- il y a 4 jours
Aujourd'hui, dans les "4V", Francis Letellier revient sur les questions qui font l'actualité avec Aurore Bergé, ministre chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations.
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00:01Bonjour Maïa, bonjour à tous et bienvenue dans les cas de vérité.
00:04Mon invité aujourd'hui est Aurore Berger, ministre de l'Égalité,
00:06femme, homme et chargée de la lutte contre les discriminations.
00:08Bonjour Aurore Berger.
00:10On va commencer par la nouvelle journée de mobilisation dans les lycées et dans les universités.
00:13Nouveaux appels à blocage, en particulier en Seine-Saint-Denis où ça a commencé,
00:16où c'est le plus tendu et les lycéens demandent plus de profs.
00:20On sait qu'il y a plus d'absentéisme de profs dans ce département.
00:23Diriez-vous que la Seine-Saint-Denis, aujourd'hui,
00:25on peut considérer que c'est un territoire oublié de la République ?
00:27Non, évidemment, parce qu'il n'y a aucun territoire qui soit oublié dans la République française.
00:31Il y a des professeurs qui sont extrêmement engagés et mobilisés.
00:35Mais la mobilisation, elle conduit à quoi ?
00:36Elle conduit à empêcher nos enfants d'étudier.
00:38Elle est conduite aussi à prendre des risques,
00:40parce que du fait de l'appel de la France insoumise
00:42et une forme d'embrasement généralisé dans les lycées, qu'est-ce qui se passe ?
00:45On met à la fois des cibles dans le dos de nos enfants,
00:47puisqu'on leur fait prendre des risques.
00:48Jean-Luc Mélenchon a appelé, une forme d'insurrection,
00:51et on met des cibles dans le dos des policiers et des gendarmes
00:54de manière assez dangereuse.
00:55Selon une enquête réalisée par le département de Seine-Saint-Denis,
00:58trois quarts des jeunes du département disent avoir subi des discriminations,
01:01le racisme en premier lieu.
01:03Avez-vous envie, vous, ministre ?
01:04Je ne crois pas que qui que ce soit ait dit que les enseignants avaient fait des actes.
01:09Ce n'est pas les enseignants, je parle de la discrimination en général de la Seine-Saint-Denis.
01:11Oui, mais là, on parle d'une mobilisation dans les lycées.
01:12Non, non, j'extrapole justement.
01:14En disant, trois quarts des jeunes de Seine-Saint-Denis disent
01:16qu'ils ont été victimes par ailleurs de discriminations, dont le racisme en premier lieu.
01:19Vous êtes ministre de la lutte contre les discriminations.
01:21Est-ce que vous êtes leur défenseuse ?
01:23Mais moi, je ne nie pas que malheureusement, dans notre pays,
01:26persiste du racisme ou de l'antisémitisme.
01:27Et en Seine-Saint-Denis, en particulier ?
01:28Je ne nie pas que persistent dans notre pays des discriminations liées à l'origine,
01:31Et en Seine-Saint-Denis en particulier, peut-être ?
01:33Mais partout dans notre pays, parce que malheureusement,
01:36il y a encore des discriminations qui persistent
01:37et contre lesquelles il faut évidemment lutter.
01:39Mais c'est la raison pour laquelle il ne faut pas mélanger les sujets.
01:43Et encore une fois, appeler à un embrasement de nos lycées
01:45à peine par d'insurrection,
01:47c'est juste empêcher nos enfants d'étudier,
01:50empêcher nos enfants de s'élanciter,
01:51empêcher nos enfants de se grandir.
01:52Ce ressentiment contre les discriminations
01:54qui s'ajoutent à la mobilisation sociale,
01:56vous vous dites qu'il faut distinguer ?
01:57Mais je pense qu'il n'y a aucun rapport.
01:59Au contraire, on s'élève par l'école,
02:01on s'élève par l'éducation,
02:02on s'insère par le travail.
02:04Et donc, empêcher d'étudier,
02:06empêcher d'apprendre,
02:06en plus les mettre dans des situations dangereuses,
02:10risquer, regarder les images que l'on voit
02:12d'incendies, de départs de feu.
02:14C'est un risque pour nos enfants,
02:16pour nos adolescents et les filles
02:17et responsables de cela.
02:19Et c'est un risque insupportable
02:20pour nos policiers et nos gendarmes
02:21qui sont pris à partie.
02:22Aujourd'hui, débute à l'Assemblée nationale
02:24le débat sur la loi intégrale
02:25contre l'évidence sexiste et sexuelle
02:27que vous portez.
02:28C'est aujourd'hui que ça commence,
02:29c'est l'heure de vérité,
02:30c'est le moment de le dire.
02:31La gauche pose une condition,
02:32c'est l'argent.
02:33Les associations disent aussi
02:34qu'il faut 3 milliards par an
02:35pour que ça marche.
02:36Est-ce que vous vous y engagez ?
02:37Est-ce qu'il y aura 3 milliards sur la table ?
02:38On a dit une chose simple,
02:40je crois,
02:41qui doit être entendue de tous
02:42avec le Premier ministre,
02:43c'est que les moyens
02:44ne seront jamais un obstacle.
02:46Et qu'à la fin des débats,
02:47une fois que le texte aura été adopté
02:50à l'Assemblée nationale,
02:51je l'espère, à l'unanimité,
02:53et au Sénat,
02:54je l'espère aussi à l'unanimité,
02:55je présenterai au nom du gouvernement
02:57un amendement dit de programmation
02:58pour dire année après année
03:00les moyens qui doivent être mis
03:02en face de la loi
03:03qui aura été adoptée et votée.
03:05Alors clairement...
03:06Et nous avons déjà pris
03:07des engagements,
03:08engagement d'augmenter les moyens
03:09d'évoluer aux associations,
03:11c'est-à-dire le budget de mon ministère
03:12va continuer à augmenter
03:13et augmenter les moyens humains,
03:15notamment du ministère de la Justice
03:17ou du ministère de l'Intérieur,
03:18parce qu'on a besoin de magistrats,
03:20on a besoin d'enquêteurs
03:21pour garantir que justement
03:22les plaintes puissent être enregistrées
03:24et les victimes accompagnées.
03:25Ça tourne quand même autour de 3 milliards.
03:27Concrètement, est-ce que ce sera 3 milliards ?
03:28Mais concrètement, je vous le dirais,
03:30à l'issue de l'examen de la loi...
03:31C'est pas encore sûr.
03:32Parce que moi, j'ai besoin...
03:33C'est pas gravé dans le marbre,
03:33les 3 milliards.
03:34En fait, ce qui est gravé dans le marbre,
03:35c'est que depuis 10 ans,
03:36beaucoup a été fait
03:37et qu'aujourd'hui, en 2026,
03:39on aura dépensé 1,5 milliard
03:41pour la lutte contre les violences faites aux femmes
03:43et 2,6 milliards
03:45pour la protection de nos enfants.
03:46Et on a pris l'engagement
03:47d'augmenter ces moyens.
03:49Et on a dit dès maintenant
03:50qu'on allait augmenter les moyens humains
03:56sera définitivement adoptés.
03:58Moi, je sais dire,
03:58une fois que chaque disposition est adoptée,
04:01voilà ce que ça suppose,
04:03ministère par ministère,
04:04d'engagement et de moyens supplémentaires.
04:06Mais les moyens augmenteront.
04:07À condition, comme vous disiez,
04:08qu'elles soient adoptées.
04:09Or, vous risquez d'avoir des débats tendus.
04:10Il y a une foule d'amendements,
04:12comme par exemple,
04:13certains qui demandent
04:14qu'on supprime le mot féminicide de la loi,
04:16donc il n'y a plus de loi,
04:16le mot sexiste,
04:17certains qui veulent introduire le francocide.
04:20Vous attendez-vous...
04:21Le masculinicide,
04:22découvert aussi par des amendements.
04:24Vous attendez-vous à une bataille terrible ?
04:27J'espère pas,
04:28parce que je crois que les Français,
04:29après le procès de Mazan,
04:31après le procès de Le Squarnec,
04:32après l'assassinat de la Tupiana,
04:34après le stand-up du périscolaire,
04:36je crois que tous les parents
04:37dans notre pays sont inquiets.
04:39Je pense que les Français sont inquiets.
04:41Vous allez avoir des débats tendus.
04:42Mais je ne l'espère pas, sincèrement.
04:43Vous n'espérez pas,
04:44mais c'est ce qui va se passer, non ?
04:45Mais sincèrement, je ne l'espère pas
04:47et je ne le pense pas.
04:48Pourquoi ?
04:48Parce que je pense que ceux
04:49qui créeraient des débats sous tension
04:51dans cet hémicycle,
04:52à partir de cet après-midi,
04:53de l'extrême droite d'un côté
04:55à l'extrême gauche-aute,
04:55je pense qu'ils seraient
04:56en décalage profond
04:57avec ce que nous disent les Français
04:59qui attendent du rassemblement
05:00et pas de la fracturation supplémentaire,
05:02qui attendent une loi adoptée,
05:03qui attendent une loi efficace,
05:05qui attendent qu'on lutte
05:06avec encore plus d'engagement
05:07sur la question des violences sexuelles
05:09commises sur nos enfants
05:11et commises sur les femmes aujourd'hui.
05:12Raison pour laquelle, non,
05:13on ne supprime pas un mot,
05:15on ne supprime pas le mot femme,
05:16féminicide ou sexiste,
05:17parce que ces violences,
05:18malheureusement,
05:19elles s'exercent d'abord
05:20à l'encontre des femmes.
05:20Aujourd'hui, se met en place
05:21dans les pharmacies
05:22le remboursement d'une mesure
05:23que vous avez portée,
05:24des protections périodiques
05:27réutilisables
05:27sous condition de ressources.
05:28Les pharmaciens sont vent debout
05:30en disant que rien n'est prêt,
05:31la qualité des produits,
05:32on ne sait pas ce que c'est.
05:33Est-ce que vous estimez
05:34qu'il y a une impréparation ?
05:35Mais déjà, il y a une bonne nouvelle,
05:37quand même.
05:37Il y a 6,7 millions de femmes
05:39qui vont pouvoir bénéficier
05:41de serviettes périodiques réutilisables
05:43à condition que les pharmaciens
05:44aient tout ce qu'ils font.
05:45Pour tous les moins de 26 ans
05:46et pour ceux qui, en effet,
05:47sont faits sous condition de ressources.
05:48Mais c'est quand même
05:48une bonne nouvelle.
05:49Oui, mais les pharmaciens disent
05:50que ça ne marche pas.
05:51Non, mais attendez.
05:51C'est le premier jour de mise en place.
05:53Vous savez quoi ?
05:54On va démarrer,
05:55on va évaluer
05:56et on va faire en sorte
05:56que ça marche.
05:57Mais on ne va pas considérer
05:58avant même qu'il y ait
05:59une seule femme
06:00qui se soit rendue dans une pharmacie
06:01parce qu'à cette heure-là,
06:01elles ne sont peut-être
06:02pas toutes ouvertes,
06:03que forcément,
06:03ça va mal se passer.
06:04Les pharmaciens disent
06:05que les produits
06:05qui sont arrivés
06:06ne sont pas forcément
06:07de bonne qualité.
06:08On a fait une liste de produits
06:10pour garantir évidemment
06:11à la fois un prix plafond,
06:13ce qui paraît légitime,
06:14et aussi des conditions
06:15environnementales
06:16qui soient extrêmement exigeantes.
06:18Donc il n'y a pas de bonne qualité
06:18sur les produits ?
06:19Non, au contraire,
06:20il y a une exigence de qualité
06:21et il y a 6,7 millions de femmes
06:23qui nous entendent,
06:24qui nous écoutent
06:24et qui vont pouvoir enfin
06:26être remboursées
06:27sur un produit
06:27qui est nécessaire,
06:29qui est un produit
06:29de première nécessité
06:30et qui coûte très cher
06:31tout au long de la vie
06:32d'une femme.
06:32Une dernière chose,
06:33vous avez été
06:34la première ministre
06:35à réagir
06:36après les réalisations
06:37de Mediapart
06:37sur les propos attribués
06:39à Jordan Bardella,
06:40propos antisémites,
06:41vous avez déclaré
06:42que c'était inadmissible.
06:43Qu'est-ce que vous en tirez
06:44comme conclusion politique maintenant ?
06:46Est-ce que vous estimez
06:46que le RN n'est plus
06:48un parti comme un autre ?
06:49Mais je crois
06:50qu'il ne l'a jamais été.
06:52En fait, ce qui m'étonne,
06:53c'est qu'on soit étonné.
06:54Qui peut s'étonner en fait
06:55que le président
06:56d'un parti politique
06:57d'extrême droite
06:58ait pu éventuellement
07:00tenir des propos
07:01qui seraient antisémites ?
07:02C'est quand même fou
07:02qu'on en vienne en 2026
07:04à s'étonner
07:05que le dirigeant
07:06d'un parti d'extrême droite
07:07qui a été biberonné
07:09à Alain Soral
07:10et le dit lui-même d'ailleurs
07:11ait pu, puisqu'il le dément,
07:13donc on verra
07:13ce que dira la justice,
07:15ait pu écrire
07:16ses propos antisémites.
07:17Je vous repose ma question.
07:18Est-ce que ça veut dire
07:19que ça pose la question
07:20même de l'existence
07:21du RN ?
07:22Non, ça pose la question
07:22du combat.
07:24Ça veut dire que nous ne voulons pas...
07:25Il ne s'agit pas d'interdire
07:25le RN ?
07:26Ça veut dire qu'il faut
07:26qu'on combatte.
07:27Il ne s'agit pas d'interdire
07:27le RN ?
07:28Ça veut dire qu'il faut
07:28que chacun ouvre les yeux
07:30sur deux dangers mortifères
07:32pour ce pays
07:32que sont et l'extrême droite
07:34du RN
07:35et l'extrême gauche
07:36de la France insoumise.
07:36Je vous repose la question
07:37sur le RN.
07:38Et ça veut dire qu'il y a donc...
07:38Ça veut dire que nous avons
07:40la responsabilité
07:41de créer une alternative
07:41pour que les Français
07:42n'aient pas comme seul choix.
07:43Je vous repose la question
07:43sur le RN.
07:44Mais ma réponse,
07:45elle est très claire.
07:45Non.
07:46Est-ce que ça veut dire
07:46que ça pose la question
07:48de la présence
07:49du RN dans, par exemple,
07:51à l'Assemblée nationale
07:52ou dans le paysage politique ?
07:54Le RN est un parti politique
07:57qui est autorisé à exister.
07:59Mais nous, nous avons
08:00le devoir de le combattre.
08:01Nous avons le devoir
08:02de créer une alternative.
08:04Nous avons le devoir
08:04de ne pas laisser comme seul choix
08:06aux Français
08:06un choix mortifère
08:08entre le RN et la France insoumise
08:09dans quelques mois
08:10à l'élection présidentielle.
08:11Et ces révélations,
08:12si elles venaient à être avérées,
08:14puisqu'il les dément encore une fois,
08:16démontreraient que,
08:17tout simplement,
08:18le RN est intrinsèquement antisémite.
08:20Vous avez un parti passionnément antisémite
08:22qui est la France insoumise
08:23et un autre qui l'est intrinsèquement
08:24avec le RN.
08:26Merci Aurore Berger
08:27d'avoir été sur notre plateau
08:28des cas de vérité
08:28où vous annoncez
08:29que dans les pharmacies,
08:30tout était prêt
08:30pour le remboursement
08:32des protections périodiques.
08:34À vous, Maya.