00:04J'ai abusé un peu, je disais que c'était un peu notre envoyé spécial aux assises de l'affaire.
00:08Enfin bon, globalement vous y étiez, vous avez pris des notes et on est entre deux.
00:13Il y a eu les assises de l'affaire, il y a la composition du prochain budget.
00:17Au milieu de tout ça, énormément de dynamique, énormément de pistes, de directions que vont prendre les pouvoirs publics
00:24pour s'occuper de notre épargne, de notre retraite, etc.
00:29En un mot, quel est votre sentiment là, en ce moment, alors que se préparent quand même beaucoup de choses
00:34et qu'il va falloir être attentif à la fois pour continuer à faire fructifier son patrimoine, sa retraite, son
00:39capital, etc.
00:40Puis en même temps, essayer de le protéger au maximum.
00:43Bonjour Antoine, bonjour Antoine.
00:44Bonjour, déjà bonjour.
00:45Merci beaucoup de votre invitation.
00:46Avec plaisir.
00:47Donc hier, effectivement, j'ai suivi les assises de l'affaire et j'en suis ressorti plutôt optimiste.
00:52Ah ben oui, alors ça c'est un message déjà.
00:54Oui, quasiment tous les candidats sont allés dans le même sens.
00:58Même le candidat qui a représenté la gauche, Jérôme Gage, qui a été le seul à faire le déplacement.
01:03Et je suis aussi très optimiste pour le budget.
01:06Car là aussi, ils ont tous convenu que les prélèvements obligatoires étaient déjà leur maximum.
01:12Ils ne veulent pas l'augmenter, voire peut-être même baisser les taux de prélèvements obligatoires.
01:17Ce qui veut dire quoi ?
01:18Ça veut dire qu'il va falloir faire des réductions dans les dépenses.
01:21Et donc, du bloc central au rassemblement national, représenté par Jean-Philippe Tanguy, en passant par les Républicains,
01:28tous ont dit la même chose.
01:29Donc je ne vois pas pourquoi nous n'aurions d'ailleurs pas de budget d'ici à la fin de
01:32l'année.
01:32Oui, d'ailleurs on peut, sans pour autant présager des intentions, mais que les absents ayant toujours tort,
01:38mais que l'extrême gauche ne sera pas contre reconnaître le fait qu'on arrive à un taux de prélèvement.
01:45Alors là je parle pour la petite épargne, pour les petites retraites, etc.
01:49Les gros héritages et tout, ils en font un cas d'espèce,
01:52et qui de fait est quelque chose d'un petit peu isolé par rapport à la problématique.
01:56Mais enfin, tout ça est encourageant du point de vue de l'unanimisme, on va dire, de la classe politique
02:02à ce niveau-là.
02:03Ce n'était pas donné.
02:05Ce n'était pas donné.
02:06Hier justement, on a parlé d'héritage, on a parlé de retraite par capitalisation,
02:10et justement sur les retraites, il y a aussi un consensus qui se fait,
02:14c'est-à-dire qu'ils reconnaissent toutes et tous qu'il y a une forme de pyramide de Ponzi,
02:17sur la retraite par répartition, en ce sens qu'auparavant il y avait 4 actifs pour un retraité,
02:23et aujourd'hui c'est environ 1,5 actifs pour un retraité.
02:27Donc ce système ne peut plus fonctionner seul,
02:29et il propose tous justement d'adjoindre une forme de retraite par capitalisation.
02:33Ils ne sont pas forcément d'accord sur les moyens de la mise en œuvre.
02:37Est-ce que ça va être une capitalisation obligatoire, organisée au niveau de l'entreprise et de l'État ?
02:44Ou alors est-ce qu'ils vont pousser un peu plus pour une capitalisation plus individuelle ?
02:48Ce que font déjà beaucoup de gens, à travers l'assurance-vie,
02:51à travers le plan épargne retraite individuelle,
02:54ce que font aussi déjà beaucoup d'entreprises,
02:56avec les plans épargne entreprise, les plans épargne retraite collectif,
03:00et puis ce que font aussi les particuliers lorsqu'ils investissent dans la pierre,
03:04ils anticipent pour préparer des rentres complémentaires.
03:07J'allais même rajouter ce que font beaucoup également d'agents de la fonction publique.
03:12Eux, ils ont un système de retraite par capitalisation qui marche très très bien d'ailleurs,
03:16et tant mieux pour eux, la pré-fonds, etc.
03:19En plus, c'est des cadors, ils savent très très bien placer l'argent,
03:21et généralement c'est très performant.
03:23Absolument.
03:24Là aussi, il y a un changement de culture,
03:26j'allais dire du côté gauche de l'échiquier politique,
03:29c'est que du côté du Parti socialiste en tout cas,
03:33les autres, bon là à mon avis, il y aura un problème justement culturel,
03:37mais la capitalisation, ce n'est plus un mot tabou,
03:40et puis on a bien conscience, et c'est important ce que vous dites,
03:45on a pris conscience que la capitalisation devait épauler,
03:49devait fonctionner de concert avec la retraite par répartition,
03:53déjà pour soulager un système qui ne va plus nulle part,
03:56si on est d'accord, mais en plus pour le rendre plus performant,
03:59avec d'un côté des revenus récurrents,
04:00et puis de l'autre côté la performance de support de marché
04:05qui peuvent être intéressants sur le très très long terme.
04:08Absolument.
04:08Ils sont tous pour cette retraite par capitalisation,
04:11et d'ailleurs M. Gage a rappelé un mécanisme qui avait été mis en place
04:14au moment du gouvernement Jospin, justement pour les fonds de retraite,
04:18qui devaient monter en gamme jusqu'en 2030 à environ 150 milliards,
04:22et ces fonds auraient été pris justement au moment de la crise des subprimes,
04:26et vous l'avez aussi très bien dit,
04:28les fonctionnaires ont déjà un système de retraite par capitalisation.
04:31Et les Françaises et les Français,
04:33puisque je suis conseiller en gestion de patrimoine,
04:34et je vois des centaines de profils par an,
04:37ont pleinement conscience qu'ils auront à l'avenir
04:39moins de retraite par répartition qu'ont aujourd'hui leurs parents,
04:43leurs grands-parents.
04:44On a l'impression que c'est acté,
04:45que maintenant il n'y a plus de faux semblants à base de « mais non ! »
04:49Non, il faut trouver une solution à ce niveau-là,
04:51et tout le monde est d'accord, là, pour le coup.
04:52Tout le monde est d'accord.
04:54Malheureusement, et on l'a vu l'année dernière avec le budget 2026,
04:56l'État essaye encore d'aller chercher finalement un peu plus de retraite.
05:00Donc contrairement aux bonnes paroles,
05:02plus de recettes, pardon,
05:04aller chercher plus d'impôts,
05:05on l'a vu avec la hausse des prélèvements sociaux,
05:07applicable sur les PER,
05:08peut-être d'ailleurs aussi demain sur l'assurance-vie,
05:11qui n'est pas concernée.
05:13Et les Françaises et les Français,
05:14justement, en ont marre de cette instabilité fiscale.
05:17Et avec des règles qui peuvent changer en permanence,
05:20que ce soit sur le LMNP,
05:22les locations saisonnières,
05:23qui l'année dernière ont déjà été beaucoup touchées.
05:25Et là, j'entends dire,
05:26on va voir avec la présentation du budget,
05:28que le gouvernement souhaite de nouveau raboter
05:31les différents abattements qui sont possibles.
05:35Pour moi, ça ne va pas dans le bon sens, justement,
05:37parce qu'on va freiner de plus en plus l'investissement.
05:39Et il y a de nombreux freins,
05:40là aussi, les candidats sont d'accord,
05:42qu'il faut faire sauter.
05:43Ils n'ont pas mentionné hier l'IFI,
05:45l'impôt sur la fortune immobilière.
05:47Mais je le vois, moi,
05:48en faisant des bilans patrimoniaux avec des clients,
05:50des gens qui me disent,
05:51Florian, je veux plus de rentes complémentaires.
05:53Très bien, on va faire de l'immobilier.
05:55Ah non, pas d'immobilier,
05:56parce qu'autrement, je vais être assujetti à l'IFI.
05:58Donc, on freine des gens qui pourraient
06:00investir, justement, encore plus dans le logement.
06:02Et aujourd'hui, c'est en lien avec tous les sujets sociaux,
06:05car il y a une crise du logement.
06:07Mais on empêche, justement, des gens de le faire.
06:10Disons que là, en plus,
06:11il y a quelque chose qui doit intéresser
06:13aussi les candidats à la présidentielle,
06:15l'ensemble des pouvoirs publics.
06:16Et vous dites,
06:17oui, on nous empêche d'investir correctement
06:21dans l'immobilier.
06:22Maintenant, il y a une situation sur les taux,
06:24là, en ce moment,
06:24qui fait que le paradigme
06:26est complètement en train de changer.
06:28Et on parle beaucoup fléchage de l'épargne,
06:32les petites entreprises dynamiques, etc.
06:34Il y a un autre truc qui nous pose
06:35vaguement problème en ce moment,
06:36c'est notre dette.
06:39Et les rendements obligataires,
06:41en ce moment, ça devient sacrément intéressant.
06:43Est-ce que, justement,
06:43il n'y a pas quelque chose
06:45qui est en train d'infuser là-dedans,
06:47en train d'essaimer, en disant
06:49« Et si on ne s'occupait pas, nous,
06:51de notre propre dette,
06:52à l'image de ce que font les Japonais,
06:54de ce que font les Italiens, etc. ? »
06:57avoir une culture de la dette domestique ?
06:59Absolument.
06:59C'était le troisième pilier, justement,
07:01de ces rendez-vous,
07:02où il y avait une question sur
07:04« Voulez-vous mobiliser l'épargne
07:05des Françaises et des Français
07:07pour, justement, payer la dette ? »
07:09La réponse, elle a été non.
07:10Ne vous inquiétez pas.
07:11On n'ira pas chercher les 6 500 milliards.
07:13Si on présente le truc comme ça,
07:15c'est que si on leur montre les taux...
07:17Il y a des gens qui ont présenté
07:19les choses comme ça
07:19au cours des dernières semaines,
07:21avec un écho très important.
07:23Les taux, aujourd'hui,
07:23on est autour de 4,8%
07:25pour l'OAT à 10 ans.
07:27Ça veut dire quoi ?
07:27Ça veut dire que les banques commerciales,
07:29ensuite, lorsqu'elles veulent prêter
07:30à des particuliers
07:32ou à des entreprises,
07:33elles regardent le taux sans risque,
07:35qui est le taux de l'État,
07:36et donc elles vont augmenter les taux.
07:37Et c'est pour ça que l'année dernière,
07:38j'étais très en colère
07:39lorsque le gouvernement a décidé
07:42de freiner la réforme des retraites,
07:45voter seulement quelques années plus tôt,
07:47pour justement faire passer le budget
07:49en ramenant quelques députés
07:51qui voulaient absolument stopper
07:52la réforme des retraites.
07:53Mais cela a un effet très direct
07:55sur la classe moyenne
07:56et sur les plus pauvres
07:58qui, aujourd'hui,
07:58ne peuvent pas justement
07:59faire d'emprunt
08:00parce que les banques
08:01ferment le robinet.
08:02Et ce sont ces électeurs
08:04que, justement,
08:05les mêmes députés
08:06essayent de séduire.
08:07C'est le serpent
08:07qui se prend la queue, là.
08:08Oui, exactement.
08:09Et donc, sur la dette,
08:10ils ont tous été d'accord,
08:11là aussi,
08:12pour diminuer les dépenses.
08:14On ne sait pas
08:15dans quelles dépenses
08:16ils vont aller toucher,
08:17mais il va falloir sérieusement
08:19aller toucher dans les dépenses.
08:20Et je vais finir par un point.
08:22Surtout, ne pas toucher
08:23aux retraités.
08:24J'entends parler
08:25du gel des pensions
08:26ou alors de la désindexation.
08:28Il ne faut vraiment pas
08:29y toucher
08:30parce que ce sont
08:30les retraités, aujourd'hui,
08:31qui aident les enfants,
08:33qui aident les petits-enfants,
08:34qui les lochent, parfois.
08:35On le voit autour de Paris.
08:36Il n'y a plus de logement disponible.
08:37Ce sont les retraités
08:38qui prend chez eux
08:38les petits-enfants
08:39et les parents.
08:40Et donc,
08:41si vous leur enlevez
08:41quelques dizaines d'euros par mois,
08:43vous allez appauvrir
08:44tout un système familial.
08:47Merci beaucoup
08:47pour toutes ces réflexions
08:49très instructives.
08:50C'est une animité politique
08:52à travers certains sujets
08:53patrimoniaux,
08:54épargne et retraite.
08:55Et ce n'est pas souvent.
08:56On le souligne.
08:57C'est grâce à vous,
08:58Florian Dussoulier
08:59de Portet.fr.
09:00Merci d'avoir été avec nous
09:01pour détailler
09:02ces pistes
09:03qui ont eu lieu
09:04lors des assises
09:04de l'affaire.
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