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Transcription
00:00On a eu quelques bouts de pluie depuis hier soir, mais rien de très significatif.
00:03Le mois de septembre est terminé et la pluie, la vraie pluie se fait toujours attendre.
00:07On n'a pas eu d'eau ou très peu depuis le mois d'août et tout ça pose des
00:10questions
00:11pour les semis d'automne des agriculteurs, ces semis qui conditionnent les récoltes du printemps.
00:15On en parle ce matin avec un spécialiste alors que l'État annonce des aides pour faire face.
00:19Anne-Laure Labalette, vous êtes avec le chef de production végétale annuelle
00:22à la chambre d'agriculture de Côte d'Or.
00:24Bonjour Jérémy Blas.
00:25Bonjour.
00:25Alors vous êtes le technicien spécialiste des grandes cultures, du maraîchage, des légumes
00:30et de la gestion de l'eau.
00:32Alors normalement, en ce moment, c'est la récolte du maïs, du tournesol, du colza.
00:36Mais cette année, cette récolte, elle est déjà terminée à cause du peu de rendement qu'on a eu ?
00:42Alors oui, donc là, les agriculteurs ont terminé les récoltes du maïs, soja,
00:47donc des cultures de printemps essentiellement, et du pois et du tournesol.
00:51Les colzas et les blés ont été récoltés en juillet.
00:54Et donc les rendements, donc sur les cultures d'automne qu'on récolte en juillet, colza, blé,
00:58donc les rendements ont été très impactés, avec des grosses pertes de rendement,
01:01que ce soit sur les plaines ou les plateaux, sur l'ensemble de la Côte d'Or.
01:04Très souvent divisé par deux, c'est ce que nous disaient les agriculteurs.
01:06Et les cultures de printemps qu'on récolte plutôt, donc d'habitude, en septembre ou en octobre,
01:12ont démarré plutôt en août et septembre, et sont quasiment finies,
01:15avec également aussi des grosses pertes de rendement pour les agriculteurs.
01:17Évidemment, tout ça à cause de cette sécheresse, on va en reparler.
01:20Alors ce qu'il faut expliquer aussi, c'est que les agriculteurs, ils diversifient leur culture tout au long de
01:25l'année,
01:25comme ça en fait, en cas d'aléas climatiques, ils peuvent se rattraper en quelque sorte.
01:29Si on prend un exemple, si le blé par exemple est touché,
01:32on pourra peut-être se rattraper sur la graine de moutarde.
01:35Le problème, c'est que cette année, toutes les cultures ont souffert en fait.
01:38Il n'y en a pas une qui a vraiment résisté.
01:40D'habitude, les cultures d'automne qu'on sème en automne, qu'on récolte en juillet,
01:45c'est celles qui fonctionnent le mieux ou qui a moins d'impact climatique.
01:48Et l'année 26 est marquée pour la première fois sur la Côte d'Or, donc du stress thermique,
01:52comme tout le monde a pu remarquer cette année avec les différents canicules qu'on a vécues.
01:57Habituellement, on est plutôt impacté sur des stress hydriques,
01:59manque d'eau à des périodes bien précises, qui impactent un point précis des cultures.
02:02Cette année, c'était les stress thermiques, et ça a impacté les cultures d'automne et les cultures de printemps,
02:06et fait que toutes les cultures de chaque agriculteur a un gros impact sur le rendement,
02:11et donc sur le revenu des agriculteurs, et indirectement pour les consommateurs et les citoyens,
02:15potentiellement sur l'alimentation.
02:16Évidemment, alors du coup, on parle des semis en ce moment, c'est la période,
02:20le moment où on prépare ces récoltes de printemps et d'été à venir.
02:24Alors, qu'est-ce qu'on plante, et quoi surtout ?
02:28Aujourd'hui, ils préparent les semis, les colza ont été semis au mois d'août.
02:32Là, ils vont préparer pour semis les blés, les orges, pour faire la bière,
02:35ou les blés pour faire la farine, entre autres.
02:37Et donc là, aujourd'hui, ils ont des grosses questions à se poser.
02:39Donc, les sols sont très secs, donc difficiles à travailler.
02:43Est-ce que je sème maintenant, ou est-ce que j'attends la pluie ?
02:46Surtout que si la pluie arrive, et qu'elle arrive en énorme quantité,
02:49ce n'est pas forcément bon non plus, en fait, pour le sol.
02:51Ça peut saturer ?
02:52Donc aujourd'hui, les sols, ils sont très secs.
02:55C'est-à-dire que l'eau, quand elle va arriver, pour s'infiltrer, ça va être très long.
02:58Le sol, c'est comme une éponge dans la cuisine.
03:00Ça met du temps à absorber.
03:00Ça met du temps à absorber, donc ça prendra du temps.
03:03Et donc, soit ils sèment avant, mais c'est toujours comme ça dans l'agriculture,
03:07ils se sont toujours adaptés à imaginer les choses.
03:10Et ce qui est important, c'est qu'aujourd'hui, en moyenne, en Côte d'Or,
03:13on a 600 mm d'eau.
03:17Pour comparer un 20 mm d'eau quand il y a une pluie,
03:19c'est 20 litres d'eau sur un mètre carré.
03:22Donc c'est une pluie normale.
03:23En moyenne, en Côte d'Or, on a 600 mm d'eau sur l'année civile.
03:27Statistiquement, on a toujours les 600 mm, quelles que soient les années.
03:30Mais aujourd'hui, à date, on n'est qu'à 300 mm.
03:33Je ne suis pas météorologue, ce n'est pas mon métier.
03:35Statistiquement, on est censé avoir les 300 mm jusqu'au 31 décembre.
03:39C'est-à-dire que ça sera énorme.
03:40C'est ce qu'on pourrait avoir, les phénomènes, comme dans le sud de la France.
03:43Ou alors, c'est-à-dire qu'on sera sur 2026, une année en stress thermique
03:46et une année en stress hydrique, puisqu'on aurait beaucoup moins d'eau que d'habitude.
03:50Quand ce n'est pas l'un, c'est l'autre.
03:51Est-ce que, du coup, le risque peut arriver de manquer de certains produits
03:56ou que leur prix explose ?
03:59Parce qu'on en a très peu, voire même qu'on ne puisse plus trouver que certains produits
04:04en les achetant en provenance de l'étranger.
04:06Tout à fait.
04:06Donc là, les colza ont été semés au mois d'août.
04:09On parle qu'il y aurait des retournements de partage,
04:11que les colza sont en train de souffrir, qu'ils manquent d'eau.
04:13Donc, ils ont levé, ça a fonctionné.
04:14Ils ont eu d'autres problématiques avec des insectes, on en parlera après, si vous voulez.
04:19Mais là, sur la partie stress hydrique, forcément, c'est compliqué.
04:22Donc, potentiellement, ils pourraient avoir moins de rendement de colza
04:24et moins de surface de colza.
04:26Et ça, ce n'est pas que pour la Bourgogne ou la Côte d'Or.
04:28C'est généralisé sur la France.
04:30Et donc, oui, il y aura un impact potentiel en termes de le volume France,
04:34la ferme France qu'ils peuvent fournir.
04:35Donc, soit les autres pays, c'est favorable chez eux
04:39et qu'ils peuvent compenser ce qui passe moins bien chez nous.
04:41Et si ça se passe moins bien chez eux aussi, potentiellement,
04:43donc une augmentation des prix, comme on a pu le voir quelques années passées.
04:47Très rapidement, Jérémy Blay, il nous reste 30 secondes.
04:49On parle beaucoup des cultures et de leur adaptation au changement climatique.
04:53Le blé dur, par exemple, qui sert à fabriquer les pâtes,
04:56c'est encore très incertain, les tests qui sont faits, les expérimentations.
04:59Donc, le blé dur, c'est une culture du Sud.
05:01Ça fonctionne très bien.
05:02C'est pour faire de la farine.
05:04Donc, potentiellement, on dit souvent qu'on pourrait adapter
05:07et faire des nouvelles cultures en Côte d'Or.
05:09Le blé dur, on est un exemple concret.
05:10Ça pourrait marcher.
05:11Ça pourrait marcher, mais pas tous les années.
05:13Parce qu'il y a des années où il y a de l'eau.
05:14Et s'il y a de l'eau, le blé dur, il sera déclassé.
05:16Forcément.
05:16Et donc, l'industriel, lui, il est intéressé pour avoir des cultures
05:19qui fonctionnent et qu'il les aura tout le temps.
05:21Merci beaucoup, Jérémy Blay, d'avoir été avec nous ce matin.
05:24Merci pour ces explications.
05:25On rappelle que vous êtes chef de production végétale annuelle
05:27à la Chambre d'agriculture de Côte d'Or.
05:30Belle journée à vous. Merci.
05:31Merci à vous aussi.
05:32Merci.
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