Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 31 minutes
Annie Métais, 53 ans, psychologue, mère de trois grands garçons, séparée. En octobre 2010, la voilà soupçonnée d'être derrière la mort de son ancien mari. Retrouvé flottant dans le cadre enchanteur d'une calanque marseillaise. Un corps enchaîné, ligoté, la tête masquée. Comment s'est-elle retrouvée dans les pages de ce roman noir sous le soleil éclatant de la Méditerranée.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:0015 heures, c'est l'heure du crime sur RTL, avec Jean-Alphonse Richard.
00:06Découvert flottant entre deux os, le visage recouvert de scotch,
00:11je ne peux pas imaginer une chose pareille, c'est pas possible.
00:14La mort a été atroce, atroce, c'est insupportable pour moi, je ne peux pas le supporter.
00:20Bonjour, Annie Metté, 53 ans, psychologue, mère de trois grands garçons séparés.
00:27En octobre 2010, elle est soupçonnée d'avoir tué son ex-mari.
00:31Il a été retrouvé flottant dans le cadre enchanteur d'une calanque marseillaise.
00:37Un corps enchaîné, ligoté, la tête masquée.
00:40Comment s'est-elle retrouvée dans les pages de ce roman noir sous le soleil brillant de la Méditerranée ?
00:46Annie Metté est la momie des calanques ?
00:49L'heure du crime, votre rendez-vous 100% fait diverser tout de suite sur RTL.
01:00Lundi 4 octobre 2010, 18h40, le mauvais temps règne sur la région marseillaise.
01:07Malgré la vie de tempête, un plaisancier a quand même sorti son bateau
01:11pour longer les calanques au pied du massif de Marseille Vert.
01:15À 150 mètres du rivage, il aperçoit un corps humain qui flotte sur le ventre.
01:21Les marins-pompiers sont alertés, le corps repêché.
01:25C'est celui d'un homme vêtu, d'une chemise sombre, manche courte ouverte sur le torse,
01:30et d'un pantalon clair.
01:32Ni chaussures, ni chaussettes.
01:34Les poignées sont entravées par une chaîne métallique,
01:38enroulées très serrées, bloquées par deux cadenas.
01:41Une corde rouge de marine est attachée au corps,
01:45reliée elle-même à une encre d'une vingtaine de kilos,
01:48destinée bien sûr à lester le cadavre.
01:50La tête, le cou, sont entièrement recouverts de rubans adhésifs,
01:54à la façon d'une momie égyptienne.
01:57Les légistes vont ôter plusieurs couches de scotch autour de la tête,
02:01et découvrir en dessous d'un sac poubelle,
02:04puis encore de l'adhésif collé à même la peau,
02:07le visage de la victime.
02:08Un homme de petit gabarit, 1m65, 48 kg.
02:12Au thorax, une cicatrice chirurgicale ancienne.
02:15On lui a retiré un poumon.
02:17Des hématomes, contusions, sont sur les bras,
02:21et puis le torse.
02:22L'homme est mort par suffocation,
02:24asphyxié par le sac poubelle et le ruban adhésif.
02:27La victime est identifiée grâce à ses empreintes digitales.
02:31Jacques Mettet, 66 ans,
02:33parisien, ancien cadre supérieur de la Banque de France.
02:36Il s'était retiré avec sa femme dans la petite ville de Mereuil,
02:40près d'Aix-en-Provence.
02:44Les policiers de la brigade criminelle se rendent au domicile des Mettet,
02:47chemin de la plaine à Mereuil.
02:49Annie Mettet, 53 ans, épouse de Jacques, est entendue.
02:53Elle est séparée de son mari depuis 5 ans.
02:56Ils s'étaient connus dans les années 80,
02:58tous les deux employés au contrôle général de la Banque de France.
03:01Ils ont élevé ensemble trois garçons.
03:04Son ex-mari vivait désormais sur l'île espagnole de Minorque.
03:08Il possède là-bas un voilier baptisé Persée.
03:11L'ex-épouse indique que Jacques venait régulièrement à Mereuil
03:16pour rendre visite à la famille.
03:17La dernière fois, c'était fin septembre.
03:20Il est resté quelques jours.
03:22Le lundi 27, elle l'a conduit à l'aéroport de Marignane.
03:25Il partait pour Barcelone.
03:27Il n'avait qu'un sac à dos pour bagages.
03:29Comme promis, elle lui a envoyé en Espagne
03:33sa nouvelle carte d'identité qu'il avait fait refaire.
03:36Aucune affaire de la victime n'est découverte dans la maison.
03:43Animete, qui travaille à son compte comme psychologue,
03:46décrit l'ancien mari comme un homme à la santé fragile,
03:48en proie à de graves problèmes de santé.
03:51Un cancer avait entraîné l'ablation d'un poumon.
03:55Jacques n'était pas un époux facile.
03:57Il buvait trop, il était maniaco-dépressif
04:00et il pouvait se montrer violent.
04:02Malgré tout, le couple avait conservé d'étroites relations,
04:06y compris sexuelles.
04:10Un imité qui va bien sûr continuer à intéresser beaucoup les policiers,
04:14même si c'est vrai qu'a priori, on imagine mal cette femme,
04:16plutôt douce, intelligente, assez fragile,
04:20se lancer dans une telle expédition meurtrière.
04:23Les enquêteurs vont toutefois faire de nombreuses découvertes
04:26dans la maison du couple,
04:27mais tout ça, ça sera à suivre dans le prochain chapitre de l'heure du crime.
04:32Alors, un meurtre, ou même un assassinat,
04:35à ce moment-là c'est impossible à dire.
04:36Le fait, c'est qu'il y a bien eu, c'est bien un crime,
04:39c'est bien un homicide que les policiers découvrent.
04:42Bonjour Damien Delsenis.
04:43Bonjour.
04:44Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui en direct
04:46dans le studio de l'heure du crime.
04:47Vous êtes rédacteur en chef adjoint aux Parisiens aujourd'hui en France,
04:51chef du service police-justice dans ce journal.
04:55Évidemment, vous avez suivi cette affaire
04:56et vous nous aidez à mieux la comprendre.
04:58Parce qu'au début, c'est vrai Damien, c'est un peu troublant.
05:00Cette mise en scène, elle est spectaculaire.
05:04On l'apparente plutôt d'ailleurs un contrat un peu mafieux presque.
05:07Oui, alors c'est dû à quelques éléments.
05:09La région d'abord, on est dans la région marseillaise,
05:11alors c'est un peu un lieu commun,
05:14mais c'est une région où il y a beaucoup de règlements de comptes,
05:15où il y a une présence du crime organisé.
05:17Donc, effectivement, quelqu'un qu'on retrouve
05:20avec une encre de marine lestée pour faire couler un corps,
05:24un corps qui est lui-même avec des cordes,
05:28avec des cadenas, avec des chaînes,
05:30avec cette mise en scène effectivement criminelle.
05:34Qui est très macabre.
05:35Voilà, le premier réflexe qu'on peut avoir
05:37quand on découvre ce corps, c'est de se dire,
05:39effectivement, c'est peut-être lié à une dette,
05:41à un règlement de compte,
05:42et on est plutôt dans ce milieu du crime organisé.
05:45C'est simplement, dès qu'on identifie la victime,
05:49ça colle déjà un tout petit peu moins,
05:50parce que Jacques Mettet, c'est un retraité de la Banque de France,
05:53pas quelqu'un du tout qui est lié...
05:55Il n'est pas connu de la justice ?
05:57Enfin, il a deux, trois bricoles, mais...
05:58Ah oui, non, mais c'est vraiment pas le profil,
06:00en tout cas, d'un homme qui est lié à quelque affaire que ce soit.
06:03Donc, il y a une espèce de détail qu'on ne comprend pas
06:07entre la mise en scène et la scène de crime en elle-même
06:11et la personnalité de cet homme qui n'a rien à voir avec tout ça.
06:15Donc, c'est le premier questionnement des policiers.
06:18Il est vraiment dans ce...
06:19Et puis, dans une forme quand même de...
06:21Alors, il n'y a pas d'acharnement sur le corps, on l'a dit.
06:24Il n'y a pas de coups, il n'y a pas de...
06:26En général, un contraste, il y a une arme à feu,
06:28on finit toujours par tirer sur sa victime.
06:30Là, il n'y a pas d'utilisation d'arme à feu,
06:31il n'y a même pas d'utilisation d'arme blanche.
06:33Simplement, il y a quand même, j'allais dire post-mortem,
06:36un certain nombre de choses qui sont faites
06:39pour qu'on ne retrouve pas le corps.
06:40C'est-à-dire que quand on va jeter un corps dans l'eau,
06:42qu'on le laisse, c'est qu'on n'a pas envie qu'il remonte, quoi.
06:44C'est ça, on est au large, d'ailleurs,
06:46un kilomètre et demi, je crois, de la côte.
06:49Évidemment, il n'y avait pas de raison que ce jour-là,
06:50en plus, un plaisancier tombe là-dessus, c'est un pur hasard.
06:53Et le corps devait plonger, ça ne s'est pas fait,
06:55parce que c'était mal attaché, tout ça.
06:58Alors, il y a quelque chose d'étonnant aussi,
07:00c'est qu'il y a tous ces bandages sur la tête.
07:04Alors, ça, c'est assez effrayant,
07:05parce qu'effectivement, quand on fait le décompte,
07:07il y a une couche d'adhésif sur la tête,
07:09à dessous, il y a un sac plastique,
07:10et ensuite, il y a de l'adhésif à même la peau.
07:13Donc, effectivement, quand on dit que c'est asphyxié,
07:16on a le sentiment que tout s'est passé là.
07:18On a bloqué sa tête, elle a bloqué sa respiration.
07:21Il y a effectivement trois couches,
07:23qui partent d'ailleurs de la base du cou jusqu'en haut de la tête.
07:27On ne voit pas du tout son visage quand on le découvre.
07:30Et effectivement, les premiers rapports médico-légaux
07:33font état d'une suffocation dont on imagine
07:36qu'elle a pu se produire,
07:37alors qu'en gros, on lui a scotché la bouche et le nez,
07:41alors qu'il était encore vivant.
07:43Ça, on en est sûr.
07:44Oui, en tout cas, la conclusion, c'est qu'il est mort par suffocation,
07:48en s'asphyxiant, et probablement avec ce scotch.
07:52C'est du gros scotch, c'est du scotch marron,
07:54comme on peut utiliser pour les cartons de déménagement.
07:58Effectivement, aussi dans cette mise en scène,
08:00il y a la couche de scotch,
08:02un sac par-dessus,
08:03et de nouveau du scotch encore pour enrouler le tout.
08:05Donc, c'est pareil, pourquoi on veut absolument dissimuler ce visage ?
08:09Oui, c'est ça.
08:10Il y a une volonté de détruire,
08:11une volonté d'étouffer,
08:12et puis volonté de cacher le corps,
08:14puisqu'on l'a jeté, effectivement, dans la Méditerranée.
08:17Bonjour, Maître Olivier Lantelme.
08:19Bonjour, Monsieur Richard.
08:20Merci beaucoup, vous aussi, d'être avec nous.
08:22Dans cette heure du crime, Olivier Lantelme,
08:24vous êtes l'avocat d'Annie Metté.
08:25On va parler de cette femme tout au long de cette émission.
08:27Ça va être le fil rouge de l'émission.
08:29Mais déjà, un mot sur ce couple,
08:31Jacques et Annie Metté.
08:33Qui est ce couple ?
08:35C'est un couple qui s'était connu dans les couloirs de la Banque de France.
08:39Un coup de foudre, dit Annie,
08:41qui avait été séduite par l'atmosphère intellectuelle que dégageait Jacques.
08:45Un puits de culture qui élevait seules trois filles issues d'un premier lit.
08:49Leur mère s'était suicidée par pendaison.
08:51Ils étaient séparés, lui vivant seul sur son bateau aux îles Baléar,
08:55et elle, ici, avec les enfants du couple, trois garçons.
08:58En fait, elle ne supportait plus sa violence.
09:00Il lui avait demandé de prendre des distances.
09:02Mais pour autant, il y avait encore probablement de l'amour,
09:04en tout cas, du respect entre eux.
09:06Et c'est la raison pour laquelle il se renvoyait de temps en temps.
09:09Oui, effectivement, ça ne marchait pas très bien dans ce couple.
09:11Mais ça, on va en parler longuement aussi dans la suite de l'émission.
09:14Encore un mot, Maître Olivier Lantelme.
09:17Annie Metté.
09:17Alors, les policiers viennent chez elle.
09:19Elle a perdu son mari.
09:20On lui apprend qu'elle a perdu son mari.
09:22Et dans des conditions particulièrement épouvantables.
09:26On a le sentiment qu'elle ne paraît pas très effondrée, cette femme.
09:30Au démarrage, je ne sais pas quelle a été sa réaction.
09:34Certains ont pu considérer qu'en surface, elle n'était pas apparue comme très choquée.
09:40Elle a toujours assuré qu'elle était littéralement effondrée par la mort.
09:45Le jour des abcèques, elle est décrite comme en pleurs, effondrée.
09:49Et bien évidemment, certains proposeront à la lumière de ce qu'ils apprendront plus tard.
09:52Une réécriture de l'état qui pouvait être le sien à ce moment-là,
09:55qu'ils considèrent comme ayant été fin.
09:57C'est ça, qu'en gros, elle dissimulait autre chose.
10:01Elle cachait des choses et qu'elle faisait semblant peut-être de pleurer.
10:04C'est ce que vous nous dites, Maître Olivier Lantelme.
10:06Damien Delcéni, un petit mot sur le couple.
10:09Effectivement, ça ne va pas très bien entre l'époux et la femme.
10:12Et c'est pour ça que les policiers s'intéressent beaucoup à l'épouse.
10:15Oui, alors c'est difficile à lire parce que ça ne va pas très bien.
10:18Et en même temps, il s'appelle quasiment tous les jours.
10:21Alors lui, il vit effectivement sur cette île à Minorque au large de l'Espagne.
10:25Elle est restée en Provence, mais il s'appelle tous les jours.
10:28Il se voit, la preuve, il est venu là en fait,
10:31ce séjour qu'il vient passer en Provence chez sa femme, enfin chez son ex-femme.
10:36C'est parce qu'en fait, elle, elle fait des études de psychologie.
10:38Elle a un stage à faire pendant trois mois.
10:40Elle lui a proposé de venir pour garder le dernier de leurs enfants
10:44qui est adolescent à l'époque, qui n'est pas encore majeur.
10:46Et donc, ils doivent se voir pour organiser un peu cette garde d'enfants.
10:49Donc, il y a quand même encore, non seulement une relation vis-à-vis des enfants,
10:54mais il y a aussi une relation intime entre eux.
10:56Il y a plus que ça, mais en même temps, effectivement,
10:59avec tout un passif de violence derrière.
11:02Dans la maison, des chênes et des cadenas.
11:05Annie Metté est la momie des calanques.
11:08J'ai pris un rouleau de scotch.
11:10J'ai scotché sa tête pour ne plus la voir.
11:12L'enquête de l'heure du crime, on se retrouve dans un instant sur RTL.
11:15Toute la journée, RTL vous accompagne.
11:25RTL
11:27Votre radio
11:29L'heure du crime, présentée par Jean-Alphonse Richard, sur RTL.
11:33L'heure du crime consacrée à l'affaire Annie Metté.
11:36En octobre 2010, cette psychologue, mère de trois enfants,
11:39est soupçonnée d'avoir tué son ex-mari.
11:42Le corps ligoté, la tête recouverte d'adhésif,
11:44avait été découverte dans une calanque près de Marseille.
11:47L'ex-épouse va être réentendue.
11:53Mardi 12 octobre 2010, huit jours après la découverte du corps de Jacques Metté,
11:57son ex-femme est à nouveau questionnée par les policiers.
12:00Annie confirme l'état de santé déplorable de la victime.
12:04Elle raconte que Jacques avait sombré dans l'alcoolisme.
12:07Il pouvait boire jusqu'à un litre d'alcool fort par jour.
12:10Il fumait quotidiennement du cannabis et presque deux paquets de cigarettes,
12:15malgré son poumon unique.
12:17Jacques était aussi sous Valium, son médicament miracle, disait-il.
12:21Il s'en procurait sans ordonnance.
12:23Annie Metté confirme avoir déposé son ex-mari à l'aéroport le 22 septembre.
12:28La maison de Meroil est perquisitionnée.
12:30Les policiers s'intéressent à une chaîne en acier à petits maillons.
12:35La victime avait été entravée par une chaîne identique.
12:39Annie Metté répond l'avoir acheté pour attacher les scooters de ses fils dans la résidence.
12:45Les enquêteurs mettent la main sur quatre petits cadenas dans leur emballage.
12:50Sur la terrasse, on trouve un rouleau entamé de rubans adhésifs marrons,
12:55un autre dans l'auto de l'ex-épouse.
12:57Dans l'après-midi, le petit catamaran d'Annie Metté, l'audial,
13:01amarré dans le port de Bandole, est inspecté.
13:05Deux cadenas, utilisés pour verrouiller une trappe d'essence, ne sont plus là.
13:10Une corde marine de couleur rouge, ressemblant à celle retrouvée autour du corps,
13:15est également saisie.
13:19Les enfants du couple confortent la description de Jacques Metté donnée par leur mère.
13:24Un homme surexcité, dormant peu, buvant beaucoup, déprimé,
13:28halité dans sa chambre, dit-le un.
13:30Le fils aîné, 24 ans, adopté par Jacques Metté, dépeint un individu violent.
13:35Le garçon a dû parfois s'interposer lors de disputes avec sa mère ou ses frères.
13:39Selon lui, sa mère restait attachée à lui en étant toutefois excédée par son comportement.
13:46Pour les enquêteurs, Jacques Metté n'a certainement pas été victime d'un règlement de comptes crapuleux.
13:52Certes, il avait eu un différent avec un habitant de Minorque, mais rien de grave.
13:56Il n'a pas été jeté à l'eau depuis son voilier.
13:59Le percé n'a jamais quitté son port d'attache en Espagne.
14:07Lundi 17 mai 2011, sept mois après la découverte du corps de Jacques Metté,
14:11son ex-épouse est placé en garde à vue.
14:13Annie répète qu'elle n'a rien à voir avec ce drame.
14:16On la confronte aux indices accablants.
14:19Le ruban adhésif qui entourait la dépouille de Jacques est le même que celui retrouvé sur sa terrasse.
14:25Une clé découverte dans son catamaran permet, elle, d'ouvrir les deux cadenas utilisés pour entraver la victime.
14:32Et puis, contrairement à ce qu'elle prétend, Jacques Metté n'a jamais pris l'avion pour Barcelone.
14:37Il ne figure pas sur la liste des passagers.
14:39À la quatrième audition, Annie Metté crac, le 25 septembre 2010,
14:45Jacques et elle se sont retrouvés sur son catamaran, amarrés dans le port de Bandol.
14:51Ils ont eu des relations sexuelles, puis une dispute a éclaté.
14:54Jacques était très agité, dit-elle, il avait bu.
14:57Elle a jeté toutes les bouteilles d'alcool, il s'est montré très agressif.
15:01Il l'a empoigné, il l'a saisi par le cou.
15:03Elle lui a mis la main sur la bouche pour qu'il la lâche.
15:06Elle a appuyé sa main, et puis elle s'est soudain aperçue qu'il ne respirait plus, il était mort.
15:11Elle n'avait pourtant pas voulu le tuer.
15:14J'ai pris un rouleau de scotch, j'ai scotché sa tête pour ne plus l'avoir.
15:19Elle a caché le corps dans la cabine du bateau.
15:21Elle n'a rien dit aux enfants une semaine plus tard, le 1er octobre.
15:25Elle est revenue au bateau, elle a mis le cap sur les calanques.
15:29Elle a lesté le corps en décomposition, l'a fait passer par-dessus le bastingage et l'a jeté à
15:34la mer.
15:35Jacques lui avait toujours dit qu'il voulait mourir en mer.
15:40J'ai décidé de lui offrir une sépulture marine, dit-elle.
15:44Anniméthée est mise en examen pour assassinat, elle était crouée.
15:48Enquête qui est alors loin d'être terminée.
15:50Anniméthée nie avoir volontairement donné la mort à son ancien mari.
15:55Ce n'est pas un assassinat, elle n'arrête pas de le répéter.
15:58Elle va revenir sur les faits, elle va décrire une agression.
16:01Mais la juge va s'interroger sur beaucoup d'indices qui, en fait, accablent la suspecte.
16:07Est-ce qu'elle dit la vérité ?
16:08On va le voir tout ça dans la suite de l'heure du crime.
16:12Alors, 7 mois pour interpeller Anniméthée.
16:15On se demande, Damien Delceni, elle passe aux aveux, cette femme.
16:19C'est difficile, contre les éléments qu'on lui présente.
16:22Il y a beaucoup de choses à raconter là-dessus.
16:24Elle passe aux aveux.
16:25La première question qui se pose, on se dit, mais cette femme qui est psychologue, qui est plutôt fragile, qui
16:31est mesurée,
16:32c'est une femme qui est en retrait, qui ne fait pas parler d'elle.
16:35Comment a pu-t-elle se livrer, seule, je précise, seule, à ce scénario incroyable ?
16:42C'est toute la question.
16:43Après, on s'aperçoit quand même, vu les détails de l'enquête, qu'elle fait un peu comme le petit
16:50pousset.
16:50C'est-à-dire qu'elle en laisse quand même beaucoup derrière, l'adhésif, les cadenas, la corde rouge.
16:56Il y a beaucoup de choses où on voit bien qu'elle a laissé tellement d'indices que les policiers
17:02sont remontés aussi comme ça
17:03et ont pu la confondre de cette manière-là.
17:04Mais c'est vrai qu'elle n'a pas le profil du tout de quelqu'un d'organiser au point
17:10de tuer quelqu'un,
17:14d'arriver à dissimuler le corps déjà pendant plusieurs jours,
17:16d'organiser aussi cette espèce d'emploi du temps qui s'avèrera faux de son ex-mari,
17:22mais d'un peu balader les enquêteurs pendant quelques temps avec tout ça,
17:28et puis d'aller se débarrasser quand même du corps toute seule.
17:31Un corps, ça pèse assez lourd.
17:32Il y a quand même beaucoup de manipulations à faire sur ce corps.
17:34Il faut mettre l'encre, 25 kilos.
17:37Même s'il n'est pas très lourd, ce cadavre, il faut quand même le transporter au-dessus du bastingage.
17:42Oui, c'est quelque chose qui, pour une femme seule, n'est pas tellement intuitif au départ.
17:47Et puis surtout, sans éveiller de soupçons de la part de ses propres enfants.
17:52Et au départ, sans éveiller de soupçons des enquêteurs,
17:55même si rapidement, les policiers, les premières découvertes qu'ils font,
17:59quand ils s'aperçoivent surtout qu'en fait,
18:02ce qui a fondé son alibi au départ, c'était de dire déjà que je l'ai ramené à l
18:06'aéroport,
18:07il est rentré en Espagne.
18:08Partuellement, ils savent qu'il n'a pas pris cet avion, c'est problématique.
18:10Juste un petit mot là-dessus, parce qu'effectivement, vous parlez de petits poussés.
18:13Mais finalement, elle laisse tout ça sur la terrasse, etc.
18:16Les cordes sont retrouvées, elle n'a rien dissimulé.
18:18Et puis, l'histoire de l'avion, c'est sans doute très bien.
18:21Elle n'est pas bête, cette femme, elle est au contraire très intelligente.
18:24Elle sait très bien qu'on ne va pas le retrouver sur la liste des passagers, son mari.
18:28Sans doute, sans doute.
18:29Après, c'est vraiment un questionnement qu'il faudrait lui adresser, surtout à elle.
18:33Mais on a l'impression qu'en fait, elle a...
18:36Moi, je me souviens avoir discuté avec des enquêteurs à l'époque qui disaient qu'elle a fait quelque chose.
18:41Et une fois qu'elle a fait cette chose, qui était de supprimer son mari, pour elle, l'essentiel était
18:45fait, en fait.
18:46Et le reste ne comptait quasiment plus.
18:47Le rideau est tombé.
18:48Voilà.
18:49Le rideau est tombé, oui, c'est intéressant.
18:50Maître Olivier Lantel, vous êtes avocat d'Annie Metté, avec nous dans cette heure du crime.
18:55La victime, c'est Jacques Metté.
18:57Autant dire que votre cliente, son épouse, Annie Metté, elle ne le présente pas sous son meilleur jour, cet homme.
19:04Pas présenté comme sous son meilleur jour.
19:06Et c'est malheureusement une vérité de l'État dans lequel il était, le pauvre.
19:09L'enquête va révéler qu'il était un malade.
19:13Et on est au cœur de la tragédie bipolaire, maniaco-dépressif, en phase euphorique.
19:19Dans sa toute-puissance, il est violent et fait vivre l'enfer à toute sa famille.
19:23Les portes du domicile familial ont été fracassées à coups de hache et de tronçonneuse.
19:28J'avais fait atterrir en procédure des photos des portes dont les enquêteurs n'avaient pas voulu.
19:33Des portes comme des témoins de cette violence, là, figée dans leur quotidien.
19:38En garde à vue, Annie Metté, elle va évoquer une dispute après une soirée arrosée.
19:44C'est ce qu'elle dit, hein ?
19:46Oui, mais pas nécessairement après une soirée simplement arrosée, trop arrosée.
19:52Après un énième sursaut de violence de Jacques, en pleine phase euphorique.
19:56Elle lui avait d'ailleurs proposé de la dépasser le week-end sur le bateau,
20:00parce qu'elle le voyait agité et ne voulait pas que les enfants voient une nouvelle fois leur père dans
20:04cet état.
20:07Damien Delsény, effectivement, elle avance sur l'explication d'une dispute violente,
20:12et puis elle a été prise quasiment partie par son ex-mari, une semaine avant de se débarrasser du corps.
20:20Elle dit qu'elle revient sur le bateau une semaine après.
20:23J'ai envie de dire, elle a de la suite dans les idées.
20:25Elle a eu le temps de réfléchir, et pourtant elle ne tremble pas.
20:29Et puis, moi, il y a toujours quelque chose qui m'a frappé dans ce dossier.
20:32La violence de Jacques Mettet, elle est indiscutable.
20:36La violence pendant des années sur sa femme, sur ses enfants, on y reviendra, c'est un fait indiscutable.
20:40Mais au moment où les faits se produisent, ils ne vivent plus ensemble.
20:44Elle n'est plus sous la menace de son ex-mari.
20:47Il est loin, il habite en Espagne sur un bateau.
20:49Alors oui, il s'appelle au téléphone, mais il n'a plus aucune prise sur elle physiquement.
20:53Il n'a pas vraiment de prise non plus sur ses enfants.
20:55Alors, encore une fois, c'est indéniable qu'ils ont souffert tous, à un moment donné, de la violence et
21:00de la maladie de Jacques.
21:01Mais au moment des faits, au moment où elle va le faire disparaître, il n'est plus là.
21:06C'est elle qui l'a fait revenir en France, d'ailleurs, encore une fois, pour s'occuper de leur
21:10plus jeune enfant.
21:11Mais c'est ça qu'on a du mal à comprendre.
21:13C'est pourquoi, alors qu'elle n'est plus sous la férule de ce mari violent.
21:17En plus, il a physiquement, alors certes, il a des crises, mais physiquement, il fait 40 kilos, il est en
21:21phase terminale.
21:22Enfin, il ne s'est plus...
21:23Un seul poumon.
21:24Voilà, un seul poumon.
21:24Donc, c'est ça qui est le problème psychique.
21:26C'est ce qui se passe avant.
21:27Effectivement, c'est toutes les petites choses qu'elle va faire, les coups de fil qu'elle va passer pour
21:31faire croire que, finalement, la disparition est normale.
21:36Et puis, on y reviendra, mais je pense que cette histoire de bateau qu'elle va prétendre, avant même de
21:42tuer son mari,
21:43elle va expliquer à la capitainerie du port de Mineur que, de toute façon, ni le bateau ni son mari
21:47ne reviendront s'installer là.
21:49Autant signer le crime, directement.
21:51C'est plus facile.
21:52L'argent de l'ancien banquier, pas perdu pour tout le monde.
21:56Annie Metté est la momie des calanques.
21:58Un sang-froid glaçant pour se débarrasser du corps.
22:02L'enquête de l'heure du crime, l'épouse était-elle une épouse perdue et apeurée lorsqu'elle a commis
22:06l'irréparable,
22:07ou bien savait-elle très bien ce qu'elle faisait ?
22:09À suivre dans un court instant sur RTL.
22:12Merci d'écouter RTL.
22:20RTL.
22:23Votre radio.
22:25L'heure du crime.
22:26Elle se présente vis-à-vis des enquêteurs comme une femme victime de violences conjugales.
22:34Jacques Metté, c'est un homme qui est malade et en même temps, c'était quelqu'un qui pouvait être
22:41très agréable.
22:43Au programme de l'heure du crime, l'affaire Annie Metté, cette psychologue, 53 ans, a avoué avoir tué son
22:49ex-mari en octobre 2010.
22:51Elle avait couvert la tête d'adhésif, jeté le corps depuis un bateau au large de Bandole.
22:56Elle nie l'assassinat et raconte une autre version.
22:59La victime, c'est elle.
23:01Elle était en danger.
23:05Mardi 18 décembre 2012, 19 mois après sa mise en examen pour assassinat, Annie Metté demande à être entendue par
23:12la juge d'instruction.
23:14Elle raconte que son ex-mari l'a attaqué et a tenté de l'étrangler.
23:18Il était en proie à une crise maniaque aiguë qui décuplait ses forces, dit-elle.
23:23Elle a pourtant réussi à l'étouffer en pressant simplement ses mains sur sa bouche et son nez.
23:28La juge se demande comment elle a pu neutraliser cet homme déchaîné.
23:34Annie reconnaît que cela échappe effectivement à toute logique, mais c'est la vérité, dit-elle.
23:39Quatre mois plus tard, la juge organise la reconstitution du crime de Bandole.
23:44Annie Metté est incapable de reproduire ses gestes meurtriers.
23:48Elle ne peut mimer ni la bagarre, ni l'étouffement, et même pas décrire la mise en place du ruban
23:54adhésif.
23:54Le légiste doute d'une suffocation obtenue après une pression des mains.
24:00Le fait que Jacques Metté est inhalé du liquide gastrique témoigne au contraire d'une lente agonie.
24:06Le même expert ajoute qu'il est difficile pour une personne seule de manipuler un cadavre pour le faire basculer
24:12au-dessus du bastingage.
24:16La juge ne croit pas qu'Annie Metté, contrairement à ce qu'elle affirme, est paniquée.
24:21Elle a même montré, selon la magistrate, un sang-froid glaçant pour se débarrasser du corps.
24:28Elle a ensuite posément effectué toutes les démarches administratives et bancaires possibles pour opérer des transferts d'argent à son
24:37profit.
24:38Elle a tenté de mettre tout de suite en vente le voilier de son ex-mari en publiant une petite
24:42annonce.
24:43Elle a envoyé des mails en se faisant passer pour lui.
24:45Bref, Annie Metté serait une manipulatrice pour les enquêteurs.
24:49Elle dément. Elle déclare qu'elle ne se remettra jamais de ce drame.
24:56Et effectivement, c'est intéressant parce que là se dessine très très clairement la défense d'Annie Metté.
25:00Il y a beaucoup d'éléments contre elle.
25:02Effectivement, on ne doute pas qu'elle est l'auteur du crime.
25:05Il y a toujours un doute quand même sur savoir s'il n'y avait pas une complicité.
25:08Mais enfin, Damien Dalsény, rédacteur en chef adjoint au Parisien Aujourd'hui en France,
25:13chef du service police-justice du Parisien,
25:16elle s'est défendue d'un agresseur.
25:18S'il y a quelqu'un qu'on doit plaindre, finalement c'est elle.
25:21Elle n'a fait que se défendre.
25:23Oui, alors elle n'a fait que se défendre le soir des faits,
25:25enfin le soir où elle a donné la mort à son ex-mari.
25:28Et elle n'a fait que se défendre pendant des années auparavant,
25:30quand il était déjà violent avec lui.
25:32Elle a subi.
25:32Elle a subi toute sa vie.
25:34Elle a subi ce soir-là.
25:35Et c'est pour répondre à ce nouvel accès de violence de son ex
25:40qu'elle explique l'avoir tué.
25:42Mais vous l'avez dit, le seul problème,
25:43c'est que le scénario qu'elle décrit du meurtre,
25:46il n'est pas compatible avec les constatations du médecin légiste.
25:50Et puis, quand on n'est pas capable de refaire en reconstitution
25:53un certain nombre de choses...
25:53C'est troublant ça.
25:55Alors on peut se dire qu'on a agi dans une espèce de sidération, etc.
26:01Mais quand rien ne colle, c'est toujours problématique
26:05parce que ça met évidemment tout de suite en péril
26:08la version qu'on peut donner.
26:09Et puis, vous l'avez rappelé,
26:11il y a le meurtre en lui-même, l'action,
26:14et puis il y a tout ce qui se passe un peu avant,
26:16tout ce qui se passe un peu après.
26:17Et qui ne sont pas du tout...
26:18Elle décrit en fait l'effet comme une espèce de bouffée,
26:22un ras-le-bol, c'est-à-dire qu'elle a été violentée pendant des années,
26:25elle est de nouveau violentée ce soir-là,
26:26ça en est trop, elle l'élimine.
26:28Mais simplement, ça, ça marche,
26:30mais ça ne marche pas quand on sait que quelques jours avant,
26:32elle a déjà imaginé certainement le scénario,
26:34qu'elle est organisée quand même après,
26:37pendant quelques jours pour dissimuler le corps,
26:38préparer le fait d'aller l'immerger en mer,
26:41et puis de passer tous ses coups de fil,
26:43de faire toutes ses démarches pour récupérer de l'argent.
26:45Et oui, la séquence, elle est longue finalement.
26:47La séquence est longue,
26:48et effectivement, il n'y a pas que l'action de tuer
26:51qui est importante dans cette affaire.
26:52Maître Olivier Lantelme, vous défendez,
26:54anime, mettez...
26:56Alors, grande question, centrale, j'ai envie de dire.
26:58Il y a l'asphyxie.
27:00Est-ce que l'asphyxie, elle est due à la main d'Annie Mété
27:03sur la bouche de la victime,
27:04ou bien plutôt c'est le ruban adhésif
27:06qui aurait étouffé cet homme ?
27:08Elle a toujours expliqué au juge
27:10qu'après avoir été confronté à une énième fois
27:13à la violence physique et verbale de son mari,
27:15opposée à lui dans un ultime corps à corps,
27:18elle pente dessus, tombe sur lui
27:20et le tue sans le vouloir,
27:22avec ses mains imposées sur ses voies respiratoires,
27:24la bouche et le nez.
27:24Elle l'étouffe, comme pour étouffer ses paroles,
27:27des insanités qu'elle ne peut plus entendre et supporter.
27:30Ses experts n'exclueront pas
27:31qu'elle ait pu donner la mort comme elle l'a toujours dit.
27:34Ils disent n'avoir aucune certitude
27:36sur les causes de l'asphyxie
27:37et n'excluent pas la version de l'accusé.
27:39Alors, on vient d'écouter Damien Delseni
27:42qui parle de la reconstitution,
27:44où effectivement cette femme, Ani Mété,
27:46elle ne fait aucun geste,
27:47elle est presque muette
27:49au cours de cette reconstitution.
27:51Comment on peut interpréter ce comportement ?
27:55Elle a accepté de participer aux opérations de reconstitution.
28:00Ça a été violent pour elle.
28:01On a fait venir un mannequin
28:03dont la tête ne tenait pas sur le corps.
28:06Et au moment de reproduire les gestes,
28:09j'ai le souvenir d'une femme tellement anéantie
28:11de se retrouver là dans l'espace du crime
28:15qu'elle a vomi.
28:17Elle était dans l'incapacité absolue,
28:20tellement son corps était en souffrance
28:22de se retrouver là,
28:23dans l'incapacité absolue
28:25de reproduire des gestes.
28:27Mais j'ai le souvenir
28:29de ce qu'elle y a largement contribué
28:31à la reconstitution.
28:33L'ex-épouse va être jugée.
28:36Ani Mété est la momie des calanques.
28:39Il est mort de mes mains,
28:40mais dire que je l'ai tué,
28:42c'est dur à dire.
28:42L'enquête de l'heure du crime.
28:44On se retrouve dans un instant sur RTL.
28:46Toute la journée, RTL vous accompagne.
29:06Retour dans l'heure du crime
29:07sur l'affaire Ani Mété.
29:08Cette psychologue est accusée
29:09d'avoir étouffé son ex-mari en 2010.
29:12Elle a jeté le corps de pluie
29:13son bateau au large de Bandole.
29:15Elle assure n'avoir pas voulu le tuer.
29:17Huit ans après les faits,
29:19elle est enfin jugée.
29:24Mardi 22 mai 2018,
29:26Ani Mété, 61 ans,
29:27chevelure rousse bouclée,
29:29visage fermé,
29:30devant la cour d'assises
29:31des Bouches-du-Rhône,
29:32à Aix-en-Provence.
29:33Elle comparaît libre.
29:34Elle avait été libérée
29:36après 18 mois de détention provisoire.
29:39L'accusée risque la prison à perpétuité.
29:42Ses trois fils sont partis civils,
29:44mais ils la défendent.
29:45Vous allez condamner une femme battue.
29:47C'est ça la vérité,
29:48disent-ils d'une même voix.
29:49Samuel, doctorant en physique,
29:52explique.
29:53Mon père n'était pas un monstre,
29:55il était malade.
29:56Le jeune homme décrit les violences
29:58infligées à sa mère
29:59par cet homme bipolaire.
30:01La porte de la chambre défoncée
30:02à coups de hache.
30:04Les insultes écrites au feutre rouge
30:06sur les portes.
30:07Ani Mété,
30:08qui continue d'exercer
30:09comme psychologue clinicienne,
30:11conteste avoir volontairement donné
30:13la mort à son ex-mari.
30:14Il est mort de mes mains,
30:17mais dire que je l'ai tué,
30:19c'est dur à dire,
30:21confie-t-elle.
30:22Le jour du drame,
30:23elle explique avoir été débordé
30:25par différentes émotions.
30:27La révolte,
30:28le ras-le-bol.
30:32Les experts sont réservés
30:34sur la façon dont Jacques Mété
30:35a été asphyxié.
30:37L'avocate générale l'affirme.
30:39Si Mme Mété avait tué
30:41de ses seules mains,
30:42il y aurait des traces
30:44sur la mâchoire de la victime,
30:45elle ajoute.
30:46Si la victime est morte,
30:48c'est parce que l'accusé
30:49a apposé du ruban adhésif.
30:52Le récit de la mort de Jacques Mété
30:54ne fonctionne pas,
30:55quels que soient ses travers.
30:57Il ne méritait pas
30:58cette peine de mort,
30:59conclut la magistrate.
31:01Un comportement
31:02d'une froideur glaçante
31:04renchérit l'avocate
31:05des trois filles de Jacques Mété,
31:06née d'un premier mariage.
31:08L'avocate l'accusée, lui,
31:09voit à travers le geste fatal
31:11de sa cliente
31:12le point d'orgue
31:13d'une histoire de violence conjugale.
31:15Après trois jours de débat,
31:17l'avocate générale
31:18demande 22 ans de prison
31:20contre Annie Mété.
31:24Curieux procès.
31:25On ne s'attendait peut-être pas
31:27à cette réaction
31:27des enfants de la victime.
31:29On va en parler
31:29dans un instant.
31:30Évidemment, le verdict,
31:31on va voir dans le prochain chapitre
31:33ce qui va se passer
31:34parce qu'à le risque gros
31:35à Nîmété,
31:36je l'ai dit,
31:36la réclusion criminelle
31:37à perpétuité.
31:39Damien Delséni,
31:40vous êtes avec nous
31:41dans cette heure du crime,
31:42journaliste aux Parisiens,
31:43aujourd'hui en France,
31:44chef du service police
31:45justice du Parisien.
31:48Alors, c'est vrai que
31:48ça peut arriver,
31:49effectivement,
31:50mais aux assises,
31:50ce n'est pas si fréquent
31:51lorsqu'il y a un cœur uni
31:53comme ça,
31:54des enfants
31:54qui vont prendre parti
31:56pour leur mère.
31:57Ça, c'est très étonnant
31:58parce que leur voix,
31:59elle porte loin
32:01la voix des enfants.
32:02Alors, deux choses.
32:03C'est d'abord une position
32:05qui est extrêmement délicate
32:06et douloureuse
32:07pour les enfants
32:07parce qu'ils sont
32:08à la fois en défense
32:09de leur mère
32:10qui est accusée
32:11et ils ne souhaitent pas
32:12salir leur père.
32:13Ils le répéteront plusieurs fois
32:13d'ailleurs à l'audience
32:14qu'ils ne souhaitent pas dire
32:15que c'est quelqu'un
32:16de...
32:16c'est un monstre, etc.
32:17Simplement, ils disent
32:18qu'il était malade
32:18et il était violent.
32:20Et pourquoi c'est important
32:21quand ce sont des enfants
32:22qui viennent quelque part
32:24défendre leur mère,
32:25c'est qu'il faut le rappeler
32:26toujours,
32:26la cour d'assises
32:27c'est un jury populaire.
32:29Et il se trouve que
32:29dans ce jury,
32:30pendant ce procès,
32:31ce ne sont que des femmes
32:31qui sont...
32:32Des mères de famille, le plus.
32:33Des mères de famille.
32:34Et quand elles ont
32:35en face d'elles
32:36des enfants qui viennent
32:37dire trois,
32:37c'est pas...
32:38En plus, ils sont tous
32:38très unis.
32:39Exactement.
32:40Ils viennent tous les trois
32:40dire la même chose,
32:41ils viennent tous les trois
32:42dire on ne peut pas
32:43blâmer notre mère
32:44d'avoir fait ça
32:44parce qu'elle a tellement
32:48qu'on peut comprendre
32:50qu'elle ait agi comme ça
32:51et ils ont toujours
32:52cette phrase de dire
32:54ne nous privez pas
32:55de notre mère,
32:55c'est déjà suffisamment
32:56compliqué comme ça,
32:57ne nous privez pas
32:57de notre mère
32:58pendant 20 ans.
32:59Et ce discours-là,
33:00il peut fonctionner
33:01sur toute la sphère
33:03émotionnelle
33:03d'un juré,
33:05d'un jury
33:05qui peut se dire
33:06bon voilà,
33:07on a trois enfants
33:07qui viennent nous raconter
33:08la même histoire,
33:10finalement tout ça tient
33:11et ça peut amener
33:12un jury à prendre
33:13une décision
33:14qui est entre guillemets
33:15contraire à ce qui
33:16pourrait être constaté
33:18dans un dossier criminel.
33:20Effectivement,
33:20donc c'est important,
33:21c'est un peu
33:22un point central
33:23effectivement de ces audiences
33:24devant la cour d'assises.
33:26Maître Olivier Lantelme,
33:27vous y êtes
33:27à cette cour d'assises
33:28des Bouches-du-Rhône,
33:30vous êtes l'avocat
33:30d'Annie Metté,
33:31comment est-ce qu'elle
33:32se défend votre cliente ?
33:35Elle se défend
33:36simplement
33:37en expliquant
33:39ce qui s'est passé.
33:40Elle a le souci
33:41constant
33:42de ne pas salir
33:43la mémoire
33:45de Jacques
33:45et de dire
33:46les choses
33:48simplement.
33:50Il y a des mots
33:51d'excuse
33:52chez elle,
33:52des mots
33:52de compassion ?
33:54Des mots
33:55d'excuse
33:55et de compassion,
33:56bien sûr,
33:57et ça va au-delà.
33:59C'est le père
34:00de ses enfants,
34:01ils sont là
34:01à quelques mètres
34:02d'elle
34:02dans la salle
34:03d'audience.
34:04C'est extrêmement
34:06dur à vivre
34:07pour elle.
34:08Et bien évidemment
34:08que ses gestes,
34:10elle les regrette.
34:11Elle le regrettera
34:12vis-à-méternam.
34:13Elle vit désormais
34:14avec cette mort
34:15sur sa conscience.
34:16Et c'est une femme
34:17qui n'était pas
34:18a priori programmée
34:19pour donner la mort.
34:21Encore une question,
34:22Maître Olivier Lantelme.
34:24Évidemment,
34:24vous l'avez dit
34:25et répété,
34:25et c'est votre credo
34:27et c'est aussi
34:28l'axe de défense
34:29de votre cliente,
34:30Ani Mété,
34:31les violences conjugales
34:32sont au cœur
34:33de ce procès.
34:33Elles arrivent
34:34au cœur de ce procès ?
34:35Les violences conjugales
34:37sont bien évidemment
34:38au cœur de ce procès,
34:39oui,
34:39sans hésitation.
34:40Ce drame
34:41est le point d'orgue
34:41d'une histoire arrangée
34:42au chapitre
34:43des violences conjugales,
34:44des violences faites aux femmes,
34:46à la différence
34:46prie que cette fois-ci,
34:48ce n'est pas la femme secouée
34:49qui ne se relève pas.
34:52Jacques Mété
34:53était bipolaire,
34:54en face maniaque,
34:55il pouvait devenir
34:56extrêmement violent.
34:57Cette réalité
34:58est décrite par tous.
34:59Je crois vous avoir déjà dit
35:01que j'avais produit
35:01en procédure
35:02des photos
35:02des portes de la maison
35:03prises à coups de hache,
35:05photos dont les policiers
35:06n'avaient pas voulu
35:07et qui témoignaient
35:08de sa violence.
35:09Oui,
35:10extrême violence,
35:10ce sont des faits
35:12que les témoins racontent.
35:13Encore une petite question
35:14de Damien Delceny pour vous.
35:16On a le sentiment
35:17qu'on oublie presque
35:18un petit peu
35:19les faits
35:19lors de ce procès,
35:21la méthodologie du crime,
35:22etc.
35:23Et qu'on se concentre
35:25sur le regard
35:25de cette femme
35:26et sur ce qu'elle dit,
35:27l'enfer qu'elle vivait
35:28et la souffrance
35:29qu'elle éprouvait.
35:30C'est aussi toute la vertu
35:32d'un procès
35:32de cour d'assises.
35:33C'est-à-dire qu'un procès
35:34de cour d'assises,
35:34il est là pour examiner
35:35des faits,
35:36mais il est là aussi
35:38pour plonger
35:38dans la personnalité
35:39et de l'accusé
35:40et de la victime.
35:42Et c'est vrai
35:42que dans cette affaire,
35:43les faits,
35:44ils sont malheureusement
35:46relativement simples,
35:46même si on dira toujours
35:47qu'il y a toujours
35:48un doute sur les conditions
35:49exactes dans lesquelles
35:50il a été tué.
35:50Mais en tout cas,
35:51on a quelqu'un qui est mort,
35:52on a un auteur
35:53qui reconnaît les faits,
35:54donc là-dessus,
35:54il n'y a pas de difficulté.
35:56Et effectivement,
35:56quand on va aller
35:57sur les personnalités,
35:58c'est là où quelque part
35:59va se jouer le verdict.
36:02C'est qu'on a
36:02une unanimité totale
36:04pour dire que ce Jacques Mettet
36:06n'était pas un monstre,
36:07mais était quelqu'un
36:08de redoutablement violent
36:09depuis des années.
36:10Donc ça en fait
36:11une personne un peu étrange
36:12et en face,
36:12on n'a que des gens
36:13qui vont venir nous dire
36:15finalement cette femme,
36:16elle a subi,
36:17elle a souffert,
36:18elle a expulsé ça
36:20dans un geste
36:20d'une violence extrême,
36:22elle s'en veut,
36:23elle n'est sans doute pas
36:23un danger
36:24pour la société
36:25dans le futur.
36:26Donc c'est ça
36:26qui va jouer
36:27dans le verdict,
36:28dans la décision des jurés.
36:29Trois jours de procès
36:30et puis le verdict.
36:32Animé T
36:32est la momie
36:33des calanques.
36:34La cour d'assises
36:35a montré son beau visage.
36:37L'enquête de l'heure du crime,
36:38je vous retrouve tout de suite
36:39sur RTL.
36:40Retrouvez toutes vos émissions
36:42en podcast
36:42sur rtl.fr
36:44ou sur l'application RTL.
36:47L'heure du crime,
36:48présentée par Jean-Alphonse Richard
36:50sur RTL.
36:52Dans l'heure du crime,
36:53l'affaire Annie Metté,
36:54cette psychologue est accusée
36:55d'avoir tué son mari en 2010,
36:57mort étouffée.
36:58Le corps ligoté avait été jeté
37:00à la mer au large de bandole.
37:01Le visage de la victime
37:02était couvert d'adhésif.
37:04Huit ans après,
37:06elle est jugée.
37:07Voici le verdict.
37:11Jeudi 24 mai 2018,
37:13Annie Metté est condamné
37:14à 5 ans de prison
37:15par la cour d'assises
37:16des Bouches-du-Rhône.
37:17Verdict bien en deçà
37:18des réquisitions,
37:1922 ans.
37:21Explication,
37:21la cour a requalifié
37:23l'effet d'assassinat
37:23en violence volontaire
37:25ayant entraîné la mort
37:26sans l'intention
37:28de la donner.
37:29Annie Metté reste blotti
37:31un long moment
37:31dans les bras de ses fils
37:32qui n'ont cessé
37:33de la soutenir.
37:37Pas de procès en appel.
37:39Annie Metté a retrouvé
37:40sa vie d'avant
37:41de psychologue clinicienne
37:43entourée de ses fils.
37:44Pour son avocat,
37:45la cour d'assises
37:45a montré son plus beau visage.
37:47Elle a restitué ce crime
37:49dans son histoire,
37:49à savoir le geste désespéré
37:52d'une femme battue.
37:54Dans le procès,
37:55on n'a pas souligné
37:56la gravité de cette mort.
37:58Personne ne l'a dit.
38:00On a plaint cette pauvre femme.
38:01On n'a pas plaint mon frère.
38:03C'est lamentable.
38:05Même s'il est odieux,
38:06même s'il est fou,
38:07on ne tue pas quelqu'un
38:08comme ça.
38:09Ce n'est pas possible.
38:10La voix et les interrogations
38:12de la sœur de Jacques Metté,
38:13c'est dans l'émission
38:14chronique criminelle.
38:15Effectivement,
38:16les proches de Jacques Metté
38:18n'ont pas vraiment accepté
38:19ce verdict,
38:21verdict d'apaisement,
38:22en tout cas,
38:22verdict un petit peu
38:24aussi inattendu.
38:26Damien Delsenny,
38:27vous êtes avec nous
38:27dans cette heure du crime,
38:28journaliste au Parisien,
38:29chef du service
38:30police-justice au Parisien.
38:33La thèse de l'asphyxie
38:35involontaire,
38:36c'est-à-dire,
38:36j'ai posé mes mains
38:37sur son visage,
38:38il est mort,
38:38et puis ensuite,
38:39je l'ai enrubané
38:40et je l'ai jeté
38:41dans la Méditerranée.
38:42C'est cette thèse
38:43qui a prévalu finalement.
38:44Oui,
38:45on peut même dire
38:45que finalement,
38:46c'est toute la thèse
38:47défendue depuis le début
38:49par Annie
38:50qui est validée.
38:51La double thèse,
38:51c'est-à-dire la thèse
38:52d'abord d'une femme
38:54victime,
38:55d'abord avant d'être auteur,
38:57et puis ensuite,
38:58sur la commission même
38:59des faits,
39:00de ce qu'on appelle
39:03des coups mortels,
39:03puisque c'est comme ça
39:04qu'on appelle la condamnation.
39:05C'est-à-dire qu'on est quand même
39:06parti de l'assassinat
39:06qui est le curseur le plus haut
39:08en matière criminelle,
39:09c'est-à-dire le meurtre
39:10avec préméditation,
39:11et on termine
39:12avec une condamnation
39:13pour des violences volontaires
39:15ayant entraîné à la mort
39:16sans intention de la donner.
39:17C'est-à-dire,
39:17en gros,
39:18une bagarre,
39:19une lutte qui tourne mal,
39:20mais elle n'avait pas
39:21l'intention de le tuer.
39:21Donc ça valide,
39:22finalement,
39:23ce qu'elle dit
39:23depuis un certain nombre de mois
39:25et ce qu'elle a répété
39:26pendant le procès,
39:26c'est moi qui l'ai tué
39:28mais je n'ai pas voulu.
39:28C'est sa fameuse phrase
39:29qu'elle a répétée plusieurs fois.
39:31Et puis,
39:32il vient s'ajouter à ça
39:33tout le profil encore,
39:34on a dit,
39:35de cette famille,
39:36de cette victime,
39:37Jacques,
39:38mais qui était aussi
39:39quelqu'un de décrit
39:40comme très difficile
39:41et très violent.
39:43Donc,
39:43cette peine finalement
39:44qui peut paraître légère
39:46au vu quand même
39:47de faits qui sont...
39:48De la gravité des faits.
39:49Il y a quand même
39:50un homme qui est mort
39:50et tout un scénario criminel
39:52derrière.
39:53Mais effectivement,
39:535 ans,
39:54ce n'est pas beaucoup
39:55à l'aune des faits
39:57mais en même temps,
39:58c'est un verdict
39:58qui vient rendre
39:59une certaine forme
40:00de justice
40:01sans doute
40:02au parcours familial
40:04et au parcours de couple
40:05extrêmement tourmonté
40:06de cette femme.
40:07Et puis,
40:07ça répond,
40:07vous l'avez dit,
40:08au changement d'incrimination
40:10et de la violence volontaire
40:13ayant entraîné la mort
40:14sans l'intention
40:14de la donner.
40:15Donc,
40:17la cour respecte
40:18à la lettre
40:19ce qui peut être
40:20un verdict
40:20dans ce genre de cas.
40:23Maître Olivier Lantel,
40:24vous êtes l'avocat
40:25d'Animéthée.
40:26Vous étiez évidemment
40:27à ce procès.
40:28C'est un peu une surprise
40:30quand même
40:30ce verdict.
40:31Quelle est la réaction
40:32de votre cliente
40:33au moment de ce verdict ?
40:35L'annonce du verdict
40:36a été celle,
40:38je le pense,
40:39pour elle et pour moi,
40:40d'un exceptionnel soulagement.
40:43Si mon grand-fère
40:44m'a été envahi
40:44d'un sentiment,
40:45celui d'une justice
40:46qui venait de nous offrir
40:47l'un de ses plus beaux visages.
40:48Et aussitôt,
40:49j'ai créé un appel du parquet.
40:51Je sais que le verdict
40:52a fait du bruit
40:52sur l'institution.
40:53Certains des juges
40:54ayant eu à connaître
40:55de l'affaire
40:55ayant dit
40:56ne pas avoir compris
40:57ce verdict,
40:59il leur fallait venir
41:00assister à l'audience
41:01et peut-être
41:02qu'ils auraient compris.
41:04Il y a eu une réunion,
41:05je crois,
41:05au sommet du parquet général
41:06pour envisager un appel
41:08qui n'aura pas lieu.
41:08Je crois avoir compris
41:10que l'avocate générale
41:11présente sur l'audience
41:12a insisté
41:13pour que ce verdict
41:14reste en l'état.
41:15Cinq ans de prison,
41:16mettre l'antenne,
41:17c'est une victoire
41:18pour votre cliente
41:20et vous également.
41:21Il n'y a jamais
41:22de victoire
41:22à la barre criminelle.
41:24C'est une barre
41:24de tous les vertiges
41:25qui se situe
41:26au carrefour
41:27de tous les malheurs.
41:28Elle-même n'a pas vécu
41:29ce véridique
41:30comme une victoire.
41:31À ce niveau-là,
41:32par contre,
41:32à ce niveau de peine,
41:33la peine prononcée
41:34vient rendre cette mère
41:35à ses enfants.
41:36À ce niveau-là,
41:37cette peine vient nous dire
41:38à quel point ce drame
41:39reste le leur
41:40et ne nous appartient pas.
41:42Et à ce niveau-là,
41:42cette peine,
41:43comme un message
41:43délivré à la société
41:44tout entière,
41:45vient nous dire
41:46à quel point
41:46les violences faites aux femmes
41:48ne sont plus tolérables.
41:49Je crois que c'est
41:50très clairement
41:50le message délivré
41:52par le jury.
41:54Encore une question
41:55pour vous,
41:55Maître Olivier Lantelme.
41:56Qu'est-ce qu'elle devient
41:56votre cliente ?
41:58Une maman,
41:59comme toujours,
41:59et désormais aussi
42:00une grand-mère.
42:01Elle continue à vivre
42:02pour ses enfants
42:02et désormais
42:03pour ses petits-enfants.
42:05C'est sa vie.
42:06Et puis jamais
42:06elle n'oubliera ce drame.
42:09Jamais elle n'oubliera Jacques.
42:11Merci beaucoup
42:12Maître Olivier Lantelme
42:14et Damien Delseni
42:15d'avoir été tous les deux
42:16les invités de l'Ordre du Crime.
42:17Merci à l'équipe de l'émission,
42:18rédactrice en chef
42:19Justine Vigneault,
42:20préparation Marie-Bossard,
42:21Lili, l'abbaye.
42:22Réalisation en direct,
42:23Jonathan Griveaux.

Recommandations