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  • il y a 6 minutes
Tous les matins à 7h42, l'invité qui fait l'actualité. Un acteur incontournable, un expert renseigné... 10 minutes d'interview sans concession avec Apolline de Malherbe et les témoignages des auditeurs de RMC au 3216.

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00:00Il est lycée bloqué et désormais les étudiants qui sont appelés à rejoindre le mouvement Acte 2.
00:05Voilà ce que vous espérez aujourd'hui avec des facs bloquées un peu partout en France.
00:08Bonjour Sabrine Carbach.
00:10Bonjour.
00:10Vous êtes porte-parole de l'Union étudiante qui est l'une des organisations étudiantes.
00:15Combien d'universités pourraient rentrer dans le mouvement aujourd'hui ?
00:19Alors aujourd'hui on estime ce matin à une vingtaine d'universités qui pourraient bloquer.
00:24On a déjà plusieurs universités qui sont en train de bloquer notamment à Marseille, à Lyon, à Paris, à Montpellier.
00:32Et évidemment nous on appelle toute la jeunesse et tous les étudiants à se mobiliser encore plus pour nos droits,
00:39à rejoindre le mouvement étudiant, à être en solidarité avec le mouvement lycéen.
00:44Mais quand vous dites pour nos droits, en fait, pardon mais moi ça fait deux jours que j'entends toutes
00:50les revendications des étudiants.
00:52Elles sont très diverses. Ce mouvement c'est pour obtenir quoi en vrai ?
00:57En réalité elles sont très précises. Le fond du problème il est le même pour les étudiants, pour les lycéens.
01:04C'est que structurellement il y a un désinvestissement qui est massif, qui fait en sorte qu'on se retrouve
01:09avec des bâtiments vétustes,
01:11avec des conditions d'études qui sont dégradantes.
01:14A l'université, nous ce qu'on constate c'est que depuis un an les attaques elles sont encessantes envers
01:19les étudiants.
01:20Il y a eu d'abord la suppression des APL pour les étudiants étrangers, l'augmentation des frais d'inscription.
01:25Aujourd'hui on a le cornou qui menace de supprimer le repas à 1 euro si son budget n'est
01:29pas voté.
01:30Oui mais c'est ce que j'allais vous dire, c'est qu'il y a peut-être aussi la
01:32baisse des APL d'un côté en effet,
01:34mais il y a eu aussi des avancées. Le repas à 1 euro pour tous les étudiants, honnêtement ça n
01:37'était jamais arrivé jusqu'à présent.
01:39Évidemment mais nous on ne veut pas d'un repas, et on se félicite du repas à 1 euro,
01:42mais on ne veut pas d'un repas à 1 euro qui est fait selon, en contrepartie de la suppression
01:48des APL pour les étudiants étrangers
01:50puisque c'est de ça dont il s'agit.
01:51Et aujourd'hui M. Lecornu menace de le supprimer si son budget ne passe pas.
01:56Mais en France ce n'est pas les étudiants qui coûte cher, c'est la vie d'étudiants qui coûte
01:59cher.
02:00Aujourd'hui les frais d'inscription existent, les frais d'inscription coûtent cher.
02:03Un étudiant sur deux a du mal à se loger, 40% des étudiants à la rentrée se retrouvent sans
02:09logement périn.
02:10Un étudiant sur deux a du mal à se loger, à se nourrir, les loyers des CRUS ne sont pas
02:17encadrés,
02:18la précarité étudiante n'a jamais été aussi forte.
02:21Donc évidemment il y a le pouvoir d'achat, mais ce qui ne suit pas avec le logement.
02:27Et justement, je me demande si vous êtes conscient des étudiants, je veux dire,
02:33que toute la France souffre. 40% des Français se privent de nourriture,
02:38stagnation des salaires, crise du logement, crise du carburant.
02:41Et vous voyez, ils souffrent. Vous avez un autre éditeur Mathieu qui explique qu'ils ne s'en sortent pas.
02:44Est-ce que vous les voyez, eux, enfreindre la loi et créer le chaos ?
02:49La réponse est non.
02:50Est-ce que vous imaginez que chez les Français ça puisse paraître un peu fort de café,
02:57de la part des étudiants et surtout des lycéens je dois dire ?
02:59Ce 29 septembre, vous l'avez vu, il y a eu de grandes manifestations partout en France
03:04à l'appel de l'intersyndical professionnel, des milliers de personnes, des pompiers, des policiers.
03:09Mais c'était un peu plus pacifique que ce qu'on voit là, vous voyez.
03:11C'était légitime leur mobilisation. La nôtre l'est également.
03:15C'est une colère qui s'accumule depuis des années.
03:17Et la colère des lycéens et des lycéennes, elle est légitime.
03:20Évidemment, on n'appelle pas la jeunesse à la violence puisqu'on dit que ça desserre
03:26et que ça permettra à nos ennemis de pouvoir tenir...
03:30Est-ce que vous condamnez ces violences ?
03:32Les violences sont la réaction à une violence d'État, à une violence de la police.
03:38J'étais très frappée hier et là pour le coup c'était vraiment le terrain.
03:42Sur BFMTV, nous avions une équipe qui était sur l'un des boulevards de Lille,
03:46là où se trouve le lycée Montébélo.
03:48Ce lycée Montébélo, il est sur une grande avenue d'un côté du trottoir.
03:52Il y avait ce lycée avec une bonne centaine de lycéens,
03:56avec des revendications, avec des pancartes,
03:58qui bloquaient tout à fait leur lycée mais de manière pacifique.
04:01Et de l'autre côté du trottoir, mais sur la même avenue,
04:04il y avait un groupe plus important, probablement 200 jeunes,
04:08sans doute lycéens aussi, mais pas du tout lycéens, de ce lycée-là,
04:12vêtus de noir, pour certains masqués,
04:15et qui venaient et qui régulièrement réallumaient des feux de poubelle.
04:18Et il y avait littéralement, physiquement,
04:21la présence de ces deux groupes distincts qui ne se mêlaient pas
04:24et les lycéens disaient leur désarroi
04:27parce qu'eux estimaient que ces revendications qu'ils portaient
04:31n'étaient pas du tout les mêmes que ceux qui étaient de l'autre côté de la rue
04:34et qui leur portaient préjudice.
04:36Est-ce que vous condamnez, je vous demande ça,
04:38est-ce que vous condamnez ceux qui ne se sont pas mêlés aux lycéens
04:41mais qui ont allumé des feux de poubelle
04:43et qui ont créé cette situation ?
04:45Nous, ce qui nous frappe, c'est la manière dont on a tendance
04:48à parler des mobilisations lycéennes
04:49seulement à travers la question de la violence
04:52et la question de...
04:53Il y aurait des gens qui foutent le bordel.
04:55Aujourd'hui, on le voit, c'est la police qui...
04:57Désolée de le dire, qui fout le bordel.
04:58Je vais être très précise parce que c'est vraiment totalement factuel.
05:01Je reprends encore cet exemple du lycée Montébélo.
05:03J'ai besoin de le dire, un étudiant à Tours
05:05qui s'est pris un tir de LBD en pleine face...
05:07Tout à fait, mais ça m'intéresse aussi de voir physiquement
05:09la géographie des luttes.
05:11Lorsque je reprends tout simplement cet exemple
05:13vraiment du lycée Montébélo à Lille,
05:16la police n'a en aucun cas même touché les lycéens
05:20qui le faisaient parfaitement pacifiquement.
05:23Les autres allumaient des feux de poubelle en revanche
05:25et il fallait les déloger pour pouvoir permettre aux pompiers
05:28tout simplement d'accéder au feu.
05:29On appelle les lycéens, les lycéennes, les étudiants, les étudiantes
05:32à ne pas faire appel à la violence.
05:35Évidemment, on ne donne pas de billes à nos ennemis pour nous attaquer.
05:39Par contre, ce que je dis, c'est que notre colère, elle est légitime.
05:43Le fait de bloquer des facs et des lycées, c'est légitime.
05:45Pour se faire entendre, c'est notre seul moyen.
05:47Et en face, on n'a que de la violence de la part de l'État,
05:50de la part de la police, qui ne sait pas réagir autrement
05:53que par des tirs de LBD en pleine face.
05:55Encore une fois, je précise qu'aucun tir n'avait été fait
05:57à l'encontre des lycéens qui bloquaient leurs lycéens.
05:58Hier, c'était vraiment à l'encontre de ceux qui ne se mêlaient pas
06:02d'ailleurs aux étudiants.
06:03Mais ce qui est intéressant, c'est de la manière dont on prend
06:05certains exemples qui sont pour le coup exceptionnels
06:08pour pouvoir détourner des revendications qui, elles, existent
06:12et qui sont à l'échelle de tout le pays.
06:14Les blocus, c'est plus de 400 lycées qui ont été bloqués.
06:19Aujourd'hui, c'est 20 universités qui sont bloquées.
06:22Et là, je voudrais qu'on revienne sur la question des revendications.
06:24Qu'est-ce que vous proposez, demande Emmanuel ?
06:27C'est vrai qu'objectivement,
06:28alors il y a beaucoup d'étudiants de lycéens
06:31qui trouvent des débouchés,
06:32mais c'est vrai qu'il y a un problème de justice sociale posé par...
06:34Parcoursup est une machinatrie.
06:36Alors, qu'est-ce que vous proposez, par exemple ?
06:37À la place de Parcoursup, vous proposez quoi ?
06:39Parcoursup est une machinatrie de sélection sociale et raciste,
06:56moins 8% pour Maghreb Afrique, moins 4% pour un non-juif, moins 2% pour un non-asiatique.
07:01C'est le résultat de cette étude sur les discriminations.
07:04Qu'est-ce que vous proposez à la place ?
07:05L'abrogation de ces plateformes et revenir au système qui était que la fac est ouverte à toutes et à
07:10tous,
07:11accessible, sans condition.
07:12Voilà, c'est notre vendication.
07:14Et vous serez donc dans les rues aujourd'hui et vous appelez à ces blocages.
07:18Et est-ce que les étudiants rejoignent le mouvement des lycéens ?
07:20Et on appelle également un mardi, ce mardi, 6 octobre, partout,
07:23une grande manifestation sur tout le territoire.
07:25Et on appelle toutes celles et ceux du monde syndical politique à nous rejoindre dans la rue.
07:30Le 6 octobre donc.
07:32Sabrine Carbach, merci d'être venue ce matin.
07:34Vous êtes porte-parole de l'Union étudiante, l'une des organisations étudiantes.

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