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What's the real judicial future for young people caught up in recent protests? This investigation dives into the legal consequences faced by young adults, often without prior criminal records, who were arrested during student and anti-cost-of-living demonstrations.

We explore the shift towards stricter legal proceedings, including increased use of detention and immediate court appearances, even for minor offenses. Attorney Jean-Baptiste Gavigné discusses how these measures, potentially influenced by political directives rather than purely legal criteria, impact the lives of these young individuals.

Discover how these legal entanglements can cast a long shadow over their futures, affecting everything from career prospects in public service to employment opportunities and even academic disciplinary actions. Understand the broader implications of a justice system that appears to be tightening its grip.

#JusticeSystème #ProtestLaw #JeunesseEnColère

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Transcription
00:01Ici Bourgogne, pour bien commencer la journée, ici Matin.
00:07Quelle suite judiciaire pour les jeunes interpellés lors des mobilisations lycéennes ou des manifestations contre la vie chère.
00:13Il y a eu des gardes à vue, des condamnations, des peines parfois lourdes, tout ça pour des jeunes majeurs,
00:18souvent sans casier judiciaire.
00:20Alors quel avenir pour eux et après tout ça.
00:22On en parle ce matin avec Anne-Laure Labalette, avec votre invité, il est avocat à Dijon et représente souvent
00:27ces jeunes.
00:28Bonjour Maître Jean-Baptiste Gavigné.
00:30Bonjour.
00:30Merci d'être avec nous.
00:31Alors aucune interpellation, dimanche ce samedi 31 octobre.
00:34En revanche, 11 personnes arrêtées il y a deux semaines.
00:37Des jeunes, on le disait, qui ont environ la vingtaine, qui n'ont pas de casier judiciaire, ils sont passés
00:41devant la justice.
00:43L'un d'eux a même été condamné à trois mois de prison avec sursis.
00:46Est-ce que vous avez d'autres exemples comme ça assez marquants ? Il faut bien le dire.
00:50Dans la manière dont on a poursuivi ces jeunes, effectivement on est dans une procédure un petit peu particulière actuellement.
00:58Puisqu'il n'est pas forcément d'usage quand il y a une interpellation, qu'on ait systématiquement des procédures
01:03de comparution immédiate,
01:04ou qu'on ait systématiquement un recours au garde à vue lorsque les personnes sont libres.
01:11Aujourd'hui, on a par principe, quelle que soit l'hypothèse, garde à vue, demande de placement en détention de
01:19la part du parquet,
01:20et par la suite, comparution immédiate.
01:22Comment on doit interpréter ça ? Parce qu'à la base, il n'y a pas de casier judiciaire, ce
01:26ne sont pas de grands grands délinquants.
01:28Alors, d'abord une garde à vue, tout comme les critères d'une comparution immédiate, ce sont des critères de
01:33droit.
01:34Normalement, toute personne ne devrait pas nécessairement être placée en garde à vue,
01:37on ne devrait pas demander systématiquement le placement en détention à un juge des libertés de la détention.
01:43Il devrait y avoir des auditions libres, tout simplement, en fait, pour commencer.
01:46C'est souvent comme ça que ça se passe.
01:47On pourrait avoir des auditions libres si les personnes n'ont pas été interpellées.
01:50Quand on a été interpellé, effectivement, le régime habituel, c'est la garde à vue.
01:53Mais il y a quelques jours, j'ai assisté, c'est un professeur, qui lui est entendu librement,
01:59et on lui avait annoncé, là, place du quai, une audition libre.
02:03Et puis finalement, le policier nous a rappelé quelques heures avant l'audition,
02:06pour nous dire que ce serait une garde à vue.
02:09Comme il faut des critères de droit pour un placement en garde à vue,
02:11je m'en suis un peu étonné.
02:13Et on m'a expliqué que c'était les consignes qui venaient du ministère.
02:16Alors voilà, c'est-à-dire que le ministre de la Justice, Gérald Darmanin,
02:20a donné pour consigne, pour ordre au procureur, on va se le dire clairement, de serrer la vis.
02:25De serrer la vis, mais ce qui peut choquer un avocat,
02:29et ce qui devrait choquer tout citoyen,
02:30c'est qu'un placement en garde à vue, à partir du moment où ça répond à des critères de
02:34droit,
02:34c'est un outil judiciaire, c'est pas un outil politique.
02:38Donc il n'appartient pas au ministre de dire ce qu'il faut faire,
02:41il faut examiner au cas par cas si c'est nécessaire ou non.
02:43Et ce qui interpelle, c'est le recours à un outil politique.
02:47Et très clairement, vous en tant qu'avocat, vous vous rendez compte
02:49que les réquisitions sont plus lourdes, plus dures qu'habituellement ?
02:54Effectivement, sur les tout derniers dossiers,
02:56celui que vous évoquiez, où il y a eu trois mois d'emprisonnement exurci,
03:00en amont, le parquet avait demandé un placement en détention,
03:03le juge des libertés de la détention l'a refusé,
03:06et puis par la suite, le parquet a requis de l'emprisonnement ferme,
03:10tout cela pour aboutir sur une jurisprudence assez classique,
03:14il faut bien le dire, à trois mois d'emprisonnement exurci.
03:16Donc on voit tout le décalage qu'il y a entre la mise en œuvre d'une procédure exceptionnelle
03:20qui tend à obtenir le placement en détention en maison d'arrêt,
03:23et puis le résultat par rapport à ce qui est pratiqué habituellement par les juridictions.
03:27Alors il y a cette répression judiciaire, ces peines de prison avec sursis,
03:32parfois même, on retire les droits civiques.
03:36Est-ce que c'est une façon un peu de museler ces manifestants,
03:40de leur dire, vous ne pouvez plus dire ce que vous pensez du gouvernement en France, aujourd'hui ?
03:44Il y a deux manières d'appréhender cela.
03:47D'abord, c'est une peine complémentaire qui peut être prononcée,
03:50il n'y a rien d'extraordinaire sur le principe.
03:53Maintenant, le fait que l'on requiert cette peine, dans des hypothèses où ça ne l'était pas habituellement,
03:57forcément, ça crée une perception très particulière.
04:00Puisqu'on a le sentiment, à nouveau, que l'on dérive sur une réponse politique
04:04pour dire à des gens opposés au gouvernement,
04:06vous ne pourrez plus voter.
04:08En tout cas, c'est la perception que ça donne.
04:10Maître Gavigné, vous défendez pas mal de ces jeunes manifestants.
04:14Vous nous le disiez, c'est difficile de vivre ces situations,
04:18surtout quand on n'a pas de casier judiciaire.
04:20Est-ce que, aussi, pour ces jeunes, ces lycéens, ces étudiants,
04:23ça peut avoir des conséquences sur leur avenir ?
04:25Ah, ça peut avoir des conséquences parfois lourdes.
04:27D'abord, si vous avez un casier judiciaire,
04:29ça vous ferme sur le principe l'accès à un certain nombre de concours,
04:34notamment dans la fonction publique.
04:36Donc, ça suppose, sinon, par la suite, de vider le casier judiciaire,
04:39de demander l'exemption ou l'inscription au bulletin numéro 2 de la condamnation.
04:44Parfois, ça a des conséquences même disciplinaires,
04:46au niveau des établissements, j'en ai aussi.
04:49Donc, oui, c'est pas neutre du tout.
04:51Parce qu'ils ont des jobs étudiants, parfois, ils peuvent peut-être les perdre,
04:53quand on sait qu'ils ont eu des ennuis avec la justice.
04:55C'est pas très vendeur pour un employeur, de façon générale.
04:58Donc, c'est pas, en soi, un motif de rupture du contrat de travail.
05:01Et encore, ça dépend des circonstances.
05:03Si vous êtes agent de sécurité, c'est terminé.
05:06Merci beaucoup, Maître Jean-Baptiste Gavigné,
05:08d'être venu ce matin sur l'antenne d'ici Bourgogne.
05:11Une très belle journée à vous.
05:11On rappelle que vous êtes avocat au bord de Dijon.
05:13Merci beaucoup.

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