00:00Oui, il a raison de condamner la violence. Il commence par les débats légitimes.
00:04Moi, j'aimerais aussi qu'on arrête une forme d'hypocrisie.
00:08Je connais bien les lycées de la Seine-Saint-Denis.
00:11J'ai moi-même été au lycée à Saint-Denis.
00:13Alors, c'était le lycée Suger, pas le lycée Paul-Éluard.
00:15C'est les lycées dans lesquels on déverse le plus d'argent public.
00:19Dans le lycée où j'étais, il y avait une option cinéma ou pas.
00:22Paul-Éluard, on peut préparer Sciences Po, bénéficier d'un dispositif
00:26pour aller à Sciences Po plus facilement.
00:29Je ne suis pas sûr que dans les lycées de la France périphérique et rurale,
00:33des fois, ils n'ont pas de lycée à côté de chez eux.
00:35Ils doivent prendre le quart, faire beaucoup de kilomètres pour pouvoir apprendre.
00:41Donc, je crois que les revendications, en réalité, ne sont pas vraiment légitimes
00:45et qu'on a une jeunesse qui se dit qu'il fait beau, on va s'amuser.
00:48Mais ce n'est pas seulement ça.
00:51À mon époque, il y a celle de Geoffroy, c'était ça.
00:54Là, il y a un nihilisme et une violence qui est quand même effrayante.
00:59Et par ailleurs, ça a commencé toujours dans des quartiers qui sont déjà en sécession culturelle,
01:04qui détestent la police, qui détestent la France.
01:06Donc, c'est quelque chose qu'on connaît.
01:08Et ça ressemble, en fait, aux émeutes de banlieue à une échelle moindre.
01:13Donc, ça, c'est le premier point.
01:16Et le deuxième point, je rejoins Frédéric Lohse.
01:18Toujours dire qu'effectivement, elle n'est pas représentative de toute la jeunesse, cette jeunesse-là.
01:23On en a vu une autre au moment de la visite du pape.
01:2680 000 personnes au Stade de France.
01:28Il n'y a pas eu une voiture brûlée.
01:31Je parlais de la jeunesse de la France rurale et périphérique.
01:34Il y a parfois beaucoup plus de difficultés financières.
01:37Il ne brûle rien.
01:38Donc, il ne faudrait pas amalgamer tout le monde et faire croire qu'il y a des choses spécifiques.
01:43Il y a une jeunesse qui est en sécession culturelle.
01:45Et au-delà des facteurs culturels, il y a effectivement une jeunesse qui a grandi dans les écrans,
01:50qui n'a plus de valeur, plus de repères et qui n'a plus que la violence comme mode d
01:54'expression.
01:54Et c'est ça qui doit nous alerter en réalité plutôt que de faire croire que c'est un mouvement
01:59social comme un autre.