00:00Exemple, gilet jaune.
00:01Vous avez un mouvement de travailleurs pauvres
00:04qui travaillent toute la semaine
00:07et qui occupent des ronds-points le week-end.
00:10Qui n'est pas entendu, qui n'est pas écouté,
00:12et on attend que ça dégénère à l'arc de triomphe.
00:15Pour que tout d'un coup, l'État lâche tout.
00:17Ce qui est à la fois le pire exemple,
00:20un moyen d'éteindre l'incendie, mais le pire exemple.
00:21Sauf que là, il ne peut rien lâcher.
00:23Parce qu'il n'y a plus d'argent.
00:24Donc on s'est habitué au fait que c'est par la violence
00:26qu'on obtient tout.
00:28En tout cas, c'est comme ça qu'il a, entre guillemets,
00:31éduqué ses interlocuteurs sur le thème
00:33de « de toute façon, nous ne négocions jamais ».
00:34Qu'est-ce qui empêche l'État de dire
00:36« je nomme un médiateur, ou plutôt une médiatrice d'ailleurs, nationale,
00:39pourquoi je ne fais pas un grenelle de l'éducation ?
00:41Je vous invite tous, venez discuter, venez discuter.
00:44Refaites de la politique ! »
00:46La politique, ce n'est pas du maintien de l'ordre.
00:47Le maintien de l'ordre fait partie de la politique,
00:49mais ne remplace pas la politique.
00:51C'est inutile d'envoyer les CRS et les gens immobiles
00:54à la boucherie ou les pompiers.
00:55Vous savez, il y a 10 ans,
00:58parce qu'il faut voir ce qu'ils prennent sur la figure.
00:59Racontez-nous, parce que là, quand on voit,
01:01on a l'impression de deux clans, de camps.
01:04Je ne vous suggère pas, mais mettez un matin tôt,
01:07une caméra, derrière un cordon de policiers et de gendarmes,
01:10et regardez ce qu'ils prennent sur la figure avant de bouger.
01:13Et vous allez comprendre.
01:15Boulons,
01:18pétanques,
01:21extincteurs, barrières,
01:21barres de fer, même vos journalistes d'ailleurs.
01:24Rendez-vous compte de ce que ça représente.
01:26Donc, la réalité, c'est que, oui,
01:28les exactions policières doivent être
01:31extraordinairement punies.
01:31Oui, quand il y en a.
01:32Vous ne dites pas violences policières,
01:34vous dites violences de certains policiers.
01:36Oui, bien sûr, les violences de certains policiers
01:37doivent être punies.
01:38Ce n'est pas systémique, selon vous ?
01:39Non, non, je n'ai jamais dit ça,
01:40et je ne le dis pas.
01:41Si c'était systémique, il n'y aurait pas la punition.
01:43Le corps policier et gendarmique sont le plus punis
01:46de l'ensemble de la fonction publique.
01:48Donc, on comprend bien.
01:49Et d'ailleurs, en général,
01:50ils ne sont pas félicités pour leur violence.
01:52Quand c'est systémique, on est félicités
01:53pour sa violence, parce qu'on dit
01:55« Ah, c'est formidable, tu es dans le système. »
01:57Là, ce n'est pas le cas.
01:58Là, c'est quelques policiers
01:59qui prennent en otage l'ensemble du corps.
02:00Alors, il y a un esprit de corps,
02:02ils font ce qu'ils ont à faire,
02:04les organisations défendent leur zouaille,
02:06et c'est bien normal,
02:07mais la question n'est pas là.
02:08La question, c'est pourquoi est-ce que
02:09la violence s'exprime
02:11avant même qu'il y ait
02:12une violence de policiers ?
02:14Et cette question-là,
02:15elle est centrale dans la manière
02:16dont l'État a inculqué
02:17une culture de la violence
02:18et du rapport de force.
02:19Et cette question, c'est pourquoi
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