20pendant ce temps-là,
12:20ont les yeux rivés
12:21sur leurs fins de mois
12:22qui sont difficiles.
12:23Le gouvernement
12:24doit nous présenter demain
12:24son projet de budget.
12:26Est-ce que vous en avez des pistes ?
12:27Est-ce que vous savez
12:28si ce sera un budget offensif,
12:29une cure d'austérité ?
12:30Vous avez des informations ?
12:31Pas vraiment.
12:32C'est inquiétant ?
12:34Oui, il y a la présentation
12:35demain au Conseil des ministres.
12:36On aura à ce moment-là
12:37les informations.
12:38J'ai par ailleurs vu
12:38les déclarations
12:39dans la presse
12:40du Premier ministre.
12:42Moi, je vais vous dire
12:43il faut qu'on ait un budget.
12:45Quel qu'il soit,
12:46aussi imparfait soit-il.
12:47La situation financière
12:49du pays
12:49est grave
12:51et a été très aggravée
12:52par la dissolution.
12:53On est en crise.
12:54On doit éviter
12:55une crise de la dette.
12:56Mais on n'en est pas loin.
12:57On doit éviter
12:58une crise de la dette
12:58et aujourd'hui,
12:59on a une situation financière
13:00qui nous en rapproche.
13:01C'est ça la réalité.
13:02Vous avez des taux d'intérêt
13:03qui ont beaucoup monté.
13:04Un écart de taux
13:05avec nos voisins allemands
13:07qui a beaucoup monté.
13:08Depuis la dissolution,
13:10vous avez une situation
13:11qui s'est très largement dégradée.
13:13Pourquoi ?
13:14Parce que depuis 2024,
13:15vous n'avez eu
13:16aucun véritable effort
13:17de réduction de la dépense publique
13:18et vous avez eu
13:19des oppositions,
13:19RN et la gauche,
13:21qui ont bloqué
13:22toutes les tentatives
13:23d'économie
13:24ou les pistes de réforme
13:25et qui ont même conduit
13:26le gouvernement
13:27à revenir
13:28sur certaines réformes
13:29qui avaient été portées,
13:30notamment la réforme des retraites.
13:31Et donc, vous avez aujourd'hui
13:32une situation
13:32qui est très tendue.
13:34Et vous savez,
13:34les Français le voient déjà
13:35dans leur quotidien.
13:36Moi, ce qui me révolte
13:37le plus,
13:38en tout cas,
13:38une des choses
13:38qui me révolte le plus,
13:39c'est les jeunes couples
13:40de trentenaires
13:42en CDI
13:42qui ne peuvent pas
13:43devenir propriétaires.
13:44Pourquoi ils ne peuvent pas
13:45devenir propriétaires ?
13:46Parce qu'ils ne peuvent pas
13:46emprunter.
13:47Pourquoi ils ne peuvent pas
13:48emprunter ?
13:48Parce que les taux d'intérêt
13:49ont explosé.
13:50Pourquoi les taux d'intérêt
13:52explosent ?
13:52Parce qu'on a cette situation
13:53budgétaire.
13:54Donc, il faut un budget
13:55et il faut réduire
13:56le déficit.
13:57Moi, ça sera ma boussole
13:58avec les députés de mon groupe
13:59pendant cette période budgétaire.
14:00Est-ce que ça veut dire
14:01que je serai d'accord ?
14:02Vous accepterez
14:02toutes les mesures proposées.
14:03Est-ce que ça veut dire
14:04que je serai d'accord
14:04avec toutes les mesures ?
14:05Évidemment non.
14:06Il y a des mesures
14:06avec lesquelles je serai
14:07probablement en désaccord.
14:08Qu'est-ce que je ferai ?
14:09Je voterai contre ces mesures
14:10avec les députés de mon groupe.
14:12Il est possible
14:13qu'à la fin,
14:13ils soient quand même
14:13dans le budget
14:14puisque vous savez
14:14que le gouvernement
14:15peut avoir recours
14:16au 49-3.
14:16Eh bien, si c'est le cas,
14:18je serai clair avec les Français
14:19sur le fait que s'ils me font confiance
14:21et que je deviens président
14:21de la République l'année prochaine,
14:23je reviendrai sur ces mesures
14:24et donc il faut voir ce budget
14:25comme un budget pour six mois.
14:27Et vous reviendrez
14:27sur la réforme des retraites
14:28dont vous dites
14:29qu'elle a été abandonnée
14:30en cours de route.
14:30Hier, Edouard Philippe
14:31a changé de cap.
14:33Il pensait aller proposer
14:34la retraite à 67 ans.
14:36Désormais, c'est 65 ans
14:37avec 45 ans d'annuité de cotisation.
14:40Qu'est-ce que vous dites
14:40de ce revirement,
14:42en tout cas de ce changement de cap ?
14:43Et vous,
14:43qu'est-ce que vous proposez
14:44Gabriel Attal sur la retraite ?
14:45Sa proposition,
14:46c'est la proposition Macron 2022.
14:49Rien ne change quoi ?
14:50C'est exactement la proposition
14:51qu'a faite Emmanuel Macron
14:52en 2022
14:53dans sa campagne présidentielle.
14:54Moi, ce que je crois,
14:55c'est que sur notre système de retraite
14:57et sur notre modèle social,
14:58on n'en est plus à bouger
14:59les paramètres ou les curseurs.
15:01On n'en est plus à prendre
15:01des mesures, pardon,
15:02mais de soins palliatifs
15:03pour permettre à un système
15:05de survivre
15:05alors que ce système,
15:07objectivement,
15:07ne tient plus.
15:08La réalité aujourd'hui,
15:09c'est que le problème pour moi,
15:11ce n'est pas les curseurs,
15:11c'est le système lui-même.
15:12Et donc moi,
15:13ce que je propose,
15:13c'est qu'on change
15:14de système de retraite.
15:15Qu'on ait d'abord
15:16un système universel,
15:17les mêmes règles pour tout le monde.
15:19Qu'on ait un système libre.
15:20Je ne crois pas
15:21que l'âge légal de départ
15:22permette encore
15:23de piloter notre système
15:24de retraite.
15:25Je propose
15:25qu'on prenne
15:26la durée de cotisation.
15:27Vous avez une vraie décote
15:29si vous partez tôt,
15:30une vraie surcote
15:31si vous partez tard.
15:32Vous partez tôt,
15:33vous avez peu.
15:34Vous partez tard,
15:35vous avez beaucoup plus.
15:36Mais les gens
15:37sont responsabilités
15:38et ils font leur choix
15:39en conscience.
15:39Le même système
15:40pour tout le monde,
15:40vous dites,
15:40c'est-à-dire public-privé,
15:42on a ligne d'origine.
15:42Et indépendant,
15:43salarié,
15:44fonctionnaire et indépendant.
15:45Et trois,
15:46qu'on ait une vraie part
15:47de capitalisation
15:48dans notre système de retraite.
15:49Ce qui sera bon
15:50pour les dépenses publiques,
15:51pour les retraites
15:52des Français,
15:53parce que les systèmes
15:54qui sont par capitalisation,
15:56je peux vous dire
15:56que les pensionnés
15:57ont de meilleures pensions
15:58de retraite,
15:58est bon pour notre économie
16:00parce que ça permettra
16:01d'avoir des fonds de pension
16:01en France
16:02qui pourront financer aussi
16:03nos start-up,
16:04nos entreprises,
16:05nos PME dans les territoires
16:06pour les faire grandir.
16:07Et ça sera bon
16:08pour l'économie française.
16:09Donc moi,
16:10c'est d'ailleurs
16:10une vraie différence
16:12qui propose la réforme Macron
16:14en 2022
16:15qui vise à faire bouger
16:16les curseurs
16:18du système actuel.
16:19Moi, je pense
16:19qu'on doit changer de système
16:20aussi parce que je vois
16:21que dans ma génération,
16:22la plupart des jeunes
16:23ne croient pas
16:24une seule seconde
16:24qu'ils auront une retraite
16:25dans le système actuel
16:26parce qu'ils savent très bien
16:27que des réformes
16:28comme celle-ci
16:29qui a été proposée,
16:30en fait,
16:31tous les 3-4 ans
16:32elles sont présentées.
16:33On dit que ça va régler le problème.
16:34Donc il manque de courage,
16:36Edouard Philippe, selon vous ?
16:37Ce n'est pas ce que je dis.
16:37C'est deux propositions
16:38qui sont différentes.
16:39Donc ça veut dire
16:40que vous ne pourriez pas
16:40vous rallier à lui
16:41s'il maintient ses positions là-dessus ?
16:43je pense qu'il faut d'abord
16:44que chacun fasse campagne
16:45sur son projet.
16:46Cherche à convaincre les Français
16:47avec une vision.
16:48Moi, je dis aux Français...
16:48Vous démentez la rumeur
16:49d'un ralliement en janvier
16:51à Edouard Philippe, mais...
16:52Franchement,
16:52si je devais démentir
16:53toutes les rumeurs,
16:54je passerais mon temps
16:54à faire ça matin, midi et soir.
16:56Moi, ce que je dis,
16:56c'est que je veux que
16:57notre pays redevienne
16:58la première puissance d'Europe
16:59en 10 ans.
17:00C'est possible
17:00à condition de réussir
17:01sur 4 chantiers capitaux.
17:04École, salaire, frontière,
17:06IA, intelligence artificielle,
17:07et résorber la dette publique.
17:08C'est possible d'y arriver
17:10à condition de faire des choix,
17:11mais ça ne peut pas être
17:11des choix
17:12juste de paramètres,
17:14des choix techniques,
17:15techniciens.
17:15Il faut assumer
17:16qu'on est au bout d'un modèle,
17:17au bout d'un système
17:18et qu'il faut le changer.
17:19Voilà.
17:19Et c'est peut-être
17:19la responsabilité de ma génération.
17:21Je suis le seul candidat
17:22d'une nouvelle génération
17:23dans cette campagne présidentielle
17:24et c'est ce que je vais défendre
17:25et ce que je vais porter
17:26dans les semaines qui viennent.
17:27Et vous nous redipez
17:28aujourd'hui
17:29jamais LFI,
17:30jamais un vote pour LFI.
17:32On vous a beaucoup reproché
17:33de cette affaire.
17:35Vous l'avez déjà dit
17:36sur votre plateau,
17:36mais les téléspectateurs,
17:38auditeurs
17:39aiment avoir les idées claires.
17:40Je crois qu'aujourd'hui,
17:41aucun démocrate et républicain
17:42ne peut raisonnablement
17:43appeler à voter
17:44pour LFI
17:45de la même manière
17:46que je n'appellerai jamais
17:47à voter
17:47pour le Rassemblement National.
17:48Et je vais vous dire,
17:49je pense que les Français,
17:50ils en ont marre
17:51d'entendre parler
17:52de barrage en permanence.
17:53Le barrage,
17:54ce n'est pas un projet politique.
17:55Si on veut convaincre
17:56les Français,
17:56il faut leur parler d'idées,
17:58il faut leur parler de fonds,
17:59il faut leur donner envie
17:59de venir voter pour un projet.
18:01C'est exactement
18:01ce que je viens de vous décrire
18:02avec le projet que je porte,
18:04que je défends.
18:04On peut être d'accord,
18:05on peut être pas d'accord,
18:06mais en tout cas,
18:07c'est ma ligne.
18:07Et plutôt que de parler des autres,
18:09moi, je vais parler
18:09de ce que je propose
18:10et de ce que je vais proposer.
18:11Gabriel Attal,
18:12un dernier mot concernant
18:12Robert Ménard,
18:13le maire de Béziers.
18:14Aujourd'hui, a lieu son procès.
18:15Il a refusé, vous le savez,
18:16de marier une personne
18:18sous OQTF,
18:19un Algérien.
18:20Il risque 50 prisons,
18:21dont 75 000 euros d'amende
18:22et une peine d'éligibilité
18:24de perdre son siège de maire.
18:25Est-ce que l'État français
18:26marche sur la tête ?
18:27Il faut changer, en fait,
18:28nos règles.
18:29C'est vrai que c'est une règle
18:30qui est aberrante, aujourd'hui.
18:32Qu'un maire ne puisse pas
18:33s'opposer à un mariage
18:36avec une personne
18:36sous OQTF,
18:37c'est-à-dire qui doit être expulsé
18:39du territoire national,
18:40ça n'est pas normal.
18:41J'ai déjà eu l'occasion de le dire,
18:41mon groupe politique
18:42a déjà eu l'occasion de le dire.
18:44Il faudra changer cette règle.
18:45Il y a plusieurs propositions
18:45qui ont été faites en la matière.
18:47Aussi, le voyage du pape
18:49qui s'est terminé lundi soir.
18:51Comment est-ce que vous avez vécu
18:52cette parenthèse ?
18:52Est-ce que vous dites
18:53qu'on a vécu une parenthèse enchantée,
18:54que c'est la France,
18:56c'est le cœur de la France
18:56qui battait pendant ces journées-là ?
18:59C'est cette France-là
19:00à laquelle vous aspirez ?
19:01Moi, je crois que,
19:01que l'on soit croyant ou pas,
19:04que l'on soit catholique ou pas,
19:06on ne peut que reconnaître
19:09qu'il y a eu une forme
19:10d'élan d'espérance,
19:11d'unité, de rassemblement
19:14autour de la venue du pape en France.
19:17Une venue qui s'est par ailleurs
19:17bien passée.
19:18Il y a quand même
19:19des millions de personnes
19:20qui ont été mobilisées
19:24partout en France.
19:25Et je veux dire,
19:25il n'y a pas eu de problème
19:26de sécurité.
19:27Moi, j'essaye de regarder
19:28les choses positivement.
19:29Ça veut dire que c'est possible
19:30en France.
19:31Ça veut dire que c'est possible
19:32d'avoir des moments
19:32de rassemblement,
19:33que c'est possible d'avoir
19:34des centaines de milliers
19:34de personnes qui se réunissent
19:35sans qu'il y ait de problème.
19:37Et donc, ça me donne foi
19:38au sens républicain du terme
19:40en l'avenir.
19:40Donc, c'est un message
19:41que vous adressez aux lycéens aussi
19:42et qui sont aujourd'hui
19:44en train de bloquer
19:44leurs établissements.
19:45À tout le monde.
19:46Moi, je n'oppose pas
19:46les uns aux autres.
19:47Ce que je dis,
19:47c'est que la France,
19:48elle est capable du meilleur.
19:50Regardons ça
19:51et faisons en sorte
19:51que ça soit le cas tout le temps.
19:52Merci, Gabriel Attal.
19:53En homme libre,
19:54c'est votre livre
19:55aux éditions de l'Observatoire.
19:56Merci d'être venu ce matin
19:57sur CNews et sur Europe.
19:58Bonne journée.
19:58Merci, Gabriel Attal.
19:59Merci, Laurence Ferrari.
20:00Dans un instant,
20:01restez avec nous.
20:02Votre Club Culture,
20:02Laurie Choleva,
20:03Nicolas Caro
20:04et Eugénie Bastier.
20:05A tout de suite.